Analyse Libérale

Articles récents

Dans les coulisses du pouvoir

24 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Voici un article très intéressant sur les coulisses de l'UMP : Dans les coulisses du pouvoir français.

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Présidentielle : population en âge de voter.

23 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Présidentielles 2012

Un internaute sur Facebook a fait un calcul intéressant à partir des résultats du premier tour de l'élection présidentielle, et de l'estimation de la population française de l'INSEE de la population. Ce calcul indique que depuis 2007 la population en âge de voter a augmenté de 4,1 %, mais que le nombre d'inscrits sur les listes électorale a régressé de 0,2 % .

 

Ce qui donne comme résultat que 37 % de la population en âge de voter ne l'a pas fait ou a voté blanc. Ajoutons environ 27% de personnes ayant voté aux extèmes, Le Pen ou Mélenchon. Cela fait plus de 60 % des personnes en âge de voter qui rejetteraient la classe politique, ou ne seraient pas intéressés par elle.

 

 

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Présidentielles 2012, 1er tour

23 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Présidentielles 2012

 

     Les résultats du premier tour des présidentielles 2012 ont donné une belle victoire à Marine Le Pen, qui réussit la succession de son père de main de maître. L'importance de la participation renforce ce score. Elle a fait mentir les sondages, mais n'oublions pas que ces derniers ne sont que des calculs statistiques basés sur le passé. Il était difficile pour eux d'évaluer de nouveaux entrants comme Marine Le Pen ou Mélenchon.

 

     L'électorat de Marine Le Pen est jeune, comme le montre par exemple ce sondage dans le Figaro.fr. Que cette tranche d'âge vote pour elle est un exemple de plus de l'absence de perspective qu'offre les politiciens au pays, et confirme ce qui a été écrit dans un article précédent, L'impasse.

 

     En 2007, Sarkozy a gagné en donnant l'espoir d'un changement, remportant l'adhésion d'une partie des électeurs de Jean-Marie Le Pen. Il a déçu cet espoir.

 

     L'entre-deux tours va montrer si les politiciens tirent des enseignements de ce vote. Mais il y a peu d'espoir. La gauche a pour habitude de ne tenir compte du vote FN que dans la mesure où il affaiblit la droite, et compte dessus pour les législatives. En imposant des triangulaires, Marine Le Pen va en effet mettre les candidats de droite en difficulté, et favoriser ainsi la gauche, qui elle va s'allier avec l'extrême gauche. Quant à la droite, il faudrait qu'elle fasse un mea culpa. Mais il aurait peut-être fallu présenter quelqu'un d'autre que Sarkozy pour, de manière crédible, incarner à nouveau l'espoir. Elle peut reprendre le discours de 2007, mais l'effet n'est pas garanti. Elle va peut-être durcir ce discours.

 

     Si la tendance se confirme, Hollande président, victoire de la gauche aux législatives, la France sera à nouveau un pays de droite gouverné par la gauche.

 

     Soulignons cependant la constance des français. En 2002, ils ont infligé un formidable camouflet à la classe dirigeante, et aux médias par ricochet. En 2007, ils ont choisi le candidat dont ils pouvaient espérer un changement. En 2012, ils réclamaient à nouveau un changement. Peut-être les français ne sont-ils pas si rétifs aux réformes finalement. Il faudrait peu de chose pour que quelqu'un de nouveau, avec un discours différent du discours politique actuel, prenne le pouvoir. Une telle personne pourra-t-elle émerger ?

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Mise au point sur le libéralisme et Hayek

20 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

Des commentaires laissés sur ce blog m'incitent à écrire quelques précisions sur le libéralisme en général, et sur Friedrich August Hayek en particulier.

 

Le libéralisme est généralement caricaturé, comme une doctrine prônant l'absence de règles, laissant le monde se réguler tout seul. Ce qui est complètement faux. Le libéralisme, ce sont des règles, qui sont la déclinaison d'un principe : la liberté, sans nuire à autrui.

