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La nouvelle politique industrielle de la France

12 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

Nos chers politiciens au pouvoir ont décidé de lancer un programme de politique industrielle. L'idée étant que les problèmes de la France viennent de la désindustrialisation. Et que la force de l'Allemagne vienne de son industrie. Il faut donc que les politiciens prennent en main l'industrie française.

 

Seulement, l'analyse est totalement erronée. D'abord, l'Allemagne crée plus d'emplois dans les services que dans l'industrie. Ensuite, la force de l'Allemagne réside dans ses PME. Celles-ci sont parfaitement intégrées dans la mondialisation de l'économie. La France, au contraire, repose sur ses grands groupes. Enfin, si l'Allemagne est en meilleure forme que la France aujourd'hui, ce n'est pas grâce à une politique industrielle. C'est grâce à une politique en faveur des entreprises en général, sans dirigisme. Les syndicats ont accepté la modération salariale. Les lois sociales permettent aux entreprises de s'adapter à la conjoncture de leur secteur. La fiscalité a été modernisée, avec une baisse de l'impôt sur les sociétés. Curieusement, la France ne retient rien de ces faits. Elle prétend que c'est l'industrie qui est la force de l'Allemagne, et non sa politique favorable aux entreprises. Et qu'il faut que les politiciens dirigent l'avenir de l'industrie, ce qui est une hérésie en Allemagne.

 

Les politiciens peuvent-ils mener une politique industrielle ? En l'occurrence, en France, leur ambition est quelque peu démesurée. Ainsi, ils prétendent connaître les secteurs qui ont de l'avenir, qui vont tirer l'économie vers la croissance. Ils ont donc des dons de divination, comme les devins de l'antiquité, qui leur permettent de diriger la plèbe que nous sommes. Soyons sérieux : qui connaît l'avenir ? Personne. La politique industrielle française a donné le minitel, qui a été balayé par l'internet. Bien sûr, la propagande officielle dit que le minitel a permis à la France de développer des compétences dans la création de sites internet. Mais la vérité est que la technologie de réseau fermé imaginée par notre élite polytechnicienne a été rendue très rapidement obsolète par la technologie ouverte de l'internet. Ce sont deux visions différentes. Big brother préfère la vision fermée, sous contrôle. Le peuple préfère la vision ouverte (Même si, il faut le reconnaître, la NSA et d'autres services contrôle le net. Mais une entreprise ne contrôle pas le net, contrairement au minitel).

 

Ce qu'il faut, c'est donc favoriser les entreprises, créer un climat favorable aux entreprises, telle est la leçon de l'Allemagne. Cependant, si nos politiciens veulent à tout prix intervenir dans l'économie, sans faire trop de dégâts, ils faudrait qu'ils fassent preuve de bon sens. Le bon sens, ce n'est pas l'idéologie. C'est d'analyser les atouts de la France, et de favoriser leur développement. Les politiciens pourraient organiser le système éducatif pour qu'il fournisse au système productif des salariés ayant les compétences adéquates. Ce qui revient à adapter les demandeurs d'emploi au marché du travail, et donc à réduire le chômage. Mais, bien entendu, adapter l'appareil éducatif au marché du travail est se faire les complices de l'ultralibéralisme capitaliste bourgeois, et tant pis si cela permettrait à beaucoup de gagner leur vie.

 

S'il faut vraiment intervenir dans l'économie, autant choisir des secteurs dont on est certain qu'ils ont du potentiel. Et non faire des paris sur l'avenir, et non d'engager l'avenir de la cinquième économie mondiale sur un coup de dés. Les secteurs d'avenir, c'est le marché qui les détermine. Le marché qui représente la volonté des peuples. Nul ne peut prédire quel produit, quelle technologie s'imposera dans l'avenir. Il faut permettre l'émulation, permettre la création, le développement d'entreprise, et l'échec. Et les peuples choisissent. Et l'avenir naîtra. Par contre, il existe des secteurs dont le potentiel est certain. Pour la France, il s'agit du tourisme et de l'agroalimentaire. Deux secteurs liés d'ailleurs, tant nos spécialités culinaires correspondent à des terroirs. Il existe même un très grand pays friand de notre "savoir vivre: la Chine. L’Angleterre et l'Europe ne sont pas forcément en reste d'autre part. Mais nous ne développons pas notre agroalimentaire, préférant au marketing la politique agricole commune, basée sur la production et non la commercialisation. Les éleveurs se plaignent, les producteurs d’œufs se plaignent, et recherchent les subsides des politiciens, alors que la France pourrait vendre ses spécialités au monde entier, et aux touristes du monde entier, et, même, aux français !

 

Quant au tourisme, quel potentiel détient-il avec le développement des pays émergents ! Mais, les emplois de services sont considérés comme des emplois précaires mal payés. C'est oublier que tels étaient les emplois industriels à leur apparition. L'industrie objet de tant de louanges aujourd'hui était qualifiée de satanic mills autrefois. Les moulins de Satan, pour qualifier les mauvaises conditions de travail. Alors que l'industrie employait ceux qui étaient réduits à la mendicité, et représentait, compte tenu des conditions de vie de l'époque, un progrès. C'est la même chose aujourd'hui pour les services. Mais, si l'emploi se développe, les salariés prendront l'avantage et dicteront leurs conditions, comme ils ont pu le faire autrefois dans l'industrie. Ce qu'il faut, c'est développer l'emploi, donc les services.

 

La pseudo politique industrielle des politiciens qui gouvernent la France est donc basée, au mieux, sur des erreurs d'interprétation, au pire sur l'aveuglement idéologique. La force de l'Allemagne ne vient pas d'un soutien quelconque à l'industrie, mais d'une politique en faveur des entreprises, de la part des politiciens comme des syndicats. Et si les politiciens veulent à tout prix intervenir dans l'économie, en plus de favoriser les entreprises, qu'ils aident plutôt au développement des atouts de la France, au lieu de faire des paris hasardeux qui engagent 60 millions de personnes.

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Rapport Gallois : les poncifs habituels sur la politique industrielle

5 Novembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

     Le tant attendu rapport de Louis Gallois sur la compétitivité vient d'être publié. Les médias font leur une sur la seule proposition dérangeante : la diminution de la dépense publique. Et encore, ce point apparaît au milieu d'une proposition de diminuer les charges sociales, qui se traduira également par un simple report des prélèvements vers d'autres personnes. La vérité est que ce rapport est extrêmement décevant, convenu, passéiste. Le mot qui vient à l'esprit, peut-être est-il un peu fort, est la sclérose. Une véritable sclérose en matière de politique économique dans le pays.

 

     Il y aurait beaucoup à écrire. Le rapport est basé essentiellement sur l'interventionnisme, accuse la concurrence internationale, la politique monétaire, bref, les poncifs habituels. Rien de nouveau. Mais c'est dès le titre que ce rapport est si décevant, et l'orientation définie par ce titre ne peut que le mener vers les mauvaises conclusions habituelles. Ce rapport s'intitule : « Pacte pour la compétitivité de l'industrie française».

 

     Tout est dit dans le titre. Ce n'est pas un pacte pour la compétitivité de l'économie française. Non, seule l'industrie est digne d'intérêt. La France a les yeux rivés sur l'Allemagne voisine, et ne voit que la réussite de son industrie. Et oublie totalement la plus grande puissance mondiale, qui écrase le monde de son hégémonie : les USA. Quelle est la part de l'industrie dans le PIB US? Selon le Bureau of Economic Analysis, du département du commerce des USA, cette part s'élevait à 12,2%, hors construction, en 2011. Comme en France, donc, puisque, selon le rapport de Louis Gallois, la part de ce secteur s'élevait à un peu moins de 12,5% dans notre pays en 2011.

 

     Les USA sont en crise à cause de leur politique monétaire, de la politique du crédit facile. Mais ils restent le moteur de l'innovation en économie.

 

     Il est convenu de dire que c'est l'industrie qui mène l'économie. Pourtant, c'est plutôt l'inverse qui est observé. Ainsi, l'industrie a besoin des services pour proposer de nouveaux produits, et donc perdurer. Ce sont des services de recherche, des logiciels, des études. Aujourd'hui les jouets Lego intègrent de l'électronique. Il y a donc un logiciel à l'intérieur. Il a fallu utiliser un logiciel pour les concevoir. Les moteurs automobiles intègrent de plus en plus d'électronique. C'est une entreprise de l'immatériel, Google, qui a conçu la voiture sans conducteur autorisée à circuler en Californie. Les voitures sont conçues grâce à des logiciels, qui réduisent le coût de conception. Les avions, merveilles industrielles, dépendent complètement des logiciels pour leur pilotage de nos jours. Un Rafale est trop instable pour voler sans ses programmes informatiques. Sans ces logiciels, qui sont inclus dans les statistiques de services, d'immatériel, l'industrie ne serait pas aussi dynamique.

 

     Prenons également un exemple de la nouvelle économie, la société de vente sur internet Amazon. Amazon, ce sont des investissements dans des entrepôts, de la logistique. Elle achète des services de transport. Elle gère des serveurs informatiques, qui génèrent des besoins en construction, en maintenance. Amazon est un moteur pour l'économie. De même, les mobiles d'Apple, comme le système d'exploitation Androïd de Google, entraînent la création de nouvelles sociétés, de nouvelles activités. Youtube de Google permet à des particuliers, à des entreprises, de diffuser des films, des sketchs, et de gagner de l'argent ainsi. Ce qui entraîne des besoin en énergie, des besoins en serveur, des besoins en technologie, en constructions. De la croissance. C'est la nouvelle économie qui tire la croissance, pas l'industrie.

