Analyse Libérale

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Economie, socialisme, et libéralisme.

7 Mai 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

Le libéralisme est rejeté en tant que doctrine économique, au motif qu'il favoriserait les riches et l'oppression des faibles. Sauf que le libéralisme n'est pas une doctrine économique. Les sources de réflexions des libéraux n'ont pas forcément écrit sur l'économie, que ce soit, par exemple, Etienne de la Boétie, Alexis de Tocqueville, ou Benjamin Constant. Et l'une des figures les plus connues du libéralisme, de par son prix Nobel, Friedrich August Hayek, est plus connue pour ses livres La route de la servitude et Droit, législation et liberté, dont le sujet principal n'est pas l'économie, que pour Prix et production, un de ses principaux ouvrages en économie.

 

L'objet du libéralisme, ce sont les principes d'une société libre. Comment organiser la société pour que chacun soit libre et autonome. L'économie, c'est de la technique. Les libéraux approuvent l'économie de marché, parce que ça marche. Mais ils ne condamnent rien en la matière. Les gens peuvent très bien choisir le collectivisme. Cela ne pose aucun problème aux libéraux.

 

Par contre, n'importe qui est libre de critiquer et de sortir du collectivisme. Le collectivisme ne doit pas être imposé. Il doit être choisi par chacun qui y est impliqué. Chacun doit rester libre et bénéficier de son libre arbitre.

 

C'est le socialisme qui focalise le débat sur l'économie. Le socialisme repose sur trois piliers. C'est une promesse économique d'avoir plus. Cette promesse est totalement absente du libéralisme. Cette promesse passe par une transformation sociale de la société. Que ce soit le fouriérisme ou le marxisme, le socialisme tend vers l'homme nouveau. Dans la société socialiste, tout le monde vivra en harmonie, car tout le monde pensera de la même manière. Pour le marxisme, c'est la société sans classe. C'est par le dirigisme que la société aboutit à ce monde idéal.

 

Notons que cette marche vers la société idéale peut se faire par la force. C'est le concept de révolution. Le socialisme justifie la force car il considère qu'il y a une vérité, un monde idéal.

 

La différence entre le socialisme et le libéralisme n'est donc pas économique, c'est le dirigisme. Le socialisme considère que l'être humain doit être dirigé. Le libéralisme considère qu'il faut développer le libre arbitre de chacun. Que chacun doit pouvoir vivre comme il l'entend, en respectant autrui, et que c'est ainsi que se construit la société.

 

Le libéralisme s'interroge donc sur les règles qui doivent réguler la société, sur leur source. Il considère par exemple qu'une minorité, même si elle est la plus importante, ne doit pas imposer sa volonté à quiconque. Que même une majorité doit respecter les autres. Le libéralisme est basé sur la protection de chacun. Tandis que le socialisme cherche à imposer un comportement, un mode de vie.

 

Ce sont deux conceptions de l'être humain. D'un côté, une sorte d'enfant, à qui on doit dire ce qu'il doit faire. De l'autre, l'idée que chacun est un être qui a le droit de décider de sa vie. Et qui est responsable.

 

La conséquence première du libéralisme étant le principe de non agression : chacun doit respecter la liberté d'autrui. De cette règle découle les autres, et la société est régulée. Par exemple, le respect de la liberté d'autrui implique l'interdiction de chercher à obtenir quelque chose par la force. Cela implique la liberté d'expression.

 

On remarquera que le monde idéal du socialisme n'est pas précisé. Par conséquent, tous le monde peut chercher à imposer SA vérité, par l'intermédiaire de la puissance publique. Celle-ci, quelle que soit sa forme, Etat, collectivité locale, banque centrale, agit en fonction des intérêts de la faction qui a réussi à s'imposer, et qui use de cette même puissance publique pour perdurer. Ces factions peuvent être des intérêts économiques, des associations, des ONG, etc.

 

C'est contre cela que se bat le libéralisme. Personne n'a le droit d'imposer sa volonté à autrui. Chacun doit poursuivre ses buts en respectant ceux d'autrui, et en respectant autrui.

 

Nous sommes bien loin d'un tel monde. Au nom de la démocratie, il est admis que la puissance publique contrôle tout. Comme le montre bien l'inflation législative et réglementaire. Il y a juste quelques interrogations parfois. Est-ce que les partis sont représentatifs ne sont-ils pas trop éloignés des gens. Ou quand des gens se demandent si l'Etat ne veut pas imposer la doctrine sociale du genre.

