Analyse Libérale

Articles récents

Renault monte en gamme à Francfort

18 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

    PSA Peugeot Cotroën fait les titres de l'actualité automobile en France, à la fois pour ses nombreuses nouveautés, et pour ses difficultés financières. Renault reste un peu dans l'ombre. Il est vrai qu'au salon de Francfort, ce dernier ne présente pas de modèles tels la nouvelle Peugeot 308, ou le concept Citroën Cactus. Pourtant, Renault présente un concept Initiale Paris symbolique également pour son avenir.

 

    Renault a beaucoup évolué depuis une vingtaine d'années. Il y a la partie visible : l'alliance avec Nissan, et le rachat de Dacia. L'alliance avec Nissan produit un double effet. Renault peut réduire ses coûts en augmentant sa puissance d'achat auprès de ses fournisseurs. Il partage les coûts de développement de nouvelles plateformes, de nouveaux moteurs. Tout en bénéficiant des composants de son allié. Nissan lui ouvre aussi les portes de l'Asie, où il est implanté. Et peut-être un jour des USA. Enfin, en plus des bénéfices industriels et commerciaux, le deuxième effet de l'alliance est que Nissan, dont Renault possède 40%, est un placement très rentable.

 

    Dacia est aussi un succès très visible. Grâce à cette marque, le groupe Renault a limité les pertes de part de marché en Europe. La Sandero est dans le top dix des ventes de voitures en France. Renault a inventé un secteur : l'automobile low cost. En plus, cette activité est très rentable.

 

    Mais la mutation de Renault, c'est aussi ce qui se voit moins. Renault a ainsi profondément fait évoluer sa base industrielle. Le groupe produit moins en France. Ainsi, l'usine de Boulogne Billancourt n'existe plus. Les personnels d'autres usines ont été réduit. A l'étranger, Renault a fermé son usine belge de Vilvoorde. Renault a adapté son outil industriel à la fois aux coûts et à la demande. Au coût, car produire en Turquie, ou en Slovénie, est moins onéreux, et permet de pratiquer les tarifs que souhaitent les consommateurs d'Europe occidentale. Mais Renault s'adapte aussi à la demande : il est un des principaux vendeurs d'automobiles en Turquie.

 

    Ce qui se voit moins, c'est aussi, par la force des choses, l'internationalisation du groupe Renault. Ce dernier produit en Russie, en Inde, au Maroc. Il produit au Brésil depuis longtemps. Cette internationalisation se développe aujourd'hui à travers la gamme entry. Les modèles que les français connaissent sous la marque Dacia portent la marque Renault en Russie, et dans d'autres pays. Le véhicule le plus vendu du groupe est le Duster, décliné à la fois sous la marque Dacia, en Europe, et Renault, dans la plupart des autres pays. Renault s'internationalise donc avec sa gamme Entry, essentiellement dans les pays émergents, et de manière rentable.

 

    Cependant, en Europe, Renault est confronté au même problème que tous les constructeurs automobiles. Le marché se segmente de plus en plus, entre les premiers prix, et les marques plus prestigieuses. Le groupe Renault a une marque low cost, qui se développe : Dacia. Mais, quid de la marque Renault ? Le constructeur veut la faire monter en gamme. C'est l'objectif de la future gamme Initiale, présentée à Francfort par le concept car Initiale Paris, qui préfigure le successeur du Renault Espace. L'Espace est considéré comme le haut de gamme de la marque Renault. Mais le public se lasse des silhouettes de monospace. Renault veut donc renouveler le genre, avec une silhouette plus dynamique.

 

Mais Initiale Paris symbolise également un positionnement plus premium. Et Initiale est destinée à devenir l'appellation des finitions haut de gamme des modèles de la marque Renault. Ce concept car symbolise la volonté de la marque Renault de retrouver une croissance sur son marché domestique, c'est-à-dire l'Europe. Et de favoriser autant les marges que le volume.

 

Le groupe Renault est en bonne santé financière. Il lui est reproché de ne pas avoir développé suffisamment sa marque phare, de ne pas avoir renouvelé suffisamment tôt ses modèles, du moins en Europe, puisque l'expansion internationale est indéniable. Le groupe a ses relais de croissance, avec sa gamme entry, vendue sous le label Dacia en Europe, et Renault ailleurs. Son défi est de monter en gamme en Europe, pour augmenter les marges sur la gamme Renault, et s'adapter à la segmentation du marché automobile. En ce sens, le concept Initiale Paris est très important pour la marque Renault, et symbolique de sa stratégie.

