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La théorie autrichienne du cycle

22 Mai 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

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L'importance de la présentation des statistiques: l'exemple de l'égalité des sexes.

17 Mai 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Les statistiques publiées par les médias proviennent de quelques organismes officiels. Dont l’INSEE. Les médias publient les chiffres et les analyses de ces organismes, sans réflexion. Or, la manière de présenter des statistiques est importante. On peut mettre en avant les chiffres qui arrangent, pour justifier une politique par exemple. Même la construction d’une statistique est orientée. C’est la première chose qu’on apprend en cours de statistique : la statistique est un construit, on ne trouve que ce qu’on cherche.

 

Je propose d’illustrer ce propos par des statistiques sur l’égalité des sexes. C’est un sujet bateau, qui revient tous les ans dans les médias. Selon la publication de l’INSEE du 7 mars 2017, les femmes ont un revenu annuel salarial inférieur de 24 % à celui des hommes (24 % dans le texte, 23,8 % dans le tableau qui illustre le texte. Il faut ouvrir le fichier pdf pour avoir les détails). Ces statistiques justifient une politique interventionniste en faveur de l’égalité salariale, et de ce qu’on appelle la parité.

 

Cependant, certains articles remettent en cause cette inégalité. Comme cet article de Contrepoints, au titre un peu provocateur, « Le mythe de la discrimination salariale ». Selon cet article, les différences s’expliquent par les choix de carrière et les choix de vie des hommes et des femmes. Les hommes seront majoritaires dans des métiers dangereux, ou dans la finance. Les femmes préféreront le marketing. Les femmes s’arrêteront pour élever des enfants, ce qui ralentira leur carrière. Par contre, les femmes célibataires quadragénaires gagnent un peu plus que les hommes.

 

Cette étude est centrée sur les USA. Mais je me souviens de l’introduction d’un cours de statistique à l’université, par un professeur de l’INSEE, qui tendait à la même conclusion : il y a plus de vingt ans déjà, à poste strictement égal, il n’y avait que très peu de différence salariale entre l’homme et la femme. Les articles que j’ai pu lire depuis semblent indiquer qu’il n’y a plus de différences. Notons d’ailleurs que l’INSEE met en avant le chiffre élevé de 24 %; puis indique que si on raisonne en « équivalent temps plein » l’écart est de 17 %. Il y a donc une volonté de mettre en avant le chiffre le plus élevé.

 

On voit déjà un biais dans la construction de la statistique. Et surtout le problème d’un organisme officiel qui construit, délivre, et commente les statistiques. Il vaudrait mieux que différents think tanks puissent passer commande de statistiques et les commentent. On aurait différents points de vue.

 

Ces statistiques soutiennent une politique interventionniste. On considère que les femmes sont discriminées dans le monde du travail. Une lutte contre la discrimination est organisée. Les médias en ont assez parlé pour que nous soyons tous à la page. On considère par exemple que la femme doit être un homme comme les autres, et l’homme une femme comme les autres. Ainsi, on veut inciter (ou forcer) les hommes à prendre un congé paternité. Il s’agit de reformater la société, car on considère que l’idée que la maman élève ses enfants est du sexisme. Et on prend des mesures comme l’obligation de la parité des sexes dans les conseils d’administration.

 

Je rappelle qu’il ne s’agit pas ici de critiquer ni d’approuver ces politiques. Ceci est un article sur la manière de présenter les statistiques.

 

Regardons maintenant les statistiques de l’Education Nationale. La Direction de l’Evaluation, de la Prospective et de la Performance du Ministère de l’éducation Nationale publie tous les ans une étude intitulée « Filles et garçons, sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur ». Vous trouverez l’édition 2017 ici. Cette étude présente les statistiques de 2015.

 

Dans cette étude, on constate qu’au lycée les filles vont davantage vers les filières ES et L, et les garçons davantage vers les filières scientifiques. Cependant, comme il y a davantage de filles en filière générale et technologique, le pourcentage de filles en filière scientifique est excellent : 47 %. Mais le diable est dans les détails. Ainsi, les filles en filière S sont à 49 % en SVT, les sciences de la vie et de la terre. En physique chimie et en mathématiques les pourcentages sont équivalents : 22 % des garçons et 22 % des filles vont en physique chimie, et 24 % des garçons et 20 % des filles en mathématiques. Mais il y a 10 % des garçons qui choisissent informatiques et sciences numériques, contre 4 % des filles, et 17 % des garçons qui choisissent sciences de l’ingénieur contre 3 % des filles. (Ci-dessous le graphique de la publication de la Depp.)

