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Le point sur la crise financière: première partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Le point sur la crise financière, les solutions mise en œuvre pour en sortir, et réflexions sur les mesures pour éviter une telle crise à l'avenir.


     Comment sortir de la crise et relancer l'économie? Vaste programme? Assurément. Au point que ce qui devait être un article de ce blog est scindé en deux articles. Le premier, celui-ci, sera consacré à la crise financière: son mécanismes, les solutions pour en sortir, mes commentaires sur ces solutions, et les leçons à en tirer pour l'avenir. Un article sera écrit ultérieurement sur la crise économique et les solutions pour retrouver la croissance. Est appelée crise économique ce qui touche les secteurs autres que la finance. La distinction est artificielle, bien sûr, mais utile à l'analyse.


     Cet article reste long. En partie à cause de la police utilisée, afin qu'il soit aéré et facile à lire. Mais aussi car je résume certaines explications données dans de précédents articles. Ceux qui les ont déjà lues pourront les survoler. Les autres pourront, s'ils trouvent l'article intéressant, cliquer sur les liens renvoyant à mes précédents écrits.


     J'ai donc transformé cet article en une sorte de dossier, divisé en quatre articles, qui peuvent être lus en plusieurs fois, dans l'ordre ou dans le désordre, avec des liens renvoyant aux autres articles. Voici donc le sommaire:


Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.


Première partie: résumé du mécanisme de la crise

     La crise financière résulte d'un excès de crédit. Les banques, en particuliers américaines, ont accordé trop de crédit bancaires, à des foyers de moins en moins solvables. Ce sont notamment ces fameux crédit subprime (cf Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés ). Les banques prenaient ce risque car les prix de l'immobilier augmentaient. Si les emprunteurs ne payaient pas, elles pensaient se rembourser en vendant le logement. Elles étaient aussi incitées par les dirigeants politiques à prêter à une population peu solvable. Quand les emprunteurs n'ont plus pu rembourser, et qu'en plus les prix de l'immobilier ont chuté, les banques se sont trouvées en difficultés.


     Pour accorder des crédits, les banques ont besoin de se refinancer sur les marchés financiers (cf l'article qui explique le fonctionnement des banques). Pour ce refinancement, un instrument a notamment été inventé: le CDO (Collatralized Debt Obligation). Acronyme technique et barbare, il représente une nouvelle forme de titres financiers. En effet, les banques revendent les prêts qu'elles accordent sur le marché financier. C'est une manière de se refinancer pour pouvoir accorder d'autres prêts. Pour que les prêts se vendent facilement sur le marché financier, il faut qu'ils soient bien notés. Une note AAA signifie que le produit est sans risque. AA+, AA sont aussi de bonnes notes. BBB commence à être plus mauvais.

     Alors, les banques ont mélangé des prêts risqués et des prêts sans risque. Elles ont créés des sortes de fonds de placement, dans lesquels elles mettaient des prêts risqués et des prêts non risqués. Elles découpaient ces sortes de fonds en titres, qui étaient vendus sur les marchés financiers.Ces titres fonctionnent comme des obligations: ils rapportent un intérêt. Ces titres étaient bien notés par les agences de notation. Pas forcément AAA, mais les notes ne descendaient jamais jusqu'à BBB, ce qui aurait placé les titres dans une catégorie plus spéculative. Ils auraient été plus difficiles à placer, et la banque aurait dû accorder aux acheteurs de ces titres des taux d'intérêt plus élevés.

     Les mauvais prêts étaient garantis par des instruments financiers complexes, qui permettaient de donner une bonne note à ces titres ainsi construits. Ces CDO donc. Ceux-ci sont des titres complexes, donc, encore plus que ce qui est décrit ici d'ailleurs. Je ne donne qu'un aperçu de la construction de ces titres.


     Quand le prix de l'immobilier s'est effondré, tout le montage financier s'est effondré aussi. Ces titres sont devenus toxiques. Pourquoi? Parce qu'on est incapable d'évaluer leur valeur. On ne sait plus trop ce qu'il y a dedans, quelle est la part des mauvais et des bons prêts. On ne sait pas non plus si le montage financier destiné à garantir le remboursement des mauvais prêts va fonctionner. Ces actifs sont toxiques pour ceux qui les possèdent, car on ne sait pas lesquels ne vont plus rien valoir, ni dans quelles proportions. C'est la pire situation pour les marchés.

     Ces titres ont été achetés par des établissements financiers, dont des banques (les banques s'achètent et se vendent constamment des titres, pour leurs opérations en compte propres ou pour des clients). Face à cette incertitude, il y a un risque pour qu'un établissement soit en grandes difficultés à cause des CDO qu'il possède. On ne sait pas quelle est la probabilité du risque. Par conséquent, les banques n'osent plus se prêter de l'argent. Car elles ont peur que l'une d'entre elles soit incapable de rembourser. Ce qui a bloqué le marché financier, les banques se prêtant mutuellement de l'argent tous les jours (Cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) ). Sinon, l'économie ne peut plus fonctionner.


     La crise a déprécié la valeur des actifs que possèdent les établissement financiers. Il en est ainsi des fameux CDO. Mais aussi de tous les titres financiers: actions, obligations. L'immobilier aussi a baissé. Or, les établissements financiers ont aussi des actifs immobiliers. Par ailleurs, un établissement financier doit enregistrer la baisse de la valeur des actifs qu'il possède. Concrètement, la dépréciation se traduit par une perte. Ce qui crée de gros déficits. Ce qui cause des difficultés financières à l'établissement.

     Ces pertes fragilisent sa structure financière. Un établissement qui a des pertes a aussi encore plus de mal à se refinancer sur le marché financier. Il y a là un engrenage: la crise financière fait baisser les prix des actifs financiers, ce qui causent des pertes aux établissements financiers, ce qui augmente leurs difficultés à se refinancer et le risque de faillite, ce qui fait encore baisser le prix des actifs financiers.


     Les banques et établissements financiers sont aussi confrontés à un autre instrument financiers: les CDS (Credit Default Swap). Un CDS protège contre le défaut de remboursement d'un crédit. Par exemple, un investisseur achète des obligations d'une banque. Les obligations lui rapportent un intérêt, et doivent être remboursée au bout d'un certain temps. Cet investisseur, pour se protéger contre le défaut de remboursement, peut acheter des CDS. Contre un certain montant versé annuellement, l'émetteur des CDS remboursera le montant des obligations, si la banque fait défaut.

     Notons que l'on peut très bien acheter des CDS même si on n'a pas d'obligation à assurer. C'est un titre qui peut aussi servir à spéculer sur la confiance qu'inspire un établissement sur la place financière. Aujourd'hui, les risques de défaillance sont plus nombreux qu'au moment où ces CDS ont été émis. Quand les emprunts ne sont plus remboursés, les établissements qui se sont engagés à garantir l'emprunt doivent payer à la place de l'emprunteur. Et se trouvent eux mêmes en difficulté. C'est le cas notamment de l'assureur AIG.


     D'autre part, les établissements financier se prêtent mutuellement les uns aux autres. Si un établissement fait faillite, il peut entraîner des difficultés pour ceux qui lui ont prêté de l'argent, et ceux qui garantissent ses dettes. C'est ce qu'on appelle le risque systémique. Qui s'est réalisé avec la Faillite de la banque Lehman Brothers.


     Enfin, le marché financier concerne aussi certaines entreprises. Certaines ont contracté de gros emprunt en période de croissance économique. Ceux-ci sont assortis de clauses, appelées covenants, qui créent aujourd'hui des difficultés. Ces clauses forcent l'entreprise à rembourser certaines tranches de l'emprunt si certaines conditions se réalisent. Par exemple, l'emprunt peut-être garanti par la valeur en bourse de l'entreprise. Si cette valeur descend en dessous d'un certain seuil, l'entreprise doit effectuer un remboursement. Alors que tous les cours s'effondrent, et que l'économie est en crise, on comprend que ce genre de clause cause des difficultés aux entreprises concernées.


Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.

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Le point sur la crise financière: deuxième partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Deuxième partie: les mesures mises en œuvre contre la crise financière.


(Cet article est le deuxième d'une série qui fait le point sur la crise financière. Voici le sommaire de cet série d'articles:

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)


     Comme je l'ai écrit plus haut, les banques empruntent de l'argent tous les jours sur les marchés financiers pour pouvoir accorder des crédits, qui financent l'économie. Comme les marchés sont bloqués, il y a un risque que l'économie ne soit plus financée. Les entreprises ont pour la plupart, constamment besoin de crédit. Par exemple, le temps de que produit soit fabriqué et vendu, pour payer les fournisseurs, les salaires.


     C'est pourquoi les banques centrales ont ouvert les vannes du crédit. On dit que les banques centrales sont prêteurs en dernier ressort. C'est à dire que quand les banques ne peuvent pas se refinancer entre elles, ni sur les marchés financiers, elles se tournent vers la banque centrale. En fait, en période normale, c'est-à-dire hors période de crise, la banque centrale prête également aux banques. Les banques ne vont pas sur les marchés financiers pour des emprunts à très court terme. Et c'est le rôle de la banque centrale d'assurer l'équilibre, c'est-à-dire de prêter quand les banques en ont besoin pour équilibrer leurs bilans. La différence, c'est qu'en période de crise, la banque centrale prête quasiment sans limite, à des taux d'intérêt très bas. Elle remplace les marchés financiers, ainsi que les autres banques, qui en temps normal se prêtent les une aux autres (cf pour plus de précision sur le fonctionnement des banques).


     Les banques centrales acceptent en garantie des titres qu'elles n'acceptent pas d'habitude. Ces titres sont des créances que détiennent les banques. En clair, c'est l'argent qu'on leur doit. Les banques apportent en gage des prêts à la consommation par exemple. En ces temps de crise, les banques centrales acceptent à peu près toutes sortes de garanties (on ne parle pas de garantie, en fait, mais de collatéral).


     La Réserve Fédérale américaine a aussi lancé un programme de rachat de titres adossés à des emprunts immobiliers. Cela pour relancer le crédit immobilier. Elle est prête à faire de même pour des prêts aux entreprises. De même, la Fed s'apprête à racheter des bons du Trésor américain. En rachetant ces bons du Trésor, elle fait baisser le taux de ces bons. en effet, quand la demande pour les bons du Trésor est forte, le prix des bons est plus élevé, et le taux d'intérêt qu'ils rapportent est plus faible. Ce qui fait baisser différents taux indexé sur les bons du Trésor. Le problème de la Fed est qu'elle ne peut plus faire baisser les taux d'intérêt de l'économie en baissant ses propres taux, qui sont proches de zéro. Donc, elle cherche à agir par d'autres moyens.


     Les pouvoirs publics interviennent aussi pour aider au financement des banques. La France a organisé une structure, qui emprunte sur les marchés financiers avec la garantie de l'Etat, et reprête aux banques (cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) ). Le gouvernement américain a prêté lui aussi à ses banques, directement.


     Le gouvernement américain a également voulu s'attaquer aux actifs toxiques détenus par les banques américaines. Le plan Paulson, sous George W. Bush, était originellement destiné au rachat de ces actifs, pour nettoyer le bilan des banques. De même, le dernier plan en date, présenté par Tim Geithner, successeur de Harry Paulson au secrétariat d'Etat au Trésor, prévoit à nouveau un tel rachat, en associant même des investisseurs privés.