 

Il est ainsi absurde de condamner le libéralisme comme une doctrine économique d'exploitation. Car le sujet n'est pas l'économie. Le sujet est l'idée que l'on se fait de l'être humain. Est-ce que c'est quelque chose qui doit être dirigé, formaté, pour son propre bien, par une élite supérieur, dictatoriale ou élue ? Ou est-ce un être pensant, autonome, capable de faire des choix, de prendre des décisions, et dont la société doit respecter la nature, et, même favoriser son développement et son épanouissement ? Le sujet, finalement, c'est la nature de l'être humain.

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Des inégalités

2 Mai 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Humeur

 

Les inégalités sont à nouveau le sujet de l'actualité. La thèse développée est l'éternelle antienne marxiste selon laquelle le capitalisme est l'exploitation de l'homme par l'homme. Bien sûr, les économistes défendant cette thèse vous diront que non, ils ne sont pas marxistes. Pourtant, le postulat est toujours le même : l'économie de marché favorise les riches. Tout irait mieux dans le monde si on prenait l'argent des riches.

 

Une telle thèse ne relève pas de la science mais de la croyance. Il faut abandonner tout esprit critique et tout bon sens pour la défendre. D'abord, parce que le développement du capitalisme a permis le développement de cette fameuse classe moyenne. On le voit encore aujourd'hui dans les pays qui s'ouvrent au capitalisme, dont notamment la Chine. Ensuite, les pays les plus inégalitaires sont les pays socialistes. Dans l'ex-bloc de l'Est, il y avait officiellement l'égalité des conditions de vie pour tous. Sauf que ceux qui avaient une parcelle de pouvoir profitaient de conditions de vie incomparablement meilleures, et pouvaient, par exemple, s'enrichir grâce au marché noir. Les Castro à Cuba ne sont ainsi pas à plaindre, au contraire du peuple cubain. Ceux qui dénoncent le plus les inégalités veulent les remplacer, pas les supprimer.

 

Mais la plus grande absurdité d'attribuer les inégalités à l'économie de marché est de considérer que nous sommes en économie de marché, que nous vivons une époque de libéralisme débridé. Si nous comparons notre époque à celle de l'après guerre, le recul de l'économie de marché est ainsi patent.

 

En France, la dépense publique est passée d'un peu plus d'un tiers du PIB à plus de la moitié. Ce qui signifie que l'Etat contrôle plus de la moitié des revenus. Le mouvement d'augmentation de la dépense publique est commun dans tout l'occident, à des degrés divers, même aux USA. Le code du travail est devenu de plus en plus compliqué, et, surtout, la création monétaire est totalement administrée de nos jours, alors qu'elle était rationnée après guerre.

 

Voyons d'où viennent les inégalités aujourd'hui. Il y a d'abord l'éducation, en France, totalement étatisée. Aujourd'hui, le niveau en la matière dépend du milieu social. Malgré les milliards dépensés, malgré la baisse des effectifs d'élèves, rien n'y fait. Ajoutons une insertion professionnelle problématique car, par idéologie, les formations ne sont pas forcément adaptées au monde du travail. Ainsi, alors que des pays comme l'Allemagne, ou la Suisse, mettent en avant la formation professionnelle, avec succès, la France a réduit le budget de l'alternance. L'échec de l'éducation étatisée a été admis aux USA, en Grande-Bretagne et en Suède, qui développent des Charter Schools, ou le système de voucher. C'est-à-dire que les écoles sont privées, financées par l'Etat, mais pouvant aussi avoir d'autres subsides.

 

Les inégalités proviennent également de la politique monétaire. Les banques centrales contrôlent totalement les taux d'intérêt. L'activité des banques est elle très encadrée par les critères de Bâle. Les banques centrales maintiennent les taux d'intérêt bas pour soutenir les marchés financiers et immobiliers.La politique de la bulle est recommandée par les économistes "mainstream". Ce qui a pour effet de favoriser ceux qui ont un patrimoine financier ou immobilier. Il est totalement logique que ces dernières années ceux-ci voient leurs revenus augmenter. Mais le libre marché n'a rien à voir dans cette augmentation.

 

Ajoutons que les pourfendeurs de l'économie de marché ne proposent aucun autre système de création de richesse. Le marxisme promet le paradis quand tout le monde pensera de la même manière, à tel point que les Etats n'existeront plus. Le keynésianisme mené dans les années 1970 a sans contestation échoué à relancer l'économie.