 

     L'économie peut se développer de différentes manières. Si l'Etat veut vraiment intervenir, autant développer les atouts du pays. Par exemple, le tourisme et l'art de vivre pour la France. Notre pays a une richesse incroyable en ce domaine, et reconnue dans le monde entier. Les esprits chagrin se moqueront. Mais une des grosses multinationales américaines ne s'appelle-t-elle pas The Walt Disney Company, qui gère des parcs d'attractions, des hôtel? Qu'est-ce-qui qui fait la richesse de Las Vegas?

 

     La France a une entreprise comme Louis Vuitton, qui n'a rien d'une entreprise artisanale. Elle a sa richesse gastronomique, ses spécialités qui peuvent se vendre dans le monde entier. Il y a du potentiel. Et, surtout, le potentiel de soutenir l'économie. Et, même, de soutenir les nouvelles technologies!

 

     Ainsi, une recherche sur les agences web montre qu'il y en a un certain nombre plus ou moins spécialisées dans le secteur du tourisme. Ce qui fort logique, car les ventes se font sur internet. Cela signifie des sites vitrines, des systèmes de réservation, de paiement.

 

     Last but not least, que fait Citroën pour développer une image de constructeur haut de gamme en Chine, pour sa gamme DS? Il prend un concept car, Numéro 9, et le photographie dans les lieux typiques Paris, capitale du luxe et de l'art de vivre pour les chinois. Le tourisme au secours de l'automobile. Les USA ont une image puissante, qui sert leur économie. La France dispose de tels atouts.

 

     Le rapport de Louis Gallois ignore totalement tout cela. Ce rapport est tourné vers le passé. Il refuse l'avenir. Il refuse l'innovation, l'évolution. Il ressasse les opinions d'énarques, d'X-Mines, qui ne connaissent rien à l'économie.

 

     Le problème de la France, c'est qu'on considère que c'est la politique industrielle qui a permis le rattrapage économique du pays dans les années 50-60. Alors que c'est le déferlement de produits nouveaux, de magasins nouveau, de nouveaux modes de vie, qui en sont à l'origine. La France s'est ouverte à la nouveauté. Elle a connu une accélération du changement. Elle a adapté sa législation, ses règlements, à la nouvelle économie de l'époque. Elle avait une attitude plus pragmatique.

 

    Aujourd'hui, elle fait l'inverse. Elle se replie sur elle-même, sur ses dogmes, sur son idéologie. Elle veut faire entrer la nouvelle économie dans son cadre de pensée, au lieu de surfer sur la vague du changement, du progrès.

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François Hollande et les Pigeons : Socialisme contre Humanisme.

6 Octobre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

     Un mouvement s'est créé sur Facebook, qui a fait le buzz jusqu'à être repris par les médias dominants : le mouvement des pigeons. Ce sont des entrepreneurs qui protestent contre la politique économique de François Hollande. Le prétexte est l'imposition des plus-values à 60%, en comptant les prélèvements fiscaux et sociaux. Mais c'est surtout un mouvement qui s'inquiète de l'idéologie qu'applique François Hollande, une idéologie très hostile à l'entrepreneuriat.

 

     La politique de François Hollande repose sur l'Etat, sur le système, sur les grosses entreprises, les gros établissements financiers. Elle est dirigiste. Et elle est plutôt tournée vers le passé. Elle n'intègre pas la notion que des gens puissent mettre en œuvre leurs idées. Que des gens puissent avoir des idées différentes. Qu'ils puissent sortir du moule, être en dehors des normes. Que des idées nouvelles, hors système, puissent être bénéfiques.

 

     La plus-value est le principal revenu de l'entrepreneur. Les entreprises nouvelles versent peu de dividendes. C'est la rémunération d'une activité risquée, et très prenante.Ou encore, ce peut être la retraite d'un chef d'entreprise.

 

     Or, c'est peut-être ce que les socialistes ont décidé d'imposer de la manière la plus forte. On remarquera que l'assurance-vie, et le PEA, conservent des avantages. Même les dividendes conservent un abattement. Le PEA et l'assurance vie sont contrôlés par de gros établissements financiers, de même que les dividendes sont versés par les grosses entreprises.

 

     Le gouvernement propose des aménagements à la taxation des plus-values. Par exemple, le taux serait réduit pour les plus-values réinvesties. Ou si l'entrepreneur garde un certain temps sa participation dans l'entreprise. Il apparaît tout de suite que ce genre de politique est absurde. Par exemple, quelqu'un a créé et développé une entreprise pendant 6 ans. Cette entreprise est rachetée par un grand groupe, qui soutiendra son internationalisation. L'entrepreneur peut décider de s'offrir deux ou trois ans de repos, avant de reprendre une activité d'investissement. Ou encore, la plus-value peut constituer la retraite d'un entrepreneur, qui gardera ainsi son niveau de vie sans dépendre de l'Etat, tout en consommant et en investissant, à son rythme. L'Etat conçoit l'économie comme un système abstrait, alors qu'elle est composée de gens, d'être humains. L'Etat veut un entrepreneur abstrait, qui a la fonction d'investir. Et non un être humain, dont la vie est composée de différentes périodes.

 

     De même, comment déterminer qu'il faut garder une participation dans une entreprise 5 ou 8 ans, ou durant un autre délai? Si, au bout d'un an et demi, un entrepreneur a une offre, pour une participation qu'il a racheté, et que cet offre est bénéfique au développement de l'entreprise, doit-il la refuser, refuser le développement de l'entreprise, parce que l'Etat a décidé d'une norme? Encore une fois, c'est absurde. La réalité n'est pas normée. Il faut se garder d'une vision trop théorique. Peut-on vraiment prévoir toutes les situations et toutes les circonstances de la vie? Non, à l'évidence.

 

     Cette vision technocratique et normée de la société illustre le dirigisme du gouvernement. Ce n'est pas une nouveauté. Les règlements fiscaux sont truffés de crédits d'impôts en tout genre, pour les jeux vidéos, la recherche, etc. Une société peut réaliser des profits grâce à cette fiscalité, en logeant les pertes en France, en bénéficiant de ces crédits d'impôts. Mais il faut être une grosse société. Il faut entrer dans le moule préconçu par l'Etat.

 

     Le dirigisme s'illustre également par l'investissement public. D'un côté, l'Etat pénalise l'investissement privé, en surtaxant les plus-values. D'un autre, il veut développer une banque d'investissement publique. L'Etat veut tout contrôler, pénalisant tout ce qui n'entre pas dans le moule.

 

     La politique socialiste de François Hollande est passéiste. Cette caractéristique est notamment soulignée par le ministère du redressement productif. Celui-ci se concentre sur l'emploi existant. Il veut conserver ces emplois. Il n'y a aucune politique de création d'emplois, de nouvelles activités, de renouvellement du tissu économique. Pire, le gouvernement se concentre sur l'industrie! Alors que la France a tellement de possibilités dans les services, les nouvelles technologies, ou même un agro-alimentaire modernisé. Toujours cette politique passéiste, refusant l'idée d'évolution, de renouvellement, et donc d'entrepreneuriat.

 

     Enfin, la symbolique a également son importance en politique. Et, aujourd'hui, cette symbolique est anti-entrepreneuriat. C'est d'abord le statut d'auto-entrepreneur qui est vidé de sa substance. Bien sur, l'auto-entrepreneur n'était pas forcément la révolution. Ce statut n'a pas forcément apporté beaucoup d'emploizs ni de revenus. Mais il représentait un symbole : la mise en avant de l'entrepreneur. Or, les socialistes le vident de sa substance. Sans que cela ne rapporte grand chose à l'Etat. Sans simplifier le processus de création d'entreprise pour tous. Cela apparaît largement comme une décision idéologique.

 

     Et puis, il y a l'ISF, qui illustre bien la mentalité socialiste, et, peut-être, hélas, la mentalité française. C'est ainsi que l'ISF taxe l'investissement. Car l'investissement est considéré comme mauvais. Pourtant, c'est de la création d'emploi. Même l'investissement en bourse, ce sont des sociétés possédées et contrôlées par des français. A contrario, les œuvres d'art et objets de collection ne sont sont pas assujettis à l'ISF. Est-ce qu'ils créent des emplois, font tourner l'économie? Non. C'est parfois de la pure spéculation. On achète une œuvre en spéculant sur l'augmentation de sa valeur. La plus-value est purement artificielle. Mais cela ne gêne pas les socialistes. Cela ne gêne pas les médias. Il y a là un peu un parfum d'Ancien Régime. L'Etat contrôle l'économie, les particuliers peuvent se consacrer à l'art.

 

     Le mouvement des pigeons n'est donc pas simplement un mouvement contre la taxation des plus-values. Deux conceptions de la société s'opposent. La conception socialiste, qui est dirigiste, qui veut tout contrôler, et que tout procède de l'Etat, et qui veut faire entrer chacun dans une case, dans un moule. Et une conception plus humaniste, qui permet à chacun d'expérimenter, d'apporter ses idées, de s'accomplir, de participer à l'évolution, d'apporter sa pierre à l'édifice. Qui veut donner à chacun la maîtrise de sa vie.

 

 

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Free détruit-il des emplois?

17 Juin 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

      L'arrivée de Free sur le marché de la téléphonie mobile a chamboulé le secteur. Les concurrents déjà présents, en particulier SFR et Bouygues Télécom, Orange ayant conclu un accord d'itinérance avantageux, critiquent le nouvel entrant, l'accusant de provoquer des pertes d'emplois. Arnaud Montebourg, ministre "du redressement productif", critique par ailleurs l'ARCEP pour avoir favorisé la concurrence au détriment de l'emploi. Des études affirmant d'autre part que Free entraîne des destructions d'emplois.

