Analyse Libérale

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Sommaire

21 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

     Au fil des articles, il est devenu plus compliqué de s'y retrouver dans ce blog. Voici donc un sommaire complet, qui permettra de s'y retrouver. Ce sommaire est accessible depuis le lien inséré dans la colonne de gauche du blog.

 

La crise et la relance

 

C'est la principale catégorie de ce blog, et même l'origine de sa création.

Les essentiels sur la crise

La crise avec des mots simples

 

Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés   : Article fondateur du blog, il explique, comme son nom l'indique, le mécanisme de la crise, et traite du débat sur la régulation provoqué par la crise.

Les titres toxiques et leur rôle dans la crise financière.   : A nouveau un article sur le mécanisme de la crise, plus détaillé, un peu plus complexe, avec la description d'un type de titre toxique: le CDO

Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire)   : le principal intérêt de czet article est d'expliquer le fonctionnement du crédit, ce qui permet de comprendre l'impact du blocage des marchés financiers, et la philosophie du plan du gouvernement.

Le Plan de recapitalisation des banques par l'Etat (Ratio Tier 1)   Aborde la problématique des ratios prudentiels des banques.

  La responsabilité de l'innovation financière dans la crise actuelle  : décrit notamment l'utilité des produits financiers.

La responsabilité de la régulation dans la crise financière  : montre que le débat entre dérégulation et régulation, pour expliquer les conséquences de la crise, est un peu simpliste. Il ,y a également eu un aveuglement, ou une inconscience, générale.  

Régulation-dérégulation: les enseignements de la crise.  : un des principaux débats dans cette crise.

  La relance de l'économie : Présentation de la théorie de la relance, et des  raisons de son abandon dans les années 1970. Cette article présente la théorie de la relance, son application. Mais, alors que la relance est présentée comme le remède à la crise, cet article rappelle que cette politique avait été abandonnée, et indique pourquoi. Il présente les politiques et les théories qui ont succédé à la relance. De ce rappel de l'histoire récente, il tire des commentaires pour la période actuelle. 

   Le plan de relance français  : Le plan de relance présenté le 4 décembre 2008.

Réflexions sur la relance, l'interventionnisme et le retour de l'Etat dans l'économie.  : Présentation des politiques de relance, et de l'interventionnisme, en France et aux USA, depuis le New deal. Contrairement à ce laisse entendre les discours sur le retour de l'interventionnisme, ce dernier n'a jamais cessé. Commentaires sur la période actuelle.

La crise était-elle prévisibe?  : Les questions qui se posaient avant la crise.

Crise financière: qui est responsable?  : Questionnement sur les responsabilités

Le plan de relance américain  : Le plan de l'administration Obama.

Plan américain de stabilisation financière   : Le projet de l'administration Obama pour le sortir de la crise le secteur financier.

Suspension du plan Geithner  : suite du plan américain de stabilisation financière. 

Les agences de notation et la crise financière  : le rôle des agences financières dans la crise, et analyse de ce rôle dans le fonctionnement de l'économie de marché (importance de l'information en économie de marché.)

Les normes comptables et la crise financière: l'effet pro-cyclique  : fonctionnement de la comptabilité, rôle dans la crise, fonction dans l'économie de marché (importance de l'information en économie de marché)

De la crise financière à la crise économique  : Comment on passe de la crise financière à la crise économique.

Les stress tests des banques américaines  : La santé des banques américaines.

Le projet américain de réforme de la régulation financière

  Régulations: les projets, et ce qu'il faudrait changer.   Les projets américains et européens en matière de régulations sont très timides. Je présente ces projets, ainsi que ce qu'il faudrait vraiment faire.

Pour une information plus accessible.

la crise, en direct live!

Commentaire sur les bonus des traders

G20, le sommet de Pittsburgh (et lien vers la déclaration en français)

Les propositions de la Commission pour la surveillance financière.

La diminution du crédit en France

Y-a-t-il restriction de crédit en France aujourd'hui?

Le crédit en France et en Europe en 2009

Croissance US au 4ème trimestre 2009: 5,7%

Le "capitalisme financier" et la crise

la déclaration d'Obama du 21 janvier 2010

La crise, où en est-on? Décembre 2009

Explications de texte 

Quelques articles qui explicitent des concepts économiques, ou présentent des institutions.

Inflation, déflation: explications et risques.

Stock-options: qu'est-ce que c'est, comment ça marche?

La valeur ajoutée: description, lien avec les revenus.

A quoi sert le FMI aujourd'hui?

La théorie de l'équilibre

Réponses à quelques questions sur le PIB

Libéralisme et antilibéralisme

Réponses à quelques questions sur le PIB

Le schéma de base de l'économie

Le keynésianisme et le dirigisme macroéconomique

La théorie de l'équilibre

Déficit public: les limites, et comment ils sera réduit.


A contrepied

Commerce extérieur, balance commerciale

Le Smic à 1 343 euros net: c'est possible

Politique industrielle

Quotas boursiers

Climats: les sceptiques

Vélib', autolib' et écologie



Social

Des thèmes sociaux sont abordés, mêmes si la crise monopolise un peu ce blog

Inégalités, évolution des revenus  : cet article commente les chiffres de l'Insee sur l'évolution des revenus et des inégalités. Il montre notamment l'évolution des différentes catégories de revenus. Il est basé sur quelques statistiques qui sont dispersées dans différentes publications de l'INSEE.

  Faut-il augmenter les impôts des riches? : Un article qui explique comment sont taxés les différents types de revenus. Il montre que les hauts revenus peuvent-être moins taxés que des revenus moins élevés. Et que le débat sur le bouclier fiscal n'est pas très pertinet, si on vise plus d'égalité et de redistribution.

La surtaxation des hauts salaires  : Un article qui complète le précédent.

Partage des profits  : Commentaires sur ce thème d'actualité

Justice Sociale  : Les inégalités sont souvent imputées à "l'ultra libéralisme". Cet article montre qu'on ne peut pas parler d'ultralibéralisme en France. L'Etat est en effet toujours très présent. Pourtant, le bilan social n'est pas satisfaisant en France. Cet article essaie de poser les termes du débat social d'une façon moins idéologique, et plus pragmatique.

Solidarité, social: absence de débats.  : Un commentaire sur le débat social en France

Déclassement social

Nombre d'élèves par classe, nombre d'élèves par enseignants...


Les très hauts salaires en 2007


Nouvelle économie, Innovation, croissance

La relance, l'innovation, capital risque et capital développement 
: description d'une politique de croissance de l'économie par l'innovation. En mettant en avant deux éléments souvent oublié en France quand on parle du sujet: le développement des entreprises, et leur financement.

Loi hadopi, internet et les mutations de l'industrie culturelle  : la loi hadopi replacée dans le contexte de l'évolution technologique.

Monopoles et logiciel libre

Internet, modèle d'évolution libérale?

Is the Internet a new socialism or liberalism?


Liens

des articles quin renvoient à d'autres sites, en fonction de l'actualité

Rapport sur le partage de la valeur ajoutée

Le communiqué du G20 en français


Divers

Divers articles, des réactions à l'actualité du moment.

L'économie et l'écologie

L'inflation: le retour?   

La crise est-elle finie?

Les bons résultats des banques sont-ils trompeurs?

La réforme de la taxe professionnelle

Le début de la fin de la crise?

Une conséquence positive de la crise?

Le G20 et la politique économique face à la crise
   
L'inflation pour sortir de la crise?     

Le point sur la crise financière: première partie.

Le point sur la crise financière: deuxième partie.

Le point sur la crise financière: troisième partie.

Le point sur la crise financière: quatrième partie.

Loi Tepa, pétition contre les heures supplémentaires

Les médias et la crise , ou les excès de la médiatisation.

La convergence des crises

Ce que l'Europe nous a apporté 
 
Remarques sur la crise et la réduction du temps de travail.     

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La valeur ajoutée: description, lien avec les revenus.

17 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     La valeur ajoutée, qu'est-ce que c'est? De quoi dépend sa répartition? Quel est le lien avec les revenus? C'est à ces questions d'actualité que cet article se propose de répondre.


Calcul de la valeur ajoutée

     Une entreprise vend des produits ou des services. Pour fabriquer ces produits ou ces services, l'entreprise achète elle-même des produits et des services. Par exemple, pour fabriquer des vêtements, elle achète du tissu, et paie un transporteur pour les livraisons.


     La valeur ajoutée est la différence entre le montant de ses achats et celui de ses ventes.


     Ce n'est pas le profit de l'entreprise. Pour essayer de comprendre le concept de valeur ajoutée, et son partage, il est utile de se pencher sur le calcul du profit. Valeur ajoutée, profit, ce sont des concepts comptables, des normes, qui ne recoupent pas tout à fait le langage courant, et qu'il faut donc expliciter.


Calcul du profit

     En langage comptable, on parle de résultat: un résultat positif est un profit, un résultat négatif négatif. Le résultat est déterminé par le compte de résultat. Ce compte comporte d'un côté les charges de l'entreprise, de l'autre les produits. Les produits, ce sont les ventes de l'entreprise. Les mêmes que l'on retrouve dans le calcul de la valeur ajoutée.


     Les charges, ce sont les dépenses de l'entreprise. On y retrouve les achats de produits et de services, comme dans le calcul de la valeur ajoutée. Mais il y a aussi les salaires, ce qu'on appelle les amortissements, que j'expliciterai ci-dessous, et les frais financiers. On a le tableau suivant:

 

 

    
     Si les produits sont supérieurs aux charges, on a donc un profit. Les frais financiers correspondent aux intérêts des emprunts. Les amortissements sont une évaluation de la dépréciation du matériel utilisé pour la production.


