Analyse Libérale

Articles récents

L'austérité, qu'est-ce que c'est?

31 Octobre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

L’INSEE a sorti un article sur le différentiel de croissance entre la France et le Royaume-Uni. On y apprend que ce dernier a une croissance supérieure à la France en raison notamment de sa dépense publique. Ce qui ne laisse pas d’étonner. Diantre, la Perfide Albion n’est-elle donc pas le chantre de l’austérité, qui coupe sauvagement dans les dépenses publiques, et notamment les dépenses sociales ? En fait, à son corps défendant, l’INSEE illustre à sa manière la vacuité du terme "austérité", qui ne signifie rien du tout en économie.

 

En 2009-2010 (l’exercice budgétaire ne correspond pas à l’année civile au Royaume-Uni), la dépense publique représentait 47 % du PIB. Le gouvernement travailliste de Gordon Brown menait une politiquer économique basée sur la dépense publique et le déficit. Quand la crise s’est déclarée, l’effet ciseau a été terrible : baisse des recettes et hausse des dépenses. Le déficit budgétaire a atteint 10,3 % du PIB au cours de l’exercice 2009-2010. En France, en 2009, le déficit public atteignait 7,5 % du PIB. Et la dépense publique55,6 % du PIB.

 

Au terme de l’exercice 2015-2016, le déficit budgétaire du Royaume -Uni s’élevait à 4,1 % du PIB. Mais le gouvernement de David Cameron n’a pas diminué la dépense publique. Celle-ci a augmenté, mais moins vite que le PIB. Ce qui fait qu’elle est redescendue à un peu plus de 42 % du PIB. En France, en 2015, la dépense publique s’élève à 57 % du PIB. Le déficit à 3,5 % du PIB.

 

On constate donc que le Royaume-Uni a diminué son déficit budgétaire de près de 6 points de PIB, tandis que la France l’a diminué de 4 points. On constate que la France a augmenté la dépense publique en pourcentage du PIB, ce qui signifie que la dépense publique a augmenté plus rapidement que le PIB. Le Royaume-Uni a aussi augmenté la dépense publique, mais moins vite que le PIB, ce qui fait qu’elle a diminué en pourcentage du PIB. Il faut également noter que la dépense publique, au Royaume-Uni, est simplement revenu à sa moyenne. Elle n’est pas exceptionnellement basse. C’était la politique de Gordon Brown qui l’avait fait augmenter à des niveaux exceptionnels, puis la crise.

 

Mais, où est l’austérité ? Du côté du Royaume-Uni, qui a plus fortement réduit son déficit, et contenu sa dépense publique ? Mais son déficit reste supérieur à celui de la France. Du côté de la France, qui a moins réduit son déficit, mais plus augmenté sa dépense publique ? Mais la France ponctionne plus ses citoyens, tandis que le Royaume-Uni leur laisse plus de disponibilités. Les deux pays sont en déficits budgétaires, donc en position de relance keynésienne.

 

En économie, un seule indicateur ne veut rien dire. Le déficit budgétaire n’a pas de signification en lui-même. Sous l’influence du keynésianisme, on diffuse des idées simplistes comme celle qui considère qu’un déficit est bon pour l’économie, et on tire des conclusions simplistes du fait qu’un pays a un déficit supérieur à un autre. Mais la réalité est plus complexe. On peut ajouter que l’Allemagne voit croître son économie, alors qu’elle est en excédent budgétaire, et que sa situation démographique n’est pas favorable à la croissance. (La baisse ou la stagnation de la population est un facteur qui diminue la croissance. La performance de l’Allemagne est donc remarquable compte tenu de sa démographie. La France, avec sa démographie, devrait avoir une croissance bien plus importante. ) Et s’il y a croissance sans déficit budgétaire, et il y a eu croissance sans déficit au cours de l’histoire, cela signifie que la théorie keynésienne est démentie par les faits, et que le déficit n’est pas l’indicateur pertinent de la croissance.

 

 

 

Lire la suite

La déformation généralisée des faits en économie.

23 Octobre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Les faits sont importants pour se faire une opinion. On pourrait penser qu’à l’ère d’internet, il soit facile d’avoir les faits bruts. Pourtant, en économie, les faits sont souvent déformés.

 

Imaginons un pays qui connaît une crise économique. Son président décide alors d’augmenter les dépenses publiques, de pratiquer le protectionnisme, de s’entendre avec les entreprises pour que les salaires ne baissent pas. Imaginons maintenant que l’histoire retienne que ce président n’a rien fait, et attendu que la crise se passe, en adepte du « laisser-faire ».

 

Impossible dirons nous, du moins dans un régime démocratique.

 

Pourtant, cette histoire est vraie. Plus encore, elle concerne la plus célèbre des crises économiques, celle de 1929. Et le pays d’où est partie la crise : les Etats-Unis d’Amérique.

