Analyse Libérale

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Monnaie et finances : de l'orthodoxie à l'expansionnisme

8 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

L'histoire économique est souvent simplifiée, et schématisée. Ainsi, la période de l'après deuxième guerre mondiale est généralement présentée comme l'application réussie des théories keynésiennes, suivie du retour à l'orthodoxie dans les années 1980. Pourtant, la réalité est bien différente. Le sujet a déjà été évoqué dans l'article Eléments d'histoire économique contemporaine: sortir des poncifs . Il sera ici question du caractère expansionniste de la politique monétaire.

 

L'histoire "officielle" explique qu'après la seconde guerre mondiale, une politique expansionniste a été menée, selon les principes du keynésianisme. Que les Etats pouvaient gérer leur monnaie comme ils le souhaitaient, une dévaluation permettant de relancer l'économie. Et personne ne se souciait de l'inflation, ni des déficits budgétaires. A contrario, la crise des années 1970 a remis à l'honneur les politiques orthodoxes. C'est-à-dire que les objectifs sont la lutte contre l'inflation, et la rigueur budgétaire, les déficits devant être résorbés.

 

Cependant, en réalité, contrairement à ce qui est généralement laissé entendre, les politiques monétaires et budgétaires n'ont jamais été aussi expansionnistes, en Europe, que depuis l'avènement de l'euro, et aux USA, depuis depuis l'arrivée d'Alan Greenspan à la tête de la Federal Reserve, la banque centrale US.

 

La période de l'après guerre est placée sous les auspices des accords de Bretton Woods. Keynes a dû plier face aux USA. C'est une vision orthodoxe de la monnaie qui s'impose. Le dollar est le nouvel étalon monétaire. Il devient la seule monnaie convertible en or. Les autres monnaies sont valorisées par rapport au dollar. Il s'agit donc d'un système d'étalon or indirect.

 

Concrètement, cela signifie que la Banque de France, par exemple, doit toujours détenir suffisamment de dollars pour payer les échanges extérieurs. Le système contraint donc la création monétaire. Car trop de création monétaire pourrait entraîner trop d'importation et donc trop de dépenses en dollars (cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) pour comprendre la création monétaire). Le gouvernement ne pouvait donc pas utiliser le crédit pour relancer l'économie. Le financement même de la dépense publique n'était pas aussi simple qu'aujourd'hui.

 

En 1971, le président Nixon suspend la convertibilité du dollar en or. Les USA n'étaient plus capable d'assurer cette convertibilité. Trop de dollars ont été créés, par rapport à l'or détenu. La monnaie avait été mal gérée. Une période de flottement s'instaure. D'un côté, la libre cotation des monnaies s'impose. D'un autre, les européens n'ont de cesse de créer un mécanisme de change fixe, qui sera d'abord le serpent monétaire. Ce qui débouchera sur l'euro.

 

Dans les années 1970 et 1980, le problème qui s'impose aux autorités monétaires est l'inflation des prix à la consommation. Il sera donc mis en œuvre des politiques de lutte contre cette inflation, par Paul Volcker notamment, quand il était président de la Federal Reserve. Mais, ensuite, quand le risque inflationniste s'éloigne, la politique expansionniste prend ses quartiers.

 

Cette politique est permise par la fin de l'étalon or. Les banques centrales peuvent autoriser la création monétaire sans limite. Et elles ne s'en privent pas. La Fed a ainsi soutenu l'économie US, tandis que le gouvernement fédéral encourageait le crédit aux plus pauvres.

 

En Europe, la Bank of England a également encouragé le crédit. Et même la BCE, la banque centrale européenne. Officiellement, cette dernière a un objectif d'inflation. Et elle n'avait pas à prendre de mesures particulière car l'inflation était globalement sous contrôle, sauf dans certains pays de la zone. Cependant, si elle avait vraiment voulu mettre en ouvre un objectif d'inflation, elle aurait limité l'accroissement de la masse monétaire, conformément aux principes du monétarisme, ou de la théorie quantitative de la monnaie. Une fois que l'inflation se déclare, il est trop tard. Or, la BCE n'a pas appliqué les théories dites orthodoxe du monétarisme, laissant la masse monétaire s'accroître sans contrôle. Elle a validé la politique expansionniste.

