Analyse Libérale

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Les élections en Rhénanie du Nord Westphalie

15 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

Les dernières élections régionales en Allemagne, en rhénanie Westphalie, sont vues comme une défaite de la CDU, le partie d'Angela Merkel. Sont-elles pour autant une victoire de partis soutenant une politique de relance? Rien n'est moins sûr.

 

Le Centre d'Information et de Documentation sur l'Allemagne (CIDAL) donne les chiffres de cette élection. Le SPD, les socio-démocrates, ont obtenu 39,1% des voix, en progression de 4,6 points par rapport aux précédentes élections. Mais les écologistes, a priori alliés de gauche du SPD, obtiennent 11,3%, en baisse de 0,8 points.

 

La CDU, les chrétiens démocrates, le parti d'Angela Merkel, a obtenu 26,3% des voix. Il perd 8,3 points. Par contre, le FDP, le parti libéral, allié de la CDU au gouvernement, obtient 8,6%, en hausse de 1,9 point.

 

Le plus grand gagnant de cette élection est le parti Pirate, qui obtient 7,8%, en hausse de 6,2 point.

 

Tandis que la gauche radicale, euphémisme pour extrême gauche, le pari Die Link, ne franchit pas la barre de 5% des voix pour obtenir des sièges.

 

Il y a donc un refus de l'extrême gauche, un maintien des libéraux, une percée du parti pirate, une progression des socio-démocrates, et une baisse des chrétiens démocrates.

 

Il est difficile pour un français, issu d'un pays centralisateur, de comprendre des élections régionales. Il y a une part de l'interprétation propre à la situation politique du land, et qui n'est pas extrapolable au pays.

 

Cependant, il est significatif que les électeurs du land ne se soient pas tournés vers l'extrême gauche, les mélenchonistes locaux. Ils refusent le populisme. Le vote Pirate indique une protestation, difficile à classer. Certains vont prétendre qu'il s'agit d'une poussée de la gauche, d'autres de l'anarco-libéralisme. Cela ressemble en tout cas à un fort vote de protestation. La progression du FDP est attribué au charisme du cadidat. Cela montre en tout cas que, dans cet état industriel, réputé très touché par la crise, il n'y a pas de rejet du libéralisme.

 

La CDU a donc perdu, mais le SPD n'a pas forcément gagné. Et la relance encore moins. Car les socio-démocrates allemands n'ont pas forcément les mêmes idées de relance que les socialistes français. Surtout si les français demandent aux allemands de financer la relance de l'Europe. C'est le SPD qui a lancé l'agenda 2010, le plan d'économie et de relance par la compétitivité, il ne faut pas l'oublier. Et la configuration électorale ne risque pas de les faire changer d'avis. Sans compter qu'Angela Merkel reste populaire au niveau national.

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Durée du travail en France et en Allemagne

12 Janvier 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

Une étude de l'institut COE-Rexecode vient de sortir, indiquant que la durée du travail des salariés français à temps plein est une des plus basses d'Europe. Elle est notamment plus basse qu'en Allemagne. C'est ce qu'en disent les médias du moins. 

 

La réalité du temps de travail est plus complexe. L'Allemagne comme la France ont pratiqué la réduction du temps de travail. L'Allemagne en privilégiant le temps partiel. Le graphique ci-dessous illustre bien la situation.

 

Réduction du temps de travail France Allemagne2 t

Ajoutons que les emplois à temps partiel sont mal payés, même en terme de salaire horaire. La France a également pratiqué la modération salariale lors du passage au 35h. C'est une constante, la réduction du temps de travail diminue le pouvoir d'achat potentiel.

 

Pour plus d'éléments de comparaison entre la France et l'Allemagne, ce blog comprend une rubrique dédiée, La France et l'Allemagne, et notamment l'article  France-Allemagne: croissance et emploi .

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L'emploi en Allemagne par secteur

6 Avril 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

     Après un article d'humeur sur le projet socialiste pour les présidentielles 2012, voici un petit billet plus informatif, et plus dans la ligne de ce blog.

 

     C'est un graphique qui provient de l'institut fédéral allemand de statistiques, Destatis. Il contredit une image que nous avons de l'Allemagne.