     En effet, quand une entreprise achète une machine, pour fabriquer des vêtements, le prix de la machine n'est pas comptabilisé en charge. Par contre, chaque année, la dépréciation de la valeur de la machine est comptabilisée. C'est un peu comme une voiture: une machine perd de la valeur chaque année. Il s'agit de comptabiliser cette perte.


     Les amortissements dépendent des normes comptables. Par exemple, un immeuble est amorti en vingt ans. Ce qui signifie que chaque année, un vingtième de sa valeur est portée en charge. Pour certaines machines, c'est cinq ans. L'entreprise peut avoir une marge d'appréciation autour de ces normes.


Amortissements et investissements

     Ces amortissements sont utilisés pour deux choses: mettre de l'argent en réserve pour remplacer les machines, et rembourser les emprunts.


     Pourquoi les investissements ne sont-ils pas comptabilisés en charges? Pour le comprendre, il faut revenir au processus de création de l'entreprise. Une entreprise, c'est une personne, ou plusieurs personnes, qui apportent du capital. Ce capital est investi, dans l'achat de matériel.


     L'activité de l'entreprise doit permettre de rembourser ce capital investi. Le profit est le surplus, l'argent gagné en plus. La fonction de l'amortissement est le remboursement des machines achetées avec le capital. C'est donc aussi le remboursement du capital. Qui ensuite peut-être réinvesti, pour le remplacement des machines par exemple, ou l'achat de machines plus modernes.


     Une partie des investissements peut être financée par emprunt. Dans ce cas, une partie des amortissements représente le remboursement de l'emprunt. Les intérêts, eux, sont une charge.


     Au fil de son activité, l'entreprise, si elle est rentable, peut réinvestir des profits. Ces investissements supplémentaires sont comme une augmentation de capital. Ils appartiennent aux propriétaires de l'entreprise, comme le capital de départ. Donc, encore une fois, ces investissements ne sont pas des charges. Les amortissements correspondent à leur remboursement.


Nature de la valeur ajoutée

     Ainsi apparaît la nature de la valeur ajoutée: elle rémunère les facteurs de production. Usuellement on considère deux facteurs de productions: le capital, et le travail. Les salaires rémunèrent le travail. La valeur ajoutée est donc divisée en trois: les salaires, le remboursement du capital et des emprunts, le profit éventuel (avec l'impôt sur ces profits).


     On notera que l'entreprise peut très bien distribuer les profits et les amortissements. Le capital appartient aux actionnaires. Cela constituerait un remboursement de capital.


     Il peut arriver que des entreprises en pertes distribuent des dividendes. Il s'agit de bénéfices mis en réserve les années précédentes. c'est une manière de lisser les distribution, de garantir un rémunération stable aux actionnaires. Cette même entreprise, si elle fait un profit exceptionnellement élevé une année, n'augmentera pas forcément son dividendes, ou pas dans les mêmes proportions.


     La terminologie de l'INSEE sur la répartition du profit brut dans le rapport sur le partage de la valeur ajoutée remis récemment au Président de la République peut porter à confusion. En effet, l'INSEE raisonne en profit brut, c'est à dire en additionnant le profit et l'amortissement. Ceci pour des raisons de sources statistiques. Statistiquement, l'INSEE estime que les données de la comptabilité nationale ne lui permettent pas de raisonner en profit au sens comptable.


     On peut ajouter enfin que la frontière entre investissement et charges est parfois floue. Ainsi, des rémunérations de chercheurs sont en charges, mais la recherche peut être considérée comme un investissement.


Evolution de la répartition de la valeur ajoutée

     Selon l'INSEE, 67% de la valeur ajoutée globale en France a été distribuée aux salariés. En salaire, en prime, épargne salariale, et aussi les cotisations sociales, patronales et salariées, assises sur les salaires.


     Cette part de la valeur ajoutée distribuée au salarié est stable depuis la fin des années 1980. La part des salaires dans la valeur ajoutée est à peu près stable de 1949 jusqu'au premier choc pétrolier, en 1973. Elle fluctue autour de 70-71%. Elle augmente fortement après le choc pétrolier, pour atteindre un point haut en 1982, à plus de 75%.


     La part distribuée au salarié est donc légèrement inférieure aujourd'hui à ce qu'elle était avant 1973.


Quel est le lien entre ce partage de la valeur ajoutée et les revenus?

     La baisse de quelques points de la part des salaires dans la valeur ajoutée signifie-t-elle un plus grand accaparement des richesses par les actionnaires?


     Les caractéristiques de la valeur ajoutée, vues ci-dessus, montrent qu'on ne peut tirer aucune conclusion de la simple observation de l'évolution de la part des salaires dans la valeur ajoutée. En effet, de multiples éléments influent sur ce partage.


L'importance du type d'activité

     Nous avons vu notamment qu'une part de la valeur ajoutée va aux amortissements. Une entreprise fortement capitalistique, c'est à dire qui nécessite des investissements lourds, et peu de main d'œuvre, verra la part distribuée au salarié moins élevée qu'une entreprise de service par exemple, qui a besoin de moins de matériels, mais plus de main d'œuvre.


     Qui dit investissements lourds dit aussi capital de départ plus important, donc probabilité de distribution plus importante de dividendes en pourcentage de la valeur ajoutée.


     Ce qui ne signifie pas forcément que les salaires seront plus élevés dans les services que dans une entreprise nécessitant plus de capital. Une industrie de hautes technologies va mieux rémunérer ses salariés qu'une entreprise de ménage. Et pourtant, dans cette dernière, la part des salaires dans la valeur ajoutée sera plus élevée.



La structure de financement de l'entreprise

     La structure de financement de l'entreprise a aussi une importance. En effet, une entreprise peut choisir de financer une part plus ou moins importante des investissements par l'emprunt. Si les taux d'intérêt sont bas, et le rendement des investissement élevé, il peut être plus intéressant de se financer par l'emprunt, plutôt qu'en utilisant une part des bénéfices antérieurs.


     Concrètement, une entreprise peut choisir de distribuer plus aux actionnaires, en diminuant la part des bénéfices qui est réinvestie. Elle compense en empruntant plus pour investir. L'investissement rapporte un profit plus élevé que le taux d'intérêt des emprunts. Ce qui permet d'augmenter le bénéfice, et de continuer à distribuer autant aux actionnaires.


     Dans ce schéma, il y a une augmentation de la part de la valeur ajoutée distribuée aux actionnaires, mais pas aux détriment de la part distribuée aux salariés. L'ajustement se fait sur la part réinvestie.


Comparaisons internationales et temporelles

     Les différents facteurs qui influent sur le partage de la valaur ajoutée rendent également difficiles les comparaison internationales, et temporelles. Ainsi, la relative stabilité de la part des salaires dans la valeur ajoutée en France ne signifie pas l'absence de profond changement dans le tissu économique, qui ont pu permettre cette stabilité.


     De même, les comparaisons internationales sont difficiles, car il faut tenir compte de la structure de l'économie de chaque pays. Dans son dernier rapport su le partage de la valeur ajoutée, l'INSEE publie ainsi un graphique montrant que la part des salaires dans la valeur ajoutée est plus élevée aux Etats-Unis qu'en France. Les Etats-Unis ne sont pourtant pas considérés comme un modèle en matière d'égalité de revenus.


Les autres facteurs qui influent sur les revenus.

     Les niveaux de revenus sont influencés par de nombreux facteurs. Par exemple, la mesure de la valeur ajoutée ne prend pas en compte les revenus fonciers des ménages. Elle tient compte des dividendes versés par les entreprises, pas de ceux reçus par les ménages, en provenance de l'étranger par exemple. Elle ne sert pas à mesurer les revenus financiers des ménages.


     On peut noter aussi qu'il y a des variations différentes des salaires eux-mêmes. On constate que les salaires des 10% les moins payés, et des 10% des mieux payés, ont augmenté de façon équivalente. par contre, le salaire des 1% les mieux payé a plus augmenté. Tandis que celui de ceux qui se trouvent entre les deux catégories, entre les 10% les mieux payés et les 10% les moins payés, ceux-ci ont vu leurs salaires moins augmenter. Ce sont des variations qui ne dépendent pas de la part des salaires dans la valeur ajoutée.


     L'INSEE indique diverse causes possibles pour expliquer les variations de salaires. La faible augmentation correspondrait à la faible augmentation de la valeur ajoutée dans son ensemble. L'INSEE cite aussi l'augmentation des prélèvements sociaux sur les salaires, ainsi que le travail à temps non complet (travail à temps partiel, CDD de moins d'un an, interim).


Conclusion

     Bref, il y a de multiples facteurs qui peuvent influer sur l'évolution et le niveau des revenus. L'idée de contrôler le partage de la valeur ajoutée pour déterminer par là les niveaux de revenus paraît par conséquent difficile à mettre en œuvre. Simplement la détermination d'un taux de partage serait compliquée: il en faudrait un pour chaque entreprise. Et même un taux juste ne garantirait pas une répartition juste des revenus globaux.

 

(Le livre du blog est paru:   La crise avec des mots simples )

 

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Rapport sur le partage de la valeur ajoutée

13 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Liens


     Pour ceux qui cherchent des chiffres précis sur le partage de la valeur ajoutée, ils pourront les trouver en cliquant sur ce lien, Rapport sur le partage de la valeur ajoutée, qui renvoie sur le rapport commandé à jean Philippe Cotis, directeur général de l'INSEE, sur le sujet. Ce rapport est en effet en ligne sur le site de l'INSEE.

