Analyse Libérale

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Relance salariale en Allemagne... Grâce à l'austérité!

19 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

Voici, dans un article de 20 Minutes, le résultat de l'austérité en Allemagne : une augmentation de salaire! (Les métallos allemands décrochent la fin de l'austérité salariale) En Choisissant le pragmatisme, et, surtout, l'économie de marché, les allemands ont fait des efforts, ils ont réparé les erreurs, et, aujourd'hui, alors que l'Europe se sert la ceinture, ils en récoltent les fruits. Il est donc compréhensible qu'ils aient quelque réticence à financer la gabegie de l'Europe. D'autre part, on ne peut pas les accuser de pratiquer une politique d'austérité : les salaires augmentent! Ou, plutôt, voilà où même l'austérité : à l'injection de liquidité dans l'économie, sans dépense publique. La vraie relance.

 

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Les élections en Rhénanie du Nord Westphalie

15 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #L'Allemagne et la France

 

Les dernières élections régionales en Allemagne, en rhénanie Westphalie, sont vues comme une défaite de la CDU, le partie d'Angela Merkel. Sont-elles pour autant une victoire de partis soutenant une politique de relance? Rien n'est moins sûr.

 

Le Centre d'Information et de Documentation sur l'Allemagne (CIDAL) donne les chiffres de cette élection. Le SPD, les socio-démocrates, ont obtenu 39,1% des voix, en progression de 4,6 points par rapport aux précédentes élections. Mais les écologistes, a priori alliés de gauche du SPD, obtiennent 11,3%, en baisse de 0,8 points.

 

La CDU, les chrétiens démocrates, le parti d'Angela Merkel, a obtenu 26,3% des voix. Il perd 8,3 points. Par contre, le FDP, le parti libéral, allié de la CDU au gouvernement, obtient 8,6%, en hausse de 1,9 point.

 

Le plus grand gagnant de cette élection est le parti Pirate, qui obtient 7,8%, en hausse de 6,2 point.

 

Tandis que la gauche radicale, euphémisme pour extrême gauche, le pari Die Link, ne franchit pas la barre de 5% des voix pour obtenir des sièges.

 

Il y a donc un refus de l'extrême gauche, un maintien des libéraux, une percée du parti pirate, une progression des socio-démocrates, et une baisse des chrétiens démocrates.

 

Il est difficile pour un français, issu d'un pays centralisateur, de comprendre des élections régionales. Il y a une part de l'interprétation propre à la situation politique du land, et qui n'est pas extrapolable au pays.

 

Cependant, il est significatif que les électeurs du land ne se soient pas tournés vers l'extrême gauche, les mélenchonistes locaux. Ils refusent le populisme. Le vote Pirate indique une protestation, difficile à classer. Certains vont prétendre qu'il s'agit d'une poussée de la gauche, d'autres de l'anarco-libéralisme. Cela ressemble en tout cas à un fort vote de protestation. La progression du FDP est attribué au charisme du cadidat. Cela montre en tout cas que, dans cet état industriel, réputé très touché par la crise, il n'y a pas de rejet du libéralisme.

 

La CDU a donc perdu, mais le SPD n'a pas forcément gagné. Et la relance encore moins. Car les socio-démocrates allemands n'ont pas forcément les mêmes idées de relance que les socialistes français. Surtout si les français demandent aux allemands de financer la relance de l'Europe. C'est le SPD qui a lancé l'agenda 2010, le plan d'économie et de relance par la compétitivité, il ne faut pas l'oublier. Et la configuration électorale ne risque pas de les faire changer d'avis. Sans compter qu'Angela Merkel reste populaire au niveau national.

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L'austérité, fille de la relance.

13 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     L'austérité est présentée comme une politique qui fait souffrir inutilement les populations, déjà touchées par la crise. Elle est accusée de ralentir l'économie, et ainsi d'approfondir la crise. A contrario, une politique de relance, comprise comme une injection de liquidités dans l'économie, serait plus "sociale". Cette politique créerait de l'emploi, et elle permettrait de rembourser l'endettement, car elle créerait de la croissance. Elle éviterait de diminuer la dépense publique, ce qui demande des efforts à la population.

 

     Cependant, la réalité contredit obstinément cette vision des choses depuis quarante ans. En effet, les politiques de relance n'ont jamais donné les résultats espérés, elles ont toujours provoqué l'austérité, et le problème est plus de gérer les conséquences des politiques de relance.

