Analyse Libérale

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Friedrich Hayek, présentation de la pensée de l'auteur.

13 Octobre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

Friedrich Hayek est sans doute l'auteur le plus connu du courant dit autrichien en économie. Il doit cette célébrité à son prix Nobel, et aussi pour avoir été cité comme référence par des politiciens, comme Margaret Thatcher. Et Hayek est devenu une cible des anti-libéraux. Hayek est devenu le symbole de ce que ces anti-libéraux nomment "ultra-libéralisme", présentation diabolisée du libéralisme.


Au final, la pensée d'Hayek est peu connue. On parle de lui selon des stéréotypes anti-libéraux, anti-économie de marché, sans savoir ce qu'il a écrit.


Pour ceux qui veulent faire l'effort de dépasser les clichés, voici un texte court, très bien fait, qui explique ses domaines d'activité, son cheminement, sa pensée: Hayek et sa reconstruction du libéralisme. Il est écrit par Gilles Dostaler, qui n'apartient pas du tout au courant autrichien. Ce n'est donc pas un texte hagiographique, mais une présentation distanciée d'Hayek.


Dostaler souligne notamment qu'Hayek donne un rôle finalement important à l'Etat, et fut critiqué par les anarcho-capitalistes, dont Murray Rothbard. Il souligne que l'image qui est donné du grand auteur autrichien est caricaturale, face à un personnage à la pensée complexe.

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Peugeot pourrait lever 3 milliards d'euros auprès de l'Etat français et de Dongfeng

12 Octobre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Selon une dépêche de l'agence Reuters publiée ce jour sur différents sites d'information, dont Le Figaro.fr, ou La Tribune, ou encore Capital, PSA Peugeot Citroën s’apprêterait à lever un montant de 3 milliards d'euros à parité auprès du contribuable français et de l'entreprise chinoise Dongfeng. Le ministère de l'économie et des finances se refuse à tout commentaire pour le moment, et Peugeot a formulé une réponse laissant la porte ouverte à toutes les possibilités, ce qui finalement accrédite l'information.

 

Les français vont donc peut-être payer 1,5 milliards d'euros pour Peugeot. Ce qui sera certainement présenté comme une défense de l'emploi et de l'industrie en France. En oubliant que la participation de l'Etat dans Renault n'a pas vraiment permis de préserver l'emploi et l'industrie en France. Renault a diminué ses effectifs et ses volumes fabriqués en France, tandis que la société construit des chaînes de montage au Maroc, en Inde, au Brésil.

 

Cependant, la véritable raison de cette prise de participation sera sans doute la volonté de garder l'entreprise française. L'Etat manifeste un intérêt pour le secteur automobile depuis longtemps. C'est un secteur considéré comme stratégique. Ainsi, après la seconde guerre mondiale, le secteur a été réorganisé par l'Etat. Ce qui explique en partie l'absence en France de constructeur haut de gamme, la fabrication de masse ayant été privilégiée. Plus récemment, chaque trou d'air du secteur a entraîné une prime à la casse. La France a également privilégié le gazole par sa fiscalité, soutenant le développement des véhicules à moteur diesel. Ce qui fait que les motorisations françaises ne sont pas adaptées au marché US, et explique en partie l'absence des constructeurs français de ce marché (le gazole n'est pas consommé par les véhicules des particuliers aux USA). Enfin, le système de bonus - malus aujourd'hui contribue à orienter la demande de véhicules, favorisant les petits véhicules, au détriment des plus gros à plus forte marge.

 

L'arrivée de Dongfeng serait, elle, parfaitement logique. La Chine est en train de devenir le premier marché de PSA, et le premier marché mondial. Il est donc normal que des investisseurs de ce pays s'intéressent à Peugeot. Une alliance pour l'ensemble du continent asiatique est également parfaitement cohérente. Les modèles de Peugeot et Citroën sont déjà adaptés à la Chine à partir d'un bureau d'étude que la société a installé en Chine. Il est logique que la Chine devienne le centre de décision pour l'Asie.

