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Alerte à la déflation

28 Mars 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

L'alerte est lancée, et tous les médias la relaie : l'hydre maléfique de la déflation menace ! Le dernier numéro du magazine Capital s'en fait l'écho, diffusant les raisonnements qui mènent à la conclusion d'une menace inflationniste. Ces raisonnements sont ultra-simplistes, et font penser qu'il ne s'agit que de théories mal comprises par un journaliste non spécialiste. Malheureusement, Capital ne fait que relayer la pensée dominante en économie. Ce qui montre à quel point cette théorie dominante repose de des bases incertaines, et qu'elle ignore même l'histoire économique, alors qu'elle prétend souvent reposer sur des bases empiriques, ou, au moins, vérifier ses théories empiriquement.

 

Les dangers de la déflation sont décrits par deux phénomènes. D'abord, en période de baisse des prix, les consommateurs ne consomment plus. En effet, ils espèrent une baisse des prix ultérieure, et attendent, attendent, encore et encore. Ce qui fait entrer l'économie en récession. Ensuite, quand les prix baissent, les entreprises doivent serrer les marges, bloquer ou diminuer les salaires, voire licencier, ce qui diminue la demande et fait entrer l'économie en récession.

 

Que la baisse des prix fasse baisser la consommation est une affirmation des plus étranges. Dans ce cas, comment expliquer le succès du constructeur automobile Dacia ? Comment expliquer l'explosion des ventes de tablettes et de smartphones ? Comment expliquer le succès de l'opérateur mobile Free ? A travers l'histoire, les baisses de prix ont entraîné une hausse de la consommation, notamment depuis la révolution industrielle, hausse illustrée par tout ce que nous possédons aujourd'hui, même, et c'est la un grand progrès, chez les plus défavorisés. Par contre, l'augmentation trop importante des prix peut entraîner une accélération des achats, car les gens préfèrent stocker des biens plutôt que de garder de la monnaie, ce qui entraîne une spirale inflationniste, vers l'hyperinflation. Ce phénomène a souvent été observé.

 

On remarquera que la révolution industrielle, qui a permis les baisses de prix, n'a pas non plus entraîné de récession, bien au contraire. Pourtant, selon le raisonnement déflationniste, les baisses de prix entraînent la baisse des marges des entreprises, et donc des économies sur les coûts, et, in fine, une baisse de la demande.

 

Le phénomène observé est que les gains de productivité font baisser les prix. Un nouveau mode de production permet de vendre moins cher. Ce qui évidemment met en difficulté les entreprises les moins performantes. Mais cela n'a jamais empêché la croissance de l'emploi, car l'économie est en mouvement, et se restructure en permanence, si elle n'est pas entravée. Sinon, comment expliquer la formidable croissance du niveau de vie et de l'emploi depuis la révolution industrielle, alors que la productivité a explosé, que l'automatisation, soi-disant destructrice d'emplois, s'est généralisée ? Et que les prix ont chuté ?

 

La concurrence, et aujourd'hui la distribution, font également baisser les prix, ce qui oblige les entreprises à évoluer. Soit en revoyant leur organisation pour baisser les prix, soit en développant des produits incontournables, comme Ferrero avec Nutella, soit en développant de nouveau canaux de distribution, comme Nestlé avec Nespresso. Les prix sont à la fois un argument de vente, et un indicateur de la désirabilité d'un produit.

 

Cette dénonciation de la déflation comme un danger n'a donc aucun fondement. Elle repose sur une vision ultra-simpliste de l'économie, très loin des réalités. Mais, elle sert de justification à des politiques de relances monétaires, alors que celles-ci ont toujours créé des crises. D'ailleurs, nous sommes en plein dans une crise créée par une relance par le crédit.

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La crise financière, rappel.

2 Mars 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

Ce qui se disait à la veille de la crise financière.
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A propos d'un article de Capital sur la reprise au Royaume Uni

1 Février 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le magazine Capital de février 2014 publie un article sur l'économie britannique. Pour expliquer la reprise que connaît le Royaume Uni, cet article souligne la baisse des dépenses publiques. Et aussi le fait qu'il ne fait pas partie de la zone euro. Selon l'article, la zone euro force ses membres à maintenir le déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB, elle ne mène pas comme la banque centrale du Royaume Uni une politique d'argent facile. La non appartenance à la zone euro permet par ailleurs au Royaume Uni de bénéficier de taux d'intérêt bas.

 

Cet argumentation est très surprenante, tant elle est en décalage avec la réalité. L'Europe force-t-elle la France et d'autres pays à maintenir leurs déficits budgétaires sous les 3% de PIB ? Dans ce cas, comment se fait-il que la France dépasse ce seuil depuis plusieurs années, bien qu'elle ait été moins touchée par la crise que le Royaume Uni ?

 

La BCE ne mène pas une politique d'argent facile ? Elle tient guichet ouvert en faveur des banques de la zone, qui y ont puisé des liquidités sans retenue (sans en utiliser une grande partie d'ailleurs). La BCE a même racheté des obligations publiques sur le marché, ce qui est pourtant interdit par ses statuts.

