Analyse Libérale

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Reclassement en Roumanie obligatoire!

13 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

J'avais lu dans la presse qu'une entreprise avait été condamnée à verser 2,5 millions d'euros pour ne pas avoir proposé à ses salariés licenciés un reclassement en Roumanie, à un salaire de misère. J'avais cru à une erreur lors de la publication de l'article. Cependant, cet article lu dans Challenge confirme que ce n'est pas une erreur. Une entreprise est obligée de présenter à ses salariés toutes les possibilités de reclassement, même les plus absurdes. Par conséquent, quand une entreprise proposera un reclassement en Inde ou dans un autre pays, comme cela s'est déjà vu, cette entreprise ne se moque pas des salariés. elle est obligée de le faire!

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L'économie et l'écologie

13 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

 

     L'écologie étudie les relations des êtres vivants avec leur environnement. Actuellement, elle étudie particulièrement les relation de l'homme avec l'environnement. Dans son acception courante, elle est devenue synonyme de préservation, et de restauration, de l'environnement, c'est-à-dire la planète.


     C'est cette dernière définition qui sera retenue ici. Elle ne satisfera pas les puristes, mais c'est ce que signifie l'écologie pour les gens aujourd'hui. On pourrait parler des relations entre la préservation de la planète et l'environnement. Mais ceux qui revendiquent vouloir protéger l'environnement se nomment écologistes, et sont catalogués écologistes. Je ne fais donc que reprendre le terme courant.


     Cet article traitera d'abord des rapports entre la théorie économique et l'écologie. Puis, il abordera l'économie dans ce qu'on peut appeler l'écologie politique en France, en prenant comme base le programme de la liste "Europe écologie", qui a eu tant de succès aux élections européennes de juin 2009 en France. Enfin seront confrontés la théorie économique et le programme d'europe écologie.


     Les choix ci-dessus sont très réducteurs pour l'écologie, qui est une vaste mouvance. Je ne parlerai pas, par exemple, de la décroissance. Je me limite à l'offre politique principale dans le pays. Car cette écologie politique souhaite gouverner, et doit donc avoir un programme économique, qui doit être analysé.


L'écologie et la théorie économique

     La théorie économique dont il sera question ici est l'économie de marché. C'est le système le plus répandu. Il constitue une référence, en bien ou en mal, selon les opinions, Il est aussi un point de référence pour l'écologie politique.


     L'économie de marché n'envisage pas l'écologie. Pour une raison simple: c'est un élément extérieur. L'économie ne décide pas de ce qui est bon ou mauvais pour l'environnement. Ce n'est pas son domaine. C'est comme la médecine, ou la biologie. Ce n'est pas l'économie qui décide si un produit est sans danger ou mauvais pour la santé. Le marché laisse les spécialistes décider.


     Il y a un économiste, Thomas Malthus, qui considérait qu'il fallait stopper l'accroissement de la population, car il pensait qu'on ne pourrait pas nourrir tout le monde. Ce n'est pas de l'écologie cependant. Puisqu'il s'attache à limiter la croissance de la population seulement, sans considération environnementale. Et nous sommes toujours face à une contrainte externe à laquelle l'économie devrait s'adapter.


     L'économie est donc totalement neutre du point de vue écologique. Si une technologie est prouvée mauvaise pour la planète, on arrête de l'utiliser, point. L'écologie sert à déterminer des normes à respecter par la population, producteurs et consommateur. Ces normes orientant le développement technologique, comme on le voit aujourd'hui avec le développement des projets concernant les technologies "vertes", ce qu'on appelle les "greentech".


     Les industriels peuvent protester contre l'instauration de normes. Ou les encourager. Des producteurs de charbons peuvent protester contre des normes anti-pollution, et des producteurs éoliennes revendiquer le subventionnement de leurs produits. Chacun défend son intérêt. C'est aussi un débat sain. Car l'écologie est traversée par des débats. Mais, au final, tous les acteurs doivent respecter les normes. Forcer si nécessaire aux respect de ces normes est d'ailleurs un des rôles de l'état en économie de marché.


     De même, certains choix de normes peuvent être fait en fonction des coûts des différentes technologies nécessaires pour les respecter. Il s'agit toujours d'un problème de choix de normes. Cela ne touche pas le mode de fonctionnement du système d'économie de marché. Il s'agit juste d'évaluer l'impact d'une nouvelle norme. Pas son efficacité économique.


L'économie de l'écologie politique.

     Les propositions présentées ici sont issues du programme de la liste "Europe écologie, des européennes de juin 2009, complétées à la marge par divers articles d'actualités ou d'autres informations recueillies sur le net.


     Économiquement, la base de ce programme est une critique de l'économie de marché. Celle-ci est considérée comme étant productiviste. c'est-à dire qu'elle encourage au toujours plus, à toujours produire plus, et donc à gaspiller les ressources de la planète. L'économie de marché est dite productiviste également parce qu'elle ne prend pas en compte, selon les écologistes politiques, la notion de mieux vivre. Ils ne suffit pas d'avoir plus, il faut surtout vivre mieux.


     Le programme d'Europe écologie s'inscrit dans une ligne dirigiste, ou d'économie administrée. Il reprend ainsi la politique de réduction du temps de travail, pour lutter contre le chômage.


     De même, ce programme prône la création d'un tiers secteur, dans lequel sont classées des emplois d'utilité sociale, culturelle, environnementale. Ce secteur comprend les mutuelles, les associations, les coopératives. Il doit être soutenu par une politique spécifique.


     Le programme d'Europe écologie considère que les emplois "verts", de l'agriculture biologiques à tout ce qui concerne le traitement des déchets, permettra également de résorber le chômage car ces secteurs nécessitent beaucoup de main d'œuvre.


     Parmi les propositions de l'écologie politique, on trouve également le protectionnisme. Officiellement, il s'agit de créer une taxe pour lutter contre le dumping social et écologique, qui détruit des emplois en France.


     Enfin, l'écologie politique veut que la Banque Centrale Européenne devienne un vecteur de crédits publics, que l'émission monétaire serve à financer les états.


La vieille opposition dirigisme vs économie de marché

     La particularité de l'écologie politique, dans le courant représentée ici, est donc de reprendre à son compte la vieille opposition entre dirigisme, ou économie administrée, et économie de marché. Opposition qui était symbolisée auparavant par le communisme.


     Elle reprend les arguments de concurrence sauvage, et l'idée d'aliénation, à savoir que l'économie de marché détourne de ce qui est essentielle dans la vie, par sa course au productivisme, comme on parlait autrefois plutôt de la course au profit.


      Elle reprend l'idée que l'Etat peut décider de créer des emplois, en subventionnant le secteur associatifs, en imposant l'agriculture biologique, en réduisant le temps de travail. En créant des services de maintenance, de réparation, plutôt que de consommer des produits jetables.


     Tandis que l'économie de marché considère que le processus n'est pas si simple, et que l'histoire a prouvé, dans les pays communistes par exemple, mais aussi en France, que l'emploi ne résultait pas d'une simple décision de l'état, comme l'embauche de fonctionnaires, ou la réduction du temps de travail.