 

D'autre part, le libéralisme c'est aussi un système pour faire respecter les règles. Pour beaucoup de libéraux, c'est justement là le rôle de l'Etat. Mais, même ceux qui prônent l'absence d'Etat envisagent un système pour faire respecter le principe libéral.  Absence d'Etat ne signifie pas absence de justice. Il peut y avoir une justice sans Etat.

 

Ensuite, Hayek est souvent présenté comme le parangon de "l'ultra-libéralisme" et de l'absence de règlementation. Sauf que, dans sa grande oeuvre, Droit, Législation et Liberté, il reconnaît pleinement une utilité à l'Etat, puisqu'il cherche à élaborer des principes constitutionnels. En bon libéral, il cherche des protections pour que l'Etat ne devienne pas big brother, et qu'il ne serve pas d'intérêts particuliers.

 

Hayek soutient même des propositions comme le financement de l'éducation par des vouchers, inventé par Milton Friedman. Et pourtant, il est représenté comme un ennemi de toute aide de l'Etat. ( Voir aussi : A propos de l'écologie et du social... ).

 

La raison qui qui a amené à cette caricature d'Hayek, c'est sa permanence dans la critique du keynésianisme et du socialisme. Face aux échecs des politiques de relance, il est redevenu à la mode, dernier survivant des autrichiens historiques. Il a reçu le prix d'économie de la Banque de Suède (dit prix Nobel), Reagan et Thatcher se sont réclamés de lui. Il a donc focalisé les critiques des antilibéraux.

 

Pour conclure, si quelqu'un veut se faire une idée sur le libéralisme, il vaut mieux aller se renseigner du côté des libéraux plutôt que des anti-libéraux. Lire Hayek, par exemple, qui emploie un langage très précis et plutôt accessible, car sa pensée est claire.

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L'impasse

15 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     L'impasse est un film de Brian de Palma, avec Al Pacino dans le rôle principal. Il relate l'histoire d'un caïd de la drogue, qui veut changer de vie, mais qui n'y parviendra pas. L'impasse, c'est aussi ce qui qualifie la vision économique et politique en France.

 

     Les discours, en cette campagne présidentielle, ne présentent aucune perspective. La France ressasse son idéologie en matière économique et politique, sans même y croire. Alors que le monde a rarement présenté autant de perspectives qu'aujourd'hui.

 

     Le renoncement qui caractérise la France est illustré par la proposition d'instauration de quotas en classe préparatoire de l'enseignement supérieur. Le candidat socialiste veut qu'une proportion d'élèves de chaque lycée français intègre une classe préparatoire. L'admission en classe préparatoire ne dépendra ainsi plus des résultats, mais de quotas. Un bon élève pourra être recalé car il n'entrera pas dans les quotas.

 

     Ce système de rationnement est déjà à l’œuvre sous d'autres formes, à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris notamment. Il consiste en une procédure spécifique d'admission pour les élèves des lycées classés en ZEP. Cette politique est appelée "diversité sociale".

 

     Cette politique est un renoncement à l'idéal républicain. Cet idéal est de permettre à chacun d'améliorer son sort, et celui de la génération suivante. Il ne s'agit pas de promettre d'être PDG à tous. Mais de donner une perspective.

 

     Aujourd'hui, l'idée d'offrir à tous les élèves des lycées classés en ZEP un avenir meilleur est abandonnée, remplacée par celle de répartition des postes. Ainsi, il est proposé de faire en sorte qu'un petit nombre d'entre eux soient intégrés dans une école prestigieuse, un cursus favorable. Et de montrer ainsi que la répartition est égalitaire.

 

     Offrir un avenir meilleur suppose une certaine qualité de l'enseignement. Mais aussi des perspectives économiques, des emplois correctement payés. C'est le développement économique qui permet la méritocratie. Le renoncement à l'idéal républicain, dans le discours dominant en France, est le signe que même ceux qui soutiennent ce discours ne croient plus en l'idéal républicain. Ils ne croient plus qu'il soit possible d'offrir des perspectives à tous.

