Analyse Libérale

Articles récents

La véritable signification du retour du libéralisme

31 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      Après des décennies de keynésianisme, qui se sont soldés par une incapacité à répondre à la crise des années 1970, le libéralisme est revenu à l'honneur. Les auteurs mis en avant ont été notamment Friedrich August Hayek, Joseph Alois Schumpeter, et Frédéric Bastiat aux États-Unis d'Amérique. Les deux premiers sont des représentants de l'école autrichienne, le troisième de l'école française d'économie.

 

      Ces références montrent une rupture dans la manière d'appréhender l'économie, plus profonde que le simple passage de théories dirigistes à l'économie de marché.

 

      La théorie économique, avant le passage au keynésianisme, était dominée par les néoclassiques. l'apport de ces derniers étant la valeur d'échange. Auparavant, on recherchait la valeur dans le travail. mais le même temps de travail ne donne pas le même revenu. Les néoclassiques ont donc théorisé la valeur d'échange: la valeur d'un bien est différente pour chacun d'entre nous. Elle est subjective. La confrontation de l'offre et de la demande permet de définir un prix.

 

      Les néoclassiques raisonnent en termes de maximisation de l'utilité. Chaque agent économique, entreprise, particulier, maximise son utilité. Ce qui permet de construire des modèles mathématiques, sous des hypothèses prédéfinies, qui montrent comment on atteint un équilibre général à moyen-long terme.

 

      L'équilibre, c'est celui de l'offre et de la demande. Quand il y a équilibre, il n'y a pas de chômage, puisque l'offre de travail est contrebalancée par l'offre d'emploi. Au point d'équilibre, chacun a atteint l'utilité maximale qu'il pouvait atteindre.

 

      Keynes a repris cette méthode utilitariste. Ses hypothèses changent. Selon lui, l'économie peut atteindre un point d'équilibre qui n'est pas une situation de plein emploi. Il propose donc d'utiliser la dépense publique pour atteindre l'équilibre de plein emploi.

 

      Les néo-keynésien ont poursuivi dans ce sens. Ils ont développé des modèles pour diriger l'économie. Ces modèles montraient ce qui devaient se produire quand les taux d'intérêt augmentaient, quand l'inflation augmentaient, etc. Dans le but de guider la politique économique.

 

      C'est toujours une logique utilitariste. Les agents ne peuvent pas atteindre l'optimum sans l'aide de l’État, donc l’État doit les aider, il doit diriger l'économie. Même si les hypothèses ne sont pas les mêmes, nous restons dans la lignée utilitariste lancée par les néoclassiques.

 

     Par contre, les économistes autrichiens, ainsi que l'école française d'économie, ne sont pas dans cette lignée utilitariste. Bastiat a d'ailleurs vécu avant le développement des théories néoclassiques.

 

      Les autrichiens ne raisonnent pas en termes d'équilibre général, ni de maximisation. Ils sont d'accord sur la valeur d'échange, et ne sont pas opposés aux théories néoclassiques. Ils considèrent cependant que l'être humain n'est pas réductible à des équations.

 

      Les autrichiens ont aussi une vision plus large de leur champ d'étude. Les néoclassiques ont réduit le champ à l'économie de marché en somme. C'est ce que les autrichiens appellent la catallaxie. Leur champ d'étude, pour reprendre les termes de Ludwig von Mises, est l'action humaine, appelée aussi la praxéologie.

 

      Les autrichiens ont une approche qui serait aujourd'hui qualifiée d'humaniste. Ils n'étudient pas seulement l'économie. Ils étudient la société. C'est le libéralisme, la défense de la liberté, la possibilité pour chacun de s'accomplir, et non simplement l'économie de marché.

 

      Pourquoi ces économistes sont-ils revenus sur le devant de la scène? Hayek était un peu le dernier des Mohicans, fustigeant inlassablement le keynésianisme. Schumpeter, outre d'être l'auteur d'un ouvrage de référence en histoire de l'analyse économique, est aussi celui de la théorie de l'entrepreneur, si utile pour expliquer les cycles en économie. par contre, pourquoi Reagan a-t-il cité Bastiat? Sans doute parce qu'il répondait à la situation.

 

      Après des décennies de dirigisme, c'est le rôle de l’État qui est en question. Les économistes cités démontrent que l’État n'est pas l'initiateur de la croissance, du progrès économique.

 

      Les néoclassiques ont créé une belle machinerie, décrivant l'économie de marché, mais qui repose sur des hypothèses. Les autrichiens et les français démontrent ces hypothèses, et même plus encore. Ils répondent aux interrogations sur le rôle de l’État après l'échec de l'interventionnisme.