     L'écologie européenne reprend également l'argument traditionnel selon lequel c'est la concurrence étrangère qui est responsable des problèmes de la France. L'argument social est tendancieux: faut-il que les pays en développement adoptent d'un seul coup des normes de protection sociale qui n'ont pu être mise en place que progressivement chez nous, grâce au développement de l'économie de marché? D'autre part, comment déterminer le dumping social? Par exemple, un pays où les soins médicaux seraient plus encadrés pratiquent-ils un dumping social? N'oublions pas que la France est en déficit commercial avec des pays comme l'Allemagne, qui ne peuvent pas être accusés de dumping social.


     De même, sur le plan écologique, faut-il pénaliser ou favoriser les pays qui font le choix de l'énergie nucléaire, et qui donc rejetteraient moins de CO2? Le choix n'est pas simple.

     Enfin, l'écologie politique reprend l'argument traditionnel selon lequel la Banque Centrale Européenne doit financer les états par émission monétaire, c'est-à-dire qu'elle ne doit pas lutter contre l'inflation.


Un prétexte écologique?

     L'écologie politique fait le lien entre la destruction de l'environnement et l'économie de marché par le productivisme. A savoir que l'économie de marché est forcément contraire à l'écologie, car son but est de produire toujours plus, et de ne pas tenir compte du bien être humain.


     L'argumentaire est très léger. Le productivisme n'est ni un principe, ni une règle de l'économie de marché. Le mode de fonctionnement de celle-ci, c'est que chacun peut mettre en vente ce qu'il veut, bien ou service. Que ce soit des productions "productivistes" ou non.


     Le productivisme s'est développé parce que les gens apprécient d'avoir de bons produits à bas prix. Mais il ne s'agit que d'un mode de production, d'une technique. l'artisanat n'a pas disparu, loin de là. Aujourd'hui se développent des productions qui se disent "vertes", ou équitable également. Tout simplement car aujourd'hui il y a des consommateurs pour ce type de produits.


     On peut bien sûr considérer que les grandes firmes se partagent le monde et poussent au productivisme. Mais cela ne remet pas en cause le fait que le productivisme n'est pas un principe de l'économie de marché. Ce serait une situation d'oligopole, avec constitution de barrière à l'entrée pour empêcher la concurrence, ce qui est contraire à l'économie de marché.


     Il faut reconnaître que bon nombre d'économiste explique bien mal leur matière. Dans le but de faire de leur discipline une science, ils habillent les théories de calculs mathématiques. Or, ce qui se mesure, c'est la productivité, le profit. Les autres motivations des gens ne se mesurent pas.


     Cependant, si le grand public est largement excusable de ne pas connaître les principes de l'économie de marché (connaît-on les principes de la mécanique quand on a son permis de conduire?), les théoriciens écologistes eux n'ont pas cette excuse. 'est pourquoi on peut parfois se demander si l'écologie n'est pas un prétexte à un nouvel avatar de l'anti-économie de marché.


     (Je précise que je trouve la critique constructive indispensable au progrès, en économie comme ailleurs. Le propos ici n'est pas de dire que l'économie de marché n'est pas critiquable. C'est de se demander si le premier objectif de l'écologie politique est l'écologie ou l'anti-économie de marché.)


Conclusion

     Il n'y a pas d'opposition entre l'économie et l'écologie. L'écologie définit des normes que l'économie applique.


     L'écologie politique, elle critique l'économie de marché. Elle reprend les arguments traditionnels contre l'économie de marché, reprenant le rôle des communistes d'il y a quelques années. Elle prône une économie administrée et protectionniste, financée en partie par la création monétaire. Elle s'inscrit donc dans la traditionnelle opposition entre économie de marché et économie administrée.


     L'argument de l'écologie politique est que l'économie de marché est productiviste. c'est-à-dire qu'elle a pour but de produire toujours plus en quantité, et donc de piller les ressources planétaire.


     Cet argument ne tient pas. On peut parfois penser que l'argument écologique est un prétexte, et que l'écologie politique est plutôt un mouvement anti-économie de marché.

Selon le programme d'Europe écologie, je précise à nouveau. L'écologie n'est pas un mouvement uni ni monolithique.


     La description de l'économie de marché comme étant forcément productiviste est fausse. Cependant, les économistes qui disent défendre l'économie de marché portent une responsabilité dans cette conception de l'économie de marché. En effet, en se réfugiant dans les mathématiques, ils ne parlent plus que de ce qui est masurable, et donc de la productivité.


     L'écologie politique s'inscrit dans l'opposition entre économie adlministrée et économie de marché. Elle veut même financer sa politique par la création monétaire, malgré les crises inflationnistes connues en Europe dans les années 1970.


     On pourrait répondre que ce genre de politique a été menée déjà, et a été abandonnée, non par idéologie, mais par manque d'efficacité. Si l'économie de marché s'impose, c'est parce qu'elle est efficace. Si on lutte contre l'inflation, c'est parce que la politique inflationniste crée des crises. La crise financière montre à nouveau où peut mener une politique de création monétaire trop laxiste.


     Ceci est vrai. Mais insuffisant. Il y aura toujours une critique contre l'économie de marché, ce qui est sain. Il y aura toujours l'envie de décréter l'emploi, comme si c'était possible.


      Il faudrait donc aller plus loin. Décrire l'économie de manière simple, s'interroger sur ce qui permet de créer des emplois. Ce que j'essaierai de faire dans un prochain article.

 

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Des nouvelles de l'évolution de la crise

8 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

Il est difficile de trouver des nouvelles des conditions de refinancements des banques sur les marchés financiers. Voici donc un lien vers un article paru ce jour dans Les Echos, qui fait part d'une amélioration.
http://www.lesechos.fr/info/finance/4872307-les-banques-reviennent-sur-le-marche-sans-garantie-de-l-etat.htm
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Ce que l'Europe nous a apporté

7 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

     Voici un petit billet, à l'occasion des élections européennes, sur ce que nous a apporté la construction européenne.


     L'Europe nous a d'abord et avant tout apporté la paix. C'était son premier objectif, son plus précieux. L'Europe a été créée après deux guerres mondiales, qui ont ravagé le continent. On s'est dit qu'il fallait peut-être mieux coopérer plutôt que de se détruire mutuellement. Cet objectif est une telle réussite qu'on l'a complètement oublié. La paix paraît normale, ce qui n'était pas le cas il n'y a pas si longtemps.


     La coopération est particulièrement précieuse en période de crise comme aujourd'hui. On critique l'Europe. Pourtant, les européens ont réussi à s'entendre pour mener des politiques contre la crise, sans se faire la guerre. Souvenons nous que la crise des années trente est une des causes du processus qui a mené à la seconde guerre mondiale. Certains déplorent l'absence d'une action centralisée de l'Europe. Mais c'est un autre débat. C'est un débat sur l'organisation européenne: doit-elle être centralisée ou non.


     L'europe, c'est aussi une formidable stabilité monétaire. Formidable est un mot fort. Cependant, depuis la mise en circulation de l'euro, la monnaie n'est plus un problème. Souvenons nous comme il fallait défendre le Franc, il n'y a pas si longtemps. Ce qui entraînait une augmentation des taux d'intérêt. ce qui entraînait des plans de rigueur. Ce qui entraînait des dévaluations, synonyme de baisse du pouvoir d'achat.