     Cependant, ce rachat n'a pas encore été mis en œuvre. Il achoppe sur le prix auquel racheter ces actifs. Ces actifs ne sont pas sans valeur. Ils représentent des prêts, certains seront remboursés à l'échéance. Mais on est totalement incapable d'évaluer les pertes éventuelles, tellement ces actifs sont compliqués.

     S'ils sont rachetés trop cher, c'est le contribuable qui supportera les pertes, et les banques et leurs actionnaires feront une bonne affaire. Si le prix de rachat est trop bas, cela n'aidera pas les banques. Ces dernières voulant bien entendu maximiser le prix de vente à l'Etat. A l'heure où ces lignes sont écrites, des précisions sur la valorisation de ces actifs sont attendues incessamment de la part de Tim Geithner.


     Les autorités, gouvernements ou banques centrales, interviennent aussi directement pour aider certains établissement financiers. L'une des interventions les plus importantes est le soutien de la Fed à l'assureur AIG. Cet assureur avait une activité très importante sur les marchés financiers. AIG avait notamment émis beaucoup de CDS, c'est-à-dire donc qu'il assure beaucoup d'emprunt. La décision a été prise de le soutenir pour éviter un risque systémique. La France a soutenu Dexia, et soutient Natixis. Différentes banques américaines, dont Citigroup, ont bénéficié du soutien fédéral.


     Des entreprises touchées par les difficultés financières sont aussi aidées par les gouvernement. C'est le cas aux Etats-Unis et en Europe, de l'industrie automobile, constructeurs et équipementiers.


     Enfin, il faut signaler le dispositif original de la France pour éviter l'assèchement du crédit aux entreprises: le médiateur du crédit. Ce dispositif organise une discussion entre une banque, une entreprise qui a besoin d'un crédit, et un représentant du médiateur. Il permet d'éviter que les crédits soient coupés aux entreprises, tout en évitant de soutenir des entreprises non viable. Son intérêt est d'agir sur le terrain, directement au contact des banques et des entreprises.


(Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)

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Le point sur la crise financière: troisième partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Troisième partie: commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.


(Cet article est le troisième d'une série qui fait le point sur la crise financière. Voici le sommaire de cet série d'articles:

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)



     Il y a clairement deux catégories de mesures. D'un côté, les autorités tentent de pallier au blocage du marché financier. Ce sont toutes les mesures de financement des banques et du crédit prises par les banques centrales et les Etats. Et des mesures prises au cas par cas. Ce sont les mesures de soutien direct à certains établissements financiers et certaines entreprises. Cette politiques répond à deux nécessités: assurer le financement global de l'économie, et éviter que l'effondrement de certains établissements financiers ou de certaines entreprises ne crée un trop gros choc pour l'économie.


     Cette politique est-elle bien menée. On peut évidemment en discuter. Fallait-il par exemple engager tant d'argent pour soutenir AIG? La Fed prend-elle un risque en rachetant des bons du trésor américain? Les interrogations ne sont souvent pas sans fondement.

     Cependant, c'est surtout la mise en œuvre qui est discuté, pas les axes eux mêmes. De plus, cette mise en œuvre est certes discutables, mais il est difficile de se faire une opinion de "l'extérieur". Par exemple, comment juger de la gestion d'AIG organisée par la Fed, sans connaître les comptes et la réalité précise des engagements de cette société? Personne ne sait non plus, aujourd'hui, avec certitude, si la Fed va trop loin, ni si la BCE doit aller plus loin.

     Je préfère mettre en avant le côté positif des politiques mises en œuvre face à la crise monétaire: dans tous les pays, elles suivent à peu près les mêmes principes, et les autorités, monétaires et gouvernementales, sont décidées à agir. Maintenant, nous sommes dans le domaine de l'humain, et il y aura donc forcément des erreurs, que l'on relèvera plus tard, après avoir eu le temps de réfléchir, en disant: "on aurait dû!"


     Un petit débat agite les Etats-Unis quant à l'aide à apporter aux banques: faut-il aller jusqu'à la nationalisation? Les banquiers s'y opposent, en disant que ce n'est pas le rôle du gouvernement, en disant même que ce serait du socialisme. On peut surtout supposer que les banquiers n'ont surtout pas envie d'avoir un actionnaire puissant qui les commande.

     Dans le système capitaliste, celui qui investit dans une société commande. De même, celui qui prête un montant important dicte ses conditions. L'Etat agit comme un investisseur et un prêteur. Il en a donc les prérogatives. Comme il est devenu en quelque sorte investisseur en dernier ressort, c'est-à-dire l'investisseur qui intervient quand plus personne d'autre ne le veut, il est normal que dans ce cas il prenne le contrôle de la société.

     C'est du capitalisme. Mais les banquiers n'ont tendance à voir que ce qui les arrange dans les règles du capitalisme! D'autre part, les privatisations qui auront lieu par la suite, dans quelques années, permettront de rembourser une partie des dettes de l'Etat. Les banquiers devraient apprécier cet acte de bonne gestion.


     Que peut-on faire encore pour améliorer la situation? Ce qu'il faut, c'est que les acteurs privés prennent le relai des banques centrales et de l'Etat pour le financement de l'économie, comme en tant normal. Les banques, habituellement, place du "papier" sur les marchés financiers assez facilement. Il faut ranimer ce mécanisme, qui est bloqué par le manque de confiance. Cette confiance reviendra avec le temps, mais il faut trouver le moyen d'accélérer ce retour.


     Parfois je me laisse à imaginer ce qu'on pourrait faire. Par exemple, on pourrait relancer la titrisation. Un organisme contrôlé par l'Etat pourrait, non pas noter, mais certifier des titres émis par des banques. Par exemple, cet organisme certifierait que les titres sont adossés à des crédits à la consommation, souscrit par des emprunteurs n'ayant jamais eu d'incident de paiement. Les crédits auxquels ces titres seraient adossés seraient transféré à l'organisme certificateur, pour garantir le remboursement des titres. Ou encore, ces titres certifiés pourraient être mis en gage chez l'organisme d'Etat pour garantir l'émission de titres à court terme des banques.

     L'idée est de faire le contraire de ce qu'on veut faire avec les actifs toxiques. Au lieu de sortir à bas prix les actifs toxiques des bilans des banques, on utiliserait les actifs sains pour faciliter leur refinancement.


     J'ai aussi décrit le fait que la baisse de la valeur des actifs détenus par les établissements financiers entraînait des pertes pour ces derniers. En effet, ils sont obligés de répercuter la vaisse de la valeur de ces actifs dans leurs compte. On appelle ça comptabiliser à la valeur de marché (mark to market).

     Cette méthode de comptabilisation est critiquée car elle est dite "pro-cyclique". En effet, ces actifs possédés par les établissements financiers sont souvent destinés à être gardé des années. Ils seront vendus quand les marchés auront vu les prix remonter. Or, les établissements financiers sont obligés de comptabiliser des pertes potentielles, qui les obligent parfois à se recapitaliser.

     La solution serait de changer la réglementation, et d'autoriser à nouveau la comptabilisation à la valeur historique (la valeur d'achat). Certaines possibilités de s'affranchir de la valeur de marchés ont déjà été autorisées par la réglementation. Il faudrait aller plus loin, pour éviter des pertes qui fragilisent les établissements en temps de crise.


     Ce que je viens d'écrire ne sont que des suggestions que je n'ai pu m'empêcher d'écrire. Elles illustrent le fait que nous sommes dans une situation où il faut faire preuve d'imagination, et où il faut agir sur plusieurs leviers à la fois.


(Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)

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Le point sur la crise financière: quatrième partie.

22 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Quatrième partie: les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.


(Cet article est le quatrième d'une série qui fait le point sur la crise financière. Voici le sommaire de cet série d'articles:

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. : Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir)

    
     Des propositions sont faites pour "réguler", terme consacré, l'économie et éviter une nouvelle crise de ce genre à l'avenir. On se focalise par exemple sur les Hedge funds, les paradis fiscaux. Que l'on s'attaque aux paradis fiscaux n'est pas une mauvaise chose en soi, à mon avis, mais ils n'ont rien à voir dans la crise actuelle. On leur reproche leur opacité, qui est réelle, mais la crise ne s'est pas développée dans l'opacité.

     La montée en puissance de l'endettement, la bulle immobilière, les prêts subprime, les produits complexes, tous ces phénomènes auxquels on attribue une responsabilité plus ou moins grande dans la crise se sont développés au vu et aux su de tous. Il n'y a pas eu de problèmes d'opacité due aux paradis fiscaux.


     De même, les hedge funds n'ont pas non plus de responsabilités dans la crise. C'est une assertion un peu provocatrice que j'exprime ici, alors que ces fonds sont accusés de tous les maux. Pourtant, c'est juste un constat. Prenons un exemple. Un hedge fund spécule sur le pétrole. Le cours du pétrole chute, entraînant la faillite du hedge funds, qui ne peut plus rembourser ses investisseurs. Y a-t-il un risque pour l'économie?

     Si les investisseurs du hedge fund sont de riches familles qui ont pris un peu de risque avec leur surplus d'argent, il n'y a aucun risque pour l'économie. Par contre, si ce sont des banques, qui par ailleurs gèrent les comptes de vous et moi, qui ont investi dans le hedge fund, ou lui ont prêté des sommes faramineuses, ou, encore, ont pris les mêmes risques que lui, là, évidemment, il y a un risque systémique. Mais le problème ne vient pas du hedge fund. mais des banques, ou autres institutions financières qui prennent des risques alors qu'on attend d'elle une gestion plus prudente.


     On évoque des mesures pour mieux encadrer les banques. Sans plus de précisions pour le moment. De même, d'autres mesures sont envisagées pour encadrer les marchés des produits financiers sophistiqués. Ces produits sont souvent considérés comme responsable de la crise en elle même, et aussi d'avoir facilité l'augmentation inconsidérée des prêts accordés par les banques aux Etats Unis.

     Tous ces projets de régulations font l'objet de réflexions, et aussi de négociations internationales. Les différents pays n'étant pas d'accord sur le degré et la forme que doit prendre la régulation. De plus, les Etats-Unis veulent que les autres pays injectent de l'argent dans l'économie plutôt que de réguler les marché financiers.


     Plus de régulation pour certains types de produits financiers, plus de contrôle des banques, pourquoi pas, Cependant, ces mesures ne s'attaquent pas au cœur du problème.


     En effet, d'où vient la crise financière? Elle vient d'un défaut d'évaluation des risques. Si les prêts subprime se sont développés, c'est parce qu'on se disait que le prix de l'immobilier permettrait toujours de rembourser les emprunts. Si les produits financiers types CDO, en partie adossés à des prêts subprime se sont développé, c'est parce qu'on a mal évalué le risque de défaut de paiement. Si les prêts immobiliers se sont autant développés, c'est aussi en raison d'une mauvaise évaluation des risques.


     Sur les marchés financiers, le prix du risque est le taux d'intérêt. Plus le risque est élevé, plus le taux d'intérêt est élevé. Concrètement, quand un établissement financier veut emprunter sur le marché financier, il émet des titres. Ces titres servent un intérêt en fonction du risque que représentent ces titres.

     Ainsi, les titres CDO, étaient considérés comme faiblement risqués quand ils ont été émis. Pourtant, ils "contenaient" des prêts subprime. S'ils n'avaient pas été considérés comme faiblement risqués, ils n'auraient pas trouvé preneur, où à un prix trop élevé.


     On a tendance à considérer que le prix de marché est forcément le bon prix, en se basant sur la théorie libérale. Or, le taux d'intérêt est un prix: le prix du risque. On estimait, et on estime encore souvent, que le niveau de taux d'intérêt décidé par le marché est forcément bon. C'est aussi pour cette raison qu'on ne s'inquiétait pas de l'envolée du crédit. On disait que le marché se régulerait.