     Tout le monde n'aura pas le courage d'en lire les 90 pages, mais un survol des graphiques, ceux des comparaisons internationales notamment, est déjà instructif. Allez-y sans hésiter,  par curiosité, et pour avoir des information précises, sans le filtre des médias. Et vous faire votre propre opinion.

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Les stress tests des banques américaines

9 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Les médias annoncent que les banques américaines ont besoin de 75 milliards de dollars au total, après la série d'évaluations menée par la Réserve Fédérale, la banque centrale américaine. Evaluations appelées "'stress tests". Cela signifie-t-il que les banques américaines sont en mauvaise santé, et que le gouvernement américain va devoir injecter 75 milliards de dollars?


      Evaluer les besoins futurs des banques

     D'abord, les stress tests ont pour but d'évaluer les besoins futurs des banques américaines. L'objectif de la Réserve Fédérale est d'assurer la sortie de crise. Elle veut que les banques puissent remplir totalement leur rôle de financement de l'économie. Ce rôle de financement consiste à distribuer des crédits bancaires. La réserve fédérale veut que les banques puissent distribuer suffisamment de crédits. Elle ne veut pas que l'économie soit ralentie par un manque de crédit.


       En effet, les banques doivent respecter des ratios prudentiels de fonds propres. Par exemple, le ratio tiers 1 (tiers one) (cf: Le Plan de recapitalisation des banques par l'Etat (Ratio Tier 1)  ). De plus, les marchés financiers sont devenus exigeants, par excès de prudence, et demande un ratio tiers one plus élevé qu'avant la crise pour faire confiance aux banques. Par exemple, il demande que le montant des fonds soit au moins égal à 8 à 10% du montant total des crédits distribués.


     Si les marchés financiers ne font pas confiance aux banques, celles-ci auront des difficultés à se refinancer, ce qui limitera leurs capacités à accorder des crédits. (Pour l'explication du fonctionnement du crédit, cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire)  ).


     Anticiper l'évolution des besoins de l'économie

     D'autre part, la Réserve Fédérale anticipe un ralentissement de la désintermédiation. La désintermédiation signifie que les entreprises qui veulent emprunter s'adressent aux marchés financiers, plutôt que de passer par l'intermédiaire d'un crédit bancaire. Devant les difficultés d'accès aux marchés financiers par les entreprises, la Réserve Fédérale veut que les banques aient suffisamment de capital pour faire face à cette augmentation de la demande de crédit.


     Enfin, la réserve fédérale anticipe aussi un ralentissement de la titrisation. Comme cela a été expliqué dans plusieurs articles sur ce blog, notamment Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés , aujourd'hui, quand une banque accorde un crédit, elle le transforme en titres financiers et le revend sur le marché financier. Ce faisant, elle sort le crédit de ses comptes. Ce n'est plus elle qui en assume le risque. Le crédit n'est donc plus intégré dans le calcul des ratios prudentiels.


     Mais, après la crise financière, il va être plus difficile de revendre des crédits sur les marchés financiers. Les crédits à risques, comme les subprimes, étant à l'origine de la crise. Ces crédits vont donc rester dans les comptes des banques, selon la Réserve Fédérale. Par conséquent, pour pouvoir distribuer suffisamment de crédits en respectant les normes prudentielles, les banques doivent disposer de plus de capiltal. C'est cette situation que la Réserve fédérale anticipe.


     Des doutes sur la santé des banques?

     La Réserve Fédérale a-t-elle néanmoins quand même un doute sur la santé de certaines banques? On ne peut bien sûr l'exclure, et dans le monde de l'hyper communication dans lequel nous vivons, ce doute sera amplifié. On peut cependant considérer que les raisons avancées par la Réserve Fédérale sont globalement les vraies raisons. La Réserve Fédérale anticipe un resserrement des exigences envers les banques à la suite de la crise, et on ne peut que lui donner raison. On peut souligner que toutes les banques n'ont pas besoin d'être recapitalisée d'ailleurs.


     Même si une polémique commence, disant que les besoins des banques sont sous-évalués. La vérité est qu'il s'agit là d'estimations, de prévisions. Par nature, il n'y a donc pas de vérité, et par nature il y a débat et discussion. Personne ne sait prédire l'avenir.


     La Réserve Fédérale essaie de faire en sorte que les banques américaines puissent financer l'économie par le crédit. Elle a réalisé des estimations des besoins des banques, en collaboration avec celles-ci. Ces besoins peuvent être sous-évalués, ou sur-évalués. Ils montrent la détermination de la Réserve Fédérale à assurer les besoins de financement de l'économie. Si les évaluations des stress tests s'avèrent par la suite insuffisantes, la Réserve fédérale demandera de nouvelles augmentations de capital.


     Une nouvelle recapitalisation publique?

     Cette recapitalisation des banques va-elle venir de l'Etat américain? Pour le moment, il semble que non. Les banques concernées se préparent à vendre des filiales pour affecter des capitaux à leurs fonds propres, et à lever des fonds sur les marchés boursiers. Ce qu'ont déjà fait d'autres banques, notamment la banque britannique HSBC.


     De plus, les exigences de la Réserve Fédérale ne sont pas immédiates. La banque centrale américaine laisse du temps aux banques pour se mettre à niveau. Certaines estiment ainsi que les bénéfices attendus au cours de l'année couvriront une partie des besoins de recapitalisation.


     Enfin, on peut compter sur les banques américaines pour éviter au maximum toute prise de participation de l'Etat. Celles qui ont reçu des aides cherchent le moyen de les rembourser au plus vite.

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Inégalités, évolution des revenus

7 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

     L'Insee vient de publier une étude intitulée Inégalités de niveau de vie et mesures de la pauvreté en 2006. Cette étude donne des informations sur l'évolution moyenne des revenus  et niveaux de vie, ainsi que sur les écarts entre niveaux de vie.


     Les résultats peuvent paraître en contradiction avec le ressenti de la population, en termes de revenus, de pouvoir d'achat. Cet article a pour but d'éclaircir cette contradiction apparente.


     Une hausse du niveau de vie

     Cette étude indique en effet une hausse régulière du revenu médian des ménages depuis 1970. Le revenu médian étant le revenu qui permet de séparer l'ensemble des ménages en deux parties égales: une moitié qui gagne plus que ce revenu, et une moitié qui gagne moins. Ce revenu est de 27 150 euros en 2006, et s'entend après impôts, et avec les prestations sociales.


     On constate également une hausse du niveau de vie médian. Le niveau de vie correspond dans cette étude au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unité sde consommation de ce ménage. Une unité de consommation (UC) est une personne. Une personne seule représente une UC (Selon les définitions statistiques, le terme ménage désigne un foyer. Un foyer peut être composé d'une ou plusieurs personnes). Un ménage avec deux personnes comptera, par exemple, pour 1,8 UC.


     En effet, pour avoir le niveau de vie d'une seule personne, deux personnes n'ont pas besoin de deux lave-linges, ni de deux cuisines. On utilise donc une échelle d'équivalence pour déterminer des revenus comparables. (Je précise qu'1,8 UC pour deux personnes est juste un exemple, pas le véritable chiffre non précisé dans l'étude. Pour plus de précision, se référer à la documentation de l'INSEE.)


     Les niveaux de vie sont divisés en déciles. Chaque décile comprend 10% du total des ménages. Ainsi le premier décile, D1, rassemble les 10% de ménages dont le revenu est inférieur à 9 720 euros. Le deuxième décile, D2, rassemble 10% de ménages, qui ont un revenu compris entre 9 720 euros, et un montant qui n'est pas précisé dans l'étude. Et ainsi de suite. Le dixième décile comprend les 10 % des ménages les plus aisés. Leur revenu est supérieur à 33 190 euros.


     Pour mesurer les inégalités, on calcule le rapport entre la limite du premier décile, 9 720 euros, et le début du dernier décile, 33 190 euros. Ce rapport est égal à 3,41. Il varie peu depuis 1996, époque à laquelle il était égal à 3,35. Tout en signalant que depuis, les revenus des plus aisés sont mieux pris en compte par l'étude. Cette meilleure prise en compte augmente donc le revenu des plus aisés, et par conséquent le rapport. Ainsi, en 2005, le rapport passe de 3,16 à 3,37 avec cette meilleure prise en compte.


     La conclusion que l'on peut en tirer est donc que le revenu des français augmente, et que les inégalités n'augmentent pas. Ces inégalités sont d'ailleurs faibles, un rapport de 3,41 n'étant pas  élevé.


     Stabilité du taux de pauvreté

     Cette étude indique également une stabilité du taux de pauvreté. Celui-ci s'établit à 13,2%. Il s'agit des ménages ayant un revenu au maximum égal à 60% du revenu médian. Ce taux peut paraître élevé au regard d'autres articles qui évoquaient un taux aux alentours de 7% Il s'agit dans ce cas du taux à 50%, c'est-à-dire des ménages ayant un revenu au plus égal à 50% du revenu médian. Jusqu'à il y a peu, c'était le seuil le plus utilisé en France. Aujourd'hui, c'est le seuil à 60% qui est utilisé, car c'est une norme standard européenne.


     Il est à noter que la meilleure prise en compte des revenus des français a provoqué une augmentation du  revenu médian, et donc du taux de pauvreté. Ainsi, en 2005, le taux est passé de 12,1 à 13,1 avec le nouveau calcul. En tenant compte de cette rupture statistique, l'étude montre un taux de pauvreté relativement stable depuis 1996.