     On a tendance à critiquer l'euro en regrettant le temps où, dit-on, il suffisait de dévaluer la monnaie pour relancer la croissance. On oublie les effets sociaux néfastes des dévaluations. Il s'agissait toujours de dévaluer pour repartir d'un meilleur pied, c'est-à-dire avec un plan de rigueur à la clef.


     Certains disent même que l'Euro nous protège trop, et nous évite des réformes plus prononcées. En effet, depuis des années nous vivons avec un déficit budgétaire qui aurait peut-être été impossible sans l'euro. Le Franc aurait perdu de sa valeur, et il aurait fallu entamer un plan de rigueur. Ce qui n'a pas été fait. De même, les soubresauts de la politiques intérieures n'ont plus d'incidence sur la monnaie. Quant aux critères de Maastricht, ce sont simplement des critères de bonne gestion. Ces critères consistent simplement à profiter de la croissance pour résorber les déficits et l'endettement, pour avoir des réserves quand une crise survient. Nous aurions bien besoin de réserves aujourd'hui.


      La valeur de l'euro est critiquée. On la critiquait quand elle était faible, on la critique quand elle est forte. La force de l'euro nous a protégés d'une trop forte hausse des matières premières dernièrement. D'autre part, cette force n'empêche pas la zone euro d'exporter. Ainsi, en 2006 et 2007, année de hausse de l'euro, la balance commerciale de la zone euro était excédentaire. Ce qui explique en partie cette hausse. L'euro n'empêche pas l'Allemagne d'exporter hors de de la zone euro. Par contre, il n'est pas responsable du déficit commerciale de la France avec les autres pays de la zone, qui emploient la même monnaie donc.


     L'Europe est accusée d'être un vecteur de libéralisation sauvage et de démantèlement du droit du travail. Soyons clair, l'Europe n'est pas responsable des privatisations de services publics. A chaque fois que la France a pu préserver certaines particularités, comme l'exception culturelle, elle a pu le faire. Par contre, les différents gouvernements français avaient besoin des recettes de privatisation. C'est certainement ce qui a fait pencher la balance.


     J'ai un sentiment mitigé sur certaines de ces privatisations. Le modèle EDF-GDF fonctionnait bien et avait permis un développement impressionnant du nucléaire. Cependant, il faut reconnaître qu'aujourd'hui la France se retrouve avec deux géants de l'énergie, d'envergure internationale: EDF, et GDF-Suez. Qu'est-ce qui est le mieux? Je pense qu'il faut aujourd'hui profiter des avantages de la situation. Ce qui suppose une adaptation de la gestion des dossiers énergétiques en France.


     Par ailleurs, l'Europe n'a pas démantelé le droit du travail en France. Et les citoyens ont gagné des droits grâce à la cour de justice des communautés européennes, ainsi qu'à la cour européenne des Droits de l'Homme. Consommateurs et usagers sont mieux défendus.


     Je ne dirai pas que je suis d'accord avec tout ce que fait l'Europe, ni avec son organisation, ni avec tous ses projets, loin de là. Je voulais rappeler deux éléments qu'elle nous a apportés et qui sont précieux en ces temps de crise: stabilité monétaire, coopération pacifique. Et rappeler aussi que l'Europe a été utilisée en France pour porter la responsabilité de réformes qui auraient quand même été appliquées sans elle, dans les services publics notamment.


     Qu'est-ce qu'il faudrait changer en Europe? Beaucoup de choses sans doute. Sa gouvernance, qui doit être adaptée à l'élargissement de ces dernières années. J'avoue que le traité de Lisbonne ne me donne pas satisfaction sur le sujet. La politique agricole commune doit elle aussi s'adapter à l'évolution du monde, mais c'est un vaste débat. On pourrait énumérer beaucoup de sujets ainsi.


      Je pense que le principal problème qui demeure au sujet de l'Europe est la manière d'en parler. On nous demande encore de prendre parti pour ou contre l'Europe, à chaque référendum, à chaque débat. Nous devrions commencer à débattre plus sereinement. Par exemple, le non à une constitution européenne n'est pas un non à l'Europe. On a le droit d'être européen et de considérer que cette constitution est mal faite, ou ne correspond pas à la méthode de construction européenne, qui s'est faite pas à pas. L'organisation d'un débat démocratique à l'échelle européenne est forcément compliqué. C'est l'enjeu de la gouvernance, qui, je le répète, est le sujet essentiel selon moi aujourd'hui.

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Suspension du plan Geithner

5 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     On attendait depuis deux mois les modalités du plan de rachat des actifs toxiques, annoncé par le secrétaire d'Etat américain au Trésor, Tim Geithner. Finalement, ce plan est suspendu.


     Ce plan avait pour but de racheter les fameux actifs toxiques aux banques. En effet, les banques ont des difficultés à emprunter sur les marchés financiers, ar les investisseurs se méfient de ces actifs toxiques. Le problème, c'est qu'on ne sait pas combien ils valent. On sait qu'ils valent moins que leur prix d'achat, mais on ne sait pas s'ils réservent de bonnes ou de mauvaises surprises. Ce sont ces titres compliqués élaborés pour financer les prêts immobiliers subprime.


     Le principal problème, c'était donc l'évaluation. Les investisseurs étaient prêts à acheter des tires, mais à un prix réduit. L'Etat ne voulait pas surpayer non plus. Mais les banques ne voulaient pas brader les tires.


     L'administration Bush avait déjà élaboré un plan du même type, qui avait buté sur le même obstacle. L'originalité du plan Geithner était qu'il voulait associer les investisseurs privés. C'est aussi un échec. Parce que les banques ne veulent toujours pas brader leurs titres. Et qu'elles parviennent à se recapitaliser malgré ces actifs toxiques.


     Le plan Geithner n'est pas abandonné. L'administration Obama veut toujours encourager le rachat des titres toxiques. Mais la tentative de mise en oeuvre concrète de ce plan a été repoussée.


     Est-ce une mauvaise nouvelle, comme certains le craignent? Est-ce que ces actifs vont être un poids pour les banques? Je pense que s'ils deviennent trop encombrant, et que s'il est plus avantageux de les vendre, les banques les vendront. Les banques sont dans leur rôle en ne voulant pas brader leurs actifs.


     Par ailleurs, ce plan de rachat était un peu voulu comme une grande opération de nettoyage, qui allait faire repartir le marché du crédit. Les choses évoluent plus lentement dans la vie réelle. Ces plans Paulson et Geithner étaient surtout des réponses des politiques à la crise. Ils leur fallait occuper le terrain. La Réserve Fédérale mène sa prpore politique, avec moins d'annonce, mais plus d'efficacité. En accord avec le Trésor, soulignons le quand même.


     Maintenant, nous verrons à quoi seront utilisés les milliards prévus pour ce plan. L'administration Bush, et celle qui lui a succédé, avaient trouvé à utiliser les milliards budgétés pour le plan Paulson. En renflouant General Motors par exemple. Finalement, ces deux plans auront surtout permis de mettre des ressources budgétaire à la disposition du gouvernement américain.


