Analyse Libérale

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Une nouvelle librairie libérale.

11 Novembre 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le web est une mine pour qui veut s'instruire et se cultiver. Tous les livres que l'on pourrait souhaiter y sont disponibles. Néanmoins, il faut savoir quel titre on recherche. Faire découvrir des titres, des auteurs, des thématiques, c'est là le rôle du libraire.

 

En matière de libéralisme, il est difficile de trouver une librairie qui permette de faire des découvertes. Une fois encore, internet vient à la rescousse.

 

C'est ainsi que l'Institut Coppet a ouvert sa librairie... sur Amazon. Vous y trouverez des livres sur le libéralisme, sur l'école française, avec des textes contemporains, ainsi que d'autres historiques, de Jean-Baptistes Say, Frédéric Bastiat, Frédéric Passy par exelmple, qui permettent de découvrir les origines françaises du libéralisme, et la richesse de cette école française.

 

Parmi les livres à découvrir, citons celui d'Eugen Richter, Où mène le socialisme ? Journal d'un ouvrier. Ecrit en 1891, ce livre avait prévu ce que serait le socialisme, tel qu'il s'est révélé plus tard au sein des républiques socialistes, en URSS et ailleurs.

 

Ou encore Jacques Bohomme, l'éphémère journal de Frédéric Bastiat et de Gustave de Molinari, avec des textes donc de Bastiat, Molinari et d'autres.

 

Citons aussi Rand Paul ou le réveil de l'Amérique, de Benoît Malbranque, ou encore Etat qu'as tu fait de notre monnaie, de Murray N. Rothbard. Et, bien sûr, le mensuel de l'Institut Coppet, Laissons Faire.

 

Il y a bien d'autre ouvrage à découvrir dans la librairie de l'Institut Coppet. Pour s'instruire et se cultiver.

 

Notons également que l'Institut Coppet a lancé la nouvelle version de son site, que je vous invite à découvrir, avec des ebooksà télécharger gratuitement.

 

Bonne lecture.

 

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Marché automobile mars 2014

2 Avril 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le marché automobile en France reprend des couleurs en ce mois de mars, avec une augmentation de 8,9% pour les voitures particulières, et de 7,7% si on inclut les utilitaires légers, qui ont eux augmenté de 1,6%. Sur la période de janvier à mars l'augmentation est de 2,9% pour les voitures particulières.

 

Le fait marquant est la bonne performance des marques françaises. Celles-ci voient leurs ventes de voitures particulières augmenter de 17,8% en mars 2014 par rapport à mars 2013, et de 10,1% de janvier à mars 2014 par rapport à la même période en 2013. Le groupe PSA Peugeot Citroën voit ses ventes augmenter de 15,1% par rapport à mars 2013 (16,4% pour Peugeot, 13,5% pour Citroën), tandis que pour le groupe Renault l'augmentation est de 20,6% (14% pour Renault, 52,7% pour Dacia). De janvier à mars l'augmentation est de 8,5% pour PSA Peugeot Citroën (10,3% pour Peugeot, 6,3% pour Citroën), tandis qu'elle s'élève à 11,9% pour le groupe Renault (8,1% pour Renault, 25,5% pour Dacia). Par comparaison, sur la période de mars 2014 le total des groupes étrangers est en baisse de 0,5, et sur la période de janvier à mars de 5,1% Aucun groupe n'atteint les scores des groupes français. A noter, dans les utilitaires légers, une augmentation de 20,3% pour la marque Citroën.

 

Peugeot Citroën profite à plein de ses nouveaux modèles. La Peugeot 208 est deuxième des ventes sur la périodes de janvier à mars, la Citroën C3 quatrième, la 2008 est cinquième. Surtout, le nouveau C4 Picasso de Citroën, devant la Mégane Scénic, 8ème, et la Peugeot 308 est 9ème, devant la Mégane. Que la 308 devance la Mégane, et surtout que le Picasso devance le Scénic, est un événement. Notons tout de même que les modèle de Renault ne démérite pas, malgré leur âge. Renault place la Clio en tête des ventes, et le Captur en 3ème position.

 

Ainsi deux nouveaux concepts, le Captur et la 2008, permettent aux marques françaises de progresser en ventes. L'innovation paye.

 

Le point notable est bien évidemment le bond en avant de Dacia, qui place la Sandero en 6ème position des ventes. Dacia permet au groupe Renault de préserver sa part de marché, même si elle diminue un peu depuis 20 ans.

 

Les médias nationaux se focalisent sur le fait que le Renault Captur est produit en Espagne, les Dacia en Roumanie et au Maroc. Ils oublient d'ailleurs que la Clio est principalement fabriquée en Turquie, même si Renault a maintenu une production en France, pour avoir les bonnes grâces de Nicolas Sarkozy, alors président de la République. Cependant, le centre décisionnel de Renault, ainsi que sa recherche, se situe essentiellement en France. Tandis que la 2008, et la 308 sont fabriquées en France, de même que la C3 et une partie des 208. Mais le C4 Picasso vient d'Espagne, tandis que le Scénic est fabriqué à Douai.

 

En résumé, des nouveaux modèles français qui marchent bien, de nouveaux concepts qui cartonnent, et le low cost qui progresse, dans un marché qui se reprend légèrement après plusieurs années de chute.

 

Toutes les infos sur le site du CCFA.

 

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A propos d'un article de Capital sur la reprise au Royaume Uni

1 Février 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le magazine Capital de février 2014 publie un article sur l'économie britannique. Pour expliquer la reprise que connaît le Royaume Uni, cet article souligne la baisse des dépenses publiques. Et aussi le fait qu'il ne fait pas partie de la zone euro. Selon l'article, la zone euro force ses membres à maintenir le déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB, elle ne mène pas comme la banque centrale du Royaume Uni une politique d'argent facile. La non appartenance à la zone euro permet par ailleurs au Royaume Uni de bénéficier de taux d'intérêt bas.

 

Cet argumentation est très surprenante, tant elle est en décalage avec la réalité. L'Europe force-t-elle la France et d'autres pays à maintenir leurs déficits budgétaires sous les 3% de PIB ? Dans ce cas, comment se fait-il que la France dépasse ce seuil depuis plusieurs années, bien qu'elle ait été moins touchée par la crise que le Royaume Uni ?