 

 

L'importance de la présentation des statistiques: l'exemple de l'égalité des sexes.

A la lumière de ces statistiques, on peut s’interroger sur les disparités salariales entre les sexes. Ne viennent-elles pas en grande partie des différences de formations ? En effet, les professions les mieux payées et les plus recherchées sont ingénieurs, et l’informatique et le numérique. C’est donc l’Education Nationale qui serait à l’origine des disparités.

 

Mais le plus intéressant réside dans les termes utilisés par la publication de la Depp. Voici le copié-collé :

 

Les filles et les garçons de terminale ne font pas les mêmes

choix d’enseignement de spécialité, surtout en terminale S…

 

Ce qui est significatif, ce sont les termes utilisés. Selon l'Education Nationale, les filles « font le choix » de se détourner des filières de l'informatique et de l’ingénieur. Et elles « font le choix » des sciences de la vie et de la terre. Par conséquent, il n'y a aucune discrimination. Par extension, on peut aussi dire que les femmes choisissent d'élever des enfants, au détriment de leur carrière. Les disparités salariales s'expliquent donc par les choix des femmes, et non par une discrimination.


Il y a là de la part d'organismes gouvernementaux deux interprétations différentes des disparités entre les sexes. Dans un premier temps, il s’agit de victimiser les femmes, et de dénoncer l’entreprise. On peut taper sur l’entreprise, c’est politiquement correct. Et l’État apparaît comme le grand protecteur. On remarquera que c’est le monde du travail en général qui est visé, puisque même la fonction publique commence à être critiquée.

 

Dans le cas de l’Education Nationale, c’est l’État qui est en cause. Il faut le présenter d’une manière positive. Par conséquent, il faut présenter une explication à l’absence de parité. Ce sont les choix des filles. Il semblerait qu’il faille éviter de critiquer la politique éducative. Et de se poser des questions gênantes : est-ce que notre système éducatif donne sa chance à chacun, y-a-t-il des particularismes féminin ou masculin. Notons bien que je ne prétends pas qu’il y a des particularismes. Je souligne que la question est tabou.

 

Nous voyons donc deux présentations contradictoires de l’égalité des sexes provenant de la puissance publique. En fonction de ce qui l’arrange. D’un côté on fustige l’entreprise. De l’autre, on préserve l’Education Nationale. Et on s’évite finalement les vraies questions sur la parité. Comment enseigner les sciences aux filles, quelles sont les aspirations des filles. Surtout, que valent les politiques de parité si les femmes ne sont pas présentes dans certaines filières de formation.

 

D’un point de vue libéral, chacun doit faire ce qu’il veut. Le libéral ne s’interroge pas sur le rôle ou la place de la femme dans la société. Chaque femme décide. C’est la même chose pour les hommes d’ailleurs. Le libéralisme est un humanisme : il défend le développement humain, l’idée que l’être humain peut être autonome, libre, et s’accomplir. Ce qui suppose une éducation qui va dans ce sens, et justifie pour Hayek, dans « Droit, Législation, et Liberté », que l’éducation soit subventionnée. Mais pas contrôlée par l’État. Hayek préfère un système de vouchers théorisé par Friedman.

 

Le libéralisme soutient également une économie libre, où chacun peut inventer une nouvelle organisation, un nouveau mode de vie, pour concilier travail et vie privée, pour s’accomplir. C’est une organisation de la société qui vient de la base, et non du sommet d’un Etat Big Brother.

 

La présentation des statistiques dépend ainsi des intérêts de celui qui les délivre. Elle sont pourtant reprises sans analyse ni recul par les médias. Qui ne sont finalement que la caisse de résonance d’une idéologie. Mais qu’est-ce qu’une démocratie sans pluralisme ?

 

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A peine élu, déjà deux gaffes?

8 Mai 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Ecrire sur les élections ne sert à rien. Déjà écrire sur la politique ne sert pas à grand-chose. Mais ça peut défouler. D’où ce texte.

 

Les débuts de Macron à peine élu, même pas en fonction, sont étonnants. Il commence par ce qui peut apparaître par deux gaffes, à même de cristalliser l’opposition populaire contre lui : il choisit l’hymne européen pour sa victoire, et le Louvre pour la célébrer.