(Voir ici le plan Geithner: Plan américain de stabilisation financière )

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Rémunération des patrons et pouvoir des actionnaires

1 Juin 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     La SEC, l'organisme de surveillance et de régulations des marchés boursiers aux Etats-Unis, a voté le mercredi 20 mai 2009 des propositions visant à accroître le pouvoir des actionnaires au sein des grandes entreprises cotées. Il s'agit de faciliter l'élection d'administrateurs proposés par les actionnaires. Ces propositions visent à améliorer la défense des intérêts des actionnaires face aux dirigeants des entreprises, notamment en matière de rémunération de ces dirigeants, et en matière de risques pris par l'entreprise. C'est clairement une réponse aux questions posées par la crise, même si la réflexion a été entamée bien avant (Cf le site de la SEC). Ces règles entreront en vigueur après un processus de consultation.


     Cette décision de la SEC vient rappeler le problème du contrôle des grosses sociétés cotées, et donc des banques. Il y a d'un cotés une équipes dirigeantes, qui coopte souvent le conseil d'administration, même si celui-ci, théoriquement représentent les actionnaires. Et de l'autre un actionnariat éparpillé, qui ne peut que voter des motions proposées par le conseil d'administration. Même les auditeurs, qui certifient les comptes, ont comme interlocuteurs l'équipe dirigeante, et non les actionnaires.


     Le contrôle des sociétés par les actionnaires est une des règles de bases en économie. Ce sont ceux qui risquent leur argent qui contrôle l'entreprise. On peut se demander si "l'oubli", ou la mauvaise application de cette règle, n'a pas contribué à la crise financière. Si les conseils d'administration avaient mieux défendu les aintérêts des actionnaires des banques, ils auraient peut-être mieux contrôlé les prises de risque. Ce n'est pas certain, mais cela aurait constitué un garde fou.


     En France, ce débat est un peu oublié. On ne parle que du contrôle des banques par les pouvoirs publics, et peu du contrôle par les actionnaires. On peut même noter que le patronat a décidé de la création d'un comité de rémunération, pour édicter des règles sur le sujet. Ce même patronat ayant déjà un code de bonne conduite. Il aurait peut-être été plus judicieux de souligner que c'est aux actionnaires de décider des rémunarations des patrons, et de créer un comité composé de représentants d'associations d'actionnaires. Actuellement, ce sont les patrons qui décident des règles concernant leurs propres rémunérations.

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La responsabilité de la régulation dans la crise financière

31 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     On considère généralement que la crise financière a été causée par les excès des acteurs du monde de la finance. Ils ont accordé des prêts subprime à des foyers insuffisamment solvables, ils ont développé des instruments financiers trop complexes, ils ont oublié tous les risques en voulant faire du profit à tout prix.


     Ce comportement des banquiers aurait été permis par un manque de régulation. Pour éviter ce genre de crise à l'avenir, il faut donc accorder plus de pouvoir aux régulateurs. On demande plus d'interventionnisme.


     Cependant, la réalité est un peu moins simple. En effet, on peut également considérer que la crise a, au moins en partie, été provoquée par des actes d'interventionnisme. Les régulateurs seraient, au moins en partie, responsables de cette crise.


     C'est ce que compte montrer cet article. (Mais sans tomber dans l'excès de dire que la crise a en fait été provoquée uniquement par la régulation ou l'interventionnisme, comme on peut le lire parfois)



     Le manque de régulation

     Une mauvaise évaluation des risques, l'inconscience des acteurs de la finances, ce sont donc des causes évoquées pour expliquer la crise financière. Sont donc accusés les excès des acteurs de la finance, qui ont été trop loin, pour maximiser leurs profits, en ignorant les risques.


     On considère aujourd'hui que ces excès, ces imprudences, qui ont amené la crise financière, ont été permis par une réglementation trop légère. C'est le manque d'encadrement du comportement des acteurs de la finance par des règles qui est mis en cause.


     On parle souvent de déréglementation. Il est vrai que ces dernières années ont vu un assouplissement de la réglementation aux Etats-Unis. Le symbole de cette dérégulation financière, c'est peut-être le Gramm-Leach-Bliley Act, en 1999, qui est la loi qui a abrogé le glass-Steagall Act, qui datait de 1933.


     Cette dernière séparait les activités de banque commerciale (banque des particuliers, des entreprises, qui vends des crédits), de banque d'affaires (qui spécule sur les marchés, fabrique des produits sophistiqués, lance des titres sur les marchés), et d'assurances. Tous les établissements financiers ont pu développer les mêmes activités. On considère que la concurrence accrue a poussé à des prises de risque trop importantes. (En réalité, il y a eu plusieurs lois qui ont progressivement assoupli le Steagall-act. Mais la date de 1999 est symbolique.)


     Cependant, ce n'est pas tant la dérégulation qui est mise en cause dans la crise financière, que l'absence de régulation. En effet, le développement des nouveaux instruments financiers ne doit pas tout à l'assouplissement de la réglementation. C'est d'abord un mouvement d'innovation, facilité par les nouvelles technologies. L'informatique permettant de mieux gérer des instruments financiers complexes, comme par exemple certains dérivés basés sur des modèles mathématiques.


     Bref, je n'entrerai pas dans les détails de ces produits, que je n'ai pas étudié. L'essentiel, c'est qu'il y a eu un mouvement d'innovation financière, et on considère que la régulation n'a pas suivi ce mouvement. De nouveaux produits ont été créés, qui n'ont été encadrés par aucune réglementation spécifique. Ainsi, il n'y a pas eu de réglementation particulière pour les produits dérivés. De même, on considère que les hedge funds ont trop de liberté.


     Ce manque de régulation résulte aussi d'une volonté de la part des pouvoirs publics américains, dont le Réserve Fédérale. Il y a eu des occasions de réglementer les produits dérivés, par exemple, ou les CDS (les credit default swap, autre nouveau produit).


     (En France, depuis les années 1980, les marchés financiers se sont aussi développés sous l'impulsion de l'Etat. Il s'agissait de créer des produits et des marchés qui existaient déjà à l'étranger, pour mettre la place financière française aux normes internationales. C'est ainsi qu'ont été créés de nouveaux marchés à terme, des marchés d'option, et que les marché des capitaux a été profondément modifié. On ne peut pas parler de dérégulation car ces évolutions étaient encadrées par l'Etat.


     Par contre, les banques françaises, comme ,toutes les banques, se sont aussi développées sur des marchés moins régulés, comme celui des dérivés, ainsi que celui des CDO.


     Il y a donc deux mouvements qui se sont produits en France. D'abord, une mise à niveau encadrée par l'Etat. Puis, les acteurs financiers français ont participé au mouvement d'innovation venu des Etats-Unis)


     La responsabilité des régulateurs

     De ce qui a été écrit plus haut, on pourrait conclure que la crise est due à un manque de régulation. Qu'il a manqué des règles pour encadrer les marchés financiers, et d'un régulateur qui contrôle ces marchés, qui aurait pu dire stop, et interrompre la spirale qui a mené à la crise.