 

     Dès les premiers signes de ralentissement de l'expansion d'après guerre, des politiques de relance ont été engagées. La France a connu des relances sous Giscard dans les années 1970, et sous Mitterrand en 1981. Ces politiques n'ont pas relancé l'économie.

 

     Elles ont toutes provoqué la rigueur. dans les années 1970, il était question de "stop and go" : des politiques expansionnistes suivies de la rigueur pour rétablir les comptes. En France, la relance de 1981 a été suivie d'un formidable plan de rigueur.

 

    Aujourd'hui encore, une crise suit la politique expansionniste menée par les pays occidentaux (cf Monnaie et finances : de l'orthodoxie à l'expansionnisme ). C'est parce que les pays européens étaient en déficits, alors même qu'ils étaient en croissance, qu'ils sont en difficulté aujourd'hui. Ce qui n'empêche pas un pays comme la France de mener actuellement une politique de relance. Tous les pays européens mènent une politique de relance : déficit budgétaire, taux d'intérêt bas, et, même, financement indirect de la dette par la BCE! Tous les leviers de la relance sont actionnés.

 

     La relance par l'injection de liquidités dans l'économie ne paraît donc pas si "sociale" que le prétendent ses thuriféraires. Au contraire, elle apparaît comme créatrice de crise, et c'est plutôt la politique dite d'austérité, assumée et bien organisée, qui peut améliorer la vie des populations. La relance apparaît comme une fuite en avant, et plus les pays iront dans cette direction, plus la facture sera lourde pour la population. Souvenons nous de 1981.

 

     La relance n'est pas une solution. L'austérité n'est pas une fin en soi. Il convient de réfléchir à un fonctionnement meilleur de l'économie. Et voilà donc que les propositions de réformes structurelles font leur retour. Ces propositions réapparaissent à chaque crise, remettant en question la pensée dominante axée sur la relance. L'expansionnisme monétaire a permis de les éluder ces dernières années. Mais la réalité est têtue.

 

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Monnaie, relance, économie

12 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Monnaie

 

     L'opinion courante considère que c'est la demande qui tire l'économie. Keynes a théorisé cette opinion, mais elle paraît naturelle à beaucoup, sans qu'il soit besoin de se pencher sur la théorisation (qui n'est pas convaincante d'ailleurs comme cela est décrit dans l'article Keynésianisme et libéralisme, comparaison ). La relance se traduit par une politique monétaire accommodante, ou de la dépense publique. C'est la monnaie qui prête à confusion. Il paraît naturel de considérer que la monnaie donne du pouvoir d'achat, qu'elle est une richesse. Car c'est avec la monnaie que nous payons ce que nous désirons.

 

     La confusion est d'autant plus grande que la monnaie a longtemps été une marchandise comme une autre, qui était utilisée dans l'échange : l'or, ou l'argent. Posséder de la monnaie, à l'époque, c'était posséder un bien de valeur. Une richesse donc.

 

     Pour comprendre le fonctionnement de l'économie, il est utile de faire abstraction de la monnaie. De décrire d'abord une économie sans monnaie, puis le passage à la monnaie. Cependant, une économie sans monnaie n'est pas une économie sans moyen d'échange indirect. Incidemment, cette méthode permet de comprendre ce que doit être la monnaie.

 

     Pour schématiser le fonctionnement de l'économie, imaginons donc un échange entre trois personnages, A, B, et C. Le personnage A, madame Alphonsine, par exemple, rend un service au personnage B, madame Berthe. En échange, madame Berthe signe une déclaration de dette à madame Alphonsine : moi soussignée madame Berthe doit un service à madame Alphonsine.

 

     Madame Alphonsine, qui a besoin d'un service, fait appel au personnage C, madame Colette. En échange, madame Alphonsine remet à madame Colette la reconnaissance de dette de madame Berthe. Nous sommes dans une communauté où tous se font confiance. Madame Alphonsine ne doit donc rien à madame Colette.

 

     Enfin, madame Colette a besoin d'un service que peut lui rendre madame Berthe. Elle va donc voir celle-ci, qui lui rend ce service. En échange, madame Colette lui remet sa propre reconnaissance de dette. Reconnaissance de dette qui donc est annulée.

 

     Il y na donc eu production, puisque trois services ont été réalisés. Il y a eu échange, il y a eu paiement. Au final, il n'y a pas de monnaie. Pourtant, la production est réelle : trois services. La monnaie n'est pas non plus à l'origine de la production.

