Analyse Libérale

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Efficacité de l'Education Nationale: comparaison 1980-2009

4 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

Voici un article qui compare les dépenses de l'Education Nationale entre 1980 et 2009. Malgré une très forte augmentation, en euros constants, le niveau ne s'est pas amélioré, voire a baissé. Plutôt que de se focaliser sur les moyens, ne faudrait-il pas s'interroger sur les méthodes et la gestion?

Le coût d'un élève, Contrepoints.

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Morale laïque

3 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

     Deux articles qui se télescopent dans le Figaro ce jour. L'un traite des projets de "morale laïque" de Vincent Peillon, le ministre de l'éducation nationale français. L'autre des cours "d'éducation morale et nationale" que le gouvernement chinois veut imposer aux élèves du territoire de Hong Kong. Coïncidence malheureuse, ou rappel de ce que peut être la "morale"?

 

     L'éducation est un domaine sensible. Éduquer les enfants au "vivre ensemble", pourquoi pas. Les règles de politesse, se lever quand un professeur entre en classe, pour apprendre à se lever pour saluer quelqu'un plus tard, s'habiller correctement, ne pas être débraillé, ne pas parler trop fort dans son mobile en public, baisser le son de son baladeur dans les transports, aider les personnes âgées, les mamans avec une poussette dans les escaliers du métro, dans les transports en commun. Sensibiliser aux règles de santé publique, à l'utilité de se laver, aux problèmes  de l'alcoolisme, de la drogue, du cannabis. Sensibiliser au surpoids.

 

     On remarquera que même dans les domaines ci-dessus, il peut y avoir des dissensions. Les règles vestimentaires ne font pas l'unanimité. La critique du cannabis non plus. Se lever quand entre un professeur, un proviseur, n'est pas acceptable pour tous. Il n'y a pas de consensus. Mais Vincent Peillon veut aller plus loin. Le Figaro le cite : «La morale laïque, c'est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c'est aussi des devoirs autant que des droits, des vertus et surtout des valeurs».

 

     Où finit l'éducation, où commence l'embrigadement? Où commence le domaine de l'école, où est celui des parents? L'écologie est-elle une valeur? Faut-il enseigner la discrimination positive comme une valeur?

 

     Ce qui pose problème, c'est le mot "morale". Il est très fort. Le "vivre ensemble" suppose des règles de politesse, de respect d'autrui, de sa propriété, de la propriété commune. Déterminer ce qui est juste va au-delà. Est-il juste de se défendre avec une arme à feu quand on est soi-même menacé d'une arme? Est-il juste de gagner beaucoup d'argent en revendant une entreprise qu'on a créée? Ce ne sont pas des sujets consensuels. Qui peut décider ce qui est juste? Cela doit-il être enseigné comme une morale, ou être un débat?

 

     Le danger est d'empêcher tout débat, de déterminer par la loi, et donc de l'imposer à la société, ce que doit être l'opinion de chacun. De décréter ce que nous devons penser du régime politique idéal. Alors que la République doit autoriser la liberté d'expression, le débat, et que l'école doit former au débat, à l'autonomie de pensée. Sans compter le rôle des parents : l'enfant appartient-il à l'Etat ou est-il sous la responsabilité de ceux qui l'ont conçu?

 

     Le concept de "morale laïque" est ainsi ambigu, et ouvre la possibilité à des dérives. Il doit être précisé. Il est cependant étonnant qu'il ne suscite pas plus de débats, à gauche comme à droite. Notre société semble incapable de débattre, de réfléchir sur les sujets de sociétés, se contentant de la communication, du marketing, et des effets de mode ou d'annonce. Les médias dominants se contentant d'être une caisse de résonance, plutôt que de susciter le débat.

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Diminution des effectifs dans la police et l'Education Nationale

4 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

      Il y a des similitudes entre les administrations de sécurité publique, la police et la gendarmerie, et l'Education Nationale. Dans les deux cas, ce sont deux services publics sensibles, pour lesquels le débat politique est centré sur la baisse des effectifs, et la maîtrise budgétaire. L'alternative proposée est une maîtrise budgétaire, avec une adaptation des effectifs, ou l'inverse, c'est-à-dire le maintien ou même l'augmentation des effectifs et des budgets.

 

      Ainsi, Martine Aubry, lors de la campagne des primaires socialistes, a proposé une augmentations des effectifs de police. François Bayrou, lui, avait proposé de sanctuariser le budget de l'Education Nationale.

