Analyse Libérale

Articles récents

Revue du web du 19/05/2011, DSK, les femmes, les USA et Rothbart

19 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

- Le Figaro Madame s'interroge sur l'évolution des relations hommes-femmes après l'affaire DSK. Considèrera-t-on le harcèlement pour ce qu'il est dans certaines classes de la population  en France?

 

- Rue 89 s'intéresse aux réactions de certains amis de DSK, que Rue 89 appelle les pires avocats de DSK, car leurs déclarations peuvent paraître trop complaisantes envers DSK, eu égard à la victime présumée.

 

- DSK toujours, un article de L'Expansion, qui traite de la vision des médias américains et français de l'affaire.

 

- Un peu d'écologie, avec un article du Figaro sur la production de carburant par les algues.

 

- Le Bulletin d'Amérique propose un article sur Thomas Sowell, économiste américain, de l'école autrichienne, qui a écrit, entre autre, sur l'affirmative action.

 

- Un article de l'Institut Coppet sur le libertarianisme selon Murray Rothbart.

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La succession de Strauss Kahn au FMI

17 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Le FMI s'interroge sur la succession de Dominique Strauss Kahn, à la suite de son inculpation. Cette succession est une question qui devait se poser de toutes façons, puisque Strauss Kahn était présumé se présenter à l'élection présidentielle de 2012.

 

      Les médias se sont aussi interrogés sur l'apport de Strauss Kahn au FMI. Si certains sont élogieux, le bilan est plutôt mitigé.

 

      Le FMI a repris de l'importance, mais c'est surtout grâce à la crise des finances publiques engendrées par la crise financière, provoquée par l'incitation au crédit des autorités des USA. (Cf A quoi sert le FMI aujourd'hui)

 

      Il est reproché à Strauss Kahn d'avoir trop aidé l'Europe. D'avoir été trop indulgent. Les grecs apprécieront. Le problème de Strauss Kahn est d'avoir encouragé des plans de relance, tout en invoquant la rigueur pour les pays aidés par le FMI. En tant que keynésien, il encourage la dépense publique, mais en pratique, quand cette dépense publique aboutit à une impasse, c'est la rigueur.

 

      L'apport de Strauss Kahn valait surtout pour la France. C'était un atout d'avoir un français à la tête d'un tel organisme international. Et c'était aussi bon pour l'Europe. Aujourd'hui, les pays émergents piaffent pour avoir un rôle important au FMI.

 

     En ce sens, l'inculpation de Strauss Kahn est mauvaise pour la France, au sein de ces pays émergents.

 

      L'Europe va devoir défendre ses prérogatives, face aux pays émergents.

 

 

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Liste des impôts et taxes constitutifs des prélèvements obligatoires

15 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

 

Un petit copier-coller de la

 

 

Liste des impôts et taxes constitutifs

des prélèvements obligatoires en 2009

 

 

extraite du rapport sur les prélèvements obligatoires, du projet de loi de finance pour 2011. Une petite illustration de la complexité des prélèvements obligatoires en France. 

 

 

BUDGET GÉNÉRAL ÉTAT en M€

 

RECETTES FISCALES

 

 

PRODUITS DES IMPÔTS DIRECTS ET ASSIMILÉS

1. Impôt sur le revenu

  

Impôt sur le revenu (y compris CRL) 45 836

2. Autres impôts directs perçus par voie d’émission de rôles

  

CF Impôts sur les sociétés sur avis de mise en recouvrements (AMR) 6

TF et TP La Poste et France Telecom 25

Taxes sur les salaires 0

Pénalités et amendes 0

Droits divers 40

Majoration 10 % et frais de poursuite 720

Frais de dégrèvement sur impôts locaux et divers 2 867

3. Impôt sur les sociétés et contribution sociale sur les bénéfices des sociétés

  

Impôt sur les sociétés 19 238

CRL perçue avec l’impôt sur les sociétés 115

Imposition forfaitaire annuelle (IFA) 1 399

Contribution sociale sur les bénéfices des sociétés (CSB) 0

4. Autres impôts directs et taxes assimilées

Retenues à la source sur certains bénéfices non commerciaux et de l’impôt sur le revenu 416

Retenues à la source et prélèvements sur les RCM et BA 4 650

Précompte dû par les sociétés au titre de certains bénéfices distribués 3

Prélèvements exceptionnel de 25 % sur les distributions de bénéfices 60

Impôt de solidarité sur la fortune (ISF) 3 563

Taxe sur les locaux à usage de bureaux, les locaux commerciaux et de stockage 34

Prélèvements sur les entreprises d’assurance 96

Cotisation minimale de taxe professionnelle 2 741

Participation employeurs à l’effort de construction 7

Taxe de participation des employeurs au financement de la formation professionnelle continue 14

Taxe forfaitaire sur les métaux précieux, les bijoux, les objets d’art, de collection et d’antiquité 39

Contribution des institutions financières 0

Taxe sur les surfaces commerciales 595

Prélèvement sur les distributions acquitté par les sociétés d’investissements immobiliers côtées 0

Annexe 3

     

 

 

 

 

Liste des impôts et taxes constitutifs

des prélèvements obligatoires en 2009

 

 

 

 

