Analyse Libérale

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Contre l'euroscepticisme

29 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Les élections en Europe sont marquées par la montée de ce qui est appelé l'euro-scepticisme. Après la bonne performance d'un parti anti-euro en Allemagne, c'est vers les legislatives en Autriche que les regards se tournent. En France, la sortie de l'euro est évoquée par le FN, ce parti rencontrant un échos certain aujourd'hui. Ne parlons pas de la Grèce, où l'Europe est vilipendée.

 

L'euroscepticisme est-il justifié ? L'Europe est-elle à ce point diabolique ? Il faut d'abord s'interroger sur l'origine de l'euroscepticisme pour répondre à ces questions.

 

L'euroscepticisme est d'abord issu du populisme. En effet, l'Europe a été vendue d'abord aux européens comme un remède miracle. Votez pour l'Europe, et la croissance sera là, sans effort. Votez pour l'euro, et tous les pays convergerons sans effort vers la prospérité. Mais voici qu'une crise se produit. Ce n'est évidemment pas la faute des gouvernements des pays européens. C'est, bien entendu, la faute à l'Europe si les gouvernements grecs ont inconsidérément endetté le pays, jusqu'à présenter des comptes qui n'étaient pas sincères. C'est la faute à l'Europe s'il y a la crise, car il suffirait que l'Europe lance une grande politique de relance keynésienne pour que, sans effort de la part des populations, la prospérité revienne.

 

L'Europe est présentée tour à tour comme un remède miracle, et comme un bouc émissaire. Ce qui a déjà provoqué des tours à nos très chers politiciens, si compétents et attentionnés envers le peuple. Ainsi, les votes en faveur des traités européens par les français s'avèrent désormais si aléatoires, qu'on préfère les éviter. Ce qui est logique. L'Europe est accusée en France de promouvoir "l'ultralibéralisme".

 

Dans un pays comme l'Allemagne, l'euroscepticisme a d'autres sources. Les allemands ont fait beaucoup d'efforts pour que leur pays ait une situation économique et sociale stable et solide. Or, voilà que, non seulement on leur demande de payer pour des pays dont les gouvernements rechignent à faire les mêmes efforts, mais qu'en plus on les accuse d'égoïsme. Leur réaction est tout à fait logique, sachant tout ce que l'Allemagne a fait pour la Grèce, l'Espagne, le Portugal et l'Irlande (Si les grecs critiquent violemment l'Allemagne, les autres pays acceptent mieux la réalité, il faut le souligner).

 

L'Europe a certes bien des défauts, il faut le reconnaître. Elle a une tendance à l'ultra-interventionnisme. Les règlements partent dans tous les sens, plutôt que de favoriser la décentralisation, ou la subsidiarité dans le langage eurocrate. Au point qu'on peut se demander si elle n'est pas plus interventionniste, en matière économique et sociale, que l'Etat fédéral des USA.

 

Cependant, elle n'est pas responsable de ce dont on l'accuse. Elle n'est pas responsable de la crise. Elle n'est pas responsable de la gabegie grecque. Elle n'a pas non plus le remède miracle qui permettrait, sans peine, de sortir de la crise. Et on peut comprendre les allemands, qui ont fait des efforts pour remettre à flot leur économie, et à qui on demande de soutenir des pays qui rechignent à faire les mêmes efforts.

 

Pourtant, l'Europe nous apporte beaucoup. L'Europe nous apporte la paix. La crise de 1929 a entraîné la deuxième guerre mondiale car tous les pays se sont lancés dans le protectionnisme et la dévaluation des monnaies. L'Europe, et aussi l'OMC, nous protège des extrémismes de cette époque. L'euro nous protège aussi. Un peu trop peut-être. Sans l'euro, la France vivrait une catastrophe financière. Il n'est que voir l'affolement des pays émergents face à la baisse de valeur de leur monnaie ces temps ci. ( Cf Crise des devises : les effets de la création monétaire).

 

Nous devons beaucoup à l'Europe. Nous devons combattre l'euroscepticisme, en revenant à l'origine de la création de l'Europe : la paix. Nous devons combattre les tendances ultra-interventionnistes, sans jeter le bébé avec l'eau du bain.

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A propos de la Tunisie

29 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Nous sommes incités à qualifier d'arabe tout ce qui est d'Afrique du Nord, d'une partie du pourtour méditerranéen, et du Moyen Orient. Or, chaque pays a sa culture, son histoire, et  ses particularismes. Ce que nous rappelle Habib Sayah, à propos de la Tunisie:


La Tunisie, un pays arabe?

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La situation économique et sociale du Brésil aujourd'hui

28 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Je recommande vivement cet excellent article de Contrepoints sur le Brésil:


Diagnostic pauvreté: le Brésil.


Une synthèse admirable et documentée de la situation économique et sociale du pays.

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Les Elections en Allemagne

22 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Les élections en Allemagne ont entraîné la publication de quelques articles sur ce pays dans la presse. Ce qui est frappant, c'est l'insistance sur les travailleurs précaires, les mini jobs, sur tout ce qui irait mal. On a parfois l'impression que l'Allemagne est en plein déclin. Evidemment, la conclusion est que l'Allemagne a plein de problèmes. Sous entendu : il ne faut surtout pas imiter sa politique.

 

Par conséquent, une petite mise au point s'impose.

