Analyse Libérale

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Des nouvelles de l'évolution de la crise

8 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

Il est difficile de trouver des nouvelles des conditions de refinancements des banques sur les marchés financiers. Voici donc un lien vers un article paru ce jour dans Les Echos, qui fait part d'une amélioration.
http://www.lesechos.fr/info/finance/4872307-les-banques-reviennent-sur-le-marche-sans-garantie-de-l-etat.htm
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Ce que l'Europe nous a apporté

7 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Voici un petit billet, à l'occasion des élections européennes, sur ce que nous a apporté la construction européenne.


     L'Europe nous a d'abord et avant tout apporté la paix. C'était son premier objectif, son plus précieux. L'Europe a été créée après deux guerres mondiales, qui ont ravagé le continent. On s'est dit qu'il fallait peut-être mieux coopérer plutôt que de se détruire mutuellement. Cet objectif est une telle réussite qu'on l'a complètement oublié. La paix paraît normale, ce qui n'était pas le cas il n'y a pas si longtemps.


     La coopération est particulièrement précieuse en période de crise comme aujourd'hui. On critique l'Europe. Pourtant, les européens ont réussi à s'entendre pour mener des politiques contre la crise, sans se faire la guerre. Souvenons nous que la crise des années trente est une des causes du processus qui a mené à la seconde guerre mondiale. Certains déplorent l'absence d'une action centralisée de l'Europe. Mais c'est un autre débat. C'est un débat sur l'organisation européenne: doit-elle être centralisée ou non.


     L'europe, c'est aussi une formidable stabilité monétaire. Formidable est un mot fort. Cependant, depuis la mise en circulation de l'euro, la monnaie n'est plus un problème. Souvenons nous comme il fallait défendre le Franc, il n'y a pas si longtemps. Ce qui entraînait une augmentation des taux d'intérêt. ce qui entraînait des plans de rigueur. Ce qui entraînait des dévaluations, synonyme de baisse du pouvoir d'achat.


     On a tendance à critiquer l'euro en regrettant le temps où, dit-on, il suffisait de dévaluer la monnaie pour relancer la croissance. On oublie les effets sociaux néfastes des dévaluations. Il s'agissait toujours de dévaluer pour repartir d'un meilleur pied, c'est-à-dire avec un plan de rigueur à la clef.


     Certains disent même que l'Euro nous protège trop, et nous évite des réformes plus prononcées. En effet, depuis des années nous vivons avec un déficit budgétaire qui aurait peut-être été impossible sans l'euro. Le Franc aurait perdu de sa valeur, et il aurait fallu entamer un plan de rigueur. Ce qui n'a pas été fait. De même, les soubresauts de la politiques intérieures n'ont plus d'incidence sur la monnaie. Quant aux critères de Maastricht, ce sont simplement des critères de bonne gestion. Ces critères consistent simplement à profiter de la croissance pour résorber les déficits et l'endettement, pour avoir des réserves quand une crise survient. Nous aurions bien besoin de réserves aujourd'hui.


      La valeur de l'euro est critiquée. On la critiquait quand elle était faible, on la critique quand elle est forte. La force de l'euro nous a protégés d'une trop forte hausse des matières premières dernièrement. D'autre part, cette force n'empêche pas la zone euro d'exporter. Ainsi, en 2006 et 2007, année de hausse de l'euro, la balance commerciale de la zone euro était excédentaire. Ce qui explique en partie cette hausse. L'euro n'empêche pas l'Allemagne d'exporter hors de de la zone euro. Par contre, il n'est pas responsable du déficit commerciale de la France avec les autres pays de la zone, qui emploient la même monnaie donc.


     L'Europe est accusée d'être un vecteur de libéralisation sauvage et de démantèlement du droit du travail. Soyons clair, l'Europe n'est pas responsable des privatisations de services publics. A chaque fois que la France a pu préserver certaines particularités, comme l'exception culturelle, elle a pu le faire. Par contre, les différents gouvernements français avaient besoin des recettes de privatisation. C'est certainement ce qui a fait pencher la balance.


     J'ai un sentiment mitigé sur certaines de ces privatisations. Le modèle EDF-GDF fonctionnait bien et avait permis un développement impressionnant du nucléaire. Cependant, il faut reconnaître qu'aujourd'hui la France se retrouve avec deux géants de l'énergie, d'envergure internationale: EDF, et GDF-Suez. Qu'est-ce qui est le mieux? Je pense qu'il faut aujourd'hui profiter des avantages de la situation. Ce qui suppose une adaptation de la gestion des dossiers énergétiques en France.


     Par ailleurs, l'Europe n'a pas démantelé le droit du travail en France. Et les citoyens ont gagné des droits grâce à la cour de justice des communautés européennes, ainsi qu'à la cour européenne des Droits de l'Homme. Consommateurs et usagers sont mieux défendus.


     Je ne dirai pas que je suis d'accord avec tout ce que fait l'Europe, ni avec son organisation, ni avec tous ses projets, loin de là. Je voulais rappeler deux éléments qu'elle nous a apportés et qui sont précieux en ces temps de crise: stabilité monétaire, coopération pacifique. Et rappeler aussi que l'Europe a été utilisée en France pour porter la responsabilité de réformes qui auraient quand même été appliquées sans elle, dans les services publics notamment.


     Qu'est-ce qu'il faudrait changer en Europe? Beaucoup de choses sans doute. Sa gouvernance, qui doit être adaptée à l'élargissement de ces dernières années. J'avoue que le traité de Lisbonne ne me donne pas satisfaction sur le sujet. La politique agricole commune doit elle aussi s'adapter à l'évolution du monde, mais c'est un vaste débat. On pourrait énumérer beaucoup de sujets ainsi.


      Je pense que le principal problème qui demeure au sujet de l'Europe est la manière d'en parler. On nous demande encore de prendre parti pour ou contre l'Europe, à chaque référendum, à chaque débat. Nous devrions commencer à débattre plus sereinement. Par exemple, le non à une constitution européenne n'est pas un non à l'Europe. On a le droit d'être européen et de considérer que cette constitution est mal faite, ou ne correspond pas à la méthode de construction européenne, qui s'est faite pas à pas. L'organisation d'un débat démocratique à l'échelle européenne est forcément compliqué. C'est l'enjeu de la gouvernance, qui, je le répète, est le sujet essentiel selon moi aujourd'hui.

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Suspension du plan Geithner

5 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     On attendait depuis deux mois les modalités du plan de rachat des actifs toxiques, annoncé par le secrétaire d'Etat américain au Trésor, Tim Geithner. Finalement, ce plan est suspendu.


     Ce plan avait pour but de racheter les fameux actifs toxiques aux banques. En effet, les banques ont des difficultés à emprunter sur les marchés financiers, ar les investisseurs se méfient de ces actifs toxiques. Le problème, c'est qu'on ne sait pas combien ils valent. On sait qu'ils valent moins que leur prix d'achat, mais on ne sait pas s'ils réservent de bonnes ou de mauvaises surprises. Ce sont ces titres compliqués élaborés pour financer les prêts immobiliers subprime.


     Le principal problème, c'était donc l'évaluation. Les investisseurs étaient prêts à acheter des tires, mais à un prix réduit. L'Etat ne voulait pas surpayer non plus. Mais les banques ne voulaient pas brader les tires.


     L'administration Bush avait déjà élaboré un plan du même type, qui avait buté sur le même obstacle. L'originalité du plan Geithner était qu'il voulait associer les investisseurs privés. C'est aussi un échec. Parce que les banques ne veulent toujours pas brader leurs titres. Et qu'elles parviennent à se recapitaliser malgré ces actifs toxiques.


     Le plan Geithner n'est pas abandonné. L'administration Obama veut toujours encourager le rachat des titres toxiques. Mais la tentative de mise en oeuvre concrète de ce plan a été repoussée.