     Mais il s'agissait d'un véritablement détournement de la théorie libérale. Cette théorie pose des conditions au bon fonctionnement des marchés. Une des condition est une bonne information des investisseur. Un risque mal évalué est une mauvaise information. Par conséquent, le prix déterminé par le marché, selon la théorie, ne peux pas être un prix d'équilibre. Notons qu'en s'effondrant, les marchés ont réagi conformément à la théorie.


     Les titres financiers qui sont mis sur le marchés sont notés, par des agences de notation. Les titres sont aussi élaborés par les agences de notations parfois, comme certains CDO. Les agences de notation sont logiquement dans l'œil du cyclone pour leur responsabilité dans la crise. Même si, à mon avis, les réforme à leur sujet tardent un peu.

     En effet, le système financier est malade d'un manque de confiance. La création d'un système permettant de diffuser une bonne information, de déterminer les risques causés par les différents titres financiers, permettrait de relancer le système. Non pas pour mieux évaluer les titres toxiques, dont on ignore parfois ce qu'ils renferment exactement. Mais pour l'émission de nouveaux titres permettant de continuer à financer l'économie.


     Pour se faire une opinion sur le degré de risque des titres mis en vente sur le marché financier, il faut savoir ce qu'il y a derrière ces titres. Plutôt qu'une note, il faudrait que des organismes "certifient" les titres. Comme dans l'exemple que je prenais plus haut, qu'ils certifient que ce sont des titres adossés à des crédits à la consommation accordés à des gens n'ayant eu aucun incident de paiement. Qu'ils certifient que ce sont des prêts immobiliers accordés à des personnes solvables. Les titres sûrs se verraient réclamer un taux d'intérêt bas, et les titres moins sûr un taux d'intérêt plus élevé.


     Ce système serait meilleurs que la simple notation. Il donnerait une information standardisée sur les produits financiers. Alors qu'aujourd'hui, le notation est une boîte noire, à qui il faudrait faire confiance.

     Ensuite, le bon fonctionnement du marché nécessite une bonne information. Ce n'est pas aux agences de notation de décider si un produit est risqué ou non. C'est aux investisseurs de décider du prix qu'ils vont mettre, ici en l'occurrence un taux d'intérêt. Le marché pourra alors déterminer un prix, qui reflétera à la fois l'opinion et les tendances des investisseurs.

     L'opinion, c'est à dire qu'ils jugeront du niveau de risque des produits qui leur sont proposés. Les tendances, c'est à dire que l'on pourra voir si les investisseurs sont dans une période de plus ou moins grande aversion au risque.


     Évidemment, un tel système obligerait les gestionnaire à faire leur boulot, qui est d'évaluer les risques et de définir le taux d'intérêt qu'ils acceptent pour un produit. Jusqu'à présent, ils se reposaient un peu sur les agences de notation. Tout un système doit être remis à plat. Par exemple, certains investisseurs ne doivent investir que dans des produits notés AAA. Ce qui n'est plus possible dans le système que je propose. les critères devraient changer.


     Un des problèmes qui se posent également avec les agences de notation, c'est qu'elles sont choisies et payées par les entreprises qui empruntent, et aussi que parfois elles participent à l'élaboration des produits qu'elles notent, comme pour ces emprunts toxiques, qui contenaient des subprimes.

     Il faudrait distinguer clairement la fonction d'élaboration des titres financiers de celle d'évaluation des risques. Et il faudrait que ce ne soit pas l'entrprise, ou la banque donc, qui émet les titres en question qui choisisse l'organisme évaluateur. Ce pourrait être, par exemple, les gestionnaire du marché sur lequel l'emprunt est effectué. Et l'emprunteur paierait ce gestionnaire, et non l'organisme évaluateur.


     Cependant, il serait injuste de ne critiquer que les agences de notation. Les banques et établissements financiers qui ont participé au jeu sont aussi responsable. En effet, ils savaient que le marché immobilier américain avait beaucoup augmenté, et que, logiquement, le retournement serait sévère.

     De même, ils savaient ce qu'était un prêt subprime. Se sont-ils laissés entraînés? Cette crise met en évidence un problème de contrôle des banques. Il y a globalement un problème de contrôle des sociétés cotés. En particulier des plus grosses. Mais il est particulièrement problématique en ce qui concerne les banques.


     Dans le système capitaliste, une société est possédée par les actionnaires, qui sont donc les maîtres à bord. Ils décident de la nomination des dirigeants, de la stratégie. Ils décident de la composition du conseil d'administration. Ils doivent surveiller le conseil d'administration, ainsi que les dirigeants. Ce sont eux qui auraient pu dire stop aux banques qui prenaient trop de risques.

     Or, il semble qu'aujourd'hui, le pouvoir des actionnaires soit, dans les faits, très restreint. Les conseils d'administration sont des assemblée de cooptés, de personnes qui se connaissent, viennent du même monde et du même moule. Le meilleur exemple de cette dérive, ce sont les parachutes dorés que s'accordent les PDG pour accepter de quitter une entreprise. C'est vraiment une aberration, car un PDG est révocable ad nutum, c'est à dire du jour au lendemain. Ce genre de décision n'est pas apprécié des actionnaires.


     Ce qu'il faudrait, c'est que les conseils d'administration soient plus représentatif de l'actionnariat de la société, en particulier donc pour les banques. Comment faire, puisque le capital est réparti entre une multitude d'actionnaires?

     Dans ce genre de société, où aucun actionnaire ne possède plus de la moitié des actions, la majorité absolue des administrateurs devrait être nommée par des associations d'actionnaires. Ces associations pourrait-être choisies en assemblée générale extraordinaire.

     Les commissaires aux comptes, qui contrôlent les comptes, seraient choisis uniquement par le conseil d'administration, et ne rendraient de compte qu'à lui. Pour les banques, mais aussi pour tous les engagements financiers des entreprises cotées, les risques seraient présentés au conseil d'administration selon la certification que j'ai décrite plus haut.


     Enfin, il y a un troisième groupe de personne qui est en droit de contrôler les risques pris par les banques. Ce sont ceux qui leur confie leur argent. Le plus simple, c'est que l'évaluation des risques pris par les banques soient publiées au moins une fois par an. C'est encore le meilleur moyen de forcer les banques à se justifier.


     Voici la conclusion de cette série d'articles qui font le point sur la crise financière. J'avoue m'être fait plaisir dans ce dernier article, en faisant quelques propositions. Cela ne changera pas la face du monde, mais je profite d'internet pour livrer mes réflexion à qui veut bien les lire.

     Ces propositions n'ont d'ailleurs rien de révolutionnaire. Il s'agit juste d'appliquer les règles de l'économie de marché. Les entreprises, et donc les banques, sont normalement contrôlées par leurs actionnaires. Et une bonne information est nécessaire pour que les marchés fonctionnent correctement.


     Pour finir, il faut noter que la meilleur réglementation du monde ne protégera pas des erreurs des politiques économiques, des politiques monétaires, et du comportement de toute une profession. Tout le monde savait qu'il y avait un emballement du crédit aux Etats-Unis. Tout le monde savait pour les subprime, dans le monde financier je veux dire.

     Le gouvernement américain encourageait ce phénomène, car il soutenait l'économie. La Fed a adoubé cette politique en ne faisant rien pour ralentir l'emballement du crédit. Et les banquiers ont foncé, rassuré. En oubliant les règles fondamentales de l'économie de marché. Tous étaient persuadés que l'on pouvait contrôler l'économie d'une manière très simple: il suffisait que la Fed baisse ses taux d'intérêt pour relancer la croissance. Malheureusement, ce n'est pas si simple.


(Sommaire de la série d'article Le point sur la crise financière.

Le point sur la crise financière: première partie. : Résumé du mécanisme de la crise.

Le point sur la crise financière: deuxième partie. : Les mesures mises en œuvre contre la crise financière.

Le point sur la crise financière: troisième partie. : Commentaires sur les mesures mises en œuvre et suggestions.

Le point sur la crise financière: quatrième partie. :  Les propositions pour éviter une crise du même genre à l'avenir.)

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Loi Tepa, pétition contre les heures supplémentaires

14 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

 
Loi TEPA, pétition contre les heures supplémentaires, réduction du temps de travail.

     Une pétition vient d'être lancée contre la défiscalitation des heures supplémentaires, une des disposition de la loi dite TEPA. Cette défiscalisation est considérée comme favorisant l'augmentation du chômage. Cette pétition est surprenante. A la fois, en raison des effets de la politique de lutte contre le chômage par la réduction du temps de travail, et à la fois en raison de l'objet de cette pétition.


     La réduction du temps de travail est une politique constante de la France depuis les années 1970, pour lutter contre le chômage. Elle a pris la forme des préretraites. Il s'agit là de réduire le temps de vie active, c'est à dire le temps de travail au cours de la vie.

     Il y a eu, dans la même optique, la retraite à 60 ans. Il y eu les mesures de réduction du temps de travail au cours de la vie active: cinquième semaine de congés payés, trente neuf heures puis trente cinq heures.


     Ces politiques suivent l'idée selon laquelle la population active est trop nombreuse en France, ce qui serait la cause du chômage. Il faut par conséquent réduire la population active, ou réduire son temps d'activité.

     C'est un peu la même idée qui guide les politiques d'emplois financés par l'Etat, comme les emplois jeunes , les TUC et leurs avatars: puisque la population active est trop nombreuse, il faut l'occuper en créant de toutes pièce des occupations payées.


     Les résultats de cette politique, menée avec constance depuis les années 1970, quels que soient les gouvernements au pouvoir, n'ont pas été probants. La France a toujours eu un des taux de chômage les plus élevés des pays développés.


     Bien sûr, des statistiques sont publiées pour démontrer les créations d'emplois permises par les trente cinq heures. Mais ces statistiques sont un construit. On part de l'idée que les trente cinq heures doivent créer de l'emploi, et on construit ces statistiques en fonction du résultat attendu.

     Ainsi ces statistiques mélangent les emplois créés et sauvés par les trente cinq heures. Quelqu'un qui serait opposé à cette politique pourrait tout aussi bien faire des statistiques sur les emplois détruits par les trente cinq heures. Ou sur la perte de croissance due au trente cinq heures. Il suffit de modifier les statistiques en fonction de la théories que l'on défend.

     Les seules statistiques valables sont l'évolution du chômage au cours des années, sur le long terme. On ne constate pas d'effet réduction du temps de travail. Le taux de chômage apparaît plus corrélé à la croissance, elle même assez bien corrélée à la croissance mondiale.


     Par ailleurs, cette politique de réduction du temps de travail a eu quelques dommages qu'on pourrait appeler collatéraux sur le plan social. Ainsi, les mesures prises pour écarter du marché du travail les plus de cinquante ans sont entrées dans les mœurs, en quelque sorte. Cette catégorie d'âge est souvent dispensée de recherche d'emploi. Il a fallu créer une loi pour augmenter le coût du licenciement des plus de cinquante ans, alors qu'on avait encouragé leur sortie du monde du travail. Et on est bien embêté pour encourager le travail des séniors aujourd'hui.

     Il faut dire que le système des préretraites arrangeait les entreprises à plus d'un titre. Il leur permettait de dégraisser à bon compte. Et, c'était les plus gros salaires, en raison de leur ancienneté, qui partaient.