 

     Pourtant, c'est toujours la même politique qui est mise en œuvre, depuis les années 1970. La dépense publique est présentée comme le remède, alors que celle-ci est passé de 36 % du PIB dans les années 50, à 40 % dans les années 60, et a passé le seuil des 50 % dans les années 80. Les politiques de relance sont préconisées, alors qu'elles ont échoué dans les années 1970, 1980 (entraînant un formidable plan de rigueur en France), et que la croissance française se traîne malgré un déficit budgétaire constant depuis les années 1970. Il est même demandé que la Banque Centrale Européenne finance la dépense publique par la création monétaire, ce qu'elle fait déjà d'ailleurs, alors que la création monétaire est à l'origine de la crise (cf Les essentiels sur la crise ).

 

     L'Etat est présenté comme pouvant ramener la croissance pour tous. Or, en France, l'emprise de l'Etat n'a cessé de grandir, sans résultat : réduction du temps de travail, réduction de la population active (par les pré-retraites), réglementation sur l'installation des magasins, subventionnement de l'électricité produite par panneaux solaires ou éolienne, crédits d'impôts en tous genre pour les entreprise et les particuliers, divers avantages au secteur dit culturel, etc.

 

     Les résultats ne sont pas présents, mais la mise en œuvre de cette politique continue, et ses promoteurs ne demandent qu'à l'amplifier. Les problèmes du pays sont mis sur le compte d'ennemis, comme les marchés financiers, alors qu'ils sont si cléments envers la France, offrant des taux d'emprunt très bas, surtout compte tenu de l'inflation, pour un pays surendetté. Les riches, accusés de vouloir fuir le pays et leur devoir de solidarité, alors que la France est un des pays les plus égalitariste au monde. L'ultra-libéralisme, alors que ce terme n'a aucune signification. Mais il faut un ennemi pour justifier les problèmes, et éviter de se remettre en cause.

 

     Pourtant, notre époque offre d'immenses perspectives. Ainsi, jamais la planète ne s'était autant développée. Les chinois, les brésiliens, les russes, les indiens font partie des pays émergents. La pauvreté a reculé de manière phénoménale. Alors que le monde était constitué d'une petite partie, 20 %, qui était développée, et de 80 % sous développée, la proportion évolue favorablement, offrant par ailleurs espoir aux pays qui restent dans le sous-développement.

 

     Tous ces pays qui se développent sont de formidables opportunités pour nos entreprises. Et donc pour l'emploi. Une entreprise, qui végète sur son marché national, a déjà l'Europe comme terrain de développement, et elle a maintenant le monde entier. Ce mouvement étant soutenu par l'OMC et les accords sur les échanges internationaux.

 

     D'autre part, la technologie offre elle aussi des perspectives formidables aujourd'hui. Les technologie de l'information et de la communication ont atteint un point de basculement, qui irrigue toute l'économie. Il est possible aujourd'hui de dicter un message à un petit smartphone, qui l'enverra sous forme écrite. Des applications qui nécessitaient des ordinateurs de la taille d'une armoire tiennent aujourd'hui dans la poche.

 

     Nous sommes entrés dans un nouveau monde, plein de promesses et de perspectives. La technologie permet de diminuer les coûts dans de nombreux domaines, offre des perspectives de nouveaux produits et services. Même dans les produits traditionnels. Grâce à la combinaison de la mondialisation, de la logistique, et de l'internet, la moindre entreprise française peut vendre son produit au bout du monde.

 

     La politique pour profiter de ces perspectives est connue. Elle est symbolisée par le modèle de la Silicon Valley. Un salarié, expérimenté, après 15-20 ans de boîte, crée son entreprise, avec les économies qu'il a accumulé. Il peut être aidé par des business angels, généralement d'ancien chefs d'entreprises qui ont revendu leur affaire, et qui investissent leur argent dans des domaines qu'ils connaissent, ou qui veulent simplement consacrer une partie de leur argent pour donner aux autres la même chance qu'ils ont eu. Parfois, ce sont carrément de jeunes chercheurs qui créent une entreprise, avec l'aide des business angels. Ensuite, l'entreprise se développe, faisant différents appels de fonds, qui intéressent différentes catégories d'investisseurs, jusqu'à l'IPO, l'initial public offering, c'est-à-dire l'entrée sur un marché boursier. D'abord le Nasdaq, généralement.