 

Le président Hoover, qui était en place en 1929, n’était en effet pas un adepte du « laisser-faire ». Bien au contraire, il était très interventionniste. Comment expliquer que les faits nous arrivent ainsi déformés ?

 

Ce n’est pas un cas isolé. C’est même une généralité. Ainsi, des banques américaines, et étrangères, comme la Deutschbank, ont été condamnées à des amendes par la justice US pour tromperie sur les titres subprime. Pourtant, elles n’ont trompé personne. Elles se sont conformées à la politique en vigueur. Les titres subprime ont été construits en respectant les critères de Bâle, une des nombreuses réglementations qui encadrent la finance.

 

Ces titres correspondaient à des crédits hypothécaires. Les banques prêtaient, puis découpaient les crédits sous formes de titres financiers, et les revendaient sur le marché financier. Tout le monde savait que ces titres correspondaient à des crédits accordés à des gens pas forcément solvables, de par leur nom même : subprime est la pire catégorie en matière de crédit. Mais on considérait que l’immobilier ne baisserait pas, et que donc le bien hypothéqué pourrait toujours rembourser le prêt. (Pour une explication du mécanisme des subprime, voir La crise avec des mots simples).

 

On considérait même qu’il y avait un cercle vertueux : les crédits soutenaient la consommation, ce qui soutenait l’économie. Un raisonnement purement keynésien.

 

On oublie aussi que la politique des USA était d’encourager ces prêts subprime. La banque centrale, la Fed, avait diminué fortement les taux d’intérêt. Le gouvernement encourageait les prêts, de deux manières. Par l’intermédiaire de deux organismes, Fannie Mae et Freddy Mac, qui rachetaient aux banques les prêts subprime. En faisant pression sur les banques, via le Community Reinvestment Act, qui force les banques à prêter aux personnes insolvables.

 

Ce sont là des faits. Des faits récents. Ils sont oubliés. Au contraire, est propagée la fable d’un secteur financier sans contrôle qui a causé la crise. Pire encore, on utilise les même recettes, la baisse des taux d’intérêt, le même raisonnement keynésien, avec le retour de la relance budgétaire, que celui qui a conduit à la crise. (Pour une synthèse complète des politiques qui ont mené à la crise, je conseille cet excellent article du Quarterly Journal of Austrian Economics : The subprime Crisis. )

 

D’autres faits sont laissés dans l’ombre. Comme l’extraordinaire baisse de la pauvreté dans le monde. Et le fait que cette baisse soit due à la mise en œuvre de politique en faveur de l’économie de marché. Ou la baisse des inégalités au Royaume-Uni, sous le gouvernement Cameron. A travers les médias, on aurait plutôt l’impression du contraire, celle d’un pays ne créant que des emplois précaires. Et ce sont des faits actuels.

 

En économie, les faits nous arrivent déformés. D’une manière telle qu’elle semble impossible, qu’elle semble relever des théories du complot. Et pourtant c’est vrai. Et ils sont toujours détournés dans le même sens.

 

La question qui se pose alors, c’est comment la démocratie peut-elle fonctionner avec une information ainsi biaisée, ou, tout du moins, un tel manque de pluralisme. Car c’est là l’enjeu : décider quelle politique économique adopter.

 

Qu’on ne s’étonne pas alors du développement du populisme, si même ceux qu’on dit non populistes défendent des théories désignant des boucs émissaires, et des solutions de facilité, en occultant les faits.

Lire la suite

Le discours de Theresa May: un calcul politique?

6 Octobre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Theresa May, Première Ministre du Royaume-Uni, a insisté au congrès du parti conservateur sur la nécessité d'un pays plus juste. Ce qui tendrait à conforter l'idée que le raison principale du vote en faveur du brexit est un rejet des élites dû à une politique économique pénalisante pour les plus défavorisés. Cependant, la situation est plus complexe.

Le Royaume-Uni, une économie en croissance.

Le Royaume-Uni a quand même donné une majorité absolue au Premier Ministre David Cameron lors des dernières élections législatives. Le même Cameron n'avait pas obtenu cette majorité auparavant, face au gouvernement travailliste sortant. Plus que tous les indicateurs économiques et sociaux, ce vote montre que sa politique donnait satisfaction à une majorité d'électeurs.


Les indicateurs confirment la bonne tendance de l'économie du Royaume-Uni, comme le montre l'enquête annuelle de l'ONS. Les revenus réels, après avoir baissé, sont remontés au dessus du niveau d'avant la crise. Les inégalités, mesurées par l'indice de gini, ont également baissé par rapport à la période travailliste. Contrairement à la légende, le pourcentage d'emplois dits « zéro heures » n'est pas élevé, à 2,5% des emplois. De même, l'augmentation de l'emploi indépendant n'est pas exponentielle, et peu s'expliquer, du moins en partie, par ce qu'on appelle « l'uberisation » de l'économie.