     Les trente cinq heures ont également eu des conséquences sociales non négligeables. Cette politique a en effet eu comme contrepartie la modération salariale. Elle a été préparée et mise en œuvre dans les années 1998-2000, justement à une période ou des augmentations de salaires un peu plus importante que le simple alignement sur l'inflation étaient possible. Ce sont les périodes de pics de croissance, qui arrivent occasionnellement.

     Au lieu de profiter de cette période, la france a, en quelque sorte, passé son tour. Alors même que la réduction du temps de travail n'était pas une priorité de la population, au contraire de l'augmentation du pouvoir d'achat.


     Les trente cinq heures ont d'abord provoqué une intensification du travail. Il fallait faire autant qu'en trente neuf heures. Des accords ont été passés, et certains temps de pauses étaient sortis du temps de travail. La flexibilité était aussi une contrepartie des trente cinq heures, toujours pour gagner en productivité ce qui était gagné en perte de temps de travail. Ce qui signifie notamment que des ouvriers ne peuvent pas choisir leurs jours de RTT. Ils ne peuvent pas les utiliser pour garder les enfants le mercredi, par exemple.


     La conséquence a été, entre autre, que les trente cinq heures ont plus profité aux cadres, c'est à dire à la catégorie la plus favorisée des salariés, plutôt que les catégories les moins favorisées.

     En effet, les cadres ont pu bénéficier de jour de repos supplémentaires, sans baisse de leurs salaires déjà élevés. Leurs travail était plus intensif, mais ils ont pu bénéficier de plus de repos. Sans compter que, de toutes façons, la rémunération des cadres dépend beaucoup moins du temps de travail que celle des salariés ordinaires. Elle est en effet plus souvent individualisée. Elle dépend plus des objectifs individuels.

     Les cadres étaient ceux pour lesquels une hausse généralisée des salaires était la moins probable. Il n'en attendait pas. Par contre, les jours de repos supplémentaires ont été une bonne surprise. Quand on gagne bien sa vie, la priorité va plus aux loisirs qu'à une augmentation de salaire.


     Par contre, quand on gagne moins bien sa vie, la priorité est inverse. On aimerait plus de loisirs, mais, de toutes façons, pour se les payer, il faut plus de pouvoir d'achat. Ces catégories de poulations auraient préféré une augmentation de salaore. Elles ont eu au contraire une modération des salaires, alors qu'elles devaient supporter plus de flexibilité et une intensification du travail pour compenser la baisse du temps de travail.


     De nombreux sondages ont été effectués pour savoir si les français approuvaient les trente cinq heures. Souvent, il y a une courte majorité de réponses favorables, ce qui déjà est contradictoire avec la présentation qui en est faite comme d'une avancée sociale voulue par la population.

     Mais, souvent aussi, les opinions défavorables sont émises par les salariés les moins favorisés. On peut aussi souligner qu'une partie de ces salariés ont été sensibles au discours électoral de Nicolas Sarkozy à la présidentielle, qui promettait de "travailler plus pour gagner plus". de même, ils avaient refusé auparavant d'élire Martine Aubry à l'Assemblée Nationale, quand elle était encore identifiée comme la ministre des trente cinq heures. Le PS s'est aliéné les salariés les moins favorisés avec les trente cinq heures.


     Ceux qui soutiennent les trente cinq heures peuvent considérer avoir fait le bien des salariés malgré eux. Mais fait-on vraiment du bien aux gens malgré eux. Par ailleurs, même si on considère que les trente cinq heures ont créé des emplois, est-ce que c'est vraiment une bonne politique, économiquement et socialement, de créer des emplois en bridant ou en diminuant le pouvoir d'achat des salariés les moins favorisés? Le progrès social n'est-il pas d'augmenter le pouvoir d'achat des plus défavorisés?

     Les trente cinq heures ne sont pas non plus étrangères aux revendications contre la vie chère et pour le pouvoir d'achat qui se sont développées depuis quelques années. On a fait le choix de la modération salariale à un moment où les salaires pouvaient être augmenter. Une occasion qui ne se présente pas tous les ans. Les conséquences s'étalent elles sur plusieurs années.


     Certains des promoteurs de la réduction du temps de travail ont aussi une attitude contradictoire, comme les syndicats par exemple. Ils défendent une augmentation des bas salaires, en disant que ce serait bénéfiques pour l'économie.

     L'idée est qu'une augmentation des bas salaires est plus susceptible d'être dépensée, tandis que ceux qui ont un samaire plus élevé sont plus susceptibles d'épargner cette augmentation. De plus, l'élévation des revenus entraîne une modification de la structure de la consommation: plus on gagne, plus on peut consommer de services.


     Si on suit ce raisonnement, les trente cinq heures ont réduit la croissance de l'économie et la créations d'emploi, puisqu'elles ont entraîné la modération salariale. On voit à nouveau que les statistiques qui cherchent à mesurer les créations d'emplois provoquées par les trente cinq heures sont un construit qui dépend beaucoup de l'opinion de ceux qui élaborent le modèle statistique.

     Si on intègre l'idée qu'une hausse substantielle des bas salaires crée de la croissance et de l'emploi, on devrait estimer le nombre d'emplois que les trente cinq heures ont empêché de créer, en ralentissant la croissance.


     Les lignes qui précèdent montrent que les politiques de réduction du temps de travail n'ont pas obtenu de résultats probants. Ce qui a fait diminuer leurs adeptes, et rend surprenant cette pétition contre la défiscalisation des heures supplémentaires prévue par la loi TEPA.

     Mais, même si on est favorable à la réduction du temps de travail, cette pétition est surprenante. En effet, je n'ai jamais lu d'article disant que cette loi avait eu beaucoup d'effet sur les heures supplémentaires, sauf ceux reprenant la communication du gouvernement, ce qui est normal puisqu'un gouvernement défend généralement ses lois.

     De plus, il est très compliqué d'estimer les effets d'aubaines avec cette loi. C'est à dire que sans cette loi, les entreprises auraient peut-être eu recours tout autant aux heures supplémentaires, sans embaucher de personnel à temps plein en CDI, donc sans diminuer le nombre de chômeurs.

     D'autant plus que nous sommes dans une période de grande incertitude économique, alors que les entreprises resserrent les boulons, retardent les investissements, et ne font plus de prévisions, les embauchent subissent le même phénomène. Une entreprise qui le peut sera certainement plus tenté de recourir aux heures supplémentaires dans un tel contexte en cas de pic d'activité que d'embaucher et de former quelqu'un.


     Par conséquent, une pétition contre cette disposition de la loi TEPA semble bien disproportionnée. Au lieu de constituer une critique, cette disposition tend même plutôt à défendre les heures supplémentaires défiscalisées.

     En effet, elle accrédite l'idée que cette loi fonctionne, permet à des salariés de gagner plus, donc de consommer plus, et qu'elle soutient la croissance et par conséquence l'emploi, un emploi durable et non aidé. Cette pétition défend complètement le raisonnement du gouvernement, alors même qu'aucun économiste ne prête à cette loi de grands effets.


     Cette pétition, publiée dans un magazine, souligne la pauvreté du débat économique actuel. Aujourd'hui, il faut être pour ou contre le capitalisme, et pour ou contre le gouvernement. Il faut avoir une posture idéologique, des idées simplistes. Nous sommes au cœur d'une importante crise financière, mais les débats ne s'élèvent pas. Il faut dire que la crise est causée par la course au profit, l'ultralibéralisme.

     La politique de régulation par les taux d'intérêt menée par les banques centrales, avant la crise, la banques centrale américaine notamment, et encensée à l'époque par tous les commentateurs? On n'en parle même pas. Elle a pourtant une grande responsabilité dans la crise actuelle. On évoque à peine la responsabilité de Greespan.

     On nous balance la nécessité d'une politique de relance, sans s'interroger sur les raisons qui nous ont fait abandonner cette politique dans les années 70. Ce serait utile, pourtant. Peut-on être crédible en lançant une politique, qui a été abandonnée après beaucoup de tentative de relance, sans s'expliquer sur ces échecs?

     On ne souligne même pas le fait que l'encouragement de la consommation à crédit aux USA était une politique de relance. Il y a très peu d'analyse, finalement, dans la presse, très peu de questionnement, sauf exception.

     Or, le questionnement est indispensable à la réflexion. Il faut toujours mettre ses idées à l'épreuve, et savoir évoluer en fonction de ce que nous apprend la réalité. Celle-ci est moins simpliste que les pseudo théories économique véhiculées par la plupart des médias. Le keynésianisme, le libéralisme, sont l'objet de nombreux débats internes.

     D'ailleurs, présenter les politiques keynésiennes en opposition au libéralisme est une aberration: Keynes était libéral. Quant à faire parler Keynes sur la crise actuelle, comme j'ai pu le voir une fois, c'est quasiment offenser l'économiste. Qu'on soit d'accord ou non avec lui, on se doit de reconnaître sa subtilité et son indépendance d'esprit, et accepter l'idée que nul ne sait vers quelle voie il aurait orienté ses théories.


     On souligne souvent le manque de culture économique des français. Selon moi, les français connaissent mieux l'économie que les américains. Mais, c'est sûr, ils ne sont pas aidés dans la recherche de l'information. Les économistes médiatisés adoptent des idées simplistes, et il y a bien peu de véritables articles d'analyse, d'explication, de débats dans les médias.


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Les médias et la crise , ou les excès de la médiatisation.

2 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

 

     Ceci est un billet d'humeur contre le traitement de la crise par les médias. Le propos est sans doute excessif, comme à chaque fois qu'on se laisse porter par son humeur. Mais cela fait du bien de s'exprimer parfois.


     On a vu ça et là des sondages indiquant que le moral des entreprises est au plus bas depuis des années, ou même, depuis l'invention de ce type de sondage. Comment pourrait-il en être autrement? On nous assène partout que c'est la pire crise depuis celle de 1929. Et tout le monde renchérit pour affoler les foules: les politiques, pour vendre leurs plans de relance, la presse, qui se fait l'écho des politiques. Les politiques, qui auraient pu se faire rassurant et montrer qu'ils géraient calmement la situation, mettent au contraire l'accent sur le catastrophisme, puis dégaine une loi, spectaculaire, pour montrer qu'ils agissent. Et les médias amplifient le spectacle.


     Il y a également très peu de débats dans les médias. Ainsi, tout le monde réclame la relance. Pas d'interrogation sur les raisons pour lesquelles ces politiques ont été abandonnées dans les années 1970. Pourtant, pour une presse en difficulté, ce serait l'occasion de montrer son utilité, en faisant un dossier historique, en faisant une série de reportages sur les relances de par le monde depuis les années 1930. Il y a beaucoup de sujets, et aucun frais quasiment. Inutile en effet de quitter la rédaction.


     Trouver l'information est ainsi très difficile. J'ai été surpris des difficultés à trouver les quelques détails que j'ai mentionnés sur le plan de relance américain. Alors, ne parlons pas de l'historique des relances. Les statistiques que l'on trouvent dans les médias remontent rarement à plus de cinq ans. Alors qu'en termes d'évolutions économiques, ou même démographiques et sociales, vingt ans est un minimum pour être significatif.


     L'économie est présentée de façon très simpliste. Pour ou contre la relance. Pour ou contre les réduction d'impôt. Pour ou contre les charges sociales. Pour ou contre l'état. On parle d'ultralibéralisme, ce qui n'existe pas en économie (ceux qui ne veulent aucune réglementation sont des théoriciens libertaires). On présente presque Keynes comme un antilibéral, alors qu'il était libéral. Et spéculateur, en plus. Les économistes devraient peut-être aussi s'interroger sur la façon dont ils présentent l'économie. Il faudrait peut-être la rendre plus accessible, pour ne pas laisser la voie au simplisme. Ou s'interroger: est-ce que les théories sont trop simplistes? Ou trop ésotériques?