 

 

Lire la suite

Francfort, un salon symbolique pour PSA Peugeot Citroën

15 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

     Comme chaque année se tient à cette époque le principal salon automobile européen. C'est Francfort qui l'accueille cette année, comme tous les deux ans, en alternance avec Paris. Cette année, ce salon a une signification particulière pour PSA Peugeot Citroën, le groupe y exposant un modèle et deux concepts cars symboliques de sa stratégie et de sa mutation.

 

     L'événement est bien sûr le lancement de la Peugeot 308. La dernière Golf a été lancée au salon de Paris, l'an dernier, Peugeot réplique à Francfort ! Ce nouveau modèle se veut le premier de la montée en gamme de la marque française. Même si, selon les différents magazines automobile, la qualité, la finition des Peugeot s'est grandement améliorée, la nouvelle 308 doit faire encore mieux, et se rapprocher du haut de gamme. L'objectif est de vendre les voitures en évitant les rabais. Une bonne finition permet aussi à un véhicule de moins perdre de valeur au fil du temps. Les acheteurs sont d'autant plus enclin à mettre le prix qu'ils savent que la valeur de revente sera élevée. C'est là un travail de longue haleine pour un constructeur.

 

     A l'opposé, mais sur le même segment, Citroën présente le concept C Cactus. Il s'agit d'un véhicule qui ne garde que ce qui est essentiel pour un conducteur, afin d'en baisser le prix. Citroën refuse cependant le terme low cost. Ce sera un peu plus onéreux. Un peu comme la Peugeot 301 et la Citroën C Elysée à destination des pays du Maghreb, de la Chine et de la Russie, qui sont adaptées à ces pays tout en gardant un certain standing. Avec C Cactus, c'est un nouveau concept à destination de l'Europe. On notera que la silhouette de la C Cactus est plus proche d'un cross over, comme la Peugeot 2008, que d'une berline, comme la Citroën C4 qui occupe le même segment. Tout en se voulant peu onéreuse, elle répond aux aspirations du moment des clients en matière de silhouette. Citroën veut donc faire un véhicule pas trop cher, mais pas low-cost et séduisant quand même.

 

     Enfin, Citroën expose pour la première fois en Europe son concept DS Wild Rubis. Un véhicule emblématique à plusieurs titres. D'abord, il élargit, par le haut  la gamme DS. DS est déjà le sigle haut de gamme de PSA Peugeot Citroën. La Wild Rubis préfigure un véhicule qui coiffera les véhicules actuels. D'autre part, il s'agit d'un SUV, ce que DS ne fait pas, ce que Citroën ne fait pas. Le seul véhicule équivalent chez Citroën est le C4 Aircross, dérivé d'un véhicule Mitsubishi. Mais il ne vise pas un niveau de gamme aussi élevé que le Wild Rubis. Enfin, le Wild Rubis est conçu et destiné avant tout à la Chine. Où DS est destinée à devenir une marque à part entière. Il est emblématique de la mondialisation du groupe PSA Peugeot Citroën. Citroën envisage désormais de vendre ce véhicule en Europe, et de le produire en Europe. Voici donc un véhicule qui n'aurait jamais pu être produit par Citroën sans la mondialisation.

 

     Le salon de Francfort présente ainsi un résumé de la mutation industrielle du groupe PSA Peugeot Citroën. Ce qui pourrait devenir un cas d'école dans les Universités US, tant les transformations sont profondes, dans un secteur, l'industrie, où elles sont lourdes à réaliser.

Lire la suite

Réflexions sur le dernier opus de Piketty

14 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

Thomas Pietty a livré son dernier opus, Le capital au XXIéme siècle. Je ne l'ai pas lu, et les articles qui le décrivent n'incitent pas à la lecture. Ce livre semble un parfait exemple de la décadence dans laquelle est tombée ce qui se fait toujours appeler science économique. Thomas Piketty considère qu'il y a une montée des inégalités. Les revenus du capital sont trop importants, et augmentent trop vite. Ils augmentent sans effort, le capital s'accroissant quasi naturellement. Pour rétablir l'égalité, il faut, selon Piketty, un impôt progressif sur le capital. Un impôt instauré par les politiciens au niveau mondial d'après les commentaires que j'ai pu lire.