Il est vrai que les habitants du Royaume-Uni ont souffert, et qu'ils ne retrouvent que maintenant une situation meilleure qu'avant la crise. Mais c'est la politique travaillistes d'avant la crise qui semble responsable, tandis que Cameron est crédité du redressement du pays.


Les raisons du Brexit.

Il n'y a pas une cause unique qui explique le vote en faveur du brexit. Les sondages indiquent que la première cause et le souhait du peuple de retrouver la souveraineté du parlement sur le pays. Ce qui est corroboré par le fait que le fait que le vote en faveur du brexit est plutôt conservateur. Et par le fait qu'au sein du Royaume, l'Angleterre a largement voté en faveur du Brexit, à l'inverse de l'Ecosse.

La deuxième cause serait le contrôle de l'immigration. C'est un sujet qui rassemble. Des conservateurs peuvent se sentir menacés dans leurs traditions, et des travaillistes craindre que le système social soit sature. Theresa May a appuyé sur ce sujet d'ailleurs dans son discours.

Enfin, une raison qui a peut-être fait pencher la balance, c'est la tiédeur du leader travailliste, Jeremy Corbyn, a soutenir le maintien dans l'Union Européenne. Certains électeurs travaillistes, tentés par un vote de rejet effectivement pour des raisons économiques, ont pu être encouragés par cette attitude.


Par conséquent, la situation économique ne semble pas être le facteur prédominant du vote.

Le calcul politique de Theresa May.

La question du Brexit empoisonnait le parti conservateur. Maintenant qu'elle est tranchée, celui-ci a un problème en moins. Par contre, le Brexit aggrave la crise au parti travailliste.

Dès son élection à la tête du parti, Jeremy Corbyn a été contesté au motif qu'il était trop extrémiste pour espérer rassembler une majorité d'électeurs aux législatives. Sa tiédeur à faire campagne pour le maintien dans l'Union Européenne a provoqué une motion de censure à son encontre de la part de la majorité des parlementaires travaillistes, et provoqué de nouvelles élections internes, toujours remportées par Corbyn.
Le virage socialiste incarné par Corbyn peut inquiéter des électeurs centristes ou socio-démocrates. Or, les élections législatives sont uninominales et à un seul tour au Royaume-Uni. Il faut donc rassembler une majorité dès le premier tour.

L'autre parti qui émergeait, et qui pouvait concurrencer les conservateurs, etait l'UKIP, qui militait pour quitter l'Union Européenne. Sans sa raison d'être, l'UKIP est également en crise.

Theresa May est assurée d'avoir derrière elle les conservateurs. Ceux qui étaient tentés de voter pour l'UKIP n'ont plus de raison de le faire. Elle peut attirer les électeurs travaillistes plutôt centristes ou socio-démocrates que le socialisme de Jeremy Corbyn rebute. Et ainsi s'assurer d'une majorité confortable aux prochaines législatives.

Le discours de Theresa May est donc certainement un calcul politique, destiné à assurer le pouvoir aux conservateurs.

NB: pour compléter, un excellent article du Figaro sur le sujet,ici.

Lire la suite

Augmentation du chômage en août 2016

26 Septembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le ministère du travail a publié les chiffres des demandeurs d’emplois à pôle emploi en août 2016. Ils sont mauvais. Le chômage augmente, dans quelque qu’on tourne ces chiffres.

Cette augmentation n’est pas très surprenante. La France a connu une légère baisse du PIB au deuxième trimestre 2016, de 0,1 %. Ce ralentissement se traduit logiquement en baisse d’emploi. On peut noter que cette augmentation du chômage se produit malgré le programme de stages lancé par le gouvernement pour faire baisser le chômage. Et malgré la baisse de l’euro, ou encore la politique très laxiste de la BCE.

En France, on considère qu’on a tout essayé contre le chômage. Pourtant, d’autres pays ont de meilleurs résultats. Le Royaume-Uni par exemple. Cependant, ce pays est décrit comme une catastrophe sociale. Par exemple, on insiste sur les contrats zéro heures. Alors que ceux-ci sont marginaux (2,3 % à 2,5 % des actifs), et que la France remplace les CDI par des CDD (pour la situation au Royaume-Uni, voir ici).

Ou encore l’Allemagne, où les syndicats ont adhéré au plan de Shroder, en appliquant la modération salariale. Mais, malgré cette action syndicale en faveur de la modération salariale, la France dénigre cette politique en faveur de l’emploi (voir ici).

La France est même timorée face à l’évolution technologique. Alors que, historiquement, ces évolutions ont été synonymes de prospérité, la France craint le chômage (voir ici). Il y a une sorte d’enfermement idéologique qui refuse la réalité.

La France est entrée en période électorale. On va promettre et raser gratis. Mais, en attentant, la situation ne s’améliorera pas.