41

R apport Prélèvements Obligatoires

Cotisation nationale de péréquation de la taxe professionnelle 962

Recettes diverses 247

TOTAL DES IMPÔTS DIRECTS ET ASSIMILÉS 83 671 M€

PRODUITS DES IMPÔTS INDIRECTS

5. Taxe intérieure sur les produits pétroliers

Taxe intérieure sur les produits pétroliers (TIPP) 13 898

6. Taxe sur la valeur ajoutée

Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) 122 251

7. Enregistrement, timbre, autres contributions et taxes indirectes

Mutations à titre onéreux de créances, rentes, prix d’offices 224

Mutations à titre onéreux de fonds de commerce 135

Mutations à titre onéreux de meubles corporels 1

Mutations à titre onéreux d’immeubles et droits immobiliers 2

Mutations à titre gratuit entre vifs (donations) 579

Mutations à titre gratuit par décès (successions) 6 794

Mutations de jouissance (Baux) 1

Conventions actes civils 7

Partages 119

Droits fixes 176

Pénalités 2

Taxe de publicité foncière 135

Taxe spéciale sur les conventions d’assurance (TSCA) 2 752

Recettes diverses et pénalités 78

Taxe sur les véhicules des sociétés (TVS) 0

Contrats de transport 0

Droits d’importation 1 461

Prélèvements et taxes compensatoires institués sur divers produits 0

Autres taxes intérieures 237

Autres droits et recettes accessoires 3

Amendes et confiscations 68

Taxe générale sur les activités polluantes (TGAP) 38

Cotisation à la production sur les sucres 41

Taxe spéciale sur certains véhicules routiers (taxe à l’essieu) 172

Autres droits et recettes à différents titres 29

Taxe sur les achats de viande 18

Taxe spéciale sur la publicité télévisée 77

Redevance sanitaire d’abattage et de découpage 56

Taxe sur certaines dépenses de publicité 30

Taxe de l’aviation civile 77

Produits des jeux exploités par La Française des jeux 1 670

Prélèvements sur le produit des jeux dans les casinos 793

42

Rapport Prélèvements Obligatoires

Prélèvement sur le produit brut des paris hippiques 688

Autres taxes 59

TOTAL DES IMPÔTS INDIRECTS 152 672 M€

RECETTES NON FISCALES

Contribution de la Caisse des dépôts et consignations représentative de l’IS 59

Frais d’assiette et de recouvrement des impôts sur rôle établis au profit

des collectivités locales et de divers organismes 192

Pénalités 1

Produits divers 2

Autres produits divers 0

TOTAL DES RECETTES NON FISCALES 254 M€

Correction D995 nette -2 052

FONDS DE CONCOURS

Contributions des entreprises industrielles au fonds national pour l’emploi (FNE) 12

TRANSFERTS AUX COLLECTIVITÉS LOCALES ET À L’EUROPE

Remboursements et dégrèvements d’impôts locaux -16 615

Prélèvement au profit des collectivités locales -3 322

Prélèvement au profit des communautés européennes -3 778

BUDGET ANNEXE DE L’AVIATION CIVILE

Taxe de l’aviation civile 288

COMPTES SPÉCIAUX DU TRÉSOR

Taxe additionnelle à la taxe sur les certificats d’immatriculation des véhicules 200

Développement agricole et rural 111

TOTAL IMPÔTS ÉTAT 211 441 M€

Organismes divers d’administration centrale (Odac ) en M€

Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) au profit de la CADES 5 948

Contribution sociale généralisée (CSG)

 

(QP au profit de la CADES)

2 233

Taxe sur les primes d’assurance au profit du FGAO

 

(Fonds de garantie des assurances obligatoires

de dommages)

 

41

Taxe sur les primes d’assurance au profit du FGTI

 

(Fonds de garantie des victimes des actes

de terrorisme et d’autres infractions)

 

266

Taxe additionnelle sur les billets d’avion au profit du FSD

 

(Fonds de solidarité pour le développement)

367

Contributions des employeurs de main d’oeuvre étrangère au profit de l’OFII

 

(Office français

de l’immigration et de l’intégration)

 

71

Taxe générale sur les activités polluantes

 

(TGAP) au profit de l’Ademe

(Agence de l’environnement

et de la maîtrise de l’énergie)

 

387

43

Rapport Prélèvements Obligatoires

Taxe due par les concessionnaires d’autoroutes au profit de l’AFITF

 

(Agence de financement des

infrastructures de transport de France )

 

528

Contribution au service public de l’électricité

 

(CSPE)

1 756

Contribution additionnelle aux primes d’assurances au profit du FNGCA

 

(Fonds national de garantie

contre les calamités agricoles)

 

97

Redevances perçues sur formalités au profit de l’INPI

 

(Institut national de la propriété industrielle)

160

Taxe au profit de FranceAgriMer

 

(anciennement affectée à l’OFIMER)

5

Taxe d’abattage au profit de l’ONIEP

 

(Office national interprofessionnel de l’élevage et de ses productions)

82

Taxe au profit de l’ONIGC

 

(Office national interprofessionnel des grandes cultures)

4

Taxes au profit des Voies navigables de France

 

(VNF)

169

Taxe spécifique pour la Chambre nationale de la batellerie artisanale

 

(CNBA)

1

Taxe sur les logements vacants au profit de l’ANAH

 

(Agence nationale pour l’amélioration de l’habitat)

501

Contribution annuelle des distributeurs d’énergie au FACE

 

(Fonds d’amortissement des charges

d’électrification rurale)

 

346

Produits des jeux exploités par la Française des Jeux au profit du CNDS

 

(Centre national du sport)

223

Prélèvement complémentaire au profit du CNDS

 

(Centre national du sport)

42

Taxe sur les spectacles perçue au profit de l’ASTP

 

(Association pour le soutien du théâtre privé)

5

Cotisation des entreprises cinématographiques au profit du CNC

 

(Centre national de la cinématographie

française)

 

8

Taxes au profit du CNC

 

(Centre national de la cinématographie française)

ex Recettes CAS CINE 548

Cotisation patronale à l’AGS

 

(Association pour la gestion du régime d’assurance des créances des salariés)

1 130

Taxe sur les mutuelles au profit du fonds CMU

 

(Fonds de financement de la couverture maladie

universelle)

 

1 549

Cotisations des employeurs au profit du FNAL

 

(Fonds national de l’allocation logement)

2 264

Droits de consommations sur les tabacs au profit du FNAL

 

(Fonds national de l’allocation logement)

146

Prélèvement de 2 % sur les revenus du patrimoine et les produits de placements

 

(QP 65 %

au profit du FRR)

 

1 513

Contribution de solidarité au profit du FS

 

(Fonds de solidarité)

1 435

Contribution additionnelle de 1,1 % sur les revenus du capital au profit du FNSA

 

(Fonds national

des solidarités actives)

 

833

Frais d’assiette et de dégrèvement -11

Correction D995 nette -6

TOTAL ORGANISMES DIVERS D’ADMINISTRATION CENTRALE (ODAC) 22 640 M€

ADMINISTRATIONS PUBLIQUES LOCALES (Apul) en M€

FISCALITÉ DIRECTE LOCALE

Redevances des mines 26

Taxe professionnelle (entreprises non agricoles) 21 994

Taxe pour frais de chambres de commerce et d’industrie 940

Taxe pour frais de chambres des métiers 217

Taxe d’habitation (TH) 14 452

Taxe foncière sur les propriétés bâties (TF PB) 24 029

Taxe foncière sur les propriétés non bâties (TF PNB) 894

44

Rapport Prélèvements Obligatoires

Taxe pour frais de chambre d’agriculture et cotisation pour la Caisse d’assurance

des accidents agricoles 303

FISCALITé INDIRECTE LOCALE

Droits d’enregistrement (taxe additionnelle aux droits de mutation) 7 160

Taxe sur les jeux et spectacles 272

Redevances et taxes funéraires 11

Versement pour dépassement du P.L.D. 61

Taxe locale d’équipement (TLE) 622

Part. dépassement du COS 0

Part pour non réalisation de stationnement 18

Taxe spéciale d’équipement (Villes nouvelles, Basse-Seine) 10

Taxe additionnelle à la TLE au profit de la région Île-de-France 18

TIPP transférée aux départements 5 756

TIPP transférée aux régions 3 865

Taxe sur les conventions d’assurance transférée aux départements 3 127

Impôts sur les spectacles 34

Taxe de séjour 196

Taxe sur certaines fournitures d’électricité 1 725

Octroi de mer 885

Taxe de ski de fond 5

Surtaxes sur les eaux minérales 18

Taxe locale sur la publicité extérieure 53

Taxe sur enseignes et affiches 16

Taxe destinée au financement des conseils d’architecture et d’urbanisme 76

Taxe sur les tabacs (Corse) 54

Taxe sur l’énergie hydraulique 6

Redevance départementale sur les espaces verts 280

Taxe sur les transports (Corse et DOM) 29

Taxe sur les remontées mécaniques 51

Taxe sur les rhums 5

Taxe sur les carburants (DOM) 464

Taxe d’assainissement 1 901

Redevance pour droit de construire (Établissement public d’aménagement de la Défense) 18