 

      L'optimisation de la dépense publiques et des moyens est rarement évoquée. Pourtant, en la matière, des gisements d'économie existent.

 

      Un rapport de la Cour des Comptes, Organisation et gestion des forces de sécurité publique, publié en juillet 2011, décrit entre autre "l'organisation coûteuse du temps de travail des policiers", les heures passées dans les locaux plutôt que sur la voie publique, les contraintes pesant sur la gestion des ressources humaines.

 

      Une étude intitulée Où sont les policiers, réalisée par Alain Bauer, professeur de criminologie au CNAM, et Christophe Soullez, criminologue, sur la période 1998-2008, souligne: «Fruit de soixante années de stratifications successives, sans grand souci de cohérence, l’organisation de la Direction générale de la police nationale se traduit par une superposition de structures et, territorialement, elle se prête difficilement à une démarche unitaire.»

 

      Le problème des effectifs ne paraît pas non plus le problème principal de l'Education Nationale. Ainsi, le nombre d'enseignants par rapport au nombre d'élèves était proportionnellement plus élevé, largement, durant l'année scolaire 2009-2010 que durant l'année 1995-1996. comme le montre le graphique ci-dessous.

 

Effectifs enseignants élèves 2009

 

      Le nombre d'élèves par professeur étant par ailleurs raisonnable en France par rapport à d'autres pays, comme le montre le tableau suivant:

 

  nombre d'élèves par enseignant primaire et secondaire2

 

      Ces chiffres vont faire hurler certains parents qui vont brandir des exemples de classes surchargées. Il s'agit en effet du nombre d'élèves par enseignant, et non par classe. Mais, si des classes sont surchargées, est-ce un problème d'effectifs ou d'organisation? (Pour 2006, le nombre moyen d'élèves par classe est de 22,5 au primaire, et de 24,3 dans les collèges d'enseignement général, ce qui reste bon.)

 

      Enfin, l'augmentation du nombre d'élèves est elle aussi à relativiser. Les nombres en valeur absolue paraissent importants, mais sont bien plus faibles en pourcentage. Ainsi, dans une note d'information de septembre 2010, le ministère de l’Éducation Nationale prévoyait une augmentation de 24 081 élève en sixième par rapport à 2010, soit 3% d'augmentation. Ce qui fait moins d'un élève par classe, si on reprend l'effectif moyen de 24,3 élèves par classe.

 

      Les besoins en effectifs, dans la police comme dans l’Éducation Nationale, dépendent aussi des méthodes de travail, des procédures, de la paperasserie.

 

      Les insuffisances dénoncées en matière de sécurité et d'éducation en France ne proviennent donc pas forcément d'un sous-effectif ni d'un manque de moyens. Une réflexion sur l'organisation et les méthodes pourraient permettre d'être plus efficace, c'est-à-dire de dépenser moins, tout en offrant un meilleur service. C'est-à-dire de réduire les déficits, ou même récupérer du pouvoir d'achat par une baisse des prélèvements obligatoires, sans diminution du service que les français attendent de l’État.

 

Annexe

Pour plus de chiffres: Nombre d'élèves par classe, nombre d'élèves par enseignants...

Pour une analyse sur l'école en France: L'éducation, ébauche d'un constat et de pistes.

 

effectifs premiers et second degré 2009 à 2011

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Sujet bac ES 2011

24 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

Un des sujets du bac d'économie 2011:

Vous montrerez  que l'innovation résulte de l'action des entrepreneurs, mais aussi de celle des pouvoirs publics.

Encore un sujet fermé, qui refuse à l'élève la réflexion. Mais à quoi forme-t-on les jeunes? Le principe de l'éducation, c'est de les former à penser, et qu'importe s'ils pensent différemment de leurs professeurs. Aujourd'hui, l'enseignement paraît être une récitation normée et orientée, qui refuse le débat.

On demande une tête bien pleine de la pensée unique, plutôt que bien faite!

