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Dévaluation: qu'est-ce c'est, et quelles conséquences?

13 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

      Face aux difficultés budgétaires de la Grèce, certains prônent une sortie de l'euro de ce pays, ce qui lui permettrait de dévaluer sa monnaie. Certains, comme Jacques Sapir, envisagent même une sortie de la France de l'euro, toujours dans le but de dévaluer la monnaie.

 

      La dévaluation est présentée comme un moyen de relancer l'économie, simple et indolore. L'euro est présenté comme un carcan rigide empêchant toute politique dite volontariste.

 

      Mais qu'est-ce qu'une dévaluation, et quels en sont les effets? Beaucoup en parlent, mais sans en décortiquer le mécanisme. Ce qui sera fait ici.

 

Les différents systèmes monétaires

      Avant de parler de dévaluation, rappelons les deux systèmes de création monétaire. Il y a d'abord l'étalon or. Dans ce système, l'unité monétaire correspond à une certaine quantité d'or. Pour créer de la monnaie, il faut donc augmenter la quantité d'or détenue par la banque, la banque centrale dans le système actuel.

 

      Les parités entre les différentes monnaies sont fixes, puisqu'elles dépendent de la quantité d'or que représente chaque unité monétaire. Il y a dévaluation par conséquent quand la quantité d'or correspondant à l'unité monétaire diminue.

 

      Les règlements entre pays s'effectuent en or. Une diminution de la quantité d'or d'un pays entraîne donc une contraction de la masse monétaire, et donc des prix et des salaires. L'effet classique, mais ici visible, d'une dévaluation. C'est ce qu'on appelle aussi la déflation. Dans ce contexte, la déflation n'est pas le danger qui est souvent décrit de nos jours, juste un ajustement monétaire nécessaire.

 

      L'autre système est celui de la monnaie crédit et des changes flottants. La monnaie est simplement créée par les banques, à chaque fois qu'elles octroient un crédit (Cf pour plus de détail  Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) . Les banques doivent respecter certaines obligations en matière de fonds propres, mais il n'y a pas de lien entre la monnaie et l'or.

 

      Les parités monétaires dépendent de la demande pour chaque monnaie. Elles varient constamment les unes par rapport aux autres. Une monnaie peut voir en même temps sa valeur diminuer par rapport à une autre, mais augmenter par rapport à une troisième.

 

      Il n'y pas vraiment de dévaluation dans un tel système, puisque la valeur de la monnaie varie constamment. Il y a des monnaies dites fortes et des monnaies dites faibles. Les monnaies fortes sont des monnaies de références, qui peuvent être utilisées même par d'autres pays que ceux dont elles sont l'unité monétaire. Par exemple, le dollar est la monnaie internationale. L'euro est aussi une monnaie internationale. Une monnaie forte est acceptée facilement en paiement. Une monnaie forte peut être aussi une monnaie en phase d'appréciation. Ainsi, le deutschmark s'appréciait constamment face aux autres monnaies.

 

      Dans un système de changes flottants, une monnaie peut s'effondrer, c'est-à dire que personne n'en veut: elle ne vaut plus rien.

 

      Entre l'étalon or et les changes flottants, il existe diverses combinaisons. Ainsi, de 1944 à 1971, le système en vigueur était issu des accords de Bretton woods. Le dollar était défini par rapport à l'or, et les autres monnaies par rapport au dollar. Une dévaluation était une baisse de la parité par rapport au dollar.

 

      Des pays peuvent aussi choisir de maintenir leur monnaie stable par rapport à une autre monnaie. C'est ce qu'ont fait les pays asiatiques dans les années 1990, en maintenant une parité fixe avec le dollar. Il y a eu dévaluation quand ces pays n'ont pas pu maintenir cette parité.

 

      Enfin, il y a eu, avant le lancement de l'euro, le système monétaire européen, plus connu sous le nom de serpent monétaire. Dans ce système, les monnaies européennes devaient garder entre elles une parité stable. Elles ne pouvaient s'éloigner que légèrement d'un cours pivot. Il y avait dévaluation quand le cours pivot de la monnaie diminuait.

 

 Les dévaluations    

       Dans ces différents systèmes ci-dessus décrits, il y a eu des dévaluations. Sous le régime de l'étalon or, la première guerre mondiale a fait exploser la création monétaire, alors que les quantités d'or diminuaient.

 

      Sous le régime de Bretton woods, il y a eu des dévaluations quand le fonctionnement économique d'un pays ne lui permettait pas de détenir suffisamment de réserves en dollars.

 

      Les dévaluations au sein du système monétaire européen (SME), ainsi que celles qui se sont produites en Asie du Sud-Est en 1998, sont un peu particulières. C'est une volonté de maintenir des parités fixes, qui étaient supérieure à la valeur du marché, qui a provoqué de brusques décrochages à la baisse des parités. Il est difficile de maintenir la valeur d'une monnaie supérieure à sa valeur de marché. Et le rétablissement de la vraie valeur est souvent violent.