 

     Ce n'est pas dans l'industrie que l'Allemagne crée des emplois. Mais dans les services.


Emploi en Allemagne par secteurs

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Problèmes structurels de l'Allemagne selon la Fédération Allemande de l'Industrie

4 Avril 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

     

 

       Le quotidien Les Echos a publié dans son édition du lundi 4 avril 2011 une interview de Hans-Peter Keitel, président de la Fédération Allemande de l'Industrie, à l'occasion de la foire de Hanovre, dont la France est l'invitée.

 

      Hans-Peter Keitel souligne qu'en Allemagne les PME sont très fortes, tandis que la France a une volonté politique d'avoir des champion nationaux.

 

      Une remarque a mettre en parallèle sur les difficultés des sous-traitants en France.

 

      Interrogé sur les problèmes structurels de l'Allemagne, il indique que "le taux des investissements bruts rapportés aux PIB a constamment baissé depuis 1990 " en Allemagne. Le taux des investissements nets est presque nul. L'industrie allemande investit beaucoup, mais à l'étranger. Ces investissements à l'étranger expliquent une partie des exportations allemandes.

 

      Selon lui, les investissements, y compris publics, doivent augmenter. 

 

      Il souligne également que le taux de croissance structurel est bas, plus bas qu'en France.

 

      C'est un avis intéressant sur l'Allemagne, regardé en France comme l'exemple à suivre. L'Allemagne a aussi ses problèmes.

 

      Par ailleurs, on regarde un peu ce que l'on veut. On applaudit la TVA sociale, en oubliant que l'Allemagne a surtout réduit sa dépense publiques, par exemple.

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Compétitivité France -Allemagne

1 Mars 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

Un article du quotidien Les Echos qui indique que les chiffres du coût du travail en France, qui servaient à la comparaison avec l'Allemagne, étaient surestimés. Dans le secteur manufacturier, les coûts seraient donc équivalents, les coûts allemands restants supérieurs.

Dans cet article, une économiste de la banque HSBC, Mathilde Lemoine, relativise la compétitivité coût, expliquant qu'elle n'est qu'un "tout petit aspect de la compétitivité totale".   En revanche, " la compétitivité hors prix est un élément extrémement important sur lequel la France est très faible, notamment à cause d'un manque d'innovation des entreprises."

A nouveau un élément qui indique que le problème de la France vient aussi,  et en grande partie, de ses entreprises, et pas autant des salariés que le dit le patronat. 

(Voi aussi:  Les patrons français sont-ils moins compétents que les patrons allemands?    )

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Les patrons français sont-ils moins compétents que les patrons allemands?

28 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

      La France a décidé de pratiquer le benchmarking. De l'anglais "repère", cela signifie pour une entreprise de s'évaluer à l'aune d'une concurrente considérée comme une référence dans son domaine d'activité. La référence choisie par la France est l'Allemagne.

 

      Et voici le nouveau cheval de bataille du MEDEF: la France est moins compétitive parce le coût du travail y est plus élevé.

 

      Comme je l'ai déjà expliqué, cette assertion reste à démontrer. Les coûts du travail semblent très proches. Sans tenir compte de toutes les subtilités propres à chaque pays. On vante ainsi la législation du travail allemande, en oubliant les allègements de charges en France, l'annualisation du temps de travail, et autres emplois aidés.

 

      La seule chose évidente dans la comparaison entre les deux pays, du point de vue du rôle de l'Etat, est une dépense publique inférieure côté allemand.

 

      Mais on peut être frappé par le fait que le MEDEF ne mette pas en exergue d'autres différence, qui ne sont pas à l'avantage des patrons français. Ainsi, en pourcentage du PIB, l'investissement des entreprises allemandes en recherche et développement est largement supérieur à celui des entreprises françaises. Et ce en dépit d'un crédit d'impôt recherche de plus en plus généreux dans l'hexagone.

 

  R&D France Allemagne

       Les entreprises allemandes ont par ailleurs une tradition d'exportation. Pourquoi, depuis tout ce temps, les entreprises françaises n'ont-elles pas développé une telle tradition? Sachant que ce n'est pas sur les prix que l'Allemagne base sa compétitivité, mais sur la qualité de ses produits. C'est à la portée des français, surtout avec les différentes aides à l'exportation qui existent.