 

La BCE ne mène pas une politique d'argent facile ? Elle tient guichet ouvert en faveur des banques de la zone, qui y ont puisé des liquidités sans retenue (sans en utiliser une grande partie d'ailleurs). La BCE a même racheté des obligations publiques sur le marché, ce qui est pourtant interdit par ses statuts.

 

Quant aux taux d'intérêt, ils n'ont jamais été aussi bas en France, en Allemagne, et partout en Europe si on considère que la zone est en crise, et que donc tout investissement est risqué, même dans la dette d'Etat.

 

On peut même ajouter que l'appartenance à la zone euro a sans doute sauvé l'Espagne, la Grèce, qui n'auraient plus eu aucune possibilité d'emprunt sans l'aide des pays de la zone.

 

En vérité, le Royaume Uni s'est infligé un plan de sauvetage avant que le FMI ne le lui impose, se souvenant que cela était déjà arrivé. C'est ce qui a maintenu la confiance des emprunteurs dans la livre sterling et les émissions obligataires britanniques. Quant à la différence de politique entre la BCE et la Bank of England, elle tient surtout dans la communication. La BoE affichant son soutien à 'économie par des taux bas, et se faisant d'ailleurs piéger par la reprise. La BCE ne faisant pas de com, mais agissant de manière semblable, pas par les mêmes canaux car les économies sont différentes, mais avec la même philosophie.

 

L'article de Capital n'est que le reflet du courant dominant en économie, une sorte de Keynéso-monétarisme, qui considère qu'il faut injecter de l'argent dans l'économie, ou soutenir la demande. Il se part même de la caution d'un ténor du keynésianisme, prix Nobel d'économie et chroniqueur au New York Times, Paul Krugman. L'article cite l'économiste : «Si le Royaume Uni avait fait partie de la zone euro, il aurait probablement subi le même sort que l'Espagne ». Si l'on considère que l'Espagne diminue sa dépense publique, comme le Royaume Uni, et flexibilise son marché du travail, ce qui est déjà fait au Royaume Uni, la plus grande différence entre l'Espagne et le Royaume Uni est l'aide apportée par l'Europe à l'Espagne. Est-ce ce que le brillant économiste veut souligner ?

 

Mais il est vrai que Paul Krugman fait partie de ceux qui ont appelé, en 2002, à une bulle immobilière, pour relancer l'économie, comme le rappelle l'Institut Coppet. Cette bulle qui a provoqué la crise. On peut donc penser que, comme férence, il y a mieux. 

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La presse face au web

29 Décembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le web est mis en cause par la presse pour justifier de ses difficultés. Et c'est vrai qu'il constitue un profond changement. Mais quel changement, précisément ? Et comment les entreprises de presse s'y adaptent-elles ?

 

D'abord, quels étaient les métiers de la presse avant le développement du web ? En tant que média, la presse relayait les annonces du gouvernement, de l'INSEE, des grosses sociétés, des syndicats, etc. Comme la télévision ou la radio. Mais chaque média avait sa spécificité. La presse, média écrit, pouvait être plus exhaustive que la radio ou la télévision. La radio étant le média de l’instantanéité (ce que la presse a été avant l'apparition de la radio, avec des éditions spéciales tout au long de la journée en cas de besoin), et la télévision le média du reportage, du débat, de l'image.

 

La presse était aussi un vecteur de petites annonces, ce qui la faisait vivre. Deux types d'annonces en particulier : les annonces immobilières, et les offres d'emplois, ces dernières incluant des offres de postes très qualifiés, qui se retrouvaient dans le Fig éco par exemple.

 

Le web a changé deux choses. D'abord, plus besoin d'intermédiaire pour avoir certaines infos : celles en provenance du gouvernement ou des ministères, qui ont leurs sites web. Celles en provenance de l'INSEE, ou d'autres organismes, ou en provenance des grandes entreprises, des syndicats, de l'OCDE, etc. Mine de rien, cette fonction de transmission d'information représente une part importante de l'activité de la presse. Cette fonction d’agrégation de contenus existe toujours. Mais, aujourd'hui, elle est remplie à un coût modique sur le web. Il suffit de payer un fil d'informations chez l'agence France Presse ou Reuters pour compléter.

 

 

Par ailleurs, les petites annonces se sont également dirigées vers le web, et notamment dans l'immobilier et les offres d'emplois. Tous les secteurs sont concernés, car même les journaux gratuits de petites annonces sont concurrencés, par des sites comme le Bon Coin par exemple.

 

La presse se trouve ainsi confrontée à une sorte d'effet ciseau. Une de ses fonctions disparaît, celle de transmission. Mais ses revenus diminuent également, ce qui complique la mise en place d'un nouveau modèle. Plus encore, la baisse des revenus engendre des économies et donc une paupérisation des contenus. Les quotidiens, les magazines, sont plus aérés, les caractères sont plus gros. Où ils traitent de sujets ne nécessitant pas de coûteuses investigations ou d'analyses.

 

Le défi de la presse est, finalement, de trouver quelque chose à faire payer. Elle a pu à une époque faire des reportages, proposer des analyses, grâce aux revenus de la publicité. Aujourd'hui, il faudrait, face à la baisse des revenus publicitaires, en incluant la baisse des petites annonces, faire payer pour tout ce que ces revenus publicitaires payaient. Ce qui suppose d'investir, pour réinventer le modèle économique.

 

D'autre part, le web permet l'apparition de nouveaux acteurs, qui offrent des analyses, des traductions d'informations de sites étrangers, des débats. Bref, un enrichissement sans précédent de l'offre, en quantité, et aussi en qualité. On peut citer à ce titre Contrepoints, un pure player de l'information, ou encore l'Institut Coppet, qui popularise l'Ecole française d'économie, et l'école autrichienne, entre autre.

 

Quelles réponses sont apportées par la presse ? Les quotidiens et les hebdomadaires régionaux disposent d'un modèle plus solide. En effet, on est toujours content de voir en photo la fête de sa ville, de connaître les intentions de son conseil municipal, et il est utile de consulter la nécrologie et de pouvoir présenter ses condoléances à la famille de son collègue pendant 30 ans décédé. On retrouve ici la fonction de transmission. Cependant, même la presse régionale a des difficultés. Et les progrès des réseaux sociaux lui feront certainement une concurrence à l'avenir.