 

      Toutes ces dévaluations évoquées ci-dessus ont été des symptômes et des conséquences de difficultés économiques. Elles étaient subies, et non voulues. A chaque fois, elles étaient accompagnées d'une restructuration de l'économie du pays concerné.

 

      En effet, il faut s'attaquer aux problèmes qui sont à l'origine de la dévaluation. Si une monnaie perd constamment de sa valeur, l'économie est déstabilisée. Ce peut être l'hyper inflation, comme en Allemagne entre les deux guerres mondiales. La monnaie peut disparaître, ou une monnaie peut être utilisée en parallèle. Certaines économies sont dollarisées, comme Cuba.

 

      Ainsi, en Corée du Sud, ce sont les conglomérats, les chaebols, qui ont été profondément remaniés. Le pays a tenté de relancer la création de PME.

 

      La France a connu un plan de rigueur sans précédent en temps de paix en 1983, accompagnée d'une lutte contre l'inflation toujours d'actualité.

 

      Toujours en France, le plan Armand-Rueff, dans les années 1960, a été une profonde restructuration de l'économie française, avec une réforme fiscale, une désindexation de nombreux prix, une libéralisation de l'économie.

 

La dévaluation est-elle une solution aujourd'hui?     

       Aujourd’hui, la dévaluation est évoquée dans le cadre de l'euro, notamment pour la Grèce, mais aussi pour la France. Dévaluation, cela signifie sortie de l'euro, pour une nouvelle monnaie plus faible. Le but est d'éviter la rigueur, et de relancer l'économie grâce aux exportations, la dévaluation devant rendre le pays plus compétitif.

 

      L'expérience montre cependant que la dévaluation est une conséquence des difficultés économiques, et non un remède. Les difficultés restent après la dévaluation.

 

      Dans le cas de la Grèce, par exemple, les difficultés proviennent de la dépense publique. Celle-ci est trop importante par rapport aux rentrées d'argent. L'Etat doit donc emprunter. Comme il est déjà très endetté, de nouveaux emprunts sont difficiles. Ce problème demeurera après toute dévaluation. Et donc la politique de rigueur demeurera.

 

      D'ailleurs, c'est pourquoi ceux qui prônent la sortie de l'euro préconisent également un financement de l'Etat par la nouvelle banque centrale. Ce qui est aussi appelé la planche à billet. C'est de la création monétaire, qui provoque de l'inflation.

 

      Il faut aussi souligner qu'une nouvelle monnaie doit inspirer confiance. Sinon, elle disparaît, même les habitants du pays cessant de l'utiliser. Ce qui implique des taux d'intérêt plus élevés que ceux en zone euro.

 

      Une dévaluation permet-elle une reprise économique grâce à la relance des exportations? Nous venons déjà de voir que les problèmes principaux du pays dont la monnaie est dévaluée demeurent. Sans une action pour résoudre ces problèmes, la dévaluation n'aura aucun effet. Une dévaluation n'évite donc pas les politiques douloureuses, contrairement à ce qui est souvent laissé entendre.

 

      Une dévaluation peut-elle cependant, dans le cadre d'une politique qui s'attaquerait aux problèmes principaux, aider au rétablissement économique, notamment dans l'exemple de la Grèce? Il y a le problème du financement de l'Etat, dans cet exemple, mais on peut imaginer un emprunt national plus ou moins obligatoire pour certaines catégories sociales. Il y a aussi le problème des taux d'intérêt évoqué plus haut. Mais, une dévaluation peut-elle engendrer un rebond des exportations qui participera à la relance de l'économie?

 

      La réponse n'est pas si évidente. Une dévaluation engendre d'abord une augmentation du déficit extérieur. En effet, il faut toujours importer les mêmes produits, l'économie ne pouvant s'adapter immédiatement.

 

      Ensuite, c'est selon le profil du pays. Si c'est un pays fortement importateur de matières premières, notamment pour la production d'énergie, la dévaluation va augmenter les coûts, ce qui limitera les baisses de prix à l'exportation. Il faut aussi que la production nationale puisse prendre le relai, à un coût raisonnable, des produits importés. Et, si la dévaluation est suffisante pour rendre les produits nationaux compétitifs, cela signifie aussi que ces produits sont plus onéreux pour les habitants du pays. Une dévaluation est une baisse du pouvoir d'achat. Et donc une perte de niveau de vie.

 

      L'effet global d'une dévaluation sur le commerce extérieur est donc aléatoire. D'autre part, dans le cas de la Grèce, cela ne permettra pas de concurrencer l'ouvrier chinois. De plus, la Grèce, la Grèce a accès à un grand marché, l'Europe, dans lequel elle ne doit pas être le pays qui a le coût du travail le plus élevé.