Taxe spéciale d’équipement (Établissement public de la métropole lorraine) 11

Taxe sur la création de bureaux en Île-de-France 220

Surtaxes locales temporaires 0

Autres taxes indirectes 300

Taxe sur les certificats d’immatriculation 1 919

Taxes parafiscales et diverses versées par organismes collecteurs 22

Produit du versement de transport 6 049

45

Rapport Prélèvements Obligatoires

Taxe d’apprentissage au profit du Fonds national de développement et de modernisation

de l’apprentissage (FNDMA) 474

Contribution au développement de l’apprentissage 712

TRANSFERTS DE L’ÉTAT

Remboursements et dégrèvements d’impôts locaux net de frais d’assiette et recouvrements 13 748

Prélèvements sur les recettes de l’État 3 322

TOTAL ADMINISTRATIONS PUBLIQUES LOCALES (APUL) 116 368 M€

ADMINISTRATIONS DE SÉCURITÉ SOCIALE (ASSO) en M€

Cotisations au FCATA (Fonds commun des accidents du travail agricole) 19

Droits de plaidoirie 12

Contribution sociale de solidarité des sociétés (CSSS) 5 464

Contribution des entreprises médicaments 270

Contribution de solidarité des PAM conventionnés 17

Contributions préretraites des employeurs au FSV (Fonds de solidarités vieillesse) 28

Contributions préretraites des employeurs à la CNAV 529

Contribution des grossistes répartiteurs 402

Contribution des laboratoires 230

Cotisation de solidarité spéciale sur les boissons alcooliques 519

Droit de circulation sur les vins, cidres, poirés et hydromels 118

Droit de consommation sur les produits intermédiaires 107

Droit de consommation sur les alcools 2 048

Droit sur les bières et les boissons non alcoolisées 380

Taxe sur les prémix 0

TVA brute collectée sur les producteurs de boissons alcoolisées 2 063

TVA brute sur les produits pharmaceutiques (commerce de gros) 3 237

TVA brute sur les tabacs 3 078

Taxe sur les primes d’assurance automobile 946

Taxe sur les contributions patronales au financement de la prévoyance complémentaire 706

Taxe sur les salaires 11 106

Contribution sociale sur les bénéfices des sociétés (CSB) 550

Contribution patronale sur les stock-options 127

Taxe sur les véhicules de société (TVS) 1 097

Contribution sociale généralisée (CSG) (QP au profit de la CNAF) 11 969

Contribution sociale généralisée (CSG) (QP au profit de la CNAM) 57 852

Contribution sociale généralisée (CSG) (QP au profit de la CNSA) 1 102

Contribution sociale généralisée (CSG) (QP au profit du FSV) 9 240

Prélèvement de 2 % sur les revenus du patrimoine et les produits de placements

(QP 15 % au profit de la CNAV) 670

Prélèvement de 2 % sur les revenus du patrimoine et les produits de placements

(QP 20 % au profit du FSV) 112

46

Rapport Prélèvements Obligatoires

Droit de licence sur la rémunération des débitants de tabacs 286

Forfait social 319

Contribution de solidarité autonomie (CSA) au profit de la CNSA (Caisse nationale de

solidarité pour l’autonomie) 2 138

Droits de consommation sur les tabacs (QP au profit de la CNAMTS) 3 857

Droits de consommation sur les tabacs (QP Exonérations) 3 771

Droits de consommation sur les tabacs (QP au profit du FCAATA) 31

Droits de consommation sur les tabacs (QP au profit du FFIPSA) 2 007

Taxe sur les farines 63

Taxe sur les corps gras alimentaires 123

Frais d’assiette et de dégrèvement sur Cotisations sociales -181

TOTAL ADMINISTRATIONS DE SÉCURITÉ SOCIALE 126 412 M€

UNION EUROPÉENNE en M€

Droits de douanes et autres droits 1 628

Cotisation à la production de sucre et d’isoglucose 41

Ressource TVA 2 109

Fonds de garantie aux actions extérieures et versements divers 12

TOTAL UNION EUROPÉENNE 3 790 M€

Total des impôts, hors cotisations sociales

et nets des impôts non recouvrables480,7 Md€

Cotisations sociales efectives,

 

nettes des cotisations non recouvrables312,3 Md€

 

Total des prélèvements obligatoires 793,0 Md€

 

47

 

 

 

 

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Impôt progressif et justice sociale

15 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

      L'impôt progressif tel qu'il existe en France est considéré comme étant juste socialement. Le discours dominant porte sur la nécessité de créer une tranche supplémentaire d'impôt sur le revenu, pour renforcer cette progressivité.

 

      Pourtant, la progressivité de l'impôt est une illusion en France. Ou, plutôt, la progressivité des prélèvements obligatoire est une illusion. Ces prélèvements obéissent à une autre logique. Et les débats sur la nécessité d'une ou plusieurs tranches n'ont pas tellement de sens.

 

      En effet, les principaux prélèvements obligatoires, en France, sont les prélèvements sociaux. En 2009, les prélèvements destinés aux administrations de sécurité sociale ont représenté 22,6% du PIB. Sur un total de prélèvements obligatoires représentant cette même année 41,6% du PIB (chiffres extraits du projet de loi de finances pour 2011), et sachant que certains prélèvements, comme la redevance audiovisuelle, ne sont pas considérés comme obligatoire, et que le total des prélèvements tourne autour de 50% en France.

 

Répartition des prélèvements obligatoires en 2009

 

      Or, ces prélèvements sociaux n'ont rien de progressifs. Ce sont les cotisations sociales sur les salaires, et la CSG. Voici, sur le site Net-Iris, un exemple de fiche de paie avec toutes les cotisations afférentes. On remarquera que certaines sont plafonnées. C'est-à-dire que la part de la rémunération situées au dessus du plafond de la sécurité sociale n'est pas soumise à certaines cotisations (mais la part située en dessous l'est, tout le salaire n'est pas exonéré).