 

L'euro a également facilité le financement de la dette souveraine. Auparavant, en cas de déficit prolongé, les Etats devaient faire appel à l'épargne national, ce qui coûtait plus cher. Aujourd'hui, ce sont les marchés qui financent la dette, à un taux très avantageux. En élargissant le marché de la dette, l'euro a grandement facilité le financement de la dette française. Avant, elle était réduite à la zone franc. Aujourd'hui, avec l'euro, c'est toute la zone euro qui a intérêt à investir dans la dette française. Un emprunt national reviendrait plus cher aujourd'hui qu'emprunter sur les marchés financiers.

 

Ce qui s'est traduit par un accroissement de la dette, un taux d'intérêt faible, et a permis les déficits permanents des différents Etats européens (les USA bénéficiaient déjà de telles conditions). En clair, aux USA, au Royaume Uni, et dans la zone euro, les pays ont mené une politique expansionniste: le crédit et la dépense publique pour stimuler la croissance. Ce qu'ils ne pouvaient pas faire sous Bretton Woods.

 

Aujourd'hui, face à la crise, sont opposées, dans les médias, par les politiciens et les éditorialistes, la relance, et la rigueur. Sauf que nous sommes déjà dans une politique de relance. La politique monétaire est toujours expansionniste, avec des taux bas. La Federal Reserve finance la dette US, de même que la BCE, qui le fait indirectement, en fournissant des liquidités aux banques de la zone euro, et en acceptant de la dette souveraine en contrepartie. Et les déficits budgétaires ont explosé.

 

La politique économique de ces dernières années est donc loin d'avoir été orthodoxe. Elle a consisté en un soutien constant à l'économie, sous la forme du crédit et du déficit budgétaire. D'autre part, la politique de l'après guerre n'était pas si expansionniste. En terme de politique monétaire, elle revenait vers une certaine orthodoxie. Même si le système était bancal, rien ne pouvant réellement obliger les USA à bien gérer leur monnaie.

 

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Présidentielle : le point sur les primaires républicaine aux USA

8 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

L'élection présidentielle suit son cours... aux USA. Les républicains continuent leur primaire. Tous les médias annoncent en France la victoire, facile, de Mitt Romney à ces primaires, face au candidat libertarien Ron Paul.. Voici un article qui explique le fonctionnement des primaires, et que tout n'est pas si simple pour Romney :

Etat de la course : Nombre de délégués et calendrier des prochaines primaires Pour ceux qui veulent comprendre les stratégies électorales, et les débats aux USA.
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Remise en cause du modèle social-démocrate

30 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

  

     En France, les media traitent finalement assez peu de la politique étrangère. Les exemples étrangers sont peu connus. Pourtant, ils seraient riches d'enseignements. Comme celui de la Suède. C'est un pays symbole de l'Etat providence qui s'est profondément réformé. Ce qui signifie que la sociale-démocratie se pose des questions. Et la Suède n'est pas le seul pays européen dans ce cas;

 

    La Suède a connu une grave crise économique au début des années 1990. Pourtant, le pays menait toutes les politiques préconisées pour relancer la croissance. Le déficit budgétaire a dépassé les 10 % du PIB, les dépenses publiques étaient proche de 70 % du PIB. Une crise financière sévissait également, provoqué par un assouplissement des possibilités de crédit afin de relancer l'économie. Toutes les recettes néo-keynésiennes et apparentées.