 

Curieusement, les pourfendeurs des inégalités n'en étudient pas les causes, et ne font pas la promotion des remèdes qui font leurs preuves, comme l'économie de marché en Chine. Ils "oublient" les profondes inégalités qui existaient dans les pays socialistes, et qui existent toujours quand le politique est trop envahissant. La Chine est justement engagée dans un processus anti-corruption, tant le problème est patent.

 

Pour réduire les inégalités, attaquons nous aux vrais causes : donner sa chance à chacun, sans entraves et sans dérégler l'économie.

 

NB: à propos de l'égalité, un lien vers une citation toujours d'actualité.

 

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Le complot néolibéral

1 Mai 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

Le terme néolibéralisme est né en août 1938, quand Walter Lippman a rassemblé à Paris 26 intellectuels européens pour une refondation du libéralisme. Depuis, le néolibéralisme est agité comme un chiffon rouge par tous les dirigistes qui stigmatisent ainsi ce qui n'est pas dirigiste. Le colloque de Lippman est parfois décrit comme un complot visant à appliquer un "ultra-libéralisme débridé" à travers le monde.

 

L'idée de complot est très marxiste. Cette idéologie n'hésitant pas à prôner la force, la "révolution", pour s'imposer. Ce que montre le colloque de Lippman c'est d'abord que le libéralisme était déjà faible en 1938. Ensuite, il n'y a pas vraiment eu d'application. Les échecs des politiques keynésiennes, dans les années 1970, et l'effondrement des économies socialistes de l'Est, ont fait que certains gouvernements se sont inspirés des thèses d'économistes libéraux. Ainsi en est-il de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Mais le dirigisme n'a pas reculé, du moins en occident. Au contraire, les banques centrales détiennent aujourd'hui le pouvoir absolu sur les monnaies, et s'en servent pour mener des politiques économiques, qui ont conduit à la crise actuelle.

 

Mais, surtout, le colloque de Lippman enferme le libéralisme dans l'économie. Ce qui n'est pas son essence, son origine première. Par exemple, l'une des figures les plus connues de ce colloque, Friedrich August Hayek, est plus connu pour ses ouvrages La route de la servitude et son magnus opus Droit, législation et liberté que pour ses ouvrages d'économie, tels que Prix et production. Dans Droit, législation et liberté, Hayek tente de définir les principes d'une constitution qui garantirait la liberté à chacun. Il s'inscrit ainsi dans la lignée d'Alexis de Tocqueville, qui avec son ouvrage De la démocratie en Amérique s'interrogeait aussi sur la liberté, ou encore Benjamin Constant.

 

Les libéraux s'intéressent d'abord à la place de l'être humain dans la société, et à la promotion de son épanouissement. Comment organiser une société de façon telle que chacun soit libre, mène sa vie, et ait la possibilité de s'épanouir, qu'il utilise ou non cette possibilité.

 

Une telle réflexion est aujourd'hui absente. Elle serait pourtant utile. Aujourd'hui, l'Etat est devenu un état policier, au nom de la sûreté, ainsi que le terrain de jeu des lobbys, des associations et autres ONG qui veulent imposer leurs opinions. Une année on considère qu'un troisième opérateur mobile est nécessaire pour les utilisateurs, une autre on condamne un quatrième opérateur malgré les bénéfices pour les usagers. Et comment faire cohabiter les adeptes de la doctrine sociale du genre avec ceux qui s'y opposent ? Faut-il imposer une doctrine sociale ? C'est là le domaine de réflexion du libéralisme.

 

Le libéralisme a aussi le mérite de remettre l'être humain au centre de la réflexion. Quels sont ses droits, et le rejet de l'oppression, sous toutes ses formes.

 

Un nouveau colloque de Lippman serait donc souhaitable. Un véritable colloque libéral, qui s'empare de tous les sujets de sociétés. C'est ce que devraient faire les libéraux aujourd'hui, à travers internet. Le monde a besoin du libéralisme, il a besoin de retrouver l'esprit des Lumières.

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Les bases de la politique monétaire

27 Avril 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

Les médias économiques font leurs titres avec la déflation. Ce qui est une nouvelle illustration de l'importance prise par la politique monétaire de nos jours. La monnaie est utilisée pour piloter l'économie. Les taux d'intérêt sont diminués pour relancer l'économie, ralentis pour éviter une surchauffe. La création monétaire est considérée comme le remède aux crises, tandis que la déflation est vue comme une abomination. Il est étonnant de constater que les bases sur lesquelles reposent ces politiques monétaires sont pour le moins indigentes.