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Education: les chiffres, et commentaires

27 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

  (Cet article est la fusion de deux articles déjàparus sur ce blog, mais de nouveau d'actualité. C'est l'occasion de les fusionner, car ils ne sont séparés qu'en raison de mon manque de temps pour écrire sur un sujet aussi complexe que l'éducation.  Ainsi, les chiffres viennent illustrer la réflexion)

 

      Les suppressions de postes dans l'Education Nationale ont engendré des protestations. Les différentes économies faites sur ce budget interpellent, ce qui est logique. Pour se faire une idée de la situation, il est nécessaire d'avoir des chiffres, des études. Ces chiffres sont disponibles, via l'INSEE, et le site de l'OCDE. En voici quelques uns dans cet article.

 

      Cependant, l'Education n'est pas qu'une question de budget et d'effectifs. Après la présentation de différents chiffres, cet article propose une réflexion basée sur les comparaisons internationales.

 

Effectifs-enseignants-s-rie-moyenne.jpg

 

      Effectifs-enseignants-graphique.jpg

 

 

      Ces deux tableaux montrent que, globalement, sur la période 1995-2007, le nombre d'élèves, dans le primaire comme dans le secondaire, a baissé, tandis que le nombre de professeurs a augmenté.

 

Effectifs-d--l-ves-et-d--tudiants.jpg

(Cliquer sur l'image pour l'agrandir) 

     

 

       L'intérêt de ce tableau est de montrer que les effectifs étudiants ont augmenté depuis 1980, mais qu'ils baissent en 2007 par rapport à 2003. En fait, ils restent dans la même zone depuis 2002.

 

Nombre-d--l-ves-par-enseignant-OCDE.jpg

 

 (Cliquer sur l'image pour l'agrandir)

 

      Ce tableau montre que la France a un nombre relativement élevé d'élèves par enseignant. C'est en primaire que ce ratio est important. Dans le deuxième cycle du secondaire (les lycées), au contraire, ce ratio est plutôt faible.

 

      Il est à noter que la Corée du Sud présente un ratio global équivalent à celui de la France, et un ratio supérieur dans le deuxième cycle du secondaire, tout en présentant de meilleurs résultat que la France à l'enquête Pisa de l'OCDE.

 

      Pour une meilleure interprétation des chiffres, notons que deux pays obtenant les meilleurs résultats à l'étude Pisa de l'OCDE sur l'éducation sont la Finlande et la Corée du Sud. Cette dernière ayant donc un ratio d'élèves par enseignant plus élevé que la France, tandis que c'est l'inverse pour la Finlande.

 

 

      Ce dernier tableau montre qu'en nombre d'élèves par classe, la France est légèrement au dessus de la moyenne des pays de l'OCDE, mais largement en dessous de la Corée du Sud.

 

      Tous ces tableaux démontrent la complexité du sujet. Un pays comme la Corée a des classes qui seraient considérées comme surchargées en France, et, pourtant, ses résultats en matière d'éducation sont bons.

 

      La France réduit ses effectifs d'enseignants, mais ceux-ci sont plus nombreux qu'en 1995, alors que le nombre d'élèves a baissé. Il y a par ailleurs de grandes différence entre le primaire et le secondaire.

 

      L'école est un sujet complexe donc. On ne peut pas en faire le tour en un article. Nous essaierons d'abord ici de sortir du catastrophisme, en montrant que la situation de la France en ce domaine est équivalente à beaucoup de pays développés, et qu'elle est parfois meilleure. Puis, Nous déterminerons quelques pistes d'amélioration de l'école, en observant les pays qui obtiennent de bons résultats dans les comparaisons internationales.

 

Une ébauche de constat

      Les médias aiment le sensationnalisme, et ils nous présentent une situation critique. Qu'en est-il exactement? Pour situer la France, regardons le classement PISA de l'OCDE. Pisa est une étude très complète du niveau d'éducation dans les pays de l'OCDE, qui comprennent tous les pays développés, et des pays émergents. Selon les classements de cette étude Pisa, la France est dans la moyenne. Ce qui signifie trois choses. D'abord, que la France peut progresser. Ensuite, que les problèmes de la France sont aussi ceux d'autres pays. Enfin, que la situation, comparée aux autres pays, n'est pas si catastrophique. Il faut le souligner, dans les comparaisons internationales, si la France n'a pas le rang qui siérait à la nation de Jules Ferry, où l'Education est un pilier de la République, elle n'a pas une position honteuse non plus.

 

      Ajoutons que la France intègre bien les enfants issus de l'immigration. Une étude publiée sous le titre Le destin des enfants d'immigrés: un désenchaînement des générations, montre que globalement les problèmes rencontrés par ces enfants sont ceux de tous les enfants. C'est l'origine sociale qui est déterminante dans leur parcours.