     Bien sûr, nous sommes à l'ère d'internet, l'information est partout sur le réseau des réseaux. Mais il faut chercher. Beaucoup. Lire l'anglais aussi. Des gens avec un travail, des enfants, n'ont pas le temps de faire tout ce travail. A moins d'y consacrer tous leurs loisirs, et encore. On a besoin de journaux, papier, TV, radio, et internet, pour donner des infos claires, expliquer les débats clairement et simplement.


     Je le répète, ceci est un billet d'humeur. Le propos est peut-être exagéré. C'est le sentiment que j'ai sur la difficulté à trouver une bonne information, et sur la quasi absence de débat clair et dépourvus d'idéologie, en économie.

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Le plan de relance américain

1 Mars 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

 

     Voici à peu près à quoi ressemble le plan de relance voté par le Congrès américain, qui résulte donc d'un compromis entre les volontés du président Barack Obama, celles du Sénat, où la majorité démocrate est faible, et celles de la Chambre des représentant, à forte majorité démocrate, tout en sachant que les élus, aux Etats-Unis, sont très indépendants dans leurs votes. Toute loi résulte d'un compromis.


     Les chiffres fournis sont approximatifs. Tout dépend de la manière sont présentés les projets. Les articles que l'on trouve sur le net se focalisant sur un thème uniquement, ou étant trop globaux pour avoir une idée précise. Mais j'ai presque retrouvé les 787 milliards de dollars annoncés pour cette loi de stimulation, comme elle est appelée aux Etats-Unis.


Ce plan comprend donc:


- 286 milliards d'allègements fiscaux. Dont 115 milliards d'allègements immédiats envers les salariés. 95% des ménages devraient en profiter selon les promoteurs de la loi. Il y a aussi des allègements fiscaux en faveur des entreprises, et des crédits d'impôts, notamment en faveur des énergies renouvelables.


- 141 milliards dans le domaine de la santé. Essentiellement en faveur du programme Medicaid, qui est un programme de financement de soins. Sur ces 141 milliards, 19 seront consacrés à l'aide au développement d'emplois de nouvelles technologies dans la santé. Je ne sais pas ce que cela recouvre.


- 115 milliards dans le domaine de l'éducation au sens large. Ce montant comprend des aides pour les Etats (n'oublions pas que les Etats-Unis sont une fédérations d'Etats, qui ont des prérogatives importantes, notamment en matière d'éducation), en difficultés à cause de la crise, pour éviter qu'ils ne diminuent les dépenses d'éducation. Il comprend un fonds dans lequel les Etats pourront puiser pour moderniser des écoles existantes. Une partie de l'argent ira au programme, déjà existant, No Child Left Behind, en faveur de la scolarisation des enfants défavorisés. Enfin, une partie de l'argent est destiné à des bourses scolaires.


- 87 milliards dans des projets d'infrastructures et de logement social. Cela concerne le réseau électrique, des lognes de trains à grandes vitesse, la rénovation des routes et des ponts, des investissements dans les autoroutes.


- 81 milliards pour l'aide aux chômeurs, et aux retraités, et aux familles en difficultés.


- 50 milliards pour endiguer les expulsions.


     On arrive là à 770 milliards. Ajoutons quelques milliards à des agences scientifiques, comme la NASA, et on approche le bon compte. Mais on a là l'architecture globale de cette loi de stimulation de l'économie. Quelques commentaires maintenant.


     D'abord, d'un point de vue keynésien, ce n'est pas un très bon plan de relance. En effet, selon le keynésianisme, un plan de relance est plus efficace quand il s'agit d'un plan d'investissement. Selon la théorie keynésienne, l'effet multiplicateur est nettement plus élevé dans une relance par l'investissement que par la consommation.

     L'effet multiplicateur est en quelque sorte l'effet d'entraînement que le plan doit donner à l'économie. Or, la proportion de telles dépenses est proportionnellement faible dans l'ensemble du plan. Il s'agit des 87 milliards en faveur des infrastructures et du logement, et, parmi les dépenses consacrées à l'éducation, un fonds de 54 milliards pour rénover des écoles existantes.

     Il y a, il les vrai, aussi les crédits d'impôt, dont une part est consacrée à favoriser les économies d'énergie et les énergies renouvelables. J'ai vu le chiffre de 42 milliards de dollars pour ce poste, se répartissant en crédit d'impôts pour les ménages propriétaires, et des financements accordés aux entreprises concernées, comme les fabricants d'éoliennes, de batteries de la prochaine génération. L'énergie solaire est mise à l'honneur aussi. Il n'en reste pas moins que le principal poste concerne des réductions d'impôts.


     Ces réductions d'impôts soulèvent des questions, toujours d'un point de vue keynésien. En effet, elles doivent toucher 95% de ceux qui paient des impôts. Or, selon les partisans des plans de relance par la consommation, les populations qui doivent-être visées par des mesures de relance par la consommation sont les moins favorisées.

     En effet, ce sont celles qui sont le plus susceptibles de dépenser l'argent reçu. Tandis qies les autres sont plus susceptibles de l'épargner. Mais, cette baisse des impôts pour 95% des contribuables était une promesse électorale. A ce titre, les dépenses en faveur des allocations chômage sont plus pertinentes.


     Certaines dépenses n'ont rien à voir avec un plan de relance. Parmi les dépenses de santé, 87 milliards sont consacrés à Medicaid, le programme d'aide médicale. Ce sont plutôt des dépenses d'urgence pour aider le système de santé.


     D'autres dépenses sont aussi des dépenses d'urgence, même si elles s'apparentent également en partie à des mesures de soutien de l'économie. Je pense aux fonds débloqués compenser dans le domaine de l'éducation les effets la baisse des recettes fiscales des Etats.


     On peut noter également que ce plan est très "américain". Il met l'accent sur les allègements fiscaux, car il faut privilégier l'initiative individuelle. Ces allègements représentent plus du tiers du plan. Il est saupoudré d'investissements dans les sciences et nouvelles technologies, parce que c'est dans l'innovation et le renouvellement économique que se trouve la croissance.

     Les américains n'ayant pas besoin de favoriser sur ce point leur système de laboratoires de recherche ou de capital développement, celui-ci étant déjà très développé.

     Enfin, l'investissement dans les énergies renouvelables est présenté comme nécessaire à l'indépendance énergétique du pays. On fait appel à l'esprit patriotique. Même si une petite taxe sur l'énergie aurait été sans doute plus efficace, comme l'a montré la hausse des prix du pétrole. Mais, cela aurait été moins populaire.


     Des questions se posent sur la pérennité des mesures prises, comme la baisse des impôts, l'augmentation des allocations chômage. Des mesures ponctuelles de baisse des impôts ont déjà été prises par le président George W. Bush. Les sommes ainsi débloquées ont été en partie épargnées, en partie dépensées. Ces dépenses ont soutenu la consommation mais ce soufflé est vite retombé.

     Or, la politique de Barack Obama n'est pas claire. Il prévoit ainsi de diminuer le déficit budgétaire à l'avenir. En taillant dans les dépenses. Deux questions se posent. Des coupes dans les dépenses suffiront-elles à diminuer le déficit, ou faudra-t-il augmenter les impôts?

     De plus, des coupes dans les dépenses, ne vont-elles pas à l'encontre de la relance. Par exemple, les dépenses de Défense sont traditionnellement des mesures de soutien à l'économie américaine. c'est ainsi que Ronald Reagan à soutenu l'économie. Mais les restructurations engagées après la baisse de ces dépenses, sous George Bush senior, ont entraîné un ralentissement de l'économie.

     Barack Obama prévoit bien d'augmenter les impôts pour les plus riches, mais pour créer un système de remboursement des soins pour ceux ne disposant pas de mutuelles et n'ayant pas accès aux programmes Medicaid et Medicare. La politique de Barack Obama manque de visibilité. Pour l'instant, il gère au jour le jour. Tout le monde voulait un plan de relance, alors il en a bricolé un.


     Certains veulent faire des comparaisons avec le plan de relance français. Cela ne me semble pas pertinent. Concernant les dépenses en faveur des chômeurs, du logement social, de la santé, de l'éducation, le gouvernement français intervient déjà beaucoup plus que le gouvernement fédéral américain. On peut discuter de l'efficacité de ces dépenses, mais c'est un autre débat. De même pour les dépenses d'infrastructures.

     Les impôts ne sont payés que par la moitié de la population en France, et toutes les tranches d'impostion ont bénéficié des baisses d'impôt sous la présidence de Jacques Chirac. Même si, quand on paie des impôts, on a toujours l'impression d'en payer trop. Je suis comme tout le monde sur ce point.

     Pour les crédits d'impôt, aux entreprises où aux particuliers, et en faveur de l'environnement, là encore ce genre de dispositif existe en France.


     Enfin, ce plan de "stimulation" est le plus médiatisé, mais il n'est pas le seul. Le gouvernement américain est conscient que la sortie de la crise dépend de la remise en état du système financier.

     Ainsi, il y a eu le plan Paulson, sous la précédente administration, de 700 milliards de dollars environ si je me souviens bien. Il devait servir à racheter les actifs dits toxiques des banques. Il a en fait servi à la recapitalisation de ces banques, ainsi qu'au renflouement de General Motors et Chrysler.

     Il y a les liquidités, les prêts aux banques hypothécaires, déversés par la Fed, la banque centrale américaine. Il y a le plan esquissé par Timothy Geithner, de la nouvelle administration Obama. Ce plan consacre 500 milliards de dollars aux rachats des actifs toxiques des banques, plan pour lequel le président Barack Obama a réclamé 250 milliards de plus au Congrès.

     Plan qui veut associer des fonds privés au rachat de ces actifs toxiques, ce qui fait son originalité par rapport au plan Paulson. Mais qui reste imprécis car il se heurte à la même difficulté que ce plan Paulson: à quel prix racheter ces actifs toxiques, qui ont la particularité de n'avoir aucun prix de marché, car personne ne sait comment les évaluer. (cf
Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés)


(NB: le plan de relance français est commenté dans ce blog dans l'article Le plan de relance français . Quant à mes commentaires sur les plans de relance en général, cf La relance de l'économie , Réflexions sur la relance, l'interventionnisme et le retour de l'Etat dans l'économie. )


 

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Crise financière: qui est responsable?

21 Février 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

Préambule

Les explications sur le mécanisme de la crise des subprimes sont reprise du précédent article Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés , tandis que celui intitulé Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire)  pourra être lu pour mieux comprendre le fonctionnement des banques et leurs besoins de refinancement, ainsi que leur rôle dans l'économie.


     Aujourd'hui, en raison de la crise, les banquiers, les traders, les hedge funds, l'innovation financière sont en accusation. La réglementation est en accusation également. Les financiers et la réglementation sont accusés d'être responsables de cette crise, considérée comme la plus grave depuis celle de 1929. Il faut des responsables. Je me propose ici de jouer à ce petit jeu: trouver les responsables de la crise.


     Tout d'abord, rappelons le mécanisme de la crise financière. Elle a été provoquée par la chute du marché immobilier aux Etats-Unis. Les prix de l'immobilier ont augmenté considérablement aux Etats-Unis. Les prix étaient tirés à la hausse par la forte demande.

