Analyse Libérale

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Revue du web : inégalités et chômage aux USA, et Lacordaire.

31 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Les inégalités sont un sujet centrale en France. La politique de relance par la création monétaire est parfois vue comme un moyen d'augmenter l'emploi et donc de diminuer ces inégaliotés. Voici un article qui démontre au contraire qu'une croissance provoquée par le crédit augmente les inégalités : Inégalités et crises financières

 

Les chiffres du chômage sont objet de débat. Voici un article qui montre que le chômage ne baisse pas forcément aux USA actuellement. L'intérêt de cet article est une comparaison de la méthode de calcul officielle et d'une méthode alternative sur une période 1995-2012. Les deux méthode étaient bien corrélées alors, même si la méthode alternative donnait un taux de chômage plus élevé. Mais aujourd'hui, les courbes sont totalement décorrélées. Le chômage en baisse aux États-Unis ?

 

Une citation de Lacordaire est souvent utilisée pour critiquer le libéralisme : « entre le fort et le faible, entre le riche et le pauvre, entre le maître et le serviteur, c’est la liberté qui opprime, et la loi qui affranchit. » Voici l'origine de cette citation:  Pour en finir avec la célèbre citation de Lacordaire 

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Hayek, 20ème anniversaire

24 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

Le 23 mars 1992 disparaissait à Fribourg Friedrich August Hayek. Cela fait donc vingt ans cette année. L'occasion d'un hommage à ce brillant esprit.

 

Hayek est une figure du vingtième siècle. Il est né le 8 mai 1899, à Vienne. Il a étudié et commencé sa carrière à Vienne, grand foyer intellectuel de l'Europe. Puis, dans les années trente, il est parti à Londres. Il a rencontré en Angleterre un autre brillant esprit, en pleine ascension, John Meynard Keynes. Hayek fut le plus vif pourfendeur des théories de Keynes. Ce qui n'empêchait pas les deux hommes de s'apprécier. Après la deuxième guerre mondiale, Hayek alla à Chicago, où il croisa notamment Milton Friedman, encore une autre figure intellectuelle du siècle. Il fut également fondateur de la Société du Mont Pélerin, qui rassemblait des économistes libéraux de différents pays.

 

Le prix d'économie de la Banque de Suède, dit "prix Nobel", qu'il reçut en 1974 permit à Hayek de se retrouver au goût du jour. La crise et les échecs des politiques keynésiennes avaient relancé l'intérêt pour d'autres courants de l'économie, et donc pour l'auteur qui n'avait jamais dévié de sa ligne contre Keynes. C'est ainsi que Ronald Reagan et Margaret Thatcher se réclamèrent, en partie, de Hayek. Au crépuscule de sa vie, Hayek fut sans doute plus célèbre qu'il ne l'avait jamais été.

 

Le principal combat d'Hayek fut la défense de la liberté. L'ouvrage qui, à sa grande surprise, lui a d'abord permis d'élargir sa renommée fut La route de la servitude, qui dénonçait les effets liberticides des théories socialistes. Cet ouvrage fut publié en 1944, à contre courant de tout ce qui sortait sur le sujet à l'époque, alors que beaucoup regardait avec intérêt les "expériences"socialistes". Son grand ouvrage furent les trois tomes de Droit, Législation et Liberté, qui sont une réflexion sur l'organisation d'une société qui garantirait la liberté de chacun.

 

Bien qu'il soit connu comme économiste, Hayek a proportionnellement peu écrit dans ce domaine stricto sensu. Son spectre de connaissance était très large. Il avait hésité entre l'économie et la psychologie. Comme tout théoricien de l'école autrichienne, sa réflexion en économie est imbriqué dans une réflexion plus large sur la société, à l'image de la praxéologie de celui dont il suivit l'enseignement, Ludwig von Mises.

 

Friedrich Auguste Hayek a donc été au cœur des thèmes qui ont dominé le vingtième siècle, dans sa critique de Keynes, et dans sa lutte contre tout totalitarisme. Dans un monde toujours en crise, la pertinence de son enseignement est plus que jamais d'actualité.

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Keynésianisme et libéralisme, comparaison.

17 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     Les économistes étudient habituellement l'économie dans le but d'avancer des politiques pour en améliorer le fonctionnement. Les propositions qui sont faites peuvent être classées en deux catégories.

 

     Soit, il s'agit de stimuler l'économie par la dépense, par des grands travaux, par des allocations, en favorisant le crédit, etc. Ou encore, en intervenant plus directement, pour construire de nouveaux secteurs économiques, comme la transformation écologique de l'économie.

 

     Soit, ce sont des mesures dites libérales, qui visent à développer un cadre favorisant la liberté de chacun, dans le respect de règles de droit, et de laisser la vie économique se structurer d'elle même.