 

      Cette polémique, et surtout sa médiatisation, est une illustration de l'état d'esprit en matière d'économie en France. L'innovation y est ainsi vu comme une menace, alors qu'elle est un facteur de progrès. De même, la connivence en économie y est favorisée.

 

      Free détruit-il des emplois? Les chiffrages en la matière sont absurdes. Soulignons d'abord que Bouygues ou SFR ne s’interrogent pas sur l'effet que leur entrée sur le marché des télécommunications a pu avoir sur l'opérateur historique, désormais dénommé Orange. Pourtant, Orange doit réduire ses effectifs.

 

      D'autre part, comment chiffrer l'impact d'un nouvel opérateur, qui a un modèle de prix serrés tel que Free, sur l'emploi dans un pays? Free a embauché, et investi. Ce sont des emplois supplémentaires. En diminuant le prix de l'abonnement mobile, Free libère du pouvoir d'achat pour ceux qui avaient un abonnement plus onéreux, en même temps qu'il occasionne une dépense pour ceux qui n'avaient pas les moyens, ou ne voulaient pas en raison du prix, de s'offrir un abonnement mobile.

 

      Free a aussi incité les opérateurs déjà présents à reprendre leurs investissements. Ceux-ci indiquent désormais vouloir investir dans la 4G pour se démarquer. Investissement, ce qui signifie emploi, et 4G signifie revenu supplémentaire. Ce qui signifie aussi progrès globalement pour la France.

 

      L'intervention que souhaite le ministre Arnaud Montebourg va donc à l'encontre à la fois de l'emploi, du pouvoir d'achat, et du développement technologique du pays. Par contre, cette intervention pourrait servir les intérêts de deux entreprises privées dont le modèle économique, et les bénéfices, sont perturbés par l'arrivé du nouveau concurrent (la position d'Orange est plus subtile, cette société se rattrapant par son accord d'itinérance conclu avec Free).

 

      Que des entreprises privées défendent leurs intérêts n'a rien de blâmable. C'est le soutien d'un gouvernement à ces intérêts privés qui pose problème. C'est là le problème de l'interventionnisme : celui-ci ne défend pas l'intérêt du pays, mais les intérêts de ceux qui savent mieux communiquer, ou qui sont mieux introduits dans les sphères gouvernementales. Ceux qui savent le mieux établir la connivence.

 

      La solution à ce genre de dérive est connue. C'est la limitation des pouvoirs du gouvernement. Que celui-ci sanctionne les comportements anti-concrurrentiels, comme l'utilisation de la force, est normal. Par contre, il ne devrait pas avoir le pouvoir de favoriser des intérêts privés par rapport à d'autres intérêts privés.

 

      Free a été un aiguillon dans le domaine de l'internet, qui a permis le développement du web en France. Il a contribué au développement de ce secteur en France, et de tout l'écosystème qui va avec. Il peut être un aiguillon dans le mobile, alors que la France ne semble pas en pointe dans la 4G. A moins que le gouvernement n'entrave le progrès.

 

 

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Google, Hadopi, et les livres

18 Novembre 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

     Aux Etats-Unis, le gouvernement s'est inquiété d'un accord entre Google et les représentants de l'industrie du livre. Google poursuit en effet une entreprise de scannage de tous les livres dans le monde, dans le but de les vendre sur internet. Les représentants de l'industrie du livre avaient protesté, car Google ne demandait aucune autorisation pour ce scannage. Il n'y avait pas eu non plus de négociation sur les prix des livres, leurs conditions de vente, le partage du produit de la vente entre Google et les auteurs et éditeurs.


     Un accord avait été finalement négocié entre Google et les représentants de l'industrie du livre. Aux Etats-Unis, il y a des organismes représentatifs dans certains domaines, qui négocient ce genre d'accord. Cela existe dans l'audiovisuel, par exemple.


     Mais cet accord a été retoqué par la justice américaine. Il était trop favorable à Google.


     Aujourd'hui, cet accord est en cours de renégociation.


     Nous avons donc une société privée, qui scanne des livres, sans demander aucune autorisation aux ayant-droits, ni aux éditeurs. Dans le but de proposer les livres numériques à la vente. En décidant bien entendu du montant des reversements accordés aux éditeurs et aux auteurs.


     Les auteurs ou éditeurs peuvent refuser. Mais c'est à eux de se manifester. Google ne demande rien. Il indique seulement que si quelqu'un s'oppose à la vente d'un livre, il doit l'indiquer expressément, avec toutes les références nécessaires.


     Ce qui est surprenant, c'est le silence de la France. Le gouvernement s'est démené pour faire passer la loi dite hadopi, dont le but est de punir le téléchargement d'œuvres musicale et audiovisuelles, par des internautes qui n'en ont pas payé les droits.


     Or, ce qui se passe avec Google est d'une tout autre dimension. Les internautes punis par hadopi veulent simplement écouter de la musique, regarder un film. Ou même télécharger tout un album pour seulement écouter une chanson. Il n'y a pas de revente.


     Le but de Google est tout autre. Il est de vendre les livres. A ses conditions.


     Imagine-t-on qu'un constructeur automobile reprenne un ancien modèle de Peugeot, de Renault, de Mercédes, le copie dans ses moindres détails techniques, et le revende? Sans rien demander à Peugeot, Renault ou Mercédes? En disant: voilà, je vous reverse tant? C'est ce que fait Google.


     Les enjeux sont bien plus importants que le téléchargement visé par hadopi. On peut même se demander ce que va devenir toute la réglementation française sur le livre. On peut être d'accord ou non sur le prix unique du livre, mais c'est une loi, il faut qu'elle soit respectée.


     Google rencontre une résistance, mais de la part de ses concurrents, comme Amazon, Microsoft par exemple. C'est une pratique américaine. Un acteur tente quelque chose, les concurrents essaient de faire respecter les règles, quand ça les arrange.


     Mais ce n'est pas le mode de fonctionnement français. Normalement, l'Etat protège de ce genre de comportement. En se saisissant du dossier au plus tôt, les autorités françaises donneraient un signal fort, à Google, aux autres sociétés, au monde.


     Même si on est favorable à l'action de Google, une action d'une telle envergure exige au moins un débat, pour mettre à l'épreuve les arguments des uns et des autres.


     J'avais déjà regretté qu'hadopi ne s'en prenne pas au piratage, c'est-à-dire la copie dans un but commercial. La encore, on ne s'occupe pas d'une situation qui dépasse pourtant le simple téléchargement amateur.

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Is the Internet a new socialism or liberalism?

16 Août 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

(Cet article est la version anglaise de Internet, modèle d'évolution libérale?  )

     This is a comment of a post by Kevin Kelly, New socialism: Global Collectivist Society Is Coming Online, on Kevin Kelly's Lifestream. In a first part, i will sum up the post of Kevin Kelly. In a second part, i will comment it.

 

     According to Kevin Kelly, a new sort of socialism is emerging on the web. He does not refer to the old socialists theories. He stresses the importance of collective actions on the web rather than commercial relationships. He wrote: «I use socialism because technically it is the best word to indicate a range of technologies that rely for their power on social interactions.»

 

     First, collective actions on the web are characterized by sharing. So, there are numerous sites where people share photos, bookmarks, stories, and so on, like MySpace, Loopt, Delicious. These sites are growing up fast.

 

     The secondly there is cooperation. For example, if people can share photos on a web site these photos can be gathered to create a 3D view of a location. That is cooperation. kelly wrote: «When individuals work together toward a large-scale goal, it produces results that emerge at the group level.» Thanks to cooperation on the web, people can aim a result they can't produce alone. This sort of cooperation is growing up on the web.

 

     Third comes collaboration. People work together online to product software for example, like the open source projects. And other people can use these softwares for free. New schemes for managing intellectual property, like Creative Commons or GNU licenses, were invented to ensure theses software will be shared for free. There are others examples of collaborative products, like Wikipedia.

 

     Kelly wrote: « (...) the tools of online collaboration support a communal style of production that shuns capitalistic investors and keeps ownership in the hands of the workers, and to some extent those of the consuming masses.»

 

     All these steps lead to collectivism. But not exactly to the collectivism ideal. Indeed, the aim of a collective organization is for every participant to be involved all together in important decision. However, the online projects like Linux, Wikipedia, or open office are directed by a smaller group of coordinators. But it's far more collectivist than capitalist organization. No big actor can control the project.

 

     Kelly concludes that a new system is emerging, based on social relationships, on cooperation of million people all over the world. It's not the old socialism, but it's more collectivist than capitalism. A system than maximizes both individual autonomy and the power of people working together. And it could succeed the capitalism era.

 

     This article is very interesting. It's a good description of the evolution of the economy and the society, and a new concept to explain this evolution. I recommend to read it. My sum up is very short.

 

     Kevin Kelly has defined a new concept to describe the evolution of the economy. I'll do the opposite. I'll show that the evolution is liberalism. It's not liberalism as opposed to socialism. Kelly is clear. His new socialism is not the old socialism, is not communism, is not ideology.

 

     Unlike Kelly, i consider the evolution of the economy as being part of an already existing concept. It's another point of view of the same phenomenon.

 

     It's true that people use the Internet to share, cooperate, collaborate. They can do that through websites like Myspace, Flickr, YouTube, and so on. These websites are made by firms, start up. This is a new business. These firms supply a new kind of product. They give people the possibility, the opportunity to share, to cooperate. And they want to make money out of it.