     Est-ce une mauvaise nouvelle, comme certains le craignent? Est-ce que ces actifs vont être un poids pour les banques? Je pense que s'ils deviennent trop encombrant, et que s'il est plus avantageux de les vendre, les banques les vendront. Les banques sont dans leur rôle en ne voulant pas brader leurs actifs.


     Par ailleurs, ce plan de rachat était un peu voulu comme une grande opération de nettoyage, qui allait faire repartir le marché du crédit. Les choses évoluent plus lentement dans la vie réelle. Ces plans Paulson et Geithner étaient surtout des réponses des politiques à la crise. Ils leur fallait occuper le terrain. La Réserve Fédérale mène sa prpore politique, avec moins d'annonce, mais plus d'efficacité. En accord avec le Trésor, soulignons le quand même.


     Maintenant, nous verrons à quoi seront utilisés les milliards prévus pour ce plan. L'administration Bush, et celle qui lui a succédé, avaient trouvé à utiliser les milliards budgétés pour le plan Paulson. En renflouant General Motors par exemple. Finalement, ces deux plans auront surtout permis de mettre des ressources budgétaire à la disposition du gouvernement américain.


(Voir ici le plan Geithner: Plan américain de stabilisation financière )

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Rémunération des patrons et pouvoir des actionnaires

1 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     La SEC, l'organisme de surveillance et de régulations des marchés boursiers aux Etats-Unis, a voté le mercredi 20 mai 2009 des propositions visant à accroître le pouvoir des actionnaires au sein des grandes entreprises cotées. Il s'agit de faciliter l'élection d'administrateurs proposés par les actionnaires. Ces propositions visent à améliorer la défense des intérêts des actionnaires face aux dirigeants des entreprises, notamment en matière de rémunération de ces dirigeants, et en matière de risques pris par l'entreprise. C'est clairement une réponse aux questions posées par la crise, même si la réflexion a été entamée bien avant (Cf le site de la SEC). Ces règles entreront en vigueur après un processus de consultation.


     Cette décision de la SEC vient rappeler le problème du contrôle des grosses sociétés cotées, et donc des banques. Il y a d'un cotés une équipes dirigeantes, qui coopte souvent le conseil d'administration, même si celui-ci, théoriquement représentent les actionnaires. Et de l'autre un actionnariat éparpillé, qui ne peut que voter des motions proposées par le conseil d'administration. Même les auditeurs, qui certifient les comptes, ont comme interlocuteurs l'équipe dirigeante, et non les actionnaires.


     Le contrôle des sociétés par les actionnaires est une des règles de bases en économie. Ce sont ceux qui risquent leur argent qui contrôle l'entreprise. On peut se demander si "l'oubli", ou la mauvaise application de cette règle, n'a pas contribué à la crise financière. Si les conseils d'administration avaient mieux défendu les aintérêts des actionnaires des banques, ils auraient peut-être mieux contrôlé les prises de risque. Ce n'est pas certain, mais cela aurait constitué un garde fou.


     En France, ce débat est un peu oublié. On ne parle que du contrôle des banques par les pouvoirs publics, et peu du contrôle par les actionnaires. On peut même noter que le patronat a décidé de la création d'un comité de rémunération, pour édicter des règles sur le sujet. Ce même patronat ayant déjà un code de bonne conduite. Il aurait peut-être été plus judicieux de souligner que c'est aux actionnaires de décider des rémunarations des patrons, et de créer un comité composé de représentants d'associations d'actionnaires. Actuellement, ce sont les patrons qui décident des règles concernant leurs propres rémunérations.

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La responsabilité de la régulation dans la crise financière

31 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     On considère généralement que la crise financière a été causée par les excès des acteurs du monde de la finance. Ils ont accordé des prêts subprime à des foyers insuffisamment solvables, ils ont développé des instruments financiers trop complexes, ils ont oublié tous les risques en voulant faire du profit à tout prix.


     Ce comportement des banquiers aurait été permis par un manque de régulation. Pour éviter ce genre de crise à l'avenir, il faut donc accorder plus de pouvoir aux régulateurs. On demande plus d'interventionnisme.


     Cependant, la réalité est un peu moins simple. En effet, on peut également considérer que la crise a, au moins en partie, été provoquée par des actes d'interventionnisme. Les régulateurs seraient, au moins en partie, responsables de cette crise.


     C'est ce que compte montrer cet article. (Mais sans tomber dans l'excès de dire que la crise a en fait été provoquée uniquement par la régulation ou l'interventionnisme, comme on peut le lire parfois)



     Le manque de régulation

     Une mauvaise évaluation des risques, l'inconscience des acteurs de la finances, ce sont donc des causes évoquées pour expliquer la crise financière. Sont donc accusés les excès des acteurs de la finance, qui ont été trop loin, pour maximiser leurs profits, en ignorant les risques.


     On considère aujourd'hui que ces excès, ces imprudences, qui ont amené la crise financière, ont été permis par une réglementation trop légère. C'est le manque d'encadrement du comportement des acteurs de la finance par des règles qui est mis en cause.


     On parle souvent de déréglementation. Il est vrai que ces dernières années ont vu un assouplissement de la réglementation aux Etats-Unis. Le symbole de cette dérégulation financière, c'est peut-être le Gramm-Leach-Bliley Act, en 1999, qui est la loi qui a abrogé le glass-Steagall Act, qui datait de 1933.


     Cette dernière séparait les activités de banque commerciale (banque des particuliers, des entreprises, qui vends des crédits), de banque d'affaires (qui spécule sur les marchés, fabrique des produits sophistiqués, lance des titres sur les marchés), et d'assurances. Tous les établissements financiers ont pu développer les mêmes activités. On considère que la concurrence accrue a poussé à des prises de risque trop importantes. (En réalité, il y a eu plusieurs lois qui ont progressivement assoupli le Steagall-act. Mais la date de 1999 est symbolique.)


     Cependant, ce n'est pas tant la dérégulation qui est mise en cause dans la crise financière, que l'absence de régulation. En effet, le développement des nouveaux instruments financiers ne doit pas tout à l'assouplissement de la réglementation. C'est d'abord un mouvement d'innovation, facilité par les nouvelles technologies. L'informatique permettant de mieux gérer des instruments financiers complexes, comme par exemple certains dérivés basés sur des modèles mathématiques.


     Bref, je n'entrerai pas dans les détails de ces produits, que je n'ai pas étudié. L'essentiel, c'est qu'il y a eu un mouvement d'innovation financière, et on considère que la régulation n'a pas suivi ce mouvement. De nouveaux produits ont été créés, qui n'ont été encadrés par aucune réglementation spécifique. Ainsi, il n'y a pas eu de réglementation particulière pour les produits dérivés. De même, on considère que les hedge funds ont trop de liberté.


     Ce manque de régulation résulte aussi d'une volonté de la part des pouvoirs publics américains, dont le Réserve Fédérale. Il y a eu des occasions de réglementer les produits dérivés, par exemple, ou les CDS (les credit default swap, autre nouveau produit).


     (En France, depuis les années 1980, les marchés financiers se sont aussi développés sous l'impulsion de l'Etat. Il s'agissait de créer des produits et des marchés qui existaient déjà à l'étranger, pour mettre la place financière française aux normes internationales. C'est ainsi qu'ont été créés de nouveaux marchés à terme, des marchés d'option, et que les marché des capitaux a été profondément modifié. On ne peut pas parler de dérégulation car ces évolutions étaient encadrées par l'Etat.


     Par contre, les banques françaises, comme ,toutes les banques, se sont aussi développées sur des marchés moins régulés, comme celui des dérivés, ainsi que celui des CDO.