 

      Je ne veux pas ici brosser un tableau idyllique, ni négliger les problèmes. Ce que je veux souligner, c'est que le système français n'a pas que des défauts, et que ce qui est fait ailleurs n'a pas que des qualités. Ne jetons pas le bébé avec l'eau du bain. L'école est complexe. Gardons toujours cela à l'esprit.

 

      Par ailleurs, les pays étrangers sont toujours friands de nos scientifiques. Notre filière mathématique est reconnue dans le monde. De même les connaissances des cadres français, et la capacité inventive. Nous sommes à la croisée de la rigueur germanique et de la créativité latine.

 

      Faire simplement un état des lieux est complexe. Par exemple, y a-t-il ou non une baisse du niveau des élèves? La réponse classique, qui sonne comme une évidence, c'est oui, le niveau baisse! D'autres répondrons l'inverse. En argumentant que l'analphabétisme est rare aujourd'hui chez les jeunes générations. Et que le niveau global a augmenté. En moyenne, les élèves en savent plus. On peut aussi à nouveau signaler cette reconnaissance internationale pour nos scientifiques.

 

       Il y a aussi, en France, mais également aux USA, une relative désaffection pour les filières scientifiques. C'est ce qui ressort régulièrement dans la presse. Je ne connais pas exactement la mesure de ce phénomène. Mais cela montre un facteur externe à l'école. Si les filières scientifiques sont moins pourvues, ce n'est pas forcément à cause d'une baisse de niveau due à l'école, mais aussi aux choix des élèves et des parents.

 

      Cependant, on constate quelques problèmes d'orthographe jusque chez les cadres, pour qui des stages sont même organisés sur ce sujet. Les bacs généralistes paraissent moins exigeants qu'il y a quelques années. Nous sommes passés de math-élem à bac C puis S. Le bac B, assez exigeant, a lui disparu. Il y a des arguments en faveur de la thèse de la baisse de niveau.

 

 

      Il y a donc un mouvement vers plus de connaissances de base, un autre vers une baisse, apparemment, du niveau moyen. Mais les grandes écoles très sélectives trouvent toujours les cerveaux en nombre suffisant.

 

     Le grand défi, finalement, reste l'éducation de masse. Comment s'adapter aux enfants,comment assurer à un tel nombre d'enfants, de milieux si divers, de conditions de vie si diverses, la meilleure éducation possible? Nous n'avons pas encore répondu à cette question en France, et d'autres pays non plus.

 

      Pour finir sur cette ébauche de constat, abordons le thème de l'ascenseur social. Cet ascenseur est unanimement considéré comme étant en panne de nos jours, et l'école est pointée comme étant responsable. Selon moi, cette responsabilité est à relativiser. En effet, il y a de nos jours beaucoup plus de formations accessibles à toutes les catégories de population, du moins quand on habite les centres urbains. Par contre, ce sont les débouchés qui ont diminué. En effet, même si l'élévation du niveau d'éducation est nécessaire pour l'ascension sociale, c'est surtout la croissance qui a permis cette ascension. En effet, c'est avant tout l'augmentation du besoin en personnel d'encadrement et de niveau supérieur en général qui a forcé les bonnes familles bourgeoises à recruter parmi le peuple.

 

Un "climat" d'étude

      Ce constat, ou plutôt cette ébauche de constat faite, que peut-on faire pour améliorer le système éducatif français? Une méthode logique consiste à voir ce qui se fait ailleurs. Deux des pays qui obtiennent les meilleurs résultats au classement PISA de l'OCDE sont la Finlande et la Corée du Sud. On peut trouver facilement des informations sur la Finlande. Malheureusement beaucoup moins sur la Corée. Par conséquent, la comparaison se fera essentiellement par rapport à la Finlande.

 

      La Finlande et la Corée du Sud ont deux systèmes éducatifs très différents. Pour caricaturer, disons que celui de la Finlande se veut "progressif", en faisant en sorte par exemple que l'enfant se sente comme chez lui à l'école. Tandis que le système coréen ressemble plus à la France des années 1950-1960, avec par exemple une discipline stricte. Quels point communs peut-on néanmoins leur trouver?