 

     Depuis, le pays mène une politique de rigueur très stricte. La politique budgétaire est définie sur trois ans, avec un plafond de dépense à ne pas dépasser. S'il y a trop de dépenses une année, il faut faire des économies une autre. La dépense publique est redescendue à 53 % du PIB. Le système de retraite a été totalement refondu. Les retraites dépendent, entre autre, de l'espérance de vie, et de la croissance. Une part de capitalisation a été introduite. Par ailleurs, de nombreux services ont été privatisés : la poste, les transports ferroviaires par exemple. Même le système scolaire privé est développé, par le système inspiré des vouchers de Milton Friedman : les parents ont le choix de l'école, à qui est attribué un financement pour chaque élève. La Suède a d'autre part supprimé la taxe sur les transactions financières qu'elle avait instaurée. Elle a ainsi abordé la crise en situation d'équilibre budgétaire, et pense le rétablir bientôt.

 

     L'évolution de la Suède pose la question du rôle de l'Etat dans l'économie, et de l'interventionnisme en général. Peut-il vraiment stimuler l'activité, par l'expansion du crédit ou la dépense publique ? Y a-t-il un niveau d'interventionnisme qu'il ne faut pas dépasser ? L'idée que la rigueur budgétaire est mauvaise pour la croissance est aussi remise en cause, puisque l'économie suédoise s'est rétablie après ce traitement. Elle est même ressortie plus rapidement de la crise financière.

 

     Cette évolution amène par ricochet des interrogations sur la sociale-démocratie, dont la Suède est un symbole. Les économies socialistes se sont effondrées dans le sillage du Mur de Berlin. Avec la Suède, c'est au tour de la social-démocratie d'être forcée d'évoluer. Jusqu'à quel point devra-t-elle être remise en question?

 

     L'Allemagne, un autre symbole de la sociale-démocratie, avec notamment la cogestion, a également évolué. Par exemple, les caisse d'assurance maladie ont été mises en concurrence. Le Royaume Uni, durant la seconde partie du mandat de Tony Blair, et avec Gordon Brown, était reparti dans une spirale de dépenses. Le Royaume Uni étant un symbole de socialisme, avant Margaret Thatcher. Ce pays dispose toujours d'un système de santé étatisé, financé par l'impôt, et dispense une aide social importante. David Cameron a été élu en promettant d'inverser le mouvement, avec un projet de Big Society, qui est une vaste réforme du système social.

 

     Ce sont les pays qui ont été le plus loin dans la sociale-démocratie ou le socialisme qui se réforment. Le Royaume Uni avait ouvert le bal de la première vague. Il avait reculé. Mais, acculé, il se réforme plus profondément. L'Allemagne et la Suède, deux symboles, se sont également réformés, plus tard, lors d'une sorte de deuxième vague. Il s'agit donc d'une remise en question généralisée du modèle de l'Etat providence. Sans que les objectifs de protection sociale soient abandonnés. C'est le pouvoir de l'Etat dans la conduite de l'économie, et dans la gestion des services publics, qui est remise en question dans ces trois pays.

 

     Le monde vit aujourd'hui plusieurs crises conjuguées. Des crises provoquées par un encouragement au crédit aux USA, au Royaume Uni, en Espagne. Une crise de l'endettement, en France, en Grèce. L'échec du keynésianisme, l'échec de la régulation financière, notamment des accords de Bâle, en vigueur depuis 1988. Des crises qui poussent les Etats pragmatiques à remettre en question la pensée dominante depuis l'après guerre. Cela afin d'atteindre les mêmes objectifs : la croissance et le progrès social.

 

(Sur la Suède, voir aussi L'évolution économique de la Suède)

 

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Index de libéralisation

25 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Un index de libéralisation financière est diffusé sur le net. Il est présenté comme étant élaboré par le FMI. En fait, cet index provient d'un document de travail, intitulé A new database of financial réforms, du département de recherche du FMI. Ce dernier indiquant que ce document ne doit pas être présenté comme reflétant l'opinion du FMI.

 

     Ce document de travail définit 8 critères de libéralisation financière, et les applique à différents pays. La conclusion est que la finance a été totalement libéralisée dans les pays occidentaux, notamment en France. Ces critères peuvent être également considérés comme des critères de dérégulation, l'étude faisant un amalgame dans ses commentaires.

 

     Ces critères seront d'abord présentés, puis ils seront commentés.