     Il y a donc deux mouvements qui se sont produits en France. D'abord, une mise à niveau encadrée par l'Etat. Puis, les acteurs financiers français ont participé au mouvement d'innovation venu des Etats-Unis)


     La responsabilité des régulateurs

     De ce qui a été écrit plus haut, on pourrait conclure que la crise est due à un manque de régulation. Qu'il a manqué des règles pour encadrer les marchés financiers, et d'un régulateur qui contrôle ces marchés, qui aurait pu dire stop, et interrompre la spirale qui a mené à la crise.


     Cependant, la réalité n'est pas si simple. En effet, il y a aussi des arguments pour mettre en cause les régulateurs dans cette crise. Des arguments pour dire que ce n'est pas le manque de régulation qui a causé la crise, mais au contraire la régulation.


     D'abord, le crédit aux ménages modestes était encouragé par le gouvernement américain, et cela depuis l'administration Clinton. Aux Etats-Unis, il existe deux institutions, connues sous les noms de Fannie Mae et Freddi Mac, qui ont une grande importance dans le financement de l'immobilier. Elles ont été créées pour racheter aux banques des prêts hypothécaires accordés aux particuliers. Ces prêts étant rachetés, les banques pouvaient accorder d'autres prêts hypothécaires. Ces organismes ont été créés pour encourager l'accession à la propriété.


     Ces deux organismes sont de fait contrôlés par le gouvernement américain, même s'il sont semi publics. Depuis l'époque Clinton, l'administration américaine a assoupli les règles de rachat des crédits hypothécaires. Elle a fortement incité ces deux institutions à racheter des crédits hypothécaires type subprime. Dans le but de favoriser l'accession à la propriété des ménages américains.


     La politique de taux d'intérêt de la Réserve Fédérale américaine est aussi mise en cause. La Réserve fédérale, quand Alan Greenspan en était président, a maintenu à plusieurs reprises les taux d'intérêt à un niveau très bas. Ce qui a encouragé le crédit. D'autant que les prêts immobiliers sont à taux variables. Les faibles taux d'intérêt ont permis de baisser les remboursement des prêts. L'objectif de cette politique de taux était de soutenir la croissance économique.


     La Réserve Fédérale est aussi mise en cause pour son attitude face à la bulle immobilière à l'origine de la crise financière. En effet, beaucoup se sont inquiétés de cette bulle immobilière. On avait les moyens d'interrompre le gonflement de cette bulle, et donc l'emballement de la machine qui a provoqué la crise financière. La meilleure façon connue de l'interrompre, c'était d'augmenter les taux d'intérêt. Ce que Greenspan, le président de la Fed de l'époque, a refusé de faire.


     Les objectifs des régulateurs

     A l'époque, Greenspan avait justifé sa décision en disant que ce n'était pas à lui de décider du niveau des prix dans l'immobilier, mais qu'il fallait laisser le marché le faire. Notons que cette réponse n'est pas très satisfaisante. Elle élude le fait que le marché ne décide pas totalement du taux d'intérêt. Mais que ce dernier dépendait aussi de lui, Alan Greenspan, puisque c'était sa mission de le fixer. Comme le prix de l'immobilier dépendait aussi du taux d'intérêt des emprunts, ce n'était donc pas seulement un mécanisme de marché qui fixait les prix, mais, aussi pour partie, les décisions de Greenspan.


     Plus tard, après la crise, il aurait justifié sa politique en disant qu'il fallait permettre aux plus modeste d'accéder à la propriété. On retrouve cette volonté du gouvernement américain de soutenir l'accession à la propriété.


    Ajoutons que les taux d'intérêt étaient maintenu à un niveau bas pour soutenir la croissance économique, et que cette croissance était effectivement soutenu par l'envolée de l'endettement. D'autant plus que les américains, même s'ils avaient déjà un prêt hypothécaire, pouvaient en souscrire un deuxième, quand la valeur de leur bien immobilier augmentait. Ce qu'on appelle l'effet richesse: quand la valeur du patrimoine augmente, le propriétaire peut emprunter pour consommer. On a là les raisons de la politique de la réserve fédérale et du gouvernement américain: soutenir la croissance, et soutenir l'accession à la propriété des plus modestes.


     Nous avons donc des intentions louables, la croissance, ce qui signifie l'emploi, et le logement des plus modestes, qui ont amené à une crise.


     Souvenons-nous également que la politique américaine était largement approuvée dans le monde. Que n'a-t-on fustigé la banque centrale européenne pour ses taux d'intérêt jugés trop élevés! Et comme on a regretté que l'effet richesse ne soit pas plus important en France!


     Conclusions sur les responsabilités

     Qui donc est responsable de cette crise financière? Aujourd'hui, on a tendance à accuser la dérégulation, et à demander qu'un régulateur contrôle et oriente les marchés, pour éviter une nouvelle crise à l'avenir. Or, on oublie qu'un régulateur peut aussi faire des erreurs. C'est ce qui s'est produit.


     A contrario, alors qu'on dénonce aussi le désordre monétaire, et que beaucoup souhaiteraient un système de change plus régulé, notons que le système monétaire de changes mobiles a remarquablement bien encaissé la crise. Nous n'avons eu, dans les pays développé, aucune crise de change, aucun choc monétaire. Alors que le système de change fixe et d'étalon or avait aggravé la crise de 1929.


     Les erreurs des régulateurs ne signifiant pas que les acteurs du monde financier n'ont pas leur part de responsabilités.


     En conclusion, face à cette crise, nous venons de voir que le débat ne doit pas se limiter au fait de savoir s'il faut plus ou moins de régulation. Il faut analyser les choses plus finement.


     Et, d'autre part, on peut aussi parler d'aveuglement, ou d'inconscience, collectif. Les acteurs du monde de la finance ont accordé des prêts sans se préoccuper de la solvabilité des emprunteurs, et acheté des produits complexes qu'ils ne comprenaient pas. On peut penser qu'ils étaient guidés par l'appât du gain.


     Les pouvoirs publics ont eux encouragé, et en partie initié, ce mouvement, pour des raisons apparemment bonnes: ils pensaient avoir trouvé un moyen simple et efficace de soutenir la croissance économique, et donc l'emploi, et de favoriser l'accession à la propriété des ménages modestes.

(Sur la régulation, voir aussi:  Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer.   ) 

 

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Les titres toxiques et leur rôle dans la crise financière.

21 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

    Les actifs toxiques sont ces titres financiers au centre de la crise. J'ai déjà expliqué le mécanisme global qui a provoqué le blocage des marchés financiers. Cet article se veut plus détaillé. Il décrit surtout le principal titre toxique: le CDO. C'est un article pour ceux qui veulent se faire une idée de l'ingénierie financière actuelle. (Pour une explication plus simple du mécanisme de la crise cf Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés )


    La titrisation

    Aujourd'hui, quand une banque a accordé un crédit, elle ne garde généralement pas ce crédit dans ses comptes. Elle le revend sur le marché financier. C'est ce qu'on appelle la Titrisation.


    Concrètement, la banque rassemble un certain nombre de prêts immobiliers, pour un montant de 100 millions par exemple. Elle crée un genre de fonds de placement, qui rassemble ces cent millions de prêts. Ce fonds est aussi appelé véhicule. Puis, elle découpe ce fonds en titre financiers, qui sont revendus. Ces titres sont des ABS souvent: Asset back Securities. Traduction: des titres adossés à des actifs. Un prêt étant un actif financier (un ABS aussi d'ailleurs).


     Ce sont des titres très répandus, et assez simples finalement. Ce sont simplement les prêts qui ont été directement transformés en titres. Les ABS dépendent directement des prêts auxquels ils sont adossés.


     Ces titres sont revendus à des fonds, à divers investisseurs, à d'autres banques, à des banques d'affaires. les banques d'affaires se distinguent des banques commerciales dans le sens où elles ne sont pas des banques où l'on dépose son argent. Elle organisent des fusions-acquisitions entre entreprises, elles introduisent des entreprises en bourses, elles gèrent des fonds, et elles font des placements pour leur propres compte.