 

     Introduisons maintenant la monnaie. Tout le monde ne se connaît pas dans la communauté, qui est par ailleurs très nombreuse. Un organisme va certifier les reconnaissances de dette. Ainsi, madame Alphonsine va porter la reconnaissance de dette de madame Berthe à cet organisme. Elle reçoit en échange l'équivalent en... monnaie! Elle échange avec madame Colette cette monnaie contre un service. Madame Colette fait de même avec madame Berthe. Qui va ensuite rembourser sa dette à l'organisme de certification.

 

     Ce processus n'est pas utopique. C'est l'escompte. Les comptoirs d'escompte ont compté parmi les premières grandes banques. Les entreprises venaient escompter les traites reçues de leurs clients, et recevaient en échange de la monnaie. Aujourd'hui existe l'affacturage : des sociétés rachètent des factures contre de la monnaie. La méthode de l'escompte s'est aussi simplifiée : une banque va accorder directement un crédit à une entreprise au vu de son volume de factures en attente d'être payées.

 

     Nous voyons là le rôle de la monnaie crédit (par opposition à la monnaie marchandise, comme l'est par exemple une pièce d'or) : à la fois étalon de mesure de la valeur, et instrument d'échange. Et nous voyons aussi qu'au final, la monnaie disparaît, au terme de son parcours. C'est là ce que devrait vraiment être la monnaie crédit.

 

     Bien entendu, si un Etat crée de la monnaie et la distribue, il va stimuler l'activité. Observons ce qui se produit dans ce cas. Imaginons que l'Etat décide de créer de la monnaie, et de mener une politique de grands travaux, pour relancer l'économie. Supposons qu'il y ait suffisamment de main d’œuvre inemployée et suffisamment qualifiée pour mener ces grands travaux. Les travaux diffusent donc de la monnaie en salaires. Supposons qu'il y ait suffisamment de main d’œuvre inemployée et qualifiée pour que les fournisseurs puissent vendre les produits et services nécessaires aux grands travaux. Faisons la même hypothèse pour les produits et services qu'achèteront les nouveaux embauchés avec leurs salaires. C'est-à-dire qu'il n'y a pas d'inflation exagérée. Il y a là beaucoup d'hypothèses. Mais ce ne sont que celles du keynésianisme.

 

     L'activité économique va augmenter. Les nouveaux salariés vont consommer, acheter voitures, maisons, séjours en hôtel, etc. Tout une chaîne économique va se mettre en place.

 

     Problème, si l'Etat cesse la création monétaire, que se passe-t-il? Tout l'édifice s'effondre. Car tout provient de la création initiale. L'économie devrait se reconstruire. La stimulation initiale produirait l'effet inverse. L'arrêt des grands travaux entraîne la baisse de la consommation, et une réaction en chaîne inverse de la réaction initiale.

 

     Mais, si l'Etat continue la création monétaire, que se passe-t-il? L'activité augmente jusqu'à saturation. Quand l'activité ne peut plus augmenter, faute de main d’œuvre, ce sont les prix qui augmentent. Pas forcément uniformément. Ce peut être les prix de l'immobilier, les prix à la consommation, les marchés financiers. Il faut un déversoir pour toute la monnaie créée.

 

     Certains préconisent une durée de vie limitée pour la monnaie. Au bout d'un an, par exemple, elle perdrait sa valeur. Ce qui ne changerait rien. Les gens se rueraient sur des produits dont ils penseraient que la valeur perdurerait. Il y aurait sans doute un surcroît d'inflation des produits d'épargne, ou de l'immobilier.

 

     Changeons un peu d'hypothèse, et imaginons que l'Etat ne fasse pas de grands travaux, mais qu'il favorise la création monétaire à travers les banques. Par exemple, les taux d'intérêt sont décidés par une banque centrale. Celle-ci les maintient à un niveau très bas. Deux organismes publics rachètent aux banques les prêts hypothécaires accordés aux particuliers, même des prêts accordés à des personnes peu solvables. L'Etat obligeant d'ailleurs les banques à faire crédit à des gens peu solvables.

 

     Que provoque cette politique? Indubitablement, une croissance économique. La croissance de l'immobilier dope le secteur de la construction. Le prix des maisons augmente. Ce qui dope la consommation, car il est possible de contracter de nouveaux prêts hypothécaires, grâce à l'augmentation de la valeur de la maison. Les taux étant bas, le crédit à la consommation est très accessible également.