 

     This may indicate a sociological evolution. But, as far the economy is concerned, the process is the same as usual: new firms, new products. Innovation makes economy and society evolve, like cars and electricity did before. Today, the new products are not goods, they are kind of services. Like the opportunity to share, collaborate. These new businesses give people the possibility to do want they want on the web, of the Internet. The new products can be seen either as the origin or the consequence of the sociological evolution. There are interactions.

 

     In economy there are various forms of innovation. New product, new market, like export for example, and new process of production. Today,a new process of production is also emerging. Some firms sell hardware with free software, like linux (I mean free software like Linux and not freeware with not free upgraded version). There are various softwares which can be used for free and can be upgraded also. Others firms help to install and use the free softwares. It's a new kind of business model. The software is free. You pay the hardware and the services.

 

     The collaboration to produce free software, like the open source projects, is also an example of liberalism. It's a liberal way of production. Almost libertarian. Why? Because this collaboration has been organized spontaneously, without any state intervention. Communal tools are produced. Everybody can use these communal tools, and nobody can sell these tools. This is terms of the licenses which protects these tools, like GNU licenses.

 

     So, we face various spontaneous organizations, which produce communal products, with rules to prevent these products to be sold and without any state interventionism. It's like a private public service. That is an example of what liberalism says: people can organize themselves, develop and respect rules without state intervention.

 

     Well, it's not the usual presentation of market economy. Usually, we are told there are producers, who use capital, who employ workers, and sell products to consumers. This is neoclassical economics. More precisely, this is mathematical model of the neoclassical economics. That's all.

 

     To understand the change in economy, we have to get rid the mathematical model, and remember the basics of liberalism. Because math can't describe change. The most important principle is freedom. People are free to organize themselves to produce. Different forms of organization are in competition. The most efficient win. But there can be numerous coexisting models.

 

     It's not the time and place to talk about the principles of liberalism. And there are many debates about them. I just wanted to show that an already existing theory, liberalism, can describe the evolution Internet causes to economy.

 

     To conclude, there are two concepts in Kevin Kelly's description of the evolution of economy. There is innovation, with new products and new business models, which is usual in market economy. And there is new cooperations between people, which can very well be described by liberalism. But it's far from the market economy of neoclassical economists. We have to go back to the principles of liberalism.

 

     My opinion is not the opposite of Kevin Kelly's views. I agree there are evolution in economy. I agree that market economy theories can't explain this evolution. But Kelly invents a new concept: the new socialism. Whereas i see this evolution of the economy as being part of an existing theory: liberalism.

 

     Who is right? I don't know. Perhaps the two of us, since these opinions are not opposite to each other. I think the world is just at the beginning of the studies of this new economy.

 

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Internet, modèle d'évolution libérale?

20 Juillet 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

    Le site Framablog a traduit un article de Kevin Kelly, du magazine Wired, intitulé: Le nouveau socialisme: la société collectiviste globale se met en ligne. Selon cet article, nous entrons dans une sorte de socialisme numérique. Par le mot socialisme, l'auteur veut mettre en avant l'aspect collectif, ou collectiviste, qui se développe sur internet.


    Je vais d'abord ici présenter cet article. Puis, je le commenterai.


Le socialisme numérique

    L'aspect collectif d'internet est d'abord caractérisé par le partage, sur des sites comme Facebook, MySpace, Youtube. Une multitude de site de partage se sont ainsi développés sur internet, sur lesquels les internautes postent leurs photos, des critiques, des marque pages, etc.


    Ensuite vient la coopération. Sur les sites de partage, tout le monde peut par exemple utiliser une photo. Les licences Creative Commons permettent ainsi à tout un chacun d'utiliser gratuitement des photos mises en ligne. D'autres utilisateurs profitent de ces photos. Et peuvent s'en servir pour un usage spécifique. Des photos d'un même endroit prises sous différents angles peuvent être assemblées pour former une reproduction du lieu en 3D. Il y a donc une création en plus du partage permise par internet, et courante sur le web. L'ensemble dépasse la somme des composantes.


    Puis, il y a la collaboration organisée. Des milliers de contributeurs créent des logiciels par exemple, comme les logiciels Open Source. Et les usagers profitent gratuitement de ces logiciels. Nous sommes en dehors des schémas capitalistes selon Kevin Kelly. Il écrit: «(...) les outils collaboratifs en ligne facilitent un style communautaire de production qui exclut les investisseurs capitalistes et maintient la propriété dans les mains de ceux qui travaillent, voire dans celles des masses consommatrices.»


    Enfin, toutes ces étapes aboutissent à une forme de collectivisme, dans le sens où un produit est conçu collectivement, sans qu'un petit groupe ne décide seul de ce qu'il faut faire. Même s'il peut y avoir, pour la conception de logiciels Open Source, un noyau de concepteurs organisés. «Le Net donne la possibilité aux organisations concentrées sur le produit de fonctionner collectivement, tout en empêchant la hiérarchie d'en prendre totalement le pouvoir.»


    L'auteur ne se réfère pas au socialisme tel qu'il est connu et théorisé. Il emploi ce terme pour opposer les formes collaboratives qui émergent sur internet au fonctionnement marchand de l'économie de marché. En aucun cas il ne s'agit d'un retour aux idéologies du passé qui ont échoué, l'auteur est clair sur le sujet.


    L'emploi du terme est peut-être aussi un peu provocateur dans un contexte américain, où il est très connoté négativement.


    Selon cet article donc le net provoque une rupture dans le modèle économique. Les théories actuelles ne permettent pas de l'appréhender.


    Je prendrai le contrepied de cette thèse. En démontrant que cette évolution s'intègre dans la théorie libérale. Ce ne sera en fait pas vraiment le contrepied sur le fond, puisque l'article ne se réfère au socialisme tel qu'on le conçoit habituellement. Mais une présentation différentes des choses.


    En effet, dans cette évolution, il y a, d'une part, le développement de nouveaux produits, qui se fait d'une manière totalement classique. D'autre part, il y a des initiatives privée spontanées, qui correspondent également à la conception libérale de la société. C'est à cette conception libérale qu'il faut revenir pour appréhender l'évolution, et ne pas se cantonner aux schémas économiques restrictifs habituels.


Le développement de nouveaux produits

    Dans son article, Kevin Kelly met en avant la dimension communautaire du web. Les internautes mettent leurs photos, leurs données, sur des sites de partage, comme facebook, MySpace, YouTube. Ils donnent leur avis sur Yelp pour les critiques, partagent leurs marque page sur Delicious. Les internautes peuvent également utiliser les données laissées par les autres pour leurs propres créations.


    La manière dont le gens s'approprient le web, les nouveaux comportements que celui-ci implique, ce n'est pas du domaine de l'économie. c'est plutôt le domaine de la sociologie, de l'étude sociétale. Tous les comportements ne sont pas économiques.


    Par contre, des entreprises se créent pour profiter de ce comportements, en mettant en place des sites qui permettent ce partage de données. Ce faisant, ces entreprises développent ces comportements. On est là dans le domaine de l'économie. Des gens proposent sur le marché un type de produits, en essayant de le rentabiliser, et permettent à des comportements de se développer.


    Ce qui a changé, c'est qu'on met sur le marché de nouveaux types de produits. C'est à la fois un service, car on n'achète pas du matériel, mais c'est quand même du matériel qui est derrière, des serveurs et des logiciels. C'est ce que j'appelle l'économie de l'abstrait. On vend tout ce qui peut être imaginé par l'esprit humain. Les produits sont des concepts. En l'occurrence, ici, le fait de pouvoir partager des données.


Des initiatives privées spontanées

    Kevin Kelly décrit par ailleurs les comportements collaboratifs qui existent sur le web, où des communautés créent des logiciels, utilisables librement par tous, selon diverses modalités définies notamment par les licences GNU. Ainsi, pour beaucoup de ces logiciels, ils peuvent être modifiés par n'importe qui, à condition que les versions modifiées soient disponibles elles aussi librement.


    Nous sommes face à des initiatives privées, spontanées, de coopération. Il s'agit de la création d'une encyclopédie en ligne. De systèmes d'exploitations. De logiciels de bureautique. Ce sont des particuliers qui participent à l'élaboration de ces produits, mais aussi des firmes, qui trouvent un intérêt à utiliser et partager ces produits. il y a là une sorte de domaine publique, sauf qu'il n'existe pas à l'initiative d'un état, et n'est pas géré par un état.


    En effet, les licence GNU, creative commons, l'open source, sont des règles créées par l'initiative privée, sans aucune intervention étatique, et qui régissent la création et la diffusion des productions créées en collaboration sur le web.


    Nous sommes là en plein dans un processus libéral. Des initiatives privées, qui sont organisées sans aucun recours à l'Etat. Et qui ne sont pas exclusives de relations marchandes classiques. Les deux modes sont en concurrence, et influent l'un sur l'autre. J'ai ainsi montré les effets des logiciels libres sur les monopoles dans l'article Monopoles et logiciel libre  . Nous sommes en fait dans un processus que certains n'hésiteraient pas à qualifier de libertaire.


Sortir des schémas économiques restrictifs

    Nous sommes loin de la présentation habituelle de l'économie de marché. En effet, d'habitude, on nous dit qu'il y a les producteurs, qui utilisent du capital, emploient des salariés, et vendent un produit aux consommateurs. C'est une présentation simplifiée de l'économie de marché. Elle correspond à une forme de cette économie, qui s'est développée ainsi depuis la révolution industrielle.


    En fait, il faudrait présenter le marché comme un lieu virtuelle, ou chacun propose quelque chose à échanger: produit, travail, service (le travail étant une forme de service). Ensuite, sur le marché, chacun peut s'organiser. On peut créer des sociétés anonymes, des coopératives, des groupements d'achat. Aujourd'hui, d'autres formes de coopération se développent.