 

On va sans doute entendre des commentaires sur le péril jaune, qui va profiter des technologies de Peugeot. A une autre époque, un PDG de Peugeot, Jacques Calvet, mettait ainsi en garde contre les Japonais. Aujourd'hui, Toyota a une usine en France. Dongfeng va profiter des technologies de Peugeot, mais il va payer pour ça. Il peut même offrir des opportunité à la technologie de moteur hybride à air comprimé, présentée par PSA. La France pourrait aussi devenir une tête de pont européenne pour Dongfeng. Et, finalement, pourquoi pas, fournir activité et emplois aux usines et bureaux d'études du constructeur français. Cette alliance peut être une opportunité. Mais il faut développer un environnement favorable à l'emploi, comme le Royaume Uni a su le faire, lui qui voit la production automobile augmenter et créer des emplois par l'intermédiaire de Nissan et Land Rover.

 

Des risques existent, bien sûr, tant les mentalités sont différentes entre les deux pays. Le développement de la Chine constitue également une interrogation : à quel rythme peut-il continuer ? Jamais un pays aussi peuplé n'a connu un développement aussi rapide. PSA a aussi un partenariat avec une autre société en Chine, Changan. Qu'est-ce que ce partenaire va penser d'une alliance avec Dongfeng ? Même si on peut penser qu'une participation de Dongfeng dans PSA aura nécessairement l'aval du gouvernement chinois, ce qui aplanira certaines difficultés.

 

Des commentaires sur la gestion de PSA peuvent également resurgir. La famille Peugeot a été accusée de privilégier le renforcement du contrôle sur l'entreprise à son développement. En effet, quand PSA a eu des difficultés, la famille a accepté d'être diluée. Mais, ensuite, une partie des bénéfices a été utilisée pour racheter des actions. La famille ne vendant pas d'actions, elle a vu son contrôle augmenter. Sauf qu'il est bien facile de donner des leçons a posteriori. La famille garantissait ainsi le contrôle par des français du deuxième constructeur européen, ce qui ne pouvait qu'être bien vu par l'Etat. Si la famille s'était laissée diluer, nul doute que la menace d'une prise de contrôle étrangère aurait été agitée.

 

Cette nouvelle péripétie dans l'histoire du groupe PSA s'inscrirait donc à la fois dans une tradition et comme un pari sur l'avenir. La tradition de l'interventionnisme des politiciens dans le secteur de l'automobile. Et le pari sur la Chine et l'Asie. Une décision sera prise. Elle sera critiquée, sur le moment, et a posteriori si le pari rate. Elle sera encensée si le pari réussit. Et gageons que les choses seront présentées de la manière suivante : si ça rate, ce sera la faute de la famille Peugeot, si ça réussit, ce sera grâce à l'Etat.

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Le blocage du budget US par Obama

9 Octobre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

La présentation du shutdown, le blocage sur le vote du budget des USA, illustre à nouveau l'absence totale de sens critique des médias. Aucun ne s'interroge sur la pertinence du budget US. Aucun n'explique le fonctionnement des institutions US. Aucun ne livre de détail sur ce vote. Tous décrètent que le budget doit être voté, ce qui est un premier parti pris. Des médias neutres s'interrogeraient sur la pertinence du budget. Et tous désignent le grand méchant, le Tea Party, l'affublant du qualificatif d'extrémiste.

 

La réalité est cependant quelque peu différente. Aux USA, le Parlement a plus de pouvoir qu'en France. Et il peut y avoir un parlement contrôlé par l'opposition. Aujourd'hui, c'est la Chambre des Représentants qui est à majorité républicaine. Le Président est démocrate, et le Sénat également. Ce qui impose de négocier. Ce qui est courant aux USA. Sous Ronald Reagan, le Congrès ( Chambre des Représentants et Sénat ) était démocrate, alors que le Président était républicain. Obama a présenté un budget. La majorité républicaine de la Chambre des Représentants n'est pas d'accord. La suite logique est une négociation. Mais Obama refuse la négociation. Qui est intransigeant. Qui met en danger la gouvernance US ?

 

Les Républicains acceptent quasiment tout le budget. Ils refusent juste le financement de "l'obamacare". Ils proposent de reporter d'un an les cotisations salariales, comme cela a été fait pour les cotisations patronales. C'est le seul point d'achoppement.

 

Obama, dans une présidence classique, ou normale, pourrait soit accepter la proposition républicaine, soit proposer des économies dans d'autres postes du budget pour faire passer l'obamacare. Or, il ne le fait pas, préférant le psychodrame. Et les médias suivent.

 

Une analyse correcte de la situation exigerait de s'interroger sur l'état des finances publiques US. Or, une telle analyse montrerait que les dépenses augmentent plus vite que le PIB, et ce de manière structurelle (cf Ce que cachent les affrontements au sujet des dépenses publiques américaines ). Ce qui amènerait à s'interroger sur la pertinence d'un budget qui préconise plus de dépenses.