 

      Un point commun est ce que j'appellerai le respect de la classe. En effet, en Corée du Sud, c'est la discipline à l'ancienne qui est appliquée. Ce qui permet à l'instituteur de "tenir" une classe nombreuse. En Finlande, il est développé un respect mutuel entre l'enseignant et les élèves, ce qui favorise l'attention en classe. Les élèves respectant également les locaux. Il est notable aussi que parmi les objectifs de l'éducation en Finlande il y ait «d'aider les élèves à croître en humanité et à devenir responsables de la société» (Basic Education Act,1998), ou «des individus bons, équilibrés, cultivés et intégrés dans la société» (Upper Secondary Schools AcT, 1998) (citations extraites de La Finlande: un modèle éducatif pour la France? de Paul Robert).

 

      Par ailleurs, la Corée du Sud est un pays où la compétition scolaire est acharnée: les parents poussent leurs enfants dans les études. La Finlande a su réformer son système éducatif dans un relatif consensus, ce qui dénote un souci commun pour l'éducation. Enfin, aux USA, certains comparent les immigrés asiatiques aux immigrés "wasp" (white, Anglo-Saxon, Protestant) des précédentes vagues. Les enfants de ces immigrés asiatiques sont poussés par leurs parents, pour qui l'éducation est importante, comme les wasp de l'époque. En effet, ces enfants asiatiques ont de bons résultats scolaires.

 

      Quelles conclusions tirer de tout cela? D'abord, l'ambiance en classe est importante. Il y a plusieurs méthode pour l'obtenir. La discipline, comme en Corée. L'acceptation de valeurs communes, et un climat de confiance, comme en Finlande.

 

      Ensuite, l'état d'esprit des parents est important. En Corée, les parents poussent leurs enfants. En Finlande, il y a manifestement un consensus en faveur de l'éducation. Et les observations faites aux USA confirment l'importance de cette composante. L'ambiance du milieu familial a une importance.

 

      Il y a régulièrement en France un courant réclamant le retour à la discipline et à l'uniforme à l'école. On voit avec l'exemple de la Finlande que l'important est surtout l'ambiance de la classe, la capacité d'attention de l'enfant. La discipline à la coréenne peut être efficace au début. Mais ensuite, il y a un moment, que je suis bien incapable de préciser, où il est important que les élèves apprennent à travailler en groupe. En effet, il est reconnu que le système éducatif américain n'est pas le meilleur globalement, mais qu'il a une qualité: il apprend les élèves à coopérer.

 

      Nous sommes à nouveau confronté à la complexité du sujet. Le débat sur la discipline renvoie à l'ambiance en classe. Mais l'attitude des parents a de l'importance. Il faut qu'ils acceptent les méthodes de l'école, et le fait, peut-être de pousser un peu les enfants à l'école. En tout cas, il est nécessaire de créer une ambiance propice à l'enseignement.

 

Tout se joue très tôt

      L'enseignement en Finlande se caractérise également par la volonté de détecter tôt les difficultés des enfants, et d'y remédier le plus vite possible. Dès le plus jeune âge. Sachant que pour la Finlande, l'école proprement dite commence au plus tôt à 6 ans. Auparavant, les enfants sont au jardins d'enfants.

 

      Je n'ai pas d'info sur la Corée du Sud à ce sujet. Par contre, tous les articles que j'ai pu lire confirment qu'il est essentiel de détecter tôt les difficultés de l'enfant. Il est généralement préconisé de prendre à part quelque temps ces enfants, pour des cours plus spécifiques, mais pas de les mettre dans des classes spéciales.

 

      Notons que ce qui vient d'être évoqué ici va à l'encontre de la politique de discrimination qui se développe. Pour l'éducation, beaucoup se joue au primaire. La discrimination ne règlera donc rien.

 

      Pour illustrer les différences entre la Finlande et la France, voici la répartition des budgets. On constate que la Finlande dépense plus par élève que la France en primaire et au niveau du collège, tandis que la France dépense plus au lycée.

 

Le budget de l'école

 

      Les bons résultats de la Finlande ne s'explique pas par des dépenses plus élevées que la France, en montant par élève, ni en pourcentage du PIB. La Corée présente des dépenses plus élevées en pourcentage du PIB, du fait de l'investissement des familles.

 

     Ces tableaux montrent donc que la France ne souffre pas d'une insuffisance d'investissement public dans l'éducation. C'est plutôt l'organisation, la manière d'enseigner qui font la différence. Sachant qu'en Finlande les élèves sont bien encadrés, le professeur disposant souvent d'un assistant au primaire et au collège, et les classes ne sont pas surchargées. Par contre, il n'y a pas de corps d'inspecteurs.