Lire la suite

La réélection de Corbyn à la tête du Labour

25 Septembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Jeremy Corbyn a été réélu cette semaine à la tête du Labour au Royaume-Uni, avec 61,8 % des suffrages. Une élection annoncée qui prolonge la crise au sein du Labour. Suivant l’actualité britannique sur le site BBC News, voici une petite synthèse de cette crise du Labour, selon les informations et analyses de ce site.

Jeremy Corbyn a été l’objet d’une motion de défiance de la part des parlementaires du Labour, ce qui a entraîné ce nouvel appel aux électeurs. Il est reproché à Corbyn d’être trop extrémiste, trop à gauche, ce qui pénaliserait les chances du Labour à des élections générales. Le scrutin aux élections parlementaires au Royaume-Uni est uninominal à un tour. Ce qui oblige à rassembler dès le premier et unique tour. Ce dont ne serait pas capable Corbyn, étant trop à gauche, trop clivant comme on dit aujourd’hui.

Ce qui a déclenché cette nouvelle élection à la tête du Labour, c’est la victoire du Brexit. Cette victoire, alors que le Labour était contre le Brexit, est vue comme l’incapacité de Corbyn de faire gagner des élections au parti. Mais, surtout, c’est son faible soutien au Remain qui est reproché au leader travailliste. Compte tenu que les électeurs conservateurs étaient divisés sur la question du Brexit, il est considéré que le manque d’enthousiasme de Corbyn en faveur du maintien dans l’Union Européenne a entraîné des électeurs travaillistes à voter pour le Brexit, et fait gagner ce dernier.

Enfin, il y a la question de l’antisémitisme. Certains membres du Labour ont tenu des propos jugés antisémites. Ce qui a fait dire qu’il y a un problème d’antisémitisme au sein du Labour. Et certains au sein du parti considèrent que Corbyn n’a pas été assez ferme ni suffisamment réactif face à cette situation.

Dans cette élection à la tête du Labour, le mode de scrutin est aussi contesté. Les parlementaires ont essayé d’empêcher les nouveaux supporters de voter. En fait, l’élection est ouverte aux militants du Labour, dûment encartés, et à des supporters, qui versent 3 livres sterling pour être enregistrés. Le Labour a connu une hausse considérable de ces supporters. Ce système est accusé de favoriser les extrémistes, capables de se mobiliser et de s’enregistrer pour faire gagner leur poulain, sans que cela reflète le souhait de l’électorat potentiel du parti. Une action en vue d’empêcher les plus récents supporters de voter a été invalidée.

Cependant, ce virage à gauche du Labour était-il évitable ? Le syndicat Unite soutient Corbyn. Le précédent leader du Labour, Ed Miliband, représentait déjà l’aile gauchiste. Après l’épisode Tony Blair, le Labour est peut-être en train de retomber dans le gauchisme qui lui a valu une traversée du désert du temps de Margaret Thatcher et John Major. Et c’est ce que craignent les parlementaires travaillistes.

Lire la suite

POLITIQUE INDUSTRIELLE

22 Septembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

En France, la mode est à la résurgence d’une politique industrielle initiée et pilotée par l’État. Pourtant, l’actualité montre que les innovations industrielles ne viennent pas de pays ayant une politique industrielle.

Ainsi, l’Allemagne est le pays roi de l’industrie. Et l’industrie reine est l’automobile. Pourtant, le pays qui bouscule le secteur, ce sont les USA. C’est carrément une nouvelle société, créée de toutes pièces, Tesla, qui assemble des voitures électriques utilisables « normalement », avec une grande autonomie. Tesla a également lancé la voiture autonome. Google y travaille également, et, semble-t-il, Apple.

Autre exemple, le site Numerama signale que le groupe PSA (marques Peugeot et Citroën), s’est associé avec une start up de Los Angeles, spécialisée dans l’impression 3D, Divergent 3D. Le but est de concevoir des autos plus légères et plus simples à assembler.

Dans un autre secteur, le pays européen à la pointe de l’innovation en matière de microprocesseur est également un pays peu réputé pour sa politique industrielle : le Royaume-Uni. C’est la société britannique ARM Ltd qui a développé l’architecture leader pour les smartphones.

Et les constructeurs automobiles installent dans leurs cockpits des réceptacles compatibles Androïd ou Apple. Ainsi, les smartphones utilisant ces systèmes d’exploitation peuvent être installés dans les véhicules et servir de GPS ou pour d’autres fonctions.

L’innovation de rupture vient des USA ou du Royaume-Uni. Elle provient d’un environnement favorable aux investisseurs, dans le cas de Tesla. Pour ARM, on ajoute la symbiose de l’entreprise avec l’université, Cambridge en l’occurrence. Google, ce sont des entrepreneurs à succès, qui ont gagné les moyens d’aller encore plus loin. Dans tous les cas, un environnement favorable aux investisseurs.

L’Allemagne l’a compris. Elle n’a pas de politique industrielle, mais une politique favorable aux entreprises, quelque soit leur secteur, même agricole. Elle semble même bien placée dans les fintech en Europe, derrière le Royaume-Uni.