 

Comment qualifier cette vision du monde ? Ultra simpliste ? Naïve ? Erronée ? Pour arriver à une telle conclusion, il faut passer par beaucoup de raccourcis, ignorer des faits, bref, ne pas respecter la rigueur d'un travail d'économiste.

 

Imaginons que les inégalités entre revenu du capital et du travail se soient accrues, comme le dit Piketty, même si son manque de rigueur n'incite pas à la confiance. A quoi cette inégalité est-elle due ? A l'économie de marché ? Ou à l'Etat ? Aux Etats plus précisément.

 

En effet, jamais les Etats n'ont été aussi interventionnistes de part le monde. En France, la dépense publique représente environ 57% du PIB. Elle dépasse 40% du PIB dans tous les pays développés. Sans compter la multitude de lois et de règlements qui encadrent l'économie.

 

Plus encore, combien de fortunes sont directement liée à un Etat ? Dans  le secteur des télécom, par exemple, qui dépend beaucoup des licences et des bonnes relations avec les gouvernements. Idem dans le secteur de la télévision. Le secteur du jeu à Macao. Le BTP dépend aussi beaucoup des commandes d'Etats. Et parlons pas du capitalisme d'Etat en Chine, et de ses millionnaires.

 

La thèse de Piketty est donc bien fragile. Est-ce que la concentration des richesses ne serait pas due aux excès des Etats ? N'est-ce pas les bonnes relations avec un Etat trop puissant qui, justement, permettent d'entretenir la richesse, l'accumulation de capitaux ? Dans ce cas, le problème, c'est l'Etat big brother. Or, Piketty,selon certains commentaires, proposerait un impôt mondial, un super big brother ? Pour de super big fortune ? A contrario, on peu remarquer qu'aux USA, un Steve Jobs peut créer Apple, un Michael Dell peut créer Dell, qu'il y a encore une possibilité pour la classe moyenne de rêver accéder à la fortune, et, surtout, s'accomplir dans un projet. Où est l'égalité, où est la justice sociale ? Du côté de l'Etat big brother qui distribue la richesse ? Ou du côté de l'Etat qui permet à chacun de s'accomplir ?

 

D'ailleurs, qui contrôle les Etats ? C'est une question qui n'est pas abordée par ceux qui, comme Piketty, veulent un Etat big brother. Les Etats sont contrôlés par les politiciens. Est-ce raisonnable de leur donner les pleins pouvoirs ? Est-ce qu'ils agissent pour le bien des peuples ou dans leur propre intérêt, comme l'enseigne l'école des choix publics ? On peut arguer que ces politiciens sont élus démocratiquement. Mais quelle proportion de la population, en tenant compte des abstentionnistes, des votes blancs, choisit réellement ses dirigeants ? Et chacun peut-il être d'accord sur tous les points d'un programme ? Et si on n'est d'accord avec aucun candidat ? Et, quand un groupe politique est élu avec 50,05% des voix, qu'il représente 35% des électeurs inscrits, est-il raisonnable de lui donner les pleins pouvoirs, pour distribuer la richesse ?

 

Ce sont là des réflexions apparemment absente des écrits de Thomas Piketty. Il préconise la redistribution par big brother, sans s'inquiéter de la légitimité ni du contrôle de big brother.

 

En outre, Piketty écrit sur l'inégalité.Mais qu'est-ce que l'inégalité, et quelles en sont les sources possibles ? L'inégalité est-elle juste ou injuste ? Par exemple, si quelqu'un, en excellent état physique refuse de travailler, est-ce juste que ceux qui travaillent subviennent à ses besoins, ou plus encore ? C'est la théorie du passager clandestin. Comment éviter les comportements de profiteurs dans un processus de redistribution ? Comment allier l'incitation à la production et la redistribution ? Préoccupations qui semblent absentes chez Piketty.

 

Autre exemple : si la majorité de la population reçoit un enseignement dispensé par une école publique, contrôlé par l'Etat. Si l'école enseigne que la vie active c'est être salarié à vie d'une entreprise, à la sortie de l'école, sans se poser de questions, l'entreprise étant responsable de l'emploi et des compétences des salariés. Si une minorité apprend, par ses parents, par un système d'éducation privé parallèle, que pour réussir dans la vie il faut entreprendre, envisager l'avenir, cultiver ses compétences. Et si c'est la minorité qui réussit mieux, d'où vient l'inégalité ? Est-ce une injustice sociale qu'il faut compenser en prenant à ceux qui réussissent pour donner à ceux qui ne réussissent pas, ou est-ce le fait que l'Etat big brother, qui a monopolisé l'éducation des masses, ne leur apprend pas les règles de la réussite ?