 

D'abord, la politique d'Angela Merkel fait consensus en Allemagne. Les socio-démocrates ne feraient pas une politique très différente. Ce sont d'ailleurs eux qui ont lancé les réformes dans le pays. Ce consensus signifie que la population soutient la ligne politique. Et donc, on peut en conclure, sans trop s'avancer, que si une politique fait autant consensus, c'est que la situation des gens n'est, globalement, pas si mauvaise.

 

Rappelons également que l'Allemagne bénéficie d'un système social qui offre les même prestations que le nôtre en matière de santé, et de retraite. Il y a une sécurité sociale, il y a une retraite. Il y a des allocations pour les plus démunis. Les travailleurs pauvres ne vivent pas forcément que de leur salaire. Les gens ne sont pas laissés au bord de la route. De plus, le système social allemand, du fait de la bonne situation des finances publiques, est plus solides et pérenne que le notre, qui court après les financements. L'avenir du système social est mieux assuré en Allemagne qu'en France.

 

Par ailleurs, les chiffres sont trompeurs. Les statistiques mesurent les inégalités, pas le niveau de vie. Or, l'Allemagne est un pays où l'alimentation est réputée moins onéreuse qu'en France, de même que les loyers, et l'immobilier. Mais il n'est pas possible, sans une recherche approfondie, de connaître le niveau de vie réel des allemands, de le comparer aux français. Les médias n'en parlent pas. ( Au sujet du niveau de pauvreté, voir l'article La pauvreté aux USA et en France, qui traite de la problématique pauvreté et inégalités.)

 

L'accent est mis dans les articles français sur les travailleurs précaires, travailleurs pauvres, intérimaires, mini-jobs. Tout pour noircir le tableau. On avance le chiffre d'environ 8 millions de personnes dans la précarité tout en travaillant.

 

Ce chiffre de 8 millions fait cependant l'amalgame entre ceux qui sont satisfaits de leur situation, et ceux qui ne le sont pas. Comment peut-on être satisfait de cette situation ? Quand on est étudiant, par exemple. Les mères au foyer, qui y trouve un revenu complémentaire. Des retraités, qui ont assez pour vivre, mais veulent encore profiter un peu de la vie. Tous les emplois précaires ne sont pas occupés par des personnes en difficultés.

 

Il y a bien sûr un grand nombre de personnes dans ces huit millions qui n'ont pas choisi cette situation. Celle-ci n'est donc pas satisfaisante. Mais rappelons d'abord qu'un certain nombre de ces personnes (je n'ai aucun chiffre car, bien entendu, ceux-ci n'apparaissent pas dans la presse) reçoivent des allocations. Ils ne sont pas laissés pour compte par le système social. Leur niveau de vie n'est pas reflété par leur salaire.

 

Ensuite, ces personnes ont un travail. Un élément clé pour l'intégration dans la société. Et aussi humainement. Un travail aide à ne pas se laisser aller. Les personnes au chômage depuis longtemps peuvent avoir des difficultés à reprendre un rythme de travail. La comparaison avec la France est de ce point de vue cruelle. La France a fait le choix de l'exclusion. Elle exclut un grand nombre de personnes du marché du travail. L'Allemagne a fait le choix inverse.

 

L'Allemagne permet ainsi beaucoup plus l'intégration des seniors dans le travail, et pas seulement par l'intermédiaire d'emplois précaires. Alors qu'en France, les plus de cinquante ans sont considérés comme finis. L'Allemagne a aussi intégré la main-d’œuvre de son territoire anciennement socialiste. Ce qui est une performance, compte tenu de l'écart de développement entre les deux parties du territoire. (On notera au passage qu'il y a toujours des transferts d'argent public de l'Ouest vers l'Est, ce qui montre que l'aide publique aux plus démunis est importante en Allemagne, ce qu'oublient de souligner beaucoup d'articles).

 

Il y a des choses à améliorer en Allemagne. Selon certains, les emplois précaires ne seraient pas un tremplin vers un CDI pour le moment. Mais il sera plus facile de faire passer en CDI les gens en emplois précaires que de réadapter au marché du travail des chômeurs de longue durée.

 

Enfin, il y a le facteur temps. La France attend le remède miracle, la croissance venue de l'extérieur, ou de la dépense publique, qui sans effort fera baisser le chômage, et augmenter les revenus. Ce qu'on peut appeler l'économie du Père Noël. Ou Bisounours selon la terminologie du blogueur H16. L'Allemagne a une vision de long terme, très rare chez les politiciens. On dit souvent que la France peut s'enfoncer longtemps dans la crise, et se redresser très vite, quand arrive la bonne personne au pouvoir. C'est ce qui s'est passé en Allemagne. Etonnamment, Gerhard Schrodër a pris des mesures de long terme. Etonnamment, car c'est un anomal politique, qui s'est fait réélire en s'opposant à la guerre en Irak, uniquement car il savait qu'elle était impopulaire. Mais il a ensuite fait des réformes qu'il savait impopulaire. Le système allemand étant ce qu'il est, ces réformes ont pu se faire car le consensus était large, des politiques aux syndicats. Ces derniers ont notamment accepté la modération salariale.