 

     La banque centrale, qui contrôle la création de monnaie, via essentiellement les taux d'intérêt, s'inquiète. Les prix de l'immobilier sont si élevé que les transactions stagnent. Une bulle s'est indéniablement formée dans ce secteur. Elle augmente donc les taux d'intérêt pour dégonfler la bulle. Ce qui provoque la baisse des prix de l'immobilier. Mais aussi la baisse de la consommation. D'autant plus que les particuliers ont souscrit des prêts à taux variables pour acquérir leurs maisons. Leurs remboursements augmentent, diminuant leur consommation. Sachant par ailleurs que leur épargne est quasi nulle, tellement le crédit était encouragé. L'économie entre donc en récession. C'est là la description de la crise actuelle aux USA. L'Europe subit les répercussion de cette crise, comme elle a bénéficié des effets de la croissance US. Mais l'Europe a aussi vécu à crédit, même si c'était à une moins grande échelle.

 

     Imaginons maintenant que l'Etat intervienne sans création monétaire. Il dépense simplement les montants qu'il a prélevés sur les revenus des citoyens. Il y a deux sortes de dépenses étatiques. Ce peut être des investissement collectifs. Certains investissements doivent être faits en commun. Les citoyens peuvent se rassembler pour construire des routes, des centrales électriques, etc. Si ces dépenses sont librement consenties par les citoyens, elles ne diffèrent pas du schéma originel de l'échange.

 

     Par contre, l'Etat peut aussi faire des dépenses pour satisfaire des électeurs, des intérêts clientélistes. Telle ligne de TGV est construite grâce au lobbying d'une région, et elle s'arrête dans le village dont le ministre des transports est le maire. L'Etat prend des revenus aux citoyens, pour les distribuer selon des intérêts électoralistes, et privés.

 

     Ce qui crée un nouvel état d'esprit. Les gens vont chercher à attirer cette manne de l'Etat. Comportement au demeurant tout à fait rationnel, et qui n'est pas blâmable : il s'agit de s'adapter à la politique du pays. Evidemment, toute l'économie est chamboulée. L'Etat cherche à prélever un maximum de pouvoir d'achat, en faisant croire à chacun qu'il perçoit plus qu'il ne donne. Mais le mécanisme de l'échange est perturbé. Il y a beaucoup de perdants. Le système est profondément injuste. Et il n'est plus efficient.

 

     Conceptuellement, une question se pose dans cette situation : comment mesurer la production? Nous avons vu au début de ce texte qu'une économie sans monnaie était productive. Mais, les dépenses de l'Etat, quand elles sont clientélistes, sont-elles productives? Par exemple, quand une société de travaux publique reçoit un chantier, uniquement grâce à son entregent auprès de l'Etat, chantier qui ne satisfera qu'un ministre, comment mesurer la production? Sachant que la production vient de l'échange, alors qu'il s'agit là de prendre du pouvoir d'achat aux citoyens pour la satisfaction d'un ministre? Ou quand l'Etat subventionne des emplois, tels des emplois jeunes? Une dépense monétaire n'engendre pas forcément une production économique.

 

     La monnaie ne représente pas forcément la production. Elle n'est certes pas à l'origine de la croissance économique. C'est l'échange librement consenti qui est à l'origine de la croissance. La création monétaire crée une croissance suivie d'une crise. Et la dépense publique doit être encadrée, sous peine de détruire le fonctionnement de l'économie, et de favoriser le copinage.

 

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Un voyage Privé vers la Lune en 2017?

11 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

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Monnaie et finances : de l'orthodoxie à l'expansionnisme

8 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

L'histoire économique est souvent simplifiée, et schématisée. Ainsi, la période de l'après deuxième guerre mondiale est généralement présentée comme l'application réussie des théories keynésiennes, suivie du retour à l'orthodoxie dans les années 1980. Pourtant, la réalité est bien différente. Le sujet a déjà été évoqué dans l'article Eléments d'histoire économique contemporaine: sortir des poncifs . Il sera ici question du caractère expansionniste de la politique monétaire.

 

L'histoire "officielle" explique qu'après la seconde guerre mondiale, une politique expansionniste a été menée, selon les principes du keynésianisme. Que les Etats pouvaient gérer leur monnaie comme ils le souhaitaient, une dévaluation permettant de relancer l'économie. Et personne ne se souciait de l'inflation, ni des déficits budgétaires. A contrario, la crise des années 1970 a remis à l'honneur les politiques orthodoxes. C'est-à-dire que les objectifs sont la lutte contre l'inflation, et la rigueur budgétaire, les déficits devant être résorbés.