 

Macron est très mal élu. Il recueille largement moins de 50 % des inscrits. En plus, il est un vote par défaut, pas d’adhésion. On aurait pu penser qu’il cherche à rassembler, qu’il fasse au moins semblant de s’intéresser aux inquiétudes exprimées par les français à travers cette élection.

 

Or, les français sont de plus en plus anti-européens. Comme en atteste les scores de Le Pen, de Mélenchon, et de Dupont-Aignan. Il y a diverses raisons à ce rejet. L’Europe a été vendue comme un remède miracle, elle a forcément déçu. Elle a été accusée d’empêcher une relance de l’économie, alors que, paradoxalement, c’est l’euro qui permet à la France d’être constamment en déficit budgétaire, c’est-à-dire de mener une relance budgétaire. Sans l’euro, la France aurait dévalué, elle aurait constaté que ça ne marche pas, et elle aurait dû engager une politique de rigueur. Le parti de Macron n’a d’ailleurs pas été le dernier à critiquer l’Europe.

 

L’Europe apparaît également comme anti-démocratique. Elle est devenue le symbole d’une élite qui veut imposer sa volonté aux peuples. Ainsi, les français ont rejeté la constitution européenne, et la voient revenir sous la forme du traité de Lisbonne. Cette perte de souveraineté démocratique est très mal perçue. Elle est une des raisons du Brexit. Le peuple s’étonne aussi que les frontières soient des passoires. Ils veulent recouvrer le contrôle des frontières nationales.

 

Que ces critiques soient justifiées ou non, là n’est pas la question ici. Le fait est qu’il y a un sentiment anti-européen de la part de beaucoup de français pour les raisons exprimées ci-dessus. Il représente un risque pour l’Europe. Il représente un risque d’instabilité. Pour rassembler, il faut en tenir compte. Il faut rassurer. Au moins symboliquement. La posture inverse peut cristalliser ce sentiment. Et le rendre majoritaire. Et finalement faire exploser l’Europe.

 

On peut en dire de même des félicitations trop chaleureuses et d’un satisfecit trop prononcé de la part des pays européens envers les résultats de la présidentielle. Le soutien de l’Allemagne à un politicien français est de plus en plus mal vu aujourd’hui. C’est ainsi. Là encore, c’est un risque pour l’Europe. Comme lors du brexit : menacer les anglais était le meilleur moyen de les pousser vers la sortie.

 

Le choix du Louvre pour fêter la victoire est lui aussi extrêmement surprenant. Les lieux symboliques de la République sont la place de La Concorde, de La République, de la Nation. Le Louvre est le symbole… de la monarchie ! Pour un élu censé incarner la défense de la République face à l’extrémisme, c’est pour le moins paradoxal.

 

Plus encore, l’image de Macron face à la pyramide du Louvre renforce les théories du complot sur internet. Macron y est qualifié d’illuminati. Ou encore, de complot franc maçon. J’avoue ne pas comprendre ces choses là, mais c’est un fait. Un politicien devrait en tenir compte.

 

Les premiers pas de Macron renforcent auprès des Français qui n’ont pas voté pour lui l’idée qu’il est un élu du système contre le peuple, et auprès d’une frange de la population le membre d’un complot anti-démocratique. C’est pour le moins maladroit. C’est aussi dangereux. Surtout qu’il est très mal élu, et que le vote qui s’est porté sur lui ne s’est pas porté sur un projet. Déjà, il a soudé l’extrême gauche contre lui. Va-t-il rendre majoritaire le sentiment anti-européen ? Nous entrons dans le temps de l’incertitude. J’espère sincèrement me tromper.

 

 

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A la rencontre d'un libertarien français.

30 Avril 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Stéphane Geyres est une figure de l'anarcho-capitalisme français. Ce qu'on nomme aussi libertarianisme, reprenant la formulation US. Il a été interrogé par le site Vice, qui a consacré un article aux libertariens français. Un article est une synthèse d'interviews. Stéphane Geyres a eu la bonne idée de publier l'intégralité de ses réponses sur son blog.

J'ai eu le plaisir de rencontrer personnellement Stéphane Geyres. Quand je lui disais que je n'étais pas anarcho-capitaliste, il m'a répondu:"Pas encore". Sa pensée est très bien structurée, et ses réponses sont un bon point d'entrée pour qui veut s'initier au libéralisme.