     Ce taux de pauvreté est plus une mesure d'inégalité monétaire relative qu'un véritable taux de pauvreté. En effet, il est défini par rapport au revenu médian. Un véritable taux de pauvreté, ou taux de pauvreté absolue (par opposition à relative), serait défini à partir d'un seuil qui définirait à partir de quand les besoins élémentaires des ménages sont comblés.


     L'étude de l'INSEE est intéressante car ce débat y est abordé, ce qui n'est pas courant en France. Je n'y reviendrai pas ici, n'ayant rien à ajouter par rapport au texte de l'INSEE (Un texte pas très long, que je vous recommande, rien que pour sa discussion sur les difficultés qu'il y a à établir un taux de pauvreté absolue(cf lien en introduction)).


     Cette étude présente donc un tableau globalement bon des revenus et des inégalités en France. Elle contraste avec les revendications et le ressenti des gens, qui se plaignent de'une baisse du pouvoir d'achat. La contradiction n'est qu'apparente. Cette étude de l'INSEE ne présente qu'une évolution globale. D'autres chiffres du même institut permettent de comprendre le ressenti de la population.


     Une autre vision du niveau de vie

     Ainsi, dans l'édition 2007 des Tableaux de l'économie française, page 102, l'INSEE indique qu'entre 1996 et 2005, «les revenus ont largement progressé en termes réels (+12%), mais de façon plus marquée en haut et en bas de la distribution. La catégorie des 5% d'individus les plus aisés voit son niveau de vie moyen augmenter de 19% sur la période et celle des 10% les plus modestes de 21%.»


     Dans une autre publication de l'INSEE, France, portrait social, édition 2007, page 55, on peut lire: «De 2000 à 2005, le revenu salarial évolue peu en termes réels. Il diminue de 0,5% en euros constants, (soit une baisse de 0,1% par an en moyenne) pour l'ensemble des salariés du public et du privé.»


     Les tableaux publiés dans Les salaires en France, édition 2007, toujours de l'INSEE, montrent également une plus forte augmentation du SMIC net que du salaire net moyen à temps complet, entre 2000 et 2005. De même, durant cette période, on constate une plus forte augmentation du salaire en euros constants des ouvriers à temps complet que de celui des autres catégories socio-professionnelles. Les cadres arrivant en seconde position, puis viennent les employés (moins d'1% sur la période), puis les professions intermédiaires (0%).


     Enfin, On peut noter au cours de la même période que les très hauts revenus sont ceux qui ont le plus augmenté. Ceux des 1% les plus riches. L'INSEE montre cette évolution page 75 de France, portrait social, édition 2007. Ces chiffres sont aussi publiés dans une étude de l'Ecole d'Economie de Paris, de Camille Landais. Cette  étude montre que l'augmentation ne provient pas uniquement des revenus du patrimoine. Les très hauts salaires ont fortement augmenté également.


     Quelques explications sur l'évolution des revenus

     Une partie de la stagnation des revenus salariaux est expliquée par l'INSEE par le développement du temps non complet. De plus en plus de personnes travaillent à temps partiel, ou par missions, et n'ont donc pas un temps complet annuel. Les salaires s'en ressentent bien évidemment. Ainsi, en 2005, l'INSEE évalue à plus de 30% du total des salariés ceux ayant travaillé à temps non complet.


     La stagnation des salaires moyens à temps complet montre que la stagnantion des revenu ne provient pas seulement du salariat à temps non complet.


     L'augmentation plus importante du salaire ouvrier s'explique par l'augmentation des qualifications. Le nombre d'ouvriers diminue globalement. Ceux qui restent sont les plus qualifiés. Il y a donc là un effet de structure.


     Quand à l'augmentation du SMIC, elle résulte de la loi Fillon, qui aligne par le haut les SMIC hérités de la loi sur les 35h. On peut considérer cette évolution comme un effet de rattrapage.


     Conclusion

     On constate donc ces dernières années un tassement des niveaux de revenus.  Le niveau global augmente. Le bas de l'échelle est soutenu par des revalorisations sociales. Le milieu de l'échelle stagne, et donc se rapproche, relativement, du bas. Le haut de l'échelle augmente, maintenant l'écart relatif entre hauts et bas revenus. Et les très hauts revenus sont ceux qui augmentent le plus. Ce qui montre une très grande disparité des revenus des 10% les plus aisés, et nécessite un découpage plus fin de cette catégorie.


     On peut penser que les différentes politiques gouvernementales ne sont peut-être pas adaptées à la situation, qu'elles risquent d'amplifier. En effet, les emplois aidés, les emplois de services à la personnes sont des emplois de la catégorie à temps non complets, et d'un niveau salarial peu élevé. Les politiques de réduction du temps de travail contribuent également à faire stagner le revenu des catégories intermédiaires. Le revenu des catégories les plus hautes, même salariées, étant moins dépendant du temps de travail. (Pour un exemple d'une autre politique, cf mon article: La relance, l'innovation, capital risque et capital développement  )

 

(Voir aussi: La valeur ajoutée: description, lien avec les revenus. )


NB: L'INSEE édite tous les ans les Tableaux de l'économie française, ainsi que différentes études comme celles citées dans cet article. Ces ouvrages comportent des statistiques qui permettent de se faire sa propre opinion sur les sujets traités. De nombreuses statistiques sont aussi consultables sur le site de l'INSEE.

 

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La relance, l'innovation, capital risque et capital développement

1 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

 

     L'innovation est citée parfois comme une réponse à la crise actuelle. Elle est présentée depuis quelques années comme un moyen d'accroître la croissance en Europe, et donc l'emploi. L'innovation est présentée comme une explication de la vitalité supérieure de l'économie américaine sur l'économie européenne, depuis deux ou trois décennies.


Différentiel de croissance Europe-USA

     En effet, les économies française, et  européenne, connaissent depuis des années un taux de croissance inférieur à celui des Etats-Unis. Alors même qu'elle pourrait bénéficier d'un phénomène de rattrapage, son PIB par habitant étant inférieur à celui des Etats-Unis.     


     Il apparaît que les américains ont mieux réussi à sortir de la crise des années soixante-dix que les européens. En effet, depuis ce qu'on a appelé la crise pétrolière, l'Europe, et en particulier la France, n'ont pas réussi à ramener le taux de chômage au niveau d'avant crise.


     Il n'est pas question ici de brosser un tableau idyllique des Etats-Unis. Seulement de souligner que leur économie a été indéniablement plus dynamique, depuis les années 70, que les économies européennes.


     Les facteurs de cette vitalité font débat. En effet, on cite souvent un taux d'imposition plus faible, des charges et des contraintes sociales moins élevées qu'en France. Ce à quoi on oppose les infrastructures françaises, et la solidarité.


     Il y a eu aussi la politique de croissance par l'endettement, qui a conduit à la crise financière.


La croissance par l'innovation

     Il est un facteur cependant qui semble faire consensus. Il s'agit de l'innovation. Tout le monde s'accorde sur le fait que c'est un élément important du dynamisme américain. En particulier les nouvelles technologies de l'information et de la communication.


     Les gouvernements français ont essayé de développer l'innovation. Mais sans grand succès. L'effort en recherche et développement, mesuré en pourcentage du PIB, et inférieur en France par rapport aux Etats-Unis. Ce n'est pas à cause de l'Etat. En fait, ce sont les dépenses privées qui sont plus faibles en France.


     Comment profiter de l'effet de l'innovation pour augmenter la croissance, et donc diminuer le chômage? Il faut tout d'abord bien définir le processus de croissance par l'innovation.


     Ce n'est pas l'innovation en elle même qui produit la croissance. C'est le lancement d'une innovation sur le marché. Il ne s'agit pas d'une simple nuance. Cela signifie qu'un pays peut faire de grandes découvertes scientifiques, mais ne pas avoir une croissance très forte.


La théorie de l'entrepreneur de Schumpeter

     Le phénomène a été théorisé par l'économiste autrichien Joseph Alois Schumpeter, dont j'ai déjà parlé dans un article sur la relance. Selon lui, le moteur de l'économie est l'entrepreneur. Ce dernier est celui qui met en œuvre une innovation.


     Une innovation, c'est quelque chose de nouveau. Ce peut être un produit de haute technologie, mais pas seulement. Tout nouveau produit, nouveau service, qui n'existait pas avant, est une innovation, même si ce produit ou ce service ne renferme aucune nouveauté technologique. Exporter un produit qui ne l'a jamais été, c'est une innovation. Un nouveau procédé industriel, c'est une innovation.


     Notons qu'un chef d'entreprise n'est pas forcément un entrepreneur selon cette définition. Un chef d'entreprise est principalement un gestionnaire. Il n'est entrepreneur que s'il introduit une innovation.


     Les innovations renouvellent l'économie. Celle-ci, pour progresser, pour croître, doit rester en mouvement. C'est le processus appelé destruction créatrice. Une expression un peu malheureuse, dans le sens où elle traduit le fait que de nouvelles entreprises remplacent celles qui sont en déclin. On devrait plutôt parler de création-renouvellement.


     Schumpeter disait aussi que les grands groupes perdaient l'esprit d'entreprendre. Ils devenaient des gestionnaires.


     Schumpeter a élaboré cette théorie il y a bien longtemps. Sa Théorie de l'évolution économique est parue en 1912. Son ouvrage phare, Capitalisme, socialisme et démocratie a été écrit dans les années 1930, et il a été publié en 1942. La théorie de Schumpeter est reprise aujourd'hui, car elle se révèle particulièrement explicative.