 

Et aussi sur la pertinence de l'obamacare. La population des USA a globalement un bon niveau de vie, et de santé. Elle dispose de programme sociaux, que sont Medicare et Medicaid. Certaines personnes n'ont pas d'assurance maladie. Mais, parmi elles, il y en a qui ont fait le choix de ne pas en avoir, s'estimant jeunes et en bonne santé. Selon les différents critères sociaux et de santé, de longévité, les USA ne sont pas à un mauvais niveau, preuve que leur système n'est pas si mauvais. Evidemment, selon nos critères étatistes français, nous les critiquons. Mais les USA sont un autre monde. Nous ne devons pas y calquer nos raisonnements français. L'obamacare y est très controversée.

 

Ajoutons que l'effet de l'obamacare sur l'emploi est négatif. En effet, les employeurs retardent les embauches, ou embauchent à temps partiel, pour ne pas être touchés par l'obamacare. Une discussion sur cette loi, en pleine période de crise, paraît donc nécessaire. On peut d'ailleurs se demander pourquoi Obama s'est plus préoccupé de l'obamacare que de la crise. Ce qui paraît une position très idéologique, plutôt que pragmatique.

 

Quant au Tea party, quel est sont pouvoir réel ? Il ne faut pas oublier qu'il représente les valeurs des Pères Fondateurs des USA. L'idée qu'il faut réussir par soi même. Que l'Etat doit être bien géré. Il titre son nom de la Révolution US contre les taxes imposées par le Royaume Uni. Le Tea Party n'a rien d'extrémiste donc. Il se réfère juste aux valeurs fondatrices des USA. Rien à voir, par exemple, avec les extrémistes religieux du temps de George W. Bush. Par contre, quelqu'un qui bloque le budget en refusant toute négociation, comme Obama, comment le qualifier ?

 

Qui a raison dans cette confrontation ? C'est un choix qui devrait être démocratique, et qui devrait être présenté dans les médias de manière neutre. Tel n'est pas le cas, malheureusement. Les médias versent dans une présentation caricaturale, le gentil Obama face aux méchants du Tea Party, sans s'interroger sur la pertinence du budget d'Obama. Je ne sais pas pour vous, mais quand quelqu'un est ainsi cloué au pilori sans arguments, comme le Tea Party, j'ai tendance à à penser qu'il est dans le vrai.

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Les suppressions d'emplois chez Alcatel - Lucent

9 Octobre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Les suppressions d'emplois chez Alcatel – Lucent mettent en mouvement la classe politique française, d'autant que le fief électoral du premier ministre est touché. Michel Combes, le PDG d'Alcatel – Lucent, est un ancien des cabinets ministériels de la gauche. Il a présenté son plan à Bercy. D'autre part, les suppressions d'emplois en France, 900, sont relativement faible. Donc, gageons qu'un moyen sera trouvé pour que gouvernement apparaisse comme le défenseur des emplois face aux méchantes entreprises.

 

Cependant, toute cette agitation politique est significative du problème français de l'emploi. En voulant à tout prix préserver l'emploi existant, les politiciens se trompent de cible. L'exemple de Lucent aux USA est sur ce point parfait.

 

Lucent est une entreprise de télécom jumelle d'Alcatel. Elle est confronté aux mêmes difficultés : changements technologiques, avec le développement de la téléphonie mobile, de l'internet, et changement de clientèle, avec la multiplication des opérateurs de télécoms. Auparavant, tout comme Alcatel, Lucent était sur des marchés avec peu d'opérateurs, et souvent des opérateurs nationaux et publics.

 

Cependant, est-ce à dire que l'emploi lié au secteur des équipementiers des télécoms a diminué aux USA ? Je n'ai pas les chiffres, mais rien n'est moins sûr. En effet, les USA ont vu la naissance d'un nouveau champion, qui a grandit avec l'internet : CISCO. Ajoutons les smartphone d'Apples, les puces de Qualcom, les serveurs de Dell, IBM et consorts, qui peuvent se retrouver chez les opérateurs de télécoms, ou encore les logiciels.

 

Ce qu'il faut défendre, c'est l'emploi, pas les emplois. Il faut permettre le renouvellement des emplois, et apprendre aux gens à vivre dans un environnement en perpétuel mutation. Les politiciens, bien qu'ils le promettent tous, ne peuvent pas faire de miracle, assurer à chacun d'occuper le même emploi plus de 40 ans durant. Par contre, il y a moyen d'assurer à chacun un emploi. En permettant le renouvellement de l'économie, et en apprenant à chacun à s'adapter.