 

La situation de l'Allemagne est le résultat d'une longue évolution. C'est en 2003 que les réformes de l'agenda 2010, le grand programme de réforme, commencent à être votées. Après des années d'efforts, l'Allemagne en récolte les fruits. Et ce n'est pas fini. La baisse du chômage entraîne des tensions sur le marché du travail, qui vont améliorer automatiquement la situation des salariés. Déjà, le nombre de travailleurs précaires a baissé de 146 000 selon les Echos. Les Echos rapportent également que les intérimaires dans l'automobile ont obtenu récemment un salaire horaire de 10,60 euros, et trente jours de congés payés.

 

La France croit au Père Noël. L'Allemagne aux mesures de long terme. Quand une économie, comme celle de la France, comme celle de l'Allemagne, a été engagée dans une mauvaise direction pendant si longtemps, la situation peut-elle s'améliorer d'un claquement de doigt ? Et si en plus on ajoute un handicap supplémentaire, à savoir l'intégration d'un territoire qui a été soumis à une économie socialiste depuis l'après guerre ?

 

En Allemagne, tout n'est pas parfait, mais les bases sont solides, et la situation est sur la voie du progrès.

 

Par contre, le bilan d'Angela Merkel présente une tache sociale et écologique. En effet, sur le plan social, le coût de l'énergie est en constante et forte augmentation pour les ménages, ce qui obère le pouvoir d'achat, et accroît les difficultés financières pour les plus démunis, car c'est là une dépense contrainte, obligatoire. Sur le plan écologique, la pollution augmente. Les émissions de CO2 ont ainsi augmenté en 2012. En cause, dans les deux cas, la transition énergétique. Or, bizarrement, c'est la seule chose que la France veut imiter de l'Allemagne !

 

(Sur l'Allemagne, voir aussi France-Allemagne: croissance et emploi.)

 

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La relance monétaire creuse les inégalités

21 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Les médias ont parlé cette semaine du creusement des inégalités aux USA. Jamais, aussi loin que remontent les statistiques (1917), les 10% les plus aisés n'auraient gagné une part aussi importante des revenus du pays, la moitié, selon Emmanuel Saez.

 

Les Echos ont publié sur le sujet un article assez correct, mais qui conclut d'une manière totalement illogique. Un graphique fait un parallèle avec le pic de la bulle boursière des années 1920, en 1928, qui avait vu également une augmentation de la part des plus riches dans le revenu des USA. Les Echos soulignent que la politique de création monétaires de la Fed favorise les plus riches. En effet, celle-ci provoque une inflation sur les marchés financiers, notamment la bourse. Or, ce sont les plus riches qui détiennent des titres financiers (quoiqu'il faudrait comptabiliser les fonds de retraite, et j'ignore si Emmanuel Saez a retraité ses chiffres pour en tenir compte). D'où, mécaniquement, une augmentation des gains des plus riches. Le même phénomène s'était produit dans les années 1920.

 

Ce parallélisme impose une conclusion : la politique de création monétaire favorise les plus riches. Elle creuse les inégalités. Il faut donc cesser ce type de politique.

 

D'autant que cette politique a d'autres inconvénients. C'est également une politique monétaire accommodante qui a précédé la crise de 1929, comme aujourd'hui, où la politique de croissance par le crédit, c'est-à-dire la création monétaire, a précédé la crise actuelle. Par contre, l'Europe et les USA ont connu une période de croissance régulière après 1945, dans le contexte des accords de Bretton Woods, qui limitaient la possibilité de création monétaire. Ces accords ont été rendus caducs car les USA ne les ont pas respectés, à la fin des années 1960, et, comme par hasard, une crise économique est arrivée.

 

Une étude empirique montre donc un lien entre l'expansionnisme monétaire d'une part, et la crise et la montée des inégalités d'autre part.

 

Mais, de manière surprenante, l'article des Echos conclut en changeant complètement de sujet. Il conclut que ce sont les impôts qui peuvent réduire les inégalités ! Un hors sujet complet, puisque le corps de l'article indique que la cause des inégalités est la politique monétaire. Il faut donc cesser la politique monétaire expansionniste. Que viennent faire les impôts là-dedans ?

 

En fait, l'article des Echos, comme il l'indique, reprend une note publiée par Emmanuel Saez. La marotte de ce dernier, ce sont les impôts, comme son compère Thomas Piketty. Il utilise un raisonnement simple : les inégalités augmentent, ce n'est pas moral, il faut faire jouer l'interventionnisme des politiciens, qui doivent réduire les inégalités en prenant aux plus aisés pour donner aux autres. Sans préciser qui sont "les autres", comme ça tout le monde se sent concerné, car personne ne s'estime aisé. L'explication de l'augmentation des revenus des plus aisés dans l'article arrive comme un cheveu sur la soupe, et casse la rhétorique. Elle ne doit pas figurer dans la note de Saez. Sinon, ce serait curieux. Indiquer la cause mais refuser de la traiter...

 

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Renault monte en gamme à Francfort

18 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

    PSA Peugeot Cotroën fait les titres de l'actualité automobile en France, à la fois pour ses nombreuses nouveautés, et pour ses difficultés financières. Renault reste un peu dans l'ombre. Il est vrai qu'au salon de Francfort, ce dernier ne présente pas de modèles tels la nouvelle Peugeot 308, ou le concept Citroën Cactus. Pourtant, Renault présente un concept Initiale Paris symbolique également pour son avenir.