L'innovation et le développement de nouvelles entreprises

     Dans l'idée d'introduire une innovation dans l'économie, l'observation du modèle américain, et sa comparaison avec l'économie française, permettent de distinguer deux éléments: l'innovation elle-même, produit, service, processus de production, ou marché à l'export, et le développement de cette innovation, et de l'entreprise qui l'a créée.


     En effet, l'expérience montre qu'il ne suffit pas d'avoir une idée, de la mettre sur la marché. Il faut la développer. Ainsi, les Etas-Unis ont créé Google, qui a dans les 10 ans, Microsoft, Starbuck Coffee, Amazon, Dell, les poupées Bratz, Cisco. Ce sont des entreprises ou des produits récents, qui ont une présence planétaire.


     Cisco est à cet égard une entreprise emblématique. C'est une entreprise de télécommunication américaine, leader mondial. Elle est née avec l'internet, le protocole IP, et toutes ces nouvelles technologies qui ont renouvelé le secteur. Elle s'est développée, alors que les anciennes entreprises de télécommunication étaient mises en difficultés par Les nouvelles technologies. Je pense à Lucent aux USA, et Alcatel, en France, qui ont fini par s'allier, mais qui ne cessent de perdre du terrain, et de s'étioler. Nous sommes en plein dans le processus de création-renouvellement.


     Le processus de croissance par l'innovation peut donc provenir de plusieurs sources. Ce peut être une innovation, qui donne lieu à la création d'une nouvelle entreprise, qu'il faut développer. Ce peut être une innovation lancé par une entreprise existante. Ou encore, il s'agit tout simplement de développer une entreprise existante, qui a déjà de bons produits. N'oublions pas que l'innovation consiste aussi à défricher de nouveaux marchés, à l'export, ou, tout simplement, en conquérant à un nouveau segment de clientèle.

 


L'innovation et les entreprises existantes    

     Des entreprises existantes peuvent ainsi lancer un nouveau produit, qui leur permet de continuer à se développer. Par exemple, Caterpillar a fait une diversification originale dans la chaussure. De l'utilitaire vers la mode. Converse,fabriquait des chaussures de sport pour les sportifs, elle s'est ensuite développée sur le secteur des chaussures de sport à la mode. Elle a suivi en cela l'évolution du marché.


     D'autres parviennent à se développer en rachetant d'autres entreprises plus récentes pour profiter d'un nouveau secteur d'activité. IBM a débuté dans la fabrication de machines de bureaux. Il a évolué vers les calculateurs électroniques. Il est aujourd'hui une des principales entreprises de logiciels et de services informatiques, tout en restant présent dans le matériel. Il a notamment racheté Lotus, une société qui s'était fait connaître en vendant un tableur, et qui a rebondi ensuite avec un logiciel de messagerie.


     Idem pour General Electric, présent dans la santé, l'aéronautique, la finance, l'énergie et l'audiovisuel. Le conglomérat rachète et revend des filiales au gré des évolutions de l'économie.


     Ces grosses sociétés essaiment parfois des start up. C'est à dire que, parfois, quand leurs laboratoires font une découverte intéressante, elles externalisent l'es chercheurs dans une nouvelle société, une start up, indépendante. Une société qui à vocation a être coté sur un marché boursier. L'objectif est de faire en sorte que la découverte se développe sans supporter les lourdeurs d'un grands groupe. De plus, le groupe peut ne pas être certain que cette découverte entrera dans le cadre de sa stratégie.


Créer un processus de croissance par l'innovation en France

     Pour relancer la croissance en France, on peut essayer de recréer le processus de croissance par l'innovation, d'une manière artificielle. Ce serait une politique d'imitation, comme cela a déjà été mené dans le pays et dans d'autres. L'histoire montre que quand une industrie se développe dans un pays, les autres tentent de l'imiter. A la différence qu'aujourd'hui, ce n'est pas une industrie, comme les chemins de fer par exemple, ou les filatures, qu'il faute imiter. Mais un processus.


     Pour recréer ce processus en France, la politique économique doit donc suivre deux axes. Il faut repérer les entreprises qui ont du potentiel, impulser et soutenir leur développement. Le principe est qu'il est plus simple de partir de l'existence. D'autant plus que la France crée beaucoup d'entreprise,s mais les développe peu. Par rapport aux Etats-Unis, elle a proportionnellement moins d'entreprises moyennes.


     L'autre axe de développement est de susciter, par la recherche, des innovations, créer et développer des entreprises pour les développer. Là aussi, dans un premier temps, on peut partir de l'existant. Il y a en France des laboratoires performant, comme ceux du CEA, le Commissariat à l'Energie Atomique, dont les recherches ne portent pas que sur le nucléaire, ou de l'INRIA (Institut National de Recherche en Informatique et Automatique). Les unités de recherches des universités sont également concernés.


     Les deux axes ne sont pas exclusifs l'un de l'autre. Dans les deux cas, il faudra développer des entreprises. On peut aussi proposer à des chercheurs universitaires d'étudier un produit, un processus de production, pour une entreprise. Ce serait un moyen d'amener la recherche et développement dans des PME. Pour les chercheurs, ce serait des missions ponctuelles. cela contribuerait au rapprochement entre entreprise et recherche, à partir des structures existantes.


     ll faut donc développer des structures, proches du terrain comme on dit, et non centralisées dans un ministère, à la fois pour rapprocher la recherche et les entreprises, et pour transformer les découvertes en innovation.


     Aux Etats-Unis, ce processus se fait souvent dans le cadre universitaire. Ce sont des étudiants, des chercheurs qui créent des entreprises. C'est donc dans ce cadre que pourraient être créées les structures pour développer l'innovation.


Un exemple possible d'action en faveur de l'innovation et du développement    

     Par exemple, et ce n'est vraiment qu'un exemple, qui demanderait à être validé, on pourrait confier ce rôle à des étudiant en troisième cycle universitaire, ou en master. Des étudiants en économie pourraient repérer des entreprises à fort potentiel, des marchés à défricher. En adaptant par exemple au pays ce qui existe dans d'autres pays. c'est une méthode simple, mais efficace. De jeunes chercheurs, en math, physiques, ou autres matières, pourraient étudier les possibles évolutions de produits ou de processus de production pour des entreprises. même des étudiants en lettres, souvent décriés pourraient jouer un rôle. Pour comprendre des marché à l'export, pour communiquer.


     Ces étudiants seraient bien entendu encadrés par des gens expérimentés, des chercheurs confirmés, des chefs d'entreprises ou d'anciens chefs d'entreprises.


Capital développement et capital investissement

     Mais il y a un élément central, qui est souvent oublié en France, quand on disserte sur l'innovation: le financement. C'est le point central. Pour créer une entreprise qui a du potentiel, pour développer une entreprise, il faut de l'argent. Plus précisément, il faut du capital. En effet, ce ne sont pas des projets destinés à être financés par des emprunts. C'est trop risqué pour une banque, et un crédit serait trop contraignant pour l'entreprise.


     Ce n'est pas non plus à l'Etat de financer ces projets. L'Etat peut financer les étudiants, la structure universitaire, la prospection d'entreprises à potentielle, les étudiants, la recherche fondamentale. Mais ce n'est pas à lui de financer les projets en eux mêmes. Pour plusieurs raisons.


     D'abord, dans le cadre du développement d'une entreprise, il faut que l'entreprise s'implique. Il ne faut pas qu'elle aille dans un projet financé par l'état pour voir. Il faut qu'elle y croit suffisamment pour le financer.


     Ensuite, l'Etat n'a pas le personnel expérimenté en nombre suffisant pour veiller au développement de start up, comme on appelle ces nouvelles entreprises prometteuses. Ce n'est pas son rôle. Il faut des professionnels, des gens impliqués encore une fois, qui engagent leur argent ou celui qu'on leur a confié.

 

 

     Surtout, personne n'a de formule pour savoir quels sont les projets qui marcheront et ceux qui échoueront. Chaque projet est un pari. Certains croiront en un projet que d'eutres condamneront. C'est pour cela qu'il ne faut pas laisser le financement entre les mains d'un service, d'une administration.


     Ensuite, le processus de création et de développement connaît nécessairement des échecs. Le grand public ne comprendrait pas les échecs financés par l'Etat.


     Enfin, la France dispose d'une épargne abondante. L'épargne doit financer l'activité. Il est logique d'en orienter une petite partie vers la création et le développement d'entreprise. Tout en ayant conscience qu'il s'agit de projet risqués, qui ne s'adressent pas à l'épargnant qui n'a qu'un livret A. Ce qu'il faut, c'est orienter l'épargne des plus riches vers ces projets, ou l'épargne de certains fonds, vers ces projets concrets plutôt que vers la spéculation.


 

 L'exemple américain de la création et du développement des start up

     Aux Etats-Unis, le principe de financement d'une start up est le suivant. Dabord, les fondateurs investissent leur propre argent. Les start up sont souvent créés par des gens qui ont déjà une bonne carrière derrière eux, et qui connaissent bien leur domaine d'activité. Il y a aussi les proches, la famille. Même dans le cas d'étudiants qui créent leur entreprise dans un garage, les belles histoires racontant qu'ils sont partis de rien sont souvent un mythe. Ou rien est une mise de 100 000 dollars, ce qui est faible pour une grosse entreprise, mais beaucoup pour le commun des mortels.


     A ce stade peuvent intervenir des financiers extérieurs, nommés business angels, si tant est que des financiers peuvent être des anges. Ce sont là encore des particuliers. il y a rarement des sociétés d'investissement finalement à ce premier tour de table comme on dit, autres que des sociétés de business angels.