 

     Dans le premier cas, il faut stimuler l'économie, ou même construire des secteurs entiers. La dynamique de l'économie est donc externe. Dans le second, la dynamique est interne.

 

     La question du choix d'une politique économique, et même la question centrale de la différence entre les théories économiques, repose donc sur la question de la dynamique. Qu'est-ce qui est le moteur de l'économie, qu'est-ce ce qui fait bouger l'économie, qu'est-ce qui la fait évoluer?

 

     Sera comparée ici la dynamique de l'économie telle qu'elle vue selon les deux grands courants de la science économie, le libéralisme et le keynésianisme. Chaque courant sera présenté, d'abord le libéralisme, puis le keynésianisme. Enfin, sera comparée la cohérence de ces deux conceptions de l'économie.

 

1.Le libéralisme

     La théorie libérale moderne est notamment basée sur la théorie subjective de la valeur. Elle a été définie par Carl Menger, en 1871, mais en même temps, et de manière indépendante, par Léon Walras et Stanley Jevons. Cette approche subjective de la valeur représente une évolution par rapport au courant classique, incarné notamment par David Ricardo, qui était basé sur la valeur travail. A partir de la valeur subjective, les travaux Carl Menger ont posé les bases de ce qui est aujourd'hui l'école autrichienne, avec un auteur comme Ludwig von Mises qui a perpétué cette approche. Tandis que s'est développée, toujours à partir de l'approche subjective, le courant néoclassique, à travers notamment Alfred Marshall.

 

     Selon la théorie subjective, le prix d'un produit, ou service, dépend de la valeur que lui accorde l'acheteur. Il n'y a pas de valeur objective, mesurée par exemple par une quantité de travail intégré au produit.

 

     Selon Ludwig von Mises, la théorie subjective de la valeur transforme l'étude de l'économie. Il écrit que l'économie subjectiviste moderne « a transformé la théorie des prix de marché en une théorie générale du choix humain. » (L'action humaine) Ainsi, l'économie est intégrée dans un champ plus large, qui est l'étude de l'agir humain, appelée praxéologie. L'économie en elle-même est appelée catallaxie, approximativement la science des échanges.

 

     L'économie dépend donc de l'action de chacun. Les gens agissent, font des choix, en fonction des fins totalement personnelles qu'ils se fixent. Ce qui les conduit à mettre en œuvre des moyens. Concrètement, quelqu'un qui veut s'acheter une maison va, par exemple, proposer sur le marché ce qu'il sait faire : une compétence, un service, un produit, etc. Il échangera contre une marchandise intermédiaire, qui permet de conserver la valeur: la monnaie. Au final, il réussira, ou ne réussira pas, à s'acheter une maison.

 

     Le moteur de l'économie, c'est l'initiative de chacun. En fonction de ses buts, chacun échange. Ce qui est appelé production en valeur n'est que la somme des prix de transaction. La croissance est l'augmentation des échanges. La création de valeur est la création de nouveaux produits ou services, inventés dans le but d'échanger, et par des gens motivés par des buts personnels: achat d'une maison, offrir les études des enfants, réaliser un rêve, etc.

 

2.Le keynésianisme

     Pour être précis, il y a deux types de théories interventionnistes: celles de type communiste, et celles de type keynésien. Cependant, le communisme ne traite pas de la dynamique de l'économie. Il stipule que le profit vient de l'exploitation des travailleurs. Il prévoit l'inéluctabilité de la révolution prolétarienne, sans préciser ce que serait concrètement le monde post-révolutionnaire. Il faut reconnaître que même les propositions proches du communisme sont largement mâtinées de keynésianisme. Par exemple, Europe Ecologie est très interventionniste. Mais, des élections régionales de 2009, son programme proposait de faire financer par la création monétaire le secteur associatif, pour relancer l'économie. Une politique inspirée du keynésianisme.

 

     Le terme keynésianisme peut prêter à débat. En effet, par rapport à Keynes, ceux qui s'en réclament ont évolué. Est-ce que Keynes aurait approuvé cette évolution? Nul ne peut le savoir. Mais Keynes a donné son nom à une vision de l'économie, qui a évolué après lui, en prenant pour bases ses écrits.

 

     La base de la théorie de Keynes est la réfutation de la loi des débouchés de Jean-Baptiste Say (Traité d'économie politique 1841). Dans sa Théorie générale de l'emploi, de l'intérêt et de la monnaie (1936), Keynes écrit:

 

     « Depuis J.B. Say et Ricardo les économistes classiques ont cru que l'offre crée sa propre demande, ce qui veut dire en un certain sens évocateur mais non clairement défini que la totalité des coûts de production doit nécessairement, dans la communauté entière, être dépensée directement ou indirectement pour l'achat de sa production. »

 

     (Il est utile de préciser ici que Keynes ne distingue pas les classiques et les néoclassiques. Il englobe les deux courants sous le terme de classiques.)