(Source: COE-Rexecode , "Mettre un terme à la divergence de compétitivité entre la France et l'Allemagne")

 

 

 

      Enfin, la France se caractérise par des PME moins développées que les PME allemandes. Mais les PME françaises ont-elles la volonté de se développer? Un article du magazine Chalenges du 24 février 2011 traite de l'écart entre les PME françaises et les entreprises du CAC 40. Il souligne la santé précaire des PME, mais conclut ainsi:

 

"Pourtant, les patrons de PME ne peuvent s'exonérer de toute responsabilité. Une des collaborations les plus originales a été mise en place dans l'automobile, où 80 % des entreprises affichent moins de 500 salariés. Ces structures ont vécu difficilement le retrait de la production industrielle en France, passée de 3,5 à 2,2 millions de véhicules entre 2005 et 2010. Au plus profond de la crise, elles ont demandé l'aide des grands groupes : Peugeot Citroën a ainsi financé des avances de trésorerie pour 240 millions d'euros en 2009. En 2010, effet sans doute de l'embellie due à la prime à la casse, ces sollicitations ont été divisées par six. Du coup, les PME se sentent tirées d'affaire et renâclent à grossir. Au point qu'un fonds de 50 millions d'euros, dérivé de celui consacré à la modernisation des équipementiers automobiles et avec pour vocation d'aider à la consolidation du secteur, n'a procédé qu'à quatre petites interventions en 2010. Comme si les patrons de ces entreprises familiales, farouchement indépendants, préféraient le risque de périr à celui de s'unir."

 

      Les PME française auraient-elles peur du développement? Ou encore, cela signifie-t-il que l'environnement est, quoiqu'en disent les politiciens, plus favorable aux grandes boîtes qu'aux PME? Ou encore, que la responsabilité est partagée? Ce qui amène, entre autre, à s'interroger sur l'enseignement dispensé en école de commerce, vivier des dirigeants en France.

 

      Le MEDEF est prompt à quémander l'aide de l'Etat, malgré des prétentions libérales. Il usurpe le discours libéral.

 

      Entre les multiples crédits d'impôts, aides à l'export et autres allègements de charges, les entreprises françaises sont très assistées. Une politique à mener serait peut-être de supprimer toutes ces aides contre une baisse de l'impôt sur les sociétés, et de voir la réaction du MEDEF, qui se réclame du libéralisme, mais qui quémande toujours une politique en sa faveur de la part de l'Etat.

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France-Allemagne: croissance et emploi

20 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

      La croissance française en 2010 s'établit à 1,5%, et la croissance allemande à 3,6%, selon les premières estimations des instituts statistiques nationaux. Au quatrième 2010, la croissance est de 0,3% en France, et de 0,4% en Allemagne. La croissance allemande ralentit donc, après un chiffre de 2,2% au deuxième trimestre, et 0,7% au troisième.

 

      La baisse du PIB avait été de 2,5% en France en 2009, et de 4,7% en Allemagne. Aucun des deux pays n'a retrouvé le niveau de PIB de 2008 (en montant ajusté de l'inflation). Selon Destatis, l'office Allemand des statistiques, sur une base de 100 en 2000, le PIB s'élevait à 110,39 en 2008, et 108,98 en 2010. En France, selon l'INSEE, le PIB s'élevait à 1 640,51 milliards en 2008, et 1 622,58 en 2010 (chiffres corrigés de l'inflation).

 

      Les deux pays semblent donc au même niveau par rapport à la crise. La France a vu son PIB moins baisser que l'Allemagne, mais il augmente moins vite désormais. Les chiffres du quatrième trimestre 2010 sont similaires. Mais il est trop tôt pour savoir si c'est une tendance, si la croissance va être similaires des deux côtés du Rhin. Pour le moment, tout ce qu'on peut dire est que les deux pays ont une évolution similaire de leur PIB, avec des mouvements plus prononcés pour l'Allemagne.