 

      On peut citer également la TVA, le principal impôt d'Etat, qui n'est absolument pas progressive.

 

      L'impôt sur le revenu est-il lui-même progressif? Il est en fait mité par diverses niches fiscales et crédits d'impôt, comme ceux en faveur de l'écologie. Plus les gens sont riches, plus ils peuvent bénéficier de l'optimisation fiscale, tandis que ceux qui doivent payer plein pot sont souvent des salariés, bien payés, mais pas les plus riches.

 

      La progressivité des prélèvements apparaît donc comme une imposture en France. Mais pourquoi les prélèvements ne sont-ils pas progressifs? On remarquera que les principaux prélèvements ne se voient pas. Les salariés touchent un montant net. Ils sont moins sensibles à tous les chiffres de prélèvements figurant sur leurs fiches de paie.

 

      Même chose pour la TVA, qui est invisible pour le contributeur, c'est-à-dire le consommateur.

 

      Par contre, les réductions doivent être visibles, pour montrer que l'Etat agit. C'est une vitrine de l'interventionnisme. Ce sont donc des réductions de cotisations sociales patronales, à destination de ceux qui paient concrètement les cotisations donc. Ce sont des réductions et des crédits d'impôt. Les crédits d'impôt peuvent être touchés par des ménages non imposables, sous formes de remboursement. Mais encore faut-il avoir les moyens, par exemple, d'acheter des panneaux solaires à installer sur le toit de sa maison. D'autant plus compliqué si on habite en HLM.

 

      Par ailleurs, selon L'observatoire des inégalités, les 10% les plus riches se partagent 25% des revenus. L'observatoire des inégalités considère les revenus après redistribution, et raisonne en termes de niveaux de vie.

 

Répartition de la richesse, observatoire des inégalités

 (Source: l'Observatoire des inégalités)

Cependant, toujours en termes de niveaux de vie, les chiffres avant répartition, récupérés sur le site de l'Université Aix-Marseille, ne montre pas de grandes différences:

 

Revenus 2008 avant et après redistribution aix

 

La redistribution en France s'effectue vers les plus bas revenus, et à l'intérieur de la classe moyenne, vers les familles ayant des enfants. Par conséquent, 90% de la population concentre 75% des revenus. Et encore, on fait partie des 10% les plus riches quand on touche 37 150 euros avant redistribution en France. A ce niveau, c'est encore la classe moyenne. Les revenus sont donc essentiellement réparti dans la classe moyenne en France. Par conséquent, l'Etat doit aller chercher l'argent auprès de cette classe moyenne. Il le fait en donnant l'illusion de faire contribuer essentiellement les plus riches. Mais les plus riches ne peuvent pas contribuer à des prélèvements, obligatoires et non obligatoires, qui représentent près de 50% du PIB.

 

      Une mesure de justice sociale serait de supprimer les cotisations sociales et de tout basculer sur l'impôt sur le revenu. Mais des gens qui ne paient pas d'impôt sur le revenu, c'est-à-dire la moitié des ménages en France, seraient imposés. Très mauvais du point de vue électoral.

 

      En conclusion, les débats sur la progressivité de l'impôt sont du pipeau. L'Etat a besoin que chacun paie, car ses dépenses sont très importantes. Une solution plus juste socialement serait une flat tax, comme démontré dans cet article: Flat tax et justice sociale  .

 

 

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Croissance en France et en Europe au premier trimestre 2011

13 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      L'INSEE vient d'annoncer ce vendredi 13 mai 2011 une hausse du PIB de 1% au premier trimestre 2011 par rapport au quatrième trimestre 2010. Les détails des statistiques sont sur le site de l'INSEE.

 

      Selon les chiffres publiés par Eurostat, cela représente une croissance de 2,2% par rapport au premier trimestre 2010.

 

       Quant à l'Allemagne, elle gagne 1,5% au premier trimestre 2011 par rapport au dermier trimestre 2010, et 4,8% par rapport au premier trimestre 2010. Il faut rappeler que l'Allemagne a connu une récession beaucoup plus forte que la France.

 

      Les USA ont connu une croissance de 0,4% au premier trimestre 2011 par rapport au dernier trimestre 2010, et de 2,3% par rapport au premier trimestre 2010.

 

       La zone euro a vu sa croissance augmenter de 0,8% au premier trimestre 2011, par rapport au dernier trimestre 2010, de même que l'UE à 27. Par rapport au premier trimestre 2010, la croissance est identique également, à 2,5%.

 

       On note donc que la France fait mieux que la moyenne de la zone euro au premier trimestre 2011.

 

       La question qui se pose, est de savoir si en France c'est la reprise qui s'enclenche ou non, s'il s'agit d'un rattrapage ou d'un nouvel essor.

 

     Une hirondelle ne fait pas le printemps. Il faudra attendre les mois prochains pour avoir une idée de la robustesse de la reprise.

 

      Cette croissance comporte des éléments positifs. D'abord, une hausse de la production manufacturière de 3,4%. Ce type de production n'ayant pas l'habitude de croître aussi fortement en France, la croissance étant tirée par les services (qui augmentent par ailleurs de 1,1%), sa croissance est une rupture positive.

 

      L'autre élément positif, le principal, c'est la croissance de l'investissement des entreprises. Celle-ci atteint 1,9%, après 0,9% au dernier trimestre 2010. Or, toutes les périodes de croissance sont corrélées à une croissance de l'investissement des entreprises. Même si les médias scrutent le consommation, c'est l'investissement qui tire la croissance.

 

       Enfin, le dernier élément positif, c'est la croissance des exportations: +1,4%, après +0,3% au dernier trimestre 2010. Bien sûr, les importations augmentent plus fortement, +2,7%. Mais l'augmentation de la demande adressée à la France à un effet d'entraînement. La France a connu ces dernières années des périodes de croissance quand l'économie mondiale était en croissance. Il y a donc un effet d'entraînement.

 

       Encore une fois, les chiffres d'un trimestre ne signifient pas grand chose. Il y a des signes d'espoir. La croissance provient aussi d'une reconstitution des stocks, qui augmentent de 0,7%. Ce qui milite pour un rattrapage.

 

       Pour le moment, on en reste aux hypothèses. Ce peut être un rattrapage, après que les entreprises aient cherché à préserver leur trésorerie. Elles ont retrouvé un peu de marge pour investir. Mais peut-être simplement pour rattraper le retard accumulé pendant la crise.

 

       Soulignons par ailleurs que les chiffres ne sont pas extraordinaires. Et n'oublions pas qu'avant la crise, la France connaissait une croissance faible et erratique. La sortie de crise mènera peut-être à ce même type de croissance.