 

     Dans la Théorie générale, Keynes critique donc cette idée que l'offre crée la demande. Au contraire, c'est, selon lui, la demande qui crée l'offre. Selon Keynes les économistes classiques et néoclassiques considèrent que l'argent investi fait tourner l'économie, point sur lequel il est en accord, et que tout argent gagné est soit dépensé en consommation, soit investi. Point sur lequel il est en désaccord.

 

     Selon Keynes, c'est le fait de dépenser qui stimule l'activité. Or, plus quelqu'un gagne de l'argent, plus il a tendance à le thésauriser, c'est-à-dire à le garder, sans l'utiliser pour sa consommation, ni l'investir non plus. Par conséquent, il faut stimuler l'économie par la dépense publique. De préférence par l'investissement public. L'argent investit provoquera des achat de biens de production, ce qui encouragera l'investissement dans ce domaine. L'investissement provoque une distribution de revenus, qui provoque une augmentation des investissements, qui provoque une augmentation des revenus, etc. C'est le principe du multiplicateur. L'investissement public provoque d'autres dépenses d'investissement et de consommation. Une aide à la consommation a également un effet multiplicateur, mais moins important.

 

     Il y a une ambiguïté dans les écrits de Keynes. Sa critique de J.B. Say laisse à penser qu'il raisonne uniquement en termes de circulation de monnaie: le stimulus provient de l'injection de monnaie. Une relation donc mécanique, mathématique. Or, Keynes n'était pas favorable à la mathématisation de ses théories. Sa théorie était aussi basée sur des facteurs psychologiques. Le fait que la demande augmente entraîne de l'optimisme chez les producteurs, qui vont investir et donc entraîner l'économie. Les développements de la théorie keynésienne se sont orientés vers une relation mécanique.

 

3. Cohérence du libéralisme et du keynésianisme.

      L'explication libérale de l'économie apparaît très cohérente. Elle explique ce qu'est l'économie, et l'intègre dans les actions des gens. Elle donne une vision de la dynamique qui fait évoluer l'économie.

 

     Par contre, la cohérence du keynésianisme est problématique. Selon Keynes, l'analyse du libéralisme est que l'offre crée la demande. Il se place donc dans le même type de raisonnement en déclarant qu'au contraire, c'est la demande qui crée l'offre. Cependant, son interprétation du libéralisme est très personnelle.

 

     En effet, ni Jean-Baptiste Say, ni Ricardo, n'ont considéré que l'offre créait la demande. Dans son Traité d'économie politique, Jean-Baptiste Say écrit que les produits s'échangent contre des produits. De même, Keynes cite John Stuart Mills à l'appui de ses propos, alors que ce dernier, dans la citation reprise par Keynes, écrit que « les moyens de paiement des marchandises sont des marchandises elles-mêmes. »

 

     Ces deux économistes, Jean-Baptiste Say et John Stuart Mills ont vécu avant la définition de la théorie subjective de la valeur. Mais celle-ci ne fait que compléter leurs théories. Leurs propos s’intègrent parfaitement dans les développements du libéralisme qui leur ont succédé. Les produits, et services car Say traitent déjà de ceux-ci, s'échangent contre des produits signifie simplement que chacun propose quelque chose sur un marché pour l'échanger contre autre chose. La monnaie n'étant qu'un bien intermédiaire, car celui qui est intéressé par le produit vendu n'a pas forcément le produit que souhaite le vendeur. Il faut donc un produit intermédiaire, accepté par tous, pour fluidifier les échanges.

 

     Contrairement à ce que prétend Keynes, il n'y a pas chez les libéraux l'idée que les dépenses en coût de production stimulent l'économie. Ce ne sont pas les dépenses de production qui stimulent l'économie selon les libéraux. C'est le fait que les gens proposent des produits ou des services en échange d'autres produits ou de services. Ce n'est ni l'offre ni la demande qui stimule l'économie.

 

     Par conséquent, en déclarant que la circulation monétaire stimule l'économie, Keynes rompt complètement avec le libéralisme. De plus, même s'il intègre des facteurs psychologiques, sa description du libéralisme, et de sa théorie, est celle d'un circuit monétaire. En rupture avec le libéralisme.

 

     Cette rupture avec le libéralisme signifie qu'il n'y a plus de fondement à la théorie keynésienne. En effet, Keynes décrit le libéralisme comme un cas particulier de sa théorie. Et il part du libéralisme pour asseoir celle-ci. Cependant, son interprétation du libéralisme est erronée. Donc, sa théorie n'a aucun fondement. De même pour ceux qui ont prolongé ses théories, et qui demandent aujourd'hui une relance par la création monétaire.