     Dans ce système, ce sont les acheteurs des titres qui vont bénéficier des intérêts et des remboursements des prêts. Et qui perdent leur mise si le prêt n'est pas remboursé.


     La banque, elle, a touché une commission quand elle a vendu le prêt aux emprunteurs, et une autre quand elle a vendu le titre aux investisseurs. Il y a des variantes, des intermédiaires, mais schématiquement, c'est le principes.


     L'utilité de la titrisation

     La vente des prêts permet à la banque de ne pas assumer le risque. c'est l'investisseur qui prend le risque. Elle permet aussi à la banque d'accorder plus de prêts.


     En effet, une banque est limitée dans les prêts qu'elle peut accorder. Le montant total des crédits qu'elle peut accorder est encadré par des règles. Ce montant dépend de ce qu'on appelle les fonds propres, et quasi fonds propres de la banques. Pour simplifier, disons que c'est le capital de la banque. J'expliquerai plus loin ce qu'est un crédit pour une banque. Ce qu'il faut retenir pour le moment, c'est que la banque ne peut accorder un montant illimité de crédit.


     La titrisation permet de contourner l'obstacle. En effet, les crédits titrisés ne sont plus possédés par la banque. Ils sont vendus. La banque étant rémunérée par des commissions. Et elle ne supporte plus le risque.


     Cependant, pour vendre facilement des titres financiers, il faut que ceux-ci ne soient pas trop risqués. Plus le placement est risqué, moins il trouve d'acheteur, et surtout il faut offrir plus de rendement.


     Le risque est indiqué par la notation du titre. La meilleure notation est AAA (triple A). Ensuite suivent différents niveaux, avec des variantes selon les agences de notation: AA1 ou AA-, BBB, BB+, etc. A partir d'un certain seuil, on passe à des catégories considérées comme plus risquées.


     Les notes sont accordées par des agences de notation. Les trois principales sont Standards and Poors, Moody's, et Fitch. Quand une entreprise, ou une banque donc, veut placer des titres sur le marché financier, elle demande à une de ces agences dee noter ces titres. Et les investisseurs achètent en fonction de la notation.


     Certains fonds ont des statuts qui leur interdisent d'acheter en dessous d'un certain niveau de risque, et donc d'un certain niveau de notation.


     La titrisation des subprime

     Les prêts subprime sont des prêts risqués, accordé à des foyers dont on n'est pas sûr de la solvabilité. Ils ne peuvent donc pas avoir une bonne note, proche du triple A. Ils devraient être classés dans la catégorie spéculative. ce qui les rendrait plus difficiles à vendre. Les banques ne pourraient pas en vendre autant qu'elles le voudraient. C'est pourquoi elles ont titrisé les prêts subprime d'une autre manière, avec l'aide des agences de notation.


     Le processus reste semblable. On rassemble des prêts, dans une sorte de fonds de placement, appelé véhicule. Mais on mélange  deux sortes de prêts: des prêts "normaux", peu risqués, et des prêts subprime. Il y a plus de prêts "normaux" que de prêts subprime. Cest une manière de mutualiser les risques. Le fonds est découpé en titres, qui sont vendus sur le marché. On appelle ces titres des CDO (collateralized debt obligation).


     Ces titres sont une forme d'ABS, mais en plus compliqué. Déjà, ils peuvent contenir d'autres ABS. Ensuite, les CDO sont découpés en trois tranches: senior, junior, equity. Le risque est différent selon les tranches. La première, senior, est peu risqué. Elle bénéficie en priorité des revenus des actifs adossés au CDO, et en dernier des pertes. La seconde, junior, est plus risquée, et la dernière, equity, encore plus. La tranche senior pouvant obtenir une bonne notation, le triple A. Rappelons que ces CDO sont construits en association avec les agences de notation.


     On a là une construction sophistiquée. Rappelons que le véhicule adossé aux CDO contient de bons prêts et des prêts suprime. Et il y a une construction pour faire varier le risque selon différentes tranches.


     Le risque et le rendement des CDO ne dépendent donc pas directement des actifs sous-jacents (comme on appelle les actifs mis dans la véhicule). Mais de la méthode retenue lors de la fabrication des CDO. C'est moins direct, et moins transparent.


     Les tranches seniors, comme elles sont bien notées, peuvent être achetées par toutes sortes d'établissements financiers. Même par d'autres banques, qui auront ainsi dans leurs comptes un produit réputé sans risque, mais avec un bon rendement. Le rendement des CDO était meilleurs que celui d'une obligation classique.


     Des titres encore plus compliqués

     Différents types de CDO ont été développés. On peut citer le synthetic CDO. Cette fois, il ne s'agit pas de regrouper des actifs dans un véhicule. Les synthetic (sans "s" à la fin, c'est de l'anglais) CDO garantissent des crédits, à travers des CDS, credit default swaps. Tout cela est compliqué, mais simple dans son principe.


     Imaginons un établissement financier qui achète des obligations d'une entreprise. Quand on achète une obligation, c'est comme si on prêtait de l'argent à l'entreprise. L'établissement financier reçoit en échange un revenu, durant toute la durée de l'obligation, la durée du prêt en somme. Il y a toujours un risque, minime ou élevé, que l'entreprise ne puisse pas rembourser les obligations. L'établissement peut s'assurer contre ce risque, grâce au CDS.


     Les CDS ne sont pas des titres que l'on achète. Celui qui souscrit un CDS s'engage à rembourser les obligations si l'entreprise ne peut pas le faire. En échange, il reçoit des paiements réguliers, exactement comme une prime d'assurance.


     Les CDS garantissent les titres financiers qui offrent un revenu fixes. Ces titres sont des emprunts faits par les entreprises, les banques par exemples, sur les marchés financiers.


     Les synthetic CDO garantissent le risque sur un ensemble titres. Des titres d'entreprises différentes par exemple. On remarque que dans ce cas, il n'est pas nécessaire d'acheter les titres en question.


     Il existe d'autres sortes de CDO, ou de mécanismes du même genre. Cet aperçu de l'ingénierie financière est nécessaire à la compréhension de la crise financière. Voyons maintenant le déclenchement de la crise.



     Le déclenchement de la crise

     Rappelons qu'à l'origine, il y a les prêts subprime américains. Les CDO sont basés sur ces prêts subprime. Ces prêts se sont considérablement développés. Le marché immobilier américain s'est considérablement développé. Les prix ont considérablement augmenté. Puis, comme les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, ainsi que dit le dicton boursier, le marché immobilier s'est retourné.


     Les acheteurs de maisons américains ont commencé à avoir des difficultés à rembourser leurs prêts. Et d'abord ceux à qui a été accordé un prêt subprime. Pour plusieurs raisons.


     D'abord, les prêts subprime ont été accordés à une population plus susceptible d'être en défaut de paiement. En effet, c'est une catégorie qui n'aurait pas obtenu de prêt si le subprime n'avait pas existé. Un taux relativement élevé de défaut de paiement paraît logique.


     Ensuite, rappelons que les prêts subprime sont conçus pour les mensualités soient faibles les premières années. On ne paie que les intérêts par exemple. Ensuite, ces mensualités augmentent. Là encore, il est logique qu'à ce niveau les défauts de paiement augmentent. Surtout si on prend en compte l'optimisme américain, qui pense que l'avenir sera meilleur.


     Les mensualités ont augmenté également en raison de l'augmentation générale des taux d'intérêt. Rappelons en effet que les taux d'intérêt des prêts subprime sont variables. Or, la Réserve Fédérale a augmenté ses taux de 1% à plus de 5% de 2004 à 2006.