 

      D'autre part, il n'est pas non plus possible de fonder une politique économique sur une monnaie faible. D'abord, si la monnaie reste faible, c'est que l'économie reste faible. Une économie faible, dont la monnaie se déprécie constamment, c'est une économie qui se dégrade, dont le pouvoir d'achat et le niveau de vie diminuent.

 

      Même si le problème d'un pays est la compétitivité, une dévaluation n'est qu'une solution temporaire. Le monde bouge. Les pays qui sont plus compétitifs augmentent leur compétitivité, ce qui efface les gains d'une dévaluation. Par exemple, l'Allemagne voyait sa monnaie s'apprécier constamment, et donc les autres monnaies être dévaluées par rapport au deutschmark, cela n'empêchait pas le pays d'augmenter ses exportations.

      Peut-on empêcher une monnaie de se réévaluer quand l'économie va mieux, afin de préserver la croissance? Le jeu est dangereux. Quelle sera la réaction des autres pays? N'oublions pas que les dévaluations compétitives entre les deux guerres mondiales ont attisé les tension entre les pays. C'est d'ailleurs ce qui a amené la coopération internationale en la matière, avec les accords de Bretton Woods, la création de la Banque Mondiale, du FMI, et les accords du GATT.

 

      La Chine, et d'autres pays d'Asie notamment, freinent l'appréciation de leur monnaie actuellement. Cet action est toléré pour certains pays, car les perturbations monétaires viennent au moins en partie du quantitative easing des USA. Mais les Etats Unis commencent à s'irriter de l'attitude chinoise. Pourtant, ils ont favorisé le développement de ce pays, en le laissant exporter ses produits chez eux.

 

      Cependant, la Chine était engagé dans un processus continue de revalorisation de sa monnaie avant la crise. Et, dernièrement, elle a permis une petite appréciation. Avoir une monnaie forte est appréciable. Elle est facilement acceptée en paiement, elle attire les investisseurs dans le pays, elle est un gage de stabilité.

 

      En conclusion, une dévaluation peut, temporairement, augmenter légèrement la compétitivité à l'exportation. Mais elle ne résout pas les problèmes économiques et sociaux d'un pays. Elle n'empêche pas les mesures de restructuration de l'économie, elle n'empêche pas les réformes. Elle est une conséquence des difficultés, un symptôme, et non un remède. Toutes les mesures envisagées par exemple pour la Grèce resterait d'actualité. Une dévaluation s'analyse aussi comme une perte de pouvoir d'achat, et donc de niveau de vie pour la population.

Découvrez le blo L'école autrichienne d'économie ici.



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Hayek, Libéralisme et Utilitarisme

13 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      L'Institut Coppet a publié le texte de Friedrich August Hayek, publié dans La Constitution de la Liberté, et dans lequel l'auteur explique pourquoi il n'est pas conservateur.

 
      Le paragraphe ci-dessous, extrait de ce texte, explique de manière remarquablement concise ce qu'est le libéralisme pour Hayek.



«A propos du nom du parti de la liberté

Ce que j’ai dit suffit sans doute à expliquer pourquoi je ne me considère pas comme un conservateur. Bien des gens, cependant, auront l’impression que la position qui émerge de mes réflexions ne correspond guère à ce qu’ils entendent d’ordinaire par « libéral ». Je dois donc maintenant me poser la question de savoir si ce mot est aujourd’hui approprié pour désigner le parti de la liberté. J’ai déjà indiqué que, tout en m’étant toute ma vie qualifié de libéral, je ne le fais plus qu’avec un embarras croissant – non seulement parce qu’aux Etats-Unis le mot suscite constamment des malentendus, mais surtout parce que j’ai de plus en plus conscience de l’écart considérable qui sépare ma position du libéralisme rationaliste d’Europe continentale, et même du libéralisme utilitarien anglais. Si « libéralisme » signifiait encore ce que le terme évoquait pour l’historien britannique qui, en 1827, pouvait parier de la Révolution de 1688 comme du « triomphe de ces principes que, dans le langage d’aujourd’hui, on nomme libéralisme ou constitutionnalisme[14], » ou si on pouvait encore avec Lord Acton, parler de Burke, Macaulay et Gladstone comme des trois plus grands libéraux, ou si on pouvait encore, comme Harold Laski, considérer Tocqueville et Lord Acton comme « les libéraux essentiels du XIXe siècle[15] », je serais très fier de me classer sous ce nom. Mais, bien que je sois tenté d’appeler leur libéralisme le vrai libéralisme, je dois reconnaître que la majorité des libéraux du Continent défendaient des idées auxquelles ces hommes étaient vigoureusement opposés, et étaient animés du désir d’imposer au monde un modèle rationnel préconçu et non de la volonté de créer les perspectives d’un développement libre. Il en va de même pour ce qu’on appelle libéralisme en Angleterre depuis Lloyd George. Il est donc nécessaire de reconnaître que ce que j’ai appelé « libéralisme » a peu de rapport avec ce que visent les partis qui portent ce nom aujourd’hui. On peut en outre douter que les connotations historiques du terme soient à même de permettre le succès d’un parti politique quel qu’il soit. Les opinions pourront différer sur l’opportunité qu’il peut y avoir, dans de telles circonstances, à tenter de sauver un terme qui a été victime d’un mauvais usage. Pour ce qui me concerne, je ressens de plus en plus qu’à l’employer sans de longues explications, on provoque trop de confusion, et que l’étiquette qu’il constitue est désormais bien plus un boulet à traîner qu’une source de force. Aux Etats-Unis, où il est presque impossible d’employer le mot « libéral » dans le sens que je lui ai donné, on lui a substitué le mot « libertarien ». Peut-être est-ce la solution ; pour ma part, je trouve ce mot bien peu attrayant et je lui reproche de sentir l’artificiel et le succédané. Ce que je souhaiterais serait un mot qui évoque le parti de la vie, le parti qui défend la croissance libre et l’évolution spontanée. Mais je me suis creusé la tête en vain pour trouver un terme descriptif qui s’impose de lui-même.»