 

Conclusion

     Les théories issues du keynésianisme ne s'appuient donc pas sur une base solide, contrairement au libéralisme. Les théories de relance par la dépense n'ont aucune base théorique.

 

    Cependant, les débats en économie ne vont pas jusqu'à ce niveau de réflexion.

 

     Et c'est peut-être là le problème. Les débats portent sur ce qu'il faut faire pour relancer la croissance, sans s'interroger sur ce ce qu'est l'économie. Il faudrait revenir à ce niveau de réflexion pour définir ensuite une politique économique.

Le livre de blog: La crise avec des mots simples.

Si vous aimez les romans policiers: Le Cercle des élus.

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La loi Rothschild

12 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un remarquable article sur loi " Rothshild", qui empêcherait le Trésor d'emprunter auprès de la Banque de France:

Idées reçues sur la loi du 3 janvier 1973, dite « loi Rothschild »

Toujours en dehors des édias traditionnels, bien sûr!

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Revue du web

9 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

Deux articles intéressants car bien documentés:

 

Un article de Contrepoints sur les inégalités à travers l'histoire: Le mythe social-démocrate .

 

Et un article sur les effets de l'austérités durant la crise des années trente au Royaume Uni: Krugman et le mythe de l'austérité britannique .

 

A nouveau, des articles plus intéressants, et plus documentés, sur un site gratuit que dans la presse payante.

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Ayn rand

8 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

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François Hollande et l'impôt à 75% sur les riches

29 Février 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Présidentielles 2012

 

     Le candidat socialiste à la présidence de la République Française, François Hollande, a proposé d'imposé les revenus de plus d'un million d'euros à 75%. L'objectif de cette mesure étant sans doute de montrer que la dépense publique peut être financée, et de se placer en défenseur de la solidarité. Le candidat socialiste ajoute qu'à une crise exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles.

 

     Cependant, ces objectifs de financement du modèle français, et de solidarité, ne seront pas remplis par cette proposition. Cette taxation à 75% apparaît surtout comme de la poudre aux yeux, car elle ne concernerait que très peu de redevables, et les ferait fuir. C'est une vision idéologique des prélèvements obligatoires, au détriment d'un pragmatisme qui permettrait d'augmenter le rendement de ces prélèvements, et donc le financement du modèle français. Enfin, si le candidat socialiste voulait défendre la solidarité, il devrait d'abord faire le ménage dans sa caste.

 

     François Hollande alimente l'idée qu'il y a de forts revenus concentrés chez un petit nombre de personnes, et qu'il suffirait de taxer ces dernières pour réduire les déficits. Or, comme cela est montré dans l'article de ce blog, La dépense publique nous concerne tous, la structure des revenus en France, et le niveau de la dépense publique, ont pour conséquence qu'il faut bien ponctionner largement toute la population. La dépense publique est largement une mutualisation de moyens, et moins une redistribution.

 

     D'autre part, qui paiera cette taxe à 75%? Il y a de multiples moyens d'échapper à l'impôt pour les riches, assurance vie, PEA, déficits fonciers, etc. Tout un ensemble de mesures qui sera encore augmenté par la fiscalité verte, que l'alliance des socialistes et des écologistes amènera. Et, sinon, les riches ont toujours la faculté de quitter le territoire, si leurs revenus sont des revenus financiers. Cela fait un rendement très faible. Les estimations, optimistes, des médias parlent de 200 à 300 millions d'euros seulement.

 

     Cette mesure est logique dans le cadre idéologique du PS. Ce qui montre que la gauche française n'est toujours pas sociale-démocrate d'ailleurs, puisqu'elle refuse le pragmatisme qui permettrait d'augmenter le rendement des prélèvements. La justification du candidat socialiste est qu'il n'est pas normal de gagner autant. C'est donc bien une taxation idéologique.

 

     Une taxation pragmatique consisterait à faire en sorte que les gens aisés restent en France, pour que leurs revenus financent le "modèle français". Ce serait par exemple la suppression de toutes les niches fiscales, et même la limitation du déficit foncier, en échange d'une baisse du taux marginal maximum d'impôt sur les revenus, à 30% peut-être. Le taux d'imposition serait plus bas, mais taxerait une base plus large de revenus, puisqu'aucun n'y échapperait. Le rendement de l'impôt serait augmenté, mais ce ne serait pas vécu comme excessif (du moins, pas par tout le monde). Retenir les gens aisés permettrait également une hausse des recettes de TVA par leurs dépenses. De plus, Ce sont les riches qui financent les start up, qui créent les emplois de demain.