 

      Au niveau de l'emploi, le taux de chômage était en France de 9,7% en décembre 2010, contre 8,4% en décembre 2008, et 7,8% en décembre 2007 (chiffres d'Eurostat). Tandis que le taux de chômage en Allemagne était de 6,6% en décembre 2010, contre 7,1% en décembre 2008, et 7,9% en décembre 2007. Les chiffres d'Eurostat sont des taux de chômage harmonisés et désaisonnalisés. Ils peuvent différer des chiffres publiés par les organismes nationaux. Par exemple, l'Allemagne a pour habitude de présenter des chiffres non désaisonnalisés. Les chiffres d'Eurostat sont plus adéquats pour une comparaison. Mais, quels que soient les chiffres retenus, ils indiquent que le niveau du chômage est retombé aux niveaux d'avant la crise, et qu'il poursuit sa décru.

 

      Pendant la crise, le chômage a été amorti en Allemagne par le chômage partiel. C'est la raison qui est avancée généralement pour expliquer qu'il ait moins augmenté qu'en France pendant cette période. La France aussi a utilisé des mesures de chômage partiel néanmoins. Sans doute cette politique était-elle moins généralisée qu'en Allemagne.

 

      Cependant, il est indéniable que le chômage diminue en Allemagne, et que ce mouvement avait commencé avant la crise, qu'il l'avait suspendu. Aujourd'hui, la baisse reprend. C'est donc une différence entre l'Allemagne et la France.

 

      Néanmoins, la différence des taux de chômage ne s'explique pas par un différentiel de croissance, la forte croissance allemande de 2010 étant compensée par la récession de 2009. Et, sur le moyen terme, la croissance allemande n'est pas supérieure à la croissance française.

 

croissance France et Allemagne

 

      L'emploi n'augmente pas plus vite en Allemagne qu'en France. En effet, Patrick Artus, dans les Echos du 16 septembre 2010, indique que, de 1998 à 2010, l'emploi total a augmenté d'11% en France, contre 7% en Allemagne.

 

      Une première explication à la baisse du chômage en Allemagne est donnée par la baisse de la population en âge de travailler

 

France Allemagne population active OCDE 

 

      Cependant, la population active ne diminue pas. Globalement, depuis 2006, elle stagne, avec des hauts et des bas. Dernièrement, elle a légèrement augmenté.

 

populaion active en Allemagne 

 

      Il y a une corrélation entre l'évolution de la population active et le chômage, comme le montre le graphique suivant:

 

 Taux de chômage et population active en Allemagne

 

      Cependant, la population employée augmente depuis 2006.

 

      En effet, un des objectifs des réformes Hartz était l'augmentation du taux de personne active employée. De même, si la population active stagne globalement, le graphique ci-dessus montre qu'après avoir baissé en 2006, elle est sur une tendance légèrement légèrement haussière, conséquence toujours des réformes Hartz.

 

      La France a vu elle une augmentation continue de sa population active, mais qui s'est ralentie en 2007, année de taux de chômage bas, avant de ré-augmenter.

 

Population active en France

 

(Source OCDE)

 

      L'évolution de la population active n'est donc pas la seule explication à la baisse du taux de chômage allemand. La France a elle aussi connu une baisse du chômage, avant la crise, en raison de la moindre augmentation de sa population active.

 

      Une publication du Trésor, Trésor-Eco n°79, d'octobre 2010, donne une autre explication à la baisse du chômage en Allemagne. Elle met en avant l'effet des réformes Hartz mises en place entre 2003 et 2005.

 

      Ces réformes ont notamment réduit la durée maximale de versement des allocations chômage. Elles ont fusionné le statut de chômeur de longue durée avec celui de RMIste (ou plutôt l'équivalent allemand) avec une nouvelle allocation inférieure à l'ancienne allocation destinée aux RMistes. Droit de sanction pour l'Agence Fédérale pour l'Emploi, si le chômeur n'accepte pas une offre, même inférieure à sa qualification. Et, surtout, création d'une subvention des emplois précaires et intérimaires, dits "emplois atypiques".