 

Patrick de Saint Exupéry a lui créé le magazine XXI, vendu en librairie. C'est un magazine de grands reportages, vendu à un prix élevé pour un magazine, mais normal pour un livre. Il ne dépend pas de la publicité. C'est l'objectif de son fondateur. Patrick de Saint Exupéry explique que la dépendance à la publicité oblige les journaux et magazines à créer des pages "art de vivre", pour mettre en valeur la pub correspondante. Et son magazine investit plus dans le grand reportage que des journaux établis de longue date.

 

Le groupe Le Figaro a une stratégie encore différente. Officiellement, le site internet est moins rentable que le journal papier, car les revenus publicitaires sont plus valorisés sur le papier que le web. Cependant, le groupe Le Figaro a opéré une mutation radicale. Il a racheté des sites de petites annonces sur internet, dans le domaine de l'immobilier et des offres d'emplois. Ainsi, si TOUS les revenus du web étaient pris en compte, est-ce que le web serait moins rentable que le papier ?

 

Parallèlement, LeFigaro.com a développé différents sites web, sur la santé, le golf par exemple, pour développer l'audience, et il développe également la vidéo, qui apporte plus de revenus publicitaires. C'est en fait un nouveau métier que développe Le Figaro. Il se place sur le plan de l'interview vidéo, et de l'image pour les faits divers. Tout en monétisant les analyses, réservé aux abonnés. C'est une stratégie qui va dans plusieurs directions en même temps.

 

Dans le monde, le groupe allemand de presse Springer vient de racheter une chaîne d'informations. Il est aussi actionnaire majoritaire du groupe Au féminin.com. Tandis que l'hebdomadaire The Economist et le quotidien The Financial Times ont augmenté leurs prix pour moins dépendre de la publicité. Ils capitalisent sur la qualité de leurs rédactions, sur le caractère international de la langue anglaise, le niveau de vie élevé de leur lectorat, et, sans doute, au moins pour le Financial Times, le fait que ce sont les employeurs qui paient une partie des abonnements.

 

Le web entraîne donc une transformation du monde médiatique. Deux tendances se distinguent. L'une, consiste pour la presse à rester un média de masse, en occupant le terrain sur internet dans tous les domaines qui relevaient auparavant de la presse, quotidienne ou magazine. Ainsi, Au Féminin.com peut être considéré comme une évolution des magazines féminins. C'est la stratégie du groupe Le Figaro, ou de Springer. Les revenus sont diversifiés : publicité, petites annonces, abonnement. L'internet permet aux journaux de concurrencer la télévision en incluant de plus en plus de vidéos sur leurs sites, stratégie clairement affichée du Figaro.

 

L'autre tendance consiste à faire payer l'information. C'est le cas de The Economist, du Financial Times, du New York Times, du quotidien Les Echos, du journal régional La Voix Du Nord aussi. 5 ou 10 articles sont généralement consultables gratuitement, et il faut ensuite payer. Il faut dans ce cas que l'information ait suffisamment de valeur, et aussi que le lectorat ait les moyens. Ainsi, le Financial Times profite d'un lectorat aisé, et qui peut éventuellement faire payer l'abonnement par sa société. De même pour Les Echos. La Voix Du Nord vend une information régionale introuvable ailleurs. (Je précise que La Voix Du Nord a d'autres diversifications, dans la télévision notamment).

 

Enfin, il y a un nouveau modèle qui émerge, sur internet. Le site financé en partie par des dons. C'est le cas de Contrepoints par exemple. Il y a des reportages financés par internet aussi. Un modèle qu'on pourrait appeler participatif. Il permet à des gens recherchant certaines informations, certaines analyses, de les trouver, en dehors du circuit des médias classiques. C'est la particularité d'internet de libérer l'information et l'analyse. Souvent, des analyses pertinentes sont d'ailleurs disponibles gratuitement sur des blogs, qui n'ont aucun but lucratif. Mais, le net est si vaste, que des sites qui sélectionnent ces articles, comme Contrepoints, ont une grande utilité.

 

En fait, le web force les médias à se poser la question de leur finalité. Patrick Le Lay, président de TF1, avait choqué en parlant à l'époque de "temps de cerveau disponible". On aurait dû saluer sa franchise. C'est une des fonctions des médias : accaparer les gens, pour placer de la pub. Peu importe dans ce cas la qualité de l'info, de l'analyse, du programme. Il faut retenir le chaland. L'autre fonction peut être de délivrer une information, une analyse, reconnue. Ou encore, d'agréger des informations, articles de blogs, le media se voulant sélectionneur. Attention, une information ou une analyse reconnue ne veut pas dire pertinente. Krugman, dans le New York Times, est reconnu par exemple, malgré quelques éditoriaux malheureux. N'en déplaise aux puristes, il s'agit toujours de vendre quelque chose. Là, on vend une réputation, des sujets qui correspondent aux attentes du lectorat, à une tendance politique.

 

Internet développe une troisième tendance, encore en construction. Celle des médias financés par les dons, des reportages préfinancés par les lecteurs. Ce secteur rassemble des organisations à but non lucratif, comme Contrepoints, et d'autres sites héritiers des fanzines qui permettaient de partager une passion, et qui ont trouvé une nouvelle vie sur le net. C'est aussi une piste pour certaines entreprises.

 

Le web représente donc une formidable opportunité pour la presse. C'est aussi un moment de vérité, l'obligeant à choisir ce qu'elle est, dispensateur de temps de cerveau disponible, d'articles respectant une tendance politique, de véritables analyses. Les opportunités sont encore nombreuses, tant l'information est difficile à obtenir et à analyser. Il manque des sites, des journaux ou des magazines, du moins en France, qui présenteraient, sélectionneraient, agrégeraient une information mondiale, et les analyses qui vont avec. Mais nous ne sommes qu'au début d'une nouvelle ère. Les nouveaux "pure players" peuvent se développer.

 

 

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Le libéralisme, qu'est-ce que c'est?

21 Décembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

 

C'est un exercice difficile et présomptueux : résumer le libéralisme en quelques thèmes simples. En effet, les penseurs libéraux ne se cachent pas derrière des slogans simplistes et populistes. Ce texte ne rassemblera pas tous les suffrages (que serait le libéralisme sans débat?), mais je le pense utile. 