     Toute une catégorie de la population peu aisée a pu accéder à la propriété, participant à cette forte demande. Cette population bénéficiaient des prêts dits subprimes. Ces prêts proposent, par exemple, des remboursements très faibles les deux premières années, puis qui augmentent considérablement.


     Pourquoi les banques prêtaient-elles à une population a priori risquées sur le plan de la solvabilité? parce que le prêt était garanti par la maison achetée ou construite. Comme les prix de l'immobilier augmentaient, ces prêts paraissaient sans risque. En effet, si les emprunteurs ne pouvaient pas payer, les traites, les banques se remboursaient en vendant la maison. Les emprunteurs pouvaient eux-mêmes vendre la maison.


     Pour se financer, les banques revendent, en quelque sorte, les prêts sur le marché financier. C'est le principe de la titrisation. Les prêts sont découpés en titres, qui sont vendus comme on vend des actions ou des obligations (les articles cités en préambule expliquent plus en détail ce mécanisme). Ces titres étaient achetés par différents acteurs financiers, dont des fonds de placements, et d'autres banques.


     On était donc dans un système ou les facilités de crédits nourrissaient la demande de l'immobilier, et partant l'augmentation des prix.


     Mais, selon l'adage, les prix ne montent pas jusqu'au ciel. Les prix de l'immobilier avaient considérablement augmenté, ils ont considérablement chuté. La machinerie des prêts s'est enrayée. Une part importante des nouveaux accédants à la propriété, peu solvable, ne peuvent plus rembourser les prêts subprimes.

     Les banques ne peuvent pas récupérer leurs prêts en vendant les maisons, car la valeur de celles-ci a chuté, et et devenue inférieure au montant du prêt. Ce qui crée des pertes pour ces banques. Les titres vendus sur les marchés financiers voient leur valeur baisser. Ce qui crée des pertes pour les établissements financiers qui les ont achetés. Ce qui a créé la crise des subprimes, et un blocage des marchés financiers (cf les articles cités en préambule).


     D'autre part, aux Etats-Unis, l'augmentation de l'immobilier permettait aux gens d'obtenir de nouveaux prêt. Par exemple, quelqu'un a acheté une maison 150 000 $. Il a contracté un prêt hypothécaire pour ce montant. Deux ans plus tard, la valeur de sa maison a doublé ( ce qui est à peine exagéré). Il peut à nouveau emprunter, en augmentant l'hypothèque sur sa maison. Ce qui nourrissait la demande, et la croissance américaine.

     De plus, même en dehors de ce genre de prêt hypothécaire, le crédit était accordé assez facilement aux Etats-Unis. Et les taux d'intérêt bas. Les ménages ont fini par atteindre leur limite de remboursement. Ce qui provoque une augmentation du risque d'impayé pour les banques, donc des provisions supplémentaires, donc des petres supplémentaires.


     Les difficultés des banques, les problèmes de remboursement des américain, tout cela entraîne un resserrement des conditions de crédits aux Etats-Unis, donc une baisse de la consommation aux Etats-Unis.


      Les problèmes des banques, les inquiétudes concernant l'économie ont entraîné la chute des bourses. Et donc d'autres pertes pour les établissements financiers. Sans compter que les sociétés ont elles aussi profité du crédit. Les taux d'intérêts étaient bas. Les sociétés ont donc emprunté pour racheter leurs actions. Ce qui était une mesure d'optimisation de leur structure financière. Aujourd'hui, elles peuvent avoir des difficultés à se financer.


     Au cœur de la crise, on a donc toujours le crédit. Une hausse du crédit qui fait augmenter les prix de l'immobilier, ainsi que la consommation. Le crédit n'est pas en soi un problème. Il est nécessaire à l'économie. Mais, trop de crédit, cela s'appelle de l'inflation. En effet, le crédit, c'est de la création de monnaie (cf l'article Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) .

     Quand il y a trop de création monétaire, on parle d'inflation. C'est cette création monétaire excessive qui fait augmenter les prix. Il y a plus d'argent disponible. Les gens ont plus d'argent à leur disposition. Donc les prix augmentent. C'est ce qui s'est passé dans l'immobilier.

     Dans la finance, aussi, avec ce qu'on appelle l'effet de levier. Le levier, c'est le crédit. Des fonds rachètent des entreprises en empruntant de l'argent, à crédit donc. Ils la revendent trois à cinq ans plus tard, à un pris plus élevé, à un autre fonds qui la rachète lui aussi grâce au crédit. Et ainsi de suite. Le prix de l'entreprise, actif financier, augmente à cause d u crédit. c'est de l'inflation.


     Dans cette explication, on peut objecter que les prix à la consommation n'ont pas augmenté. Que cette inflation de crédit n'a pas provoqué une inflation des prix, et que ce n'est pas une inflation au sens économique du terme, c'est à dire une augmentation trop importante de la masse monétaire, qui provoque une augmentation des prix, et, en fait, une diminution de la valeur de la monnaie. En gros, ce ne sont pas les prix qui augmentent, c'est la valeur de la monnaie qui diminue.


     Pourtant, cette inflation s'est peut-être produite, en fait. D'abord, en Chine. Ce pays connaissait une inflation, ce qui paraissait normal dans un pays en forte croissance. Maintenant que les débouchés fournis par le marché américain aux produits chinois se sont réduits, l'inflation a considérablement diminué en Chine. La croissance mondiale provoquée par la croissance américaine a aussi causé une hausse des matières premières, dont le pétrole. Cette hausse qui a ensuite provoqué une inflation des prix à la consommation aux Etats-Unis, et en Europe.


     Je reconnais que cette idée d'une inflation mondiale causée par l'expansion du crédit aux USA est une idée personnelle. Les conséquences d'une telle expansion monétaire dans une économie mondialisée sont à étudier. Cependant, que l'on adhère ou non à cette dernière hypothèse, la cause de la crise reste la même: une expansion inconsidérée du crédit.


     Qui est responsable de cette expansion inconsidérée? Peut-on accuser la sophistication financière? Pas vraiment. Certes, des titres particuliers ont été mis sur le marché. Ces titres qui sont dits aujourd'hui toxiques. Les banques ont en quelque sorte mélangé les prêts "normaux" et les prêts "subprimes", plus risqués. Et elles ont vendu sur le marché financier des titres qui représentent à la fois les prêts "subprimes" et des prêts "normaux".

     La partie subprime de ces titres financiers étaient "garanties" par un montage, sur un autre marché financier. Cela permettait de revendre plus facilement ces titres sur les marchés financiers. Ces titres étaient vendus comme des titres de prêts normaux, ils n'étaient pas considérés comme plus risqués.

     Aujourd'hui, ils sont dits toxiques, car il est difficile d'évaluer quelle part de mauvais prêts ils représentent. Comme on ne peut pas leur donner un prix, les banques qui en ont acheté ne peuvent pas les revendre. (Cf l'article Crise financière et régulation des marchés.)


     Cependant, ceux qui achetaient des titres de ce genre, savaient qu'ils achetaient des parts de prêts immobilier. Des prêts accordés pour des maison dont le prix avait considérablement augmenté déjà. Le niveau des prix était si élevé que le moment du retournement du marché était de plus en plus probable. Ce qui signifiait que même des prêts dits "normaux" étaient de plus en plus risqués, puisqu'ils étaient gagés sur la valeur de l'immobilier.

     De même que ceux qui investissaient dans les produits financiers sophistiqués qui garantissaient les prêts subprimes. D'ailleurs, l'Espagne est victime d'une crise immobilière également, sans produits subprimes. Là aussi on a accordé des prêts à gogo, les taux d'intérêts étant bas, comparé à l'augmentation des prix.


     Est-ce que les banquiers sont responsables, d'avoir accordé des prêts inconsidérément? On peut leur reprocher d'avoir manqué de bon sens, de réflexion. Il est vrai qu'ils ont ouvert de manière démesurée les vannes du crédit, en prenant pour garantie, quand ils en prenaient, la croissance des prix de l'immobilier. Ou simplement en faisant confiance à la croissance de l'économie. Alors même que les prix de l'immobilier finissent toujours par baisser, et la croissance elle même est fluctuante.


     Les investisseurs sur les marché financiers peuvent aussi être considérés comme fautifs, pour avoir investi inconsidérément dans des produits financiers adossés au marché immobilier américain, ou parfois sans trop savoir dans quoi ils investissaient, sur les simples recommandations de leurs conseillers.


     Enfin, les agences de notations peuvent également être montrées du doigt. En effet, elles attribuent une note aux produits qui sont proposés sur les marchés financiers. Les produits adossés à l'immobilier américain bénéficiaient d'une bonne note, qui signifiait qu'ils étaient des placement dans risque. Même les produits contenant des subprimes, du fait du montage financier qui garantissait la partie subprime.

     Sans ces bonnes notations, les banques n'auraient pas pu placer ces produits financiers aussi facilement sur les marché financiers, et les investisseurs ne les auraient pas achetés. Il faut aussi indiquer que les agences de notation participaient à l'élaboration des produits financiers qu"elles notaient, ce qui est un peu être juge et partie.


      On se dit après coup que tout ce petit monde de la finance aurait bien besoin d'être surveillé. Pourtant, il était surveillé. Il y a différents organismes aux Etats-Unis qui surveillent les marchés et les banques. Surtout, ce processus d'augmentation des prix de l'immobilier alimentée par le crédit se faisait au vu et au su de tous. Ce n'était pas un processus caché.

     De même, le fait que l'augmentation des prix de l'immobilier nourrissait le crédit à la consommation était aussi un phénomène parfaitement visible et reconnu, qui n'a pas été découvert après la crise. On parlait de l'effet richesse: l'augmentation de la valeur du patrimoine immobilier des ménages leur donnait du pouvoir d'achat.


     L'augmentation des prix de l'immobilier à cause du crédit, en économie, cela porte un nom: l'inflation. Même si cette inflation n'est pas prise en compte dans l'indice des prix censé la mesurer.

     De même, une économie qui est en croissance grâce une consommation des ménages alimentée par le crédit, ce n'est pas de bon augure. Normalement, cela provoque l'augmentation des prix. Cela ne s'est pas produit car beaucoup de biens étaient importés, et aussi parce que certains produits provenaient de secteur où les capacités de production étaient trop importantes. Je pense là à l'industrie automobile américaine, qui vendaient ses produits grâce aux promotions et au crédit facile.

     Ce phénomène de croissance alimentée par le crédit ou l'effet richesse aurait dû susciter des inquiétudes. En effet, qu'est-ce c'est que le crédit? C'est de la création monétaire (cf l'article sur Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) , qui explique le mécanisme de la création monétaire). Selon toutes les théories économiques, une croissance alimentée par la création monétaire crée de l'inflation. Le contexte de mondialisation évitait cette inflation. Mais, comme je l'écris plus haut, elle a fini par arriver, de manière indirecte.


     On peut ajouter à ce tableau les opérations à effet de levier. Des fonds financiers s'endettaient pour racheter une entreprise. Puis, au bout de trois à cinq, l'entreprise était revendue, avec une plus value, à un autre fonds, qui s'endettait à son tour pour ce rachat. Là aussi, c'était de l'inflation.


     Or, l'inflation, la création monétaire, sont surveillés par les banques centrales, c'est à dire la Réserve Fédérale aux Etats-Unis, présidée à l'époque par le célèbre Alan Greenspan. A aucun moment la Réserve Fédérale n'a considérée comme inquiétant cette inflation et cette croissance à crédit.