 

      Ce paragraphe rejoint ce que j'écrivais sur  La véritable signification du retour du libéralisme , et de la référence aux économistes autrichiens, dont F. A. Hayek notamment.

 

      Ce dernier se distingue clairement dans ce texte des utilitariens anglais, c'est-à-dire le courant néo-classique qui a été la référence avant Keynes, et qui est étudié comme étant le libéralisme dans les écoles et les universités. Ce courant a donné les théories de l'équilibre, général ou partiel, et la mathématisation de l'économie. C'est le courant dont fait partie notamment Alfred Marchall.

 

      Dans mon précédent article, La véritable signification du retour du libéralisme  , j'explique que Keynes et les néo-keynésiens reprennent les méthodes des utilitariens, et qu'ils s'inscrivent dans ce courant.

 

      L'objet des utilitariens est purement matériel. La question posée, c'est comment assurer sur le marché l'emploi et la croissance, et le revenu pour chacun. Les uns vont prôner de laisser faire les forces du marché, les autres la relance, certains vont favoriser la lutte contre l'inflation, d'autres opposer lutte contre l'inflation et emploi.

 

      C'est une vision technique de l'économie, presque mécanique. Pour reprendre une expression néoclassique, on cherche à maximiser l'utilité, mais plus largement que dans le concept néo-classique: c'est aussi l'utilité pour l'état qui est maximisé.

 

      L'utilitarisme est devenu la recherche d'une boîte à outil pour permmetrte à l'Etat d'atteindre ses objectifs.

 

      Or, le libéralisme, ce n'est pas ça. Ce n'est pas une maximisation matérielle, comme est devenu finalement l'économie. Même ceux qui dénoncent la croissance matérielle sont utilitaristes d'ailleurs, raisonnent conformément à l'utilitarisme. Ils considèrent que la planète ne peut pas produire plus, et que la maximisation de l'utilité implique donc de réduire la production.

 

      Le libéralisme est à la fois plus vaste et différent. Il est plus vaste car c'est une philosophie, une étude politique, un humanisme dirait-on aujourd’hui. On parlait autrefois d'économie politique également. Différent, car il ne conçoit pas son but comme la recherche d'une boîte à outil pour assurer les objectifs économiques de l'Etat.

 

      Dans ce paragraphe, il faut préciser que F. A. Hayek n'emploie pas le mot parti dans le sens d'un parti politique. Il le précise plus loin:

 

« J’espère n’avoir pas égaré le lecteur en parlant à l’occasion de « parti », alors que je pensais à des groupes d’hommes défendant un certain ensemble de principes intellectuels et moraux. La politique partisane n’a été à aucun moment le but de cet ouvrage. La question de savoir comment les principes qu’il a tenté de recomposer, à partir des fragments épars de la tradition, devront être traduits en un programme susceptible de séduire le plus grand nombre, le philosophe politique doit la laisser à un autre : « cet animal insidieux et retors que le bon peuple appelle homme d’Etat, ou politicien, et dont les décisions se fondent sur les fluctuations passagères des affaires publiques[21]. » La tâche du philosophe politique ne peut être que d’influer sur l’opinion publique, non d’organiser les gens en vue d’une action. Et il ne remplira sa tâche avec efficacité que s’il ne se préoccupe pas de ce qui est aujourd’hui possible politiquement parlant, et défend de façon cohérente des « principes généraux intangibles[22] ». »

 

      Aux libéraux de faire vivre et connaître ce qu'est le libéralisme, qui est finalement très méconnu, alors qu'il est tant dénoncé.

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Jacques Sapir et l'euro, fin

9 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

     Un internaute a aimablement indiqué le lien vers le document de travail de Jacques Sapir, dans lequel il spécule sur une sortie de l'euro de la France.

 

     Il en ressort que ce n'est pas l'euro le problème selon Sapir. C'est l'ultra-libéralisme.

Jacques Sapir préconise un financement de l'Etat par la banque Centrale, en l’occurrence la banque de France si le pays sort de l'euro.