     Enfin, les emprunteurs pensaient, au pire, pouvoir rembourser le prêt en vendant la maison achetée. Seulement, la valeur de la maison a chuté, et ne couvre plus le montant du prêt. Par conséquent, même en vendant, ils continueraient à avoir une dette, sans avoir de toit, et en devant payer un loyer s'ils trouvent à louer ailleurs.


     Les banques en difficultés

     Les banques qui avaient prêté à ces emprunteurs se sont donc retrouvées en difficultés. En effet, tous les prêts n'étaient pas titrisés. Certains établissements avaient une spécialité de prêts hypothécaires, ou même de rachat de prêts hypothécaires. Comme certains emprunteurs ne remboursent plus, et qu'ils ne peuvent pas compter sur la vente des maisons pour se rembourser, ils doivent inscrire des prêts en pertes.


     Il y a eu ainsi une première série de pertes, et des faillites. American Mortgage Home Investment fait faillite, par exemple. La banque Countrywide Financial est en difficultés. Puis commencent les premières interventions des banques centrales.


     Ces interventions signifient que les banques ont des difficultés à se refinancer sur les marchés financiers. En clair, les marchés financiers rechignent à prêter aux banques, car ils ont des doutes sur leur solidité.


     Pourquoi ces doutes? En effet, la titrisation a permis de revendre les prêts hypothécaires. D'autre part, même les banques européennes ont des difficultés à se refinancer. Alors, on peut se poser la question de ces inquiétudes.


     La réponse, c'est que la titrisation a disséminé le risque. Cela est vrai, mais reste encore un peu obscur. Je vais essayer ici de retracer ce que les marchés financiers ont pensé ou pu penser, en fonction de toutes les informations que j'ai pu glaner, pour, schématiquement, comprendre ce qui s'est passé.


     L'enchaînement de la crise

     D'abord, comme je l'ai déjà écrit, tous les prêts ne sont pas titrisés. Les banques en avaient encore en stock. Certains établissements sont également spécialisés dans le rachat des prêts hypothécaires, comme l'établissement public (semi public mais contrôlé en fait par l'Etat) américain Fannie Mae.


     Ensuite, comme le marché immobilier s'est retourné, des titres qui étaient considérés comme sans risque sont devenus suspects. Donc même les tranches seniors des CDO, bien notées, suscitent la suspicion. En effet, elles étaient bien notées en partie parce que les prêts étaient garantis par la valeur des maisons. Mais la valeur des maisons s'étant effondrée, les prêts ne sont plus garantis du tout.


     Les marchés ne savent pas dans quelle mesure ces titres sont risqués. Ils savent que des titres présentés comme sans risques sont susceptibles d'être risqués.


     Or, les tranches seniors des CDO ont été acheté par de nombreux établissements à travers le monde. Le risque de pertes sur ces titres est donc disséminés à travers de nombreux établissements. Les marchés financiers se méfient donc de tous les établissements.


     D'autre part, les banques peuvent avoir prêté de l'argent à des établissements impliqués dans les prêts hypothécaires. Ou à ces établissements qui ont racheté des prêts hypothécaires.


     Ils ont pu prêter de l'argent à des établissements qui ont acheté des tranches risquées de CDO, comme les hedge funds. Ou ont pu prêter de l'argent à des établissements qui ont eux-mêmes prêté de l'argent à des acheteurs de tranches risqués de CDO. C'est le jeu du "tu me tiens, je te tiens par la barbichette..."


     Enfin, les banques peuvent avoir des CDS, ces produits qui garantissent les emprunts d'autres établissements. Et elles sont susceptibles de devoir rembourser des emprunts à la place des emprunteurs.


     L'incertitude, la plaie des marchés

     La situation se caractérise par une grande incertitude. D'abord, on ne sait pas quels CDO sont risqués ou non. On ne sait pas leur donner une valeur. Personnes n'en veut plus sur les marchés. Les banques ne peuvent pas s'en débarrasser, car personne n'en veut. On dit qu'ils sont devenus illiquides. Un titre financier est liquide quand on peut le vendre facilement. Dans le cas inverse, il est illiquide.


     Ce sont notamment ces CDO, illiquides, qui entraînent la méfiance envers les établissements qui les possèdent, que l'on appellent des actifs toxiques.


      Ensuite, tous les établissements sont liés les uns aux autres. Plus ou moins liés. La faillite d'un établissement peut entraîner la faillite d'un autre. C'est le risque systémique. La faillite d'un entraîne tout le système. Par les emprunts, par les CDS. Ce risque a pris une consistance avec la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers, l'une des principales banques d'affaires aux Etats-Unis. Cette faillite a aggravé le blocage des marchés financiers.


     Le soutien par la Fed de la société AIG s'explique aussi par le risque systémique. Une chute brutale de cette société pourrait entraîner des banques, américaines et étrangères.


     Il y a l'incertitude, il y a le risque. Or, on ne prête pas de l'argent à quelqu'un si on a peur de ne pas être remboursé. Si on n'a pas confiance. Les marchés financiers n'ont plus confiance. Il y a trop d'incertitude. La confiance est nécessaire au fonctionnement des marchés financiers. la confiance a disparu. Les marchés ne prêtent donc plus aux banques.


     Tous les marchés sont touchés

     Il faut ajouter que la crise du subprime a fini par faire chuter tous les marchés, comme les bourses où sont échangées les actions. Ce qui entraîne des pertes pour les établissements financiers.


     D'autant plus que les produits financiers peuvent être basés sur n'importe quel type de marché financiers: marchés d'actions, de matières premières, de changes, etc. Par exemple, il existe ce qu'on appelle des produits dérivés. C'est un titre dont la valeur va évoluer selon celle d'un titre coté. Par exemple, un dérivé qui va évoluer comme le prix du pétrole.


     Les dérivés peuvent évoluer selon des formules mathématiques complexes, basées sur l'évolution de plusieurs titres, sur des monnaies, etc. La chute des marché a fait voler en éclat toutes les prévisions quand à l'évolution de ces dérivés.


     Les banques, commerciales et banques d'affaires, peuvent posséder pas mal de dérivés. La Société Générale, par exemple, est une spécialiste des dérivés.


     La chute généralisée des marchés a donc encore renforcé la défiance envers les établissements financiers. Ceux-ci ont eu encore plus de mal a trouver des financements.


NB: les implications du blocage des marchés financiers sur le crédit bancaire sont expliquées dans l'article Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) .


 

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Sommaire

21 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

     Au fil des articles, il est devenu plus compliqué de s'y retrouver dans ce blog. Voici donc un sommaire complet, qui permettra de s'y retrouver. Ce sommaire est accessible depuis le lien inséré dans la colonne de gauche du blog.

 

La crise et la relance

 

C'est la principale catégorie de ce blog, et même l'origine de sa création.

Les essentiels sur la crise

La crise avec des mots simples

 

Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés   : Article fondateur du blog, il explique, comme son nom l'indique, le mécanisme de la crise, et traite du débat sur la régulation provoqué par la crise.

Les titres toxiques et leur rôle dans la crise financière.   : A nouveau un article sur le mécanisme de la crise, plus détaillé, un peu plus complexe, avec la description d'un type de titre toxique: le CDO

Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire)   : le principal intérêt de czet article est d'expliquer le fonctionnement du crédit, ce qui permet de comprendre l'impact du blocage des marchés financiers, et la philosophie du plan du gouvernement.

Le Plan de recapitalisation des banques par l'Etat (Ratio Tier 1)   Aborde la problématique des ratios prudentiels des banques.

  La responsabilité de l'innovation financière dans la crise actuelle  : décrit notamment l'utilité des produits financiers.

La responsabilité de la régulation dans la crise financière  : montre que le débat entre dérégulation et régulation, pour expliquer les conséquences de la crise, est un peu simpliste. Il ,y a également eu un aveuglement, ou une inconscience, générale.  