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Loi anti-Amazon : inutile et rétrograde

5 Octobre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

L'Assemblée Nationale française vient de voter ce qui est considéré par les médias comme une proposition de loi " anti - Amazon ", le célèbre site de vente à distance sur internet. Cette loi vise à faire payer les frais de port des livres. Elle est aussi présentée comme défendant les intérêts des libraires français, qui l'ont d'ailleurs soutenue.

 

Pourtant, cette loi ne défavorisera pas Amazon, elle ne favorisera pas les libraires. Elle va juste défavoriser les lecteurs, qui paieront leurs livres plus chers, et perdront ainsi du pouvoir d'achat.

 

Elle ne défavorisera pas Amazon car ce n'est pas le tarif l'avantage de ce site. Elle ne favorisera pas les libraires, car leurs difficultés ne proviennent pas d'Amazon mais de l'évolution de leur métier. Cette loi est également symbolique d'un refus du progrès économique et social en France, où toute évolution est perçue comme un recul, alors qu'elle représente une amélioration majeure.

 

Pourquoi acheter sur Amazon ? Je ferai part ici de mon expérience de lecteur. Est-ce qu'on trouve à la librairie du coin le livre d'Ayn Rand, La grève ? Je ne l'ai pas trouvé. Ou encore, le livre Théorie de l'évolution économique, dans lequel Joseph Alois Schumpeter expose sa fameuse théorie de l'entrepreneur ? Non. Ou le Traité d'économie politique de Jean-Baptiste Say ? Toujours pas. Et Principles of economics, livre fondateur de l'école autrichienne d'économie. Et non !

 

Le principal atout d'internet est le choix. Je précise par ailleurs que j'habite en région parisienne, pas très loin de la FNAC de La Défense. J'ai donc, théoriquement, à ma disposition, une grande librairie. Certains livres peuvent se trouver à Paris, chez Gibert par exemple. Ou, dans les grandes villes, dans les librairies universitaires. Mais vous n'y trouverez pas Principles of economics de Carl Menger, et il est peu probable d'y trouver Théorie de l'évolution économique, de Schumpeter. Et tout le monde n'habite pas Paris, ni une grande ville. Alors j'achète ces livres sur le net. De préférences directement chez les éditeurs. J'ai acheté Monnaie, crédit bancaire et cycles économiques, de Jesus Huerta de Soto sur le site de L'Harmattan, Théorie de l'évolution économique chez Dalloz, mais je ne le retrouve plus sur le site de l'éditeur aujourd'hui, La Grève sur le site des Belles Lettres, L'école autrichienne de Jesus Huerta de Soto sur le site de l'Institut Charles Coquelin.

 

Internet permet d'acheter des titres introuvables en librairie. C'est une première raison de son succès. Il permet également de découvrir de nouveaux titres. Je cherchais récemment quel livre de science fiction je pourrais lire. Je voulais me remettre à ce genre. Je vais à la FNAC, au CNIT de La Défense, et j'y trouve mis en exergue les mêmes auteurs qu'il y a plus de vingt ans, quand je découvrais le genre. Je vais donc faire un tour sur le net, et j'y découvre Gradisil, d'Adam Roberts, qui ne me paraît pas trop mal (je l'ai commencé, et je confirme, c'est bien). Je retourne à la FNAC pour l'acheter, car j'aime bien disposer tout de suite du bouquin que je désire. Surtout que ça ne semble pas être un bouquin marginal difficile à obtenir. Bien sûr, je n'ai pas trouvé ce titre en rayon. Je l'ai donc commandé chez Amazon.

 

Internet permet donc le choix. En plus, concernant plus spécifiquement Amazon, ce dernier offre un excellent service. Mais il faut souligner qu'il n'est pas seul sur le secteur. Il y a également chapitre.com, et des librairies comme Le Furet du Nord. Ce n'est pas le combat des librairies contre internet. Certaines sont présentes sur le net.