 

     Reconnaissant que l'inflation sera forte en cas de sortie de l'euro, il préconise une augmentation des salaires, d'abord les plus bas, puis l'ensemble des salaires par le biais d'une grande conférence patronat - syndicats.

 

      En somme, Sapir propose l'hyper-inflation, que la France à évité de justesse dans les années 1980, et que le Brésil, qui l'a connue, ne veut plus connaître.

 

      Selon Sapir, la dévaluation permettra de réindustrialiser la France. Il faut selon lui maintenir la parité du franc basse, en dévaluant à chaque fois que la compétitivité diminue.

 

     Le problème, c'est que, dans un système de changes mobiles, la parité dépend de la confiance dans une monnaie. Si la confiance s'écroule, la monnaie s'écroule, pas besoin de la dévaluer. Sapir prétend contrôler cet écroulement par un contrôle des changes. Sauf que dans tous les pays, comme Cuba, qui sont dans cette situation, le résultat est un taux de change parallèle, et, même, la préférence pour une monnaie étrangère, comme le dollar.

 

     Sapir soutient que cette issue est évitable, par un contrôle des changes et des capitaux, en prenant pour exemple la Chine, qui contrôle sa monnaie.Sauf que la Chine ralentit l'appréciation de sa monnaie. Ce qui n'a rien à voir avec le fait de freiner la dépréciation d'une monnaie.

 

     En résumé, Jacques Sapir veut plonger la France dans la misère, en réitérant toutes les erreurs du passé.

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Immatriculations en France de 1995 à 2011

5 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

Voici le diagramme des immatriculations en France de voitures particulières, du 01/01/1995 au 01/05/2011, d'après les données de l'INSEE (cliquer à droite, sur "séries longues des immatriculations de véhicules neufs).La colonne 1 est donc le mois de janvier 1995, la 196 le mois de mai 2011.

 

auto stat longues

 

Il y a une grande stabilité entre 2003 et 2008. De 2009 à 2011, il y a une augmentation... due à la prime à la casse.

 

Ce ne sont que les chiffres français. Mais qui montre que les variations du marché n'étaient pas si anormales, même suite à la crise. Cette série longue montre que les variations peuvent être fortes. Et qu'elles le sont encore plus quand l'Etat subventionne l'industrie.

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L'indice du vivre mieux de l'OCDE

2 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

L'OCDE a lancé son indice du vivre mieux, inspiré de ce qu'on appelle en France l'indicateur de bien être.

 

J'ai déjà écrit quelques articles sur le sujet, dont voici les liens:

 

Réponses à quelques questions sur le PIB   

 

Réponse à Jean Gadrey   

 

Commentaire sur la commission Stiglitz     

 

Par ailleurs, depuis quelques temps ce blog a son profil Facebook. Vous pouvez donc partager les articles par le lien Facebook en bas, et aussi retrouver le profil sur Facebook.

 

Si vous connaissez des sites ou des blogs de qualité traitant de l'économie, du libéralisme, de l'actualité, de la science, je suis preneur également.

 

A bientôt sur la toile.

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Jacques Sapir et l'euro, suite

2 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

      Après s'être interrogé sur l'opportunité pour la Grèce de sortir de l'euro, Jacques Sapir, toujours dans Marianne 2, s'interroge sur l'intérêt même de l'euro, en particulier pour la France.

 

      On retrouve dans cet article tous les poncifs sur l'euro. Celui-ci serait responsable de la rigueur, de la faible croissance, de la désindustrialisation.

 

      Dans cet article, Jacques Sapir semble indiquer que le fait de sortir de l'euro et d'adopter une monnaie dévaluée, de 25% dans son raisonnement, provoquera un choc de 2% sur le PIB, du fait d'une baisse de la consommation. Ce choc serait inférieur aux mesures de rigueur imposées, selon lui par l'euro, et la dévaluation permettrait à l'économie de repartir.

 

      Dans son raisonnement, Sapir fait totalement l'impasse sur le financement du budget public. Il n'en parle pas. Pourtant, une dévaluation ne permet pas de trouver des financements. Pourquoi la Grèce est-elle soumise à un plan de rigueur? Parce qu'elle a des dépenses supérieures à ses ressources, et que les prêteurs demande des taux d'intérêt de plus en plus élevés, par manque de confiance. Le problème est le même dans la zone euro ou hors de cette zone. Dans les années 1980, la dévaluation n'a pas évité à la France un plan de rigueur mémorable. Sapir élude complètement cette question, ce qui rend son raisonnement totalement vide.

 

      Sapir fait allusion à un document de travail duquel il a tiré cet article. La question est peut-être étudiée dans ce document. L'article de Marianne n'en parlant pas, on peut considérer qu'il n'aborde pas le sujet qu'il prétend traiter, à savoir les avantages et les inconvénients de l'euro.