     Cependant, la réalité n'est pas si simple. En effet, il y a aussi des arguments pour mettre en cause les régulateurs dans cette crise. Des arguments pour dire que ce n'est pas le manque de régulation qui a causé la crise, mais au contraire la régulation.


     D'abord, le crédit aux ménages modestes était encouragé par le gouvernement américain, et cela depuis l'administration Clinton. Aux Etats-Unis, il existe deux institutions, connues sous les noms de Fannie Mae et Freddi Mac, qui ont une grande importance dans le financement de l'immobilier. Elles ont été créées pour racheter aux banques des prêts hypothécaires accordés aux particuliers. Ces prêts étant rachetés, les banques pouvaient accorder d'autres prêts hypothécaires. Ces organismes ont été créés pour encourager l'accession à la propriété.


     Ces deux organismes sont de fait contrôlés par le gouvernement américain, même s'il sont semi publics. Depuis l'époque Clinton, l'administration américaine a assoupli les règles de rachat des crédits hypothécaires. Elle a fortement incité ces deux institutions à racheter des crédits hypothécaires type subprime. Dans le but de favoriser l'accession à la propriété des ménages américains.


     La politique de taux d'intérêt de la Réserve Fédérale américaine est aussi mise en cause. La Réserve fédérale, quand Alan Greenspan en était président, a maintenu à plusieurs reprises les taux d'intérêt à un niveau très bas. Ce qui a encouragé le crédit. D'autant que les prêts immobiliers sont à taux variables. Les faibles taux d'intérêt ont permis de baisser les remboursement des prêts. L'objectif de cette politique de taux était de soutenir la croissance économique.


     La Réserve Fédérale est aussi mise en cause pour son attitude face à la bulle immobilière à l'origine de la crise financière. En effet, beaucoup se sont inquiétés de cette bulle immobilière. On avait les moyens d'interrompre le gonflement de cette bulle, et donc l'emballement de la machine qui a provoqué la crise financière. La meilleure façon connue de l'interrompre, c'était d'augmenter les taux d'intérêt. Ce que Greenspan, le président de la Fed de l'époque, a refusé de faire.


     Les objectifs des régulateurs

     A l'époque, Greenspan avait justifé sa décision en disant que ce n'était pas à lui de décider du niveau des prix dans l'immobilier, mais qu'il fallait laisser le marché le faire. Notons que cette réponse n'est pas très satisfaisante. Elle élude le fait que le marché ne décide pas totalement du taux d'intérêt. Mais que ce dernier dépendait aussi de lui, Alan Greenspan, puisque c'était sa mission de le fixer. Comme le prix de l'immobilier dépendait aussi du taux d'intérêt des emprunts, ce n'était donc pas seulement un mécanisme de marché qui fixait les prix, mais, aussi pour partie, les décisions de Greenspan.


     Plus tard, après la crise, il aurait justifié sa politique en disant qu'il fallait permettre aux plus modeste d'accéder à la propriété. On retrouve cette volonté du gouvernement américain de soutenir l'accession à la propriété.


    Ajoutons que les taux d'intérêt étaient maintenu à un niveau bas pour soutenir la croissance économique, et que cette croissance était effectivement soutenu par l'envolée de l'endettement. D'autant plus que les américains, même s'ils avaient déjà un prêt hypothécaire, pouvaient en souscrire un deuxième, quand la valeur de leur bien immobilier augmentait. Ce qu'on appelle l'effet richesse: quand la valeur du patrimoine augmente, le propriétaire peut emprunter pour consommer. On a là les raisons de la politique de la réserve fédérale et du gouvernement américain: soutenir la croissance, et soutenir l'accession à la propriété des plus modestes.


     Nous avons donc des intentions louables, la croissance, ce qui signifie l'emploi, et le logement des plus modestes, qui ont amené à une crise.


     Souvenons-nous également que la politique américaine était largement approuvée dans le monde. Que n'a-t-on fustigé la banque centrale européenne pour ses taux d'intérêt jugés trop élevés! Et comme on a regretté que l'effet richesse ne soit pas plus important en France!


     Conclusions sur les responsabilités

     Qui donc est responsable de cette crise financière? Aujourd'hui, on a tendance à accuser la dérégulation, et à demander qu'un régulateur contrôle et oriente les marchés, pour éviter une nouvelle crise à l'avenir. Or, on oublie qu'un régulateur peut aussi faire des erreurs. C'est ce qui s'est produit.


     A contrario, alors qu'on dénonce aussi le désordre monétaire, et que beaucoup souhaiteraient un système de change plus régulé, notons que le système monétaire de changes mobiles a remarquablement bien encaissé la crise. Nous n'avons eu, dans les pays développé, aucune crise de change, aucun choc monétaire. Alors que le système de change fixe et d'étalon or avait aggravé la crise de 1929.


     Les erreurs des régulateurs ne signifiant pas que les acteurs du monde financier n'ont pas leur part de responsabilités.


     En conclusion, face à cette crise, nous venons de voir que le débat ne doit pas se limiter au fait de savoir s'il faut plus ou moins de régulation. Il faut analyser les choses plus finement.


     Et, d'autre part, on peut aussi parler d'aveuglement, ou d'inconscience, collectif. Les acteurs du monde de la finance ont accordé des prêts sans se préoccuper de la solvabilité des emprunteurs, et acheté des produits complexes qu'ils ne comprenaient pas. On peut penser qu'ils étaient guidés par l'appât du gain.


     Les pouvoirs publics ont eux encouragé, et en partie initié, ce mouvement, pour des raisons apparemment bonnes: ils pensaient avoir trouvé un moyen simple et efficace de soutenir la croissance économique, et donc l'emploi, et de favoriser l'accession à la propriété des ménages modestes.

(Sur la régulation, voir aussi:  Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer.   ) 

 

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Les titres toxiques et leur rôle dans la crise financière.

21 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

    Les actifs toxiques sont ces titres financiers au centre de la crise. J'ai déjà expliqué le mécanisme global qui a provoqué le blocage des marchés financiers. Cet article se veut plus détaillé. Il décrit surtout le principal titre toxique: le CDO. C'est un article pour ceux qui veulent se faire une idée de l'ingénierie financière actuelle. (Pour une explication plus simple du mécanisme de la crise cf Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés )


    La titrisation

    Aujourd'hui, quand une banque a accordé un crédit, elle ne garde généralement pas ce crédit dans ses comptes. Elle le revend sur le marché financier. C'est ce qu'on appelle la Titrisation.


    Concrètement, la banque rassemble un certain nombre de prêts immobiliers, pour un montant de 100 millions par exemple. Elle crée un genre de fonds de placement, qui rassemble ces cent millions de prêts. Ce fonds est aussi appelé véhicule. Puis, elle découpe ce fonds en titre financiers, qui sont revendus. Ces titres sont des ABS souvent: Asset back Securities. Traduction: des titres adossés à des actifs. Un prêt étant un actif financier (un ABS aussi d'ailleurs).


     Ce sont des titres très répandus, et assez simples finalement. Ce sont simplement les prêts qui ont été directement transformés en titres. Les ABS dépendent directement des prêts auxquels ils sont adossés.