 

       La France sera tirée par la croissance mondiale, l'innovation mondiale, mais rien ne montre qu'elle a une croissance propre à elle-même.

 

      Notons que l'emploi salarié non agricole a également augmenté au premier trimestre 2011. De 0,4%. Pas de quoi s'enthousiasmer non plus.

 

      En conclusion, les chiffres montrent un espoir de sortie de crise, mais qui devra attendre d'être confirmé. Il n'y a pas cependant de raison d'être triomphaliste, notamment car rien n'indique qu'il s'agit d'une véritable reprise économique, de celle qui est attendue depuis de nombreuses années en France.

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Revue du web du 08/05/2011

8 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Quelques articles intéressants sur le web:

 

-Un article sur les débats aux USA, concernant la dette de ce pays. L'actualité américaine fournie par le Bulletin d'Amérique.

 

-Un article sur le thème de la désindustrialisation, qui soutient que la  désindustrialisation relative est mondiale, publié par Contrepoints.

 

 

- Enfin, un article de l'Institut Coppet sur les grands courants du libéralisme.

 

Bonne lecture.

 

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la binationalité dans le foot: un article de Slate.fr

8 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

A propos de la polémique sur les joueurs de foot ayant la double nationalité, le site Slate.fr a publié un article très intéressant et très complet, dont je recommande la lecture: Noirs et blancs, des ouvriers très spécialisés. Cet article est écrit par un sociologue.

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Les revenus et le patrimoine des ménages: commentaire de l'étude de l'INSEE

8 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

     

 

      L'INSEE a publié Les Revenus et le patrimoine des ménages, collections références, édition 2011, disponible sur son site.

 

       Cette étude présente les niveaux de vie en France par déciles. Un décile représente donc 10% de la population française. Celle-ci est ainsi divisée en 10 groupes, et l'INSEE étudie les différences de niveaux monétaire de vie entre ces 10 groupes.

 

      Voici par ailleurs la définition du niveau de vie monétaire de l'INSEE: Le niveau de vie est égal au revenu disponible du ménage divisé par le nombre d'unités de consommation (uc). Le niveau de vie est donc le même pour tous les individus d'un même ménage.
Les unités de consommation sont généralement calculées selon l'échelle d'équivalence dite de l'OCDE modifiée qui attribue 1 uc au premier adulte du ménage, 0,5 uc aux autres personnes de 14 ans ou plus et 0,3 uc aux enfants de moins de 14 ans.

 

       Quant au revenu disponible, il comprend les revenus d'activité, les revenus du patrimoine, les transferts en provenance d'autres ménages et les prestations sociales (y compris les pensions de retraite et les indemnités de chômage), nets des impôts directs. Quatre impôts directs sont généralement pris en compte : l'impôt sur le revenu, la taxe d'habitation et les contributions sociales généralisées (CSG) et contribution à la réduction de la dette sociale (CRDS).

 

       Enfin, l'unité de consommation est un système de pondération attribuant un coefficient à chaque membre du ménage et permettant de comparer les niveaux de vie de ménages de tailles ou de compositions différentes. Avec cette pondération, le nombre de personnes est ramené à un nombre d'unités de consommation (UC).


      Pour comparer le niveau de vie des ménages, on ne peut s'en tenir à la consommation par personne. En effet, les besoins d'un ménage ne s'accroissent pas en stricte proportion de sa taille. Lorsque plusieurs personnes vivent ensemble, il n'est pas nécessaire de multiplier tous les biens de consommation (en particulier, les biens de consommation durables) par le nombre de personnes pour garder le même niveau de vie.


       Aussi, pour comparer les niveaux de vie de ménages de taille ou de composition différente, on utilise une mesure du revenu corrigé par unité de consommation à l'aide d'une échelle d'équivalence. L'échelle actuellement la plus utilisée (dite de l'OCDE) retient la pondération suivante:

 


- 1 UC pour le premier adulte du ménage ;


- 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus ;


- 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans.

 

      Il s'agit donc de la présentation du revenu monétaire par unité de consommation de population française, compte tenu des prélèvements, des versements publics, et en euro constant, pour tenir compte de l'inflation.

 

      Les études de l'INSEE sont une bonne illustration de l'idéologie dominante en France, de l'impasse de cette idéologie, et du refus de tirer les conclusions qui s'imposent des faits révélés par les études elles mêmes. L'étude Les Revenus et le patrimoine des ménages en est un exemple.

 

      D'abord, cette étude aborde la question des revenus sous l'angle des inégalités. Le point essentiel est de mesurer l'inégalité, ainsi que la pauvreté, et d'en chercher les causes. L'approche n'est donc pas neutre. Ceci dit, les approches neutres sont rares. Mais l'INSEE, qui ne fait pas de politique, est supposé être neutre.

 

      Or, les inégalités sont-elles uniquement mesurable par le revenu par unité de consommation? L'inégalité, c'est aussi, notamment, l'éducation, le logement, la santé. Par exemple, en fonction du loyer payé, selon que l'on soit en logement social, dans le privé, ou locataire depuis longtemps, le loyer n'est pas le même. Le niveau de vie non plus.

 

      Les études montrent des inégalités dans le niveau d'instruction, l'accès aux soins, le logement, en fonction du niveau social. Dans un pays comme la France, c'est le gouvernement qui gère l'éducation, la sécurité sociale (même si officiellement, la gestion est paritaire), et qui intervient fortement dans le logement. Et le pays ne lésine pas sur la dépense publique, qui représente plus de 50% de la richesse créée chaque année, et ce même avant la crise financière.

 

      L'inégalité dans ce domaines essentiels résulte donc de l'inefficacité de la dépense publique. Mais le dénoncer est contraire à l'idéologie dominante.

 

      Par contre, l'idéologie dominante raisonne en termes de répartition. Il faut donc dénoncer la répartition des revenus.

 

      Même raisonnement pour la pauvreté monétaire. Le taux est de 13%. Mais que reflète-t-il? Là encore, tout dépend du loyer, du patrimoine, et, encore une fois, de tout ce qui dépend de l’État.

 

      Mesurer la pauvreté supposerait d'abord de mesurer le revenu avant toute aide sociale. Ensuite, définir des biens et des services indispensables. Enfin, étudier l'accès à ces biens et services. On aurait ainsi une mesure de la pauvreté réelle. On pourrait aussi déterminer si des populations, a priori au-dessus du seuil de pauvreté, ont des difficultés dans l'accès à ce qui est indispensable. Et inversement pour des personnes sous le seuil de pauvreté monétaire.

 

      Mais cela suppose de s'interroger sur l'efficacité de la dépense publique. Ce qui est contraire à l'idéologie dominante.