 

      De même, il ne traite pas du taux d'intérêt dont bénéficieraient les entreprises si la France sortait de l'euro. C'est un point éludé par tous les contempteurs de l'euro, qui décrètent que la politique de la BCE est trop rigoureuse. Hors, il n'est pas certain que hors de l'euro les entreprises, et les ménages, bénéficieraient de taux si bas.

 

      Les poncifs sur l'euro repris par Sapir sont très mal étayés, en contradiction avec la réalité. Ainsi, l'austérité serait due à l'euro. Il a déjà été montré qu'euro ou pas, c'est l'endettement qui provoque l'austérité.

 

      L'euro serait aussi responsable de la faible croissance et de la désindustrialisation. Le tout provoqué par un euro trop fort, et qui serait résolu par une forte dévaluation.

 

      On peut d'abord se demander ce que l'on appelle désindustrialisation, la valeur ajoutée produite par l'industrie augmentant, bien que certains services, qui étaient intégrés auparavant, soient externalisés, ce qui réduit le poids relatif de l'industrie dans les statistiques mais pas son poids réel ( comme l'explique très bien cet article: La mondialisation a bon dos).

 

      Ensuite, le pays qui est montré en exemple pour avoir gardé un poids de l'industrie très fort, c'est l'Allemagne! Pays membre de la zone euro, et, plus encore, dont l'ancienne monnaie est le modèle de l'euro. D'ailleurs, la BCE est à Francfort! L'Allemagne est par ailleurs un des principaux pays exportateur de la planète, et ne vient de perdre son titre de premier exportateur qu'il y a peu. (Concernant l'Allemagne, cf la série d'articles de ce blog sur ce pays.)

 

      D'autre part, une économie comme la France est quand même suffisamment forte pour avoir un niveau de vie largement supérieur à celle des pays émergents. Ce qui signifie qu'elle n'est pas tant que ça en concurrence avec les pays émergents, et, surtout, reprendre les productions assurées aujourd'hui par les pays émergents ne peut-il pas avoir des conséquences sur le niveau de vie?

 

      Sapir adopte les théories mercantilistes. Des théories simplistes, qui ne tiennent pas compte de la réalité.

 

      Sapir ne tient pas compte de la réalité non plus quand il traite de l'inflation. Il estime qu'une sortie de l'euro entraînera de l'inflation, qui pèsera donc sur le pouvoir d'achat. Il préconise donc une échelle mobile des salaires, soit une indexation sur l'inflation.

 

      Ce système avait été remis en œuvre avec la crise des années 1970. Il a ensuite été abandonné car il créait une spirale inflationniste!

 

      L'article de Sapir ignore totalement l'expérience économique de ces dernières années. Si les pays en sont venus à la rigueur, ce n'est pas par idéologie. Les gouvernants, élus, évitent de proposer des efforts aux électeurs. Ils ne le font que quand c'est vraiment inévitable.

 

      Le débat est toujours bienvenue, mais il n'y a ici pas d'argument. Peut-être ces arguments sont-ils dans le document de travail cité par Sapir. Dans ce cas, l'article est vraiment trop pauvre.

 

      Cet article ne démontre donc aucunement que la Grèce, la France, ni aucun pays de la zone n'aurait intérêt à la quitter.

 

(On peut citer ici l'exemple du Brésil, qui n'a jamais été aussi prospère que depuis qu'il a une politique monétaire stricte. Cette politique stricte permettant de rendre efficace la politique sociale par ailleurs: cf   Présidentielle 2010 au Brésil    )

 

 

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La véritable signification du retour du libéralisme

31 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      Après des décennies de keynésianisme, qui se sont soldés par une incapacité à répondre à la crise des années 1970, le libéralisme est revenu à l'honneur. Les auteurs mis en avant ont été notamment Friedrich August Hayek, Joseph Alois Schumpeter, et Frédéric Bastiat aux États-Unis d'Amérique. Les deux premiers sont des représentants de l'école autrichienne, le troisième de l'école française d'économie.

 

      Ces références montrent une rupture dans la manière d'appréhender l'économie, plus profonde que le simple passage de théories dirigistes à l'économie de marché.

 

      La théorie économique, avant le passage au keynésianisme, était dominée par les néoclassiques. l'apport de ces derniers étant la valeur d'échange. Auparavant, on recherchait la valeur dans le travail. mais le même temps de travail ne donne pas le même revenu. Les néoclassiques ont donc théorisé la valeur d'échange: la valeur d'un bien est différente pour chacun d'entre nous. Elle est subjective. La confrontation de l'offre et de la demande permet de définir un prix.

 

      Les néoclassiques raisonnent en termes de maximisation de l'utilité. Chaque agent économique, entreprise, particulier, maximise son utilité. Ce qui permet de construire des modèles mathématiques, sous des hypothèses prédéfinies, qui montrent comment on atteint un équilibre général à moyen-long terme.