 

     L'Etat peut favoriser mouvement, par une politique fiscale adaptée, et en ne mettant pas d'entrave à la création de nouvelles activités. Il peut aider les entreprises à se développer, en créant, par exemple, dans les universités, des organisme ad hoc, qui proposerait des conseils aux entreprises à potentiel, en matière de financement, de nouveaux marchés. Mais des services en partie payant, pour impliquer les entreprises.

 

     Ce processus de création et de développement d'entreprises, qui favorise l'emploi, porte un nom : le capitalisme.

 

     Le discours dominant en France est donc un discours de renoncement à l'idéal républicain. C'est un discours qui ne voit aucune perspective pour la population, même en appliquant sa politique. Alors ce discours propose une logique de rationnement, pour répartir les places. Cela alors même qu'une autre politique est possible que celle menée sans succès en France depuis les années 1970. Mais cette autre politique est rejetée, par pure idéologie, car c'est le capitalisme. A la place, la même politique est menée depuis les années 1970, sans même aucun espoir. Une impasse.

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31 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

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Revue du web : inégalités et chômage aux USA, et Lacordaire.

31 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Les inégalités sont un sujet centrale en France. La politique de relance par la création monétaire est parfois vue comme un moyen d'augmenter l'emploi et donc de diminuer ces inégaliotés. Voici un article qui démontre au contraire qu'une croissance provoquée par le crédit augmente les inégalités : Inégalités et crises financières

 

Les chiffres du chômage sont objet de débat. Voici un article qui montre que le chômage ne baisse pas forcément aux USA actuellement. L'intérêt de cet article est une comparaison de la méthode de calcul officielle et d'une méthode alternative sur une période 1995-2012. Les deux méthode étaient bien corrélées alors, même si la méthode alternative donnait un taux de chômage plus élevé. Mais aujourd'hui, les courbes sont totalement décorrélées. Le chômage en baisse aux États-Unis ?

 

Une citation de Lacordaire est souvent utilisée pour critiquer le libéralisme : « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit. » Voici l'origine de cette citation:  Pour en finir avec la célèbre citation de Lacordaire 

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Hayek, 20ème anniversaire

24 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

Le 23 mars 1992 disparaissait à Fribourg Friedrich August Hayek. Cela fait donc vingt ans cette année. L'occasion d'un hommage à ce brillant esprit.

 

Hayek est une figure du vingtième siècle. Il est né le 8 mai 1899, à Vienne. Il a étudié et commencé sa carrière à Vienne, grand foyer intellectuel de l'Europe. Puis, dans les années trente, il est parti à Londres. Il a rencontré en Angleterre un autre brillant esprit, en pleine ascension, John Meynard Keynes. Hayek fut le plus vif pourfendeur des théories de Keynes. Ce qui n'empêchait pas les deux hommes de s'apprécier. Après la deuxième guerre mondiale, Hayek alla à Chicago, où il croisa notamment Milton Friedman, encore une autre figure intellectuelle du siècle. Il fut également fondateur de la Société du Mont Pélerin, qui rassemblait des économistes libéraux de différents pays.

 

Le prix d'économie de la Banque de Suède, dit "prix Nobel", qu'il reçut en 1974 permit à Hayek de se retrouver au goût du jour. La crise et les échecs des politiques keynésiennes avaient relancé l'intérêt pour d'autres courants de l'économie, et donc pour l'auteur qui n'avait jamais dévié de sa ligne contre Keynes. C'est ainsi que Ronald Reagan et Margaret Thatcher se réclamèrent, en partie, de Hayek. Au crépuscule de sa vie, Hayek fut sans doute plus célèbre qu'il ne l'avait jamais été.