 

Internet implique une évolution pour les librairies. Elles peuvent choisir d'être des supermarchés du livre, livrant les produits de grandes marques, c'est-à-dire les livres mis en avant par les éditeurs. C'est le choix de la FNAC. Dans les villes universitaires, il y a toujours des librairies spécialisées. La Procure a une spécialisation dans le livre religieux. Je connais une petite librairie qui a un rayon religieux conséquent par rapport à sa taille. La librairie Critic, à Rennes, se lance carrément dans l'édition, et vend sur internet. Je ne suis pas de Rennes, mais elle me semble avoir un bon rayon de science fiction aussi. (Je recommande le titre Gurvan de P.J. Hérault que la librairie Critic republie, les trois tomes en un seul livre, pour tous les amateurs de space opera.)

 

Les libraires doivent cultiver leur singularité, c'est-à-dire faire leur métier de commerçant, pour attirer le chaland. Aucune loi ne pourra changer les choses. Ajoutons que l'internet est une chance pour les petits éditeurs, en élargissant leur diffusion, en permettant de faire connaître leur catalogue. .

 

Je citerai ainsi la collection Rivière Blanche, de BCP, qui n'est pas très distribuée en librairie. Ou encore Ravet Anceau, qui est un exemple d'éditeur régional. Et aussi Mythologica, où officie l'écrivain et anthologiste Lucie Chenu. L'auto-édition se développe également grâce à internet et à Amazon. Je prendrai pour exemple La crise avec des mots simples, le livre que j'ai publié. Ou encore, Le Cercle des Elus, un roman policier dont l'intrigue se déroule à Arras, ma ville natale. On peut citer également le Best of de Contrepoints, et aussi Introduction à la méthodologie économique de Benoît Malbranque, sous l'égide de l'Institut Coppet. Soulignons qu'Amazon vend tous ces bouquins publiés en auto-édition comme des titres de grands éditeurs, sans discrimination. Du point de vue de la créativité et de la liberté d'expression, il s'agit donc d'un grand progrès.

 

L'internet est ainsi une chance extraordinaire pour les écrivains et les maisons d'édition. Amazon fait partie de cet écosystème qui offre sa chance à tout écrivain et à toute maison d'édition. En contrepartie, les librairies doivent évoluer pour se conformer aux désirs du chaland. C'est dans l'ordre des choses. Quant à la loi prétendument anti Amazon, on voit bien, à la fois son inutilité et son caractère rétrograde. Elle prétend empêcher le progrès. Elle prétend pérenniser des situations acquises. Cependant, elle n'avantagera personne, mais désavantagera les lecteurs.

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Contre l'euroscepticisme

29 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Les élections en Europe sont marquées par la montée de ce qui est appelé l'euro-scepticisme. Après la bonne performance d'un parti anti-euro en Allemagne, c'est vers les legislatives en Autriche que les regards se tournent. En France, la sortie de l'euro est évoquée par le FN, ce parti rencontrant un échos certain aujourd'hui. Ne parlons pas de la Grèce, où l'Europe est vilipendée.

 

L'euroscepticisme est-il justifié ? L'Europe est-elle à ce point diabolique ? Il faut d'abord s'interroger sur l'origine de l'euroscepticisme pour répondre à ces questions.

 

L'euroscepticisme est d'abord issu du populisme. En effet, l'Europe a été vendue d'abord aux européens comme un remède miracle. Votez pour l'Europe, et la croissance sera là, sans effort. Votez pour l'euro, et tous les pays convergerons sans effort vers la prospérité. Mais voici qu'une crise se produit. Ce n'est évidemment pas la faute des gouvernements des pays européens. C'est, bien entendu, la faute à l'Europe si les gouvernements grecs ont inconsidérément endetté le pays, jusqu'à présenter des comptes qui n'étaient pas sincères. C'est la faute à l'Europe s'il y a la crise, car il suffirait que l'Europe lance une grande politique de relance keynésienne pour que, sans effort de la part des populations, la prospérité revienne.

 

L'Europe est présentée tour à tour comme un remède miracle, et comme un bouc émissaire. Ce qui a déjà provoqué des tours à nos très chers politiciens, si compétents et attentionnés envers le peuple. Ainsi, les votes en faveur des traités européens par les français s'avèrent désormais si aléatoires, qu'on préfère les éviter. Ce qui est logique. L'Europe est accusée en France de promouvoir "l'ultralibéralisme".

 

Dans un pays comme l'Allemagne, l'euroscepticisme a d'autres sources. Les allemands ont fait beaucoup d'efforts pour que leur pays ait une situation économique et sociale stable et solide. Or, voilà que, non seulement on leur demande de payer pour des pays dont les gouvernements rechignent à faire les mêmes efforts, mais qu'en plus on les accuse d'égoïsme. Leur réaction est tout à fait logique, sachant tout ce que l'Allemagne a fait pour la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande (Si les grecs critiquent violemment l'Allemagne, les autres pays acceptent mieux la réalité, il faut le souligner).