 

La justification de l'utilisation de la monnaie pour piloter l'économie part du livre Une Histoire Monétaire des USA d'Anna Schwartz et Milton Friedman. Ceux-ci ont considéré que la gravité de la crise de 1929 provenait du fait que la Réserve Fédérale, la banque centrale US, avait réduit l'offre de monnaie, entraînant une déflation. Sur cette base, Alan Greenspan est devenu une sorte de grand manitou dans les années 1990 et 2000, sur qui on comptait pour piloter l'économie US, depuis son poste de président de la Fed. Bernanke a suivi cette voie, et Yellen la poursuit aujourd'hui.

 

Pourtant, Milton Friedman ne soutenait pas la politique de Greenspan. En effet, ses conclusions n'ont jamais été d'utiliser la politique monétaire pour piloter l'économie. Il préconisait une création monétaire modérée. A la fin de sa vie, il aurait dit une fois que finalement Greenspan était dans le vrai, mais n'a cependant pas remis en cause ses théories monétaristes. Il est difficile de dire s'il s'agissait là d'un compliment fait par gentillesse par un homme âgé, ou une véritable conviction. Toujours est-il qu'il est impossible de s'appuyer sur les travaux statistiques et de recherche de Milton Friedman pour piloter l'économie à travers la monnaie.

 

D'autre part, la corrélation entre déflation et crise n'est pas démontrée empiriquement, contrairement à l'interprétation qui est faite des travaux de Schwartz et Friedman. Ainsi, Chris Casey souligne que les USA ont connu des périodes de forte croissance alors que la déflation pouvait atteindre 50%. Il cite une étude de la Réserve Fédérale, indiquant que :

 

"… le seul épisode pour lequel nous trouvons des preuves d'un lien entre déflation et dépression est la Grande Dépression (1929-34). Nous ne trouvons en fait aucun lien durant aucune autre période. … Ce qui est frappant c'est que presque 90% des épisodes de déflation n'ont pas connu de dépression. Dans un large contexte historique, au delà de la Grande Dépression, la notion que déflation et dépression sont liées disparaît en fait."

Atkeson, Andrew and Kehoe, Patrick. Federal Reserve Bank of Minneapolis. Deflation and Depression: Is There an Empirical Link?January 2004.

 

Citant la même étude d'Atkeson et Kehoe, d'où est tirée la citation ci-dessus, qui porte sur une période de 180 ans et 17 pays, Frank Hollenbeck indique qu'aucune corrélation n'a été trouvée entre déflation et crise. Par ailleurs, Murray Rothbard souligne que ce qui est considéré comme la Longue Dépression de 1873, en raison de la déflation, était en fait une période de croissance assez enviable. Enfin, la période de croissance dite des trente glorieuses s'est produite alors que la création monétaire était contrainte, pour les USA par le lien entre l'or et le dollar, et pour les autres pays par le lien entre le dollar et leur devise. Le dollar représentait une certaine quantité d'or, ce qui de facto limitait la création monétaire au niveau des réserves en or. La parité entre les autres devises et le dollar était fixe, il fallait donc avoir des dollars avant de créer de la monnaie. Comme par hasard, la crise est arrivée quand ce système n'a plus été respecté.

 

Bien sûr, cette idée de relance par le crédit peut être rattachée au keynésianisme au sens large. Keynes ayant déclaré qu'un peu d'inflation n'était pas mauvais par exemple, et considérant qu'il faut soutenir la demande. Le très keynésien Paul Krugman avait d'ailleurs en 2002 encouragé la Réserve Fédérale à créer une bulle immobilière pour développer la demande. Cependant, nul ne sait ce que Keynes aurait pu penser d'une telle pratique, soutenir une bulle pour développer l'économie.

 

En fait, ceux qui dirigent les économies semblent en être restés à la vieille idée que, si les affaires vont mal, c'est qu'il y a un manque de monnaie. Ludwig von Mises souligne dans L'Action Humaine que les gouvernements cherchaient déjà à soutenir la demande avant même les théories keynésiennes. De même qu'il souligne que ce qui est appelée la loi de Say est juste une réfutation de cette vieille croyance. Or, aujourd'hui, nos dirigeants ont un jouet qu'ils ne possédaient pas autrefois : une monnaie totalement fiat. C'est une monnaie qui n'est plus reliée à l'or, ni à aucun autre bien, et qu'ils peuvent manipuler à loisir. Ils peuvent se livrer à loisir à des manipulations monétaires, laissant croire que cela suffit pour piloter l'économie, sans demander aucun effort aux peuples. Et même si c'est de cette manière qu'ils ont provoqué la crise actuelle, en soutenant le crédit immobilier et le crédit à la consommation, jusqu'à ce que tout s'écroule, ils persistent dans cette voie.