 

Le principal combat d'Hayek fut la défense de la liberté. L'ouvrage qui, à sa grande surprise, lui a d'abord permis d'élargir sa renommée fut La route de la servitude, qui dénonçait les effets liberticides des théories socialistes. Cet ouvrage fut publié en 1944, à contre courant de tout ce qui sortait sur le sujet à l'époque, alors que beaucoup regardait avec intérêt les "expériences"socialistes". Son grand ouvrage furent les trois tomes de Droit, Législation et Liberté, qui sont une réflexion sur l'organisation d'une société qui garantirait la liberté de chacun.

 

Bien qu'il soit connu comme économiste, Hayek a proportionnellement peu écrit dans ce domaine stricto sensu. Son spectre de connaissance était très large. Il avait hésité entre l'économie et la psychologie. Comme tout théoricien de l'école autrichienne, sa réflexion en économie est imbriqué dans une réflexion plus large sur la société, à l'image de la praxéologie de celui dont il suivit l'enseignement, Ludwig von Mises.

 

Friedrich Auguste Hayek a donc été au cœur des thèmes qui ont dominé le vingtième siècle, dans sa critique de Keynes, et dans sa lutte contre tout totalitarisme. Dans un monde toujours en crise, la pertinence de son enseignement est plus que jamais d'actualité.

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Keynésianisme et libéralisme, comparaison.

17 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     Les économistes étudient habituellement l'économie dans le but d'avancer des politiques pour en améliorer le fonctionnement. Les propositions qui sont faites peuvent être classées en deux catégories.

 

     Soit, il s'agit de stimuler l'économie par la dépense, par des grands travaux, par des allocations, en favorisant le crédit, etc. Ou encore, en intervenant plus directement, pour construire de nouveaux secteurs économiques, comme la transformation écologique de l'économie.

 

     Soit, ce sont des mesures dites libérales, qui visent à développer un cadre favorisant la liberté de chacun, dans le respect de règles de droit, et de laisser la vie économique se structurer d'elle même.

 

     Dans le premier cas, il faut stimuler l'économie, ou même construire des secteurs entiers. La dynamique de l'économie est donc externe. Dans le second, la dynamique est interne.

 

     La question du choix d'une politique économique, et même la question centrale de la différence entre les théories économiques, repose donc sur la question de la dynamique. Qu'est-ce qui est le moteur de l'économie, qu'est-ce ce qui fait bouger l'économie, qu'est-ce qui la fait évoluer?

 

     Sera comparée ici la dynamique de l'économie telle qu'elle vue selon les deux grands courants de la science économie, le libéralisme et le keynésianisme. Chaque courant sera présenté, d'abord le libéralisme, puis le keynésianisme. Enfin, sera comparée la cohérence de ces deux conceptions de l'économie.

 

1.Le libéralisme

     La théorie libérale moderne est notamment basée sur la théorie subjective de la valeur. Elle a été définie par Carl Menger, en 1871, mais en même temps, et de manière indépendante, par Léon Walras et Stanley Jevons. Cette approche subjective de la valeur représente une évolution par rapport au courant classique, incarné notamment par David Ricardo, qui était basé sur la valeur travail. A partir de la valeur subjective, les travaux Carl Menger ont posé les bases de ce qui est aujourd'hui l'école autrichienne, avec un auteur comme Ludwig von Mises qui a perpétué cette approche. Tandis que s'est développée, toujours à partir de l'approche subjective, le courant néoclassique, à travers notamment Alfred Marshall.

 

     Selon la théorie subjective, le prix d'un produit, ou service, dépend de la valeur que lui accorde l'acheteur. Il n'y a pas de valeur objective, mesurée par exemple par une quantité de travail intégré au produit.

 

     Selon Ludwig von Mises, la théorie subjective de la valeur transforme l'étude de l'économie. Il écrit que l'économie subjectiviste moderne « a transformé la théorie des prix de marché en une théorie générale du choix humain. » (L'action humaine) Ainsi, l'économie est intégrée dans un champ plus large, qui est l'étude de l'agir humain, appelée praxéologie. L'économie en elle-même est appelée catallaxie, approximativement la science des échanges.