 

Quant aux taux d'intérêt, ils n'ont jamais été aussi bas en France, en Allemagne, et partout en Europe si on considère que la zone est en crise, et que donc tout investissement est risqué, même dans la dette d'Etat.

 

On peut même ajouter que l'appartenance à la zone euro a sans doute sauvé l'Espagne, la Grèce, qui n'auraient plus eu aucune possibilité d'emprunt sans l'aide des pays de la zone.

 

En vérité, le Royaume Uni s'est infligé un plan de sauvetage avant que le FMI ne le lui impose, se souvenant que cela était déjà arrivé. C'est ce qui a maintenu la confiance des emprunteurs dans la livre sterling et les émissions obligataires britanniques. Quant à la différence de politique entre la BCE et la Bank of England, elle tient surtout dans la communication. La BoE affichant son soutien à 'économie par des taux bas, et se faisant d'ailleurs piéger par la reprise. La BCE ne faisant pas de com, mais agissant de manière semblable, pas par les mêmes canaux car les économies sont différentes, mais avec la même philosophie.

 

L'article de Capital n'est que le reflet du courant dominant en économie, une sorte de Keynéso-monétarisme, qui considère qu'il faut injecter de l'argent dans l'économie, ou soutenir la demande. Il se part même de la caution d'un ténor du keynésianisme, prix Nobel d'économie et chroniqueur au New York Times, Paul Krugman. L'article cite l'économiste : «Si le Royaume Uni avait fait partie de la zone euro, il aurait probablement subi le même sort que l'Espagne ». Si l'on considère que l'Espagne diminue sa dépense publique, comme le Royaume Uni, et flexibilise son marché du travail, ce qui est déjà fait au Royaume Uni, la plus grande différence entre l'Espagne et le Royaume Uni est l'aide apportée par l'Europe à l'Espagne. Est-ce ce que le brillant économiste veut souligner ?

 

Mais il est vrai que Paul Krugman fait partie de ceux qui ont appelé, en 2002, à une bulle immobilière, pour relancer l'économie, comme le rappelle l'Institut Coppet. Cette bulle qui a provoqué la crise. On peut donc penser que, comme férence, il y a mieux. 

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Le socialisme et l'économie

1 Février 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

Les libéraux se plaignent que le libéralisme soit si méconnu et si galvaudé. Pourtant, je défends la thèse que le socialisme est encore plus méconnu. La différence, c'est que cela ne dérange pas les socialistes.

 

Ainsi en est-il du socialisme et de l'économie. Quelle est la doctrine économique du socialisme ? A vrai dire, il n'y en a pas. Certes, il y a le marxisme. Mais celui-ci ne fait que décrire un monde capitaliste qui doit inévitablement conduire à la dictature du prolétariat, sans détailler ce que sera l'économie de ce nouveau monde socialiste.

 

Sinon, les socialistes reprennent des variantes du keynésianisme, qui consistent à dire qu'il suffit d'injecter de l'argent dans l'économie pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des monde du point de vue économique. Une hausse des bas salaires va ainsi mécaniquement relancer l'économie en accroissant la demande. C'est une théorie keynésienne, qui ne provient pas des auteurs socialistes à l'origine.

 

A vrai dire, il y a un socialiste qui a développé une théorie économique célèbre, et reconnue. Ironiquement, il s'agit de Léon Walras, un des fondateurs du marginalisme, de la théorie néo-classique, de la mathématisation de l'économie. Léon Walras, socialiste, défendait donc l'économie de marché pour améliorer la société.

 

Cependant, le socialisme a-t-il besoin d'une théorie économique ? Une recherche internet sur le socialisme permet de découvrir une théorie qui veut transformer la société en transformant l'être humain. C'est le thème de l'homme nouveau, dont l'article suivant donne un exemple : Les projets éducatifs socialistes des années 1830-1848 : pour former l’homme nouveau (Ensuite, pour continuer la découverte, on peut faire des recherches sur les auteurs cités, c'est instructif).

 

En transformant l'être humain, en le formatant par l'éducation, on transforme la société, en quelque chose de mieux, car les comportements seront meilleurs.

 

Ce qui aboutit à un double paradoxe. Les socialistes dénoncent l'argent tout en adoptant, par défaut, la théorie keynésienne qui fait de l'argent le moteur de l'économie. Les gens votent socialistes pour connaître une amélioration matérielle de leur sort, alors que le socialisme apparaît plus comme un projet de transformation de la société par la transformation de l'être humain, notamment par l'éducation.

 

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L'austérité en Europe contre l'expansionnisme de la Fed aux USA

19 Janvier 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

La lecture de la presse dite sérieuse peut se révéler consternante, ou amusante si on prend les choses avec humour. Ainsi en est-il d'une série d'articles consacrés aux Etats-Unis dans le numéro des Echos du vendredi 3 janvier 2014. Ces articles critiquent la soi-disant politique d'austérité européenne :

 

"Les budgets des Etats restent marqués du sceau de l’austérité au moment où le Japon et les Etats-Unis relâchent un peu la pression. Les gouvernements de la zone euro continuent à miser davantage sur la réduction des déficits publics et les réformes structurelles que sur la politique monétaire, qui reste très sage même si les risques de déflation qui se profilent devraient pousser la Banque centrale européenne à baisser encore ses taux d’intérêt."