 

      Tout en répondant à ces interrogations, ils vont plus loin, réintroduisant l'humanisme en économie, dominé encore aujourd'hui par l'utilitarisme et le matérialisme.

Lire la suite

Deux articles de l'Institut Coppet pour se cultiver

31 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

L'Institut Coppet s'est donné pour mission de faire redécouvrir l'Ecole Française d'Economie, ainsi que les théories qui participent de la même famille de pensée.

 

- Stéphane Couvreur utilise le roman de science fiction de William Gibson, Identification des shémas, pour illustrer la pensée de F.A. Hayek, en ce qui concerne la théorie des phénomènes complexes et L'utilisation de l'information dans la société. Une bonne façon de s'initier à ce grand économiste.

 

- Damien Thellier présente dans une inteview Murray Rothbard, économiste libertarien.

Lire la suite

La Grèce a-t-elle intérêt à sortir de l'euro?

30 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

      L'auteur de l'excellent blog sur la Grèce Kafenio m'a suggéré cet article de Marianne. Dans celui-ci, Jacques Sapir suggère que l'intérêt de la Grèce est de quitter l'euro. Il écrit: «Si la sortie de l’Euro posera certainement des problèmes importants, le choc social sera cependant bien moins important que dans l’austérité continue que la Grèce devrait s’imposer pour plusieurs années si elle voulait à tout prix rester dans l’Euro.»

 

      Donc, selon Jacques Sapir, c'est l'euro qui force la Grèce à l'austérité. Il est toujours étonnant de lire de tels propos de la part d'un économiste. L'histoire économique se charge de le démentir. Ainsi, la dévaluation n'a pas empêché le terrible plan de rigueur qu'a connu la France dans les années 1980. La rigueur a été si terrible que le mot en est devenu tabou, en particulier chez ceux qui l'ont initiée, les socialistes.

 

      A l'initiative de l'Allemagne, l'Union Européenne a placé l'aide à la Grèce sous l'égide du FMI, du fait de son expérience. Les plans du FMI, même ceux qui incluent des dévaluations, impliquent toujours la rigueur.

 

      Une dévaluation équivaut en fait à une baisse des salaires. Les produits importés augmentent, dont le pétrole, si indispensable au transport, et le pouvoir d'achat baisse. Il n'est même pas garanti que les exportations repartent.

 

      Mais une dévaluation ne règle pas le problème du financement de la dette. D'où la rigueur.

 

      D'autant plus quand la dette est libellée dans une monnaie étrangère. Si la Grèce quitte l'euro, sa dette sera de facto libellée dans une monnaie étrangère. La nouvelle monnaie grecque sera dévaluée par rapport à l'euro, et donc la dette flambera, à la fois le principal et les intérêts. D'où encore plus de rigueur.

 

      Une restructuration de la dette dans l'euro permettra de soulager la Grèce. Une restructuration hors de l'euro n'aura pas beaucoup d'effet.

 

      Enfin, n'oublions pas les effets bénéfiques de l'euro. Les banques grecques sont soutenues par la Banque centrale Européenne, qui les refinance. Ce qui permet aux entreprises grecques de bénéficier de taux d'intérêt beaucoup plus bas que si le pays n'était pas dans la zone euro.

 

      La dévaluation ne fait pas de miracle. Elle n'évite pas la rigueur, et équivaut à une baisse de pouvoir d'achat. Tout ce qu'on reproche à l'euro en fait.

 

      En conclusion, l'euro n'est pas la cause des problèmes de la Grèce. On peut éventuellement lui reprocher d'avoir faciliter l'endettement du pays. Mais en fait, même si c'est difficile pour les grecs, il préserve des taux d'intérêt bas pour le financement des entreprises.

 

(Sur la Grèce, voir aussi: L'Europe est-elle trop sévère avec la Grèce? ,  La crise grecque et l'Europe La crise grecque et l'Europe, suite.  , Le plan européen pour la Grèce  , Grèce: un retournement monétaire?  )

Lire la suite

La taxe sur les très hauts revenus

30 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

      Le quotidien Les Echos rapporte dans son éditions du 30 mai 2010 les cogitations du gouvernements et de l'UMP pour taxer les très hauts revenus salariés. Une nouvelle piste serait de pénaliser les entreprises qui versent de hauts salaires, en rendant ces derniers non déductibles de l'impôt sur les sociétés.

 

      Cette démarche ne s'attaque pas du tout aux vrais problèmes des salariés, en même temps qu'elle vise à renforcer les inégalités.

 

      Le problème des salariés, ce ne sont pas les hauts salaires: ce sont les salaires pas assez élevés! Il y a un tassement de la répartition des salaires: les bas salaires rattrapent doucement ceux de la classe moyenne. Les salaires de cette dernière augmente moins vite que les hauts salaires et les bas salaires.