Régulation-dérégulation: les enseignements de la crise.  : un des principaux débats dans cette crise.

  La relance de l'économie : Présentation de la théorie de la relance, et des  raisons de son abandon dans les années 1970. Cette article présente la théorie de la relance, son application. Mais, alors que la relance est présentée comme le remède à la crise, cet article rappelle que cette politique avait été abandonnée, et indique pourquoi. Il présente les politiques et les théories qui ont succédé à la relance. De ce rappel de l'histoire récente, il tire des commentaires pour la période actuelle. 

   Le plan de relance français  : Le plan de relance présenté le 4 décembre 2008.

Réflexions sur la relance, l'interventionnisme et le retour de l'Etat dans l'économie.  : Présentation des politiques de relance, et de l'interventionnisme, en France et aux USA, depuis le New deal. Contrairement à ce laisse entendre les discours sur le retour de l'interventionnisme, ce dernier n'a jamais cessé. Commentaires sur la période actuelle.

La crise était-elle prévisibe?  : Les questions qui se posaient avant la crise.

Crise financière: qui est responsable?  : Questionnement sur les responsabilités

Le plan de relance américain  : Le plan de l'administration Obama.

Plan américain de stabilisation financière   : Le projet de l'administration Obama pour le sortir de la crise le secteur financier.

Suspension du plan Geithner  : suite du plan américain de stabilisation financière. 

Les agences de notation et la crise financière  : le rôle des agences financières dans la crise, et analyse de ce rôle dans le fonctionnement de l'économie de marché (importance de l'information en économie de marché.)

Les normes comptables et la crise financière: l'effet pro-cyclique  : fonctionnement de la comptabilité, rôle dans la crise, fonction dans l'économie de marché (importance de l'information en économie de marché)

De la crise financière à la crise économique  : Comment on passe de la crise financière à la crise économique.

Les stress tests des banques américaines  : La santé des banques américaines.

Le projet américain de réforme de la régulation financière

  Régulations: les projets, et ce qu'il faudrait changer.   Les projets américains et européens en matière de régulations sont très timides. Je présente ces projets, ainsi que ce qu'il faudrait vraiment faire.

Pour une information plus accessible.

la crise, en direct live!

Commentaire sur les bonus des traders

G20, le sommet de Pittsburgh (et lien vers la déclaration en français)

Les propositions de la Commission pour la surveillance financière.

La diminution du crédit en France

Y-a-t-il restriction de crédit en France aujourd'hui?

Le crédit en France et en Europe en 2009

Croissance US au 4ème trimestre 2009: 5,7%

Le "capitalisme financier" et la crise

la déclaration d'Obama du 21 janvier 2010

La crise, où en est-on? Décembre 2009

Explications de texte 

Quelques articles qui explicitent des concepts économiques, ou présentent des institutions.

Inflation, déflation: explications et risques.

Stock-options: qu'est-ce que c'est, comment ça marche?

La valeur ajoutée: description, lien avec les revenus.

A quoi sert le FMI aujourd'hui?

La théorie de l'équilibre

Réponses à quelques questions sur le PIB

Libéralisme et antilibéralisme

Réponses à quelques questions sur le PIB

Le schéma de base de l'économie

Le keynésianisme et le dirigisme macroéconomique

La théorie de l'équilibre

Déficit public: les limites, et comment ils sera réduit.


A contrepied

Commerce extérieur, balance commerciale

Le Smic à 1 343 euros net: c'est possible

Politique industrielle

Quotas boursiers

Climats: les sceptiques

Vélib', autolib' et écologie



Social

Des thèmes sociaux sont abordés, mêmes si la crise monopolise un peu ce blog

Inégalités, évolution des revenus  : cet article commente les chiffres de l'Insee sur l'évolution des revenus et des inégalités. Il montre notamment l'évolution des différentes catégories de revenus. Il est basé sur quelques statistiques qui sont dispersées dans différentes publications de l'INSEE.

  Faut-il augmenter les impôts des riches? : Un article qui explique comment sont taxés les différents types de revenus. Il montre que les hauts revenus peuvent-être moins taxés que des revenus moins élevés. Et que le débat sur le bouclier fiscal n'est pas très pertinet, si on vise plus d'égalité et de redistribution.

La surtaxation des hauts salaires  : Un article qui complète le précédent.

Partage des profits  : Commentaires sur ce thème d'actualité

Justice Sociale  : Les inégalités sont souvent imputées à "l'ultra libéralisme". Cet article montre qu'on ne peut pas parler d'ultralibéralisme en France. L'Etat est en effet toujours très présent. Pourtant, le bilan social n'est pas satisfaisant en France. Cet article essaie de poser les termes du débat social d'une façon moins idéologique, et plus pragmatique.

Solidarité, social: absence de débats.  : Un commentaire sur le débat social en France

Déclassement social

Nombre d'élèves par classe, nombre d'élèves par enseignants...


Les très hauts salaires en 2007


Nouvelle économie, Innovation, croissance

La relance, l'innovation, capital risque et capital développement 
: description d'une politique de croissance de l'économie par l'innovation. En mettant en avant deux éléments souvent oublié en France quand on parle du sujet: le développement des entreprises, et leur financement.

Loi hadopi, internet et les mutations de l'industrie culturelle  : la loi hadopi replacée dans le contexte de l'évolution technologique.

Monopoles et logiciel libre

Internet, modèle d'évolution libérale?

Is the Internet a new socialism or liberalism?


Liens

des articles quin renvoient à d'autres sites, en fonction de l'actualité

Rapport sur le partage de la valeur ajoutée

Le communiqué du G20 en français


Divers

Divers articles, des réactions à l'actualité du moment.

L'économie et l'écologie

L'inflation: le retour?   

La crise est-elle finie?

Les bons résultats des banques sont-ils trompeurs?

La réforme de la taxe professionnelle

Le début de la fin de la crise?

Une conséquence positive de la crise?

Le G20 et la politique économique face à la crise
   
L'inflation pour sortir de la crise?     

Le point sur la crise financière: première partie.

Le point sur la crise financière: deuxième partie.

Le point sur la crise financière: troisième partie.

Le point sur la crise financière: quatrième partie.

Loi Tepa, pétition contre les heures supplémentaires

Les médias et la crise , ou les excès de la médiatisation.

La convergence des crises

Ce que l'Europe nous a apporté 
 
Remarques sur la crise et la réduction du temps de travail.     

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La valeur ajoutée: description, lien avec les revenus.

17 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     La valeur ajoutée, qu'est-ce que c'est? De quoi dépend sa répartition? Quel est le lien avec les revenus? C'est à ces questions d'actualité que cet article se propose de répondre.


Calcul de la valeur ajoutée

     Une entreprise vend des produits ou des services. Pour fabriquer ces produits ou ces services, l'entreprise achète elle-même des produits et des services. Par exemple, pour fabriquer des vêtements, elle achète du tissu, et paie un transporteur pour les livraisons.


     La valeur ajoutée est la différence entre le montant de ses achats et celui de ses ventes.


     Ce n'est pas le profit de l'entreprise. Pour essayer de comprendre le concept de valeur ajoutée, et son partage, il est utile de se pencher sur le calcul du profit. Valeur ajoutée, profit, ce sont des concepts comptables, des normes, qui ne recoupent pas tout à fait le langage courant, et qu'il faut donc expliciter.


Calcul du profit

     En langage comptable, on parle de résultat: un résultat positif est un profit, un résultat négatif négatif. Le résultat est déterminé par le compte de résultat. Ce compte comporte d'un côté les charges de l'entreprise, de l'autre les produits. Les produits, ce sont les ventes de l'entreprise. Les mêmes que l'on retrouve dans le calcul de la valeur ajoutée.