     Ces titres sont revendus à des fonds, à divers investisseurs, à d'autres banques, à des banques d'affaires. les banques d'affaires se distinguent des banques commerciales dans le sens où elles ne sont pas des banques où l'on dépose son argent. Elle organisent des fusions-acquisitions entre entreprises, elles introduisent des entreprises en bourses, elles gèrent des fonds, et elles font des placements pour leur propres compte.


     Dans ce système, ce sont les acheteurs des titres qui vont bénéficier des intérêts et des remboursements des prêts. Et qui perdent leur mise si le prêt n'est pas remboursé.


     La banque, elle, a touché une commission quand elle a vendu le prêt aux emprunteurs, et une autre quand elle a vendu le titre aux investisseurs. Il y a des variantes, des intermédiaires, mais schématiquement, c'est le principes.


     L'utilité de la titrisation

     La vente des prêts permet à la banque de ne pas assumer le risque. c'est l'investisseur qui prend le risque. Elle permet aussi à la banque d'accorder plus de prêts.


     En effet, une banque est limitée dans les prêts qu'elle peut accorder. Le montant total des crédits qu'elle peut accorder est encadré par des règles. Ce montant dépend de ce qu'on appelle les fonds propres, et quasi fonds propres de la banques. Pour simplifier, disons que c'est le capital de la banque. J'expliquerai plus loin ce qu'est un crédit pour une banque. Ce qu'il faut retenir pour le moment, c'est que la banque ne peut accorder un montant illimité de crédit.


     La titrisation permet de contourner l'obstacle. En effet, les crédits titrisés ne sont plus possédés par la banque. Ils sont vendus. La banque étant rémunérée par des commissions. Et elle ne supporte plus le risque.


     Cependant, pour vendre facilement des titres financiers, il faut que ceux-ci ne soient pas trop risqués. Plus le placement est risqué, moins il trouve d'acheteur, et surtout il faut offrir plus de rendement.


     Le risque est indiqué par la notation du titre. La meilleure notation est AAA (triple A). Ensuite suivent différents niveaux, avec des variantes selon les agences de notation: AA1 ou AA-, BBB, BB+, etc. A partir d'un certain seuil, on passe à des catégories considérées comme plus risquées.


     Les notes sont accordées par des agences de notation. Les trois principales sont Standards and Poors, Moody's, et Fitch. Quand une entreprise, ou une banque donc, veut placer des titres sur le marché financier, elle demande à une de ces agences dee noter ces titres. Et les investisseurs achètent en fonction de la notation.


     Certains fonds ont des statuts qui leur interdisent d'acheter en dessous d'un certain niveau de risque, et donc d'un certain niveau de notation.


     La titrisation des subprime

     Les prêts subprime sont des prêts risqués, accordé à des foyers dont on n'est pas sûr de la solvabilité. Ils ne peuvent donc pas avoir une bonne note, proche du triple A. Ils devraient être classés dans la catégorie spéculative. ce qui les rendrait plus difficiles à vendre. Les banques ne pourraient pas en vendre autant qu'elles le voudraient. C'est pourquoi elles ont titrisé les prêts subprime d'une autre manière, avec l'aide des agences de notation.


     Le processus reste semblable. On rassemble des prêts, dans une sorte de fonds de placement, appelé véhicule. Mais on mélange  deux sortes de prêts: des prêts "normaux", peu risqués, et des prêts subprime. Il y a plus de prêts "normaux" que de prêts subprime. Cest une manière de mutualiser les risques. Le fonds est découpé en titres, qui sont vendus sur le marché. On appelle ces titres des CDO (collateralized debt obligation).


     Ces titres sont une forme d'ABS, mais en plus compliqué. Déjà, ils peuvent contenir d'autres ABS. Ensuite, les CDO sont découpés en trois tranches: senior, junior, equity. Le risque est différent selon les tranches. La première, senior, est peu risqué. Elle bénéficie en priorité des revenus des actifs adossés au CDO, et en dernier des pertes. La seconde, junior, est plus risquée, et la dernière, equity, encore plus. La tranche senior pouvant obtenir une bonne notation, le triple A. Rappelons que ces CDO sont construits en association avec les agences de notation.


     On a là une construction sophistiquée. Rappelons que le véhicule adossé aux CDO contient de bons prêts et des prêts suprime. Et il y a une construction pour faire varier le risque selon différentes tranches.


     Le risque et le rendement des CDO ne dépendent donc pas directement des actifs sous-jacents (comme on appelle les actifs mis dans la véhicule). Mais de la méthode retenue lors de la fabrication des CDO. C'est moins direct, et moins transparent.


     Les tranches seniors, comme elles sont bien notées, peuvent être achetées par toutes sortes d'établissements financiers. Même par d'autres banques, qui auront ainsi dans leurs comptes un produit réputé sans risque, mais avec un bon rendement. Le rendement des CDO était meilleurs que celui d'une obligation classique.


     Des titres encore plus compliqués

     Différents types de CDO ont été développés. On peut citer le synthetic CDO. Cette fois, il ne s'agit pas de regrouper des actifs dans un véhicule. Les synthetic (sans "s" à la fin, c'est de l'anglais) CDO garantissent des crédits, à travers des CDS, credit default swaps. Tout cela est compliqué, mais simple dans son principe.


     Imaginons un établissement financier qui achète des obligations d'une entreprise. Quand on achète une obligation, c'est comme si on prêtait de l'argent à l'entreprise. L'établissement financier reçoit en échange un revenu, durant toute la durée de l'obligation, la durée du prêt en somme. Il y a toujours un risque, minime ou élevé, que l'entreprise ne puisse pas rembourser les obligations. L'établissement peut s'assurer contre ce risque, grâce au CDS.


     Les CDS ne sont pas des titres que l'on achète. Celui qui souscrit un CDS s'engage à rembourser les obligations si l'entreprise ne peut pas le faire. En échange, il reçoit des paiements réguliers, exactement comme une prime d'assurance.


     Les CDS garantissent les titres financiers qui offrent un revenu fixes. Ces titres sont des emprunts faits par les entreprises, les banques par exemples, sur les marchés financiers.


     Les synthetic CDO garantissent le risque sur un ensemble titres. Des titres d'entreprises différentes par exemple. On remarque que dans ce cas, il n'est pas nécessaire d'acheter les titres en question.


     Il existe d'autres sortes de CDO, ou de mécanismes du même genre. Cet aperçu de l'ingénierie financière est nécessaire à la compréhension de la crise financière. Voyons maintenant le déclenchement de la crise.



     Le déclenchement de la crise

     Rappelons qu'à l'origine, il y a les prêts subprime américains. Les CDO sont basés sur ces prêts subprime. Ces prêts se sont considérablement développés. Le marché immobilier américain s'est considérablement développé. Les prix ont considérablement augmenté. Puis, comme les arbres ne montent pas jusqu'au ciel, ainsi que dit le dicton boursier, le marché immobilier s'est retourné.


     Les acheteurs de maisons américains ont commencé à avoir des difficultés à rembourser leurs prêts. Et d'abord ceux à qui a été accordé un prêt subprime. Pour plusieurs raisons.