 

      La politique constante des gouvernements, quelles que soient leurs couleurs politiques, a d'ailleurs toujours été un affaiblissement des revenus salariés de chacun, par les mesures de réduction de temps de travail. Ainsi, le temps partiel a été favorisé, par des baisses de charges, et l'est toujours par le système des heures complémentaires. Les 35h ont également provoqué la modération salariale. Les cadres supérieurs sont globalement gagnant, car leur rémunération ne dépend pas du temps de travail. Mais pas le salarié moyen.

 

      S'attaquer au problème des salaires revient donc à remettre en cause la politique menée au nom de l'emploi au cours des dernières décennies.

 

      Taxer les hauts salaires augmentera par ailleurs les inégalités. Pourquoi? Parce que ce ne sont pas les salariés qui touchent les plus hauts revenus. Les plus hauts revenus sont ceux du patrimoine. C'est une première inégalité.

 

      D'autre part, plus les revenus sont élevés, plus grandes sont les possibilité d'échapper à l'impôt grâce aux niches fiscales. Il y a donc une inégalité entre les gens, en fonction de la possibilité pour chacun de bénéficier d'une niche fiscale.

 

      Il faudrait donc plutôt supprimer les niches fiscales. Or, on est plutôt dans un mouvement d'augmentation du nombre de ces niches. Celles-ci ont une fonction électorale. Pour montrer qu'on est écolo, on crée une niche fiscale. Pour montrer qu'on soutient le bâtiment, on crée une niche fiscale. Etc.

 

      Une véritable politique de revenu et d'égalité suppose de revenir sur beaucoup de principes qui guident les gouvernements en France. Cela suppose de revenir sur la politique dirigiste, qui régit l'économie en agissant sur le temps de travail et les niches fiscales notamment.

 

      La France en est à un tel point qu'une politique fiscale de "flat tax" serait plus juste que le système actuel. (Cf: Impôt progressif et justice sociale  , et  Flat tax et justice  )

Lire la suite

Un moteur thermique qui produit moins de CO2 qu'un moteur électrique.

30 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

    

     

       En matière de transport, le tout électrique ou l'hybride est mis en avant afin de limiter les émissions de CO2. Cependant, cette formule globalement, est polluante, si on considère la maniè_re dont l'électricité est produite. En France, l'électricité étant à 80% d'origine nucléaire, elle produit peu de CO2 (d'autant plus qu'une part de la production électrique provient de l'hydrolique). Mais, dans beaucoup de pays, l'électricité est largement produit par combustion de gaz, ou de charbon, ou d'autres énergies fossiles. La voiture électrique générerait donc une augmentation de la polltion due à la production d'électricité.

 

     D'un autre côté, une des énergies renouvelables les plus à la mode, l'éolien, présente un grave inconvénient: sa production est erratique, dépendant du vent, et très variable. Pour compenser, il est nécessaire d'avoir des centrales produisant de l'électricité à partir de sources fossiles. Il y a donc production de CO2, et surcoût.

 

     Cet article du Figaro présente un carburant produit à partir de l'énergie éolienne. Ce qui aboutit à une voiture à moteur thermique, mais qui, globalement, provoque moins d'émission de CO2 qu'une voiture électrique. Cette technologie présente aussi l'avantage de stocker l'énergie éolienne, d'une manière pratique, ce qui est un grand progrès.

 

     Cependant, l'article ne donne aucune idée du coût du procédé.

 

     A lire néanmoins, pour nourrir la réflexion sur l'écologie.

Lire la suite

L'Europe est-elle trop sévère avec la Grèce?

29 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

      Le plan d'aide à la Grèce suscite des critiques, de la part des grecs notamment. Ce plan, concocté par l'Union Européenne et le FMI, est accusé d'être trop rigoureux, et donc trop injuste, d'enfoncer le pays par ses mesures d'austérité alors que ce dernier aurait besoin d'une relance, de peser trop sur les défavorisés. Enfin, il est reproché à l'Union Européenne de demander des taux d'intérêt trop élevés, et d'avoir laissé les déficits se creuser en Grèce sans rien dire pour favoriser l'accession au pouvoir d'un socialiste, mieux à même d'imposer la rigueur.

 

      Ces reproches sont-ils justifiés? Les grecs paient un lourd tribut à la crise, et on ne peut que comprendre leur ressentiment. Un bilan, ou point d'étape, n'est pas inutile, pour évaluer si le plan d'aide à la Grèce est trop rigoureux, la responsabilité de l'Europe, et pour déterminer ce qu'il reste à faire pour la Grèce.