 

L'idée que la politique monétaire peut permettre de piloter l'économie ne repose en fait sur aucune base, ni théorique, ni empirique. Elle perpétue la volonté de nos dirigeants de faire croire qu'ils disposent des boutons magiques pour contrôler la croissance sans efforts ni conséquences pour les peuples. Au final, cela ressemble fort à une politique d'apprentis sorciers.

 

(NB : pour ceux qui penseraient qu'il est exagéré de dire que la Fed a volontairement créé une bulle immobilière, je recommande cet article dans lequel Daniel J. Sanchez rappelle l'appel de Krugman, en 2002, à la Fed en faveur d'une bulle immobilière. Il est une bonne illustration de l'état d'esprit des économistes qui nous dirigent, et dont Krugman est un parangon.)

 

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Séminaire de l'Institut Coppet le 28 mai: la renaissance du libéralisme au XXème siècle.

4 Avril 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

L'Institut Coppet organise le 28 mai un séminaire intitulé:

La renaissance du libéralisme classique au XXème siècle. Une histoire controversée.

 

L'Institut Coppet a pour but la diffusion de la philosophie libérale française, et contribue à la culture libérale contemporaine, et à la culture générale. Le libéralisme, ce n'est pas de l'économie. L'Institut Coppet permet de découvrir les sources françaises du libéralisme, ainsi que les débats contemporains. Il traite de philosophie, d'économie, de droits, et de tout ce qui touche au libéralisme. La particularité de l'Institut Coppet est son approche culturelle, en mattant en valeur les auteurs français, ainsi que des articles d'universitaires français et étarangers contemporains.

 

L'Institut Coppet est un site à visiter pour tous ceux qui souhaitent se cultiver. Et les séminaires qu'il organise sont des occasions d'apprendre, et aussi de rencontres et de discussions.

 

Par conséquent, vous comprendrez que je recommande vivement à ceux qui en ont la possibilité de participer à ces séminaires.

 

Le  prochain traite de l'histoire controversée de la renaissance du libéralisme. Le fameux colloque Lippmann est parfois représenté par les anti-libéraux comme un complot, de même que la société du Mont Pélerin. Ce séminaire racontera la véritable histoire du libéralisme au XXème siècle.

 

En voici la présentation par l'Institut Coppet.

 

100 places inscrivez-vous vite !


 Isep, 28 Rue Notre-Dame des Champs, 75006 Paris. De 19h à 22h, ouverture à 18h30.

Entrée 15 euros, buffet compris. Tarif étudiant 10 euros.


Achetez votre billet dès maintenant sur eventbrite.com (paypal ou chèque)


Vous pouvez aussi faire un don pour nous aider à organiser l’événement. Merci de votre générosité !


 

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1° De l’aventure du Colloque Lippmann au « néo-libéralisme » selon Michel Foucault.
Par Christian Michel*


En août 1938 un riche et talentueux journaliste américain réunit 26 intellectuels européens à Paris pour une rencontre qui devait porter son nom : le Colloque Walter Lippmann. Le but n’était rien moins qu’une refondation du libéralisme. Le terme « néolibéralisme » a été formé au cours de ce colloque pour désigner une troisième voie entre le capitalisme « débridé » et les socialismes de l’époque. Certains s’y opposèrent d’emblée (Ludwig von Mises, Friedrich Hayek), d’autres firent évoluer le concept vers l’ordolibéralisme en Allemagne (Wilhelm Röpke, Alexandre Rustow), vers la démocratie chrétienne en Italie (Luigi Einaudi) et le néoconservatisme aux États Unis. Le paradoxe est que le terme néolibéralisme, sert maintenant à désigner « tout ce qui est mal », au point de devenir péjoratif – sauf pour un formidable représentant de la pensée postmarxiste, Michel Foucault. Celui-ci verra dans le néolibéralisme un mécanisme de défense contre l’oppression.
C’est sur cette histoire, qui est celle du libéralisme moderne, et sur ces paradoxes que portera l’intervention de Christian Michel.