 

    Renault a beaucoup évolué depuis une vingtaine d'années. Il y a la partie visible : l'alliance avec Nissan, et le rachat de Dacia. L'alliance avec Nissan produit un double effet. Renault peut réduire ses coûts en augmentant sa puissance d'achat auprès de ses fournisseurs. Il partage les coûts de développement de nouvelles plateformes, de nouveaux moteurs. Tout en bénéficiant des composants de son allié. Nissan lui ouvre aussi les portes de l'Asie, où il est implanté. Et peut-être un jour des USA. Enfin, en plus des bénéfices industriels et commerciaux, le deuxième effet de l'alliance est que Nissan, dont Renault possède 40%, est un placement très rentable.

 

    Dacia est aussi un succès très visible. Grâce à cette marque, le groupe Renault a limité les pertes de part de marché en Europe. La Sandero est dans le top dix des ventes de voitures en France. Renault a inventé un secteur : l'automobile low cost. En plus, cette activité est très rentable.

 

    Mais la mutation de Renault, c'est aussi ce qui se voit moins. Renault a ainsi profondément fait évoluer sa base industrielle. Le groupe produit moins en France. Ainsi, l'usine de Boulogne Billancourt n'existe plus. Les personnels d'autres usines ont été réduit. A l'étranger, Renault a fermé son usine belge de Vilvoorde. Renault a adapté son outil industriel à la fois aux coûts et à la demande. Au coût, car produire en Turquie, ou en Slovénie, est moins onéreux, et permet de pratiquer les tarifs que souhaitent les consommateurs d'Europe occidentale. Mais Renault s'adapte aussi à la demande : il est un des principaux vendeurs d'automobiles en Turquie.

 

    Ce qui se voit moins, c'est aussi, par la force des choses, l'internationalisation du groupe Renault. Ce dernier produit en Russie, en Inde, au Maroc. Il produit au Brésil depuis longtemps. Cette internationalisation se développe aujourd'hui à travers la gamme entry. Les modèles que les français connaissent sous la marque Dacia portent la marque Renault en Russie, et dans d'autres pays. Le véhicule le plus vendu du groupe est le Duster, décliné à la fois sous la marque Dacia, en Europe, et Renault, dans la plupart des autres pays. Renault s'internationalise donc avec sa gamme Entry, essentiellement dans les pays émergents, et de manière rentable.

 

    Cependant, en Europe, Renault est confronté au même problème que tous les constructeurs automobiles. Le marché se segmente de plus en plus, entre les premiers prix, et les marques plus prestigieuses. Le groupe Renault a une marque low cost, qui se développe : Dacia. Mais, quid de la marque Renault ? Le constructeur veut la faire monter en gamme. C'est l'objectif de la future gamme Initiale, présentée à Francfort par le concept car Initiale Paris, qui préfigure le successeur du Renault Espace. L'Espace est considéré comme le haut de gamme de la marque Renault. Mais le public se lasse des silhouettes de monospace. Renault veut donc renouveler le genre, avec une silhouette plus dynamique.

 

Mais Initiale Paris symbolise également un positionnement plus premium. Et Initiale est destinée à devenir l'appellation des finitions haut de gamme des modèles de la marque Renault. Ce concept car symbolise la volonté de la marque Renault de retrouver une croissance sur son marché domestique, c'est-à-dire l'Europe. Et de favoriser autant les marges que le volume.

 

Le groupe Renault est en bonne santé financière. Il lui est reproché de ne pas avoir développé suffisamment sa marque phare, de ne pas avoir renouvelé suffisamment tôt ses modèles, du moins en Europe, puisque l'expansion internationale est indéniable. Le groupe a ses relais de croissance, avec sa gamme entry, vendue sous le label Dacia en Europe, et Renault ailleurs. Son défi est de monter en gamme en Europe, pour augmenter les marges sur la gamme Renault, et s'adapter à la segmentation du marché automobile. En ce sens, le concept Initiale Paris est très important pour la marque Renault, et symbolique de sa stratégie.

 

 

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Francfort, un salon symbolique pour PSA Peugeot Citroën

15 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

     Comme chaque année se tient à cette époque le principal salon automobile européen. C'est Francfort qui l'accueille cette année, comme tous les deux ans, en alternance avec Paris. Cette année, ce salon a une signification particulière pour PSA Peugeot Citroën, le groupe y exposant un modèle et deux concepts cars symboliques de sa stratégie et de sa mutation.

 

     L'événement est bien sûr le lancement de la Peugeot 308. La dernière Golf a été lancée au salon de Paris, l'an dernier, Peugeot réplique à Francfort ! Ce nouveau modèle se veut le premier de la montée en gamme de la marque française. Même si, selon les différents magazines automobile, la qualité, la finition des Peugeot s'est grandement améliorée, la nouvelle 308 doit faire encore mieux, et se rapprocher du haut de gamme. L'objectif est de vendre les voitures en évitant les rabais. Une bonne finition permet aussi à un véhicule de moins perdre de valeur au fil du temps. Les acheteurs sont d'autant plus enclin à mettre le prix qu'ils savent que la valeur de revente sera élevée. C'est là un travail de longue haleine pour un constructeur.