 

      Les contreparties demandées à la Grèce en échange du plan d'aide de l'Union Européenne et du FMI sont-elles trop rigoureuses? A chaque fois que le FMI aide un pays, il est accusé d'être trop sévère. On parle de dogmatisme de l'équilibre financier, d'ultra-libéralisme.

 

      Quand un pays a besoin de l'aide du FMI, c'est qu'il est au bord de la faillite. Il a emprunté, sa gestion n'inspire pas confiance, les préteurs ne veulent plus rien lui prêter, sauf à des taux prohibitifs.

 

      Ce n'est pas une question idéologique, ni une question de théorie économique. C'est un problème purement financier. Ce n'est pas non plus les marchés financiers qui font la loi. Que le financement provienne des banques, des marchés financiers, des particuliers, le problème est le même: quand la confiance n'est plus là, le crédit se tarit.

 

      Il faut alors faire des économies, chercher des ressources supplémentaires, d'où la rigueur.

 

      Bien sûr, il y a toujours des gens, l'ancien président du FMI, Dominique Strauss Kahn en tête, pour prôner la relance keynésienne, disant qu'il faut dépenser pour relancer l'économie. D'autres qu'il faut faire marcher la planche à billets. Mais la réalité est inévitable, et même Strauss Kahn a élaboré des plans de rigueur pour permettre à la Grèce de bénéficier d'une aide. Notons d'ailleurs que la BCE a fait marcher la planche à billet pour soutenir les banques, et les banques grecques en profitent largement, et qu'elle a utilisé une part des liquidités créées pour racheter des obligations grecques. Cela n'a pas suffi.

 

      Les pays obligés de se plier à la discipline du FMI ont du ressentiment envers l'organisme. D'autant que les gouvernements n'acceptent pas de reconnaître leurs erreurs. Le FMI, et, dans le cas de la Grèce, l'Union Européenne, sont les boucs émissaires de la rigueur, inévitable pourtant.

 

      L’Europe a-t-elle une responsabilité, en ayant sciemment ignoré certains signes avant-coureurs, pour favoriser des amis politiques? Le bruit a couru, mais c'est difficile à vérifier.

 

      Par contre, l'appareil statistique de l'Union Européenne laisse à désirer. Il ne fait que reprendre les chiffres des organismes nationaux, sans contrôle. Alors qu'on pourrait penser qu'un chiffre publié sous son égide est signe de crédibilité. Eurostat avait même repris les chiffres du chômage de l'INSEE, à l'époque où ce dernier avait changé de méthode et constaté des discordances. Il n'avait pas publié ses chiffres en France, ce qui avait créé une polémique sur les chiffres du chômage.

 

      D'autre part, l'empressement à accueillir de nouveaux pays dans la zone euro a peut-être été un peu trop grand. On peut pardonner à des économies comme celles de l'Allemagne ou de la France des écarts budgétaires. Mais la Grèce n'inspirait pas la même confiance.

 

      L'euro a certainement permis à la Grèce d'emprunter plus facilement. Peut-être d'emprunter trop facilement.

 

      Enfin, l'Union Européenne n'a absolument pas prévu qu'il soit nécessaire de renflouer un pays. Tout reposait sur les critères de Maastricht. Le respect de ces critères devait empêcher un pays de faire défaut. La crise budgétaire grecque illustre bien les limites de cette approche uniquement préventive. Il est difficile de forcer un pays à respecter ces critères. Sanctionner un pays quand il est en déficit est délicat, et trop tardif. La France et l'Allemagne ont d'ailleurs refusé de se plier aux sanctions en 2003. La crise budgétaire grecque a montré la nécessité de prévoir un dispositif, ce à quoi les européens se sont attelés, mais dans l'urgence, et en pleine crise. Ce qui rend les débats plus difficiles et moins sereins.

 

      De plus, si un dispositif de renflouement avait été prévu à l'avance, identique pour tout le monde, il aurait certainement mieux accepté. Aujourd'hui, les grecs se sentent stigmatisés, d'autant plus que certaines remarques de la part de certains pays ont été acerbes.

 

      Enfin, sachant ce qui se passerait en cas de défaut, un dispositif prévu à l'avance, avec toutes les contraintes que cela suppose, aurait eu un effet plus dissuasif que les critères de Maastricht.

 

      La Grèce revient dans l'actualité car elle aurait à nouveau besoin d'aide. Comment l'aider? Le débat est ouvert, entre restructuration de la dette et nouvelle aide européenne, en passant par des privatisations.

 

      Il est impossible d'envisager quoi que ce soit de précis simplement avec les informations des médias. Il faudrait connaître précisément la situation du pays. Mais on peut rester dans le domaine théorique.