 

      Trésor-Eco cite Destatis, l'office fédérale de statistiques, qui indique que «le nombre d'employés se retrouvant en-dessous du seuil de pauvreté a progressé de près 58 % entre 1998 et 2008 pour atteindre près de 2 million de personnes en 2008. Cette évolution serait liée à l'explosion des emplois « atypiques » (1 million de personnes en 2008 soit +129 % par rapport à 1998) et serait donc étroitement liée aux réformes « Hartz IV ».

 

      Selon le quotidien en ligne 20 Minutes, qui cite une étude de l'Institut du Travail de l'Unbiversité de Duisbourg Essane, parue en août 2010, «plus de 6,5 millions de personnes en Allemagne, soit près de 20% des travailleurs, toucheraient ainsi moins de 10 euros brut de l'heure. Parmi eux, 2 millions d'employés gagnent même moins de 6 euros de l'heure et ils sont nombreux, dans l’ex-RDA, à vivre avec moins de 720 euros par mois pour un temps complet.»

 

      Le Monde ajoute: «Postes en intérims, CDD, ou même les mini-jobs, ces emplois de quelques heures hebdomadaires rémunérés 400 euros par mois sans charges sociales pour le salarié ont été, ces dernières années, la règle pour un nombre important de travailleurs du tertiaire. [Les "mini-jobs" concernent encore 12 % de la population active.]

Ce sont surtout les emplois non qualifiés (employés de supermarchés, agents d'entretien…) qui ont le plus pâti du système. Les entreprises ont largement préféré faire appel à deux ou trois mini-jobs, fiscalement avantageux, plutôt que d'embaucher pour de bon une personne. On peut ainsi estimer actuellement à 6,7 millions le nombre de travailleurs mal payés en Allemagne.»

 

      On peut aussi souligner l'importance du temps partiel en Allemagne, qui concerne 25,9% des emplois selon Clés du social, durée du travail en 2010. Par comparaison, le temps partiel concerne 16,9% de la population en France. Qui dit temps partiel dit salaire partiel aussi, bien sûr.

 

  Temps partiel

 

      Ajoutons cette statistique, du Bureau Fédéral du Plan de Belgique, qui montre que le volume d'heures travaillées dans le secteur marchand a baissé entre 1996 et 2007. La baisse provient sur secteur manufacturier. Tandis que le secteur des services a connu une augmentation. Ce qui met à mal la théorie de l'emploi tiré par l'industrie.

 

      La baisse du chômage en Allemagne ne viendrait donc pas de la croissance, non plus de créations dans l'industrie grâce aux exportations, mais de la multiplication des emplois précaires, à temps partiels. C'est la réduction du temps de travail, dans un sens, qui crée des emplois, mais accompagnée de la réduction de la rémunération. Ajoutons de grandes inégalités entre les salariés des industries exportatrices, à temps plein, et les emplois qualifiés d'atypiques.

 

     En conclusion, en terme de croissance, la France et l'Allemagne sont pour l'instant globalement à égalité. En terme d'emplois, la situation prête à débat. Est-ce l'Allemagne, qui suit la bonnbe voie, en mettent un maximum de gens au travail, quelles qu'en soient les conditions?

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L'évolution comparée du coût du travail en France et en Allemagne

19 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

Vous trouverez en cliquant sur ce lien un extrait d'un rapport de la Commission des Comptes de la Sécurité Sociale, sur l'évolution comparée du coût du travail en France et en Allemagne. La comparaison s'arrête en 2008, mais elle est significative de l'évolution depuis 2000, 2009 et 2010 étant plutôt une période atypique, marquée par la crise et le chômage partiel en Allemagne.

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Eléments de réflexion sur la comparaison France-Allemagne

8 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

     A quelques jour sd'intervalle ont paru une étude de COE-Rexecode comparant la France et l'Allemagne, et les chiffres du commerce extérieur pour 2010. Le rapport de COE-Rexecode conclut que le coût du travail est trop élevé en France. Et les chiffres du commerce extérieur indique un déficit qui se creuse par rapport à 2009. Ce qui conforte les appels à imiter l'Allemagne.

 

     Cependant, les chiffres du commerce extérieur sont incomplets. Il s'agit en effet uniquement des échanges de biens. Il n'y a pas les échanges de services. Or, généralement, ces échanges de services sont excédentaires pour la France, contrairement à l'Allemagne. Pour une meilleure analyse, il faut attendre ces chiffres.