 

L'inégalité est un sujet complexe. Piketty, comme d'autres, ne l'envisage pas dans toute sa complexité.

 

Enfin, sur le site du Nouvel observateur, Piketty déclare : « L'erreur des libéraux a été de croire que la croissance et la concurrence pouvaient tout régler. » Voilà une formule bien lapidaire pour résumer le libéralisme. Et complètement fausse. Le libéralisme, c'est la régulation, dans le sens que chacun doit respecter ce qu'Hayek appelait des règles de juste conduite. Riches, puissants, doivent respecter les règles. L'objet du gouvernement est de faite respecter ces règles. L'interventionnisme est lui un mode de gouvernement dérégulé, dans le sens où il n'y a pas de règles que chacun devrait respecter. Le gouvernement, confié à des politiciens, est tout puissant, et décide de favoriser tel ou tel secteur d'activité, tel classe de la population. Le risque de clientélisme, de corruption, est logiquement plus élevé. Imaginons un gouvernement interventionniste mondial... Quel risque de corruption, de clientélisme ! Mais Piketty n'envisage aucunement toutes ces implications. Son raisonnement est ultra-simpliste.

 

Ultra-simpliste, ou ultra-idéologique, comment qualifier Thomas Piketty ? Il laisse tellement de questions dans l'ombre, en ne les abordant apparemment pas (je reconnais qu'il faudrait que je lise son livre pour faire un commentaire juste, mais ce que j'en lis ne me donne pas envie de gaspiller de l'argent). L'économie, les inégalités, le pouvoir, ce sont là des sujets complexes. Il faut les envisager dans toute leur complexité, comme peuvent le faire Ludwig von Mises, ou Friedrich August Hayek. Mais existe-t-il encore de tels auteurs ? Ou, surtout, sont-ils médiatisés ? Un Jesus Huerta de Soto, un Jorg Guido Hülsmann, ne bénéficie pas du battage médiatique d'un Piketty.

 

NB : pour lire des choses plus sérieuses, cf L'école autrichiennepar Jesus Huerta de soto, et Monnaie, crédit bancaire et cycles économiquesdu même auteur.

Lire la suite

La nouvelle politique industrielle de la France

12 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Nouvelle économie - croissance

 

Nos chers politiciens au pouvoir ont décidé de lancer un programme de politique industrielle. L'idée étant que les problèmes de la France viennent de la désindustrialisation. Et que la force de l'Allemagne vienne de son industrie. Il faut donc que les politiciens prennent en main l'industrie française.

 

Seulement, l'analyse est totalement erronée. D'abord, l'Allemagne crée plus d'emplois dans les services que dans l'industrie. Ensuite, la force de l'Allemagne réside dans ses PME. Celles-ci sont parfaitement intégrées dans la mondialisation de l'économie. La France, au contraire, repose sur ses grands groupes. Enfin, si l'Allemagne est en meilleure forme que la France aujourd'hui, ce n'est pas grâce à une politique industrielle. C'est grâce à une politique en faveur des entreprises en général, sans dirigisme. Les syndicats ont accepté la modération salariale. Les lois sociales permettent aux entreprises de s'adapter à la conjoncture de leur secteur. La fiscalité a été modernisée, avec une baisse de l'impôt sur les sociétés. Curieusement, la France ne retient rien de ces faits. Elle prétend que c'est l'industrie qui est la force de l'Allemagne, et non sa politique favorable aux entreprises. Et qu'il faut que les politiciens dirigent l'avenir de l'industrie, ce qui est une hérésie en Allemagne.

 

Les politiciens peuvent-ils mener une politique industrielle ? En l'occurrence, en France, leur ambition est quelque peu démesurée. Ainsi, ils prétendent connaître les secteurs qui ont de l'avenir, qui vont tirer l'économie vers la croissance. Ils ont donc des dons de divination, comme les devins de l'antiquité, qui leur permettent de diriger la plèbe que nous sommes. Soyons sérieux : qui connaît l'avenir ? Personne. La politique industrielle française a donné le minitel, qui a été balayé par l'internet. Bien sûr, la propagande officielle dit que le minitel a permis à la France de développer des compétences dans la création de sites internet. Mais la vérité est que la technologie de réseau fermé imaginée par notre élite polytechnicienne a été rendue très rapidement obsolète par la technologie ouverte de l'internet. Ce sont deux visions différentes. Big brother préfère la vision fermée, sous contrôle. Le peuple préfère la vision ouverte (Même si, il faut le reconnaître, la NSA et d'autres services contrôle le net. Mais une entreprise ne contrôle pas le net, contrairement au minitel).