    Nous sommes aussi loin de la présentation habituelle du libéralisme. Le libéralisme aujourd'hui est dominé par l'approche néoclassique. Celle-ci élabore des modèles mathématiques qui décrivent le fonctionnement de l'économie sous certaines hypothèses. L'hypothèse de base est la maximisation sous contrainte. C'est-à-dire que les facteurs de production ont un coût, ce qui est la contrainte. Et l'entreprise cherche à maximiser son profit sous cette contrainte de coût.


    Bien sûr, la théorie néoclassique a d'autres implications. Mais on voit que ce principe de base permet mal de prendre en compte certaines évolutions. On peut toujours dire qu'une entreprise qui participe à l'élaboration d'un logiciel libre cherche à maximiser son profit, car elle tire un avantage du logiciel libre. Mais on ne voit pas comment. C'est un des reproches faits à la théorie néoclassique: le fonctionnement interne de l'entreprise est une boîte noire. On fait seulement l'hypothèse de la maximisation du profit.


    Par ailleurs, cette présentation mathématique occulte toute la philosophie libérale. Le libéralisme, ce n'est pas la maximisation du profit des entreprises. C'est d'abord la défense de la liberté de chaque individu. Ensuite, c'est l'idée de laisser s'organiser les gens comme ils le veulent. De permettre à des règles sociales de se construire d'elles-mêmes en quelque sorte, par l'initiative privée.


    Ce qui ne veut pas dire absence d'Etat, de protection sociale, d'éducation publique. C'est permettre à chacun de s'accomplir. Il y a ensuite plusieurs écoles. J'atteins là la limite de mes connaissances, car, malheureusement, je n'ai pas étudié tout cela. J'ai quelques connaissances éparses, issues de quelques lectures: Hayek notamment, et un peu Von Mises. Von Mises voulant lui vraiment un Etat minimal. Il est souvent qualifié de libertaire (ultra-libéral en quelque sorte).


Conclusion

    Ma présentation ne contredit pas l'article de Kevin Kelly, sur le socialisme numérique. Je distingue un aspect sociologique, et j'intègre l'évolution décrite par Kevin Kelly dans la théorie libérale. mais je retourne pour ça aux sources du libéralisme, en m'affranchissant d'une présentation de l'économie qui correspond à une forme de production. J'inscris l'évolution numérique dans la dynamique libérale.


    On peut constater qu'internet donne du pouvoir aux gens. Il permet de rassembler une "masse critique" de gens, pour organiser des activités de production, de collaboration à grande échelle. De même qu'il facilite la coopération. Or, c'était là une des utilités des Etats. Internet permet donc, dans une certaine mesure, de s'affranchir des Etats, des autorités politiques, pour organiser la communauté.


    A ce titre, les pensées développées par les auteurs libéraux peuvent être utiles à la réflexion sur l'évolution engendrée par le web. D'une manière générale, les ouvrages des grands auteurs de politiques économiques, ou de politique, de sciences morales, peuvent être utilement revisités. Les transformations induites par internet dépassent un simple changement de produit, ou de production.


    Internet est une facette du nouveau visage que prend le monde aujourd'hui. Ainsi, les ONG ont pris également beaucoup d'importance. Elles ont de plus en plus d'influence. Quelle est leur légitimité par rapports aux etats, quels dangers cela peut-il représenter? Notre monde change. Nous avons besoin de réflexion.

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Monopoles et logiciel libre

29 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

    Je sors aujourd'hui de la crise financière, comme cela m'arrive parfois sur ce blog, pour parler d'un autre sujet, le logiciel libre. Sujet que j'aborderai bien sûr sous l'angle de l'économie, on ne se refait pas!


     Le monde du logiciel libre, ce sont toutes ces applications informatiques gratuites. C'est le langage informatique Linux, emblématique de cet univers. Le moteur de recherche Firefox, de Mozilla. La suite bureatique open Office, que j'utilise. Ce sont des applications qui se nichent partout, dans la Freebox par exemple.


    La particularité de ces applications est d'être gratuite et ouverte. Gratuite, car on ne les paie pas. Ouvertes, car chaque programmeur peut modifier ces applications, pour les adapter à son utilisation, à l'utilisation que veut en faire un client, ou même pour faire évoluer cette application.


     Ce n'est pas un monde sans règle. Le logiciel libre obéit à un règlement. Il faut respecter la licence du logiciel libre. Notamment, mettre toutes les modifications des applicfations à la disposition de tous les programmeurs. Le code, les lignes du programmes donc, doivent être connues.


     Ce monde est financé de plusieurs façons. Il y a le modèle de la fondation, comme la fondation Mozilla, du moteur de recherche Firefox. Ce sont aussi de grands groupes qui laissent leurs programmeurs travailler sur les logiciels libres. Ce sont aussi les sociétés qui les utilisent qui peuvent les améliorer.


     Ce qui est intéressant, sur le plan économique, c'est d'étudier le logiciel libre sous l'angle des théories sur les monopoles. Il y a monopole, sur un marché, quand un acteur est seul à vendre son produit. Que faut-il faire quand il y a une situation de monopole sur un marché?


     Il y a d'abord la situation des monopoles dits naturels. Par exemple, le chemin de fer. Il n'est pas concevable de construire deux voies ferrées concurrentes côte à côte. dans ce cas, il y a souvent monopole étatique, ou concession à un exploitant sous conditions. C'est une situation très particulière, où le monopole peut être considéré comme inévitable. C'est le cas également du transport d'électricité.


     Voyons les autres situations. celles où une entreprise acquiert un monopole sur un marché, son produit devenant le seul disponible. Supposons que ce monopole ne provienne pas de l'usage de la force. En effet, si tel est le cas, en économie cela s'appelle de la concurrence déloyale et doit être puni. supposons donc que ce soit par la qualité de son produit, et de sa stratégie de distribution, qu'une entreprise acquiert ce monopole.


     Est-il possible de se retrouver ainsi en position de monopole? La réponse est oui. En étant par exemple le premier sur un marché, et en ayant toujours un avantage technologique qui empêche un concurrent d'exister. En créant ce qu'on appelle des barrière à l'entrée. Dans certains secteurs, il faut un grand matraquage publicitaire pour vendre un produit, ou encore un réseau de distribution très développé. Un nouvel entrant devrait mobiliser des sommes énormes pour exister sur ces marchés.


     En économie, la question est de savoir s'il faut combattre ou non ce type de monopole. Certains vont dire qu'il faut le combattre, pour des raisons de concurrence. Une situation de monopole entraîne des prix trop élevés, et une rente de situation pour le monopoleur. C'est ainsi que le France Télécom américain a été démantelé, pour donner AT&T, et des compagnies régionales surnommées les Baby Bell.


     D'autres vont dire que le monopole existe car il offre aux acheteurs un meilleurs produit. Il ne peut maintenir sa position de monopoleur que parce qu'il s'améliore constamment. La seule menace que dans une économie libre, un concurrent peut apparaître à tout moment, suffit à faire en sorte de ne pas créer de rente de situation.


     Rappelons ici que la situation de concurrence déloyale reste bannie. Nous raisonnons dans le cas où la situation monopolistique n'a pas été acquise par des manoeuvre répréhensible. D'autre part, sur un marché, le meilleur produit n'est pas forcément le plus perfectionné techniquement. C'est celui qui s'impose, car il est convivial, bien distribué, correspond à la majorité des situations, bref, pour différentes raisons. Et parfois parce qu'il est le plus perfectionné.


     J'avoue que la deuxième situation, qui supposait de ne pas combattre le monopole, me laissait dubitatif. Elle me paraissait en théorie intéressante, plausible, mais utopique dans la réalité, le "vrai" monde. Le logiciel libre présente dans ce domaine une expérimentation riche d'enseignements, dont je ne connais malheureusement pas d'étude.


     En effet, il y a, ou il y a eu, dans le monde informatique, ce qui est considéré comme un quasi monopole dans certains domaines. Un système d'exploitation a longtemps été quasiment incontournable, de même pour un navigateur internet, ainsi qu'une certaine suite bureautique. La question de savoir comment ce quasi monopole s'est établi ne sera pas abordée ici. Ce n'est pas le sujet.


     Ce qui est remarquable, c'est que le logiciel libre s'est développé pour contourner cet acteur a priori incontournable. Le logiciel libre s'est d'abord adressé aux spécialistes, aux professionnels. pour se démocratiser ensuite. Open Office est très accessible. De même que Firefox.


     Il y a plusieurs motivations, dans ce monde du logiciel libre. La volonté que la technologie reste un vecteur de liberté, et ne soit pas aliénée par un acteur. Mais aussi un intérêt économique bien compris de nombreuses sociétés. Le logiciel libre peut ainsi être adapté aux besoin des sociétés. Ainsi, Illiad peut utiliser des éléments du logiciel libre pour sa freebox, et économiser en recherche et développement. Même Google, à ce que j'ai lu, utilise le logiciel libre. des sociétés se sont créées pour ce marché, pour adapter des logiciels libres à l'informatique d'autres sociétés, comme Red Hat, qui fournit une version du système d'exploitation Linux.


     Enfin, les grands groupes ont là un moyen de s'affranchir du monopoleur. Pour le système d'exploitation d'un serveur informatique par exemple. Les fabricants de matériels peuvent ainsi trouver avantage à s'associer au monde du logiciel libre. C'est aussi, dans certains cas, un mode de recherche coopératif.