     Pourtant, la question à fini par lui être posée, à propos de l'augmentation faramineuse des prix de l'immobilier. Et pourtant, l'on disait depuis longtemps que l'inflation s'était réfugiée sur les marchés financiers. Alors, la Réserve Fédérale, son conseil des gouverneurs et son président de l'époque, Alan Greenspan, sont-ils responsables de la crise?


     Toutefois, pour mieux appréhender ce qui s'est passé, et dégager d'éventuelles responsabilités, il faut se replonger dans le contexte du passé. L'année 2001 a vu l'éclatement de la bulle internet, et la fin d'une période de croissance aux Etats-Unis. Ainsi que le début d'une période de guerre contre le terrorisme. Il fallait soutenir la croissance. C'est ainsi que General Motors lançait des promotions "patriotiques" pour soutenir ses ventes. Le crédit était une solution qui arrangeait tout le monde pour relancer la croissance. Et ça marchait.


     Les subprimes étaient aussi une forme d'action sociale. En effet, ils permettaient à des catégories de ménages peu aisés d'accéder à la propriété, et de se constituer un patrimoine. Un banquier d'affaires, Joseph Perella, interrogé par le journal Les Echos, en date du 29 octobre 2008, déclare que les banques étaient sous pression des autorités de régulation qui leur demandaient d'accorder des crédits aux populations les plus pauvres. Les régulateurs regardaient par exemple la part de crédit distribué aux ménages pauvres par les banques avant de leur donner l'autorisation de racheter d'autres établissements.


     Le crédit facile alimentait la croissance et en plus avait un rôle social. Il y avait un consensus sur ce sujet. On peut penser que, face à cette manière de voir les choses, l'institution qui aurait émis des inquiétudes se serait faite vilipender. Elle aurait été accusée de casser la croissance. Souvenons nous des reproches dont on accable les banques centrales dès qu'elles haussent les taux d'intérêt.

     En Europe, le même phénomène jouait. Ainsi, l'Espagne connaissait une inflation importante, et un boom immobilier permis par le crédit. La Banque Centrale Européenne le savait. Mais, globalement, dans la zone euro, l'inflation était contenue. On n'a donc pas cherché de moyens, ni la BCE, ni le gouvernement espagnol, pour ralentir la surchauffe immobilière. Parce que quiconque l'aurait fait aurait été accusé de casser la croissance.


     Ajoutons qu'à l'époque, on pensait avoir trouvé un moyen simple de réguler l'économie: en agissant sur les taux d'intérêt. Ceux-ci étaient déjà relativement bas (5%, ce n'est pas très élevé, ils sont montés bien plus haut à l'époque de la lutte contre l'inflation). On était persuadé qu'il suffisait, quand l'économie ralentissait, de les baisser, pour qu'elle reparte. 

     On ne s'inquiétait donc pas d'un éventuel krach boursier, ou immobilier. On encensait cette politique menée par Alan Greenspan, et on critiquait la mission de la Banque Centrale Européenne, qui est, en théorie, de veiller exclusivement sur l'inflation, et rien d'autre. Tandis que la Réserve Fédérale a aussi pour mission, en plus de veiller sur l'inflation, de favoriser la croissance.


     Alors, où sont les responsabilités? Une vision court-termiste de l'économie. Politiquement, il est plus facile de se reposer sur un moyen simple et rapide de relancer l'économie, que d'expliquer à la population qu'il vaut mieux laisser à l'économie un peu de temps pour construire une croissance plus solide. Et on ne s'est pas préoccupé des conséquences. Une volonté de mener la politique économique comme on contrôle une machine, en appuyant sur des boutons pour l'accélérer ou la ralentir. Ce qu'on croyait faire avec les taux d'intérêt. C'est un peu jouer au marchand de rêve. Oubli des bases de l'économie, ou refus de les considérer.


     La crise résulte donc d'une politique économique voulue, et qu'une grande majorité de personnes, qui tenaient les manettes du pouvoir à l'époque, approuvaient. Et même les commentateurs dans la presse l'approuvaient. Tout juste de temps en temps s'inquiétait-on du niveau d'endettement grandissant des américains. On ne s'est pas inquiété de savoir comment finirait cette spirale du crédit, et jamais on ne s'est préoccupé de la question de l'inflation de l'immobilier ou dans la sphère de la finance.

     A chaque fois, on trouvait des excuses. Et comme la Réserve Fédérale ne s'en préoccupait pas, on pensait qu'il n'y avait pas de raisons de s'inquiéter. Aujourd'hui, tout le monde cherche des responsables. Mais hier, les mêmes encensaient généralement la politique de Greenspan.


     Trouver des responsables est donc vain. C'est faire le procès de la politique, et, au delà, du pouvoir. Car tout le problème est là. On peut espérer que certaines mesures de bon sens serons prises suite à cette crise. Comme, par exemple, mieux contrôler la solvabilité des ménages avant d'accorder un crédit. Sans tomber dans l'excès inverse, c'est à dire refuser toute prise de risque.

     Il y a les agences de notations, qu'il faut réformer. Il n'est pas normal qu'elles notent des produits qu'elles conçoivent elles-mêmes. Il faut déterminer des critères clairs de notation, en fonction de ce que la crise nous a appris.

     Il faut améliorer la transparence des bilans des banques et des compagnies d'assurances, pour contrôler les risques qu'elles prennent. Qu'un hedge fund prenne de gros risques, ce n'est pas grave pour l'économie. Qu'une grande banque de dépôts lui prête de l'argent pour prendre des risques, ou se trouve être sa contrepartie sur un marché financier quelconque, là c'est un problème.


     On peut espérer, enfin, que l'on tienne mieux compte des phénomènes inflationnistes, dans l'immobilier, dans la finance. Que l'on tienne compte de ce qu'est l'inflation: une augmentation anormale de la masse monétaire. C'est un phénomène plus difficile à prendre en compte qu'on ne le pense généralement. Ce n'est pas simplement l'augmentation des prix à la consommation, comme je l'explique dans l'article Inflation, déflation: explications et risques.  C'est un phénomène plus complexe.


     On peut noter au passage que l'origine de la crise n'est pas un manque de coopération internationale, ni de réglementation internationale. En effet, la politique menée par les Etats-Unis et la Réserve Fédérale plaisait à tout le monde, et à tous les dirigeants. Tous espéraient un effet richesse dans leurs pays. Il y avait un consensus, qui vaut toutes les coopérations. Ce qui ne signifie pas que la coopération n'est pas nécessaire. Elle est déjà très avancée, et l'approfondir peut éviter des guerre comme par le passé. Mais ce n'est pas un manque de coopération ni de règles internationales qui sont la cause de la crise.


     Toutes ces mesures ne règleront pas le problème principale: on recherche toujours la solution de facilité, et tout le monde s'engouffre pour la soutenir. C'est ce qui a produit la crise. On a choisi la facilité pour relancer l'économie, persuadé qu'on pouvait la relancer à volonté en cas de crise. Or, l'économie est quelque chose de complexe. Mais les jeux de pouvoirs et d'intérêts influent énormément la politique économique, plus que l'analyse et la réflexion.

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Partage des profits

6 Février 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

     Juste une petite réflexion rapide sur le partage des profits. L'idée se développe d'un partage égal entre les salariés, les actionnaires, et la société elle même. Cette idée est présentée comme un partage équitable. Elle pose au contraire de nombreux problèmes.


     D'abord, elle ne tient pas compte de la variété des situations. Par exemple, toutes les société ne distribuent pas un tiers de leurs profits. Les situations sont très différentes d'une société à une autre.

     Les jeunes sociétés en développement, notamment, font souvent le choix de ne pas distribuer de dividendes pour les réinvestir, les actionnaires étant gagnant par l'augmentation de la valeur de la société. Ainsi, Microsoft est restée longtemps sans distribuer de dividendes.

     Les sociétés vivent différentes phases au cours de leur existence, au cours desquelles elles ont plus ou moins à distribuer, car elles investissent plus ou moins. Un système rigide pourrait pénaliser l'investissement, et donc, l'emploi.

     Bien sûr, les projecteurs sont braqués sur quelques grosses sociétés du CAC 40, mais n'oublions pas que la majorité des salariés du privé sont employés par de petites ou moyennes entreprises, ou même de très petites entreprises, aux situations plus ou moins variées.


      Mais, surtout, cette idées de partage met en cause le fondement même du salariat. Le salarié de base n'est pas responsable de la stratégie de la société qui l'emploie. Le principe est une stabilité du revenu, que le bénéfice augmente ou baisse. Le principe, c'est que les augmentations sont acquises, et ne peuvent être révisées à la baisse qu'en cas de situation exceptionnelle. 
    
     Si l'entreprise est régulièrement bénéficiaire, le salaire peut être augmenté régulièrement. Si l'entreprise a une mauvaise année, la salaire ne bouge pas.

     Or, l'idée de partager le bénéfice en trois fait dépendre la rémunération du simple salarié de l'évolution du bénéfice de la société. Ce qui signifie que si le bénéfice baisse, la rémunération baisse. Alors même que le salarié de base n'est pas responsable de la stratégie de l'entreprise.

     Il peut, bien sûr, être rémunéré en fonction d'objectifs sur lesquels il a un pouvoir, comme la rapidité d'exécution de sa tâche. Mais pas en fonction de l'évolution du bénéfice. Sauf, bien sûr, pour les cadres qui participent à l'élaboration de la stratégie.

     En ce sens, il est au contraire normal que la rémunération d'un PDG dépende du bénéfice de la société qu'il dirige. Il ne faut donc pas s'offusquer des salaires élevés des PDG quand le bénéfice est élevé, mais se demander si leurs rémunérations ne pourraient pas baisser si l'entreprise est tout le temps en déficit.


     En conclusion, ce partage par tiers du bénéfice risque de rendre la rémunération des salariés encore plus variable, alors qu'elle a déjà tendance à l'être de plus en plus. L'argument sera: vous avez été augmentés, car vous avez touchés une part des bénéfices.
     Et, l'année suivante, la rémunération baisse, car le bénéfice baisse. Ce n'est pas le principe du salariat. Il me semble que les salariés ont plutôt besoin d'une certaine visibilité à moyen terme sur leur rémunération, plutôt qu'encore plus de variabilité.

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La convergence des crises

31 Janvier 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

    

     Une crise, en économie, agit comme un révélateur. La crise financière actuelle ainsi que les réactions à celle-ci me font penser que nous vivons la convergence de plusieurs crises. Dans le domaine économique, je distingue au moins trois crise: la crise financière, bien sûr, une crise de la politique économique, et une crise du débat.


     La crise financière a provoqué un blocage du crédit, qui entrave l'activité économique, à de multiples niveaux. Ainsi, les entreprises ont besoin du crédit pour financer leur production. En effet, avant de vendre leurs produits, elles doivent acheter des matières premières, payer l'énergie, les salariés, les dépenses de publicité. Une partie de cers dépenses se font à crédit.

     Si le crédit est plus rare, ou plus cher, c'est-à-dire que les taux d'intérêt sont plus élevés, une entreprise peut être contrainte de serrer les coûts au maximum, afin de faire face à ses dépenses de production, ou, dans le pire des cas, elle ne peut plus financer sa production et tombe en faillite. Le crédit sert aussi à l'investissement. Moins de crédit, c'est moins d'investissement, et donc moins de croissance.


     Certains secteurs ou pays ont profité de conditions de crédits particulièrement avantageuses, ce qui leur a permis d'accélérer leur croissance, mais ce qui explique leurs difficultés aujourd'hui.