     Ensuite, quand l'entreprise est créée, et qu'elle a besoin à nouveau d'argent, car 100 000 dollars c'est vraiment faible, un deuxième tour de table est organisé. A ce niveau, les sociétés de capital risque commencent à intervenir. Ce sont des fonds spécialisés dans le financement de start up. L'expérience de leurs gérants est également précieuse pour les créateurs d'entreprises.


     Il peut y avoir ensuite plusieurs tours de table, où les mêmes fonds ou d'autres remettent de l'argent. La jeune pousse, comme on doit appeler une start up en France aujourd'hui, peut disparaître. Elle peut vivoter. Elle peut se faire racheter par une plus grosse entreprise, ou fusionner avec une autre start up.


     Elle peut aussi être introduite en bourse. Ce qu'on appelle l'IPO: initial public offer (je crois). Elle n'est pas introduite sur le marché boursier principal, celui du Dow Jones ou du CAC 40 directement. Cela arrive, mais rarement. Il existe des marchés pour ce genre d'entreprises. Aux Etats-Unis, c'est le Nasdaq. En France, c'est l'Alternext. Ensuite, si l'entreprise grandit tout en restant indépendante, elle pourra passer sur la cote principal du marché parisien. Aux Etats-Unis, de nombreuses entreprises préfèrent néanmoins rester sur le Nasdaq.


     Les sociétés de capital risque financent les start up, les sociétés de capital développement financent le développement de sociétés existantes. La frontière n'est pas étanche, bien sûr. Une start up peut ensuite être financée par une société de capital développement.

  

Une aide pour les entrepreneurs 

        Ajoutons que ces sociétés de capital risque apportent aussi aide, expérience, et réseaux aux entreprises dans lesquelles elles investissent. Ce n'est pas là une vision idéalistes et angéliques de ces sociétés. leur intérêt est le développement de leurs investissements. C'est donc leur intérêt d'aider les entreprises dans lesquelles elles investissent.


     Les sociétés de capital risque et de capital développement doivent donc être associées à toute structure destinée à encourager la croissance par l'innovation. Ainsi que des "business angels", des investisseurs que les banques connaissent. Ce sont eux qui financent, et valident donc les projets.


La France ne part pas de rien    

     Notons que tous ces éléments existent déjà en France: capital risque, capital développement, business angels. Comme les centres de recherches, ainsi que les entreprises à potentiel. Il faut juste une politique qui mette en musique ces éléments pour favoriser leur action. 
 

     L'encouragement du capital développement sera d'autant plus utile que les entreprises françaises ont la réputation d'être souvent sous-capitalisées.


     Les patrons propriétaires de leur entreprises peuvent être réticents à partager le contrôle capitalistique de leur société, ou même le perdre. Cependant, si on leur propose un projet de développement concret de leur entreprise, ils peuvent se laisser convaincre, car, souvent, ce sont des bâtisseurs.


Un changement de politique pour la France

     Une politique en faveur du renouvellement économique n'est pas dans les habitudes de la France. La principale aide à l'innovation sont les crédits d'impôt recherche. Les dépenses de recherche des entreprises peuvent leur permettre de bénéficier de crédits d'impôt.


     Ce sont donc des entreprises déjà existantes, et qui ont les moyens de financer la recherche, qui en bénéficient. Alors que la France a surtout besoin d'encourager le financement de nouveaux projets, de nouveaux investissements pour des entreprises moyennes.


     Aux USA, on considère que deux mesures ont encouragé le développement des start up. Une loi donnant aux universités la propriété des découvertes scientifiques faites en leur sein. Et un système fiscal avantageux pour ceux qui investissent dans des start up.


     J'ai montré dans l'article Faut-il augmenter les impôts des riches? Faut-il augmenter les impôts des riches?  que les bénéficiaires de plus values et de dividendes disposaient d'une fiscalité avantageuse. Ces avantages pourraient être réservés aux investisseurs des start up, ou pour ceux qui investissent dans le capital développement.


     De même, on encourage l'investissement immobilier en France, alors que la pierre est déjà, le placement préféré des français. Des avantages au profit de ceux qui investissent dans le développement de l'économie seraient plus judicieux, et profiteraient aussi au bâtiment. Car une entreprise qui se développe investit, a besoin de locaux, d'installations électriques, etc.


     On peut instaurer des crédits d'impôt pour dépenses de recherche, mais uniquement pour les versements faits pour des laboratoires universitaires. Cela rapprocherait la recherche des entreprises, la rendrait accessible aux PME, et financerait les universités, qui sont elles aussi indispensable à la croissance par l'innovation.


S'intéresser à l'innovation plutôt que favoriser les grands groupes    

     Mener une politique de croissance par l'innovation serait une petite révolution en France. Traditionnellement, l'Etat favorise plutôt les grands groupes, comme le montre les politiques de crédit d'impôt, les politiques de grands contrats, les sommes octroyées à l'automobile. De plus, il a plutôt une politique malthusienne de réduction de la population active, avec les politiques de pré-retraites prises depuis la crise des années 1970, et de réduction du temps de travail.

   

     Enfin, on s'intéresse au renouvellement économique seulement quand une entreprise ferme. On organise alors une revitalisation des sites industriels, après avoir essayé, par des manifestations d'éviter la fermeture de l'entreprise.


     Alors qu'une politique constante de croissance par l'innovation permettrait de créer suffisamment d'emplois à la fois pour absorber l'augmentation de la population active, ainsi que pour permettre à ceux qui ont perdu leur emploi d'en retrouver un plus facilement.


     Une politique de croissance par l'innovation oblige aussi à développer le financement de l'économie par des fonds, les sociétés de capital risque, et de capital investissement. Ce qui n'est pas forcément bien vu dans un pays où on les confond avec des spéculateurs. de plus, ces investisseurs ont un pouvoir dans l'entreprise, ce qui est également mal vu. c'est un a priori qu'il faudra vaincre, car ces fonds peuvent créer les emplois dont le pays a besoin.


     C'est la principal conclusion que l'on peut souligner à propos de la croissance par l'innovation. La clef de ce processus est le financement, et une telle politique doit favoriser le capital risque et le capital développement.


NB: pour ceux que le capital développement intéresse, je leur conseillerais le site de l'AFIC.


 

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Loi hadopi, internet et les mutations de l'industrie culturelle

28 Avril 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

     La loi Hadopi est cette loi qui doit punir les internautes qui téléchargent des œuvres audio et vidéo sur le net. Après bien des vicissitudes, rocambolesques même, cette loi va repasser devant le parlement. elle alimente beaucoup de débat, en particulier la suspension de l'abonnement à internet qui est sa riposte principale contre les téléchargements.


     Cet article est une réflexion sur les effets d'internet dans l'industrie culturelle. L'idée m'en est venu après la découverte d'un article sur une pétition d'auteur contre la loi Hadopi, sur le site http://les-humeurs-de-svetambre.over-blog.com/article-30685096-6.html. Cette pétition illustre les avis partagés des auteurs sur cette loi, qui est pourtant présentée comme étant faite spécialement pour eux.


     Internet et le téléchargement sont présentés comme les responsables de la baisse des ventes de musique en France. Je ne suis pas d'accord avec cette analyse. Je ne peux démontrer qu'il n'y a aucun rapport, mais qu'il y a au moins un autre facteur explicatif.


     En effet, le marché de la musique qui a plongé en premier est celui de la musique classique. Et cela avant le développement d'internet à l'échelle que l'on connaît actuellement. Et alors que les amateurs de musique classique exigent quand même une qualité d'écoute qui ne se retrouve pas forcément sur un fichier téléchargé, qui est aléatoire, ni sur un ordinateur.


     Ce marché de la musique classique avait été boosté par l'apparition du CD, et tous les réenregistrements. Puis, le marché s'est contracté quand il n'y a plus rien eu à rééditer.


     Ce qu'on classe dans la variété a suivi la même envolée avec l'apparition du CD, mais dans de plus grandes proportions. La contraction qui a suivi est logique. Avec ou sans internet.


     On dit aussi qu'internet a habitué les gens à la gratuité de la musique. Ce qui, la encore, est faux. En effet, la musique est gratuite depuis la nuit des temps. Elle n'est vendue que depuis l'apparition des techniques d'enregistrement à grande échelle. Mais les chanteurs étaient surtout connus par la radio. D'ailleurs, on peut se demander si ce ne sont pas les radios musicales, qui voient leur audience baisser, qui sont les principales victimes d'internet.


     Internet est très pratique dans le contexte actuel de multiplication des genres musicaux. Il n'y a plus la variété et le classique, comme un temps. Il y a le rap, toutes les musiques électroniques, de dance, les différents blues, et des tas d'autres genres musicaux que le commun des mortels ignore, mais qui passionnent des millions de personnes à travers toute la toile.


     Les gens écoutent sur internet, et, si ça leur plaît vraiment, ils achètent un CD, un DVD, un produit dérivé, une place de concert. des artistes ont laissé les internautes payer ce qu'ils voulaient pour un album, et ne s'en sont pas mal sortis. Il y a également de nouveaux artistes qui se sont fait connaître uniquement grâce au web.


     De cette nouvelle économie, des mastodontes émergent, comme Live Nation. cette société prend des artistes sous contrat, et organise tout pour eux, en particulier les concerts et la vente de produits dérivés. Internet n'a en rien cassé l'engouement pour les chanteurs, quand on voit le prix des places de concert, parfois pour être perdu au milieu d'une foule dans un stade. c'est une nouvelle économie qui se met en place. Le web servant de gigantesque plate-forme pour se faire connaître.