 

     A l'opposé, mais sur le même segment, Citroën présente le concept C Cactus. Il s'agit d'un véhicule qui ne garde que ce qui est essentiel pour un conducteur, afin d'en baisser le prix. Citroën refuse cependant le terme low cost. Ce sera un peu plus onéreux. Un peu comme la Peugeot 301 et la Citroën C Elysée à destination des pays du Maghreb, de la Chine et de la Russie, qui sont adaptées à ces pays tout en gardant un certain standing. Avec C Cactus, c'est un nouveau concept à destination de l'Europe. On notera que la silhouette de la C Cactus est plus proche d'un cross over, comme la Peugeot 2008, que d'une berline, comme la Citroën C4 qui occupe le même segment. Tout en se voulant peu onéreuse, elle répond aux aspirations du moment des clients en matière de silhouette. Citroën veut donc faire un véhicule pas trop cher, mais pas low-cost et séduisant quand même.

 

     Enfin, Citroën expose pour la première fois en Europe son concept DS Wild Rubis. Un véhicule emblématique à plusieurs titres. D'abord, il élargit, par le haut  la gamme DS. DS est déjà le sigle haut de gamme de PSA Peugeot Citroën. La Wild Rubis préfigure un véhicule qui coiffera les véhicules actuels. D'autre part, il s'agit d'un SUV, ce que DS ne fait pas, ce que Citroën ne fait pas. Le seul véhicule équivalent chez Citroën est le C4 Aircross, dérivé d'un véhicule Mitsubishi. Mais il ne vise pas un niveau de gamme aussi élevé que le Wild Rubis. Enfin, le Wild Rubis est conçu et destiné avant tout à la Chine. Où DS est destinée à devenir une marque à part entière. Il est emblématique de la mondialisation du groupe PSA Peugeot Citroën. Citroën envisage désormais de vendre ce véhicule en Europe, et de le produire en Europe. Voici donc un véhicule qui n'aurait jamais pu être produit par Citroën sans la mondialisation.

 

     Le salon de Francfort présente ainsi un résumé de la mutation industrielle du groupe PSA Peugeot Citroën. Ce qui pourrait devenir un cas d'école dans les Universités US, tant les transformations sont profondes, dans un secteur, l'industrie, où elles sont lourdes à réaliser.

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Réflexions sur le dernier opus de Piketty

14 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Thomas Pietty a livré son dernier opus, Le capital au XXIéme siècle. Je ne l'ai pas lu, et les articles qui le décrivent n'incitent pas à la lecture. Ce livre semble un parfait exemple de la décadence dans laquelle est tombée ce qui se fait toujours appeler science économique. Thomas Piketty considère qu'il y a une montée des inégalités. Les revenus du capital sont trop importants, et augmentent trop vite. Ils augmentent sans effort, le capital s'accroissant quasi naturellement. Pour rétablir l'égalité, il faut, selon Piketty, un impôt progressif sur le capital. Un impôt instauré par les politiciens au niveau mondial d'après les commentaires que j'ai pu lire.

 

Comment qualifier cette vision du monde ? Ultra simpliste ? Naïve ? Erronée ? Pour arriver à une telle conclusion, il faut passer par beaucoup de raccourcis, ignorer des faits, bref, ne pas respecter la rigueur d'un travail d'économiste.

 

Imaginons que les inégalités entre revenu du capital et du travail se soient accrues, comme le dit Piketty, même si son manque de rigueur n'incite pas à la confiance. A quoi cette inégalité est-elle due ? A l'économie de marché ? Ou à l'Etat ? Aux Etats plus précisément.

 

En effet, jamais les Etats n'ont été aussi interventionnistes de part le monde. En France, la dépense publique représente environ 57% du PIB. Elle dépasse 40% du PIB dans tous les pays développés. Sans compter la multitude de lois et de règlements qui encadrent l'économie.

 

Plus encore, combien de fortunes sont directement liée à un Etat ? Dans  le secteur des télécom, par exemple, qui dépend beaucoup des licences et des bonnes relations avec les gouvernements. Idem dans le secteur de la télévision. Le secteur du jeu à Macao. Le BTP dépend aussi beaucoup des commandes d'Etats. Et parlons pas du capitalisme d'Etat en Chine, et de ses millionnaires.

 

La thèse de Piketty est donc bien fragile. Est-ce que la concentration des richesses ne serait pas due aux excès des Etats ? N'est-ce pas les bonnes relations avec un Etat trop puissant qui, justement, permettent d'entretenir la richesse, l'accumulation de capitaux ? Dans ce cas, le problème, c'est l'Etat big brother. Or, Piketty,selon certains commentaires, proposerait un impôt mondial, un super big brother ? Pour de super big fortune ? A contrario, on peu remarquer qu'aux USA, un Steve Jobs peut créer Apple, un Michael Dell peut créer Dell, qu'il y a encore une possibilité pour la classe moyenne de rêver accéder à la fortune, et, surtout, s'accomplir dans un projet. Où est l'égalité, où est la justice sociale ? Du côté de l'Etat big brother qui distribue la richesse ? Ou du côté de l'Etat qui permet à chacun de s'accomplir ?

 

D'ailleurs, qui contrôle les Etats ? C'est une question qui n'est pas abordée par ceux qui, comme Piketty, veulent un Etat big brother. Les Etats sont contrôlés par les politiciens. Est-ce raisonnable de leur donner les pleins pouvoirs ? Est-ce qu'ils agissent pour le bien des peuples ou dans leur propre intérêt, comme l'enseigne l'école des choix publics ? On peut arguer que ces politiciens sont élus démocratiquement. Mais quelle proportion de la population, en tenant compte des abstentionnistes, des votes blancs, choisit réellement ses dirigeants ? Et chacun peut-il être d'accord sur tous les points d'un programme ? Et si on n'est d'accord avec aucun candidat ? Et, quand un groupe politique est élu avec 50,05% des voix, qu'il représente 35% des électeurs inscrits, est-il raisonnable de lui donner les pleins pouvoirs, pour distribuer la richesse ?