     J'ai lu ainsi qu'IBM envisageait d'autoriser l'utilisation de certaines de ses innovations librement. Je ne connais pas suffisamment le monde de la technologie pour décrire lesquelles. l'objectif, c'est de permettre à chacun de les améliorer. IBM pourrait en tirer un avantage, en intégrant ces amélioration à d'autres applications ou à ses matériels. Je ne sais pas ce qu'il en est de ce projet. Cela montre en tout cas l'état des réflexions sur le sujet.


     Nous avons donc une situation où la situation d'un quasi monopole est contournée et combattue de manière originale. Ce qui force le monopoleur à s'interroger et à chercher à améliorer ses produits, à s'interroger sur son modèle économique. Ainsi, il y a un an, sont apparus des petits PC portables bon marché, les netbooks. Ils étaient dotés du système d'exploitation libre Linux. Aujourd'hui, ils sont majoritairement équipés d'un suystème d'exploitation qui devait être retiré du marché, mais qui s'avère plus adapté à ses machines que celui qui le remplace sur les plus gros ordinateurs.


     Avec les logiciels libre, on a presque un service public du logiciel. Dans le sens où plusieurs acteurs, concurrents, peuvent participer à l'amélioration d'une application, car ils en ont tous besoin. tout en se faisant concurrence sur d'autres secteurs. C'est un mode de standardisation de certaines applications, adapté à l'universalisation que permet la technologie.


     Cette notion de service public est une image, bien sûr. Le monde du logiciel libre n'est pas angélique. les idéalistes y côtoient des entreprises qui se servent des logiciels libres mais ne partagent pas leurs propres améliorations, contrairement aux conditions d'utilisation de la licence du logiciel libre. J'essaie par cette image de saisir une certaine réalité du logiciel libre.


     Je ne sais pas vraiment quels enseignements on peut tirer de tout ça. Ce n'est ici que quelques idées, un rapprochement entre le monde du logiciel libre et les notions sur les monopoles que j'ai retenues de l'Université. Il me semble que c'est un sujet d'étude très intéressant. Il y a là un monde nouveau. Est-ce une nouvelle forme de coopération économique qui se développe? Est-ce anecdotique? Les questions sont nombreuses.


     Ce qui ne veut pas dire qu'il ne faut pas être très vigilant avec les monopoles. Je le répète, je n'ai pas de réponse sur ce que signifie réellement le mouvement du logiciel libre. De plus, il faut  toujours de se demander par quels moyens la situation est-elle devenue monopolistique? A la loyale, ou autrement? Dans la réalité, les situations ne sont pas toujours très tranchées, les choix dépendent des idéologies du moment. Mais des voies nouvelles peuvent surgir, comme le logiciel libre.

(Pour ceux que l'économie de l'internet intéressent, voici un autre article de ce blog sur le sujet:  ) Internet, modèle d'évolution libérale? )
(Pour des articles sur le logiciel libre, cliquer ici)

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La relance, l'innovation, capital risque et capital développement

1 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

 

     L'innovation est citée parfois comme une réponse à la crise actuelle. Elle est présentée depuis quelques années comme un moyen d'accroître la croissance en Europe, et donc l'emploi. L'innovation est présentée comme une explication de la vitalité supérieure de l'économie américaine sur l'économie européenne, depuis deux ou trois décennies.


Différentiel de croissance Europe-USA

     En effet, les économies française, et  européenne, connaissent depuis des années un taux de croissance inférieur à celui des Etats-Unis. Alors même qu'elle pourrait bénéficier d'un phénomène de rattrapage, son PIB par habitant étant inférieur à celui des Etats-Unis.     


     Il apparaît que les américains ont mieux réussi à sortir de la crise des années soixante-dix que les européens. En effet, depuis ce qu'on a appelé la crise pétrolière, l'Europe, et en particulier la France, n'ont pas réussi à ramener le taux de chômage au niveau d'avant crise.


     Il n'est pas question ici de brosser un tableau idyllique des Etats-Unis. Seulement de souligner que leur économie a été indéniablement plus dynamique, depuis les années 70, que les économies européennes.


     Les facteurs de cette vitalité font débat. En effet, on cite souvent un taux d'imposition plus faible, des charges et des contraintes sociales moins élevées qu'en France. Ce à quoi on oppose les infrastructures françaises, et la solidarité.


     Il y a eu aussi la politique de croissance par l'endettement, qui a conduit à la crise financière.


La croissance par l'innovation

     Il est un facteur cependant qui semble faire consensus. Il s'agit de l'innovation. Tout le monde s'accorde sur le fait que c'est un élément important du dynamisme américain. En particulier les nouvelles technologies de l'information et de la communication.


     Les gouvernements français ont essayé de développer l'innovation. Mais sans grand succès. L'effort en recherche et développement, mesuré en pourcentage du PIB, et inférieur en France par rapport aux Etats-Unis. Ce n'est pas à cause de l'Etat. En fait, ce sont les dépenses privées qui sont plus faibles en France.


     Comment profiter de l'effet de l'innovation pour augmenter la croissance, et donc diminuer le chômage? Il faut tout d'abord bien définir le processus de croissance par l'innovation.


     Ce n'est pas l'innovation en elle même qui produit la croissance. C'est le lancement d'une innovation sur le marché. Il ne s'agit pas d'une simple nuance. Cela signifie qu'un pays peut faire de grandes découvertes scientifiques, mais ne pas avoir une croissance très forte.


La théorie de l'entrepreneur de Schumpeter

     Le phénomène a été théorisé par l'économiste autrichien Joseph Alois Schumpeter, dont j'ai déjà parlé dans un article sur la relance. Selon lui, le moteur de l'économie est l'entrepreneur. Ce dernier est celui qui met en œuvre une innovation.


     Une innovation, c'est quelque chose de nouveau. Ce peut être un produit de haute technologie, mais pas seulement. Tout nouveau produit, nouveau service, qui n'existait pas avant, est une innovation, même si ce produit ou ce service ne renferme aucune nouveauté technologique. Exporter un produit qui ne l'a jamais été, c'est une innovation. Un nouveau procédé industriel, c'est une innovation.


     Notons qu'un chef d'entreprise n'est pas forcément un entrepreneur selon cette définition. Un chef d'entreprise est principalement un gestionnaire. Il n'est entrepreneur que s'il introduit une innovation.


     Les innovations renouvellent l'économie. Celle-ci, pour progresser, pour croître, doit rester en mouvement. C'est le processus appelé destruction créatrice. Une expression un peu malheureuse, dans le sens où elle traduit le fait que de nouvelles entreprises remplacent celles qui sont en déclin. On devrait plutôt parler de création-renouvellement.


     Schumpeter disait aussi que les grands groupes perdaient l'esprit d'entreprendre. Ils devenaient des gestionnaires.


     Schumpeter a élaboré cette théorie il y a bien longtemps. Sa Théorie de l'évolution économique est parue en 1912. Son ouvrage phare, Capitalisme, socialisme et démocratie a été écrit dans les années 1930, et il a été publié en 1942. La théorie de Schumpeter est reprise aujourd'hui, car elle se révèle particulièrement explicative.


L'innovation et le développement de nouvelles entreprises

     Dans l'idée d'introduire une innovation dans l'économie, l'observation du modèle américain, et sa comparaison avec l'économie française, permettent de distinguer deux éléments: l'innovation elle-même, produit, service, processus de production, ou marché à l'export, et le développement de cette innovation, et de l'entreprise qui l'a créée.


     En effet, l'expérience montre qu'il ne suffit pas d'avoir une idée, de la mettre sur la marché. Il faut la développer. Ainsi, les Etas-Unis ont créé Google, qui a dans les 10 ans, Microsoft, Starbuck Coffee, Amazon, Dell, les poupées Bratz, Cisco. Ce sont des entreprises ou des produits récents, qui ont une présence planétaire.


     Cisco est à cet égard une entreprise emblématique. C'est une entreprise de télécommunication américaine, leader mondial. Elle est née avec l'internet, le protocole IP, et toutes ces nouvelles technologies qui ont renouvelé le secteur. Elle s'est développée, alors que les anciennes entreprises de télécommunication étaient mises en difficultés par Les nouvelles technologies. Je pense à Lucent aux USA, et Alcatel, en France, qui ont fini par s'allier, mais qui ne cessent de perdre du terrain, et de s'étioler. Nous sommes en plein dans le processus de création-renouvellement.


     Le processus de croissance par l'innovation peut donc provenir de plusieurs sources. Ce peut être une innovation, qui donne lieu à la création d'une nouvelle entreprise, qu'il faut développer. Ce peut être une innovation lancé par une entreprise existante. Ou encore, il s'agit tout simplement de développer une entreprise existante, qui a déjà de bons produits. N'oublions pas que l'innovation consiste aussi à défricher de nouveaux marchés, à l'export, ou, tout simplement, en conquérant à un nouveau segment de clientèle.

 


L'innovation et les entreprises existantes    

     Des entreprises existantes peuvent ainsi lancer un nouveau produit, qui leur permet de continuer à se développer. Par exemple, Caterpillar a fait une diversification originale dans la chaussure. De l'utilitaire vers la mode. Converse,fabriquait des chaussures de sport pour les sportifs, elle s'est ensuite développée sur le secteur des chaussures de sport à la mode. Elle a suivi en cela l'évolution du marché.


     D'autres parviennent à se développer en rachetant d'autres entreprises plus récentes pour profiter d'un nouveau secteur d'activité. IBM a débuté dans la fabrication de machines de bureaux. Il a évolué vers les calculateurs électroniques. Il est aujourd'hui une des principales entreprises de logiciels et de services informatiques, tout en restant présent dans le matériel. Il a notamment racheté Lotus, une société qui s'était fait connaître en vendant un tableur, et qui a rebondi ensuite avec un logiciel de messagerie.