Il y a trente ans, le magazine L’Expansion vantait le modèle de la banque industrie à l’allemande. Modèle abandonné par l’Allemagne, dont le gouvernement a favorisé l’abandon des participations croisées, et laissé les conglomérats se démanteler. Pour mener maintenant une politique, non pas industrielle, mais qu’on peut qualifier de business friendly.

La puissance technologique, qui peut entraîner un pays, ne dépend pas d’une politique industrielle. Mais d’une politique en faveur des investisseurs, de l’entreprise en général et de l’entrepreneuriat.

Lire la suite

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

2 Septembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

L'Angleterre est considérée en France comme un laboratoire ultra-libéral. Particulièrement sous l'ère Cameron. Avec pour conséquence une montée des inégalités et des emplois précaires ces dernières années. Ce qui expliquerait son taux de chômage flatteur, et justifierait de ne pas suivre son exemple. Voyons ce que nous disent les statistiques à ce sujet.

Evolution du revenu médian.

Les statistiques du Royaume-Uni suivent l'évolution du revenu médian. Elles proviennent de l'enquête annuelle du bureau des statistiques du Royaume-Uni, l'ONS, : Households below average income: an analysis of the income distribution 1994/95 to 2014/15. On retrouvera la méthodologie ici. Le revenu médian est celui qui divise la population en deux parties égales : ceux qui gagnent plus, et ceux qui gagnent moins. Ce qui est plutôt pertinent pour évaluer le revenu réel. Les statistiques anglaises montrent que le revenu médian réel a atteint un niveau record pour la période 2014-2015 :

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Le mode de calcul des revenus a changé au Royaume-Uni. Il était auparavant déflaté par le RPI. Le CPI donne un résultat plus flatteur :

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

BHC signifie before housing costs. Le changement de méthodologie, recommandé par l'organisme de supervision des statistiques au Royaume-Uni, paraît favorable. Mais il correspond en fait à la méthodologie des autres pays européens, Et notamment la France. La nouvelle méthodologie facilite donc les comparaisons internationales.

Il s'agit bien sûr des revenus réels. Le pouvoir d'achat a été impacté par la forte inflation au Royaume Uni de 2008 à 2013, qui explique la baisse des revenus réels :

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Revenus : comparaison avec la France.

En France, le niveau de vie médian stagne, selon l'INSEE :

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Le niveau de vie médian a même légèrement baissé entre 2008 et 2014 en France.

Inégalités au Royaume-Uni et en France.

En matière d'inégalités, les résultats, selon le coefficient de gini, sont les suivants :

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Les statistiques du Royaume-Uni distinguent les revenus avant et après les dépenses immobilières. Pour une comparaison internationale, ce sont les chiffres avant coûts immobiliers qu'il faut retenir.

On peut remarquer que les inégalités, mesurées par l'indice de Gini, ont diminué sous l'ère Cameron.

Voici l'indice de Gini en France selon l'INSEE :

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.
Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

En France, selon les mesures de l'INSEE, les inégalités, mesurées d'après l'indice de Gini sont stables.

Selon la Banque Mondiale, l'indice de Gini pour le Royaume-Uni s'élevait à 34,4 en 2008, 34,10 en 2010, et 32, 6 en 2012. Donc, une baisse sous l'ère Cameron.

En France, selon la Banque Mondiale, l'indice de Gini est de 33,1 en 2008, et de 33,1 en 2012.

Les inégalités sont donc équivalentes entre la France et le Royaume-Uni.

Emploi : précarité au Royaume-Uni ?

Les emplois au Royaume-Uni sont réputés précaires, de mauvaise qualité. Voyons ce que disent les faits.

En juin 2016, le chômage est particulièrement bas au Royaume-Uni, à 4,9%, tandis que le taux d'activité est particulièrement élevé, à 74,5% :

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Sur un an, les évolutions sont les suivantes :

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Les embauches sont donc majoritairement des temps pleins, en CDI. Les tableaux suivants montrent la répartition de l'emploi total. Les données proviennent de l'Office for National Statistics. Le tableau a été scindé pour l'article. La colonne % employees working part-time du tableau 1A a été ajoutée. Tous les tableaux concernent la population âgée de 16 ans et plus.

1A-Emplois à temps plein et à temps partiel

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

1B-Emploi temporaire.

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

1C-Emploi à temps partiel

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Taux d'emploi.