 

La BCE est critiquée donc tandis que la politique de la Fed est encensée. L'austérité est présentée comme la cause des maux de l'Europe. Ce qui devient amusant, c'est ce passage d'un article du même numéro des Echos :

 

" Et, contrairement à beaucoup de pays d’Europe, il n’y aura pas de hausses d’impôt. Le pays [les Etats-Unis] n’en a pas réellement besoin : il a engagé l’assainissement de ses finances publiques de manière spectaculaire. Le déficit de l’Etat s’est résorbé de 38 % l’an dernier! Il ne représente plus que 4,1 % du PIB. Les dépenses sont en baisse, grâce aux coupes dans les dépenses sociales – les allocations chômage notamment."

 

On notera donc que pour le quotidien Les Echos des coupes dans les dépenses sociales ne sont pas une politique d'austérité.

 

Il y a eu beaucoup d'ajustement de ce type aux Etats-Unis. Les Echos font mention du dynamisme de l'industrie automobile américaine, qui doit beaucoup aux licenciements et aux accords salariaux, ainsi que sur les pensions. Dans un éditorial du 7 janvier 2014 Jean-Marc Vittori évoque les ajustements salariaux. La baisse des salaires a provoqué une amélioration de la compétitivité aux Etas-Unis, faisant dire parfois qu'il ne serait plus rentable pour une firme US de produire en Chine. Mais Jean-Marc Vittori fait aussi l'éloge de la Fed, et explique le rebond des Etats-Unis par l'effet richesse. Les prix de l'immobilier se sont stabilisés, la bourse est en forme, ce qui incite les consommateurs à l'optimisme et donc à la dépense. Il souligne que l'effet richesse est plus puissant aux USA que dans la zone euro. Il est vrai qu'en matière d'immobilier, si on suit l'explication de Jean-Marc Vittori, on se demande où est l'effet richesse car, même si on considère que les prix se sont stabilisés, ils ont beaucoup baissé depuis 2008. Un effet richesse quand la valeur du patrimoine a baissé, c'est curieux.

 

Quant à l'action de la Fed, son efficacité prête largement à discussion. En effet, la Fed injecte de l'argent dans l'économie, pour favoriser la croissance. Or, les banques qui reçoivent cet argent le placent, majoritairement, auprès de la Fed, comme le montre Guillaume Nicoulaud dans Contrpoints :

 

" Sous l’effet, notamment, des roundssuccessifs de Quantitative Easings, la base monétaire du dollar a augmenté de $1,8 trillions mais, dans le même temps, les réserves des banques auprès de la Federal Reservese sont accrues de $1,5 trillions dont 95% de réserves excédentaires, c’est-à-dire de réserves constituées par les banques de leur propre chef, sans aucune contrainte réglementaire. En d’autres termes, l’écrasante majorité (83%) de l’injection monétaire de la Fed ne circule pas dans l’économie et n’a, dès lors, aucune raison de provoquer la moindre forme d’inflation."

 

La BCE poursuit par ailleurs également une politique très interventionniste, même si elle ne passe pas par les même canaux que la Fed, les économies US et européennes étant différentes. Enfin, l'argument de la baisse des taux longs provoquée par la Fed et évoqué par Jean-Marc Vittori est également curieux, des pays comme la France ou l'Allemagne pouvant emprunter à des taux très bas, et n'ayant pas connu d'explosion des taux d'intérêt sur les dettes privées de bonne qualité.

 

Enfin, on peut ajouter l'impact sur les dépenses des collectivités locales de la crise aux USA. Par exemple, une ville comme Détroit est en faillite. D'autres villes sont en faillite aux Etats-Unis, ou connaissent des difficultés budgétaires. Ces faillites et difficultés budgétaires se traduisent par des diminutions de dépenses concernant des services publics tels que la police, ou les écoles.

 

En résumé, les Etats-Unis ont taillé dans les dépenses sociales, dans les salaires, et certaines villes dans les dépenses d'éducation et de police. En France, il n'y a eu aucune baisse des dépenses publiques, ni des salaires. En Allemagne non plus. L'Europe a largement soutenu l'Irlande, l'Espagne, le Portugal, la Grèce. Les efforts qu'ont fait ces pays s'apparentent à ceux des USA. Quant à la BCE, elle a ouvert les vannes de la création monétaire, tout comme la Fed. Pourtant, la politique européenne en général, et française en particulier, est qualifiée d'austérité. Tandis que la politique US est qualifiée d'expansionniste. Cherchez l'erreur.