 

Ce sont là des réflexions apparemment absente des écrits de Thomas Piketty. Il préconise la redistribution par big brother, sans s'inquiéter de la légitimité ni du contrôle de big brother.

 

En outre, Piketty écrit sur l'inégalité.Mais qu'est-ce que l'inégalité, et quelles en sont les sources possibles ? L'inégalité est-elle juste ou injuste ? Par exemple, si quelqu'un, en excellent état physique refuse de travailler, est-ce juste que ceux qui travaillent subviennent à ses besoins, ou plus encore ? C'est la théorie du passager clandestin. Comment éviter les comportements de profiteurs dans un processus de redistribution ? Comment allier l'incitation à la production et la redistribution ? Préoccupations qui semblent absentes chez Piketty.

 

Autre exemple : si la majorité de la population reçoit un enseignement dispensé par une école publique, contrôlé par l'Etat. Si l'école enseigne que la vie active c'est être salarié à vie d'une entreprise, à la sortie de l'école, sans se poser de questions, l'entreprise étant responsable de l'emploi et des compétences des salariés. Si une minorité apprend, par ses parents, par un système d'éducation privé parallèle, que pour réussir dans la vie il faut entreprendre, envisager l'avenir, cultiver ses compétences. Et si c'est la minorité qui réussit mieux, d'où vient l'inégalité ? Est-ce une injustice sociale qu'il faut compenser en prenant à ceux qui réussissent pour donner à ceux qui ne réussissent pas, ou est-ce le fait que l'Etat big brother, qui a monopolisé l'éducation des masses, ne leur apprend pas les règles de la réussite ?

 

L'inégalité est un sujet complexe. Piketty, comme d'autres, ne l'envisage pas dans toute sa complexité.

 

Enfin, sur le site du Nouvel observateur, Piketty déclare : « L'erreur des libéraux a été de croire que la croissance et la concurrence pouvaient tout régler. » Voilà une formule bien lapidaire pour résumer le libéralisme. Et complètement fausse. Le libéralisme, c'est la régulation, dans le sens que chacun doit respecter ce qu'Hayek appelait des règles de juste conduite. Riches, puissants, doivent respecter les règles. L'objet du gouvernement est de faite respecter ces règles. L'interventionnisme est lui un mode de gouvernement dérégulé, dans le sens où il n'y a pas de règles que chacun devrait respecter. Le gouvernement, confié à des politiciens, est tout puissant, et décide de favoriser tel ou tel secteur d'activité, tel classe de la population. Le risque de clientélisme, de corruption, est logiquement plus élevé. Imaginons un gouvernement interventionniste mondial... Quel risque de corruption, de clientélisme ! Mais Piketty n'envisage aucunement toutes ces implications. Son raisonnement est ultra-simpliste.

 

Ultra-simpliste, ou ultra-idéologique, comment qualifier Thomas Piketty ? Il laisse tellement de questions dans l'ombre, en ne les abordant apparemment pas (je reconnais qu'il faudrait que je lise son livre pour faire un commentaire juste, mais ce que j'en lis ne me donne pas envie de gaspiller de l'argent). L'économie, les inégalités, le pouvoir, ce sont là des sujets complexes. Il faut les envisager dans toute leur complexité, comme peuvent le faire Ludwig von Mises, ou Friedrich August Hayek. Mais existe-t-il encore de tels auteurs ? Ou, surtout, sont-ils médiatisés ? Un Jesus Huerta de Soto, un Jorg Guido Hülsmann, ne bénéficie pas du battage médiatique d'un Piketty.

 

NB : pour lire des choses plus sérieuses, cf L'école autrichiennepar Jesus Huerta de soto, et Monnaie, crédit bancaire et cycles économiquesdu même auteur.

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La nouvelle politique industrielle de la France

12 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

Nos chers politiciens au pouvoir ont décidé de lancer un programme de politique industrielle. L'idée étant que les problèmes de la France viennent de la désindustrialisation. Et que la force de l'Allemagne vienne de son industrie. Il faut donc que les politiciens prennent en main l'industrie française.

 

Seulement, l'analyse est totalement erronée. D'abord, l'Allemagne crée plus d'emplois dans les services que dans l'industrie. Ensuite, la force de l'Allemagne réside dans ses PME. Celles-ci sont parfaitement intégrées dans la mondialisation de l'économie. La France, au contraire, repose sur ses grands groupes. Enfin, si l'Allemagne est en meilleure forme que la France aujourd'hui, ce n'est pas grâce à une politique industrielle. C'est grâce à une politique en faveur des entreprises en général, sans dirigisme. Les syndicats ont accepté la modération salariale. Les lois sociales permettent aux entreprises de s'adapter à la conjoncture de leur secteur. La fiscalité a été modernisée, avec une baisse de l'impôt sur les sociétés. Curieusement, la France ne retient rien de ces faits. Elle prétend que c'est l'industrie qui est la force de l'Allemagne, et non sa politique favorable aux entreprises. Et qu'il faut que les politiciens dirigent l'avenir de l'industrie, ce qui est une hérésie en Allemagne.