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Les emplois créés au Royaume-Uni sont donc essentiellement des CDI à temps plein. Le temps partiel est important mais le niveau de temps partiel contraint est faible et en baisse, de 15,4% en juin-août 2015 à 13,8% en avril-juin 2016. Le pourcentage d'indépendants (self employed) est de 15,08%. En 1992, ce chiffre était de 13,46%. Il a atteint un point bas à 12,85% en août-Octobre 2008. Il n'y a pas eu d'explosion de ce type d'emploi (on trouvera ici les statistiques concernant la répartition sectorielle de ce type d'emploi, tout comme la répartition globale des emplois). D'autre part, le taux de sous emploi baisse. Dans toutes ces statistiques, rien n'indique une précarisation de l'emploi. Au contraire, la qualité de l'emploi s'améliore. Sur le plan de l'emploi, comme sur celui des revenus, le bilan de l'administration Cameron semble plutôt flatteur.

Les contrats "zéro-heure".

Un article sur l'emploi au Royaume-Uni ne peut pas faire l'économie d'un paragraphe sur les contrats "zéro heure", ou plus précisément les contrats qui ne garantissent pas un minimum d'heures. On trouvera une étude détaillée ici.

Il faut d'abord souligner que ces emplois sont présents dans les statistiques précédentes. Ils ne changent donc pas la vision d'ensemble de l'emploi au Royaume-Uni, en particulier concernant le temps partiel contraint.

En octobre -décembre 2015, ils représentent 2,5% des emplois, contre 2,3% en octobre-décembre 2014. Mais l'office for National Statistics considère que cette hausse peut venir des réponses aux sondages : des emplois qui n'étaient pas désignés comme des emplois zéro heures le sont devenus un an plus tard. C'est une question de définition. Il n'y a pas de définition précise, de statut précis, pour les emplois zéro heure. Les statistiques dépendent donc de l'opinion de ceux qui répondent, s'ils considèrent ou non occuper un emploi zéro heure.

Fin 2015, 37% des employés zéro heure souhaitaient travailler plus, la plupart en restant dans le même emploi, sans chercher un autre emploi offrant plus d'heures travaillées. En comparaison, 10% des autres salariés souhaitent travailler plus.

Les femmes représentent 53% de la population des contrats zéro heure, contre 47% des autres contrats d'emploi. 38% de la population des contrats zéro heure a entre 16 et 24 ans, contre 12% pour les autres formes de contrat d'emploi. 23% de la population des contrats zéro heure suit un cursus de formation à plein temps, contre 3% de la population dans un contrat non zéro heure. Selon l'ONS, ces chiffres peuvent refléter le fait que certains groupes de population sont susceptibles de rechercher la flexibilité des contrats zéro heure un avantage, par exemple les jeunes, qui combinent un emploi flexible avec leurs études.

Comparaison avec la France.

Voyons maintenant une petite comparaison avec la France. Voici quelques chiffres, issus du très officiel Institut National de la Statistique et des Etudes Economiques (INSEE).

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.
Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

CDI et CDD.

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.
Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Ce qui donne un taux de CDD et intérim d'environ 11,4% de la population en emploi. A comparer avec un taux de 6,2% au Royaume-Uni. Et un taux de temps partiel de 18,24% de la population employées pour la France.

Emploi à temps partiel.

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Temps partiel selon le sexe en pourcentage.

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

Sous emploi en France.

Angleterre: précarité de l'emploi et inégalités.

La France présente un taux de chômage bien plus élevé que le Royaume-Uni, à 9,6% au deuxième trimestre 2016, contre 4,9% au Royaume-Uni. Et un taux d'emploi de 64,7% contre 74,5% au Royaume-Uni. L'emploi à temps partiel est plus faible en France, à 18,24% au deuxième trimestre 2016, contre 26,17% au Royaume-Uni. Cependant, il est difficile d'en tirer des conclusions sur la qualité de l'emploi, car il n'y a pas de statistiques récentes en France sur la part des employés à temps partiel qui souhaiteraient travailler plus. Cette part est de 13,8% au Royaume-Uni, et diminue. En France, en 2011, le temps partiel subi concernait 32% des salariés à temps partiel selon le ministère du travail. Pour évaluer la qualité de l'emploi, il faut donc prendre les statistiques de sous-emploi. Le sous-emploi s'élève en France à 6,6% des actifs occupés, en 2015, contre 8,9% en octobre-décembre 2015 au Royaume-Uni, et 8,2% en avril-juin 2016. Le sous-emploi n'explique donc pas la forte création d'emploi au Royaume-Uni : l'écart avec la France est faible, et surtout le Royaume-Uni est dans une dynamique de réduction du sous-emploi, tandis qu'il est passé en France de 6,1% en 2013 à 6,6% en 2015. La France se distingue par ailleurs par l'évolution de l'emploi temporaire, CDD et interim. Depuis 2008, celui-ci se substitue clairement au contrat à durée indéterminé, comme l'illustre le graphique plus haut. Une telle évolution n'est pas visible au Royaume-Uni.

Conclusion : une précarisation en France ?

Les emplois créés au Royaume-Uni sont de bons emplois, et la tendance est positive : moins de sous-emploi, moins de temps partiel contraint. Ce qui s'accompagne d'une augmentation des revenus réels. Le Royaume-Uni semble être dans un cercle vertueux.