 

      Aujourd'hui, on s'aperçoit, ou on feint de s'apercevoir, que la Grèce aura besoin de temps pour sortir de sa situation. L'aide d'urgence ne suffit pas. Ce qu'il faut, c'est un programme, étalé dans le temps, avec des objectifs réalistes, et, surtout, crédibles, pour diminuer les déficits. La Grèce retrouverait ainsi la confiance des prêteurs. Elle en aurait moins besoin aussi.

 

      Un tel programme doit tenir compte de nombreux éléments. Par exemple, quelle est l'efficacité en matière de recouvrement d'impôt, les prélèvements sont-ils assis sur une base assez large, les règles juridiques sont-elles un frein ou non à l'activité, etc. C'est une grande revue et un grand travail de réforme, à faire en collaboration avec, en l'occurrence, l'Union Européenne.

 

      Ce qui implique de prendre son temps. Il aurait fallu utiliser le ballon d'oxygène fourni par la première aide européenne pour négocier un tel programme.

 

      Ce programme doit aussi tenir compte de la situation des autres pays européens. Rappelons que ces derniers ne sont pas au mieux financièrement non plus, et que leur population doit elle aussi faire des efforts. Efforts sans commune mesure avec ceux demandés au grecs, mais qui réduisent la marge de manœuvre des gouvernements.

 

      Par ailleurs, quel serait l'impact d'une restructuration de la dette grecque sur les banques européennes? On nous prédit une catastrophe en cas de restructuration. Tandis que les banques se font rassurantes.

 

      Enfin, dans quelle mesure ce qui se passe en Grèce va influencer la situation dans d'autres pays, tel le Portugal et l'Espagne?

 

      Cela fait de nombreux éléments à prendre en compte, et ce n'est pas par les médias que l'on peut avoir toutes les informations.

 

      Par contre, l'Europe pourrait faire plusieurs gestes. D'abord, les taux d'intérêt des prêts accordés à la Grèce doivent être bas, indexé sur l'évolution de l'emprunt européen. A partir du moment ou un programme est décidé, et appliqué, il faut en favoriser la réussite sans en renchérir le coût pour le pays.

 

      L’Europe pourrait aussi s'occuper sérieusement de ses frontières, plutôt que de laisser la Grèce, qui est une porte d'entrée dans l'Union, aussi esseulée. Une véritable coopération en ce domaine permettrait des économies, peu importantes, mais bienvenue pour la Grèce.

 

      Il faudrait aussi clarifier la situation sur les achats d'armes de la Grèce aux pays de l'Union Européenne. Certains parlent de demandes pressantes, de la part de la France et de l'Allemagne notamment, pour que la Grèce achètent des armes. On peut espérer que ce ne sont que des spéculations, car il ne faudrait pas renforcer les difficultés du pays.

 

      En conclusion, la leçon que nous donne la crise budgétaire grecque, c'est qu'il ne faut pas jouer avec les déficits publics. Leçon connue pourtant. Si la situation en est là, c'est parce que la Grèce a une dépense publique trop importante par rapport à ses ressources, et parce que les autres pays de l'Union Européenne ne sont pas dans une situation brillante non plus de ce côté. Et ce n'est pas à cause de la crise. Celle-ci a accru les déficits, certes, mais si l'Europe est obligée de s'infliger, en pleine crise, de la rigueur pour les diminuer, c'est parce que même en période de croissance, elle est en déficit.

 

      La deuxième leçon, c'est qu'il aurait été nécessaire de prévoir le renflouement de pays en difficultés au moment de la création de l'euro. L’Europe construit aujourd'hui un dispositif d'aide, mais dans l'urgence et la confusion, et en pleine crise.

 

      Même si les crises font avancer l'économie, quand on en tire des leçons, il aurait été préférable de prévoir, et d'atténuer ainsi les difficultés des populations.

Lire la suite

Combattons l'Ultra-Libéralisme!

27 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      Les politiques ultra-libérales sont accusées des crises qui secouent la France et le monde, et en particulier de la dernière crise financière. De même, la dégradation de la situation sociale est attribuée à l'ultra-libéralisme. La crise financière a ainsi vu le retour en force des dirigistes, qui prônent un contrôle par l'Etat, et des keynésiens.

 

      Les libéraux rétorquent que l'ultra-libéralisme, en théorie économique, n'existe pas. C'est une invention des partisans du dirigisme, en matière économique, sociale, et sociétale même, pour faire peur aux populations, et imposer leurs politiques.

 

      Le terme ultra-libéralisme est employé par des économistes, des journalistes, des gens censés savoir et informer.

 

      Or, l'analyse des crises et des problèmes sociaux attribués à l'ultra-libéralisme montre que le libéralisme n'est pas du tout en cause. Mieux, c'est plutôt la responsabilité du dirigisme qui apparaît.