 

Cependant, en réalité, contrairement à ce qui est généralement laissé entendre, les politiques monétaires et budgétaires n'ont jamais été aussi expansionnistes, en Europe, que depuis l'avènement de l'euro, et aux USA, depuis depuis l'arrivée d'Alan Greenspan à la tête de la Federal Reserve, la banque centrale US.

 

La période de l'après guerre est placée sous les auspices des accords de Bretton Woods. Keynes a dû plier face aux USA. C'est une vision orthodoxe de la monnaie qui s'impose. Le dollar est le nouvel étalon monétaire. Il devient la seule monnaie convertible en or. Les autres monnaies sont valorisées par rapport au dollar. Il s'agit donc d'un système d'étalon or indirect.

 

Concrètement, cela signifie que la Banque de France, par exemple, doit toujours détenir suffisamment de dollars pour payer les échanges extérieurs. Le système contraint donc la création monétaire. Car trop de création monétaire pourrait entraîner trop d'importation et donc trop de dépenses en dollars (cf Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire) pour comprendre la création monétaire). Le gouvernement ne pouvait donc pas utiliser le crédit pour relancer l'économie. Le financement même de la dépense publique n'était pas aussi simple qu'aujourd'hui.

 

En 1971, le président Nixon suspend la convertibilité du dollar en or. Les USA n'étaient plus capable d'assurer cette convertibilité. Trop de dollars ont été créés, par rapport à l'or détenu. La monnaie avait été mal gérée. Une période de flottement s'instaure. D'un côté, la libre cotation des monnaies s'impose. D'un autre, les européens n'ont de cesse de créer un mécanisme de change fixe, qui sera d'abord le serpent monétaire. Ce qui débouchera sur l'euro.

 

Dans les années 1970 et 1980, le problème qui s'impose aux autorités monétaires est l'inflation des prix à la consommation. Il sera donc mis en œuvre des politiques de lutte contre cette inflation, par Paul Volcker notamment, quand il était président de la Federal Reserve. Mais, ensuite, quand le risque inflationniste s'éloigne, la politique expansionniste prend ses quartiers.

 

Cette politique est permise par la fin de l'étalon or. Les banques centrales peuvent autoriser la création monétaire sans limite. Et elles ne s'en privent pas. La Fed a ainsi soutenu l'économie US, tandis que le gouvernement fédéral encourageait le crédit aux plus pauvres.

 

En Europe, la Bank of England a également encouragé le crédit. Et même la BCE, la banque centrale européenne. Officiellement, cette dernière a un objectif d'inflation. Et elle n'avait pas à prendre de mesures particulière car l'inflation était globalement sous contrôle, sauf dans certains pays de la zone. Cependant, si elle avait vraiment voulu mettre en ouvre un objectif d'inflation, elle aurait limité l'accroissement de la masse monétaire, conformément aux principes du monétarisme, ou de la théorie quantitative de la monnaie. Une fois que l'inflation se déclare, il est trop tard. Or, la BCE n'a pas appliqué les théories dites orthodoxe du monétarisme, laissant la masse monétaire s'accroître sans contrôle. Elle a validé la politique expansionniste.

 

L'euro a également facilité le financement de la dette souveraine. Auparavant, en cas de déficit prolongé, les Etats devaient faire appel à l'épargne national, ce qui coûtait plus cher. Aujourd'hui, ce sont les marchés qui financent la dette, à un taux très avantageux. En élargissant le marché de la dette, l'euro a grandement facilité le financement de la dette française. Avant, elle était réduite à la zone franc. Aujourd'hui, avec l'euro, c'est toute la zone euro qui a intérêt à investir dans la dette française. Un emprunt national reviendrait plus cher aujourd'hui qu'emprunter sur les marchés financiers.

 

Ce qui s'est traduit par un accroissement de la dette, un taux d'intérêt faible, et a permis les déficits permanents des différents Etats européens (les USA bénéficiaient déjà de telles conditions). En clair, aux USA, au Royaume Uni, et dans la zone euro, les pays ont mené une politique expansionniste: le crédit et la dépense publique pour stimuler la croissance. Ce qu'ils ne pouvaient pas faire sous Bretton Woods.