 

La vérité, c'est qu'on essaie par tout moyen de faire entrer les faits dans la théorie keynésienne. Selon cette dernière, c'est l'argent le moteur de l'économie. Plus on injecte de l'argent, plus on connaîtra de croissance. C'est aussi l'optimisme. En fait, injecter de l'argent augmenterait la demande, et donc l'optimisme des entreprises, qui alors embauchent, versent des salaires, ce qui entretient la demande. Ce qui explicite l'explication par l'effet richesse de la reprise aux Etats-Unis selon Jean-Marc Vittori. Même si l'effet richesse a été théorisé par le néoclassique Arthur Cecil Pigou, qui a constaté que quand les gens se sentaient riches ils dépensaient plus. Il n'en a cependant pas tiré de recommandation de politique économique en faveur d'un expansionnisme monétaire.

 

Alors même que la théorie keynésienne est en échec. Les faits montrent que les économies ont besoin de marges de manœuvre pour se relancer, ce qui correspond plus à la théorie d'Hayek que de Keynes.

 

Cette volonté de valoriser le keynésianisme illustre le biais idéologique des articles sur l'économie en France. En même temps, on peut s'interroger sur le sérieux des journaux, même si Les Echos comportent des articles de qualité. Critiquer l'austérité européenne en comparaison aux Etats-Unis tout en soulignant la baisse des dépenses sociales aux Etats-Unis, c'est à tout le moins remarquable.

 

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La presse face au web

29 Décembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le web est mis en cause par la presse pour justifier de ses difficultés. Et c'est vrai qu'il constitue un profond changement. Mais quel changement, précisément ? Et comment les entreprises de presse s'y adaptent-elles ?

 

D'abord, quels étaient les métiers de la presse avant le développement du web ? En tant que média, la presse relayait les annonces du gouvernement, de l'INSEE, des grosses sociétés, des syndicats, etc. Comme la télévision ou la radio. Mais chaque média avait sa spécificité. La presse, média écrit, pouvait être plus exhaustive que la radio ou la télévision. La radio étant le média de l’instantanéité (ce que la presse a été avant l'apparition de la radio, avec des éditions spéciales tout au long de la journée en cas de besoin), et la télévision le média du reportage, du débat, de l'image.

 

La presse était aussi un vecteur de petites annonces, ce qui la faisait vivre. Deux types d'annonces en particulier : les annonces immobilières, et les offres d'emplois, ces dernières incluant des offres de postes très qualifiés, qui se retrouvaient dans le Fig éco par exemple.

 

Le web a changé deux choses. D'abord, plus besoin d'intermédiaire pour avoir certaines infos : celles en provenance du gouvernement ou des ministères, qui ont leurs sites web. Celles en provenance de l'INSEE, ou d'autres organismes, ou en provenance des grandes entreprises, des syndicats, de l'OCDE, etc. Mine de rien, cette fonction de transmission d'information représente une part importante de l'activité de la presse. Cette fonction d’agrégation de contenus existe toujours. Mais, aujourd'hui, elle est remplie à un coût modique sur le web. Il suffit de payer un fil d'informations chez l'agence France Presse ou Reuters pour compléter.

 

 

Par ailleurs, les petites annonces se sont également dirigées vers le web, et notamment dans l'immobilier et les offres d'emplois. Tous les secteurs sont concernés, car même les journaux gratuits de petites annonces sont concurrencés, par des sites comme le Bon Coin par exemple.

 

La presse se trouve ainsi confrontée à une sorte d'effet ciseau. Une de ses fonctions disparaît, celle de transmission. Mais ses revenus diminuent également, ce qui complique la mise en place d'un nouveau modèle. Plus encore, la baisse des revenus engendre des économies et donc une paupérisation des contenus. Les quotidiens, les magazines, sont plus aérés, les caractères sont plus gros. Où ils traitent de sujets ne nécessitant pas de coûteuses investigations ou d'analyses.

 

Le défi de la presse est, finalement, de trouver quelque chose à faire payer. Elle a pu à une époque faire des reportages, proposer des analyses, grâce aux revenus de la publicité. Aujourd'hui, il faudrait, face à la baisse des revenus publicitaires, en incluant la baisse des petites annonces, faire payer pour tout ce que ces revenus publicitaires payaient. Ce qui suppose d'investir, pour réinventer le modèle économique.

 

D'autre part, le web permet l'apparition de nouveaux acteurs, qui offrent des analyses, des traductions d'informations de sites étrangers, des débats. Bref, un enrichissement sans précédent de l'offre, en quantité, et aussi en qualité. On peut citer à ce titre Contrepoints, un pure player de l'information, ou encore l'Institut Coppet, qui popularise l'Ecole française d'économie, et l'école autrichienne, entre autre.

 

Quelles réponses sont apportées par la presse ? Les quotidiens et les hebdomadaires régionaux disposent d'un modèle plus solide. En effet, on est toujours content de voir en photo la fête de sa ville, de connaître les intentions de son conseil municipal, et il est utile de consulter la nécrologie et de pouvoir présenter ses condoléances à la famille de son collègue pendant 30 ans décédé. On retrouve ici la fonction de transmission. Cependant, même la presse régionale a des difficultés. Et les progrès des réseaux sociaux lui feront certainement une concurrence à l'avenir.