 

      De même, les reproches adressés à la théorie libérale elle-même paraissent incompréhensibles de la part de personnes qui se seraient renseignées sur la matière.

 

      L'ultra-libéralisme est ainsi présenté comme la cause de la dernière crise financière. Il est accusé d'avoir provoqué une dérégulation de la finance, qui a amené cette crise.

 

      Cependant, force est de constater que la finance est un secteur très surveillé par les autorités, entre les normes prudentielles, et les organismes de régulation. Tous les acteurs s'en remettaient à cette régulation se disant que si les régulateurs ne s'inquiétaient pas, c'était qu'il n'y avait pas motif d'inquiétude. Le problème, c'est donc la défaillance d'organismes chargés de surveiller le système, qui n'ont pas rempli leur rôle.

 

      Par ailleurs, c'est l'autorité publique qui, aux USA, contrôle la création monétaire, et donc ce que font les banques, à travers la Fed, dont le président est nommé par le chef de l'Etat.

 

      Enfin, la politique du crédit à tout va, qui a entraîné la crise, était une volonté de l'Etat aux USA. Celui-ci a assoupli les conditions d'obtention des crédits hypothécaires, tout en encourageant les banques à prêter aux pauvres.

 

      Nous sommes loin du libéralisme. Nous sommes en plein dans l'interventionnisme. Une politique libérale serait très différente.

 

      En effet, plutôt que le contrôle des établissements financiers par divers organismes, le libéralisme prône la responsabilisation. Ainsi, ces établissements sont en théorie libres de faire ce qu'ils veulent. Mais, ils doivent inspirer confiance, et sont seuls responsables de leurs problèmes. Ils sont ainsi plus surveillés, et plus prudents, car aucune autorité supérieure ne garantit leur pérennité.

 

      La crise financière remet aussi en question la politique monétaire telle qu'elle est menée par la Fed. Les taux d'intérêt sont utilisés pour stimuler la croissance, puis pour la ralentir en cas de surchauffe, provoquée par la baisse de ces mêmes taux! Et pour renflouer les banques également, après un Krach obligataire, boursier. Les établissements financiers avaient de ce fait un sentiment d'impunité, et ceux qui les finançaient un sentiment de sécurité.

 

      Or, ce type de politique monétaire est justement défendu par les pourfendeurs de l'ultra-libéralisme, qui ont toujours critiqué le "dogmatisme" de la BCE (pas si dogmatique que cela, d'ailleurs).

 

      L'ultra-libéralisme est aussi présenté comme la cause d'une précarisation du marché du travail, fautif d'avoir détruit toute les règles qui protégeaient le travailleur. Cette dérégulation est également considérée comme la cause du chômage.

 

      Cependant, au moins pour la France, cette dérégulation est difficile à trouver. Le monde du travail n'a jamais été aussi réglementé qu'aujourd'hui. En effet, la crise de 1973 a entraîné un très fort renforcement de la réglementation du marché du travail, destinée à empêcher les licenciements.

 

      Une flexibilisation s'est produite, c'est vrai. D'abord à travers le temps partiel, encouragé à l'époque par des allègements de charges par Martine Aubry. Puis, avec les 35h, pour lesquelles les entreprises ont obtenu des possibilités d'annualisation du temps de travail et autres méthodes de flexibilisation.

 

      Ce n'est donc pas une politique libérale qui a imposé la flexibilisation. C'est d'abord, le chômage, qui fait que les salariés sont obligés d'accepter de changer de conditions de travail. Mais c'est aussi la volonté étatique de réduire le temps de travail qui à provoqué la flexibilisation.

 

      Si une politique libérale avait été menée, à la fin des années 1990, des négociations salariales se seraient engagées en France. Les français, selon les sondages, ne voulaient pas d'une diminution du temps de travail, mais d'une augmentation du pouvoir d'achat. C'était une période de croissance, donc d'augmentation des salaires. Peut-être que les entreprises en auraient profité pour négocier la flexibilité en échange. Mais les salariés auraient eu une augmentation des salaires. C'est le dirigisme qui a empêché l'augmentation des salaires, préférant la baisse du temps de travail, sans effet sur l'emploi, comme on le constate aujourd'hui.

 

      Les anti-libéraux dénoncent les collusions entre banques, grandes entreprises et l'Etat. Et c'est vrai que les grandes entreprises semblent avoir leurs entrées auprès de l'Etat. Ainsi, l'automobile a bénéficié d'un fort soutien. Les banques américaines ont obtenu les changements législatifs qu'elles désiraient.