 

Aujourd'hui, face à la crise, sont opposées, dans les médias, par les politiciens et les éditorialistes, la relance, et la rigueur. Sauf que nous sommes déjà dans une politique de relance. La politique monétaire est toujours expansionniste, avec des taux bas. La Federal Reserve finance la dette US, de même que la BCE, qui le fait indirectement, en fournissant des liquidités aux banques de la zone euro, et en acceptant de la dette souveraine en contrepartie. Et les déficits budgétaires ont explosé.

 

La politique économique de ces dernières années est donc loin d'avoir été orthodoxe. Elle a consisté en un soutien constant à l'économie, sous la forme du crédit et du déficit budgétaire. D'autre part, la politique de l'après guerre n'était pas si expansionniste. En terme de politique monétaire, elle revenait vers une certaine orthodoxie. Même si le système était bancal, rien ne pouvant réellement obliger les USA à bien gérer leur monnaie.

 

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Présidentielle : le point sur les primaires républicaine aux USA

8 Mai 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

L'élection présidentielle suit son cours... aux USA. Les républicains continuent leur primaire. Tous les médias annoncent en France la victoire, facile, de Mitt Romney à ces primaires, face au candidat libertarien Ron Paul.. Voici un article qui explique le fonctionnement des primaires, et que tout n'est pas si simple pour Romney :

Etat de la course : Nombre de délégués et calendrier des prochaines primaires Pour ceux qui veulent comprendre les stratégies électorales, et les débats aux USA.
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Remise en cause du modèle social-démocrate

30 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

  

     En France, les media traitent finalement assez peu de la politique étrangère. Les exemples étrangers sont peu connus. Pourtant, ils seraient riches d'enseignements. Comme celui de la Suède. C'est un pays symbole de l'Etat providence qui s'est profondément réformé. Ce qui signifie que la sociale-démocratie se pose des questions. Et la Suède n'est pas le seul pays européen dans ce cas;

 

    La Suède a connu une grave crise économique au début des années 1990. Pourtant, le pays menait toutes les politiques préconisées pour relancer la croissance. Le déficit budgétaire a dépassé les 10 % du PIB, les dépenses publiques étaient proche de 70 % du PIB. Une crise financière sévissait également, provoqué par un assouplissement des possibilités de crédit afin de relancer l'économie. Toutes les recettes néo-keynésiennes et apparentées.

 

     Depuis, le pays mène une politique de rigueur très stricte. La politique budgétaire est définie sur trois ans, avec un plafond de dépense à ne pas dépasser. S'il y a trop de dépenses une année, il faut faire des économies une autre. La dépense publique est redescendue à 53 % du PIB. Le système de retraite a été totalement refondu. Les retraites dépendent, entre autre, de l'espérance de vie, et de la croissance. Une part de capitalisation a été introduite. Par ailleurs, de nombreux services ont été privatisés : la poste, les transports ferroviaires par exemple. Même le système scolaire privé est développé, par le système inspiré des vouchers de Milton Friedman : les parents ont le choix de l'école, à qui est attribué un financement pour chaque élève. La Suède a d'autre part supprimé la taxe sur les transactions financières qu'elle avait instaurée. Elle a ainsi abordé la crise en situation d'équilibre budgétaire, et pense le rétablir bientôt.

 

     L'évolution de la Suède pose la question du rôle de l'Etat dans l'économie, et de l'interventionnisme en général. Peut-il vraiment stimuler l'activité, par l'expansion du crédit ou la dépense publique ? Y a-t-il un niveau d'interventionnisme qu'il ne faut pas dépasser ? L'idée que la rigueur budgétaire est mauvaise pour la croissance est aussi remise en cause, puisque l'économie suédoise s'est rétablie après ce traitement. Elle est même ressortie plus rapidement de la crise financière.

 

     Cette évolution amène par ricochet des interrogations sur la sociale-démocratie, dont la Suède est un symbole. Les économies socialistes se sont effondrées dans le sillage du Mur de Berlin. Avec la Suède, c'est au tour de la social-démocratie d'être forcée d'évoluer. Jusqu'à quel point devra-t-elle être remise en question?

 

     L'Allemagne, un autre symbole de la sociale-démocratie, avec notamment la cogestion, a également évolué. Par exemple, les caisse d'assurance maladie ont été mises en concurrence. Le Royaume Uni, durant la seconde partie du mandat de Tony Blair, et avec Gordon Brown, était reparti dans une spirale de dépenses. Le Royaume Uni étant un symbole de socialisme, avant Margaret Thatcher. Ce pays dispose toujours d'un système de santé étatisé, financé par l'impôt, et dispense une aide social importante. David Cameron a été élu en promettant d'inverser le mouvement, avec un projet de Big Society, qui est une vaste réforme du système social.