 

     Ce pragmatisme est contraire à l'idéologie dominante en France. Pour deux raisons. D'abord, il faut punir ceux qui gagnent trop. Ensuite, l’ingénierie dirigiste des prélèvements obligatoires est censée mettre l'économie sur de bons rails pour soutenir la croissance. Malgré l'échec de cette ingénierie, ainsi que les inégalités qu'elle provoque au niveau des prélèvements, cette politique est toujours prisée en France.

 

     Enfin, si le candidat socialiste veut se montrer solidaire, qu'il commence par s'attaquer aux excès de sa caste, la classe politique française. Le paysage institutionnel français est un mille feuilles de communes, intercommunalités, départements, régions, et autres comités théodules. Une économie conséquente serait faite en diminuant le nombre d'élus, ainsi que par la rationalisation de la gestion des communes, par la suppression des conseils généraux. Il y a un gisement d'économie.

 

     Ce serait par ailleurs une réponse exceptionnelle, et durable, à une crise exceptionnelle, qui est une crise d'endettement public, et donc de dépense publique. Mais une réforme de ce mille feuilles administratif toucherait les places, et le pouvoir, de nos chers politiciens. La solidarité s'arrête à la porte de leurs intérêts!

 

     En ce moment ont lieu les primaires républicaines aux USA. L'occasion en France de critiquer l'extrémisme des républicains américains. Mais au moins ces derniers ont-ils le choix, entre un gestionnaire, un libertarien, et deux chrétiens conservateurs. En France, le débat présidentiel n'est qu'imprécations, promesses et populisme. Avec un parti socialiste toujours marxisant, qui refuse l'efficacité sociale au profit de l'idéologie. A quand un parti social démocrate en France? Quant à un parti libéral, n'en parlons même pas!

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Principe de précaution en politique économique

19 Février 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     La précaution est de nos jours érigée en principe, et utilisée pour empêcher certaines innovations, comme les OGM, même après des études très poussées n'ayant pas pu démontrer un danger quelconque. Cette utilisation du principe de précaution peut alors apparaître exagérée. Par contre, ce principe de précaution n'est pas appliqué en politique économique. Alors qu'il serait pour le coup de quelque utilité.

 

     En effet, les politiques économiques influent sur la vie et la destinée de chacun bien plus que la mise en vente d'une innovation. Pourtant, des politiques radicales ont été mises en œuvre, ou sont réclamées, sans que jamais les éventuels effets néfastes ne soient envisagés.

 

     Il en est ainsi des politiques de relance, qui nécessitent que le pays s'endette. Jamais une interrogation sur les limites de l'endettement supportable par le pays, en cas d'échec de la relance, n'est envisagée. Alors même que les relances ont toujours buté sur l'endettement.

 

     De même, un pays comme la France a mené une politique de limitation de la population active, à travers les pré-retraites, l'abaissement de l'âge de la retraite, ainsi qu'une diminution des heures travaillées par cette population active. Aucune interrogation sur le financement des retraites n'est venue troubler cette politique. Ni aucune interrogation sur le pouvoir d'achat. Encore moins sur les conséquences sociales, qui sont aujourd'hui le fait qu'à 50 ans un actif est considéré comme dépassé et trop coûteux. Ni les conséquence de la réduction du temps de travail, et de la stagnation des salaires qui s'ensuit, sur le financement de la sécurité sociale.

 

     Dans les années 2000, c'est 'l'effet richesse" et la relance monétaire qui ont été loués de façon quasi inconditionnelle. Les taux bas permettaient de relancer l'économie par le crédit. De même, l'augmentation de la valeur des actifs immobiliers accroissait les capacités d'endettement de la population, américaine notamment, mais aussi britannique, et donc de consommation. Personne ne se souciait d'un quelconque effet pauvreté en cas de retournement des prix immobiliers. Ni du niveau de création monétaire. Au contraire, la Banque Centrale Européenne était critiquée pour ne pas suffisamment soutenir l'économie, alors que ses taux étaient historiquement très bas.

 

     Aujourd'hui, deux nouvelles politiques radicales sont proposées. La monétisation de la dette souveraine, ce qui est aussi appelé la planche à billets, pour soutenir indéfiniment l'économie. En faisant fi de tous les problèmes de déstabilisation qu'une création monétaire excessive a toujours provoqué. Et une conversion forcée de l'économie vers l'industrie écologique, afin de créer de nouveaux emplois, dans la plus pure tradition soviétique de sinistre mémoire.

 

     Ces politiques radicales ont un point commun: elles promettent la croissance sans peine. Elles attirent donc les politiciens, adeptes de solutions faciles de très court terme.