 

Le libéralisme, c'est d'abord un humanisme. Le libéralisme, c'est l'être humain, son développement, son accomplissement. C'est permettre à chacun de faire des choix, de suivre ses buts, en toute liberté. C'est l'être humain d'abord.

 

Le libéralisme, c'est le "vivre ensemble". C'est l'être humain en société. Si chacun vivait en ermite, il n'y aurait pas de libéralisme. C'est même le "vivre ensemble" dans la grande société, la société ouverte, composée de milliards de personnes qu'on ne peut toutes connaître. Hayek oppose ainsi la vie dans la société ouverte à celle de la petite tribu où tout le monde se connaît. Le libéralisme, c'est la vie dans la grande société.

 

Le libéralisme, c'est le respect d'autrui. C'est respecter les opinions, le mode de vie d'autrui. C'est respecter la propriété d'autrui. La conséquence du respect étant la responsabilité : c'est assumer ses actes, sans en reporter les conséquences sur autrui.

 

Le libéralisme, c'est la règle. La société est régulée, dans le sens où il y a des règles (et non administrée, dans le sens où il n'y a pas de règles, mais un pouvoir qui décide de  la manière d'agir). Que la règle découle du droit naturel, du principe premier de liberté pour les anarco-capitalistes, ou des règles de juste conduite pragmatiques d'Hayek. Le capitalisme, c'est la régulation.

 

Le capitalisme, c'est l'égalité. Dans le sens où tous sont égaux devant la règle, y compris les politiciens !Un groupe, majoritaire ou non, ne doit pas imposer sa volonté sur les autres. Le gouvernement, s'il existe doit faire respecter et respecter lui-même les règles, et non faire du clientélisme électoral.

 

Le libéralisme, c'est la coopération. Chacun a ses objectifs, ses désirs. Mais le respect oblige à tenir compte des objectifs et des désirs des autres. Alors, un vaste mouvement de coopération s'engendre, décrit primitivement par Adam Smith comme la division du travail, mais qui peut prendre diverses formes : coopération entre associés, au sein d'une entreprise, sur le marché, etc.

 

Humanisme, vivre ensemble, respect, règle, égalité, coopération. C'est le libéralisme.

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Réflexions sur le dernier opus de Piketty

14 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Thomas Pietty a livré son dernier opus, Le capital au XXIéme siècle. Je ne l'ai pas lu, et les articles qui le décrivent n'incitent pas à la lecture. Ce livre semble un parfait exemple de la décadence dans laquelle est tombée ce qui se fait toujours appeler science économique. Thomas Piketty considère qu'il y a une montée des inégalités. Les revenus du capital sont trop importants, et augmentent trop vite. Ils augmentent sans effort, le capital s'accroissant quasi naturellement. Pour rétablir l'égalité, il faut, selon Piketty, un impôt progressif sur le capital. Un impôt instauré par les politiciens au niveau mondial d'après les commentaires que j'ai pu lire.

 

Comment qualifier cette vision du monde ? Ultra simpliste ? Naïve ? Erronée ? Pour arriver à une telle conclusion, il faut passer par beaucoup de raccourcis, ignorer des faits, bref, ne pas respecter la rigueur d'un travail d'économiste.

 

Imaginons que les inégalités entre revenu du capital et du travail se soient accrues, comme le dit Piketty, même si son manque de rigueur n'incite pas à la confiance. A quoi cette inégalité est-elle due ? A l'économie de marché ? Ou à l'Etat ? Aux Etats plus précisément.

 

En effet, jamais les Etats n'ont été aussi interventionnistes de part le monde. En France, la dépense publique représente environ 57% du PIB. Elle dépasse 40% du PIB dans tous les pays développés. Sans compter la multitude de lois et de règlements qui encadrent l'économie.

 

Plus encore, combien de fortunes sont directement liée à un Etat ? Dans  le secteur des télécom, par exemple, qui dépend beaucoup des licences et des bonnes relations avec les gouvernements. Idem dans le secteur de la télévision. Le secteur du jeu à Macao. Le BTP dépend aussi beaucoup des commandes d'Etats. Et parlons pas du capitalisme d'Etat en Chine, et de ses millionnaires.

 

La thèse de Piketty est donc bien fragile. Est-ce que la concentration des richesses ne serait pas due aux excès des Etats ? N'est-ce pas les bonnes relations avec un Etat trop puissant qui, justement, permettent d'entretenir la richesse, l'accumulation de capitaux ? Dans ce cas, le problème, c'est l'Etat big brother. Or, Piketty,selon certains commentaires, proposerait un impôt mondial, un super big brother ? Pour de super big fortune ? A contrario, on peu remarquer qu'aux USA, un Steve Jobs peut créer Apple, un Michael Dell peut créer Dell, qu'il y a encore une possibilité pour la classe moyenne de rêver accéder à la fortune, et, surtout, s'accomplir dans un projet. Où est l'égalité, où est la justice sociale ? Du côté de l'Etat big brother qui distribue la richesse ? Ou du côté de l'Etat qui permet à chacun de s'accomplir ?

 

D'ailleurs, qui contrôle les Etats ? C'est une question qui n'est pas abordée par ceux qui, comme Piketty, veulent un Etat big brother. Les Etats sont contrôlés par les politiciens. Est-ce raisonnable de leur donner les pleins pouvoirs ? Est-ce qu'ils agissent pour le bien des peuples ou dans leur propre intérêt, comme l'enseigne l'école des choix publics ? On peut arguer que ces politiciens sont élus démocratiquement. Mais quelle proportion de la population, en tenant compte des abstentionnistes, des votes blancs, choisit réellement ses dirigeants ? Et chacun peut-il être d'accord sur tous les points d'un programme ? Et si on n'est d'accord avec aucun candidat ? Et, quand un groupe politique est élu avec 50,05% des voix, qu'il représente 35% des électeurs inscrits, est-il raisonnable de lui donner les pleins pouvoirs, pour distribuer la richesse ?

 

Ce sont là des réflexions apparemment absente des écrits de Thomas Piketty. Il préconise la redistribution par big brother, sans s'inquiéter de la légitimité ni du contrôle de big brother.