 

Patrick de Saint Exupéry a lui créé le magazine XXI, vendu en librairie. C'est un magazine de grands reportages, vendu à un prix élevé pour un magazine, mais normal pour un livre. Il ne dépend pas de la publicité. C'est l'objectif de son fondateur. Patrick de Saint Exupéry explique que la dépendance à la publicité oblige les journaux et magazines à créer des pages "art de vivre", pour mettre en valeur la pub correspondante. Et son magazine investit plus dans le grand reportage que des journaux établis de longue date.

 

Le groupe Le Figaro a une stratégie encore différente. Officiellement, le site internet est moins rentable que le journal papier, car les revenus publicitaires sont plus valorisés sur le papier que le web. Cependant, le groupe Le Figaro a opéré une mutation radicale. Il a racheté des sites de petites annonces sur internet, dans le domaine de l'immobilier et des offres d'emplois. Ainsi, si TOUS les revenus du web étaient pris en compte, est-ce que le web serait moins rentable que le papier ?

 

Parallèlement, LeFigaro.com a développé différents sites web, sur la santé, le golf par exemple, pour développer l'audience, et il développe également la vidéo, qui apporte plus de revenus publicitaires. C'est en fait un nouveau métier que développe Le Figaro. Il se place sur le plan de l'interview vidéo, et de l'image pour les faits divers. Tout en monétisant les analyses, réservé aux abonnés. C'est une stratégie qui va dans plusieurs directions en même temps.

 

Dans le monde, le groupe allemand de presse Springer vient de racheter une chaîne d'informations. Il est aussi actionnaire majoritaire du groupe Au féminin.com. Tandis que l'hebdomadaire The Economist et le quotidien The Financial Times ont augmenté leurs prix pour moins dépendre de la publicité. Ils capitalisent sur la qualité de leurs rédactions, sur le caractère international de la langue anglaise, le niveau de vie élevé de leur lectorat, et, sans doute, au moins pour le Financial Times, le fait que ce sont les employeurs qui paient une partie des abonnements.

 

Le web entraîne donc une transformation du monde médiatique. Deux tendances se distinguent. L'une, consiste pour la presse à rester un média de masse, en occupant le terrain sur internet dans tous les domaines qui relevaient auparavant de la presse, quotidienne ou magazine. Ainsi, Au Féminin.com peut être considéré comme une évolution des magazines féminins. C'est la stratégie du groupe Le Figaro, ou de Springer. Les revenus sont diversifiés : publicité, petites annonces, abonnement. L'internet permet aux journaux de concurrencer la télévision en incluant de plus en plus de vidéos sur leurs sites, stratégie clairement affichée du Figaro.

 

L'autre tendance consiste à faire payer l'information. C'est le cas de The Economist, du Financial Times, du New York Times, du quotidien Les Echos, du journal régional La Voix Du Nord aussi. 5 ou 10 articles sont généralement consultables gratuitement, et il faut ensuite payer. Il faut dans ce cas que l'information ait suffisamment de valeur, et aussi que le lectorat ait les moyens. Ainsi, le Financial Times profite d'un lectorat aisé, et qui peut éventuellement faire payer l'abonnement par sa société. De même pour Les Echos. La Voix Du Nord vend une information régionale introuvable ailleurs. (Je précise que La Voix Du Nord a d'autres diversifications, dans la télévision notamment).

 

Enfin, il y a un nouveau modèle qui émerge, sur internet. Le site financé en partie par des dons. C'est le cas de Contrepoints par exemple. Il y a des reportages financés par internet aussi. Un modèle qu'on pourrait appeler participatif. Il permet à des gens recherchant certaines informations, certaines analyses, de les trouver, en dehors du circuit des médias classiques. C'est la particularité d'internet de libérer l'information et l'analyse. Souvent, des analyses pertinentes sont d'ailleurs disponibles gratuitement sur des blogs, qui n'ont aucun but lucratif. Mais, le net est si vaste, que des sites qui sélectionnent ces articles, comme Contrepoints, ont une grande utilité.

 

En fait, le web force les médias à se poser la question de leur finalité. Patrick Le Lay, président de TF1, avait choqué en parlant à l'époque de "temps de cerveau disponible". On aurait dû saluer sa franchise. C'est une des fonctions des médias : accaparer les gens, pour placer de la pub. Peu importe dans ce cas la qualité de l'info, de l'analyse, du programme. Il faut retenir le chaland. L'autre fonction peut être de délivrer une information, une analyse, reconnue. Ou encore, d'agréger des informations, articles de blogs, le media se voulant sélectionneur. Attention, une information ou une analyse reconnue ne veut pas dire pertinente. Krugman, dans le New York Times, est reconnu par exemple, malgré quelques éditoriaux malheureux. N'en déplaise aux puristes, il s'agit toujours de vendre quelque chose. Là, on vend une réputation, des sujets qui correspondent aux attentes du lectorat, à une tendance politique.