 

     Ce sont les pays qui ont été le plus loin dans la sociale-démocratie ou le socialisme qui se réforment. Le Royaume Uni avait ouvert le bal de la première vague. Il avait reculé. Mais, acculé, il se réforme plus profondément. L'Allemagne et la Suède, deux symboles, se sont également réformés, plus tard, lors d'une sorte de deuxième vague. Il s'agit donc d'une remise en question généralisée du modèle de l'Etat providence. Sans que les objectifs de protection sociale soient abandonnés. C'est le pouvoir de l'Etat dans la conduite de l'économie, et dans la gestion des services publics, qui est remise en question dans ces trois pays.

 

     Le monde vit aujourd'hui plusieurs crises conjuguées. Des crises provoquées par un encouragement au crédit aux USA, au Royaume Uni, en Espagne. Une crise de l'endettement, en France, en Grèce. L'échec du keynésianisme, l'échec de la régulation financière, notamment des accords de Bâle, en vigueur depuis 1988. Des crises qui poussent les Etats pragmatiques à remettre en question la pensée dominante depuis l'après guerre. Cela afin d'atteindre les mêmes objectifs : la croissance et le progrès social.

 

(Sur la Suède, voir aussi L'évolution économique de la Suède)

 

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Index de libéralisation

25 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Un index de libéralisation financière est diffusé sur le net. Il est présenté comme étant élaboré par le FMI. En fait, cet index provient d'un document de travail, intitulé A new database of financial réforms, du département de recherche du FMI. Ce dernier indiquant que ce document ne doit pas être présenté comme reflétant l'opinion du FMI.

 

     Ce document de travail définit 8 critères de libéralisation financière, et les applique à différents pays. La conclusion est que la finance a été totalement libéralisée dans les pays occidentaux, notamment en France. Ces critères peuvent être également considérés comme des critères de dérégulation, l'étude faisant un amalgame dans ses commentaires.

 

     Ces critères seront d'abord présentés, puis ils seront commentés.

 

     Les critères de libéralisation sont donc les suivants. Plus ils sont respectés, plus la finance est libéralisée.

 

     - Le contrôle du crédit et le niveau des réserves. Ce critère dépend, d'une part, du montant que les banques sont obligées de mettre en réderve auprès de la banque centrale. Plus ce montant est faible, plus l'index de libéralisation est élevé.

D'autre part, ce critère dépend du montant de crédit qui serait réservé à un ou plusieurs secteurs, ainsi que du montant des crédits bonifiés (c'est-à-dire subventionnés). Moins il y a d'obligations dans ces deux domaines, plus l'indice de libéralisation est élevé.

 

     - Existence de plafonnement des crédits octroyés par les banques. S'il n'y a pas de plafonnement, c'est un critère de libéralisation.

 

     - Libéralisation des taux d'intérêt. Ce critère regarde si les taux offerts sur les dépôts, ainsi que sur les crédits octroyés par les banques sont libres.

 

     - Entrée dans le secteur bancaire. Ce critère mesure la possibilité pour une nouvelle banque d'entrer sur le marché bancaire d'un pays, qu'elle soit nationale ou étrangère, et si les banques peuvent librement investir de nouveaux domaines (être des banques universelles).

 

     - Les échanges de capitaux. Ce critère dépend de la liberté d'échange des capitaux, à l'intérieur du pays, ainsi qu'avec les autres pays. Il dépend du fait qu'il existe ou non des barrières, ou un taux d'intérêt fixé arbitrairement.

 

      - Privatisations. Il s'agit de regarder si les banques sont privées ou plus ou moins étatisées.

 

     - Le marché obligataire. La libéralisation du marché obligataire, selon le document de travail, dépend, d'abord du fait qu'un tel marché existe. Puis, le critère prend en considération les mesures gouvernementales pour développer ce marché, comme comme des exemptions de taxes. Enfin, le critère prend en compte l'ouverture aux marchés étrangers.

 

     - Supervision du marché bancaire. Ce critère est basé d'abord sur l'application des critères de Bâle. Si ceux-ci sont appliqués, c'est signe de libéralisation.

 

     Ce critère dépend également de l'indépendance des autorités de régulation face au pouvoir. Enfin, ce critère dépend du fait que la supervision couvre toutes les institutions financières, sans exception.