 

En outre, Piketty écrit sur l'inégalité.Mais qu'est-ce que l'inégalité, et quelles en sont les sources possibles ? L'inégalité est-elle juste ou injuste ? Par exemple, si quelqu'un, en excellent état physique refuse de travailler, est-ce juste que ceux qui travaillent subviennent à ses besoins, ou plus encore ? C'est la théorie du passager clandestin. Comment éviter les comportements de profiteurs dans un processus de redistribution ? Comment allier l'incitation à la production et la redistribution ? Préoccupations qui semblent absentes chez Piketty.

 

Autre exemple : si la majorité de la population reçoit un enseignement dispensé par une école publique, contrôlé par l'Etat. Si l'école enseigne que la vie active c'est être salarié à vie d'une entreprise, à la sortie de l'école, sans se poser de questions, l'entreprise étant responsable de l'emploi et des compétences des salariés. Si une minorité apprend, par ses parents, par un système d'éducation privé parallèle, que pour réussir dans la vie il faut entreprendre, envisager l'avenir, cultiver ses compétences. Et si c'est la minorité qui réussit mieux, d'où vient l'inégalité ? Est-ce une injustice sociale qu'il faut compenser en prenant à ceux qui réussissent pour donner à ceux qui ne réussissent pas, ou est-ce le fait que l'Etat big brother, qui a monopolisé l'éducation des masses, ne leur apprend pas les règles de la réussite ?

 

L'inégalité est un sujet complexe. Piketty, comme d'autres, ne l'envisage pas dans toute sa complexité.

 

Enfin, sur le site du Nouvel observateur, Piketty déclare : « L'erreur des libéraux a été de croire que la croissance et la concurrence pouvaient tout régler. » Voilà une formule bien lapidaire pour résumer le libéralisme. Et complètement fausse. Le libéralisme, c'est la régulation, dans le sens que chacun doit respecter ce qu'Hayek appelait des règles de juste conduite. Riches, puissants, doivent respecter les règles. L'objet du gouvernement est de faite respecter ces règles. L'interventionnisme est lui un mode de gouvernement dérégulé, dans le sens où il n'y a pas de règles que chacun devrait respecter. Le gouvernement, confié à des politiciens, est tout puissant, et décide de favoriser tel ou tel secteur d'activité, tel classe de la population. Le risque de clientélisme, de corruption, est logiquement plus élevé. Imaginons un gouvernement interventionniste mondial... Quel risque de corruption, de clientélisme ! Mais Piketty n'envisage aucunement toutes ces implications. Son raisonnement est ultra-simpliste.

 

Ultra-simpliste, ou ultra-idéologique, comment qualifier Thomas Piketty ? Il laisse tellement de questions dans l'ombre, en ne les abordant apparemment pas (je reconnais qu'il faudrait que je lise son livre pour faire un commentaire juste, mais ce que j'en lis ne me donne pas envie de gaspiller de l'argent). L'économie, les inégalités, le pouvoir, ce sont là des sujets complexes. Il faut les envisager dans toute leur complexité, comme peuvent le faire Ludwig von Mises, ou Friedrich August Hayek. Mais existe-t-il encore de tels auteurs ? Ou, surtout, sont-ils médiatisés ? Un Jesus Huerta de Soto, un Jorg Guido Hülsmann, ne bénéficie pas du battage médiatique d'un Piketty.

 

NB : pour lire des choses plus sérieuses, cf L'école autrichiennepar Jesus Huerta de soto, et Monnaie, crédit bancaire et cycles économiquesdu même auteur.

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Peut-on faire confiance aux médias?

20 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Peut-on faire confiance aux médias? L'exercice de la démocratie suppose d'être informé. Mais comment trouver une information valable? L'actualité récente montre un manque de recherche, de recoupement, et de sérieux, des grands médias. Dans le domaine économique. Dans le domaine scientifique.

 

Ainsi, dans le domaine économique, les médias martèlent que la dérégulation des marchés financiers est responsable de la crise actuelle. Or, le secteur financier est le secteur économique le plus réglementé au monde (cf La politique économique avant et après la crise ).

 

Aujourd'hui, c'est une étude anti-OGM qui défraie les médias, remontant jusqu'au gouvernement. Pourtant, le mode de diffusion de cette étude pose problème. Elle n'a été diffusée dans un premier temps qu'auprès de certains médias, la communauté scientifique ne pouvant, à ce moment, la consulter, et donc, éventuellement, la critiquer ( cf OGM : la science prétexte à show politico-médiatique ). Une attitude sérieuse aurait voulu que cette information sur la toxicité des OGM, provenant d'une seule étude, alors qu'il y en a eu de nombreuses, et publiée de cette façon, soit reprise avec d'extrêmes précautions. Ce qui n'a pas été le cas, l'étude, au mode de publication qui ressemble à du marketing, a fait les gros titres.

 

Les exemples de ce type sont faciles à trouver. Il en est de même sur l'histoire de la crise économique des années trente, sur le libéralisme, le réchauffement climatique. L'information est-elle manipulée? Faut-il adopter les théories du complot? Il est vrai qu'en fouillant le web on peut effectuer des recoupements, trouver la contradiction. Mais encore faut-il avoir le temps de le faire. Ou en avoir la volonté : on peut vouloir utiliser son temps libre à autre chose, c'est légitime, et souhaiter une information fiable et résumée, sans aller la chercher en fouillant le web.

 

Nous n'avons jamais eu autant de moyens d'information, mais l'information sérieuse est difficile à trouver. Nous sommes au temps de la com', la communication, où le débat est proscrit. Il faut manipuler, faire peur, dénigrer, crier plus fort.

 

 

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La TVA dans la restauration

19 Août 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Après bien des péripéties, le secteur de la restauration sur place s'est vu assujetti au taux de TVA réduit, pour l'alimentation et les boissons non alcoolisées. Mesure qui est constamment remise en cause, notamment aujourd'hui alors que le gouvernement cherche des moyens pas trop visibles d'augmenter les prélèvements obligatoires. L'argument étant que cette baisse de la TVA était destinée à promouvoir l'emploi, et à faire baisser les prix, mais qu'elle fait perdre trop de recettes fiscales, pour des gains controversés en termes d'emplois et de prix.