 

     Les critères de libéralisation sont donc les suivants. Plus ils sont respectés, plus la finance est libéralisée.

 

     - Le contrôle du crédit et le niveau des réserves. Ce critère dépend, d'une part, du montant que les banques sont obligées de mettre en réderve auprès de la banque centrale. Plus ce montant est faible, plus l'index de libéralisation est élevé.

D'autre part, ce critère dépend du montant de crédit qui serait réservé à un ou plusieurs secteurs, ainsi que du montant des crédits bonifiés (c'est-à-dire subventionnés). Moins il y a d'obligations dans ces deux domaines, plus l'indice de libéralisation est élevé.

 

     - Existence de plafonnement des crédits octroyés par les banques. S'il n'y a pas de plafonnement, c'est un critère de libéralisation.

 

     - Libéralisation des taux d'intérêt. Ce critère regarde si les taux offerts sur les dépôts, ainsi que sur les crédits octroyés par les banques sont libres.

 

     - Entrée dans le secteur bancaire. Ce critère mesure la possibilité pour une nouvelle banque d'entrer sur le marché bancaire d'un pays, qu'elle soit nationale ou étrangère, et si les banques peuvent librement investir de nouveaux domaines (être des banques universelles).

 

     - Les échanges de capitaux. Ce critère dépend de la liberté d'échange des capitaux, à l'intérieur du pays, ainsi qu'avec les autres pays. Il dépend du fait qu'il existe ou non des barrières, ou un taux d'intérêt fixé arbitrairement.

 

      - Privatisations. Il s'agit de regarder si les banques sont privées ou plus ou moins étatisées.

 

     - Le marché obligataire. La libéralisation du marché obligataire, selon le document de travail, dépend, d'abord du fait qu'un tel marché existe. Puis, le critère prend en considération les mesures gouvernementales pour développer ce marché, comme comme des exemptions de taxes. Enfin, le critère prend en compte l'ouverture aux marchés étrangers.

 

     - Supervision du marché bancaire. Ce critère est basé d'abord sur l'application des critères de Bâle. Si ceux-ci sont appliqués, c'est signe de libéralisation.

 

     Ce critère dépend également de l'indépendance des autorités de régulation face au pouvoir. Enfin, ce critère dépend du fait que la supervision couvre toutes les institutions financières, sans exception.

 

     Ces critères appellent plusieurs commentaires. D'abord, en ce qui concerne la méthode. Il y a ainsi une confusion entre libéralisation et dérégulation. Ce qui n'est pas la même chose. Une étude digne de ce nom doit poser les définitions. Le libéralisme, ce sont des règles. L'absence de règles, ce n'est plus une libéralisation. Une étude sur la libéralisation doit donc définir si les principes du libéralisme sont respectés. Ce qui n'est pas le cas ici, ou, de prime abord, il y a une confusion entre dérégulation et libéralisation.

 

     La méthode prête aussi à critique car elle défini des mesures spécifiques, qui déterminent un degré de libéralisation si elles sont appliquées. Cependant, s'il existe d'autres règlements, d'autres politiques, dans le pays étudié, qui vont à l'encontre du libéralisme, cela n'est pas pris en compte. Par exemple, cet index de libéralisation s'intéresse aux prêts bonifiés. Mais il y a d'autres moyens d'orienter les prêts. Ainsi, aux USA, le gouvernement a favorisé les prêts subprime, aux personnes peu solvables, notamment par l'intermédiaire des agences Fannie Mae et Freddy Mac. Ce genre de politique interventionniste n'est pas pris en compte par cet index de libéralisation. Les pays peuvent donc respecter les critères de cet index, mais mettre en œuvre des politiques anti-libérales.