 

L'Europe a certes bien des défauts, il faut le reconnaître. Elle a une tendance à l'ultra-interventionnisme. Les règlements partent dans tous les sens, plutôt que de favoriser la décentralisation, ou la subsidiarité dans le langage eurocrate. Au point qu'on peut se demander si elle n'est pas plus interventionniste, en matière économique et sociale, que l'Etat fédéral des USA.

 

Cependant, elle n'est pas responsable de ce dont on l'accuse. Elle n'est pas responsable de la crise. Elle n'est pas responsable de la gabegie grecque. Elle n'a pas non plus le remède miracle qui permettrait, sans peine, de sortir de la crise. Et on peut comprendre les allemands, qui ont fait des efforts pour remettre à flot leur économie, et à qui on demande de soutenir des pays qui rechignent à faire les mêmes efforts.

 

Pourtant, l'Europe nous apporte beaucoup. L'Europe nous apporte la paix. La crise de 1929 a entraîné la deuxième guerre mondiale car tous les pays se sont lancés dans le protectionnisme et la dévaluation des monnaies. L'Europe, et aussi l'OMC, nous protège des extrémismes de cette époque. L'euro nous protège aussi. Un peu trop peut-être. Sans l'euro, la France vivrait une catastrophe financière. Il n'est que voir l'affolement des pays émergents face à la baisse de valeur de leur monnaie ces temps ci. ( Cf Crise des devises : les effets de la création monétaire).

 

Nous devons beaucoup à l'Europe. Nous devons combattre l'euroscepticisme, en revenant à l'origine de la création de l'Europe : la paix. Nous devons combattre les tendances ultra-interventionnistes, sans jeter le bébé avec l'eau du bain.

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A propos de la Tunisie

29 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Nous sommes incités à qualifier d'arabe tout ce qui est d'Afrique du Nord, d'une partie du pourtour méditerranéen, et du Moyen Orient. Or, chaque pays a sa culture, son histoire, et  ses particularismes. Ce que nous rappelle Habib Sayah, à propos de la Tunisie:


La Tunisie, un pays arabe?

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La situation économique et sociale du Brésil aujourd'hui

28 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Je recommande vivement cet excellent article de Contrepoints sur le Brésil:


Diagnostic pauvreté: le Brésil.


Une synthèse admirable et documentée de la situation économique et sociale du pays.

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Les Elections en Allemagne

22 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Les élections en Allemagne ont entraîné la publication de quelques articles sur ce pays dans la presse. Ce qui est frappant, c'est l'insistance sur les travailleurs précaires, les mini jobs, sur tout ce qui irait mal. On a parfois l'impression que l'Allemagne est en plein déclin. Evidemment, la conclusion est que l'Allemagne a plein de problèmes. Sous entendu : il ne faut surtout pas imiter sa politique.

 

Par conséquent, une petite mise au point s'impose.

 

D'abord, la politique d'Angela Merkel fait consensus en Allemagne. Les socio-démocrates ne feraient pas une politique très différente. Ce sont d'ailleurs eux qui ont lancé les réformes dans le pays. Ce consensus signifie que la population soutient la ligne politique. Et donc, on peut en conclure, sans trop s'avancer, que si une politique fait autant consensus, c'est que la situation des gens n'est, globalement, pas si mauvaise.

 

Rappelons également que l'Allemagne bénéficie d'un système social qui offre les même prestations que le nôtre en matière de santé, et de retraite. Il y a une sécurité sociale, il y a une retraite. Il y a des allocations pour les plus démunis. Les travailleurs pauvres ne vivent pas forcément que de leur salaire. Les gens ne sont pas laissés au bord de la route. De plus, le système social allemand, du fait de la bonne situation des finances publiques, est plus solides et pérenne que le notre, qui court après les financements. L'avenir du système social est mieux assuré en Allemagne qu'en France.

 

Par ailleurs, les chiffres sont trompeurs. Les statistiques mesurent les inégalités, pas le niveau de vie. Or, l'Allemagne est un pays où l'alimentation est réputée moins onéreuse qu'en France, de même que les loyers, et l'immobilier. Mais il n'est pas possible, sans une recherche approfondie, de connaître le niveau de vie réel des allemands, de le comparer aux français. Les médias n'en parlent pas. ( Au sujet du niveau de pauvreté, voir l'article La pauvreté aux USA et en France, qui traite de la problématique pauvreté et inégalités.)