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2° La révolution de la liberté aux USA. De Ludwig von Mises à Ron Paul.
Par Michael Otis*


L’exil de Ludwig von Mises en 1943 aux USA, fut le point de départ d’un formidable renouveau de la pensée libérale classique qui prit bientôt le nom de libertarianisme pour se démarquer du « liberalism » de la gauche progressiste. Sous la houlette de Murray Rothbard dans les années 70-80, le mouvement libertarien renforce son message de « Laissez faire » et de réduction de la taille du gouvernement, prenant également ses distances à l’égard des conservateurs étatistes. Aujourd’hui, Ron Paul incarne cet héritage avec un succès grandissant au sein du parti républicain. Contre toute attente, son fils Rand Paul est même en passe de jouer un rôle majeur dans la prochaine campagne présidentielle. Comment les idées libertariennes ont-elles conquis l’Amérique ?
Michael Otis est « paulien » depuis son adolescence et a dirigé une antenne locale de Students for Liberty dans le Kentucky. Au cours de son intervention (en français) il nous fera revivre cette révolution de la liberté Outre-Atlantique.


Biographies

*Christian Michel est entrepreneur, essayiste, président de Libertarian International et directeur de l’International Society for Individual Liberty (ISIL). Après une carrière à Genève, il vit aujourd’hui à Londres ou il enseigne la philosophie et l’économie. Christian Michel est également membre du comité d’honneur de la revue Laissons Faire.
*Michael Otis, est né aux États-Unis et a obtenu un diplôme en comptabilité et commerce international. Désirant renforcer son expérience professionnelle à l’international, il est arrivé en France il y a trois ans. Les deux premières années, il a appris le français à la Sorbonne avant d’obtenir son Master 2 à l’ISCG Paris en 2013.

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Marché automobile mars 2014

2 Avril 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le marché automobile en France reprend des couleurs en ce mois de mars, avec une augmentation de 8,9% pour les voitures particulières, et de 7,7% si on inclut les utilitaires légers, qui ont eux augmenté de 1,6%. Sur la période de janvier à mars l'augmentation est de 2,9% pour les voitures particulières.

 

Le fait marquant est la bonne performance des marques françaises. Celles-ci voient leurs ventes de voitures particulières augmenter de 17,8% en mars 2014 par rapport à mars 2013, et de 10,1% de janvier à mars 2014 par rapport à la même période en 2013. Le groupe PSA Peugeot Citroën voit ses ventes augmenter de 15,1% par rapport à mars 2013 (16,4% pour Peugeot, 13,5% pour Citroën), tandis que pour le groupe Renault l'augmentation est de 20,6% (14% pour Renault, 52,7% pour Dacia). De janvier à mars l'augmentation est de 8,5% pour PSA Peugeot Citroën (10,3% pour Peugeot, 6,3% pour Citroën), tandis qu'elle s'élève à 11,9% pour le groupe Renault (8,1% pour Renault, 25,5% pour Dacia). Par comparaison, sur la période de mars 2014 le total des groupes étrangers est en baisse de 0,5, et sur la période de janvier à mars de 5,1% Aucun groupe n'atteint les scores des groupes français. A noter, dans les utilitaires légers, une augmentation de 20,3% pour la marque Citroën.

 

Peugeot Citroën profite à plein de ses nouveaux modèles. La Peugeot 208 est deuxième des ventes sur la périodes de janvier à mars, la Citroën C3 quatrième, la 2008 est cinquième. Surtout, le nouveau C4 Picasso de Citroën, devant la Mégane Scénic, 8ème, et la Peugeot 308 est 9ème, devant la Mégane. Que la 308 devance la Mégane, et surtout que le Picasso devance le Scénic, est un événement. Notons tout de même que les modèle de Renault ne démérite pas, malgré leur âge. Renault place la Clio en tête des ventes, et le Captur en 3ème position.

 

Ainsi deux nouveaux concepts, le Captur et la 2008, permettent aux marques françaises de progresser en ventes. L'innovation paye.

 

Le point notable est bien évidemment le bond en avant de Dacia, qui place la Sandero en 6ème position des ventes. Dacia permet au groupe Renault de préserver sa part de marché, même si elle diminue un peu depuis 20 ans.

 

Les médias nationaux se focalisent sur le fait que le Renault Captur est produit en Espagne, les Dacia en Roumanie et au Maroc. Ils oublient d'ailleurs que la Clio est principalement fabriquée en Turquie, même si Renault a maintenu une production en France, pour avoir les bonnes grâces de Nicolas Sarkozy, alors président de la République. Cependant, le centre décisionnel de Renault, ainsi que sa recherche, se situe essentiellement en France. Tandis que la 2008, et la 308 sont fabriquées en France, de même que la C3 et une partie des 208. Mais le C4 Picasso vient d'Espagne, tandis que le Scénic est fabriqué à Douai.