     Les charges, ce sont les dépenses de l'entreprise. On y retrouve les achats de produits et de services, comme dans le calcul de la valeur ajoutée. Mais il y a aussi les salaires, ce qu'on appelle les amortissements, que j'expliciterai ci-dessous, et les frais financiers. On a le tableau suivant:

 

 

    
     Si les produits sont supérieurs aux charges, on a donc un profit. Les frais financiers correspondent aux intérêts des emprunts. Les amortissements sont une évaluation de la dépréciation du matériel utilisé pour la production.


     En effet, quand une entreprise achète une machine, pour fabriquer des vêtements, le prix de la machine n'est pas comptabilisé en charge. Par contre, chaque année, la dépréciation de la valeur de la machine est comptabilisée. C'est un peu comme une voiture: une machine perd de la valeur chaque année. Il s'agit de comptabiliser cette perte.


     Les amortissements dépendent des normes comptables. Par exemple, un immeuble est amorti en vingt ans. Ce qui signifie que chaque année, un vingtième de sa valeur est portée en charge. Pour certaines machines, c'est cinq ans. L'entreprise peut avoir une marge d'appréciation autour de ces normes.


Amortissements et investissements

     Ces amortissements sont utilisés pour deux choses: mettre de l'argent en réserve pour remplacer les machines, et rembourser les emprunts.


     Pourquoi les investissements ne sont-ils pas comptabilisés en charges? Pour le comprendre, il faut revenir au processus de création de l'entreprise. Une entreprise, c'est une personne, ou plusieurs personnes, qui apportent du capital. Ce capital est investi, dans l'achat de matériel.


     L'activité de l'entreprise doit permettre de rembourser ce capital investi. Le profit est le surplus, l'argent gagné en plus. La fonction de l'amortissement est le remboursement des machines achetées avec le capital. C'est donc aussi le remboursement du capital. Qui ensuite peut-être réinvesti, pour le remplacement des machines par exemple, ou l'achat de machines plus modernes.


     Une partie des investissements peut être financée par emprunt. Dans ce cas, une partie des amortissements représente le remboursement de l'emprunt. Les intérêts, eux, sont une charge.


     Au fil de son activité, l'entreprise, si elle est rentable, peut réinvestir des profits. Ces investissements supplémentaires sont comme une augmentation de capital. Ils appartiennent aux propriétaires de l'entreprise, comme le capital de départ. Donc, encore une fois, ces investissements ne sont pas des charges. Les amortissements correspondent à leur remboursement.


Nature de la valeur ajoutée

     Ainsi apparaît la nature de la valeur ajoutée: elle rémunère les facteurs de production. Usuellement on considère deux facteurs de productions: le capital, et le travail. Les salaires rémunèrent le travail. La valeur ajoutée est donc divisée en trois: les salaires, le remboursement du capital et des emprunts, le profit éventuel (avec l'impôt sur ces profits).


     On notera que l'entreprise peut très bien distribuer les profits et les amortissements. Le capital appartient aux actionnaires. Cela constituerait un remboursement de capital.


     Il peut arriver que des entreprises en pertes distribuent des dividendes. Il s'agit de bénéfices mis en réserve les années précédentes. c'est une manière de lisser les distribution, de garantir un rémunération stable aux actionnaires. Cette même entreprise, si elle fait un profit exceptionnellement élevé une année, n'augmentera pas forcément son dividendes, ou pas dans les mêmes proportions.


     La terminologie de l'INSEE sur la répartition du profit brut dans le rapport sur le partage de la valeur ajoutée remis récemment au Président de la République peut porter à confusion. En effet, l'INSEE raisonne en profit brut, c'est à dire en additionnant le profit et l'amortissement. Ceci pour des raisons de sources statistiques. Statistiquement, l'INSEE estime que les données de la comptabilité nationale ne lui permettent pas de raisonner en profit au sens comptable.


     On peut ajouter enfin que la frontière entre investissement et charges est parfois floue. Ainsi, des rémunérations de chercheurs sont en charges, mais la recherche peut être considérée comme un investissement.


Evolution de la répartition de la valeur ajoutée

     Selon l'INSEE, 67% de la valeur ajoutée globale en France a été distribuée aux salariés. En salaire, en prime, épargne salariale, et aussi les cotisations sociales, patronales et salariées, assises sur les salaires.


     Cette part de la valeur ajoutée distribuée au salarié est stable depuis la fin des années 1980. La part des salaires dans la valeur ajoutée est à peu près stable de 1949 jusqu'au premier choc pétrolier, en 1973. Elle fluctue autour de 70-71%. Elle augmente fortement après le choc pétrolier, pour atteindre un point haut en 1982, à plus de 75%.


     La part distribuée au salarié est donc légèrement inférieure aujourd'hui à ce qu'elle était avant 1973.


Quel est le lien entre ce partage de la valeur ajoutée et les revenus?

     La baisse de quelques points de la part des salaires dans la valeur ajoutée signifie-t-elle un plus grand accaparement des richesses par les actionnaires?


     Les caractéristiques de la valeur ajoutée, vues ci-dessus, montrent qu'on ne peut tirer aucune conclusion de la simple observation de l'évolution de la part des salaires dans la valeur ajoutée. En effet, de multiples éléments influent sur ce partage.


L'importance du type d'activité

     Nous avons vu notamment qu'une part de la valeur ajoutée va aux amortissements. Une entreprise fortement capitalistique, c'est à dire qui nécessite des investissements lourds, et peu de main d'œuvre, verra la part distribuée au salarié moins élevée qu'une entreprise de service par exemple, qui a besoin de moins de matériels, mais plus de main d'œuvre.


     Qui dit investissements lourds dit aussi capital de départ plus important, donc probabilité de distribution plus importante de dividendes en pourcentage de la valeur ajoutée.


     Ce qui ne signifie pas forcément que les salaires seront plus élevés dans les services que dans une entreprise nécessitant plus de capital. Une industrie de hautes technologies va mieux rémunérer ses salariés qu'une entreprise de ménage. Et pourtant, dans cette dernière, la part des salaires dans la valeur ajoutée sera plus élevée.



La structure de financement de l'entreprise

     La structure de financement de l'entreprise a aussi une importance. En effet, une entreprise peut choisir de financer une part plus ou moins importante des investissements par l'emprunt. Si les taux d'intérêt sont bas, et le rendement des investissement élevé, il peut être plus intéressant de se financer par l'emprunt, plutôt qu'en utilisant une part des bénéfices antérieurs.


     Concrètement, une entreprise peut choisir de distribuer plus aux actionnaires, en diminuant la part des bénéfices qui est réinvestie. Elle compense en empruntant plus pour investir. L'investissement rapporte un profit plus élevé que le taux d'intérêt des emprunts. Ce qui permet d'augmenter le bénéfice, et de continuer à distribuer autant aux actionnaires.


     Dans ce schéma, il y a une augmentation de la part de la valeur ajoutée distribuée aux actionnaires, mais pas aux détriment de la part distribuée aux salariés. L'ajustement se fait sur la part réinvestie.


Comparaisons internationales et temporelles

     Les différents facteurs qui influent sur le partage de la valaur ajoutée rendent également difficiles les comparaison internationales, et temporelles. Ainsi, la relative stabilité de la part des salaires dans la valeur ajoutée en France ne signifie pas l'absence de profond changement dans le tissu économique, qui ont pu permettre cette stabilité.


     De même, les comparaisons internationales sont difficiles, car il faut tenir compte de la structure de l'économie de chaque pays. Dans son dernier rapport su le partage de la valeur ajoutée, l'INSEE publie ainsi un graphique montrant que la part des salaires dans la valeur ajoutée est plus élevée aux Etats-Unis qu'en France. Les Etats-Unis ne sont pourtant pas considérés comme un modèle en matière d'égalité de revenus.