 

     Mais n'est-il pas temps d'être un peu plus raisonnable, pragmatique, d'abandonner ces idéologies radicales de la facilité et de l'excès, cet aventurisme, et de revenir aux principes de réalité? Alors que les soi-disant excès des marchés sont dénoncés, ne faudrait-il pas dénoncer plutôt les excès des politiques économiques?

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Eléments d'histoire économique contemporaine: sortir des poncifs

13 Février 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     L'histoire économique contemporaine, depuis la seconde guerre mondiale, est présentée de manière très manichéenne. Il y aurait eu une période keynésienne, qui aurait amené la prospérité. Puis, l'ultra-libéralisme serait venu, détruisant le droit du travail, mettant le travailleur à la merci de l'entreprise et du secteur financier. La crise actuelle serait le résultat de cet ultra-libéralisme et des excès de la financiarisation libérale.

 

     Cette introduction paraîtra exagérée à tous ceux qui ont le sens de la mesure, mais ne retrace-t-elle pas le discours politique de cette campagne présidentielle? Ne retrace-t-elle pas ce qui est écrit ou décrit dans beaucoup de médias?

 

     L'économie est un sujet délicat, tant les opinions sont soumises aux idéologies. Tentons néanmoins de présenter quelques éléments d'histoire contemporaine. Il n'y a ici aucune prétention à l'exhaustivité, impossible dans un simple article. Juste une réflexion sur la réalité de notre histoire.

 

     La période de l'après guerre a effectivement vu la montée en puissance de l'Etat Providence. Plus en Grande Bretagne qu'en France, mais le mouvement a été général en occident. Il avait débuté avant guerre, notamment aux USA, qui ont connu sous Franklin D. Roosevelt un mouvement de centralisation sans précédent dans leur histoire.

 

     Cependant, deux éléments contraires au keynésianisme sont néanmoins caractéristiques de cette période d'après guerre. D'abord, les accords de Bretton Woods. Ceux-ci établissaient une parité fixe entre les monnaies et le dollar, et entre le dollar et l'or. Ce qui entraînait une contrainte sur la création monétaire de la Banque de France, qui devait veiller à toujours avoir des réserves en dollars suffisantes. Ce système est un genre d'étalon or indirect, contraire au keynésianisme. Les pays occidentaux n'étaient donc pas tout à fait libres dans leur création monétaire, contrairement à ce qui est laissé entendre aujourd'hui.

 

     Deuxièmement, l'après guerre est marquée par les accords du GATT. C'est-à-dire par une libéralisation des échanges. Là encore, ce n'est pas très conforme au keynésianisme, celui-ci étant plus efficace en économie fermée.

 

     Ajoutons que c'est également la période de la construction de la Communauté Economique Européenne. Le Général de Gaulle a entériné cette libéralisation des échanges, comme il a entériné des désindexations de prix sur l'inflation. L'un de ses conseillers étant Jacques Rueff, qui serait qualifié aujourd'hui d'ultra-libéral.

 

     Dans les années 1970, les plans de relance keynésiens ont été mis en œuvre. La France a poursuivi en 1981, avec en plus un programme de nationalisation, et d'embauche de fonctionnaires. Les échecs des plans de relance ont remis au goût du jour les théories libérales. Celles, historique, de l'économie autrichienne, représentée par le prix Nobel F. A. Hayek, et portées par Ronald Reagan et Margaret Thatcher, et celles plus récentes du monétarisme de Milton Friedman, mises en œuvre par Paul Volckers, président de la Federal Reserve, la banque centrale US.

 

     Il faut se souvenir qu'en Grande-Bretagne les mesures keynésiennes avaient eu des conséquences telles que le FMI était intervenu. Quant à la France, le socialisme a été suivi du plus formidable plan de rigueur jamais subi en temps de paix. Ce sont donc les échecs du keynésianisme qui ont remis au goût du jour le libéralisme. Cependant, celui-ci a-t-il réellement été appliqué?

 

     La libéralisation des années 1980 a pour symbole les privatisations. Au Royaume Uni, pays qui avait été très loin dans l'étatisation de son économie, de nombreuses entreprises ont été privatisées. De même en France, dont une partie de ces privatisations ne faisaient néanmoins qu'effacer la vague de nationalisations des socialistes.

 

     Cette libéralisation, c'est aussi celle du transport aérien, qui s'est démocratisé avec l'augmentation de la liberté d'exploitation de différentes lignes. De même, le transport ferroviaire a été ouvert à la concurrence dans certains pays comme en Allemagne, en Suède. Cependant, la privatisation de services publiques n'était pas vraiment une chose nouvelle. En France, les services de fourniture d'eau connaissaient depuis longtemps le système de la délégation de service publique. De même pour les transports en commun. Il s'agissait juste d'un élargissement pour notre pays.