Je vous invite donc à lire l'intégralité des ses réponses ici.

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Comportement et théorie économique

1 Avril 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le blog Economie Autrichienne ici.

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La théorie de l'entrepreneur

20 Février 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le blog L'école autrichienne d'économie: La théorie de l'entrepreneur.

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LUDWIG VON MISES : L'ACTION HUMAINE

4 Février 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Un nouvel article sur le blog de l'école autrichienne d'économie:

Ludwig von Mises : l'Action humaine.

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L'école autrichienne d'économie

16 Janvier 2017 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

Bonjour,

 

nouvelle année, nouveau blog. Venez découvrir le blog "L'école autrichienne d'économie, la dynamique de l'économie". Et son premier article, Carl Menger, le fondateur de l'école autrichienne.

 

Bonne lecture.

 

Bonne année.

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Le retour du mythe de la relance budgétaire

29 Novembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

La politique budgétaire revient au goût du jour. Elle est réclamée pour prendre le relais de la politique monétaire à bout de souffle. Pourtant, n'applique-t-on pas déjà une politiquer budgétaire? Et celle-ci n'a-t-elle pas montré son inefficacité tout au long de l'histoire?

 

Le FMI a suggéré que les politiques budgétaires prennent le relais de la politique monétaire. La Commission Européenne a provoqué le courroux du ministre des Finances allemand, Wolfganf Shäuble, en proposant que l'Allemagne relance l'Europe par la dépense publique. Donald Trump propose une politique de grands travaux. Theresa May dénonce les effets inégalitaires de la politique monétaire, et veut la remplacer par une politique budgétaire. Et l’OCDE s’y met aussi.

 

Notons que le Premier Ministre du Royaume Uni n'a pas tort en dénonçant les effets inégalitaires de la politique de taux bas? Celle-ci favorise la finance et les possesseurs de patrimoine (Voir l'article Quand la BCE crée des inégalités ).

 

Cependant, la politique budgétaire n'est-elle pas déjà appliquée? Le budget de la France est déficitaire, comme celui du Royaume-Uni, celui de l'Espagne, celui de l'Italie. Ce qui signifie que ces pays injectent de l'argent dans leurs économies.

 

D'autre part, la politique de la BCE est justement de favoriser cette politique budgétaire. En maintenant les taux d'intérêt bas, et en rachetant la dette des pays de la zone euros, elle encourage la dépense publique. Ce dont ne se prive pas la France.

 

Quels sont les résultats de cette politique? La réponse est claire: nuls. Le Royaume-Uni, comme la France, a un déficit budgétaire élevé. Mais une croissance supérieur, et un chômage inférieur. On peut donc penser qu'il y a quelque chose d'autre que la relance budgétaire qui explique cette différence, quelque chose qui est appliqué au Royaume-Uni mais pas en France. C'est la logique même.

 

Et que dire de l'Allemagne, qui connaît une croissance plus forte que la France, malgré une démographie moins favorable? Et sans déficit budgétaire. En toute logique, en toute rigueur scientifique, on doit en conclure que la croissance ne dépend pas de la relance budgétaire.

 

Mais l'histoire ne nous dit-elle pas le contraire? La légende veut que le keynésianisme, c'est-à-dire la relance budgétaire, ait vaincu la crise de 1929 aux USA. Au moment du déclenchement de la crise, le président US Hoover n’aurait rien fait. Et c’est son successeur, Franklin Roosevelt, qui aurait relancé l’économie par un politique budgétaire.

 

Mais cette histoire est fausse. Le président Hoover était très interventionniste, et avait enclenché la relance budgétaire (voir ici). Ainsi que d’autres politiques, comme le protectionnisme. L’économie US ne s’est vraiment relevée qu’après la guerre. Alors même que le gouvernement diminuait la dépenses publiques, qui avait explosé avec la guerre, et rétablissait une certaine stabilité monétaire avec les accord de Bretton Woods. Une autre leçon de la crise a été la lutte contre le protectionnisme, qui avait aggravé celle-ci. Ce furent les accord du Gatt. Et le monde occidental connut une période de prospérité, sans déficit budgétaire. (Voir ici)

 

Ajoutons que, dans les années 1970, tous les pays ont pratiqué une politique de relance. Qui n’a pas donné les résultats attendus. Encore une fois.