 

     Cependant, l'emploi et les prix n'ont jamais été la justification, à l'origine, de la réclamation d'une baisse de la TVA de la part du secteur de la restauration. Le problème était la différence de taux entre les ventes à emporter, assujetties aux taux réduit, et la consommation sur place, assujettie au taux normal, plus élevé. Un sandwich jambon et un paquet de frites achetés à la baraque à frites étaient moins taxés qu'un jambon frites au comptoir du bistro du coin. Ce qui faisait également dire aux professionnels que les Mac Donald's étaient moins taxés. Ce qui était abusif. Leurs ventes sur place étaient taxées comme celle des restaurateurs traditionnels.

 

     La baisse de la TVA pour la restauration sur place a ainsi établi une égalité de traitement entre la vente à emporter, et la consommation sur place. C'est donc la problématique à étudier.

 

     La restauration à emporter couvre une large gamme d'acteurs. Certains restaurants, la restauration rapide notamment, proposent à la fois la restauration sur place et à emporter. Les boulangeries forment un grand acteur de la restauration à emporter. Les sandwicheries, les pizzerias, les restaurants chinois, japonais, sont des acteurs de la restauration à emporter. Mais aussi les grandes surfaces, et les supérettes, ont, en ville, leur rayon à emporter. Les grandes surfaces et supérettes acceptant même les tickets restaurant. Le secteur de la restauration est donc très large.

 

     Le plus simple serait de maintenir un taux unique, entre la restauration sur place et la restauration à emporter. Pour des raisons simples d'équité. Et surtout d'efficacité. Quant au choix du taux, le gouvernement préférerait sans doute appliquer à tous le taux normal. Mais nul doute que cela provoquerait un tollé de toutes les professions concernées, des boulangeries aux grandes surfaces. C'est donc le taux réduit qui resterait appliqué, logiquement. Mais pour renflouer ses caisses, l'Etat pourrait choisir l'inéquité, et appliquer au groupe le moins nombreux, la restauration sur place, un taux plus élevé.

 

     La TVA dans la restauration illustre les dilemmes provoqués par une fiscalité différente selon les secteurs et les produits, dans le but de manipuler l'économie. Au final, le traitement n'est pas équitable. Les taux sont influencés par les rapports de force entre les différents groupes de pression. Si le gouvernement a besoin d'argent, il sacrifiera le groupe le moins puissant à ses yeux. Sans chercher ni l'efficacité sociale, ni l'équité, dans sa décision.

 

 

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Le plan de soutien du gouvernement à la filière automobile

25 Juillet 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Le gouvernement a annoncé mercredi 25 juillet un plan de soutien à la filière automobile. Un plan qui ne soutiendra pas forcément la filière en France, qui illustre la continuité de la politique économique en France, en recyclant de vielles recettes, et en refusant toute remise en question.

 

     Ce plan propose d'augmenter les " bonus " pour les véhicules émettant pu de gaz carbonique. En particulier les véhicules électriques et hybrides. Mais il y aura aussi une augmentation des " bonus " pour les véhicules thermiques faiblement émetteur de gaz carbonique. Les " malus " appliqués aux véhicules fortement émetteurs de gaz carbonique seront par contre augmentés. Sans que " bonus " et " malus " s'équilibrent, puisque le coût évoqués de ces mesures s'élèvent à 490 millions d'euros. Et ce n'est qu'une évaluation.

 

     Des crédits de la banque publique OSEO, ainsi que des fonds du grands emprunt, et des crédits de la BEI, seront utilisés pour le financement de bornes de rechargement des batteries. 25% des commandes publiques de véhicules seront par ailleurs consacrées à l'achat de véhicules électriques.

 

     Des fonds, issus du grand emprunt et d'OSEO, seront également destinés aux besoins de refinancement et de liquidités des PME du secteur. Des fonds d'un programme " d'investissements d'avenir " seront destinés à la filière, tandis que le crédit impôt recherche sera pérennisé. «Un institut de recherche technologique dédié à l'automobile sera lancé avant fin 2012» précise le communiqué du gouvernement selon Le Figaro.fr .

 

     Enfin, le site Challenges.fr annonce l'ouverture d'un "chantier social ", mi septembre, "ne négociation des branches de la filière automobile sur "l'adaptation de l'outil automobile en France" afin de produire la voiture "verte et populaire", qui est au coeur du plan du gouvernement "

 

     Quels sont les effets prévisibles de ce plan? Le leader des véhicules hybrides est Toyota, avec des véhicules fabriqués au Japon. La technologie hybride est adaptée au haut de gamme, car elle réduit la consommation des gros véhicules. Peugeot y est présent avec quelques véhicules hybrides diesel.

 

     Peugeot et Citroën vendent également une voiture électrique, fabriquée par Mitsubishi au Japon. Renault vient d'annoncer un retard dans le lancement de sa Zoé électrique.

 

     Les véhicules thermiques faiblement émetteurs de gaz carboniques sont de peites voitures, du fait de leur légèreté. Elles sont rarement fabriquées en France. Peugeot et Renault en fabriquent en Europe de l'Est. Volkswagen fabrique sa Up au Brésil, et les Polo en Espagne.

 

     Bref, comme pour les sarkozette, la hollandette profitera largement à d'autres pays que la France. La soutien aux véhicules hybrides profitera à ceux qui ont les moyens de les acheter. Il faudra financer l'augmentation du " bonus ", ce qui provoquera une hausse des impôts et donc une baisse de la consommation dans d'autres secteurs, ou encore, une baisse de l'investissement. Surtout si la collectivité prend en charge la mise en place de bornes de rechargement. Enfin, même l'intérêt écologique est douteux. Il faut produire des batteries, c'est-à-dire extraire des minerais, de manière souvent polluante et destructrice de l'environnement.

 

     Ce plan est à l'image des débuts de la présidence de François Hollande. De l'idéologie, pure et dure. Pas de pragmatisme. François Hollande est ainsi revenu à une conception comptable du travail, en supprimant la défiscalisation des heures supplémentaires. La mesure était bancale, certes, mais elle apportait de la souplesse dans le temps de travail. Le président Hollande est revenu à une conception prônant le rationnement du travail.