     Idem pour General Electric, présent dans la santé, l'aéronautique, la finance, l'énergie et l'audiovisuel. Le conglomérat rachète et revend des filiales au gré des évolutions de l'économie.


     Ces grosses sociétés essaiment parfois des start up. C'est à dire que, parfois, quand leurs laboratoires font une découverte intéressante, elles externalisent l'es chercheurs dans une nouvelle société, une start up, indépendante. Une société qui à vocation a être coté sur un marché boursier. L'objectif est de faire en sorte que la découverte se développe sans supporter les lourdeurs d'un grands groupe. De plus, le groupe peut ne pas être certain que cette découverte entrera dans le cadre de sa stratégie.


Créer un processus de croissance par l'innovation en France

     Pour relancer la croissance en France, on peut essayer de recréer le processus de croissance par l'innovation, d'une manière artificielle. Ce serait une politique d'imitation, comme cela a déjà été mené dans le pays et dans d'autres. L'histoire montre que quand une industrie se développe dans un pays, les autres tentent de l'imiter. A la différence qu'aujourd'hui, ce n'est pas une industrie, comme les chemins de fer par exemple, ou les filatures, qu'il faute imiter. Mais un processus.


     Pour recréer ce processus en France, la politique économique doit donc suivre deux axes. Il faut repérer les entreprises qui ont du potentiel, impulser et soutenir leur développement. Le principe est qu'il est plus simple de partir de l'existence. D'autant plus que la France crée beaucoup d'entreprise,s mais les développe peu. Par rapport aux Etats-Unis, elle a proportionnellement moins d'entreprises moyennes.


     L'autre axe de développement est de susciter, par la recherche, des innovations, créer et développer des entreprises pour les développer. Là aussi, dans un premier temps, on peut partir de l'existant. Il y a en France des laboratoires performant, comme ceux du CEA, le Commissariat à l'Energie Atomique, dont les recherches ne portent pas que sur le nucléaire, ou de l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique). Les unités de recherches des universités sont également concernés.


     Les deux axes ne sont pas exclusifs l'un de l'autre. Dans les deux cas, il faudra développer des entreprises. On peut aussi proposer à des chercheurs universitaires d'étudier un produit, un processus de production, pour une entreprise. Ce serait un moyen d'amener la recherche et développement dans des PME. Pour les chercheurs, ce serait des missions ponctuelles. cela contribuerait au rapprochement entre entreprise et recherche, à partir des structures existantes.


     ll faut donc développer des structures, proches du terrain comme on dit, et non centralisées dans un ministère, à la fois pour rapprocher la recherche et les entreprises, et pour transformer les découvertes en innovation.


     Aux Etats-Unis, ce processus se fait souvent dans le cadre universitaire. Ce sont des étudiants, des chercheurs qui créent des entreprises. C'est donc dans ce cadre que pourraient être créées les structures pour développer l'innovation.


Un exemple possible d'action en faveur de l'innovation et du développement    

     Par exemple, et ce n'est vraiment qu'un exemple, qui demanderait à être validé, on pourrait confier ce rôle à des étudiant en troisième cycle universitaire, ou en master. Des étudiants en économie pourraient repérer des entreprises à fort potentiel, des marchés à défricher. En adaptant par exemple au pays ce qui existe dans d'autres pays. c'est une méthode simple, mais efficace. De jeunes chercheurs, en math, physiques, ou autres matières, pourraient étudier les possibles évolutions de produits ou de processus de production pour des entreprises. même des étudiants en lettres, souvent décriés pourraient jouer un rôle. Pour comprendre des marché à l'export, pour communiquer.


     Ces étudiants seraient bien entendu encadrés par des gens expérimentés, des chercheurs confirmés, des chefs d'entreprises ou d'anciens chefs d'entreprises.


Capital développement et capital investissement

     Mais il y a un élément central, qui est souvent oublié en France, quand on disserte sur l'innovation: le financement. C'est le point central. Pour créer une entreprise qui a du potentiel, pour développer une entreprise, il faut de l'argent. Plus précisément, il faut du capital. En effet, ce ne sont pas des projets destinés à être financés par des emprunts. C'est trop risqué pour une banque, et un crédit serait trop contraignant pour l'entreprise.


     Ce n'est pas non plus à l'Etat de financer ces projets. L'Etat peut financer les étudiants, la structure universitaire, la prospection d'entreprises à potentielle, les étudiants, la recherche fondamentale. Mais ce n'est pas à lui de financer les projets en eux mêmes. Pour plusieurs raisons.


     D'abord, dans le cadre du développement d'une entreprise, il faut que l'entreprise s'implique. Il ne faut pas qu'elle aille dans un projet financé par l'état pour voir. Il faut qu'elle y croit suffisamment pour le financer.


     Ensuite, l'Etat n'a pas le personnel expérimenté en nombre suffisant pour veiller au développement de start up, comme on appelle ces nouvelles entreprises prometteuses. Ce n'est pas son rôle. Il faut des professionnels, des gens impliqués encore une fois, qui engagent leur argent ou celui qu'on leur a confié.

 

 

     Surtout, personne n'a de formule pour savoir quels sont les projets qui marcheront et ceux qui échoueront. Chaque projet est un pari. Certains croiront en un projet que d'eutres condamneront. C'est pour cela qu'il ne faut pas laisser le financement entre les mains d'un service, d'une administration.


     Ensuite, le processus de création et de développement connaît nécessairement des échecs. Le grand public ne comprendrait pas les échecs financés par l'Etat.


     Enfin, la France dispose d'une épargne abondante. L'épargne doit financer l'activité. Il est logique d'en orienter une petite partie vers la création et le développement d'entreprise. Tout en ayant conscience qu'il s'agit de projet risqués, qui ne s'adressent pas à l'épargnant qui n'a qu'un livret A. Ce qu'il faut, c'est orienter l'épargne des plus riches vers ces projets, ou l'épargne de certains fonds, vers ces projets concrets plutôt que vers la spéculation.


 

 L'exemple américain de la création et du développement des start up

     Aux Etats-Unis, le principe de financement d'une start up est le suivant. Dabord, les fondateurs investissent leur propre argent. Les start up sont souvent créés par des gens qui ont déjà une bonne carrière derrière eux, et qui connaissent bien leur domaine d'activité. Il y a aussi les proches, la famille. Même dans le cas d'étudiants qui créent leur entreprise dans un garage, les belles histoires racontant qu'ils sont partis de rien sont souvent un mythe. Ou rien est une mise de 100 000 dollars, ce qui est faible pour une grosse entreprise, mais beaucoup pour le commun des mortels.


     A ce stade peuvent intervenir des financiers extérieurs, nommés business angels, si tant est que des financiers peuvent être des anges. Ce sont là encore des particuliers. il y a rarement des sociétés d'investissement finalement à ce premier tour de table comme on dit, autres que des sociétés de business angels.


     Ensuite, quand l'entreprise est créée, et qu'elle a besoin à nouveau d'argent, car 100 000 dollars c'est vraiment faible, un deuxième tour de table est organisé. A ce niveau, les sociétés de capital risque commencent à intervenir. Ce sont des fonds spécialisés dans le financement de start up. L'expérience de leurs gérants est également précieuse pour les créateurs d'entreprises.


     Il peut y avoir ensuite plusieurs tours de table, où les mêmes fonds ou d'autres remettent de l'argent. La jeune pousse, comme on doit appeler une start up en France aujourd'hui, peut disparaître. Elle peut vivoter. Elle peut se faire racheter par une plus grosse entreprise, ou fusionner avec une autre start up.


     Elle peut aussi être introduite en bourse. Ce qu'on appelle l'IPO: initial public offer (je crois). Elle n'est pas introduite sur le marché boursier principal, celui du Dow Jones ou du CAC 40 directement. Cela arrive, mais rarement. Il existe des marchés pour ce genre d'entreprises. Aux Etats-Unis, c'est le Nasdaq. En France, c'est l'Alternext. Ensuite, si l'entreprise grandit tout en restant indépendante, elle pourra passer sur la cote principal du marché parisien. Aux Etats-Unis, de nombreuses entreprises préfèrent néanmoins rester sur le Nasdaq.


     Les sociétés de capital risque financent les start up, les sociétés de capital développement financent le développement de sociétés existantes. La frontière n'est pas étanche, bien sûr. Une start up peut ensuite être financée par une société de capital développement.

  

Une aide pour les entrepreneurs 

        Ajoutons que ces sociétés de capital risque apportent aussi aide, expérience, et réseaux aux entreprises dans lesquelles elles investissent. Ce n'est pas là une vision idéalistes et angéliques de ces sociétés. leur intérêt est le développement de leurs investissements. C'est donc leur intérêt d'aider les entreprises dans lesquelles elles investissent.


     Les sociétés de capital risque et de capital développement doivent donc être associées à toute structure destinée à encourager la croissance par l'innovation. Ainsi que des "business angels", des investisseurs que les banques connaissent. Ce sont eux qui financent, et valident donc les projets.


La France ne part pas de rien    

     Notons que tous ces éléments existent déjà en France: capital risque, capital développement, business angels. Comme les centres de recherches, ainsi que les entreprises à potentiel. Il faut juste une politique qui mette en musique ces éléments pour favoriser leur action. 
 

     L'encouragement du capital développement sera d'autant plus utile que les entreprises françaises ont la réputation d'être souvent sous-capitalisées.


     Les patrons propriétaires de leur entreprises peuvent être réticents à partager le contrôle capitalistique de leur société, ou même le perdre. Cependant, si on leur propose un projet de développement concret de leur entreprise, ils peuvent se laisser convaincre, car, souvent, ce sont des bâtisseurs.