 

     Le Royaume Uni de Margaret Thatcher est devenu un symbole en Europe de cette libéralisation, avec sa lutte contre les syndicats, ainsi que la suppression du salaire minimum. Cependant, même la celèbre Maggy Thatcher avait ses faiblesses. Ainsi, sans sa décision de vendre le constructeur automobile British Leyland à British Aerospace plutôt qu'à Honda, au nom d'un certain patriotisme,  British Leyland n'aurait peut-être pas disparu (même s'il existe toujours à travers Mini).

 

     Cependant, y-a-t-il vraiment eu libéralisation de l'économie? Les dépenses publiques n'ont pas baissé. Les résultats en la matière de Ronald Reagan sont remis en cause même par les libéraux (cf Les reaganomics déboulonnées et The myth of reaganomics ). En France, la dépense publique représente plus de la moitié du PIB aujourd'hui, contre 35% en 1965, comme le montre cette publication de Trésor Eco: Les facteurs d'évolution de la dépense publique en France: une rétrospective. Au Royaume Uni, la dépense publique a diminué sous Margaret Thatcher, elle a remonté ensuite, mais sans atteindre son niveau à l'arrivée de la Dame de Fer, pour redescendre au début du mandat de Tony Blair, pour remonter à nouveau, durant la suite du mandat de Tony Blair, et celui de Gordon Brown (cf UK Public Spending ). Sous la mandature de Brown, l'augmentation de l'emploi provenait essentiellement de l'emploi public. Le salaire minimum a par ailleurs été rétabli au Royaume Uni.

 

     En France, l'ultra-libéralisme est dénoncé à travers les licenciements, symboles de la liberté laissée aux entreprises de faire ce que bon leur semble de leur personnel. Pourtant, les règles de licenciement se sont considérablement durcies depuis les années 1960. En ce temps là, l'entreprise licenciait facilement. C'est moins le cas aujourd'hui, les licenciements ayant été considérablement réglementés depuis. De même, depuis les lois Auroux, les salariés ont beaucoup plus de pouvoir dans les entreprises.

 

     La France n'a pas hésité à appliquer la loi Royer en 1973, à l'encontre des grandes surfaces, puis les lois Galland et Raffarin, toujours contre les grandes surfaces. Ce n'est que depuis 2007 que la la situation se libéralise quelque peu, avec la loi LME par exemple.

 

     Enfin, dans de nombreux pays d'Europe a été menée une politique favorisant la réduction du temps de travail: 35h en France, temps partiel ailleurs. Ou même, des gens sont exclus de la population active comme étant invalides. En France, les pré-retraites ont constitué aussi une forte politique de réduction de la population active.

 

    La libéralisation est par ailleurs accusée de favoriser la financiarisation de l'économie, et ainsi la main-mise de la finance sur notre vie de tous les jours. Or, la finance est un des secteurs les plus régulés de l'économie aujourd'hui. C'est d'abord la Uniforme Net Capital Rule qui donne son pouvoir actuel aux agences de notation. Pouvoir renforcé par les différents accords de Bâle, qui régulent l'activité des banques. Toute ces réglementations avaient pour but d'empêcher les excès des marchés financiers, de les réguler donc.

 

     D'autre part, depuis la rupture, de fait, des accords de Bretton Woods par les USA dans les années 1970, le pouvoir monétaire est totalement entre les mains des banques centrales. Depuis Bretton Woods, les parités entre le dollar et les autres monnaies étaient fixes, et le dollar correspondait à une certaine quantité d'or. Les politiques monétaires étaient donc contraintes par ces règles. Ces accords ont sauté car les USA ont fait marcher la planche à billets, comme eux seuls en avaient le pouvoir. Depuis, les banques centrales ne sont plus tenues par aucune parité et peuvent créer de la monnaie comme bon leur semble.

 

     Les années 1990 et 2000 ont été marquées par une relance monétaire de l'économie US, sous la férule d'Alan Greenspan, le président de la Fed. Celui-ci a pendant de longues périodes maintenu les taux d'intérêt à un bas niveau pour soutenir la croissance.

 

     Le gouvernement US a renchéri dans le même sens en soutenant les prêts à l'immobilier, par l'intermédiaire de deux organismes, Fannie Mae et Freddie Mac. L'idée étant également de soutenir l'économie par le crédit. Comme également le Credit Investment Act, créé par Jimmy Carter, élargi par Bill Clinton, qui incite de fait les banques à prêter aux pauvres. Toujours cette idée de favoriser le crédit pour soutenir la consommation, et donc la croissance.