 

     Le président Hollande pénalise également l'investissement dans les entreprises. Il augmente ainsi le taux de l'ISF. Un impôt qui a la particularité de taxer l'investissement, mais pas tout ce qui est considéré comme œuvre d'art ou objet de collection. Le précédent gouvernement avait ménagé des atténuations pour l'investissement. De même, l'investissement est pénalisé par une taxe de 3% sur les dividendes distribués.

 

     Enfin, ce plan est la promesse d'impôt supplémentaire : il faudra bien financer le " bonus ".

 

     C'est l'Etat qui doit diriger les investissements, et les crédits. C'est l'Etat qui décide qu'il faut investir dans l'automobile, plutôt qu'ailleurs. L'Etat serait-il omniscient? Saurait-il de manière infaillible où investir? D'autre part, l'accent est mis sur le financement par crédit bancaire. Pourtant, les entreprises françaises n'ont-elles pas besoin de fonds propres? Mais, dans la conjoncture actuelle, des fonds propres venant de l'Etat impécunieux, c'est difficile, et l'Etat ne souhaite pas d'investissement privé, en tout cas, avec l'augmentation de l'ISF, la taxe de 3%, et aussi l'impôt à 75%, il fait tout pour décourager l'investissement privé.

 

     Dans la même veine, le crédit impôt recherche est une fierté française. Il est l'illustr'ation du principe d'un impôt élevé sur les société, assouplit part des réductions si la société va dans le sens des préconisations de l'Etat. Pourtant, malgré ce crédit d'impôt, la recherche privée ne décolle pas en France. Surtout, ce crédit d'impôt méconnaît la différence entre recherche et innovation. L'entreprise Xerox, aux Etats-Unis, est a l'origine de grandes avancées en matière de recherche. mais elles ont été mises en œuvre par d'autres, dont Apple. Mieux vaut un taux d'imposition bas, sans niche fiscale.

 

     Ce plan est significatif de nos élites : elles ne comprennent que l'administration, mais pas l'économie. Nos élite sortent de l'ENA, où elles apprennent l'administration. Ou d'un grand corps d'ingénieurs, où elles apprennent un raisonnement mécanique. Ou d'une grande école de commerce, où elles apprennent la gestion. Tout doit procéder d'un plan, validé par le grand ordonnateur, ou le grand ingénieur. L'être humain n'est qu'un rouage. Nos élites ne comprennent pas le foisonnement humain, qu'est l'économie. Elles refusent l'initiative humaine. Elle refuse l'idée que l'union des énergies, des initiatives de chacun puisse construire le monde. Tout doit procéder du sommet, d'un plan, et la base n'est qu'exécutrice.

 

     Ces élites favorisent les grands groupes. Elles refusent le mouvement de renouvellement de l'économie. C'est l'initiative de personnes, d'hommes, de femmes, qui créent des entreprises, qui investissent après avoir fait fortune, qui renouvelle l'économie. C'est le principe de la Silicon Valley, du MIT. A des années lumières de la politique française, qui cherche à faire perdurer les grands groupes, sans les mettre en danger, alors que le danger pourrait les stimuler. Il faut noter d'ailleurs que Peugeot joue le jeu, n'ayant réclamé aucune aide, seulement plus de compétitivité. C'est Renault, par Carlos Tavarès, qui avait suggéré une aide de l'Etat.

 

     Le plan comporte également quelques maladresses. Il fustige la Corée. Que la France utilise les recours offert par l'OMC pour défendre le libre échange n'a rien que de très normal. mais cette stigmatisation de la Corée est étonnante. Ce n'est pas le premier importateur de véhicule en France. Hyundai-Kia, le constructeur coréen, possède une base industrielle en Europe. Enfin, l'autre importateur de voiture coréenne est... Renault! Avec le Koleos et la Latitude. L'alliance Renault Nissan venant d'annoncer la fabrication d'un nouveau véhicule en Corée d'ailleurs.

 

     L'autre maladresse, c'est une campagne pour promouvoir le " made in France ". Une telle campagne peut desservir grandement les entreprises françaises, en ancrant l'idée que la seule raison d'acheter leurs produits est qu'ils sont français. Ce qui insinue qu'ils n'ont aucune qualité intrinsèque. D'autre part, cette initiative pourrait entretenir un nationalisme malsain. La tentation est grande en temps de crise de faire porter la responsabilité sur l'étranger. Des mouvements sont prêts à en profiter. Ne les encourageons pas. La vrai fierté nationale, c'est de faire les efforts pour s'en sortir par soi-même.

 

     Le gouvernement laisse un peu d'espoir cependant. Selon Le Figaro.fr « Des propositions pour la compétitivité seront faites dans le cadre de la mission Gallois et de la réforme du financement de la protection sociale.» Afin «d'adapter l'outil automobile», des négociations de branches auront lieu à la mi-septembre, a aussi annoncé Michel Sapin ce mercredi. Les partenaires sociaux seront encouragés à négocier «les adaptations nécessaires». » Cependant, ces mesures de compétitivités prendront vraisemblablement la forme d'une hausse de la CSG. Il est souvent souligné que l'Allemagne a augmenté sa TVA pour diminuer ses charges sociales. Sauf que la TVA allemande reste plus faible que la TVA française, après augmentation, et que l'Allemagne a aussi diminué sa dépense publique en pourcentage du PIB.

 

     C'est aujourd'hui que PSA Peugeot Citroën a besoin d'un signe fort du gouvernement en faveur de la compétitivité. La société négocie avec les syndicats de son usine Sevelnord un accord de compétitivité pour produire des utilitaire Toyota. Certains syndicats n'y sont pas favorables. C'est pourtant grâce à de tels accords que les syndicats allemands ont soutenu l'industrie de leur pays. Et qu'est-ce que l'Etat a de mieux à offrir pour l'emploi? Des emplois jeunes mal payés et sans avenir? Pourquoi est-il correct d'être mal payé pour un emploi d'Etat sans avenir, et incorrect d'accepter des sacrifices pour un emploi pérenne au SMIC?

 

     La France a un grand potentiel. Qui doit être libéré. Il est temps de changer de politique, plutôt que de bégayer les mêmes mesures quels que soient les gouvernements. D'autant que ces mesures, étant inefficaces, n'évitent pas la casse sociale.