 

      L'étude de l'INSEE Les Revenus et le patrimoine des ménages ne montre pas d'augmentation des inégalités monétaires. Globalement, les indicateurs utilisés pour mesurer les inégalités monétaires, que ce soit les rapports inter-déciles sont bons, de même que le coefficient de Gini (cf l'étude pour les données chiffrées). L'INSEE conclut donc à un bilan plutôt bon pour la France, avec même une augmentation des revenus.

 

      Cependant, le sentiment général, chez les français, d'après tous les sondages, est une baisse du pouvoir d'achat. La mode est d'imputer ce sentiment aux dépenses contraintes, comme le loyer, l'énergie. Peut-être est-ce la raison pour laquelle L'INSEE se fend d'un chapitre qui montre que le poids du loyer est plus important chez les ménages modestes. Ce qui est somme toute logique, mais ne donne pas d'information sur la soutenabilité de la dépense.

 

      L'INSEE analyse l'arrivée d'un enfant dans un couple, et diverses causes de baisse du niveau de vie. L'institut cherche à expliquer toutes les causes qui peuvent expliquer, selon l'idéologie dominante, un sentiment de baisse du niveau de vie.

 

      En vérité, la référence pour la France est l'époque des trente glorieuses. Une époque qui est idéalisée. En effet, la pauvreté était bien plus importante à l'époque, le niveau de vie bien plus faible, la protection sociale plus limitée, les licenciements plus simples.

 

      Cependant, c'était une époque de croissance. Une époque ou chacun pouvait croire en l'avenir, au sien et en celui du pays.

 

      Aujourd'hui, les français ne voient pas d'avenir au pays. Les sondages donnent la même image: les gens veulent croire en leur avenir, leur situation, économique et social,mais ne croient pas en l'avenir du pays.

 

      C'est cela qui manque au pays. Des perspectives. Les jeunes galèrent pour entrer dans la vie active, les salariés craignent les licenciements, car retrouver un emploi est difficiles, les plus de 50 ans sont rejetés du marché du travail. L'aide sociale compense, dans une certaine mesure, de manière plus ou moins efficace, mais ne crée pas de solution.

 

      L'idéologie dominante n'offre pas de perspectives. Le keynésianisme a fait la preuve de son inefficacité. La dépense publique est déjà supérieure à 50% du PIB sans permettre de relance économique. Le communisme s'est effondré. Le projet socialiste pour 2012 ne propose que des emplois aidés, de la solidarité, sans aucune perspective. Certains écologistes proposent la décroissance. Ce qui peut plaire aux bobos aisés, mais à ceux, qui, au bas de l'échelle, rêvent de vacances au soleil, d'écrans plats, de tablettes informatiques? D'autres écologiques veulent financer des emplois associatifs en faisant marcher la planche à billets, alors même que nous connaissons une crise provoquée par la planche à billets.

 

      L'idéologie dominante n'a pas de solution à apporter, sauf à mettre les difficultés sur le compte d'une mauvaise répartition des richesses. Donc, elle se focalise sur les inégalités, en recherchant toutes les sources compatibles avec ses théories. L'idéologie dominante est en fait dans une impasse, sans rien à proposer.

 

      Dans son étude, l'INSEE met en évidence des faits, dont on ne tire pas les conséquences, car ils vont à l'encontre de l'idéologie dominante. En effet, l'INSEE souligne que le temps partiel est associé à un faible niveau de vie. En outre, ceux qui gagnent le plus travaillent plus également. Il est vrai que certains cadres et ingénieurs ne comptent pas leur temps de travail.

 

      Or, la réduction du temps de travail est le fer de lance de la politique de l'emploi depuis des décennies en France. Les 35h en sont le symbole le plus connu. Mais, en 1992, Martine Aubry avait également favorisé le temps partiel, avec un abattement sur les charges sociales. Les 35h ont elles provoqué la modération salariale.

 

      Une mesure pour élever le niveau de vie serait d'aller à l'encontre de cette politique. Aujourd'hui, le temps partiel ne bénéficie plus d'abattements. Mais, il y a toujours le système des heures complémentaires, qui sont des heures supplémentaires qui sont payés comme des heures normales. Ce régimes pourrait être supprimé. On peut même se demander si les salariés à temps partiels qui n'ont pas d'horaires fixes ne pourraient pas bénéficier d'une prime de flexibilité qui augmenterait le salaire. Enfin, les salarié à temps complet pourraient choisir de travailler jusqu'à 40h, payées 40h, évidemment. Par contre, permettre une réduction du temps de travail avec l'âge pourrait être envisagée.

 

      Ces mesures permettraient d'élever le niveau de vie, et donc la consommation. En effet, même les économistes favorables à la réduction du temps de travail soulignent qu'une hausse des bas revenus favorise la consommation. Par conséquent, un abandon de la politique de réduction du temps de travail ne défavoriserait pas l'emploi.

 

      L'étude de l'INSEE Les Revenus et le patrimoine des ménages présente donc une approche conforme à l'idéologie dominante, en se présentant comme une étude sur les inégalités. Cependant, elle souligne involontairement l'impasse dans laquelle se trouve cette idéologie, qui ne propose ni perspective, ni espoir, ni avenir. Elle ne s'attaque pas non plus aux problèmes d'inégalités, qui sont les inégalités dans les services que l’État est censé fournir à tous, l'éducation, la santé, le logement, malgré une dépense publique qui représente plus de 50% du PIB.

 

      L'INSEE a d'excellents statisticiens. Leur rôle est très utile à la France. Il y a parfois des erreurs, qu'ils reconnaissent, mais faire des statistiques au niveau national est difficile. Cependant, on peut s'interroger sur son double rôle d'institut de la statistique et de pourvoyeur d'études économiques. Peut-être vaudrait-il mieux qu'il se concentre sur la fourniture de statistiques, détaillées, et sur de longues périodes de préférence, et qu'il laisse à d'autres les interpréter, en fonction des diverses tendances politiques et économiques. Ce serait sans doute mieux pour le débat. Car, ce que dit l'INSEE est repris tel quel par les médias, souvent sans recul ni analyse, comme si ces études ne prêtaient pas à débat. Il faut distinguer la statistique, qui est une science mathématique, de l'économie, qui interprète les statistiques.

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La fin du capitalisme selon Schumpeter

27 Avril 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      J. A. Schumpeter considère l'entrepreneur comme l'élément moteur de l'évolution capitaliste. C'est lui qui met en œuvre les innovations qui provoquent les cycles de croissance ( cf La théorie de l'entrepreneur de Schumpeter   ).

 

      Or, dans son ouvrage Capitalisme, socialisme et démocratie, Schumpeter considère que l'évolution capitaliste est susceptible d'entraîner la disparition de l'entrepreneur.