 

      Par ailleurs, les dépenses des USA en matière d'éducation, en pourcentage du PIB, sont très élevées. Cependant, les USA n'ont pas de meilleurs résultat que la France en matière d'éducation.

 

Conclusion

      Ce bref article rappelle que la France est dans la moyenne de l'OCDE quant au niveau de l'éducation. Et loin devant les pays en développement.

 

      Il est difficile ici de tirer plus de pistes de cette comparaison internationale. Pour aller plus loin, il faudrait plus d'informations, et comparer plus de pays entre eux. De ces comparaisons, il ressort donc que le climat d'étude est important, à l'école et au foyer; les difficultés des enfants doivent être détectées tôt; le montant des dépenses allouées à l'éducation en France semble suffisant, mais son utilisation peut être améliorée.

 

      Nous sommes ici loin des thèmes habituels quand il est question de l'école en France. C'était aussi le but de l'article que de montrer ces facettes du débat, qui m'ont interpellé quand je me suis intéressé au sujet de l'école d'une manière un peu sérieuse.

 

      Il y a bien des choses à écrire, bien d'autres thèmes à aborder. La méthode des comparaisons internationales ma paraît bonne. Mais elle doit être abordée avec pragmatisme, et il ne faut pas prendre un seul pays comme référence, ou se servir de ce pays pour corroborer d'autres études. Répétons le, le sujet est complexe.

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Education: PISA 2009

10 Décembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

L'étude PISA 2009 de l'OCDE est sortie. Vous en trouverez une synthèse sur le site de l'OCDE, ici.

 

La situation n'a pas vraiment changé pour la France. Attention cependant aux conclusions hâtive. L'éducation est un domaine complexe. Vous trouverez un essai de synthèse sur la question dans cet article, qui est toujours d'actualité:  L'éducation, ébauche d'un constat et de pistes.  

 

D'autres articles peuvent compléter l'étude de la question:  Nombre d'élèves par classe, nombre d'élèves par enseignants... ,   Autorité sur les enfants à l'école et à la maisonLa notation à l'école, un avis critique.   , Ecole, délinquance, logique comptable

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Ecole, délinquance, logique comptable

5 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

      L'actualité a été marquée cette été par la politique sécuritaire, et le lien établi par le gouvernement entre l'immigration et la délinquance. Puis, comme chaque année en septembre, l'actualité a été celle de la rentrée des classes.

 

      La délinquance peut aussi être vue comme un échec du système éducatif. En effet, les jeunes délinquants, que leurs parents soient français ou immigrés, sont nés en France, ont toujours vécu en France, et sont passés par le système éducatif français, ou même y sont encore.

 

      Le gouvernement est régulièrement accusé d'affaiblir l'Education Nationale par sa logique comptable. Sont critiqués ainsi le non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qui touche aussi les professeurs. Le bac pro en deux ans au lieu de trois. La diminution de la part du PIB consacré au financement de l'école par le gouvernement.

 

      Cependant, la critique du gouvernement obéit elle aussi à une logique comptable. Il s'agit de réclamer plus de moyens, plus de personnel. Mais pour faire quoi? Une réflexion, un débat sur l'Education Nationale, sur l'éducation en général, serait nécessaire. Mais il n'y en a pas.

 

      Les problèmes de délinquance ne datent pas de ce gouvernement, loin de là.

 

      On remarque qu'au lieu de faire une politique de l'enfant, on a mené, et on mène, une politique de la ville. On rénove le tissu urbain, ce qui est bien. Mais on ne soigne pas les problèmes humains. Evidemment, c'est plus compliqué.

 

      La grande mode, aujourd'hui, c'est la discrimination positive. On prend un élève d'un quartier défavorisé, on le met dans une grande école, et on nous dit: regardez, la situation s'améliore, il y a plus de jeunes issus des quartiers difficiles dans les grandes écoles.

 

      Evidemment, cela ne change en rien le sort de 99,99% de la population de ces quartiers difficiles. D'autant que dès que l'on s'intéresse un peu à l'éducation, on s'aperçoit qu'il y a un consensus pour dire que beaucoup se joue au primaire.