 

     L'économie dépend donc de l'action de chacun. Les gens agissent, font des choix, en fonction des fins totalement personnelles qu'ils se fixent. Ce qui les conduit à mettre en œuvre des moyens. Concrètement, quelqu'un qui veut s'acheter une maison va, par exemple, proposer sur le marché ce qu'il sait faire : une compétence, un service, un produit, etc. Il échangera contre une marchandise intermédiaire, qui permet de conserver la valeur: la monnaie. Au final, il réussira, ou ne réussira pas, à s'acheter une maison.

 

     Le moteur de l'économie, c'est l'initiative de chacun. En fonction de ses buts, chacun échange. Ce qui est appelé production en valeur n'est que la somme des prix de transaction. La croissance est l'augmentation des échanges. La création de valeur est la création de nouveaux produits ou services, inventés dans le but d'échanger, et par des gens motivés par des buts personnels: achat d'une maison, offrir les études des enfants, réaliser un rêve, etc.

 

2.Le keynésianisme

     Pour être précis, il y a deux types de théories interventionnistes: celles de type communiste, et celles de type keynésien. Cependant, le communisme ne traite pas de la dynamique de l'économie. Il stipule que le profit vient de l'exploitation des travailleurs. Il prévoit l'inéluctabilité de la révolution prolétarienne, sans préciser ce que serait concrètement le monde post-révolutionnaire. Il faut reconnaître que même les propositions proches du communisme sont largement mâtinées de keynésianisme. Par exemple, Europe Ecologie est très interventionniste. Mais, des élections régionales de 2009, son programme proposait de faire financer par la création monétaire le secteur associatif, pour relancer l'économie. Une politique inspirée du keynésianisme.

 

     Le terme keynésianisme peut prêter à débat. En effet, par rapport à Keynes, ceux qui s'en réclament ont évolué. Est-ce que Keynes aurait approuvé cette évolution? Nul ne peut le savoir. Mais Keynes a donné son nom à une vision de l'économie, qui a évolué après lui, en prenant pour bases ses écrits.

 

     La base de la théorie de Keynes est la réfutation de la loi des débouchés de Jean-Baptiste Say (Traité d'économie politique 1841). Dans sa Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), Keynes écrit:

 

     « Depuis J.B. Say et Ricardo les économistes classiques ont cru que l'offre crée sa propre demande, ce qui veut dire en un certain sens évocateur mais non clairement défini que la totalité des coûts de production doit nécessairement, dans la communauté entière, être dépensée directement ou indirectement pour l'achat de sa production. »

 

     (Il est utile de préciser ici que Keynes ne distingue pas les classiques et les néoclassiques. Il englobe les deux courants sous le terme de classiques.)

 

     Dans la Théorie générale, Keynes critique donc cette idée que l'offre crée la demande. Au contraire, c'est, selon lui, la demande qui crée l'offre. Selon Keynes les économistes classiques et néoclassiques considèrent que l'argent investi fait tourner l'économie, point sur lequel il est en accord, et que tout argent gagné est soit dépensé en consommation, soit investi. Point sur lequel il est en désaccord.

 

     Selon Keynes, c'est le fait de dépenser qui stimule l'activité. Or, plus quelqu'un gagne de l'argent, plus il a tendance à le thésauriser, c'est-à-dire à le garder, sans l'utiliser pour sa consommation, ni l'investir non plus. Par conséquent, il faut stimuler l'économie par la dépense publique. De préférence par l'investissement public. L'argent investit provoquera des achat de biens de production, ce qui encouragera l'investissement dans ce domaine. L'investissement provoque une distribution de revenus, qui provoque une augmentation des investissements, qui provoque une augmentation des revenus, etc. C'est le principe du multiplicateur. L'investissement public provoque d'autres dépenses d'investissement et de consommation. Une aide à la consommation a également un effet multiplicateur, mais moins important.

 

     Il y a une ambiguïté dans les écrits de Keynes. Sa critique de J.B. Say laisse à penser qu'il raisonne uniquement en termes de circulation de monnaie: le stimulus provient de l'injection de monnaie. Une relation donc mécanique, mathématique. Or, Keynes n'était pas favorable à la mathématisation de ses théories. Sa théorie était aussi basée sur des facteurs psychologiques. Le fait que la demande augmente entraîne de l'optimisme chez les producteurs, qui vont investir et donc entraîner l'économie. Les développements de la théorie keynésienne se sont orientés vers une relation mécanique.