 

L'accent est mis dans les articles français sur les travailleurs précaires, travailleurs pauvres, intérimaires, mini-jobs. Tout pour noircir le tableau. On avance le chiffre d'environ 8 millions de personnes dans la précarité tout en travaillant.

 

Ce chiffre de 8 millions fait cependant l'amalgame entre ceux qui sont satisfaits de leur situation, et ceux qui ne le sont pas. Comment peut-on être satisfait de cette situation ? Quand on est étudiant, par exemple. Les mères au foyer, qui y trouve un revenu complémentaire. Des retraités, qui ont assez pour vivre, mais veulent encore profiter un peu de la vie. Tous les emplois précaires ne sont pas occupés par des personnes en difficultés.

 

Il y a bien sûr un grand nombre de personnes dans ces huit millions qui n'ont pas choisi cette situation. Celle-ci n'est donc pas satisfaisante. Mais rappelons d'abord qu'un certain nombre de ces personnes (je n'ai aucun chiffre car, bien entendu, ceux-ci n'apparaissent pas dans la presse) reçoivent des allocations. Ils ne sont pas laissés pour compte par le système social. Leur niveau de vie n'est pas reflété par leur salaire.

 

Ensuite, ces personnes ont un travail. Un élément clé pour l'intégration dans la société. Et aussi humainement. Un travail aide à ne pas se laisser aller. Les personnes au chômage depuis longtemps peuvent avoir des difficultés à reprendre un rythme de travail. La comparaison avec la France est de ce point de vue cruelle. La France a fait le choix de l'exclusion. Elle exclut un grand nombre de personnes du marché du travail. L'Allemagne a fait le choix inverse.

 

L'Allemagne permet ainsi beaucoup plus l'intégration des seniors dans le travail, et pas seulement par l'intermédiaire d'emplois précaires. Alors qu'en France, les plus de cinquante ans sont considérés comme finis. L'Allemagne a aussi intégré la main-d’œuvre de son territoire anciennement socialiste. Ce qui est une performance, compte tenu de l'écart de développement entre les deux parties du territoire. (On notera au passage qu'il y a toujours des transferts d'argent public de l'Ouest vers l'Est, ce qui montre que l'aide publique aux plus démunis est importante en Allemagne, ce qu'oublient de souligner beaucoup d'articles).

 

Il y a des choses à améliorer en Allemagne. Selon certains, les emplois précaires ne seraient pas un tremplin vers un CDI pour le moment. Mais il sera plus facile de faire passer en CDI les gens en emplois précaires que de réadapter au marché du travail des chômeurs de longue durée.

 

Enfin, il y a le facteur temps. La France attend le remède miracle, la croissance venue de l'extérieur, ou de la dépense publique, qui sans effort fera baisser le chômage, et augmenter les revenus. Ce qu'on peut appeler l'économie du Père Noël. Ou Bisounours selon la terminologie du blogueur H16. L'Allemagne a une vision de long terme, très rare chez les politiciens. On dit souvent que la France peut s'enfoncer longtemps dans la crise, et se redresser très vite, quand arrive la bonne personne au pouvoir. C'est ce qui s'est passé en Allemagne. Etonnamment, Gerhard Schrodër a pris des mesures de long terme. Etonnamment, car c'est un anomal politique, qui s'est fait réélire en s'opposant à la guerre en Irak, uniquement car il savait qu'elle était impopulaire. Mais il a ensuite fait des réformes qu'il savait impopulaire. Le système allemand étant ce qu'il est, ces réformes ont pu se faire car le consensus était large, des politiques aux syndicats. Ces derniers ont notamment accepté la modération salariale.

 

La situation de l'Allemagne est le résultat d'une longue évolution. C'est en 2003 que les réformes de l'agenda 2010, le grand programme de réforme, commencent à être votées. Après des années d'efforts, l'Allemagne en récolte les fruits. Et ce n'est pas fini. La baisse du chômage entraîne des tensions sur le marché du travail, qui vont améliorer automatiquement la situation des salariés. Déjà, le nombre de travailleurs précaires a baissé de 146 000 selon les Echos. Les Echos rapportent également que les intérimaires dans l'automobile ont obtenu récemment un salaire horaire de 10,60 euros, et trente jours de congés payés.