 

Les politiciens peuvent-ils mener une politique industrielle ? En l'occurrence, en France, leur ambition est quelque peu démesurée. Ainsi, ils prétendent connaître les secteurs qui ont de l'avenir, qui vont tirer l'économie vers la croissance. Ils ont donc des dons de divination, comme les devins de l'antiquité, qui leur permettent de diriger la plèbe que nous sommes. Soyons sérieux : qui connaît l'avenir ? Personne. La politique industrielle française a donné le minitel, qui a été balayé par l'internet. Bien sûr, la propagande officielle dit que le minitel a permis à la France de développer des compétences dans la création de sites internet. Mais la vérité est que la technologie de réseau fermé imaginée par notre élite polytechnicienne a été rendue très rapidement obsolète par la technologie ouverte de l'internet. Ce sont deux visions différentes. Big brother préfère la vision fermée, sous contrôle. Le peuple préfère la vision ouverte (Même si, il faut le reconnaître, la NSA et d'autres services contrôle le net. Mais une entreprise ne contrôle pas le net, contrairement au minitel).

 

Ce qu'il faut, c'est donc favoriser les entreprises, créer un climat favorable aux entreprises, telle est la leçon de l'Allemagne. Cependant, si nos politiciens veulent à tout prix intervenir dans l'économie, sans faire trop de dégâts, ils faudrait qu'ils fassent preuve de bon sens. Le bon sens, ce n'est pas l'idéologie. C'est d'analyser les atouts de la France, et de favoriser leur développement. Les politiciens pourraient organiser le système éducatif pour qu'il fournisse au système productif des salariés ayant les compétences adéquates. Ce qui revient à adapter les demandeurs d'emploi au marché du travail, et donc à réduire le chômage. Mais, bien entendu, adapter l'appareil éducatif au marché du travail est se faire les complices de l'ultralibéralisme capitaliste bourgeois, et tant pis si cela permettrait à beaucoup de gagner leur vie.

 

S'il faut vraiment intervenir dans l'économie, autant choisir des secteurs dont on est certain qu'ils ont du potentiel. Et non faire des paris sur l'avenir, et non d'engager l'avenir de la cinquième économie mondiale sur un coup de dés. Les secteurs d'avenir, c'est le marché qui les détermine. Le marché qui représente la volonté des peuples. Nul ne peut prédire quel produit, quelle technologie s'imposera dans l'avenir. Il faut permettre l'émulation, permettre la création, le développement d'entreprise, et l'échec. Et les peuples choisissent. Et l'avenir naîtra. Par contre, il existe des secteurs dont le potentiel est certain. Pour la France, il s'agit du tourisme et de l'agroalimentaire. Deux secteurs liés d'ailleurs, tant nos spécialités culinaires correspondent à des terroirs. Il existe même un très grand pays friand de notre "savoir vivre: la Chine. L’Angleterre et l'Europe ne sont pas forcément en reste d'autre part. Mais nous ne développons pas notre agroalimentaire, préférant au marketing la politique agricole commune, basée sur la production et non la commercialisation. Les éleveurs se plaignent, les producteurs d’œufs se plaignent, et recherchent les subsides des politiciens, alors que la France pourrait vendre ses spécialités au monde entier, et aux touristes du monde entier, et, même, aux français !

 

Quant au tourisme, quel potentiel détient-il avec le développement des pays émergents ! Mais, les emplois de services sont considérés comme des emplois précaires mal payés. C'est oublier que tels étaient les emplois industriels à leur apparition. L'industrie objet de tant de louanges aujourd'hui était qualifiée de satanic mills autrefois. Les moulins de Satan, pour qualifier les mauvaises conditions de travail. Alors que l'industrie employait ceux qui étaient réduits à la mendicité, et représentait, compte tenu des conditions de vie de l'époque, un progrès. C'est la même chose aujourd'hui pour les services. Mais, si l'emploi se développe, les salariés prendront l'avantage et dicteront leurs conditions, comme ils ont pu le faire autrefois dans l'industrie. Ce qu'il faut, c'est développer l'emploi, donc les services.

 

La pseudo politique industrielle des politiciens qui gouvernent la France est donc basée, au mieux, sur des erreurs d'interprétation, au pire sur l'aveuglement idéologique. La force de l'Allemagne ne vient pas d'un soutien quelconque à l'industrie, mais d'une politique en faveur des entreprises, de la part des politiciens comme des syndicats. Et si les politiciens veulent à tout prix intervenir dans l'économie, en plus de favoriser les entreprises, qu'ils aident plutôt au développement des atouts de la France, au lieu de faire des paris hasardeux qui engagent 60 millions de personnes.

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Crise des devises : les effets de la création monétaire

8 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

L'Inde, la Turquie, et d'autres pays s'organisent pour défendre leur monnaie. Au-delà des bruits de bottes du côté de la Syrie, c'est l'information la plus importante de ces dernières semaines. En effet, nous sommes actuellement les cobayes d'une expérimentation monétaire, qui consiste à faire de la politique monétaire l'alpha et l’oméga de la politique économique. L'idée est que la création monétaire crée de la croissance. Cette politique s'appuie sur un curieux syncrétisme qui mélange keynésianisme et monétarisme ( cf Le keynéso-monétarisme ). Chaque bonne nouvelle sur le plan économique aux USA est ainsi attribué à la politique monétaire de la Fed, la banque centrale US.