Les autres facteurs qui influent sur les revenus.

     Les niveaux de revenus sont influencés par de nombreux facteurs. Par exemple, la mesure de la valeur ajoutée ne prend pas en compte les revenus fonciers des ménages. Elle tient compte des dividendes versés par les entreprises, pas de ceux reçus par les ménages, en provenance de l'étranger par exemple. Elle ne sert pas à mesurer les revenus financiers des ménages.


     On peut noter aussi qu'il y a des variations différentes des salaires eux-mêmes. On constate que les salaires des 10% les moins payés, et des 10% des mieux payés, ont augmenté de façon équivalente. par contre, le salaire des 1% les mieux payé a plus augmenté. Tandis que celui de ceux qui se trouvent entre les deux catégories, entre les 10% les mieux payés et les 10% les moins payés, ceux-ci ont vu leurs salaires moins augmenter. Ce sont des variations qui ne dépendent pas de la part des salaires dans la valeur ajoutée.


     L'INSEE indique diverse causes possibles pour expliquer les variations de salaires. La faible augmentation correspondrait à la faible augmentation de la valeur ajoutée dans son ensemble. L'INSEE cite aussi l'augmentation des prélèvements sociaux sur les salaires, ainsi que le travail à temps non complet (travail à temps partiel, CDD de moins d'un an, interim).


Conclusion

     Bref, il y a de multiples facteurs qui peuvent influer sur l'évolution et le niveau des revenus. L'idée de contrôler le partage de la valeur ajoutée pour déterminer par là les niveaux de revenus paraît par conséquent difficile à mettre en œuvre. Simplement la détermination d'un taux de partage serait compliquée: il en faudrait un pour chaque entreprise. Et même un taux juste ne garantirait pas une répartition juste des revenus globaux.

 

(Le livre du blog est paru:   La crise avec des mots simples )

 

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Rapport sur le partage de la valeur ajoutée

13 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Liens


     Pour ceux qui cherchent des chiffres précis sur le partage de la valeur ajoutée, ils pourront les trouver en cliquant sur ce lien, Rapport sur le partage de la valeur ajoutée, qui renvoie sur le rapport commandé à jean Philippe Cotis, directeur général de l'INSEE, sur le sujet. Ce rapport est en effet en ligne sur le site de l'INSEE.

     Tout le monde n'aura pas le courage d'en lire les 90 pages, mais un survol des graphiques, ceux des comparaisons internationales notamment, est déjà instructif. Allez-y sans hésiter,  par curiosité, et pour avoir des information précises, sans le filtre des médias. Et vous faire votre propre opinion.

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Les stress tests des banques américaines

9 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Les médias annoncent que les banques américaines ont besoin de 75 milliards de dollars au total, après la série d'évaluations menée par la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine. Evaluations appelées "'stress tests". Cela signifie-t-il que les banques américaines sont en mauvaise santé, et que le gouvernement américain va devoir injecter 75 milliards de dollars?


      Evaluer les besoins futurs des banques

     D'abord, les stress tests ont pour but d'évaluer les besoins futurs des banques américaines. L'objectif de la Réserve Fédérale est d'assurer la sortie de crise. Elle veut que les banques puissent remplir totalement leur rôle de financement de l'économie. Ce rôle de financement consiste à distribuer des crédits bancaires. La réserve fédérale veut que les banques puissent distribuer suffisamment de crédits. Elle ne veut pas que l'économie soit ralentie par un manque de crédit.


       En effet, les banques doivent respecter des ratios prudentiels de fonds propres. Par exemple, le ratio tiers 1 (tiers one) (cf: Le Plan de recapitalisation des banques par l'Etat (Ratio Tier 1)  ). De plus, les marchés financiers sont devenus exigeants, par excès de prudence, et demande un ratio tiers one plus élevé qu'avant la crise pour faire confiance aux banques. Par exemple, il demande que le montant des fonds soit au moins égal à 8 à 10% du montant total des crédits distribués.


     Si les marchés financiers ne font pas confiance aux banques, celles-ci auront des difficultés à se refinancer, ce qui limitera leurs capacités à accorder des crédits. (Pour l'explication du fonctionnement du crédit, cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire)  ).


     Anticiper l'évolution des besoins de l'économie

     D'autre part, la Réserve Fédérale anticipe un ralentissement de la désintermédiation. La désintermédiation signifie que les entreprises qui veulent emprunter s'adressent aux marchés financiers, plutôt que de passer par l'intermédiaire d'un crédit bancaire. Devant les difficultés d'accès aux marchés financiers par les entreprises, la Réserve Fédérale veut que les banques aient suffisamment de capital pour faire face à cette augmentation de la demande de crédit.


     Enfin, la réserve fédérale anticipe aussi un ralentissement de la titrisation. Comme cela a été expliqué dans plusieurs articles sur ce blog, notamment Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés , aujourd'hui, quand une banque accorde un crédit, elle le transforme en titres financiers et le revend sur le marché financier. Ce faisant, elle sort le crédit de ses comptes. Ce n'est plus elle qui en assume le risque. Le crédit n'est donc plus intégré dans le calcul des ratios prudentiels.


     Mais, après la crise financière, il va être plus difficile de revendre des crédits sur les marchés financiers. Les crédits à risques, comme les subprimes, étant à l'origine de la crise. Ces crédits vont donc rester dans les comptes des banques, selon la Réserve Fédérale. Par conséquent, pour pouvoir distribuer suffisamment de crédits en respectant les normes prudentielles, les banques doivent disposer de plus de capiltal. C'est cette situation que la Réserve fédérale anticipe.


     Des doutes sur la santé des banques?

     La Réserve Fédérale a-t-elle néanmoins quand même un doute sur la santé de certaines banques? On ne peut bien sûr l'exclure, et dans le monde de l'hyper communication dans lequel nous vivons, ce doute sera amplifié. On peut cependant considérer que les raisons avancées par la Réserve Fédérale sont globalement les vraies raisons. La Réserve Fédérale anticipe un resserrement des exigences envers les banques à la suite de la crise, et on ne peut que lui donner raison. On peut souligner que toutes les banques n'ont pas besoin d'être recapitalisée d'ailleurs.


     Même si une polémique commence, disant que les besoins des banques sont sous-évalués. La vérité est qu'il s'agit là d'estimations, de prévisions. Par nature, il n'y a donc pas de vérité, et par nature il y a débat et discussion. Personne ne sait prédire l'avenir.


     La Réserve Fédérale essaie de faire en sorte que les banques américaines puissent financer l'économie par le crédit. Elle a réalisé des estimations des besoins des banques, en collaboration avec celles-ci. Ces besoins peuvent être sous-évalués, ou sur-évalués. Ils montrent la détermination de la Réserve Fédérale à assurer les besoins de financement de l'économie. Si les évaluations des stress tests s'avèrent par la suite insuffisantes, la Réserve fédérale demandera de nouvelles augmentations de capital.


     Une nouvelle recapitalisation publique?

     Cette recapitalisation des banques va-elle venir de l'Etat américain? Pour le moment, il semble que non. Les banques concernées se préparent à vendre des filiales pour affecter des capitaux à leurs fonds propres, et à lever des fonds sur les marchés boursiers. Ce qu'ont déjà fait d'autres banques, notamment la banque britannique HSBC.


     De plus, les exigences de la Réserve Fédérale ne sont pas immédiates. La banque centrale américaine laisse du temps aux banques pour se mettre à niveau. Certaines estiment ainsi que les bénéfices attendus au cours de l'année couvriront une partie des besoins de recapitalisation.


     Enfin, on peut compter sur les banques américaines pour éviter au maximum toute prise de participation de l'Etat. Celles qui ont reçu des aides cherchent le moyen de les rembourser au plus vite.

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