 

     En matière de taux d'intérêt, les carences de cette étude sont également flagrantes. Aujourd'hui, il est vrai qu'il n'y a plus, ou quasiment plus, de taux d'intérêt définis par les Etats pour la rémunérations des dépôts ou des crédits. Mais comment ces taux sont-ils déterminés? Ils dépendent largement des taux des banques centrales, qui sont fixés de manière totalement discrétionnaire. Toute la création monétaire est gérée, de façon discrétionnaire, par les banques centrales. Ce qui n'a pas toujours été le cas (cf Eléments d'histoire contemporaine, sortir des poncifs ). Ce document de travail réussit à traiter des taux d'intérêt sans traiter des banques centrales. 

 

     Une bonne méthode aurait été de définir ce qu'est le libéralisme, puis d'observer si les politiques des différents pays respectent les principes du libéralisme. Il ne s'agit pas de savoir si tel ou tel réglementation est appliquée, mais si l'ensemble de la réglementation respecte les principes.

 

     D'autre part, ce qui est encore plus surprenant, cet index de libéralisation retient également des mesures... interventionnistes! Considérer des incitations fiscales (« tax exemptions » dans le texte ) en faveur du marché obligataire comme un symbole de libéralisation est tout simplement paradoxal. Le critère de développement du marché obligataire considère qu'une politique volontariste de l'Etat en la matière est un indice de libéralisation!

 

     De même, l'application des critères de Bâle est considéré comme un étalon de libéralisation. Ce qui est, là encore, fort surprenant, tant cette réglementation est contraignante. Par exemple, imaginons deux banques, dont l'une prête exclusivement aux entreprises, et l'autre finance uniquement des prêts hypothécaires. Selon les accord de Bâle 1, de 1988, la banque qui prête aux entreprises doit avoir au moins deux fois plus de capitaux propres que celle qui prête à l'immobilier. Ce sont les accords de Bâle 2 qui ont imposé les agences de notation pour mesurer les risques pris par les banques, et donc leurs besoins en capitaux propres. Aujourd'hui, Bâle 3 pose problème car il impose aux banques de posséder de la dette souveraine.

 

     George Kaplan a ainsi montré les effets du ratio de Bâle sur le crédit bancaire aux USA, dans l'article Crédit bancaire aux USA depuis 1973, et Vincent Bénard les implications de ces accords dans la crise financière, dans l'article Comment les accords de Bâle ont créé la crise qu'ils devaient prévenir.

 

     En conclusion, A new database of financials reforms n'est en aucun cas une étude qui discute de la libéralisation de la finance. Ce n'est pas son but. Elle examine l'application d'un certains nombre de mesures, sans se soucier même si ces mesures sont libérales. Le terme d'index de libéralisation est abusif. Il part du postulat que toute l'évolution de la réglementation est libérale, sans aucunement chercher à le démontrer, et en prenant même comme critère de libéralisation des mesures interventionnistes.

 

 

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Dans les coulisses du pouvoir

24 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Voici un article très intéressant sur les coulisses de l'UMP : Dans les coulisses du pouvoir français.

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Présidentielle : population en âge de voter.

23 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Présidentielles 2012

Un internaute sur Facebook a fait un calcul intéressant à partir des résultats du premier tour de l'élection présidentielle, et de l'estimation de la population française de l'INSEE de la population. Ce calcul indique que depuis 2007 la population en âge de voter a augmenté de 4,1 %, mais que le nombre d'inscrits sur les listes électorale a régressé de 0,2 % .

 

Ce qui donne comme résultat que 37 % de la population en âge de voter ne l'a pas fait ou a voté blanc. Ajoutons environ 27% de personnes ayant voté aux extèmes, Le Pen ou Mélenchon. Cela fait plus de 60 % des personnes en âge de voter qui rejetteraient la classe politique, ou ne seraient pas intéressés par elle.

 

 

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Présidentielles 2012, 1er tour

23 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Présidentielles 2012

 

     Les résultats du premier tour des présidentielles 2012 ont donné une belle victoire à Marine Le Pen, qui réussit la succession de son père de main de maître. L'importance de la participation renforce ce score. Elle a fait mentir les sondages, mais n'oublions pas que ces derniers ne sont que des calculs statistiques basés sur le passé. Il était difficile pour eux d'évaluer de nouveaux entrants comme Marine Le Pen ou Mélenchon.