     C'est notamment le cas des Etats-Unis. Les crédits immobiliers ont été rendus très accessibles à la population, grâce à des taux bas, les subprimes (mais qui ne sont pas seuls responsables de la crise), et de la bienveillance du gouvernement américain, qui voyait d'un bon œil l'accès d'une majorité de l& population à la propriété. La demande immobilière favorisait le secteur de la construction, et donc créait des emplois.

    Elle provoquait également une hausse des prix des logements. Les américains pouvaient ainsi augmenter les hypothèques pesant sur leur logement, pour obtenir des prêts à la consommation. Ce qui augmentait la consommation, et donc la croissance économique, pour le plus grand bonheur du gouvernement américain. cette augmentation de la consommation grâce à des emprunts garantis par l'augmentation des prix de l'immobilier avait même un nom: l'effet richesse. Et on regrettait en France que cet effet richesse ne soit pas aussi développé.


     Quand la crise du crédit est arrivée, le château de cartes s'est effondré. Ou plutôt, il est en train de se désagréger peu à peu. Le secteur de la construction connaît un marasme, la consommation ralentit. Ce qui s'ajoute bien sûr aux difficultés causées aux entreprises par la crise du crédit et décrites plus haut.


     Cette crise prendra du temps à se résorber car il faut, en quelque sorte, que l'économie se déconstruise et se reconstruise. Par exemple, on ne peut pas dans ce cas lancer un plan de soutien à la construction, cela ne ferait que recréer une bulle, qui finirait de la même manière. Les gens ont vécu un temps au-dessus de leurs moyens, on ne peut pas les encourager à emprunter à nouveau.

     Il faut que la croissance se place sur des rails plus sains. C'est la difficulté de la crise actuelle. D'abord recréer des conditions d'un bon fonctionnement du marché du crédit, c'est à dire sans retomber dans une bulle. Ensuite, et en même temps d'ailleurs, reconstruire progressivement l'économie.


     Les banques centrales et les gouvernements ont pris différentes mesures pour lutter contre la crise du crédit. Pour faire face à la crise économique engendrée par la crise financière, les gouvernements ont décidé de mener des politiques de relance. Ce qui paraît paradoxale, puisque ces mêmes politiques ont été abandonnées dans les années 1970 et 1980, en raison des échecs de plusieurs politiques de relance successive face à la crise économique de ces années.

     L'on dit en France que les relances ont échoué à l'époque car elles n'ont pas été coordonnées au niveau international, entre les différents pays. Ce qui est faux. cette explication est avancée pour expliquer l'échec du plan de relance français des années 1980. Effectivement, ce plan a été mené alors que d'autres pays essayaient d'autres politiques. Mais d'autres plan de relance avaient été menés, en France précédemment, et en Angleterre notamment.

     Cette politique a été abandonnée car elle provoquait soit, la stagflation, c'est-à-dire que l'économie stagnait et que l'inflation augmentait; soit, des politiques de stop and go, c'est-à-dire que l'économie repartait avec l'augmentation de la dépense publique, puis ralentissait quand cette dépense diminuait. Il n'y avait pas d'effet de relance. C'est pourquoi la reprise de ce genre de politique aujourd'hui traduit selon moi une crise de la politique économique.


     Pour expliciter mon propos, un retour en arrière s'impose. Après la seconde guerre mondiale, le monde occidentale a connu une période de croissance, jusqu'au premier choc pétrolier. Cette croissance a été attribuée à des politiques keynésiennes de dépenses publiques. Quand le choc pétrolier s'est produit, plusieurs politiques de relance ont été conduites, notamment en France. Elles ont donc échoué.

     Ensuite, pendant quelque temps, la priorité a été la lutte contre l'inflation, qui menaçait de dégénérer en hyper inflation, ce qui était une menace grave pour l'économie. Puis, les politiques pour sortir de la crise ont été plutôt variée. On met l'accent sur la libéralisation de l'économie, et on parle souvent de dérégulation. Ce qui est faux. Certains secteurs ont été ouvert à la concurrence, ce qu'on a appelé la dérégulation, certains monopoles abolis.

     Mais, globalement, comme je le montre dans l'article
Réflexions sur la relance, l'interventionnisme et le retour de l'Etat dans l'économie.  on ne peut pas parler de recul de l'Etat, ni donc d'ultralibéralisme. Même aux Etats-Unis d'ailleurs. L'économie a fini par repartir. Cette reprise a été attribuée au développement du commerce mondial, et à l'innovation, la création et le développement de nouvelles entreprises. Ce qu'on pourrait appeler le phénomène de la Silicon Valley.


     Un nouveau type de régulation de l'économie a également été mis en place, une fois que l'inflation a été vaincue: la régulation par les taux d'intérêt. Schématiquement, dès qu'une menace semblait peser sur l'économie, on baissait les taux d'intérêt. C'est la politique qui a été mené par la Banque centrale américaine.

     Cette politique était encensée, et on reprochait à la banque centrale européenne de ne pas faire de même. Alors même que je soupçonne cette dernière d'avoir néanmoins maintenu les taux plus bas qu'elle l'aurait du, car elle a quand même tenu compte de cet argument, le soutien à la croissance, sans le dire. en effet, les taux de ma BCE ont toujours été assez bas.

     Des bulles se sont formées, notamment sur le marché immobilier. Mais rien n'était fait contre ces bulles, car, comme je l'explique plus haut, elles soutenaient la croissance par ce qu'on appelait l'effet richesse. Cet effet richesse explique en partie la croissance de ces dernières années. D'autre part, on était persuadé qu'il suffisait de baisser les taux pour relancer l'économie, quand les bulles éclateraient.


     Les bulles éclatent les unes après les autres et la régulation par les taux d'intérêt n'y peut rien. Alors, on ressort le concept du plan de relance. Pourquoi, puisque les plans de relance ont précédemment échoué?

     Peut-être tout simplement parce qu'on ne sait pas trop quoi faire, et que les populations réclament des solutions simples. La régulation par les taux d'intérêt était une solution simple. Elle a échoué.

     On remarque aussi beaucoup d'appel à une gouvernance internationale de l'économie. Pourtant, cette gouvernance fonctionne assez bien. En effet, les banques centrales coopèrent assez bien entre elle. Il y a des contact institutionnalisés entre les pays, G7, G20, qui pour l'instant ont bien fonctionné. Il y a même un organisme qui régule le commerce international, l'OMC.

     Mais ce n'est pas ce genre de gouvernance qui est souhaitée par les populations. Il y a le souhait d'un genre de super organisme international qui contrôle l'économie, en actionnant les leviers qui garantissent la croissance mondiale. Il y a le souhait de pouvoir contrôler l'économie comme on contrôle un véhicule, en accélérant quand c'est nécessairre, en ralentissant, en conduisant le véhicule dans la bonne direction.


     Or, la politique économique qui donne le plus cette illusion, puisque la régulation par les taux d'intérêt a échoué, c'est la relance dite keynésienne. En effet, qu'avons nous dans le paysage de la théorie économique aujourd'hui?

     Les contempteurs de l'économie de marché, qui n'ont pas vraiment de projet convaincant à proposer. De grands patrons, qui se disent libéraux, qui défendent le libre échange quand ça les arrangent et se réfugient dans les jupes de l'Etat au moindre problème.

     De brillants économistes qui vont vous construire de beaux modèles mathématiques, avec des hypothèses qui ne sont jamais complètement vérifiées dans la réalité. Des gens qui vont vous expliquer doctement que ces hypothèses ne sont pas vérifiées.

     En fait, il n'y a rien de vraiment prtique et applicable. Ou, si ces recherches existent, elle ne sont pas mises en valeur, par les prix nobels et les universités. Les gens réclament des politiques applicables. Pas de beaux modèles mathématiques, ni de la simple contestation.

     En ce sens, la théorie économique s'est détournée de sa mission, en voulant devenir une science mathématique. Elle devrait revenir à ce qu'elle était à l'origine: l'économie: l'économie politique. C'est encore le keynésianisme qui offre une boîte à outils, contestable, mais applicable et explicable.


     C'est peut-être une conséquence des dérives de la théorie économique, mais il y a aussi une crise du débat. En effet, on nous assène qu'une politique de relance doit être menée. Et, finalement, très peu de média s'interrogent sur l'utilité d'une telle politique.

     Déjà, il faut distinguer ce qu'on appelle politique de relance. Stricto sensu, c'est un plan de relance par la dépense publique. Or, il arrive qu'on qualifie les actions de Ben Bernanke, le présdent de la banque centrale américaine, de politique de relance, alors que ce sont des politiques monétaires de soutien aux établissements financiers.

     Il n'y a pas non plus d'enquêtes historiques sur les politiques de relance depuis le New deal de 1933, et la parution de la Théorie Générale de Keynes en 1936. Tous les médias devraient faire de grands dossiers sur le sujets, pour que les gens puissent se faire une opinion.

     Or, ce n'est pas le cas. Trouver l'information est difficile. J'en ai fait l'expérience en faisant des recherches pour mon articles
Réflexions sur la relance, l'interventionnisme et le retour de l'Etat dans l'économie. 
Et encore, je ne partais pas de zéro, puisque j'avais eu l'occasion de lire des documents sur cette période lors de mes études à l'Université.

     Même la crise financière elle même n'est pas très bien présentée. On met l'accent sur la responsabilité des banquiers, qui est réelle. Mais que fait-on de la responsabilité des régulateurs, qui savaient ce qui se passait, et de celle des dirigeants politiques, qui étaient favorables à l'effet richesse?


     Or, pour juger de l'action de leurs dirigeants, les citoyens ont besoin d'être informés. Pour se faire une opinion, ils ont besoin d'avoir les faits, et de pouvoir confronter différentes versions, différentes opinions. Pour chacun d'entre nous. Le débat fait progresser la réflexion. Il y a un réel manque de débat.

     Ainsi pour l'anecdote, ce blog est né d'un texte que j'avais envoyé à des amis, pour critiquer les explications que j'entendais sur la crise, et donner mon opinion. Les retours ont été flatteurs. Je me suis dit que ces amis étaient gentils avec moi. Puis, je me suis aperçu que ce qui les avait intéressé, ce n'était pas mon opinion, mais l'explication de la crise financière. Qui était le premier texte synthétyque qu'ils lisaient sur le sujet. Et pourtant, ce sont des gens qui cherchent à trouver l'information sur le net.

     Ainsi est né le premier article de ce blog,
Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés
. Ce n'est qu'une anecdote. Mais qui est révélatrice du manque de débat, ou du manque de médiatisation des débats économiques.

     Et pourtant, il me semble que dans une situation de crise, la presse généraliste, papier et internet, a une carte à jouer. Malheureusement, il faut lire la presse spécialisée pour avoir plus d'informations, et avoir un bagage universitaire en sciences économiques pour en tirer des conclusions. Ce n'est pas le cas de la majorité des citoyens, loin de là.


     Bien sûr, nous sommes aujourd'hui dans l'époque du cybermonde, l'information et les opinions circulent en temps réel sur le web, sur ce blog par exemple. Mais tout le monde n'a pas internet, ou simplement le temps de faire les recherches nécessaires pour se tenir informé. Je pense par exemple à un couple avec deux ou trois enfants. Le temps est compté dans ce genre de situation.


     Une situation de crise peut être l'occasion de se remettre en question. Espérons que ce sera le cas cette fois. Tout en sachant que les évolutions sont lentes, même si nous sommes pris dans un tourbillon.


 

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