 

La France croit au Père Noël. L'Allemagne aux mesures de long terme. Quand une économie, comme celle de la France, comme celle de l'Allemagne, a été engagée dans une mauvaise direction pendant si longtemps, la situation peut-elle s'améliorer d'un claquement de doigt ? Et si en plus on ajoute un handicap supplémentaire, à savoir l'intégration d'un territoire qui a été soumis à une économie socialiste depuis l'après guerre ?

 

En Allemagne, tout n'est pas parfait, mais les bases sont solides, et la situation est sur la voie du progrès.

 

Par contre, le bilan d'Angela Merkel présente une tache sociale et écologique. En effet, sur le plan social, le coût de l'énergie est en constante et forte augmentation pour les ménages, ce qui obère le pouvoir d'achat, et accroît les difficultés financières pour les plus démunis, car c'est là une dépense contrainte, obligatoire. Sur le plan écologique, la pollution augmente. Les émissions de CO2 ont ainsi augmenté en 2012. En cause, dans les deux cas, la transition énergétique. Or, bizarrement, c'est la seule chose que la France veut imiter de l'Allemagne !

 

(Sur l'Allemagne, voir aussi France-Allemagne: croissance et emploi.)

 

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La relance monétaire creuse les inégalités

21 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Les médias ont parlé cette semaine du creusement des inégalités aux USA. Jamais, aussi loin que remontent les statistiques (1917), les 10% les plus aisés n'auraient gagné une part aussi importante des revenus du pays, la moitié, selon Emmanuel Saez.

 

Les Echos ont publié sur le sujet un article assez correct, mais qui conclut d'une manière totalement illogique. Un graphique fait un parallèle avec le pic de la bulle boursière des années 1920, en 1928, qui avait vu également une augmentation de la part des plus riches dans le revenu des USA. Les Echos soulignent que la politique de création monétaires de la Fed favorise les plus riches. En effet, celle-ci provoque une inflation sur les marchés financiers, notamment la bourse. Or, ce sont les plus riches qui détiennent des titres financiers (quoiqu'il faudrait comptabiliser les fonds de retraite, et j'ignore si Emmanuel Saez a retraité ses chiffres pour en tenir compte). D'où, mécaniquement, une augmentation des gains des plus riches. Le même phénomène s'était produit dans les années 1920.

 

Ce parallélisme impose une conclusion : la politique de création monétaire favorise les plus riches. Elle creuse les inégalités. Il faut donc cesser ce type de politique.

 

D'autant que cette politique a d'autres inconvénients. C'est également une politique monétaire accommodante qui a précédé la crise de 1929, comme aujourd'hui, où la politique de croissance par le crédit, c'est-à-dire la création monétaire, a précédé la crise actuelle. Par contre, l'Europe et les USA ont connu une période de croissance régulière après 1945, dans le contexte des accords de Bretton Woods, qui limitaient la possibilité de création monétaire. Ces accords ont été rendus caducs car les USA ne les ont pas respectés, à la fin des années 1960, et, comme par hasard, une crise économique est arrivée.

 

Une étude empirique montre donc un lien entre l'expansionnisme monétaire d'une part, et la crise et la montée des inégalités d'autre part.

 

Mais, de manière surprenante, l'article des Echos conclut en changeant complètement de sujet. Il conclut que ce sont les impôts qui peuvent réduire les inégalités ! Un hors sujet complet, puisque le corps de l'article indique que la cause des inégalités est la politique monétaire. Il faut donc cesser la politique monétaire expansionniste. Que viennent faire les impôts là-dedans ?

 

En fait, l'article des Echos, comme il l'indique, reprend une note publiée par Emmanuel Saez. La marotte de ce dernier, ce sont les impôts, comme son compère Thomas Piketty. Il utilise un raisonnement simple : les inégalités augmentent, ce n'est pas moral, il faut faire jouer l'interventionnisme des politiciens, qui doivent réduire les inégalités en prenant aux plus aisés pour donner aux autres. Sans préciser qui sont "les autres", comme ça tout le monde se sent concerné, car personne ne s'estime aisé. L'explication de l'augmentation des revenus des plus aisés dans l'article arrive comme un cheveu sur la soupe, et casse la rhétorique. Elle ne doit pas figurer dans la note de Saez. Sinon, ce serait curieux. Indiquer la cause mais refuser de la traiter...

 

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