 

     L'électorat de Marine Le Pen est jeune, comme le montre par exemple ce sondage dans le Figaro.fr. Que cette tranche d'âge vote pour elle est un exemple de plus de l'absence de perspective qu'offre les politiciens au pays, et confirme ce qui a été écrit dans un article précédent, L'impasse.

 

     En 2007, Sarkozy a gagné en donnant l'espoir d'un changement, remportant l'adhésion d'une partie des électeurs de Jean-Marie Le Pen. Il a déçu cet espoir.

 

     L'entre-deux tours va montrer si les politiciens tirent des enseignements de ce vote. Mais il y a peu d'espoir. La gauche a pour habitude de ne tenir compte du vote FN que dans la mesure où il affaiblit la droite, et compte dessus pour les législatives. En imposant des triangulaires, Marine Le Pen va en effet mettre les candidats de droite en difficulté, et favoriser ainsi la gauche, qui elle va s'allier avec l'extrême gauche. Quant à la droite, il faudrait qu'elle fasse un mea culpa. Mais il aurait peut-être fallu présenter quelqu'un d'autre que Sarkozy pour, de manière crédible, incarner à nouveau l'espoir. Elle peut reprendre le discours de 2007, mais l'effet n'est pas garanti. Elle va peut-être durcir ce discours.

 

     Si la tendance se confirme, Hollande président, victoire de la gauche aux législatives, la France sera à nouveau un pays de droite gouverné par la gauche.

 

     Soulignons cependant la constance des français. En 2002, ils ont infligé un formidable camouflet à la classe dirigeante, et aux médias par ricochet. En 2007, ils ont choisi le candidat dont ils pouvaient espérer un changement. En 2012, ils réclamaient à nouveau un changement. Peut-être les français ne sont-ils pas si rétifs aux réformes finalement. Il faudrait peu de chose pour que quelqu'un de nouveau, avec un discours différent du discours politique actuel, prenne le pouvoir. Une telle personne pourra-t-elle émerger ?

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Mise au point sur le libéralisme et Hayek

20 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

Des commentaires laissés sur ce blog m'incitent à écrire quelques précisions sur le libéralisme en général, et sur Friedrich August Hayek en particulier.

 

Le libéralisme est généralement caricaturé, comme une doctrine prônant l'absence de règles, laissant le monde se réguler tout seul. Ce qui est complètement faux. Le libéralisme, ce sont des règles, qui sont la déclinaison d'un principe : la liberté, sans nuire à autrui.

 

D'autre part, le libéralisme c'est aussi un système pour faire respecter les règles. Pour beaucoup de libéraux, c'est justement là le rôle de l'Etat. Mais, même ceux qui prônent l'absence d'Etat envisagent un système pour faire respecter le principe libéral.  Absence d'Etat ne signifie pas absence de justice. Il peut y avoir une justice sans Etat.

 

Ensuite, Hayek est souvent présenté comme le parangon de "l'ultra-libéralisme" et de l'absence de règlementation. Sauf que, dans sa grande oeuvre, Droit, Législation et Liberté, il reconnaît pleinement une utilité à l'Etat, puisqu'il cherche à élaborer des principes constitutionnels. En bon libéral, il cherche des protections pour que l'Etat ne devienne pas big brother, et qu'il ne serve pas d'intérêts particuliers.

 

Hayek soutient même des propositions comme le financement de l'éducation par des vouchers, inventé par Milton Friedman. Et pourtant, il est représenté comme un ennemi de toute aide de l'Etat. ( Voir aussi : A propos de l'écologie et du social... ).

 

La raison qui qui a amené à cette caricature d'Hayek, c'est sa permanence dans la critique du keynésianisme et du socialisme. Face aux échecs des politiques de relance, il est redevenu à la mode, dernier survivant des autrichiens historiques. Il a reçu le prix d'économie de la Banque de Suède (dit prix Nobel), Reagan et Thatcher se sont réclamés de lui. Il a donc focalisé les critiques des antilibéraux.