 

     Par contre, on peut déjà remarquer que la France est en excédent avec la Grande-Bretagne, ainsi que le Moyen Orient, mais en déficit avec la zone euro. Ce qui relativise les commentaires sur l'euro qui serait trop fort.

 

     Quant à l'étude du COE-Rexecode, ce lien mène vers un article qui le décortique. J'ai déjà souligné que le coût du travail en Allemagne était inférieur à celui de la France, mais pas dans le secteur exportateur, où les coûts sont équivalents. Les industriels allemands achètent par ailleurs des pièces dans des pays à bas coûts, d'Europe Centrale par exemple, ce qui peuvent faire aussi les français.

 

     Il est vrai par contre que les salaires allemands stagnent depuis une dizaine d'année. Une façon de compenser l'augmentation de la période précédente.

 

     Les industriels allemands ont donc investi les gains de productivité dans l'investissement, la recherche. C'est un élément qui n'a pas été mis en avant dans les médias, mais qui est présent dans le rapport. La France aide beaucoup ses entreprises dans la recherche. Mais elles investissent moins que les allemandes.

 

     Le rapport COE-Rexecode souligne les aides de la France à l'innovation, ce qui souligne en creux les insuffisances des entreprises. Ce que ne souligne pas le Medef. Le chantre prétendu du libéralisme demande beaucoup à l'Etat en fait.

 

     L'industrie allemande réussit parce qu'elle investit. Elle est aussi bien organisée à l'étranger, pour connaître de nouveaux marchés. Elle est présente en Chine car elle y est arrivée très tôt, sans rien demander à l'Etat.

 

     Imiter l'Allemagne impliquerait donc un effort de la part des entreprises.

 

     L'Allemagne est-elle un modèle? Les entreprises sont efficaces, et leur organisation à l'international est certes une référence.

 

     Néanmoins, la situation est plus contrastée, comme je le montre dans l'article   Faut-il suivre l'exemple de l'Allemagne?  . Ainsi, ces dernières années, la pauvreté a fortement augmenté en Allemagne comme le montre cet article de Slate. Des emplois à 1 mark ont été créés. La croissance Allemande, sur une longue période, n'a rien d'extraordinaire.

 

     La croissance des marchés émergents va peut-être soutenir la croissance en Allemagne, et, par ricochet, en Europe. Cependant, cela ne donne pas à l'Europe une croissance autonome. Cela ne fait pas de l'Europe une force motrice de l'économie mondiale.

 

     Ajoutons à cela que l'économie française est différente de l'économie allemande. Elle est plus tourné vers les services, et plus efficace dans ce secteur. Beaucoup y voit un handicap. Et si c'était un atout? (cf Politique industrielle  )

 

     La réflexion tourne autour de la compétitivité, c'est-à-dire la recherche de la croissance par l'exportation. Mais il faudrait aussi réfléchir au moyen de donner à l'Europe une dynamique propre, moins dépendante de l'extérieur. 

 

(En complément, un article sur l'importance donné à la balance commerciale, ici.)

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La TVA sociale et l'Allemagne

5 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

      La France a pour habitude de se comparer à l'Allemagne, et à vouloir imiter son voisin d'outre Rhin. Notamment, les partisans de la TVA sociale soulignent que l'Allemagne a diminué les charges sociales et augmenté la TVA.

 

      Cependant, cette argumentation oublie un point: la dépense publique, en pourcentage du PIB, moins élevée en Allemagne qu'en France, comme le montre cet article du Figaro.


      Ainsi, en 2009, la dépense publique représentait 56% du PIB en France, contre 47,6% en Allemagne.

 

      Cette dernière a fait passer sa dépense publique de 48,5% du PIB en 2003 à 43,7% en 2008, la crise ayant fait monter ce ratio en 2009.

 

      Par comparaison, la dépense publique en France en 2008 s'élevait à 52,8%.

 

      Par conséquent, sachant que le taux de TVA en Allemagne est de 19%, équivalent au taux français de 19,6%, une baisse des charges ne peut venir que d'une baisse de la dépense publique, si on suit l'exemple allemand.

 

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