     Le modèle économique des majors du disque est mis à mal par cette nouvelle économie. Ce modèle consiste à repérer quelqu'un, et à investir sur cet artiste pour le faire connaître: relooking, écriture de musique, de textes, distribution de singles aux radio. Ce modèle était déjà problématique avec la multiplication des genres musicaux, qui obligeait à dépenser plus ou à prendre le risque de se focaliser sur un genre. Internet rend les investissements encore plus aléatoires, un parfait inconnu pouvant se faire connaître à moindre frais.


     Il y a aussi un retournement du rapport de force. Auparavant, la major pouvait, dans une certaine mesure, imposer un artiste, et un prix de vente pour les disques. Elle pouvait décider de ce qu'elle vendait. Aujourd'hui, le public a plus de pouvoir. Il choisit ses artistes, et plébiscite les concerts.


     Le même raisonnement peut se tenir pour les séries télévisées. Le public est habitué à la gratuité. Pourquoi payer cinquante euros pour le coffret d'une saison? Surtout si c'est pour le plaisir de voir la série en VO. Le chaînes américaines, et les maisons de productions, commencent à proposer de plus en plus la diffusion gratuite sur internet. La catch TV, la télévision de rattrapage, pour ceux qui ont manqué le film. L'offre gratuite est encore faible en France, et n'inclut pas, à ma connaissance, la VO.


     J'insiste sur la VO car beaucoup de gens ont l'air de télécharger les séries pour trois raisons: les regarder quand ils veulent, avoir plus tôt les dernières séries américaines, et avoir la VO. On le voit, ce sont des services que les chaînes de télévision pourraient offrir.


     Les magasins aussi sont bousculés. Il ne suffit plus de présenter des kilomètres de rayons avec quelques blockbusters. Il faut pouvoir proposer la diversité du net. Ou une réelle valeur ajoutée: la mise en avant de produits en fonction de leurs qualités. par exemple, on ira plus souvent dans un magasin si on sait qu'il mettra régulièrement en avant, à un prix raisonnable, un produit du genre qui nous intéresse.


     Internet met la pression sur le choix, et le prix. Il requiert des magasins un travail sur la valeur ajoutée. Les magasins peuvent présenter aussi un peu plus de produits dérivés.? bref, ils doivent se transformer.


     Je ne soutiens pas le piratage. Mais le vrai piratage, ce ne sont pas les internautes qui téléchargent des milliers de fichiers qu'ils n'écouteront pas forcément. Les vrais pirates sont ceux qui revendent les œuvres piratées.


     Quant au téléchargement, on peut débattre pour savoir si c'est du vol, ou simplement un test pour sélectionner ce qui nous plaît vraiment. Mais les problèmes de l'industrie culturelle ne viennent donc pas forcément du téléchargement sur internet. Mais peut-être plutôt de la fin d'un modèle. Par conséquent, la loi hadopi ne les aidera en aucune façon.

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A quoi sert le FMI aujourd'hui?

26 Avril 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     Le FMI multiplie les annonces catastrophiques, ainsi que les injonctions aux différents gouvernements pour qu'ils injectent de plus en plus d'argent dans leurs économies. Le FMI fait dans le catastrophisme, ce qui paraît étonnant pour une organisation que l'on pense a priori sérieuse. La situation est-elle donc encore plus grave que ce que nous disent les gouvernements et les banques centrales, ces dernières étant également des organismes réputés sérieux? Ou le FMI a-t-il simplement besoin d'exister?


     La question peut sembler provocatrice. Elle est pourtant récurrente depuis que la raison d'être du FMI a disparu. Cette raison d'ëtre, c'était le système de changes de Bretton Woods, basé sur l'étalon or.


     Après la deuxième guerre mondiale, la réunion de Bretton Woods a posé les bases d'un nouveau système financier mondial. Le but était de renforcer la coopération monétaire, en tirant les leçons de la crise de 1929 et de tout ce qui s'était passé après cette date.


     Le nouveau système financier était donc basé sur l'or. Chaque monnaie était définie par rapport dollar, et le dollar était convertible en or. C'était donc un système dans lequel les monnaies étaient définies par rapport à l'or, par l'intermédiaire du dollar. La parité des monnaies ne devait fluctuer par rapport à cette parité que dans de faibles proportions. En cas d'impossibilité de maintenir cette parité, les monnaies pouvaient être dévaluées. Un ajustement monétaire supérieur à 10% devant obtenir l'accord du FMI (cf les articles du FMI dans Wikipédia, Le Fonds Monétaire International, et Les accords de Bretton Woods, qui sont de bonnes qualités à la date où j'écris).


     Le rôle du FMI était d'aider les pays à maintenir cette parité vis à vis de l'or, en octroyant des prêts aux pays pour soutenir leur monnaie si nécessaire. Le but de ce système monétaire stable était de favoriser de favoriser les échanges entre les pays.


     Ce système prend fin en 1971, avec la fin de la convertibilité du dollar en or. Personne n'a décidé de la fin du système. Celui-ci a atteint ses limites (cf Wikipédia ). Un régime de changes flottants s'instaure en 1973, et officialisé en 1976.


     Dans un système de changes flottants, les monnaies n'ont plus de parité fixe avec un métal, comme l'or. Et elles n'ont donc plus de parité fixes entre elles. La valeur de chaque monnaie par rapport aux autres fluctuent chaque jour.


     On insiste beaucoup sur la spéculation dans les fluctuations des valeurs des monnaies dans un tel système. Cependant, les facteurs réels sont les plus importants. Une monnaie évolue en fonction du taux d'intérêt fixé par la banque centrale. Et aussi par les besoins du commerce mondial.


     Le FMI a donc perdu une grande partie de ses fonctions. En effet, dans un système d'étalon or, il prêtait aux pays qui devaient soutenir leur monnaie. Dans le système de changes flottants, cette fonction a disparu. Il n'y a plus besoin de soutenir une parité fixe.


     Le FMI n'est plus le gardien de la stabilité du système fiancier, car il n'a plus prise sur le système. Ce sont les banques centrales de chaque zone monétaire qui gèrent les monnaie, et surveillent la stabilité monétaire.


     On l'avait déjà vu quand la faillite du fonds LTCM avait menacé le système financier. C'est la banque centrale américaine, la Réserve fédérale, qui a agi, seule.


     Aujourd'hui, ce sont à nouveau les banques centrales qui agissent, pour prévenir un risque systémique. Le FMI n'a de toutes façons aucun moyen d'agir. En effet, ilstraitent avec les Etats, pas directement sur les marchés interbancaires et financiers, ni directement avec les banques commerciales de chaque pays.


     La coopération internationale se passe aussi du FMI. Elle se fait à travers le G7, et le G20. C'est ainsi le G7 qui, un temps, avait essayé de stabiliser la valeur du dollar (accords du Plaza, si je ne me trompe, entre autre). Aujourd'hui, les banques centrales ont montré qu'elles coopèrent, de manière informelle, dans la crise financière, quand elles ont annoncé ensemble qu'elles fourniraient des liquidités aux banques. Elles sont sur la même longueur d'onde.


     Le rôle qui reste au FMI est d'octroyer des prêts aux Etats qui ont des difficultés budgétaires qui peuvent les mettre en péril. Quand ces Etats ne peuvent plus faire appel aux marchés financiers par exemple. Ainsi, dans la crise asiatique, le FMI était dans son rôle. Il a dans ce cas le rôle d'une banque d'urgence.


     Ce rôle est plus limité que ses anciennes prérogatives. Et il pourrait même éventuellement être rattaché à la banque mondiale.


     Depuis la fin des taux de changes fixes, le FMI tente de s'inventer de nouvelles mission. Il entend ainsi se consacrer à la réduction de la pauvreté.


     Comme tout organisme, le FMI a tendance a vouloir prendre de l'importance. Il aimerait bien sans doute de nouveaux accords de Bretton Woods, qui lui redonneraient son importance perdue. Comme il cherche à s'imposer comme étant incontournable dans la gestion de la crise actuelle. Alors que ses possibilités d'action dans cette crise sont limitées. C'est seulement le financement de pays en difficulté. Ce qui n'est pas si mal. C'est un rôle important. Mais mineur par rapport à celui des banques centrales.


     D'où, selon moi, le catastrophisme du FMI. Ses appels à de gigantesques plans de relance lui permettent d'exister médiatiquement. Son choix de l'option la plus catastrophique pour l'évaluation des actifs toxiques des banques également.


     Par contre, il n'intervient pas dans le débat, concret, des normes comptables, qui est lié à l'évaluation des actifs toxiques (cf Les normes comptables et la crise financière: l'effet pro-cyclique ). ce sont pourtant ces normes qui déterminent l'évaluation des actifs toxiques.


     On peut même se demander s'il ne n'exigera pas un plan de rigueur, quand il s'agira pour lui d'aider un pays qui aura, sur ses recommandations, avant d'avoir besoin d'un prêt, lancé un gigantesque plan de relance. Dans ce cas, le FMI est peut-être en contradiction avec lui même. Il faudrait qu'il clarifie sa position.


     On peut aussi comparer les réactions du FMI à celles, beaucoup plus mesurées, des banquiers centraux, qui eux sont véritablement en train d'agir, d'une manière très vigoureuse. Ils n'ont pas besoin de déclaration tonitruante. Au contraire, le montant des sommes qu'ils ont engagées inquiète, et ils doivent se montrer rassurants.