 

      Mais, une telle collusion est-elle du libéralisme? N'importe quel économiste répondant par l'affirmative devrait changer de discipline. Le libéralisme, c'est l'égalité.

 

      Au contraire, le dirigisme favorise les collusions. Les régimes communistes en sont le meilleur exemple, la corruption étant une des plaies de la Chine. Ce qui est logique: plus grand est le contrôle de l'Etat, plus grand est le champ de la corruption.

 

      L'ultra-libéralisme est aussi accusé d'avoir provoqué une mondialisation anarchique, qui a privé d'emploi les salariés français.

 

      En fait, le processus de mondialisation actuel a commencé après la deuxième guerre mondiale, avec les accords du GATT. L'idée étant que les nations commercent plutôt que de se faire la guerre. Par ailleurs, le commerce international est très réglementé, par des accords, des traités, et la création de l'OMC.

 

      La véritable nouveauté, c'est le développement des pays émergents. C'est une nouvelle concurrence pour les pays développés. Doit-on condamner, voire empêcher, ce développement, c'est-à-dire priver 80% de la population mondiale de l'espoir d'un niveau de vie équivalent au nôtre?

 

      La libéralisation du commerce permet un développement mondial. Les anti-libéraux prétendent défendre le social. Pourtant, ils critiquent, de fait, le développement de nouveaux pays. Développement qui profite d'ailleurs à la France. De manière indirecte, via l'Allemagne, qui exporte dans ces pays, la France bénéficiant indirectement de la croissance allemande. Via le tourisme, et les achats de produits de luxe, par les pays émergents, et les touristes de ces pays. Par le soutien à la demande mondiale qu'apportent ces pays émergents.

 

      La position des anti-libéraux est contradictoire. D'un côté, ils assurent défendre l'être humain, le faible, tandis que le libéralisme défendrait le puissant. Mais, ils critiquent la concurrence de pays qui accèdent à notre niveau de vie.

 

      Sachant d'autre part que la compétitivité des pays émergents n'est pas qu'une question de coût du travail. Ils bénéficient d'installations plus modernes, donc plus productives.

 

      On peut bien entendu avoir une opinion en faveur du protectionnisme. Mais, il faut l'assumer.

 

      Il y a eu quelques mesures libérales. Les Etats ont été forcés de privatiser des entreprises publiques, car ils avaient besoin d'argent. les prix ont été libérés en France, également.

 

      Mais, on ne peut occulter le fait que la dépense publique, de même que les prélèvements publics, n'ont jamais été aussi élevés. Nous sommes loin d'une politique libérale.

 

      On constate donc que l'ultra-libéralisme n'apparaît pas comme la cause des problèmes qui lui sont attribués. Plus encore, le libéralisme est dénoncé pour des politiques qui n'ont rien de libérales.

 

      Pourtant, ce sont des économistes qui crient à l'ultra-libéralisme, des gens qui savent que manipuler le crédit pour soutenir la croissance n'a rien de libéral, que des dépenses publiques qui représentent plus de 50% du PIB ce n'est pas du libéralisme, que le droit du travail n'a pas été dérégulé mais au contraire renforcé depuis la crise des années 1970.

 

      La théorie libérale elle-même est dénoncée. En fait, la dénonciation de l'ultra-libéralisme est une dénonciation du libéralisme, qui serait donc "ultra". Que reproche-t-on au libéralisme?

 

      Le libéralisme apparaît parfois comme le défenseur des grandes entreprises. Il est vrai que les dirigeants de ces firmes aiment à se réclamer du libéralisme. Le libéralisme apparaît ainsi comme le défenseur des entreprises face au salarié.

 

      Ce qui est complètement faux. Le libéralisme, c'est la défense de la liberté, et donc de la liberté d'entreprendre. Chacun peut entreprendre, et concurrencer une entreprise existante. Et il n'est pas question de favoriser l'entreprise face au salarié: les rapports doivent rester libres et contractuels. Ceux qui réclament des avantages au nom du libéralisme ne sont pas des libéraux. Les économistes le savent. Pourtant, certains véhiculent le mythe de l'ultra-libéralisme, oppresseur des salariés.

 

       Le principal reproche fait au libéralisme, et pour lequel il est qualifié "d'ultra", est qu'il prônerait un monde sans règles, favorisant la loi du plus fort. Ce qui, à nouveau, est complètement faux.

 

      Même les plus libertariens prônent un monde régulé, dans le sens que la société est gérée par des règles. Mais ce sont des règles qui se construisent et s'imposent par la pratique. On parle de droit naturel, comme d'une redécouverte de règles de bon sens .