 

Pour conclure, si quelqu'un veut se faire une idée sur le libéralisme, il vaut mieux aller se renseigner du côté des libéraux plutôt que des anti-libéraux. Lire Hayek, par exemple, qui emploie un langage très précis et plutôt accessible, car sa pensée est claire.

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L'impasse

15 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     L'impasse est un film de Brian de Palma, avec Al Pacino dans le rôle principal. Il relate l'histoire d'un caïd de la drogue, qui veut changer de vie, mais qui n'y parviendra pas. L'impasse, c'est aussi ce qui qualifie la vision économique et politique en France.

 

     Les discours, en cette campagne présidentielle, ne présentent aucune perspective. La France ressasse son idéologie en matière économique et politique, sans même y croire. Alors que le monde a rarement présenté autant de perspectives qu'aujourd'hui.

 

     Le renoncement qui caractérise la France est illustré par la proposition d'instauration de quotas en classe préparatoire de l'enseignement supérieur. Le candidat socialiste veut qu'une proportion d'élèves de chaque lycée français intègre une classe préparatoire. L'admission en classe préparatoire ne dépendra ainsi plus des résultats, mais de quotas. Un bon élève pourra être recalé car il n'entrera pas dans les quotas.

 

     Ce système de rationnement est déjà à l’œuvre sous d'autres formes, à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris notamment. Il consiste en une procédure spécifique d'admission pour les élèves des lycées classés en ZEP. Cette politique est appelée "diversité sociale".

 

     Cette politique est un renoncement à l'idéal républicain. Cet idéal est de permettre à chacun d'améliorer son sort, et celui de la génération suivante. Il ne s'agit pas de promettre d'être PDG à tous. Mais de donner une perspective.

 

     Aujourd'hui, l'idée d'offrir à tous les élèves des lycées classés en ZEP un avenir meilleur est abandonnée, remplacée par celle de répartition des postes. Ainsi, il est proposé de faire en sorte qu'un petit nombre d'entre eux soient intégrés dans une école prestigieuse, un cursus favorable. Et de montrer ainsi que la répartition est égalitaire.

 

     Offrir un avenir meilleur suppose une certaine qualité de l'enseignement. Mais aussi des perspectives économiques, des emplois correctement payés. C'est le développement économique qui permet la méritocratie. Le renoncement à l'idéal républicain, dans le discours dominant en France, est le signe que même ceux qui soutiennent ce discours ne croient plus en l'idéal républicain. Ils ne croient plus qu'il soit possible d'offrir des perspectives à tous.

 

     Pourtant, c'est toujours la même politique qui est mise en œuvre, depuis les années 1970. La dépense publique est présentée comme le remède, alors que celle-ci est passé de 36 % du PIB dans les années 50, à 40 % dans les années 60, et a passé le seuil des 50 % dans les années 80. Les politiques de relance sont préconisées, alors qu'elles ont échoué dans les années 1970, 1980 (entraînant un formidable plan de rigueur en France), et que la croissance française se traîne malgré un déficit budgétaire constant depuis les années 1970. Il est même demandé que la Banque Centrale Européenne finance la dépense publique par la création monétaire, ce qu'elle fait déjà d'ailleurs, alors que la création monétaire est à l'origine de la crise (cf Les essentiels sur la crise ).

 

     L'Etat est présenté comme pouvant ramener la croissance pour tous. Or, en France, l'emprise de l'Etat n'a cessé de grandir, sans résultat : réduction du temps de travail, réduction de la population active (par les pré-retraites), réglementation sur l'installation des magasins, subventionnement de l'électricité produite par panneaux solaires ou éolienne, crédits d'impôts en tous genre pour les entreprise et les particuliers, divers avantages au secteur dit culturel, etc.