     Pour décrypter les mouvements qui se font autour de la crise, il faut ainsi prendre en compte les enjeux de pouvoir. La Chine voudrait que le dollar ne soit plus une monnaie de référence. Les européens voudraient une régulation différente de celle voulue par les Etats-Unis. Ces derniers voudraient plus de dépenses de la part des européens, pour soutenir l'économie américaine, dont le secteur financier est le plus touché. Le G20 voudrait supplanter le G7. Les pays comme le Brésil, la Russie, l'Inde, la Chine désirant prendre plus d'importance au niveau mondial. Et le FMI souhaiterait profiter de la demande d'une autre régulation pour retrouver son rôle d'antan.

 

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La crise est-elle finie?

25 Avril 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     L'ambiance est moins morose dans les médias ces derniers temps. On commence à envisager le début de la fin de la crise. Les banques américaines ont de bons résultats. jusqu'à la consommation française qui a augmenté.


     Seul le FMI fait les gros yeux, estimant que les banques doivent faire de plus grosses dépréciations, et poussant les gouvernements à injecter de plus en plus d'argent dans leurs économies.


     Les bons résultats des banques américaines sont en effet encourageants. De même, le fait que certains fonds se créent pour racheter des parts d'entreprises sous-évaluées. Comme je l'indique dans l'article  Le début de la fin de la crise? , cela montre les mouvements de l'économie pour sortir de la crise.


     Ce que nous voyons aujourd'hui, c'est un mouvement de stabilisation du système financier. Nous ne sommes pas à l'abri d'une nouvelle catastrophe type faillite de Lehman Brothers. Nous aurons encore des soubresauts. Mais on peut envisager d'avoir atteint un point bas, point de départ vers une normalisation.


     Il faut s'en féliciter, avec les précautions d'usage. Tout en replaçant les choses dans le contexte temporel. En effet, je le répète à nouveau, n'oublions pas le facteur temps. La crise n'est pas apparue d'un seul coup, elle mettra du temps à se résorber.


     Dans notre monde d'instantanéité médiatique, c'est un élément qui a du mal à passer. On recherche LE signe de relance, de reprise. Il n'y en aura pas. L'économie sera déjà repartie depuis quelque temps avant qu'on s'en aperçoive.


     Il y a d'abord eu la baisse de l'immobilier américain. Puis le blocage des marchés financiers. Puis le ralentissement de toute l'économie.


     Aujourd'hui, les marchés financiers semblent en voie de stabilisation, sans que l'on soit revenu à la normal. Le marché du crédit interbancaire fonctionne encore très mal. Nous ne sommes qu'au début du processus, qui est encore fragile.


     Ensuite, il faut attendre la stabilisation de l'économie. Celle-ci a ralenti brusquement en partie à cause de la peur. Les entreprises ont ralenti la production pour déstocker, les gens ont arrêté d'acheter par peur du lendemain. Une fois la confiance revenue, l'économie se stabilisera.


     Cependant, il ne faut pas oublier deux choses. D'abord, l'économie a, en quelque sorte, grandi dans un mauvais sens. C'est l'endettement américain qui a tiré l'économie mondiale. Il y a un reflux, une baisse des PIB, qui est normale, inévitable. On revient à la situation d'avant le départ de la mauvaise croissance, pour parler de manière imagée.


     Durant cette phase, il faut aider les gens qui perdent leur emploi, qui sont en difficulté. Ce qui soutient l'économie en atténuant le reflux de la consommation. Donc, l'économie ne revient pas tout à fait à son niveau d'avant la mauvaise croissance. Et toute la croissance n'était pas mauvaise d'ailleurs.


     Puis, l'économie se reprendra, progressivement. Il ne faut pas jouer les Cassandre. D'autant que personne ne détient LA vérité. La reprise prendra du temps, également. Il faut du temps pour construire.


     Ensuite, il ne faut pas oublier non plus que nos économies européennes avait des problèmes de croissance, de chômage, de précarité avant la crise. Les relances keynésiennes ont été incapables de relancer nos économies. Cette situation se retrouvera après la sortie de crise.


     Toute l'économie mondiale restait, quoiqu'on en dise, encore largement tirée par l'économie des Etats-Unis. A nouveau, quand les Etats-Unis toussent, l'Europe s'enrhume. s'ils arrivent à restructurer suffisamment vite leur système financier, les USA retrouveront certainement un taux de croissance supérieur à celui de l'Europe. C'est ainsi depuis un certain temps.


     Il ne faut donc pas oublier que la crise actuelle se développe dans une économie qui était déjà faible. Le défi de la France, c'est de trouver un moteur interne à son économie, de ne pas dépendre uniquement de l'environnement mondial, et donc des Etats-Unis.


     La France a des atouts. Son économie est une des plus diversifiées d'Europe. Ce qui faisait la force de l'Allemagne, du Royaume Uni, de l'Espagne, font aujourd'hui leur faiblesse. Ces pays dépendent trop d'un secteur d'activité.


     Il ne faut donc pas oublier que sous la crise, visible et médiatisée, il y a toujours cette crise latente qui dure depuis longtemps. La majeure partie des problèmes sociaux existaient avant la crise financière. Celle-ci n'a fait que les accentuer. Comme le chômage, par exemple.


     C'est pourquoi la politique contre la crise doit avoir deux composantes. Une composante conjoncturelle, en quelque sorte, qui réglera le problème plus urgent de la crise financière: restaurer les marchés financiers, accompagner le reflux.


     Une composante de fond, en quelque sorte, pour donner un véritable élan au pays: instaurer en France les conditions pour une croissance plus forte, qui permette de résorber le chômage.


     La première dimension est assez bien prise en compte. La deuxième est bien évidemment plus compliquée.

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L'inflation: le retour?

23 Avril 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Le quotidien Les Echos publie ce jeudi 23 avril un débat entre quatre économistes sur l'inflation, et son possible retour. Ce débat appelle quelques commentaires de ma part.


     Dans ce débat apparaît une interrogation sur le "job" des banques centrales: doivent-elles seulement surveiller les prix à la consommations, ou aussi celui des actifs, financiers ou immobiliers? Avec son corollaire: comment décider s'il y a ou non inflation des actifs, leurs prix étant beaucoup plus fluctuants?


     J'ai déjà exprimé mon opinion sur cette question dans l'article Inflation, déflation: explications et risques. . L'inflation, c'est une hausse des prix engendrée par une augmentation de la masse monétaire. Il y avait une inflation dans l'immobilier, donc des actifs immobiliers, avant le déclenchement de la crise financière, car l'augmentation de leurs prix venait entièrement de l'augmentation des crédits immobiliers. Or, l'augmentation du crédit, c'est une augmentation de la masse monétaire.


     Le problème de la plupart des économistes, c'est qu'ils recherchent un ou plusieurs indicateurs chiffrés qui indiquent clairement si on est en période d'inflation. Or, il n'en n'existe pas. Sauf si les prix à la consommation augmentent très fortement, même la mesure de l'inflation par l'indice des prix à la consommation prête à interprétation.


     Il faut toujours avoir une réflexion pour estimer s'il y a ou non inflation, en particulier pour le prix des actifs. Ce qui va à l'encontre du désir de mathématisation de l'économie.


     On s'interroge aujourd'hui sur le risque inflationniste que représente les injections de liquidités dans le système financier par les banques centrales. En effet, l'injection de liquidités, c'est de la création monétaire. Ne va-t-on pas vers une sortie de crise inflationniste?


     Là encore, il faut faire une analyse qualitative, si j'ose dire, et pas seulement quantitative. Si ces liquidités servent au fonctionnement normal de l'économie, pas de problème. Par contre, s'il s'agit de relancer l'économie par la création monétaire, là il y a un risque inflationniste.


     Pour le moment, l'objectif des banques centrales est de suppléer au blocage des marchés financiers, qui ne permettent plus le fonctionnement normal du crédit. eE aussi d'éviter un risque systémique, en soutenant le système financier, dans le cas de la banque centrale américaine.


     Rien n'indique un désir de relance par la création monétaire. Cependant, je n'ai pas les données pour affirmer qu'il n'y a pas une création monétaire trop importante. Mais, c'est ce que ceux qui ont les données doivent regarder. L'atonie du crédit semble indiquer qu'il n'y a pas, pour le moment, de risque inflationniste.


     De plus, il ne faut pas oublier d'intégrer dans le raisonnement les actifs dits toxiques. Ces actifs représentent des crédits. Leur valeur diminue car les crédits qu'ils représentent ont une forte probabilité de ne pas être remboursés. Or, le crédit, c'est de la création monétaire. Si un crédit n'est jamais remboursé, et que la banque est obligée de le passer en pertes, cela diminue la masse monétaire. On parle souvent de plusieurs milliers de milliards de pertes sur les actifs toxiques. Une réflexion sur l'inflation doit intégrer cet aspect.


     Un autre aspect doit être évoqué, et il l'est dans le débat des Echos, c'est la capacité des banques centrales à retirer les liquidités injectés du circuit financier. Quand les marchés financiers recommenceront à fonctionner normalement, ces banques centrales, déjà, prêteront moins aux banques. Les banques remboursent les crédits octroyés par les banques centrales. Le seul fait de prêter moins que ce qu'on leur rembourse peut ajuster le montant des liquidités au niveau nécessaire à l'économie, et éviter une inflation.


     En conclusion, le risque inflationniste existe, mais on a quand même des moyens de l'éviter. Beaucoup de facteurs sont en jeu: protectionnisme, entraves au commerce en général, réglementation inflationniste, qui réduirait la concurrence dans certains secteurs. Il ne faut pas oublier que la maîtrise de l'inflation vient de l'augmentation de la concurrence. Là encore, nous avons les moyens d'éviter l'inflation. Mais il faut l'appréhender correctement, comme je l'indique au début de cet article.


 

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