     D'abord, les prêts subprime ont été accordés à une population plus susceptible d'être en défaut de paiement. En effet, c'est une catégorie qui n'aurait pas obtenu de prêt si le subprime n'avait pas existé. Un taux relativement élevé de défaut de paiement paraît logique.


     Ensuite, rappelons que les prêts subprime sont conçus pour les mensualités soient faibles les premières années. On ne paie que les intérêts par exemple. Ensuite, ces mensualités augmentent. Là encore, il est logique qu'à ce niveau les défauts de paiement augmentent. Surtout si on prend en compte l'optimisme américain, qui pense que l'avenir sera meilleur.


     Les mensualités ont augmenté également en raison de l'augmentation générale des taux d'intérêt. Rappelons en effet que les taux d'intérêt des prêts subprime sont variables. Or, la Réserve Fédérale a augmenté ses taux de 1% à plus de 5% de 2004 à 2006.


     Enfin, les emprunteurs pensaient, au pire, pouvoir rembourser le prêt en vendant la maison achetée. Seulement, la valeur de la maison a chuté, et ne couvre plus le montant du prêt. Par conséquent, même en vendant, ils continueraient à avoir une dette, sans avoir de toit, et en devant payer un loyer s'ils trouvent à louer ailleurs.


     Les banques en difficultés

     Les banques qui avaient prêté à ces emprunteurs se sont donc retrouvées en difficultés. En effet, tous les prêts n'étaient pas titrisés. Certains établissements avaient une spécialité de prêts hypothécaires, ou même de rachat de prêts hypothécaires. Comme certains emprunteurs ne remboursent plus, et qu'ils ne peuvent pas compter sur la vente des maisons pour se rembourser, ils doivent inscrire des prêts en pertes.


     Il y a eu ainsi une première série de pertes, et des faillites. American Mortgage Home Investment fait faillite, par exemple. La banque Countrywide Financial est en difficultés. Puis commencent les premières interventions des banques centrales.


     Ces interventions signifient que les banques ont des difficultés à se refinancer sur les marchés financiers. En clair, les marchés financiers rechignent à prêter aux banques, car ils ont des doutes sur leur solidité.


     Pourquoi ces doutes? En effet, la titrisation a permis de revendre les prêts hypothécaires. D'autre part, même les banques européennes ont des difficultés à se refinancer. Alors, on peut se poser la question de ces inquiétudes.


     La réponse, c'est que la titrisation a disséminé le risque. Cela est vrai, mais reste encore un peu obscur. Je vais essayer ici de retracer ce que les marchés financiers ont pensé ou pu penser, en fonction de toutes les informations que j'ai pu glaner, pour, schématiquement, comprendre ce qui s'est passé.


     L'enchaînement de la crise

     D'abord, comme je l'ai déjà écrit, tous les prêts ne sont pas titrisés. Les banques en avaient encore en stock. Certains établissements sont également spécialisés dans le rachat des prêts hypothécaires, comme l'établissement public (semi public mais contrôlé en fait par l'Etat) américain Fannie Mae.


     Ensuite, comme le marché immobilier s'est retourné, des titres qui étaient considérés comme sans risque sont devenus suspects. Donc même les tranches seniors des CDO, bien notées, suscitent la suspicion. En effet, elles étaient bien notées en partie parce que les prêts étaient garantis par la valeur des maisons. Mais la valeur des maisons s'étant effondrée, les prêts ne sont plus garantis du tout.


     Les marchés ne savent pas dans quelle mesure ces titres sont risqués. Ils savent que des titres présentés comme sans risques sont susceptibles d'être risqués.


     Or, les tranches seniors des CDO ont été acheté par de nombreux établissements à travers le monde. Le risque de pertes sur ces titres est donc disséminés à travers de nombreux établissements. Les marchés financiers se méfient donc de tous les établissements.


     D'autre part, les banques peuvent avoir prêté de l'argent à des établissements impliqués dans les prêts hypothécaires. Ou à ces établissements qui ont racheté des prêts hypothécaires.


     Ils ont pu prêter de l'argent à des établissements qui ont acheté des tranches risquées de CDO, comme les hedge funds. Ou ont pu prêter de l'argent à des établissements qui ont eux-mêmes prêté de l'argent à des acheteurs de tranches risqués de CDO. C'est le jeu du "tu me tiens, je te tiens par la barbichette..."


     Enfin, les banques peuvent avoir des CDS, ces produits qui garantissent les emprunts d'autres établissements. Et elles sont susceptibles de devoir rembourser des emprunts à la place des emprunteurs.


     L'incertitude, la plaie des marchés

     La situation se caractérise par une grande incertitude. D'abord, on ne sait pas quels CDO sont risqués ou non. On ne sait pas leur donner une valeur. Personnes n'en veut plus sur les marchés. Les banques ne peuvent pas s'en débarrasser, car personne n'en veut. On dit qu'ils sont devenus illiquides. Un titre financier est liquide quand on peut le vendre facilement. Dans le cas inverse, il est illiquide.


     Ce sont notamment ces CDO, illiquides, qui entraînent la méfiance envers les établissements qui les possèdent, que l'on appellent des actifs toxiques.


      Ensuite, tous les établissements sont liés les uns aux autres. Plus ou moins liés. La faillite d'un établissement peut entraîner la faillite d'un autre. C'est le risque systémique. La faillite d'un entraîne tout le système. Par les emprunts, par les CDS. Ce risque a pris une consistance avec la faillite de la banque d'affaires Lehman Brothers, l'une des principales banques d'affaires aux Etats-Unis. Cette faillite a aggravé le blocage des marchés financiers.


     Le soutien par la Fed de la société AIG s'explique aussi par le risque systémique. Une chute brutale de cette société pourrait entraîner des banques, américaines et étrangères.


     Il y a l'incertitude, il y a le risque. Or, on ne prête pas de l'argent à quelqu'un si on a peur de ne pas être remboursé. Si on n'a pas confiance. Les marchés financiers n'ont plus confiance. Il y a trop d'incertitude. La confiance est nécessaire au fonctionnement des marchés financiers. la confiance a disparu. Les marchés ne prêtent donc plus aux banques.


     Tous les marchés sont touchés

     Il faut ajouter que la crise du subprime a fini par faire chuter tous les marchés, comme les bourses où sont échangées les actions. Ce qui entraîne des pertes pour les établissements financiers.


     D'autant plus que les produits financiers peuvent être basés sur n'importe quel type de marché financiers: marchés d'actions, de matières premières, de changes, etc. Par exemple, il existe ce qu'on appelle des produits dérivés. C'est un titre dont la valeur va évoluer selon celle d'un titre coté. Par exemple, un dérivé qui va évoluer comme le prix du pétrole.


     Les dérivés peuvent évoluer selon des formules mathématiques complexes, basées sur l'évolution de plusieurs titres, sur des monnaies, etc. La chute des marché a fait voler en éclat toutes les prévisions quand à l'évolution de ces dérivés.


     Les banques, commerciales et banques d'affaires, peuvent posséder pas mal de dérivés. La Société Générale, par exemple, est une spécialiste des dérivés.


     La chute généralisée des marchés a donc encore renforcé la défiance envers les établissements financiers. Ceux-ci ont eu encore plus de mal a trouver des financements.