 

3. Cohérence du libéralisme et du keynésianisme.

      L'explication libérale de l'économie apparaît très cohérente. Elle explique ce qu'est l'économie, et l'intègre dans les actions des gens. Elle donne une vision de la dynamique qui fait évoluer l'économie.

 

     Par contre, la cohérence du keynésianisme est problématique. Selon Keynes, l'analyse du libéralisme est que l'offre crée la demande. Il se place donc dans le même type de raisonnement en déclarant qu'au contraire, c'est la demande qui crée l'offre. Cependant, son interprétation du libéralisme est très personnelle.

 

     En effet, ni Jean-Baptiste Say, ni Ricardo, n'ont considéré que l'offre créait la demande. Dans son Traité d'économie politique, Jean-Baptiste Say écrit que les produits s'échangent contre des produits. De même, Keynes cite John Stuart Mills à l'appui de ses propos, alors que ce dernier, dans la citation reprise par Keynes, écrit que « les moyens de paiement des marchandises sont des marchandises elles-mêmes. »

 

     Ces deux économistes, Jean-Baptiste Say et John Stuart Mills ont vécu avant la définition de la théorie subjective de la valeur. Mais celle-ci ne fait que compléter leurs théories. Leurs propos s’intègrent parfaitement dans les développements du libéralisme qui leur ont succédé. Les produits, et services car Say traitent déjà de ceux-ci, s'échangent contre des produits signifie simplement que chacun propose quelque chose sur un marché pour l'échanger contre autre chose. La monnaie n'étant qu'un bien intermédiaire, car celui qui est intéressé par le produit vendu n'a pas forcément le produit que souhaite le vendeur. Il faut donc un produit intermédiaire, accepté par tous, pour fluidifier les échanges.

 

     Contrairement à ce que prétend Keynes, il n'y a pas chez les libéraux l'idée que les dépenses en coût de production stimulent l'économie. Ce ne sont pas les dépenses de production qui stimulent l'économie selon les libéraux. C'est le fait que les gens proposent des produits ou des services en échange d'autres produits ou de services. Ce n'est ni l'offre ni la demande qui stimule l'économie.

 

     Par conséquent, en déclarant que la circulation monétaire stimule l'économie, Keynes rompt complètement avec le libéralisme. De plus, même s'il intègre des facteurs psychologiques, sa description du libéralisme, et de sa théorie, est celle d'un circuit monétaire. En rupture avec le libéralisme.

 

     Cette rupture avec le libéralisme signifie qu'il n'y a plus de fondement à la théorie keynésienne. En effet, Keynes décrit le libéralisme comme un cas particulier de sa théorie. Et il part du libéralisme pour asseoir celle-ci. Cependant, son interprétation du libéralisme est erronée. Donc, sa théorie n'a aucun fondement. De même pour ceux qui ont prolongé ses théories, et qui demandent aujourd'hui une relance par la création monétaire.

 

Conclusion

     Les théories issues du keynésianisme ne s'appuient donc pas sur une base solide, contrairement au libéralisme. Les théories de relance par la dépense n'ont aucune base théorique.

 

    Cependant, les débats en économie ne vont pas jusqu'à ce niveau de réflexion.

 

     Et c'est peut-être là le problème. Les débats portent sur ce qu'il faut faire pour relancer la croissance, sans s'interroger sur ce ce qu'est l'économie. Il faudrait revenir à ce niveau de réflexion pour définir ensuite une politique économique.

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Le livre de blog: La crise avec des mots simples.

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La loi Rothschild

12 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un remarquable article sur loi " Rothshild", qui empêcherait le Trésor d'emprunter auprès de la Banque de France:

Idées reçues sur la loi du 3 janvier 1973, dite « loi Rothschild »

Toujours en dehors des édias traditionnels, bien sûr!

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