 

      L'équilibre, c'est celui de l'offre et de la demande. Quand il y a équilibre, il n'y a pas de chômage, puisque l'offre de travail est contrebalancée par l'offre d'emploi. Au point d'équilibre, chacun a atteint l'utilité maximale qu'il pouvait atteindre.

 

      Keynes a repris cette méthode utilitariste. Ses hypothèses changent. Selon lui, l'économie peut atteindre un point d'équilibre qui n'est pas une situation de plein emploi. Il propose donc d'utiliser la dépense publique pour atteindre l'équilibre de plein emploi.

 

      Les néo-keynésien ont poursuivi dans ce sens. Ils ont développé des modèles pour diriger l'économie. Ces modèles montraient ce qui devaient se produire quand les taux d'intérêt augmentaient, quand l'inflation augmentaient, etc. Dans le but de guider la politique économique.

 

      C'est toujours une logique utilitariste. Les agents ne peuvent pas atteindre l'optimum sans l'aide de l’État, donc l’État doit les aider, il doit diriger l'économie. Même si les hypothèses ne sont pas les mêmes, nous restons dans la lignée utilitariste lancée par les néoclassiques.

 

     Par contre, les économistes autrichiens, ainsi que l'école française d'économie, ne sont pas dans cette lignée utilitariste. Bastiat a d'ailleurs vécu avant le développement des théories néoclassiques.

 

      Les autrichiens ne raisonnent pas en termes d'équilibre général, ni de maximisation. Ils sont d'accord sur la valeur d'échange, et ne sont pas opposés aux théories néoclassiques. Ils considèrent cependant que l'être humain n'est pas réductible à des équations.

 

      Les autrichiens ont aussi une vision plus large de leur champ d'étude. Les néoclassiques ont réduit le champ à l'économie de marché en somme. C'est ce que les autrichiens appellent la catallaxie. Leur champ d'étude, pour reprendre les termes de Ludwig von Mises, est l'action humaine, appelée aussi la praxéologie.

 

      Les autrichiens ont une approche qui serait aujourd'hui qualifiée d'humaniste. Ils n'étudient pas seulement l'économie. Ils étudient la société. C'est le libéralisme, la défense de la liberté, la possibilité pour chacun de s'accomplir, et non simplement l'économie de marché.

 

      Pourquoi ces économistes sont-ils revenus sur le devant de la scène? Hayek était un peu le dernier des Mohicans, fustigeant inlassablement le keynésianisme. Schumpeter, outre d'être l'auteur d'un ouvrage de référence en histoire de l'analyse économique, est aussi celui de la théorie de l'entrepreneur, si utile pour expliquer les cycles en économie. par contre, pourquoi Reagan a-t-il cité Bastiat? Sans doute parce qu'il répondait à la situation.

 

      Après des décennies de dirigisme, c'est le rôle de l’État qui est en question. Les économistes cités démontrent que l’État n'est pas l'initiateur de la croissance, du progrès économique.

 

      Les néoclassiques ont créé une belle machinerie, décrivant l'économie de marché, mais qui repose sur des hypothèses. Les autrichiens et les français démontrent ces hypothèses, et même plus encore. Ils répondent aux interrogations sur le rôle de l’État après l'échec de l'interventionnisme.

 

      Tout en répondant à ces interrogations, ils vont plus loin, réintroduisant l'humanisme en économie, dominé encore aujourd'hui par l'utilitarisme et le matérialisme.

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Deux articles de l'Institut Coppet pour se cultiver

31 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

L'Institut Coppet s'est donné pour mission de faire redécouvrir l'Ecole Française d'Economie, ainsi que les théories qui participent de la même famille de pensée.

 

- Stéphane Couvreur utilise le roman de science fiction de William Gibson, Identification des shémas, pour illustrer la pensée de F.A. Hayek, en ce qui concerne la théorie des phénomènes complexes et L'utilisation de l'information dans la société. Une bonne façon de s'initier à ce grand économiste.

 

- Damien Thellier présente dans une inteview Murray Rothbard, économiste libertarien.

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La Grèce a-t-elle intérêt à sortir de l'euro?

30 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

      L'auteur de l'excellent blog sur la Grèce Kafenio m'a suggéré cet article de Marianne. Dans celui-ci, Jacques Sapir suggère que l'intérêt de la Grèce est de quitter l'euro. Il écrit: «Si la sortie de l’Euro posera certainement des problèmes importants, le choc social sera cependant bien moins important que dans l’austérité continue que la Grèce devrait s’imposer pour plusieurs années si elle voulait à tout prix rester dans l’Euro.»

 

      Donc, selon Jacques Sapir, c'est l'euro qui force la Grèce à l'austérité. Il est toujours étonnant de lire de tels propos de la part d'un économiste. L'histoire économique se charge de le démentir. Ainsi, la dévaluation n'a pas empêché le terrible plan de rigueur qu'a connu la France dans les années 1980. La rigueur a été si terrible que le mot en est devenu tabou, en particulier chez ceux qui l'ont initiée, les socialistes.