 

Internet développe une troisième tendance, encore en construction. Celle des médias financés par les dons, des reportages préfinancés par les lecteurs. Ce secteur rassemble des organisations à but non lucratif, comme Contrepoints, et d'autres sites héritiers des fanzines qui permettaient de partager une passion, et qui ont trouvé une nouvelle vie sur le net. C'est aussi une piste pour certaines entreprises.

 

Le web représente donc une formidable opportunité pour la presse. C'est aussi un moment de vérité, l'obligeant à choisir ce qu'elle est, dispensateur de temps de cerveau disponible, d'articles respectant une tendance politique, de véritables analyses. Les opportunités sont encore nombreuses, tant l'information est difficile à obtenir et à analyser. Il manque des sites, des journaux ou des magazines, du moins en France, qui présenteraient, sélectionneraient, agrégeraient une information mondiale, et les analyses qui vont avec. Mais nous ne sommes qu'au début d'une nouvelle ère. Les nouveaux "pure players" peuvent se développer.

 

 

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La politique monétaire de la Fed et ses effets sur l'économie réelle.

22 Décembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Voici un excellent article sur la politique monétaire de la Fed ces dernières années, clair, concis, appuyé par des statistiques. A lire.

 

Le Chiffre du Jour: La masse monétaire US a triplé en cinq ans sans effet sur l’économie réelle

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Le libéralisme, qu'est-ce que c'est?

21 Décembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

 

C'est un exercice difficile et présomptueux : résumer le libéralisme en quelques thèmes simples. En effet, les penseurs libéraux ne se cachent pas derrière des slogans simplistes et populistes. Ce texte ne rassemblera pas tous les suffrages (que serait le libéralisme sans débat?), mais je le pense utile. 

 

Le libéralisme, c'est d'abord un humanisme. Le libéralisme, c'est l'être humain, son développement, son accomplissement. C'est permettre à chacun de faire des choix, de suivre ses buts, en toute liberté. C'est l'être humain d'abord.

 

Le libéralisme, c'est le "vivre ensemble". C'est l'être humain en société. Si chacun vivait en ermite, il n'y aurait pas de libéralisme. C'est même le "vivre ensemble" dans la grande société, la société ouverte, composée de milliards de personnes qu'on ne peut toutes connaître. Hayek oppose ainsi la vie dans la société ouverte à celle de la petite tribu où tout le monde se connaît. Le libéralisme, c'est la vie dans la grande société.

 

Le libéralisme, c'est le respect d'autrui. C'est respecter les opinions, le mode de vie d'autrui. C'est respecter la propriété d'autrui. La conséquence du respect étant la responsabilité : c'est assumer ses actes, sans en reporter les conséquences sur autrui.

 

Le libéralisme, c'est la règle. La société est régulée, dans le sens où il y a des règles (et non administrée, dans le sens où il n'y a pas de règles, mais un pouvoir qui décide de  la manière d'agir). Que la règle découle du droit naturel, du principe premier de liberté pour les anarco-capitalistes, ou des règles de juste conduite pragmatiques d'Hayek. Le capitalisme, c'est la régulation.

 

Le capitalisme, c'est l'égalité. Dans le sens où tous sont égaux devant la règle, y compris les politiciens !Un groupe, majoritaire ou non, ne doit pas imposer sa volonté sur les autres. Le gouvernement, s'il existe doit faire respecter et respecter lui-même les règles, et non faire du clientélisme électoral.

 

Le libéralisme, c'est la coopération. Chacun a ses objectifs, ses désirs. Mais le respect oblige à tenir compte des objectifs et des désirs des autres. Alors, un vaste mouvement de coopération s'engendre, décrit primitivement par Adam Smith comme la division du travail, mais qui peut prendre diverses formes : coopération entre associés, au sein d'une entreprise, sur le marché, etc.

 

Humanisme, vivre ensemble, respect, règle, égalité, coopération. C'est le libéralisme.

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Une interview d'un entrepreneur: Pierre Chappaz

11 Décembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 


 
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La déflation

24 Novembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

La baisse des prix est-elle un danger pour l'économie ? C'est ce que suggère la presse ces derniers temps, en titrant sur les dangers de la déflation. Qu'est-ce que la déflation, et pourquoi cela pourrait-être un danger ? Pour expliquer cette problématique, il faut d'abord expliciter les termes, notamment ce qu'on entend ici par déflation. Ils sont utilisés dans un cadre bien précis, celui du keynésianisme. Ensuite, bien sûr, le mécanisme qui, toujours selon le keynésianisme fait que la déflation, telle qu'elle est conçue par cette théorie, est néfaste pour l'économie. Ensuite viendra la confrontation à la réalité.

 

La déflation qu'est-ce que c'est ?