 

     La politique de taux bas a alimenté les marchés financiers. Les financiers pouvaient emprunter à coûts réduits pour spéculer, comme racheter des entreprises avec effet de levier. Par ailleurs, la politique favorisant le crédit immobilier a favorisé le développement des titres financiers basés sur les crédits subprime.

 

     Le Royaume Uni a mené cette politique de taux bas également. La BCE n'a pas pour mandat de soutenir l'économie, mais elle n'a pas cherché à ralentir la croissance de la masse monétaire. Cette politique de taux bas était assumée et encouragée, sous l'appellation d'effet richesse: l'augmentation de la valeur des actifs, en l'occurrence la résidence principale, permettait de garantir des crédits, ce qui soutenait la consommation, et donc la croissance.

 

     La réalité de l'histoire économique contemporaine est ainsi plus complexe que les poncifs qui sont assénés régulièrement. Même si cet article n'est pas une étude exhaustive, il se dessine clairement que la libéralisation de l'économie a touché quelques domaines, dans quelques pays, comme au Royaume Uni. Mais que l'emprise de l'interventionnisme a globalement augmenté, à travers notamment la politique monétaire. D'où vient la crise, comme par hasard. En France, particulièrement, le poids de l'Etat a augmenté à travers la dépense publique, et la réglementation du travail notamment.

 

     C'est ainsi une vision plus complexe et moins manichéenne de l'économie contemporaine qui se dessine. Ce ne sont pourtant là que des faits, à la disposition de quiconque, même pas une analyse.

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Le populisme en campagne présidentielle

3 Février 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Présidentielles 2012

 

    Nous sommes au XXIème siècle, dans un pays développé, qui ne connaît qu'un analphabétisme résiduel. A priori, la France est composée d'une population capable de se prendre en charge, capable de comprendre les enjeux d'une élection, à qui il est possible de s'adresser sérieusement.

 

     Pourtant, certains thèmes de la campagne présidentielle 2012 sont résolument populistes, sans que personne ne le relève: l'appel à plus ou moins de protectionnisme, et, surtout, la désignation d'un ennemi invisible, apatride et tout puissant, exploiteur, cause de tous les maux du pays, et contre lequel il faut lutter: la finance.

 

     Que des extrémistes, du Front National au Front de gauche, s'emparent de ces thèmes, semble normal. C'est leur audience qui est à déplorer. Mais les candidats réputés modérés ne se privent pas d'utiliser la même dialectique douteuse.

 

     Ainsi, c'est Nicolas Sarkozy qui au salon des entrepreneurs accuse les banques de ne pas suffisamment prêter aux entreprises. Et c'est surtout François Hollande qui a explicitement désigné à la vindicte cet ennemi invisible, dans une rhétorique digne de l’extrême gauche.

 

     C'est une image fausse de la réalité qui est donnée, en même temps qu'une absence de modèle à proposer.

 

     Il n'y a pas d'ennemi invisible, de complot financier qui expliqueraient la crise. Il y a des politiques interventionnistes et de régulation. Ce sont les autorités, gouvernement et Fed, qui ont encouragé le crédit aux USA, en particulier en direction des plus démunis. C'est une politique de soutien monétaire à l'économie qui a été menée. Ce sont les régulateurs qui ont construit un système prudentiel sur les marchés financiers centrés sur les agences de notation.

 

     Ces politiques ont été menées pour assurer la croissance et éviter les crises. Que l'inverse se soit produit pose problème. La réflexion doit donc s'orienter soit, selon les idéologies, vers une redéfinition des politiques interventionnistes et de régulation, soit vers une libéralisation.

 

     La finance n'a rien à voir non plus dans le niveau de la dépense publique, du déficit public. Ni dans la baisse d'efficacité du système de protection social, dans celle du système éducatif. Ce sont des politiques de dépenses publiques et d'endettement public qui ont donné ces résultats.

 

     Là encore, la question est de savoir s'il faut poursuivre cette politique de dépense et d'endettement, et sous quelle forme, puisque celle appliquée jusqu'à présent a échoué. Ou s'interroger sur une diminution de la dépense publique, et une libéralisation de l'économie.

 

     La France aime prendre l'Allemagne pour modèle. Or, ce n'est pas en dénonçant un ennemi extérieur ou invisible que l'Allemagne a mené une politique qui la rend si forte aujourd'hui. C'est au contraire en s'interrogeant sur elle même, et en se réformant. De même pour la Suède.

 

     Les politiciens français n'ont aucun modèle à proposer, et aucune volonté de se remettre en cause. Ils vendent donc une protection contre un ennemi imaginaire. Tous les vrais débats seront soigneusement évités. Au risque de rendre les français encore plus désabusés, et de les jeter dans les bras des extrémismes.

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