 

En résumé, des nouveaux modèles français qui marchent bien, de nouveaux concepts qui cartonnent, et le low cost qui progresse, dans un marché qui se reprend légèrement après plusieurs années de chute.

 

Toutes les infos sur le site du CCFA.

 

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A propos des élections...

1 Avril 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

     "A plusieurs reprises, depuis que la Révolution a commencé jusqu'à nos jours, on voit la passion de la liberté s'éteindre, puis renaître, puis s'éteindre encore, et puis encore renaître; ainsi fera-t-elle longtemps, toujours inexpérimentée et mal réglée, facile à décourager, à effrayer et à vaincre, superficielle et passagère. Pendant ce même temps la passion pour l'égalité occupe toujours le fond des coeurs dont elle s'est emparée la première; elle s'y retient aux sentiments qui nous sont les plus chers; tandis que l'une change sans cesse d'aspect, diminue, grandit, se fortifie, se débilite suivant les événements, l'autre est toujours la même, toujours attachée au même but avec la même ardeur obstinée et souvent aveugle, prête à tout sacrifier à ceux qui lui permette de se satisfaire, et à fournir au gouvernement qui veut la favoriser et la flatter les habitudes, les idées, les lois dont le despotisme a besoin pour régner."

 

Alexis de Tocqueville, L'Ancien Régime et la Révolution.

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Alerte à la déflation

28 Mars 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

L'alerte est lancée, et tous les médias la relaie : l'hydre maléfique de la déflation menace ! Le dernier numéro du magazine Capital s'en fait l'écho, diffusant les raisonnements qui mènent à la conclusion d'une menace inflationniste. Ces raisonnements sont ultra-simplistes, et font penser qu'il ne s'agit que de théories mal comprises par un journaliste non spécialiste. Malheureusement, Capital ne fait que relayer la pensée dominante en économie. Ce qui montre à quel point cette théorie dominante repose de des bases incertaines, et qu'elle ignore même l'histoire économique, alors qu'elle prétend souvent reposer sur des bases empiriques, ou, au moins, vérifier ses théories empiriquement.

 

Les dangers de la déflation sont décrits par deux phénomènes. D'abord, en période de baisse des prix, les consommateurs ne consomment plus. En effet, ils espèrent une baisse des prix ultérieure, et attendent, attendent, encore et encore. Ce qui fait entrer l'économie en récession. Ensuite, quand les prix baissent, les entreprises doivent serrer les marges, bloquer ou diminuer les salaires, voire licencier, ce qui diminue la demande et fait entrer l'économie en récession.

 

Que la baisse des prix fasse baisser la consommation est une affirmation des plus étranges. Dans ce cas, comment expliquer le succès du constructeur automobile Dacia ? Comment expliquer l'explosion des ventes de tablettes et de smartphones ? Comment expliquer le succès de l'opérateur mobile Free ? A travers l'histoire, les baisses de prix ont entraîné une hausse de la consommation, notamment depuis la révolution industrielle, hausse illustrée par tout ce que nous possédons aujourd'hui, même, et c'est la un grand progrès, chez les plus défavorisés. Par contre, l'augmentation trop importante des prix peut entraîner une accélération des achats, car les gens préfèrent stocker des biens plutôt que de garder de la monnaie, ce qui entraîne une spirale inflationniste, vers l'hyperinflation. Ce phénomène a souvent été observé.

 

On remarquera que la révolution industrielle, qui a permis les baisses de prix, n'a pas non plus entraîné de récession, bien au contraire. Pourtant, selon le raisonnement déflationniste, les baisses de prix entraînent la baisse des marges des entreprises, et donc des économies sur les coûts, et, in fine, une baisse de la demande.

 

Le phénomène observé est que les gains de productivité font baisser les prix. Un nouveau mode de production permet de vendre moins cher. Ce qui évidemment met en difficulté les entreprises les moins performantes. Mais cela n'a jamais empêché la croissance de l'emploi, car l'économie est en mouvement, et se restructure en permanence, si elle n'est pas entravée. Sinon, comment expliquer la formidable croissance du niveau de vie et de l'emploi depuis la révolution industrielle, alors que la productivité a explosé, que l'automatisation, soi-disant destructrice d'emplois, s'est généralisée ? Et que les prix ont chuté ?