Un changement de politique pour la France

     Une politique en faveur du renouvellement économique n'est pas dans les habitudes de la France. La principale aide à l'innovation sont les crédits d'impôt recherche. Les dépenses de recherche des entreprises peuvent leur permettre de bénéficier de crédits d'impôt.


     Ce sont donc des entreprises déjà existantes, et qui ont les moyens de financer la recherche, qui en bénéficient. Alors que la France a surtout besoin d'encourager le financement de nouveaux projets, de nouveaux investissements pour des entreprises moyennes.


     Aux USA, on considère que deux mesures ont encouragé le développement des start up. Une loi donnant aux universités la propriété des découvertes scientifiques faites en leur sein. Et un système fiscal avantageux pour ceux qui investissent dans des start up.


     J'ai montré dans l'article Faut-il augmenter les impôts des riches? Faut-il augmenter les impôts des riches?  que les bénéficiaires de plus values et de dividendes disposaient d'une fiscalité avantageuse. Ces avantages pourraient être réservés aux investisseurs des start up, ou pour ceux qui investissent dans le capital développement.


     De même, on encourage l'investissement immobilier en France, alors que la pierre est déjà, le placement préféré des français. Des avantages au profit de ceux qui investissent dans le développement de l'économie seraient plus judicieux, et profiteraient aussi au bâtiment. Car une entreprise qui se développe investit, a besoin de locaux, d'installations électriques, etc.


     On peut instaurer des crédits d'impôt pour dépenses de recherche, mais uniquement pour les versements faits pour des laboratoires universitaires. Cela rapprocherait la recherche des entreprises, la rendrait accessible aux PME, et financerait les universités, qui sont elles aussi indispensable à la croissance par l'innovation.


S'intéresser à l'innovation plutôt que favoriser les grands groupes    

     Mener une politique de croissance par l'innovation serait une petite révolution en France. Traditionnellement, l'Etat favorise plutôt les grands groupes, comme le montre les politiques de crédit d'impôt, les politiques de grands contrats, les sommes octroyées à l'automobile. De plus, il a plutôt une politique malthusienne de réduction de la population active, avec les politiques de pré-retraites prises depuis la crise des années 1970, et de réduction du temps de travail.

   

     Enfin, on s'intéresse au renouvellement économique seulement quand une entreprise ferme. On organise alors une revitalisation des sites industriels, après avoir essayé, par des manifestations d'éviter la fermeture de l'entreprise.


     Alors qu'une politique constante de croissance par l'innovation permettrait de créer suffisamment d'emplois à la fois pour absorber l'augmentation de la population active, ainsi que pour permettre à ceux qui ont perdu leur emploi d'en retrouver un plus facilement.


     Une politique de croissance par l'innovation oblige aussi à développer le financement de l'économie par des fonds, les sociétés de capital risque, et de capital investissement. Ce qui n'est pas forcément bien vu dans un pays où on les confond avec des spéculateurs. de plus, ces investisseurs ont un pouvoir dans l'entreprise, ce qui est également mal vu. c'est un a priori qu'il faudra vaincre, car ces fonds peuvent créer les emplois dont le pays a besoin.


     C'est la principal conclusion que l'on peut souligner à propos de la croissance par l'innovation. La clef de ce processus est le financement, et une telle politique doit favoriser le capital risque et le capital développement.


NB: pour ceux que le capital développement intéresse, je leur conseillerais le site de l'AFIC.


 

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Loi hadopi, internet et les mutations de l'industrie culturelle

28 Avril 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

     La loi Hadopi est cette loi qui doit punir les internautes qui téléchargent des œuvres audio et vidéo sur le net. Après bien des vicissitudes, rocambolesques même, cette loi va repasser devant le parlement. elle alimente beaucoup de débat, en particulier la suspension de l'abonnement à internet qui est sa riposte principale contre les téléchargements.


     Cet article est une réflexion sur les effets d'internet dans l'industrie culturelle. L'idée m'en est venu après la découverte d'un article sur une pétition d'auteur contre la loi Hadopi, sur le site http://les-humeurs-de-svetambre.over-blog.com/article-30685096-6.html. Cette pétition illustre les avis partagés des auteurs sur cette loi, qui est pourtant présentée comme étant faite spécialement pour eux.


     Internet et le téléchargement sont présentés comme les responsables de la baisse des ventes de musique en France. Je ne suis pas d'accord avec cette analyse. Je ne peux démontrer qu'il n'y a aucun rapport, mais qu'il y a au moins un autre facteur explicatif.


     En effet, le marché de la musique qui a plongé en premier est celui de la musique classique. Et cela avant le développement d'internet à l'échelle que l'on connaît actuellement. Et alors que les amateurs de musique classique exigent quand même une qualité d'écoute qui ne se retrouve pas forcément sur un fichier téléchargé, qui est aléatoire, ni sur un ordinateur.


     Ce marché de la musique classique avait été boosté par l'apparition du CD, et tous les réenregistrements. Puis, le marché s'est contracté quand il n'y a plus rien eu à rééditer.


     Ce qu'on classe dans la variété a suivi la même envolée avec l'apparition du CD, mais dans de plus grandes proportions. La contraction qui a suivi est logique. Avec ou sans internet.


     On dit aussi qu'internet a habitué les gens à la gratuité de la musique. Ce qui, la encore, est faux. En effet, la musique est gratuite depuis la nuit des temps. Elle n'est vendue que depuis l'apparition des techniques d'enregistrement à grande échelle. Mais les chanteurs étaient surtout connus par la radio. D'ailleurs, on peut se demander si ce ne sont pas les radios musicales, qui voient leur audience baisser, qui sont les principales victimes d'internet.


     Internet est très pratique dans le contexte actuel de multiplication des genres musicaux. Il n'y a plus la variété et le classique, comme un temps. Il y a le rap, toutes les musiques électroniques, de dance, les différents blues, et des tas d'autres genres musicaux que le commun des mortels ignore, mais qui passionnent des millions de personnes à travers toute la toile.


     Les gens écoutent sur internet, et, si ça leur plaît vraiment, ils achètent un CD, un DVD, un produit dérivé, une place de concert. des artistes ont laissé les internautes payer ce qu'ils voulaient pour un album, et ne s'en sont pas mal sortis. Il y a également de nouveaux artistes qui se sont fait connaître uniquement grâce au web.


     De cette nouvelle économie, des mastodontes émergent, comme Live Nation. cette société prend des artistes sous contrat, et organise tout pour eux, en particulier les concerts et la vente de produits dérivés. Internet n'a en rien cassé l'engouement pour les chanteurs, quand on voit le prix des places de concert, parfois pour être perdu au milieu d'une foule dans un stade. c'est une nouvelle économie qui se met en place. Le web servant de gigantesque plate-forme pour se faire connaître.


     Le modèle économique des majors du disque est mis à mal par cette nouvelle économie. Ce modèle consiste à repérer quelqu'un, et à investir sur cet artiste pour le faire connaître: relooking, écriture de musique, de textes, distribution de singles aux radio. Ce modèle était déjà problématique avec la multiplication des genres musicaux, qui obligeait à dépenser plus ou à prendre le risque de se focaliser sur un genre. Internet rend les investissements encore plus aléatoires, un parfait inconnu pouvant se faire connaître à moindre frais.


     Il y a aussi un retournement du rapport de force. Auparavant, la major pouvait, dans une certaine mesure, imposer un artiste, et un prix de vente pour les disques. Elle pouvait décider de ce qu'elle vendait. Aujourd'hui, le public a plus de pouvoir. Il choisit ses artistes, et plébiscite les concerts.


     Le même raisonnement peut se tenir pour les séries télévisées. Le public est habitué à la gratuité. Pourquoi payer cinquante euros pour le coffret d'une saison? Surtout si c'est pour le plaisir de voir la série en VO. Le chaînes américaines, et les maisons de productions, commencent à proposer de plus en plus la diffusion gratuite sur internet. La catch TV, la télévision de rattrapage, pour ceux qui ont manqué le film. L'offre gratuite est encore faible en France, et n'inclut pas, à ma connaissance, la VO.


     J'insiste sur la VO car beaucoup de gens ont l'air de télécharger les séries pour trois raisons: les regarder quand ils veulent, avoir plus tôt les dernières séries américaines, et avoir la VO. On le voit, ce sont des services que les chaînes de télévision pourraient offrir.


     Les magasins aussi sont bousculés. Il ne suffit plus de présenter des kilomètres de rayons avec quelques blockbusters. Il faut pouvoir proposer la diversité du net. Ou une réelle valeur ajoutée: la mise en avant de produits en fonction de leurs qualités. par exemple, on ira plus souvent dans un magasin si on sait qu'il mettra régulièrement en avant, à un prix raisonnable, un produit du genre qui nous intéresse.


     Internet met la pression sur le choix, et le prix. Il requiert des magasins un travail sur la valeur ajoutée. Les magasins peuvent présenter aussi un peu plus de produits dérivés.? bref, ils doivent se transformer.


     Je ne soutiens pas le piratage. Mais le vrai piratage, ce ne sont pas les internautes qui téléchargent des milliers de fichiers qu'ils n'écouteront pas forcément. Les vrais pirates sont ceux qui revendent les œuvres piratées.


     Quant au téléchargement, on peut débattre pour savoir si c'est du vol, ou simplement un test pour sélectionner ce qui nous plaît vraiment. Mais les problèmes de l'industrie culturelle ne viennent donc pas forcément du téléchargement sur internet. Mais peut-être plutôt de la fin d'un modèle. Par conséquent, la loi hadopi ne les aidera en aucune façon.

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