 

     Ces critères appellent plusieurs commentaires. D'abord, en ce qui concerne la méthode. Il y a ainsi une confusion entre libéralisation et dérégulation. Ce qui n'est pas la même chose. Une étude digne de ce nom doit poser les définitions. Le libéralisme, ce sont des règles. L'absence de règles, ce n'est plus une libéralisation. Une étude sur la libéralisation doit donc définir si les principes du libéralisme sont respectés. Ce qui n'est pas le cas ici, ou, de prime abord, il y a une confusion entre dérégulation et libéralisation.

 

     La méthode prête aussi à critique car elle défini des mesures spécifiques, qui déterminent un degré de libéralisation si elles sont appliquées. Cependant, s'il existe d'autres règlements, d'autres politiques, dans le pays étudié, qui vont à l'encontre du libéralisme, cela n'est pas pris en compte. Par exemple, cet index de libéralisation s'intéresse aux prêts bonifiés. Mais il y a d'autres moyens d'orienter les prêts. Ainsi, aux USA, le gouvernement a favorisé les prêts subprime, aux personnes peu solvables, notamment par l'intermédiaire des agences Fannie Mae et Freddy Mac. Ce genre de politique interventionniste n'est pas pris en compte par cet index de libéralisation. Les pays peuvent donc respecter les critères de cet index, mais mettre en œuvre des politiques anti-libérales.

 

     En matière de taux d'intérêt, les carences de cette étude sont également flagrantes. Aujourd'hui, il est vrai qu'il n'y a plus, ou quasiment plus, de taux d'intérêt définis par les Etats pour la rémunérations des dépôts ou des crédits. Mais comment ces taux sont-ils déterminés? Ils dépendent largement des taux des banques centrales, qui sont fixés de manière totalement discrétionnaire. Toute la création monétaire est gérée, de façon discrétionnaire, par les banques centrales. Ce qui n'a pas toujours été le cas (cf Eléments d'histoire contemporaine, sortir des poncifs ). Ce document de travail réussit à traiter des taux d'intérêt sans traiter des banques centrales. 

 

     Une bonne méthode aurait été de définir ce qu'est le libéralisme, puis d'observer si les politiques des différents pays respectent les principes du libéralisme. Il ne s'agit pas de savoir si tel ou tel réglementation est appliquée, mais si l'ensemble de la réglementation respecte les principes.

 

     D'autre part, ce qui est encore plus surprenant, cet index de libéralisation retient également des mesures... interventionnistes! Considérer des incitations fiscales (« tax exemptions » dans le texte ) en faveur du marché obligataire comme un symbole de libéralisation est tout simplement paradoxal. Le critère de développement du marché obligataire considère qu'une politique volontariste de l'Etat en la matière est un indice de libéralisation!

 

     De même, l'application des critères de Bâle est considéré comme un étalon de libéralisation. Ce qui est, là encore, fort surprenant, tant cette réglementation est contraignante. Par exemple, imaginons deux banques, dont l'une prête exclusivement aux entreprises, et l'autre finance uniquement des prêts hypothécaires. Selon les accord de Bâle 1, de 1988, la banque qui prête aux entreprises doit avoir au moins deux fois plus de capitaux propres que celle qui prête à l'immobilier. Ce sont les accords de Bâle 2 qui ont imposé les agences de notation pour mesurer les risques pris par les banques, et donc leurs besoins en capitaux propres. Aujourd'hui, Bâle 3 pose problème car il impose aux banques de posséder de la dette souveraine.

 

     George Kaplan a ainsi montré les effets du ratio de Bâle sur le crédit bancaire aux USA, dans l'article Crédit bancaire aux USA depuis 1973, et Vincent Bénard les implications de ces accords dans la crise financière, dans l'article Comment les accords de Bâle ont créé la crise qu'ils devaient prévenir.

 

     En conclusion, A new database of financials reforms n'est en aucun cas une étude qui discute de la libéralisation de la finance. Ce n'est pas son but. Elle examine l'application d'un certains nombre de mesures, sans se soucier même si ces mesures sont libérales. Le terme d'index de libéralisation est abusif. Il part du postulat que toute l'évolution de la réglementation est libérale, sans aucunement chercher à le démontrer, et en prenant même comme critère de libéralisation des mesures interventionnistes.

 

 

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Dans les coulisses du pouvoir

24 Avril 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Voici un article très intéressant sur les coulisses de l'UMP : Dans les coulisses du pouvoir français.

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