 

La concurrence, et aujourd'hui la distribution, font également baisser les prix, ce qui oblige les entreprises à évoluer. Soit en revoyant leur organisation pour baisser les prix, soit en développant des produits incontournables, comme Ferrero avec Nutella, soit en développant de nouveau canaux de distribution, comme Nestlé avec Nespresso. Les prix sont à la fois un argument de vente, et un indicateur de la désirabilité d'un produit.

 

Cette dénonciation de la déflation comme un danger n'a donc aucun fondement. Elle repose sur une vision ultra-simpliste de l'économie, très loin des réalités. Mais, elle sert de justification à des politiques de relances monétaires, alors que celles-ci ont toujours créé des crises. D'ailleurs, nous sommes en plein dans une crise créée par une relance par le crédit.

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La crise financière, rappel.

2 Mars 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

Ce qui se disait à la veille de la crise financière.
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A propos d'un article de Capital sur la reprise au Royaume Uni

1 Février 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le magazine Capital de février 2014 publie un article sur l'économie britannique. Pour expliquer la reprise que connaît le Royaume Uni, cet article souligne la baisse des dépenses publiques. Et aussi le fait qu'il ne fait pas partie de la zone euro. Selon l'article, la zone euro force ses membres à maintenir le déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB, elle ne mène pas comme la banque centrale du Royaume Uni une politique d'argent facile. La non appartenance à la zone euro permet par ailleurs au Royaume Uni de bénéficier de taux d'intérêt bas.

 

Cet argumentation est très surprenante, tant elle est en décalage avec la réalité. L'Europe force-t-elle la France et d'autres pays à maintenir leurs déficits budgétaires sous les 3% de PIB ? Dans ce cas, comment se fait-il que la France dépasse ce seuil depuis plusieurs années, bien qu'elle ait été moins touchée par la crise que le Royaume Uni ?

 

La BCE ne mène pas une politique d'argent facile ? Elle tient guichet ouvert en faveur des banques de la zone, qui y ont puisé des liquidités sans retenue (sans en utiliser une grande partie d'ailleurs). La BCE a même racheté des obligations publiques sur le marché, ce qui est pourtant interdit par ses statuts.

 

Quant aux taux d'intérêt, ils n'ont jamais été aussi bas en France, en Allemagne, et partout en Europe si on considère que la zone est en crise, et que donc tout investissement est risqué, même dans la dette d'Etat.

 

On peut même ajouter que l'appartenance à la zone euro a sans doute sauvé l'Espagne, la Grèce, qui n'auraient plus eu aucune possibilité d'emprunt sans l'aide des pays de la zone.

 

En vérité, le Royaume Uni s'est infligé un plan de sauvetage avant que le FMI ne le lui impose, se souvenant que cela était déjà arrivé. C'est ce qui a maintenu la confiance des emprunteurs dans la livre sterling et les émissions obligataires britanniques. Quant à la différence de politique entre la BCE et la Bank of England, elle tient surtout dans la communication. La BoE affichant son soutien à 'économie par des taux bas, et se faisant d'ailleurs piéger par la reprise. La BCE ne faisant pas de com, mais agissant de manière semblable, pas par les mêmes canaux car les économies sont différentes, mais avec la même philosophie.

 

L'article de Capital n'est que le reflet du courant dominant en économie, une sorte de Keynéso-monétarisme, qui considère qu'il faut injecter de l'argent dans l'économie, ou soutenir la demande. Il se part même de la caution d'un ténor du keynésianisme, prix Nobel d'économie et chroniqueur au New York Times, Paul Krugman. L'article cite l'économiste : «Si le Royaume Uni avait fait partie de la zone euro, il aurait probablement subi le même sort que l'Espagne ». Si l'on considère que l'Espagne diminue sa dépense publique, comme le Royaume Uni, et flexibilise son marché du travail, ce qui est déjà fait au Royaume Uni, la plus grande différence entre l'Espagne et le Royaume Uni est l'aide apportée par l'Europe à l'Espagne. Est-ce ce que le brillant économiste veut souligner ?

 

Mais il est vrai que Paul Krugman fait partie de ceux qui ont appelé, en 2002, à une bulle immobilière, pour relancer l'économie, comme le rappelle l'Institut Coppet. Cette bulle qui a provoqué la crise. On peut donc penser que, comme férence, il y a mieux. 

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