 

      Cependant, précisons tout de suite qu'il ne s'agit pas d'une prédiction. Dans sa préface de la seconde édition de cet ouvrage, Schumpeter se défend de tout défaitisme: il présente un constat à un moment donné. Les populations peuvent réagir à ce constat.

 

      D'autre part, Schumpeter ne se livre pas à une critique du capitalisme. Il est favorable à ce système. Quant à ce qu'il pense du socialisme, système vers lequel nous nous dirigeons selon lui, ce ne sera pas évoqué dans cet article, car l'analyse du socialisme par Schumpeter est très fouillée.

 

      Capitalisme, socialisme et démocratie a été publié pour la première fois en 1942. Il est donc intéressant d'énumérer les causes de disparition de l'entrepreneur, générés par le capitalisme, et identifiées par Schumpeter, et d'examiner ce qu'il en est aujourd'hui, 70 ans plus tard.

 

      Toutes les causes de disparition de l'entrepreneur présentées ici proviennent donc du capitalisme lui-même. Ce dernier détruit donc les conditions mêmes de son existence.

 

      Les mécanismes qui provoquent la disparition de l'entrepreneur peuvent être classés en trois catégories (qui sont de mon crû, Schumpeter n'ayant pas opéré cette classification).

 

      Les différentes causes influent les unes sur les autres. L'ordre dans lequel elles sont présentées n'est donc ni chronologique, ni graduel. (Les citations proviennent de Capitalisme, socialisme et démocratie, édition Payot, 1951, 1990.)

 

I-L'argumentation de Schumpeter

 

A-L'entrepreneur et l'utilité des principes du capitalisme perdent en visibilité.

 

      L'une des causes de la disparition de l'entrepreneur est que celui-ci apparaîtra comme moins utile, de même que les principes qui sont favorables à son action.

 

      Ce qui est en cause, c'est le développement, dans le sillage du capitalisme, de très grosses sociétés, dans lesquelles sera employée la majeure partie de la population active à long terme.

 

      Dans ces grosses sociétés, le progrès technique est mécanisé. Le rôle de l'entrepreneur comme apportant des ruptures n'apparaît donc plus aux yeux des populations employées dans ces grands groupes.

 

      D'autre part, dans un grand groupe, l'utilité du cadre institutionnel du capitalisme est perdu de vue. En effet, les dirigeants des grands groupes ne sont pas des entrepreneurs, juste des salariés. Les actionnaires ne sont pas non plus des entrepreneurs. Ils ont juste fait un placement. Ces deux catégories n'ont pas le même rapport de propriété à l'entreprise que l'entrepreneur.

 

      Par ailleurs, au sein d'une grosse entreprise, ou même entre les entreprises, les relations sont de plus en plus normées, par des contrats types, ou des règlementations.

 

      La liberté de contracter, essence du capitalisme, est donc perdue de vue. Son utilité également par conséquent.

 

      Ainsi, l'évolution du capitalisme vers de grosses entreprises et plus de réglementation engendre une évolution où l'utilité de l'entrepreneur est moins visible, de même que les principes de propriété et de liberté de contracter.

 

B-Le capitalisme soutient ses opposants.

 

      Schumpeter remarque que la société capitaliste est la plus tolérante envers ses opposants, et que, même, elle les soutient.

 

      En effet, les sociétés pré-capitalistes ne toléraient pas la critique. L'opposant au féodalisme, à la monarchie absolue, risquait gros. Voltaire lui-même, par exemple, qui savait si bien jouer avec les limites, habitait près de la frontière, pour se mettre à l'abri en peu de temps.

 

      Au contraire, le capitalisme soutient la liberté d'expression. Car, pour la classe bourgeoise, fondement du capitalisme, «les libertés qu'elle désapprouve ne sauraient être anéanties sans que soient également anéanties les libertés qu'elle approuve.» (p. 204)

 

     Ce principe laisse le champ libre aux "intellectuels", ceux qui sont des «professionnels de l'agitation sociale» (p. 198).

 

      «Le groupe intellectuel ne peut se retenir de grignoter [les institutions], car il vit de ses critiques et il ne peut affermir sa position qu'à coup de banderilles; enfin, la critique au jour le jour des personnes et des événements doit, dans une société où rien n'est plus tabou, fatalement dégénérer en critique des classes et des institutions.» (p. 205)

 

      Ajoutons que le progrès capitaliste facilite la diffusion des critiques en la rendant moins onéreuse grâce aux progrès techniques, dans l'imprimerie et la radio notamment.

 

C-L'évolution des classes sociales.

 

      L'évolution du capitalisme chamboule totalement les classes sociales. D'abord, elle provoque la disparition progressive des aristocrates, et le développement de la bourgeoisie.

 

       Or, selon Schumpeter, les aristocrates sont plus aptes à la direction d'un pays. Ils sont plus capables de défendre des principes, de clouer le bec d'un contradicteur. Par conséquent, ils sont plus aptes que les bourgeois à défendre les institutions, les principes capitalistes.

 

     D'autre part, la bourgeoisie, pourtant issue du capitalisme, change également avec lui. Schumpeter cite ainsi la désintégration de la famille bourgeoise comme cause de disparition du capitalisme.

 

      On ne se met plus en couple forcément pour fonder une famille, avoir des enfants, et les obligations que cela suppose. Les bourgeois arbitrent entre les obligations familiales, qui exigent des sacrifices, et les plaisirs immédiats.

 

      De même, le symbole de la famille bourgeoise, la maison bourgeoise, avec le train de vie correspondant, le personnel correspondant, est en voie de disparition. Les bourgeois préfèrent aller au restaurant, et habiter en appartement. (Schumpeter écrit dans les années 30, rappelons le).

 

      Or, selon Schumpeter, l'homo oeconomicus étudié par les économistes est l'homme dont «les opinions et les volitions étaient modelées par un tel foyer et qui se proposait primordialement de travailler et d'épargner pour sa femme et ses enfants» (p 217, caractères en italique dans le texte).

 

      La famille bourgeoise impliquait donc des besoins financiers élevés, et une vision à long terme. Les besoins financiers incitaient à entreprendre, la vision à long terme permettait de préserver les principes capitalistes, bénéfiques pour la société à long terme.

 

      La famille bourgeoise disparaissant, l'homo-œconomicus «cesse d'obéir à l'éthique capitaliste qui enjoignait de travailler pour l'avenir, que l'on fût ou non destiné à engranger la récolte.» (p.218)

 

D-Pourquoi l'efficacité du capitalisme ne le préserverait-il pas?

 

      On pourrait se demander si l'efficacité du capitalisme ne suffirait pas à garantir sa persistance.

 

      Cependant, selon Schumpeter, les justifications utilitaires ont peu de poids dans ce cas. Les sociétés obéissent à des impulsions extra-rationnelles: «aussi, un attachement émotionnel à l'ordre social (c'est-à-dire précisément le sentiment même que le capitalisme est constitutionnellement impuissant à engendrer) est-il seul capable de refouler en nous les impulsions hostiles.»