 

      Il y a de nombreuses écoles parmi les libéraux. Des libertariens, comme ceux décrits dans le paragraphe précédent, qui veulent une société sans gouvernement, mais pas sans règles. des minarchistes, qui veulent un état minimal. On peut citer également F. A. Hayek, qui est qualifié d'ultra-libéral, alors que son œuvre maîtresse est Droit, Liberté et Législation, dans laquelle il cherche à décrire une constitution idéale, qui soit efficace et préserve l'être humain.

 

      La différence entre les libéraux et les antilibéraux n'est pas que les premiers préconisent un monde sans règles, et les seconds un monde régulé. Les libéraux préconisent un monde régulé, et les anti-libéraux un monde dirigiste, ou dirigé. Ce qui est très différent. Pour les libéraux, tous ont les même droits, et l'activité de chacun est canalisée par des règles. Pour les anti-libéraux, c'est la collectivité qui décide de ce que doit faire chacun.

 

      Les débats peuvent-être virulents dans les domaines scientifiques, que ce soit les sciences dures ou les sciences sociales. Cependant, ce qui est appelé ultra-libéralisme est tellement éloigné du libéralisme, que c'en apparaît comme une imposture pour déconsidérer le libéralisme. Les économistes qui parlent d'ultra-libéralisme sont soit des incompétents, soit des personnes qui sont prêtes à tout pour dénigrer le libéralisme. Finalement, ces économistes perdent en crédibilité, dès qu'on commence à s'intéresser à ce qu'est vraiment le libéralisme.

 

      Dénoncer l'ultra-libéralisme, c'est aussi occulter l'essence dirigiste des anti-libéraux, alors même que les régimes dirigistes se sont effondrés. Une manière de détourner les regards.

 

Lire la suite

La Loi de Say, une analyse historique

22 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

L'Institut Coppet a mis en ligne la préface du livre La Loi de Say, Une analyse historique, de l'économiste américain Thomas Sowell. Cette préface est écrite par Jacques Garello. Elle présente cette loi de Say, tout en la replaçant dans le débat historique avec Malthus.

Un article fortement recommandé, pour mieux comprendre cette loi de Say, apport essentiel de l'Ecole Française d'économie.

Lire la suite

Revue du web du 19/05/2011, DSK, les femmes, les USA et Rothbart

19 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

- Le Figaro Madame s'interroge sur l'évolution des relations hommes-femmes après l'affaire DSK. Considèrera-t-on le harcèlement pour ce qu'il est dans certaines classes de la population  en France?

 

- Rue 89 s'intéresse aux réactions de certains amis de DSK, que Rue 89 appelle les pires avocats de DSK, car leurs déclarations peuvent paraître trop complaisantes envers DSK, eu égard à la victime présumée.

 

- DSK toujours, un article de L'Expansion, qui traite de la vision des médias américains et français de l'affaire.

 

- Un peu d'écologie, avec un article du Figaro sur la production de carburant par les algues.

 

- Le Bulletin d'Amérique propose un article sur Thomas Sowell, économiste américain, de l'école autrichienne, qui a écrit, entre autre, sur l'affirmative action.

 

- Un article de l'Institut Coppet sur le libertarianisme selon Murray Rothbart.

Lire la suite

La succession de Strauss Kahn au FMI

17 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Le FMI s'interroge sur la succession de Dominique Strauss Kahn, à la suite de son inculpation. Cette succession est une question qui devait se poser de toutes façons, puisque Strauss Kahn était présumé se présenter à l'élection présidentielle de 2012.

 

      Les médias se sont aussi interrogés sur l'apport de Strauss Kahn au FMI. Si certains sont élogieux, le bilan est plutôt mitigé.

 

      Le FMI a repris de l'importance, mais c'est surtout grâce à la crise des finances publiques engendrées par la crise financière, provoquée par l'incitation au crédit des autorités des USA. (Cf A quoi sert le FMI aujourd'hui)

 

      Il est reproché à Strauss Kahn d'avoir trop aidé l'Europe. D'avoir été trop indulgent. Les grecs apprécieront. Le problème de Strauss Kahn est d'avoir encouragé des plans de relance, tout en invoquant la rigueur pour les pays aidés par le FMI. En tant que keynésien, il encourage la dépense publique, mais en pratique, quand cette dépense publique aboutit à une impasse, c'est la rigueur.

 

      L'apport de Strauss Kahn valait surtout pour la France. C'était un atout d'avoir un français à la tête d'un tel organisme international. Et c'était aussi bon pour l'Europe. Aujourd'hui, les pays émergents piaffent pour avoir un rôle important au FMI.

 

     En ce sens, l'inculpation de Strauss Kahn est mauvaise pour la France, au sein de ces pays émergents.

 

      L'Europe va devoir défendre ses prérogatives, face aux pays émergents.

 

 

Lire la suite