 

     Les résultats ne sont pas présents, mais la mise en œuvre de cette politique continue, et ses promoteurs ne demandent qu'à l'amplifier. Les problèmes du pays sont mis sur le compte d'ennemis, comme les marchés financiers, alors qu'ils sont si cléments envers la France, offrant des taux d'emprunt très bas, surtout compte tenu de l'inflation, pour un pays surendetté. Les riches, accusés de vouloir fuir le pays et leur devoir de solidarité, alors que la France est un des pays les plus égalitariste au monde. L'ultra-libéralisme, alors que ce terme n'a aucune signification. Mais il faut un ennemi pour justifier les problèmes, et éviter de se remettre en cause.

 

     Pourtant, notre époque offre d'immenses perspectives. Ainsi, jamais la planète ne s'était autant développée. Les chinois, les brésiliens, les russes, les indiens font partie des pays émergents. La pauvreté a reculé de manière phénoménale. Alors que le monde était constitué d'une petite partie, 20 %, qui était développée, et de 80 % sous développée, la proportion évolue favorablement, offrant par ailleurs espoir aux pays qui restent dans le sous-développement.

 

     Tous ces pays qui se développent sont de formidables opportunités pour nos entreprises. Et donc pour l'emploi. Une entreprise, qui végète sur son marché national, a déjà l'Europe comme terrain de développement, et elle a maintenant le monde entier. Ce mouvement étant soutenu par l'OMC et les accords sur les échanges internationaux.

 

     D'autre part, la technologie offre elle aussi des perspectives formidables aujourd'hui. Les technologie de l'information et de la communication ont atteint un point de basculement, qui irrigue toute l'économie. Il est possible aujourd'hui de dicter un message à un petit smartphone, qui l'enverra sous forme écrite. Des applications qui nécessitaient des ordinateurs de la taille d'une armoire tiennent aujourd'hui dans la poche.

 

     Nous sommes entrés dans un nouveau monde, plein de promesses et de perspectives. La technologie permet de diminuer les coûts dans de nombreux domaines, offre des perspectives de nouveaux produits et services. Même dans les produits traditionnels. Grâce à la combinaison de la mondialisation, de la logistique, et de l'internet, la moindre entreprise française peut vendre son produit au bout du monde.

 

     La politique pour profiter de ces perspectives est connue. Elle est symbolisée par le modèle de la Silicon Valley. Un salarié, expérimenté, après 15-20 ans de boîte, crée son entreprise, avec les économies qu'il a accumulé. Il peut être aidé par des business angels, généralement d'ancien chefs d'entreprises qui ont revendu leur affaire, et qui investissent leur argent dans des domaines qu'ils connaissent, ou qui veulent simplement consacrer une partie de leur argent pour donner aux autres la même chance qu'ils ont eu. Parfois, ce sont carrément de jeunes chercheurs qui créent une entreprise, avec l'aide des business angels. Ensuite, l'entreprise se développe, faisant différents appels de fonds, qui intéressent différentes catégories d'investisseurs, jusqu'à l'IPO, l'initial public offering, c'est-à-dire l'entrée sur un marché boursier. D'abord le Nasdaq, généralement.

 

     L'Etat peut favoriser mouvement, par une politique fiscale adaptée, et en ne mettant pas d'entrave à la création de nouvelles activités. Il peut aider les entreprises à se développer, en créant, par exemple, dans les universités, des organisme ad hoc, qui proposerait des conseils aux entreprises à potentiel, en matière de financement, de nouveaux marchés. Mais des services en partie payant, pour impliquer les entreprises.

 

     Ce processus de création et de développement d'entreprises, qui favorise l'emploi, porte un nom : le capitalisme.

 

     Le discours dominant en France est donc un discours de renoncement à l'idéal républicain. C'est un discours qui ne voit aucune perspective pour la population, même en appliquant sa politique. Alors ce discours propose une logique de rationnement, pour répartir les places. Cela alors même qu'une autre politique est possible que celle menée sans succès en France depuis les années 1970. Mais cette autre politique est rejetée, par pure idéologie, car c'est le capitalisme. A la place, la même politique est menée depuis les années 1970, sans même aucun espoir. Une impasse.

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Découvrez La Chaîne de l'Institut Coppet

31 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

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