 

      De plus, selon Schumpeter, le capitalisme ne peut être expliqué en terme simple, et il a une action bénéfique sur le long terme. Ce qui permet à des thèses simplistes et faisant des promesses à court terme de prendre l'ascendant au sein de la population.

 

      Enfin, le capitalisme a permis d'améliorer considérablement les niveaux d'existence. Or, le progrès recèle une part d'insécurité, puisqu'il remet en cause des situations acquises. Il est facile d'utiliser cette insécurité pour jeter de l'huile sur le feu de l'agitation sociale.

 

II- Regard actuel sur le constat de Schumpeter.

 

A-Le conservatisme, socle du capitalisme?

 

      Est-ce que l'aristocratie est plus apte à gouverner que la bourgeoisie? Ou est-ce une question d'éducation que pourrait recevoir tout un chacun?

 

      On peut penser que Schumpeter a voulu mettre en avant les valeurs de l'aristocratie. Un argument à rapprocher de sa défense de la famille bourgeoise. Ce qui amène à une question: les valeurs traditionnelles, et donc un certain conservatisme, sont-elles bénéfiques au progrès économique et social?

 

      C'est un débat d'actualité, avec la notion de "libéral-conservateur", alors même que des libéraux classiques et des libertariens critiquent le conservatisme.

 

      C'est un axe de réflexion, qui ne sera pas développé ici car le sujet est vaste. On pourra avoir des éléments de réflexion dans le séminaire qu'Alain Laurent y a consacré, sous l'égide de l'Institut Coppet.

 

B-La mécanisation de progrès

 

     Là où la situation a évolué depuis l'époque de Schumpeter, c'est la tendance à la mécanisation du progrès.

 

      Aujourd'hui, les petites et moyennes entreprises ne sont pas mortes, et elles sont le creuset des innovations. C'est le phénomène des start-up. Ce sont ces grandes entreprises, telles Hewlett-Packard, ou IBM, qui rachètent des PME pour développer leurs technologies.

 

      Le magazine Enjeux-Les Echos a publié dans son édition de février 2011 un graphique montrant qu'en 1981, les entreprises de plus de 25 000 salariés concentraient 71% des dépenses de recherche et développement aux USA, contre 10% pour celles de moins de 5 000 salariés.

 

      En 2005, la proportion est de 38% pour les entreprises de plus de 25 000 salariés, et de 39% pour celles de moins de 5 000 salariés.

 

      Aujourd'hui, de nouvelles entreprises provoquent toujours des ruptures. Les grosses entreprises l'ont compris et, toujours selon Enjeux-Les Echos, elles coopèrent avec elles plutôt que de les racheter.

 

C-L'hostilité envers le capitalisme

 

      Le capitalisme est toujours la cible principale de nombreux "intellectuels" et des médias. Les contempteurs sont toujours, de loin, majoritaires.

 

      Cependant, la crise des années 1970 a quelque peu modifié la donne. L'échec des politiques dirigistes a remis à l'honneur le capitalisme, et, en particulier, la théorie de l'entrepreneur de Schumpeter. Un autre économiste autrichien, F. A. Hayek est également à nouveau mis en avant.

 

      Ce courant de pensée n'a jamais été majoritaire. Le capitalisme a toujours été critiqué avec véhémence. Mais, son efficacité apparaissait comme indéniable. C'est donc l'aspect utilitaire qui a permis cette résurgence des défenseurs du capitalisme.

 

      Ensuite, la dernière crise financière, appelée aussi crise des subprime, a été vue comme une revanche à prendre par les anti-libéraux. Ils dénoncent le capitalisme comme responsable de cette crise.

 

      Cependant, les politiques keynésiennes mises en place pour relancer l'économie se sont vite heurtée au plafond de la dette. Les théories anti-libérales se heurtent donc à nouveau à la réalité. Peu d'entre elle prône une nationalisation de l'économie, ce système ayant conduit à une catastrophe. Néanmoins, les idées dirigistes ont repris de la vigueur.

 

      Cependant, aux USA, les politiques menées suite à la crise financière ont provoqué le mouvement du Tea Party, qui réclame un retour aux sources des USA, avec moins d'Etat, plus de responsabilité individuelle.

 

      Enfin, on ne peut passer sous silence l'adhésion des pays émergents au capitalisme. Là encore, ce n'est pas l'adhésion à une idéologie, mais c'est l'efficacité économique et sociale du libéralisme qui justifie ces politiques économiques. Même s'il faut souligner que des pays comme la Chine, ou encore plus l'Inde, ont encore beaucoup de chemin à parcourir pour être qualifiés de capitalistes. Mais c'est la direction qu'ils suivent.

 

Conclusion

 

      Schumpeter a dégagé des tendances conduisant à la fin du capitalisme, et issues du capitalisme lui-même. Tout en précisant qu'il ne s'agissait pas d'une prédiction, mais d'un constat à un moment donné, et en ajoutant qu'en ce domaine, un siècle représente une période court terme.

 

      Aujourd'hui, du fait de la crise des années 1970, les théories libérales ont été remises au goût du jour, en particulier la théorie de l'entrepreneur de Schumpeter. Et le capitalisme s'étend sur toute la planète.

 

      Cependant, l'opposition reste forte, en particulier en France d'ailleurs.

 

      Mais, le monde a aussi changé avec l'internet. Une théorie peut moins facilement dominer une société et faire taire ses opposants. Le mouvement du Tea Party, assez informel, doit beaucoup à internet. En France, les libéraux commencent à s'organiser sur le web, avec par exemple, Contrepoints, l'Institut Turgot, l'Institut Coppet, ou l'Aleps par exemple.

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Une interview d'Alain Madelin

21 Avril 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Deux réflexions intéressantes d'Alain Madelin, invité le 20 avril du Talk Le Figaro-Orange actu.

 

A propos de la prime obligatoire pour les entreprises qui distribuent des dividendes. Alain Madelin remarque qu'une entreprise comme Peugeot, qui a maintenu une importante base industrielle en France, et donc de nombreux employés, est pénalisée.

 

A propos du blocage des prix de l'énergie, il remarque qu'il y a peu, on considérait que le prix de l'énergie était trop faible, et qu'il fallait rajouter une taxe carbone par dessus.

 

Par contre, Madelin se réclame du libéralisme, mais il a une curieuse expression dans cette interview. Il se dit libéral complet, à la fois liberal à l'américaine, et libéral classique. Il semble mal appréhender ce que sont les liberals aux USA, qui ne sont pas des libéraux au sens français du terme. Ils sont interventionnistes.

 

 

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