Par contre, des questions peuvent se poser... pour la France. On constate à la fois un chômage de masse, et une montée des emplois temporaires, c'est-à-dire une précarisation de l'emploi. Un emploi temporaire a des conséquences sociales, en rendant par exemple plus difficile la location d'un logement. Par ailleurs, le revenu médian baisse légèrement, tandis que le sous-emploi augmente légèrement.

Après avoir subi durement la crise, la Royaume-Uni est sur une pente ascendante, en ce qui concerne les revenus et l'emploi. La France, au contraire, connaît une stagnation des revenus et une précarisation de l'emploi.

NB:Le Cercle des élus, un polar qui se déroule dans ma ville natale. si vous aimez les polars, et la province, n'hésitez pas.

Lire la suite

Les anglais se seraient renseignés sur l'UE après le vote...

29 Juin 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Une information a largement été relayée dans les médias après le vote en faveur du brexit : les votants se seraient renseignés sur l'Union Européenne après avoir voté. Ce serait l'analyse des recherches Google qui le prouverait.

D'autre part, une pétition en faveur d'un nouveau vote aurait recueilli des millions de signatures, sur internet. Autre information largement relayée.

Sauf que... Le site ZDNet a publié un article montrant que la hausse des recherches sur l'UE après le vote représente une augmentation de … moins de mille personnes ! Et que la pétition sur internet a recueilli de nombreuses signatures qui sont en fait des … bots ! Bon, ne me demandez pas ce que sont des bots. J'ai vaguement compris qu'il s'agit d'une sorte de logiciel robot. Mais ce ne sont donc pas de vraies signatures.

Conclusion : l'info doit toujours être recoupée et vérifiée.

Lire la suite

Le Brexit a gagné, le continent est isolé.

25 Juin 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le Royaume Uni a choisi le brexit. Ce qui augure des temps difficiles pour l'Europe. Les politiciens européens avaient dressé un tableau noir des conséquences du brexit pour le Royaume Uni. Parce qu"ils craignaient surtout les conséquences sur l'Europe. Aujourd'hui, c'est l'Europe qui est ébranlée, plus que le Royaume Uni. Car c'est son existence qui est mise en doute. Car c'est son inéluctabilité, qu'on nous ressassait, qui est remise en cause.

Pour survivre, l'Europe doit se remettre en question. Et analyser froidement les raisons des tendances séparatistes à l'intérieur des pays membres.

La centralisation européenne.

J'avais voté oui à Maastricht, car ce traité comportait le principe de subsidiarité. Mais les dirigeants européens bafouent continuellement ce principe et sont lancés dans une course à la réglementation, dans des domaines qui ne relèvent pas de la politique commune. Sur Contrepoints, Vincent Benard décrit ainsi les tribulations ridicules de la réglementation sur... la taille du paquet de spaghetti ! Louis Rouanet, sur le site du Mises Institute, décrit lui toutes les réglementations sur... les couettes et les oreillers !

Un pays de l'UE ne peut même pas changer un taux de TVA sans l'aval de Bruxelles, comme la France l'a expérimenté concernant les taux de TVA dans la restauration, ou encore le livre électronique. Fiscalement, les pays membres de l'UE ont finalement moins de latitude que les états membres des USA.

Si elle veut survivre, l'Europe doit appliquer le principe de subsidiarité. En laissant la liberté fiscale, et économique aux Etats membres. Avec bien sûr en contrepartie la possibilité pour un Etat de faire faillite. Ce serait le meilleur des gardes fous aux dérives des Etats, sans que les populations n'accusent l'Europe de leurs déboires. Et l'Europe pourra se concentrer sur l'Union douanière, et peut-être enfin sur ses frontières, dont on s'aperçoit avec la crise des migrants que la gestion est assez peu coordonnée.

L'Europe sans les peuples.

L'Europe doit reconnaître qu'elle est devenue un Leviathan technocratique, qui veut décider de la vie des gens malgré eux. Qui considère que les européens doivent être guidés, même contre leur propre avis. La rupture a été consommée par le référendum sur la constitution européenne. Ecartant l'avis des européens qui l'avaient refusée, les technocrates européens ont mis en œuvre le traité de Lisbonne, prenant bien soin cette fois de ne pas consulter les européens. Comment s'étonner de la réaction de ces derniers ?

De même, les peuples auraient-ils voté pour l'élargissement rapide à l'Est de l'Europe, dont les conséquences, en matière de migrations, mais aussi d'accusation de dumping social, causent aujourd'hui des protestations ? Là encore, on s'est bien gardé de les consulter. Il faut dire que la raison de cet élargissement n'était peut-être pas tant l'idéal européen, qu'une attitude défensive face à la Russie après la guerre froide. Un calcul géostratégique, qui a échoué avec l'Ukraine, et qui a occulté les débats nécessaires sur l'intégration de pays qui n'étaient pas forcément prêts. Intégration dont les conséquences suscite donc des protestations aujourd'hui.