 

      A l'initiative de l'Allemagne, l'Union Européenne a placé l'aide à la Grèce sous l'égide du FMI, du fait de son expérience. Les plans du FMI, même ceux qui incluent des dévaluations, impliquent toujours la rigueur.

 

      Une dévaluation équivaut en fait à une baisse des salaires. Les produits importés augmentent, dont le pétrole, si indispensable au transport, et le pouvoir d'achat baisse. Il n'est même pas garanti que les exportations repartent.

 

      Mais une dévaluation ne règle pas le problème du financement de la dette. D'où la rigueur.

 

      D'autant plus quand la dette est libellée dans une monnaie étrangère. Si la Grèce quitte l'euro, sa dette sera de facto libellée dans une monnaie étrangère. La nouvelle monnaie grecque sera dévaluée par rapport à l'euro, et donc la dette flambera, à la fois le principal et les intérêts. D'où encore plus de rigueur.

 

      Une restructuration de la dette dans l'euro permettra de soulager la Grèce. Une restructuration hors de l'euro n'aura pas beaucoup d'effet.

 

      Enfin, n'oublions pas les effets bénéfiques de l'euro. Les banques grecques sont soutenues par la Banque centrale Européenne, qui les refinance. Ce qui permet aux entreprises grecques de bénéficier de taux d'intérêt beaucoup plus bas que si le pays n'était pas dans la zone euro.

 

      La dévaluation ne fait pas de miracle. Elle n'évite pas la rigueur, et équivaut à une baisse de pouvoir d'achat. Tout ce qu'on reproche à l'euro en fait.

 

      En conclusion, l'euro n'est pas la cause des problèmes de la Grèce. On peut éventuellement lui reprocher d'avoir faciliter l'endettement du pays. Mais en fait, même si c'est difficile pour les grecs, il préserve des taux d'intérêt bas pour le financement des entreprises.

 

(Sur la Grèce, voir aussi: L'Europe est-elle trop sévère avec la Grèce? ,  La crise grecque et l'Europe La crise grecque et l'Europe, suite.  , Le plan européen pour la Grèce  , Grèce: un retournement monétaire?  )

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La taxe sur les très hauts revenus

30 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

      Le quotidien Les Echos rapporte dans son éditions du 30 mai 2010 les cogitations du gouvernements et de l'UMP pour taxer les très hauts revenus salariés. Une nouvelle piste serait de pénaliser les entreprises qui versent de hauts salaires, en rendant ces derniers non déductibles de l'impôt sur les sociétés.

 

      Cette démarche ne s'attaque pas du tout aux vrais problèmes des salariés, en même temps qu'elle vise à renforcer les inégalités.

 

      Le problème des salariés, ce ne sont pas les hauts salaires: ce sont les salaires pas assez élevés! Il y a un tassement de la répartition des salaires: les bas salaires rattrapent doucement ceux de la classe moyenne. Les salaires de cette dernière augmente moins vite que les hauts salaires et les bas salaires.

 

      La politique constante des gouvernements, quelles que soient leurs couleurs politiques, a d'ailleurs toujours été un affaiblissement des revenus salariés de chacun, par les mesures de réduction de temps de travail. Ainsi, le temps partiel a été favorisé, par des baisses de charges, et l'est toujours par le système des heures complémentaires. Les 35h ont également provoqué la modération salariale. Les cadres supérieurs sont globalement gagnant, car leur rémunération ne dépend pas du temps de travail. Mais pas le salarié moyen.

 

      S'attaquer au problème des salaires revient donc à remettre en cause la politique menée au nom de l'emploi au cours des dernières décennies.

 

      Taxer les hauts salaires augmentera par ailleurs les inégalités. Pourquoi? Parce que ce ne sont pas les salariés qui touchent les plus hauts revenus. Les plus hauts revenus sont ceux du patrimoine. C'est une première inégalité.

 

      D'autre part, plus les revenus sont élevés, plus grandes sont les possibilité d'échapper à l'impôt grâce aux niches fiscales. Il y a donc une inégalité entre les gens, en fonction de la possibilité pour chacun de bénéficier d'une niche fiscale.

 

      Il faudrait donc plutôt supprimer les niches fiscales. Or, on est plutôt dans un mouvement d'augmentation du nombre de ces niches. Celles-ci ont une fonction électorale. Pour montrer qu'on est écolo, on crée une niche fiscale. Pour montrer qu'on soutient le bâtiment, on crée une niche fiscale. Etc.

 

      Une véritable politique de revenu et d'égalité suppose de revenir sur beaucoup de principes qui guident les gouvernements en France. Cela suppose de revenir sur la politique dirigiste, qui régit l'économie en agissant sur le temps de travail et les niches fiscales notamment.

 

      La France en est à un tel point qu'une politique fiscale de "flat tax" serait plus juste que le système actuel. (Cf: Impôt progressif et justice sociale  , et  Flat tax et justice  )

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