 

Les faits qui ternissent cette théorie monétaire sont quelque peu ignorés. Déjà, 'attribuer toutes les bonnes nouvelles économiques aux USA à la Fed est, à tout le moins, exagéré, mais cela a précédemment été évoqué dans l'article La Fed contre la BCE. Le sujet de cet article, illustré par la chute de la valeur de certaines monnaies, est la manière d'appréhender l'inflation. Car l'inflation représente le danger de l'excès de création monétaire. C'est ce que démontre la théorie quantitative de la monnaie, mais surtout l'expérience, que ce soit l'hyperinflation brésilienne, ou la stagflation des années 1970. Par conséquent, une bonne politique monétaire doit permettre de créer de la croissance en évitant l'inflation.

 

Mais l'inflation, qu'est-ce c'est ? Là est le talon d'Achille de la politique monétaire. Elle s'accommode d'une définition très restrictive de l'inflation, qui ne permet pas de réfléchir à tous les effets d'une politique monétaire.

 

L'inflation qui est mesurée et diffusée chaque mois est l'évolution des prix à la consommation. Mais pourquoi seulement les prix à la consommation ? Et l'immobilier, par exemple ? Comme par hasard, la crise actuelle provient de l'éclatement d'une bulle immobilière aux USA. Ce qui illustre à la fois l'insuffisance de l'indicateur d'inflation, et de la politique monétaire, qui ignore l'effet Cantillon.

 

D'autre part, qu'est-ce qu'une augmentation des prix ? Un progrès technique peut provoquer une baisse des prix. Et, dns e cas, si les prix ne baissent pas, c'est peut-être qu'il y a une inflation due à la politique monétaire. Il est très compliqué de mesurer l'inflation. L'indicateur qui nous est servi chaque mois est une construction très élaborée, qui tient compte justement du progrès technique qui fait qu'un ordinateur au même prix que celui de l'an dernier représente en fait une baisse des prix, du fait de l'augmentation des performances du matériel. Mais cette mesure de l'inflation repose donc sur des hypothèse statistiques finalement subjectives. Il est très difficile, quasi impossible, de mesurer l'évolution des prix pour un produit ou un service donné, tant les produits et les services évoluent. Même un stylo BIC évolue, dans la composition de l'encre par exemple.

 

Enfin, l'appréhension de l'inflation reste nationale, alors que les effets de la politique monétaire dépassent les frontières. C'est ainsi qu'aujourd'hui certains pays, comme la Turquie, s'inquiètent de voir la valeur de leur monnaie diminuer. Evidemment, pour des français nourris à la pensée unique, on peut penser que la baisse de valeur d'une monnaie est une bonne chose, qui favorisera les exportations. Cependant, la réalité est un peu moins simpliste. La baisse de valeur d'une monnaie signifie que les investisseurs se détournent du pays en question. Et que ce pays aura du mal à payer ses importations, et pouurra même manquer d'investissements, et donc de croissance. Il pourrait avoir des difficulté à honorer ses engagements dans des monnaies étrangères, et donc ne plus pouvoir emprunter pour boucler son budget.

 

Ces turbulences monétaires sont provoquées par les interrogations sur la politique monétaire de la Fed. En effet, la politique de création monétaire, appelée quantitative easing, a provoqué un afflux de monnaie sur les marchés financiers. Cette monnaie s'est notamment déversée chez les pays émergents, qui proposaient des taux d'intérêt plus attractifs que les taux US. Le Brésil avait dénoncé cette politique, qui faisait augmenter la valeur de sa monnaie. Cet afflux de monnaie se concentre sur des investissements de court terme, et provoque une instabilité monétaire, car ils peuvent sortir du pays à tout moment. La politique monétaire de la Fed, mais aussi de la BCE, a donc provoqué une instabilité monétaire, non prise en compte par les théories keynésienne ou monétariste.

 

Au delà des effets visibles sur les taux de change, la création monétaire a d'autres effets qui ne sont pas non plus pris en compte par les théories, et qui sont de l'inflation. Ainsi, la politique des USA qui a consisté à favoriser les prêts hypothécaires a provoqué un boom immobilier  de 2001 à 2007. Cette politique de crédit facile a provoqué une hausse de la consommation également. L'inflation, mesurée par l'évolution des prix à la consommation, n'a pas augmenté. Cependant, l'effet de cet politique sur l'inflation chinoise n'a pas été envisagé. Si les prix US restaient sous contrôle, c'est parce que beaucoup de produits étaient importés de Chine. Le boom de la consommation, provoqué par la création monétaire, avait donc des effets en Chine. Dans quelle mesure l'inflation chinoise était-elle provoquée par la politique monétaire US ? Je ne connais aucun article sur ce sujet.

 

Les effets de la création monétaire sont largement sous-estimés, car cela dérangerait la thèse dominante du pilotage de l'économie par la création monétaire. Seule l'école autrichienne y attache une importance. Les turbulences monétaire actuelles viennent faire une piqûre de rappel malvenue.

 

Je ne sous-estime pas les dirigeants de la Fed ou de la BCE. Je suis certain que parmi tous les indicateurs qu'ils surveillent, se trouvent les effets de la création monétaire sur les devises, sur les actifs immobiliers. Je reproche à la théorie économique d'ignorer volontairement tous les effets d'une relance monétaire, car cela remettrait en cause ses thèses. C'est là un grand manque de rigueur scientifique.

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