Le populisme démocratique.

L'Europe est aussi victime du populisme de ceux là mêmes qui prétendent la promouvoir. On nous survend l'Europe en nous promettant des lendemains chantants, où tout effort serait aboli. Quand des réformes dites "difficiles" sont faites, on nous dit alors que c'est l'Europe qui les réclame. Quand la crise arrive, on réclame de l'Europe une aide. L'Europe, notamment en France, est présentée comme un super état, doté de super pouvoirs, qui pourrait nous amener la prospérité sans effort, et qui pourtant nous la refuse. Et ce sont les partis dits "républicains" qui utilisent cette rhétorique. Comment s'étonner alors de la popularité de ceux qui nous promettent la croissance sans effort par le simple fait de quitter l'Europe ?

Un pays comme la France a une relation curieuse avec l'Europe. Officiellement, elle refuse le fédéralisme, vu comme un abandon de souveraineté. Alors que justement, le fédéralisme respecte la souveraineté des Etats. A contrario, elle a la vision d'une Europe centralisée, française ! Elle veut que l'Europe applique la politique voulue par les français ! Ce qui n'est pas possible. Et entraîne un rejet.

Le Royaume Uni a ouvert la boîte de Pandore. Quitter l'Europe, pour un grand pays, n'est plus une vue de l'Esprit. L'Europe doit justifier de son utilité, et se rapprocher des peuples. C'est en respectant ces derniers qu'elle survivra, en appliquant le principe de subsidiarité, déjà prévu par les traités, et celui de responsabilité, c'est-à-dire que les Etats sont responsables de leur politique, et peuvent faire faillite. L'Europe doit en outre se concentrer sur les domaines dans lesquelles elle a une légitimité, comme les relations extérieures.

Mais le problème est aussi le fonctionnement de la démocratie. Les politiciens deviennent souvent des populistes distributeurs de promesses, qui cherchent à manipuler le peuple une fois au pouvoir. Et à refuser leurs responsabilités. Le principe libéral d'une constitution qui limite les pouvoirs se montre plus que jamais pertinent.

Lire la suite

Brexit : danger pour l'Europe et la France

16 Juin 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Le vote sur le Brexit approche. Les partisans du maintien du Royaume Uni dressent un tableau apocalyptique du Brexit, ainsi que les institutions européennes. En fait, le Brexit serait catastrophique pour l'Europe, et notamment pour la France. C'est pourquoi, s'il se réalise, l'Europe et la France ont intérêt à passer très vite des accords avec le Royaume Uni qui permettront de commercer comme si ce dernier était encore dans le marché commun.

Le Royaume Uni peut perdre beaucoup si les frontières de l'Europe se ferment à ses produits et services. Mais l’Europe peut perdre beaucoup si le Royaume Uni ferme ses frontières également. Et notamment la France. En effet, le Royaume Uni importe énormément en provenance de l'Europe. Et en particulier de la France, pays avec lequel son commerce extérieur est déficitaire. Une fermeture des frontière signifierait une crise en Europe, et particulièrement chez un des membres les plus fragiles de l'Union : la France.

Le Royaume Uni est par ailleurs un pays actuellement très dynamique. Du point de vue de la croissance, et du point de vue de la création et du développement d'entreprises. C'est LE pays européen des start up. Ce dynamisme signifie des importations de biens et services en provenance de l'Union Européenne. Mais aussi un atout pour l'Europe. Le Royaume Uni est tourné vers le futur et vers les pays émergents. Il est impératif de tout faire pour rester lié à cette dynamique. L'Europe a tout intérêt à garder ce pays dans une zone de libre échange.

Un pays a beaucoup à perdre avec le Brexit, et c'est la France. Car le commerce extérieur français avec le Royaume Uni est bénéficiaire. Car le Royaume Uni est un partenaire majeur de la France, après l'Allemagne. La France a intérêt à maintenir le libre échange avec le Royaume Uni, surtout compte tenu de son atonie actuelle. Le Royaume Uni est un facteur de croissance pour la France.

D'autre part, le dynamisme du Royaume Uni équilibre celui de l'Allemagne. Et la France a peu de chance de récupérer des activités financières importantes. Elle ne récoltera que des miettes, du fait de sa fiscalité et de sa réglementation anti-entreprises. Afin de faire contrepoids à l'Allemagne, la France a intérêt que Londres reste une place financière importante en euros. Sinon, c'est l'Allemagne qui récoltera la mise.

En conclusion, les prédictions apocalyptiques en cas de brexit sont absurdes. A moins que les partenaires du Royaume Uni ne se tirent une balle dans le pied, provoquant eux-mêmes une crise. Plutôt que de jouer les oiseaux de mauvais augures, mieux vaudrait s'intéresser aux raisons qui motivent le brexit.

Lire la suite
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 40 50 > >>