 

      Une politique centrée sur l'enfant, sur son suivi tout au long de la journée, de la semaine, des années, devrait être la priorité pour l'avenir du pays, et pour la réalisation des idéaux républicains. Il ne suffit pas de dire qu'il faut dépenser plus ou moins. Il faut dépenser bien.

 

      Et cela permettrait aussi de diminuer la délinquance. Il faut lutter contre les délinquants. Mais la lutte est perdue d'avance si le pays crée sans cesse de nouveaux délinquants.

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Sujet du Bac ES

22 Juin 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

    La presse vient de publier le sujet de synthèse proposé au Bac ES ce jour:

 

    "Après avoir montré que l'insertion dans le commerce international peut favoriser le développement, vous présenterez les limites de cette relation"

 

    Je n'ai pas passé le Bac d'économie de mon époque, qui était le bac B. Je ne ferai donc pas de comparaison. Je souhaite juste réagir à la pauvreté du sujet.

 

    C'est en effet un sujet fermé, qui ne demande aucune réflexion, mais simplement de réciter un cours. Il demande de montrer que l'insertion dans le commerce international peut favoriser le développement, mais dans certaines limites. Pas d'opinion, pas de réflexion, le plan quasiment imposé.

 

    Ce n'est pas ça l'économie. L'économie est débat, découvertes, confrontation d'idées, argumentation. Quelle que soit l'opinion que l'on professe. L'économiste doit avoir un esprit d'analyse, et savoir argumenter une opinion propre. Le sociologue également.

 

    Au delà des débats sur ce qu'il faut enseigner en économie, je pense que l'école doit préparer à la réflexion, à l'argumentation.

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La notation à l'école, un avis critique.

13 Juin 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

Voici un lien vers l'observatoire des inégalités, un entretien avec Andé Antibi, professeur de mathématiques, qui porte un regard critique sur le système de notation de l'école en France. Pour nourrir le débat sur l'éducation.


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Autorité sur les enfants à l'école et à la maison

2 Juin 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

      L'APEL, l'Association des Parents d'élèves de l'Enseignement Libre et le quotidien La Croix ont commandé un sondage à l'institut CSA sur le thème: Autorité des parents et des enseignants: regards croisés parents/enfants. Ce sondage a été effectué sur un échantillon de parents et un échantillon de jeunes de 15 à 24 ans. 
 

      Ce sondage montre que l'autorité est perçue comme une valeur positive, chez les élèves comme chez les parents. Les parents, comme les enfants, considèrent qu'il y a un manque d'autorité chez les parents. mais pas en ce qui les concerne! Un manque d'autorité chez les autres comme dit l'étude. 
 

      De même, parents et enfants considèrent que les enseignants manquent d'autorité sur les élèves. 
 

      Mais, à la maison, les jeunes comme les parents considèrent qu'il vaut mieux s'imposer par le dialogue plutôt qu'en demandant l'obéissance aux enfants. 
 

       Il y a donc une apparente contradiction, entre l'autorité comme valeur reconnue, mais finalement refusée en pratique. 
 

      L'on nous apprend en statistiques l'importance des questions posées lors d'un sondage, l'importance du sujet étudié. En l'occurrence, Le sujet du sondage est l'autorité, dans le cadre de l'éducation, à la maison et à l'école. C'est pour ou contre l'autorité. 
 

      Les sondés ne veulent pas dire qu'ils sont pour l'anarchie. Un certain ordre est utile dans l'éducation. Mais ils ne sont pas pour la notion d'obéissance absolue. 
 

      L'éducation est un domaine complexe. Comme je l'ai montré dans un précédent article, L'éducation, ébauche d'un constat et de pistes.  , un bon environnement, à l'école et à la maison, est utile à l'éducation. En France, le débat est très réducteur: on parle tout de suite de discipline, d'autorité, et des clivages se forment. Ne pourrait-on pas parler, plus simplement, de conditions d'enseignement? Débattre, franchement, clairement, de ces conditions? Si on explique qu'il faut apprendre l'enfant à se concentrer, cela passera peut-être mieux que de parler d'autorité. Par ailleurs, ne plus raisonner en terme d'autorité pourrait favoriser l'interactivité de l'enseignement.

  

      Pour cela, il faut un véritable débat, une volonté politique de rassembler parents et enseignants autour de valeurs communes. Aujourd'hui, on ne peut pas construire l'Éducation Nationale sans les parents. C'est un fait. 
 

 

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