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Le plan de restructuration de Peugeot - Citroën

12 Juillet 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Les politiciens et  responsables syndicaux font assaut d'indignation face au plan de restructuration de Peugeot - Citroën. L'expression "crime social" a ainsi été employée. La SA Peugeot - Citroën apparaît comme un fossoyeur de l'emploi. Cependant, toutes ces déclarations manifestement excessives et théâtrales apparaissent comme une composante d'un plan de communication. L'idée est de montrer que le gouvernement se mobilise pour l'emploi. Que ce sont les entreprises, par leur comportement, qui sont fautives. Et que le gouvernement essaie vaille que vaille de préserver l'emploi, malgré ces mauvais comportements.

 

     Le gouvernement est d'autant plus véhément qu'il paraît totalement impuissant. De même pour l'opposition. Ces suppressions d'emplois interviennent malgré la politique économique menée depuis des années, par les différents gouvernements qui se sont succédés, sans grande différence entre la droite et la gauche. De même pour la politique menée par les syndicats. Même si Peugeot - Citroën a certes sans doute commis des erreurs stratégiques, ce plan de restructuration est aussi une illustration de l'échec de la politique économique menée par la France, et soutenue par la classe politique et les syndicats.

 

     Sous la présidence de Jean-Martin Folz, le groupe Peugeot - Citroën visait un objectif de 4 millions d'automobiles vendues. Il a accru ses capacités en Europe. Ce qui est apparu comme une erreur.

 

     D'autre part, la structure familiale du groupe l'a également handicapé. La famille Peugeot a toujours voulu maintenir une participation de contrôle dans le groupe. Elle accepte d'être dilué quand les circonstances l'exigent, comme aujourd'hui, comme sous la présidence de Jacques Calvet. Mais elle regagne son niveau de participation, quand le groupe propose des rachats d'actions auxquels elle ne participe pas. La comparaison avec Toyota fait ainsi contraste. La famille fondatrice de Toyota ne possède plus qu'un petit pourcentage d'un groupe qui fait partie des plus importants constructeurs mondiaux d'automobiles. A contrario, le groupe Peugeot - Citroën ne s'est pas autant développé. Il n'a ainsi qu'une part de marché de 3,4% en Chine, alors qu'il fut un des premiers à s'y installer, faute d'investissements. Et c'est seulement aujourd'hui qu'il passe à la vitesse supérieur, en concevant des véhicules spécialement pour les pays émergents, plutôt que de recycler ses vieilles plateformes. Ce qui est présenté comme une qualité, être un groupe familial, ne l'est pas forcément.

 

     Cependant, Peugeot - Citroën est aussi victime de la politique économique. Ainsi, le groupe a pu penser pouvoir augmenter ses capacités quand le marché européen était porteur. Mais, le marché était porteur car la BCE avait une politique monétaire très accommodante. Peugeot - Citroën a notamment profité de la croissance en Espagne, provoquée par les taux bas de la BCE, et les crédits à la construction des caisses d'épargne régionale d'Espagne, qui ont entraîné une croissance économique, et des ventes de voitures. Ceci est un bel exemple de mal investissement provoqué par une politique d'expansion monétaire, tel que cela est décrit par les économistes du courant autrichien.

 

     Le groupe Peugeot - Citroën peut aussi s'estimer victime des coûts du travail en France. La gauche a instauré les 35h, et démantèle aujourd'hui la loi TEPA, qui était une usine à gaz, mais qui avait au moins le mérite de redonner de la valeur au travail salarié, en supprimant les charges sur les heures supplémentaires. Les 35h ont à la fois augmenté le coût du travail, et augmenté l'intensité du travail pour les salariés. L'Allemagne avait ouvert la voie, mais de façon plus flexible. Et, dès que les effets néfastes sont apparus, les allemands ont rectifié le tir, organisant une stagnation, et même une baisse des salaires. Rien de tel en France.

 

     Les syndicats sont aussi responsables, refusant le pragmatisme économique allemand, au profit de l'idéologie, provoquant une augmentation du coût du travail finalement néfaste à l'emploi.

 

     Aujourd'hui, le gouvernement semble enfin conscient du problème du coût du travail. Mais, au lieu de diminuer la dépense, comme en Allemagne, il cherche à la reporter sur d'autres. Les entreprises paieront peut-être moins de charges, mais le consommateur en paiera plus.

 

     Le seul fait qu'un plan de 8 000 suppressions d'emplois dans un pays de plus de 60 millions d'habitants déclenche autant de réactions montre le désarroi des politiciens et des syndicats. L'Etat fait beaucoup de promesses. Il contrôle plus de 50% de la richesse créée dans le pays chaque année. Et pourtant, cette politique provoque des licenciements. Et pourtant, ces licenciements sont vécus comme un drame ce qui signifie que les licenciés ont peu d'espoir de retrouver un emploi. La politique économique, à base d'expansion monétaire , de déficit, et de réglementations ne serait donc pas favorable à l'emploi?

 

     Pire, le gouvernement veut une concertation avec Peugeot - Citroën. Alors que l'Etat est omniprésent dans nos vies le gouvernement veut se reposer sur l'entreprise privée. Un plan de sauvegarde de l'emploi n'est rien d'autre que l'obligation faite à une entreprise de reclasser ses salariés, malgré le poids de l'Etat dans l'économie.

 

     Il ne reste qu'à espérer que tout cela ne soit que gesticulations. Il serait regrettable d'empêcher Peugeot - Citroën retrouver des forces. Rappelons que ce groupe privé produit plus en France que le groupe automobile dont l'Etat français est actionnaire. Qu'il a une stratégie de montée en gamme pour continuer à produire en France, notamment dans les petits véhicules, alors même que Volkswagen ne produit pas la Polo en Allemagne. Un redressement de Peugeot permettrait un redressement industriel en France. L'Etat devrait accompagner ce redressement plutôt que de le fustiger. S'il veut vraiment dépenser de l'argent public en faveur de l'automobile, qu'il finance plutôt la reconversion des salariés de Peugeot - Citroën, ou un accompagnement de quelque nature que ce soit, plutôt que d'entraver le redressement d'une firme pour qui la France reste un centre industriel primordial.

 

     Ce sont des vies humaines qui sont en jeu. Il serait temps d'abandonner l'idéologie, et de penser à l'être humain.

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