Pour comprendre la déflation, il faut aussi, et d'abord, car c'est plus simple, parler de son pendant, l'inflation. Et le mieux est de revenir à une économie dont la monnaie est constituée par l'or. Chaque pièce d'or a un certain poids, qui détermine sa valeur. S'il y a abondance d'or, la valeur de celui-ci diminue. Et donc ce qu'on peut acheter avec une pièce d'or également. Par conséquent, les prix, mesurés en monnaie or augmentent. C'est ce qu'on appelle l'inflation : les prix augmentent parce que la valeur de la monnaie diminue. Il y a plus d'or, la valeur de l'or diminue, les prix augmentent car ils sont définis par rapport à l'or. Il faut plus d'or pour acheter un même produit. Le prix, défini en quantité d'or, augmente donc.

 

La déflation, c'est le contraire. L'or devient plus rare, donc sa valeur augmente. Par conséquent, il faut moins d'or pour acheter les mêmes produits. La valeur de la monnaie augmente. Le prix, défini en quantité d'or, baisse.

 

Cependant, aujourd'hui, l'or n'est plus utilisé comme monnaie. Ni même l'étalon or, système dans lequel l'or a encore un rôle de référent. La monnaie est fiduciaire, c'est-à-dire basée sur la confiance. C'est la monnaie crédit, dans le sens où la création de monnaie provient du crédit. En effet, quand elles accordent un crédit, les banques créent de la monnaie (pour plus de précisions, voir ici). La banque centrale étant le créateur ultime. Elle peut créer autant de monnaie qu'elle veut.

 

Comment mesurer l'inflation dans un système de monnaie crédit ? Avec une monnaie or, on peut s'apercevoir plus facilement que les prix augmentent parce qu'il y a plus d'or en circulation. Mais pour la monnaie actuelle, comment faire ? Comment lier une augmentation des prix à une augmentation de la masse monétaire ? D'autant qu'il y a plusieurs agrégats monétaires (voir ici).

 

En fait, les statisticiens ont simplifié les choses. Ils ne mesurent pas l'inflation, mais l'indice des prix à la consommation. C'est-à-dire qu''il n'y a aucune considération d'augmentation ou non de la masse monétaire. Et tous les prix ne sont pas pris en compte. Par exemple, le prix des immeubles, des maisons, des terrains, des champs, des machines pour les entreprises, des actifs financiers, comme les actions, les obligations, etc.

 

Pourquoi cette simplification ? En matière de statistiques, il faut toujours se souvenir que les agrégats de la comptabilité nationale ont été définis largement en pleine période keynésienne, après la seconde guerre mondiale. Ils répondent donc à des définitions keynésiennes, et s'intègrent dans la théorie keynésienne.

 

La logique keynésienne.

Selon les keynésiens, c'est l'argent qui est le moteur de l'économie. Plus on injecte d'argent, plus il y a de croissance. L'argent dépensé soutient la demande. Les entreprises voient la demande augmenter, donc elles investissent pour produire plus, ce qui crée de la demande (investissements+salaires supplémentaires), ce qui augmente les investissements, et ainsi de suite. C'est le multiplicateur keynésien. Une injection d'argent dans l'économie agit de façon démultipliée.

 

Dans le contexte de cette théorie, l'inflation, ce qui signifie donc l'augmentation des prix à la consommation pour les keynésiens, est le signe d'une croissance de l'économie. Elle n'est donc pas mauvaise. Elle est associée à la croissance, et jamais ils ne considèrent l'aspect perte du pouvoir d'achat. Implicitement, l'idée est que les salaires suivent, puisque l'inflation est liée à la croissance.

 

A contrario, la baisse des prix à la consommation est mauvaise pour la consommation, et donc la croissance. Selon le keynésianisme, quand les prix baissent, la consommation diminue car les consommateurs gardent leur argent, en espérant que les prix baissent encore. Il y a moins de dépenses, donc les entreprises produisent moins, donc il y a récession. Et aujourd'hui on ajoute : et donc les recettes de l'Etat diminuent.

 

Cette théorie paraît ainsi bien simpliste. Il suffit d'injecter de l'argent pour avoir de la croissance dans un pays, et ce sans aucun effort : pas de restructuration d'entreprises, pas d'interrogation sur les dépenses publiques, sur l'organisation de l'Etat, etc. Et, a priori, cette théorie paraît déconnectée de la réalité : en effet, quand les prix baissent, la consommation n'augmente-telle pas ?

 

Confrontation à la réalité.

Pour confirmer leurs dires, les économistes d'aujourd'hui les confrontent à la réalité. Donc, dans la réalité, que constate-t-on ? Le problème auquel les économies ont été confrontées a plutôt été l'inflation. Pour rester au 20éme et au 21ème siècle, les guerres mondiales ont été financées par la planche à billets et ont provoqué une inflation importante (dans le sens keynésien de hausse des prix à la consommation comme dans l'acception d'origine de hausse généralisée des prix). Dans les années 1970, les pays occidentaux ont été confrontés à la stagflation : une stagnation de la production, c'est-à-dire pas de croissance ni de récession, et de l'inflation, au sens d'augmentation des prix à la consommation. Chose impossible selon la théorie keynésienne. Un pays comme le Brésil a également connu l'hyperinflation. Comme l'Allemagne entre deux guerres.