 

La France a en fait connu une récidive en matière de relance budgétaire, en 1981, après celle de 1974. Elle était le seul pays en Europe cette fois, les autres ne voulant pas commettre deux fois la même erreur. L’échec de cette relance a alors été mis sur le compte des autres pays européens, qui auraient profité de la relance française, alors qu’ils auraient eux aussi dû commettre la même erreur.

 

Aujourd’hui, c’est l’Allemagne qui est sollicitée. Elle est accusée de manque de solidarité, en raison de ses excédents commerciaux. Comme elle est à l’équilibre budgétaire, on lui demande une relance pour soutenir… toute l’Europe. Bien sûr, elle recevrait l’aide… des Pays-Bas.

 

L’Allemagne connaît une croissance, mais pas extraordinaire, du fait de sa démographie. C’est une économie puissante, mais imaginer qu’elle pourrait tirer toute l’Europe est aberrant. Elle soutient l’Europe d’ailleurs, par sa croissance. Mais si la France ne profite pas de la vigueur du marché allemand actuellement, pourquoi en profiterait-elle si l’Allemagne augmente ses dépenses ? C’est le serpent qui se mord la queue : pour profiter de la croissance allemande, avec ou sans relance, la France doit améliorer sa compétitivité. (Voir par ailleurs ici.)

 

D’autre part, cette antienne de la relance budgétaire est une vision bien simpliste de l’économie. Est-ce qu’une relance budgétaire ne pourrait pas être une baisse de la dépense publique, couplée à une baisse des prélèvements ? Les prélèvements sur l’économie s’élèvent pour l’exercice 2015-2016 à environ 38 % au Royaume Uni, environ 44 % en Allemagne en 2014, sachant que le budget est quasiment à l’équilibre (voir les statistiques de l’OCDE, ici et ici), et à environ 53 % en France (pour le total des prélèvements, et pas seulement ceux qui sont qualifiés d’obligatoires. Par exemple, la redevance audiovisuelle n’est pas considérée comme un prélèvement obligatoire. On fait ici la différence entre les dépenses et le déficit.)

 

En conclusion, cette demande d’une relance budgétaire n’a aucun sens. Elle va à l’encontre de ce que nous apprennent les faits économiques, l’histoire économique. Elle relève d’une notion simpliste selon laquelle, si les affaires sont mauvaises, c’est que l’argent manque. Ce qui a déjà été réfuté par Jean-Baptiste Say au 19ème siècle.

 

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Les adieux de Sarko

20 Novembre 2016 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

J'ai plutôt l'habitude de critiquer les politiciens, les médias, l'ordre établi. Pour une fois, je rends hommage. Je n'aurais jamais cru le faire, je rends hommage à Nicolas Sarkozy.

 

Suite à sa défaite à la primaire de la droite et du centre, son discours a été très digne. Il reconnaît sa défaite. Il soutient François Fillon, malgré les désaccords qu'il rappelle. Mais sans dénigrer Alain Juppé, à qui il rend hommage.

 

C'était un testament. Sarkozy souhaite se consacrer à sa sphère privée. Il a fait un clin d'oeil aux journalistes, s'excusant du rythme qu'il leur a imposé, avec beaucoup d'humour.

 

Je pourrais énumérer beaucoup de critiques à l'encontre de Nicolas Sarkozy. Je dois reconnaître aujourd'hui qu'il suit le meilleurs de la politique aux USA qu'il semble avoir pour modèle : la reconnaissance de la défaite, la reconnaissance de la démocratie.

 

Le fait qu'il soutienne un candidat est aussi extraordinaire. Il soutient François Fillon, son ancien Premier ministre, à l'encontre de qui il n'avait pas forcément de sentiments très amènes. Il n'était pas obligé. Sarkozy aurait pu simplement laisser les votants choisir. Il a fait un choix. Maintenant, même si je les critique, je ne sous estime jamais les politiciens. Y-a-t-il une intention sous-jacente ? Un accord ? Je ne sais.

 

Les journalistes considèrent que Sarkozy a délivré son testament politique. Je ne m'avancerais pas. En tout cas, à l'heure actuelle, on peut dire qu'il sort en beauté.

 

Dans un panorama politique sans renouvellement, sans nouveauté, sans libéralisme, j'aime m'attacher aux points positifs. Maintenant, Je ne suis convaincu par aucun programme. Mais je rends hommage au panache.

 

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