NB: les implications du blocage des marchés financiers sur le crédit bancaire sont expliquées dans l'article Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) .


 

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Sommaire

21 Mai 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

     Au fil des articles, il est devenu plus compliqué de s'y retrouver dans ce blog. Voici donc un sommaire complet, qui permettra de s'y retrouver. Ce sommaire est accessible depuis le lien inséré dans la colonne de gauche du blog.

 

La crise et la relance

 

C'est la principale catégorie de ce blog, et même l'origine de sa création.

Les essentiels sur la crise

La crise avec des mots simples

 

Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés   : Article fondateur du blog, il explique, comme son nom l'indique, le mécanisme de la crise, et traite du débat sur la régulation provoqué par la crise.

Les titres toxiques et leur rôle dans la crise financière.   : A nouveau un article sur le mécanisme de la crise, plus détaillé, un peu plus complexe, avec la description d'un type de titre toxique: le CDO

Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire)   : le principal intérêt de czet article est d'expliquer le fonctionnement du crédit, ce qui permet de comprendre l'impact du blocage des marchés financiers, et la philosophie du plan du gouvernement.

Le Plan de recapitalisation des banques par l'Etat (Ratio Tier 1)   Aborde la problématique des ratios prudentiels des banques.

  La responsabilité de l'innovation financière dans la crise actuelle  : décrit notamment l'utilité des produits financiers.

La responsabilité de la régulation dans la crise financière  : montre que le débat entre dérégulation et régulation, pour expliquer les conséquences de la crise, est un peu simpliste. Il ,y a également eu un aveuglement, ou une inconscience, générale.  

Régulation-dérégulation: les enseignements de la crise.  : un des principaux débats dans cette crise.

  La relance de l'économie : Présentation de la théorie de la relance, et des  raisons de son abandon dans les années 1970. Cette article présente la théorie de la relance, son application. Mais, alors que la relance est présentée comme le remède à la crise, cet article rappelle que cette politique avait été abandonnée, et indique pourquoi. Il présente les politiques et les théories qui ont succédé à la relance. De ce rappel de l'histoire récente, il tire des commentaires pour la période actuelle. 

   Le plan de relance français  : Le plan de relance présenté le 4 décembre 2008.

Réflexions sur la relance, l'interventionnisme et le retour de l'Etat dans l'économie.  : Présentation des politiques de relance, et de l'interventionnisme, en France et aux USA, depuis le New deal. Contrairement à ce laisse entendre les discours sur le retour de l'interventionnisme, ce dernier n'a jamais cessé. Commentaires sur la période actuelle.

La crise était-elle prévisibe?  : Les questions qui se posaient avant la crise.

Crise financière: qui est responsable?  : Questionnement sur les responsabilités

Le plan de relance américain  : Le plan de l'administration Obama.

Plan américain de stabilisation financière   : Le projet de l'administration Obama pour le sortir de la crise le secteur financier.

Suspension du plan Geithner  : suite du plan américain de stabilisation financière. 

Les agences de notation et la crise financière  : le rôle des agences financières dans la crise, et analyse de ce rôle dans le fonctionnement de l'économie de marché (importance de l'information en économie de marché.)

Les normes comptables et la crise financière: l'effet pro-cyclique  : fonctionnement de la comptabilité, rôle dans la crise, fonction dans l'économie de marché (importance de l'information en économie de marché)

De la crise financière à la crise économique  : Comment on passe de la crise financière à la crise économique.

Les stress tests des banques américaines  : La santé des banques américaines.

Le projet américain de réforme de la régulation financière

  Régulations: les projets, et ce qu'il faudrait changer.   Les projets américains et européens en matière de régulations sont très timides. Je présente ces projets, ainsi que ce qu'il faudrait vraiment faire.

Pour une information plus accessible.

la crise, en direct live!

Commentaire sur les bonus des traders

G20, le sommet de Pittsburgh (et lien vers la déclaration en français)

Les propositions de la Commission pour la surveillance financière.

La diminution du crédit en France

Y-a-t-il restriction de crédit en France aujourd'hui?

Le crédit en France et en Europe en 2009

Croissance US au 4ème trimestre 2009: 5,7%

Le "capitalisme financier" et la crise

la déclaration d'Obama du 21 janvier 2010

La crise, où en est-on? Décembre 2009

Explications de texte 

Quelques articles qui explicitent des concepts économiques, ou présentent des institutions.

Inflation, déflation: explications et risques.

Stock-options: qu'est-ce que c'est, comment ça marche?

La valeur ajoutée: description, lien avec les revenus.

A quoi sert le FMI aujourd'hui?

La théorie de l'équilibre

Réponses à quelques questions sur le PIB

Libéralisme et antilibéralisme

Réponses à quelques questions sur le PIB

Le schéma de base de l'économie

Le keynésianisme et le dirigisme macroéconomique

La théorie de l'équilibre

Déficit public: les limites, et comment ils sera réduit.


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Le Smic à 1 343 euros net: c'est possible

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Inégalités, évolution des revenus  : cet article commente les chiffres de l'Insee sur l'évolution des revenus et des inégalités. Il montre notamment l'évolution des différentes catégories de revenus. Il est basé sur quelques statistiques qui sont dispersées dans différentes publications de l'INSEE.

  Faut-il augmenter les impôts des riches? : Un article qui explique comment sont taxés les différents types de revenus. Il montre que les hauts revenus peuvent-être moins taxés que des revenus moins élevés. Et que le débat sur le bouclier fiscal n'est pas très pertinet, si on vise plus d'égalité et de redistribution.

La surtaxation des hauts salaires  : Un article qui complète le précédent.

Partage des profits  : Commentaires sur ce thème d'actualité

Justice Sociale  : Les inégalités sont souvent imputées à "l'ultra libéralisme". Cet article montre qu'on ne peut pas parler d'ultralibéralisme en France. L'Etat est en effet toujours très présent. Pourtant, le bilan social n'est pas satisfaisant en France. Cet article essaie de poser les termes du débat social d'une façon moins idéologique, et plus pragmatique.

Solidarité, social: absence de débats.  : Un commentaire sur le débat social en France

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Les très hauts salaires en 2007


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La relance, l'innovation, capital risque et capital développement 
: description d'une politique de croissance de l'économie par l'innovation. En mettant en avant deux éléments souvent oublié en France quand on parle du sujet: le développement des entreprises, et leur financement.

Loi hadopi, internet et les mutations de l'industrie culturelle  : la loi hadopi replacée dans le contexte de l'évolution technologique.

Monopoles et logiciel libre

Internet, modèle d'évolution libérale?

Is the Internet a new socialism or liberalism?


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Le début de la fin de la crise?

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Le G20 et la politique économique face à la crise
   
L'inflation pour sortir de la crise?     

Le point sur la crise financière: première partie.

Le point sur la crise financière: deuxième partie.

Le point sur la crise financière: troisième partie.

Le point sur la crise financière: quatrième partie.

Loi Tepa, pétition contre les heures supplémentaires

Les médias et la crise , ou les excès de la médiatisation.

La convergence des crises

Ce que l'Europe nous a apporté 
 
Remarques sur la crise et la réduction du temps de travail.     

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