 

D'autre part, la situation du Japon est présentée comme étant celle que doit éviter l'Europe : la déflation. Or, cela fait des années que ce pays essaie de se redresser par la dépense publique, les déficits publics, et des taux d'intérêt très bas, voire nuls. Sans résultat. Et c'est cette politique qu'on nous propose d'imiter.

 

La réalité donne plutôt raison à ceux qui considèrent une création monétaire excessive comme la cause des crises. Les banques accordent trop de crédit, aujourd'hui avec les encouragements des banques centrales, qui contrôlent la création monétaire puisqu'elles contrôlent les taux d'intérêt, ce qui provoque un boom économique artificiel, qui se finit en crise. On trouvera ici une synthèse de ces théories.

 

La crise actuelle elle même provient de la création monétaire. Les USA, à travers la Fed et le gouvernement fédéral ont encouragé le crédit, notamment hypothécaire, et surtout, aux personnes peu solvables. Ce qui a d'abord provoqué un boom de la croissance, à crédit, puis l'effet inverse, la crise. (Voir pour plus de précisions ici et ici ).

 

La baisse des prix favorable à la croissance.

Quant à la baisse des prix, elle semble plutôt favorable au développement économique. La baisse des prix d'un produit favorise ses ventes et permet le développement de tout un secteur économique. C'est le processus qui se produit depuis la révolution industrielle. Baisse des prix, augmentation des ventes, augmentation des bénéfices, augmentation des investissements. L'exact contraire du keynésianisme.

 

Aujourd'hui, on peut citer l'exemple du secteur des télécommunications. La baisse des prix, et l'augmentation des performances, tant dans le fixe et le mobile, ont fait exploser la demande, et permis le développement de toute une économie. Cette baisse des prix a entraîné croissance et emplois.

 

Dans le secteur des télécommunications justement, l'irruption d'un acteur dont la stratégie est basée sur les prix bas a entraîné des critiques. Cet opérateur menacerait l'emploi. Aujourd'hui, des articles fleurissent dans la presse mettant en avant la pression sur les prix à laquelle les entreprises font face. Le gouvernement critique même le groupement Leclerc sur ce sujet. Avec toujours l'idée que la baisse des prix menace l'emploi. Cependant, d'un autre côté, l'augmentation des prix est dénoncée car elle ampute le pouvoir d'achat. L'argumentation est très confuse.

 

En économie, on constate finalement l'existence de deux écoles. L'une, pour caricaturer un peu, mais pas tellement, qui promet de régler tous les problèmes sans effort. Le keynésianisme fait partie de cette tendance. Il suffit d'augmenter la dépense publique pour retrouver la croissance. Et si ça ne marche pas, il faut dépenser plus. Un keynésianisme mâtiné de socialisme, il ne faut pas accabler Keynes. Il faut donc réglementer la concurrence pour que les prix ne baissent pas, car c'est mauvais pour l'emploi.

 

La deuxième école peut être qualifiée de réaliste. Si l'économie va mal, elle doit se remettre en cause, se restructurer. Les remèdes miracles n'existent pas. Des efforts sont nécessaires. Et le progrès social nécessite une perpétuelle évolution

 

De nos jours, la première école est appelée politique de croissance, et la seconde austérité. Pourtant, c'est plutôt la seconde qui présente une politique réaliste de relance. Mais il est plus vendeur politiquement de suggérer qu'il est possible d'obtenir la croissance sans effort.

 

Le discours sur les dangers de la déflation s'inscrit dans un vieux débat. C'est l'idée que l'argent est le moteur de l'économie. Tout découle de l'argent. Avant même John Maynard Keynes cette idée prédominait, comme le montre Ludwig von Mises ici. A contrario, d'autres économistes s'inscrivent dans l'idée que l'économie découlent des échanges, que les prix véhiculent des informations, et que les remèdes miracles aux crises n'existent pas. Les crises pouvant être elles-mêmes provoquées par les politiques économiques.

 

Pour conclure, voici un extrait du Traité d'économie politique(que vous pouvez lire en cliquant sur le lien) de Jean-Baptiste Say, qui montre l'ancienneté du débat :

« Les entrepreneurs des diverses branches d'industrie ont coutume de dire que la difficulté n'est pas de produire, mais de vendre ; qu'on produirait toujours assez de marchandises, si l'on pouvait facilement en trouver le débit. Lorsque le placement de leurs produits est lent, pénible, peu avantageux, ils disent que l'argent est rare ; l'objet de leurs désirs est une consommation active qui multiplie les ventes et soutienne les prix. Mais si on leur demande quelles circonstances, quelles causes sont favorables au placement de leurs produits, on s'aperçoit que le plus grand nombre n'a que des idées confuses sur ces matières, observe mal les faits et les explique plus mal encore, tient pour constant ce qui est douteux, souhaite ce qui est directement contraire à ses intérêts, et cherche à obtenir de l'autorité une protection féconde en mauvais résultats. »

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