 

Ce qu'il faut, c'est donc favoriser les entreprises, créer un climat favorable aux entreprises, telle est la leçon de l'Allemagne. Cependant, si nos politiciens veulent à tout prix intervenir dans l'économie, sans faire trop de dégâts, ils faudrait qu'ils fassent preuve de bon sens. Le bon sens, ce n'est pas l'idéologie. C'est d'analyser les atouts de la France, et de favoriser leur développement. Les politiciens pourraient organiser le système éducatif pour qu'il fournisse au système productif des salariés ayant les compétences adéquates. Ce qui revient à adapter les demandeurs d'emploi au marché du travail, et donc à réduire le chômage. Mais, bien entendu, adapter l'appareil éducatif au marché du travail est se faire les complices de l'ultralibéralisme capitaliste bourgeois, et tant pis si cela permettrait à beaucoup de gagner leur vie.

 

S'il faut vraiment intervenir dans l'économie, autant choisir des secteurs dont on est certain qu'ils ont du potentiel. Et non faire des paris sur l'avenir, et non d'engager l'avenir de la cinquième économie mondiale sur un coup de dés. Les secteurs d'avenir, c'est le marché qui les détermine. Le marché qui représente la volonté des peuples. Nul ne peut prédire quel produit, quelle technologie s'imposera dans l'avenir. Il faut permettre l'émulation, permettre la création, le développement d'entreprise, et l'échec. Et les peuples choisissent. Et l'avenir naîtra. Par contre, il existe des secteurs dont le potentiel est certain. Pour la France, il s'agit du tourisme et de l'agroalimentaire. Deux secteurs liés d'ailleurs, tant nos spécialités culinaires correspondent à des terroirs. Il existe même un très grand pays friand de notre "savoir vivre: la Chine. L’Angleterre et l'Europe ne sont pas forcément en reste d'autre part. Mais nous ne développons pas notre agroalimentaire, préférant au marketing la politique agricole commune, basée sur la production et non la commercialisation. Les éleveurs se plaignent, les producteurs d’œufs se plaignent, et recherchent les subsides des politiciens, alors que la France pourrait vendre ses spécialités au monde entier, et aux touristes du monde entier, et, même, aux français !

 

Quant au tourisme, quel potentiel détient-il avec le développement des pays émergents ! Mais, les emplois de services sont considérés comme des emplois précaires mal payés. C'est oublier que tels étaient les emplois industriels à leur apparition. L'industrie objet de tant de louanges aujourd'hui était qualifiée de satanic mills autrefois. Les moulins de Satan, pour qualifier les mauvaises conditions de travail. Alors que l'industrie employait ceux qui étaient réduits à la mendicité, et représentait, compte tenu des conditions de vie de l'époque, un progrès. C'est la même chose aujourd'hui pour les services. Mais, si l'emploi se développe, les salariés prendront l'avantage et dicteront leurs conditions, comme ils ont pu le faire autrefois dans l'industrie. Ce qu'il faut, c'est développer l'emploi, donc les services.

 

La pseudo politique industrielle des politiciens qui gouvernent la France est donc basée, au mieux, sur des erreurs d'interprétation, au pire sur l'aveuglement idéologique. La force de l'Allemagne ne vient pas d'un soutien quelconque à l'industrie, mais d'une politique en faveur des entreprises, de la part des politiciens comme des syndicats. Et si les politiciens veulent à tout prix intervenir dans l'économie, en plus de favoriser les entreprises, qu'ils aident plutôt au développement des atouts de la France, au lieu de faire des paris hasardeux qui engagent 60 millions de personnes.

Lire la suite

Crise des devises : les effets de la création monétaire

8 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

L'Inde, la Turquie, et d'autres pays s'organisent pour défendre leur monnaie. Au-delà des bruits de bottes du côté de la Syrie, c'est l'information la plus importante de ces dernières semaines. En effet, nous sommes actuellement les cobayes d'une expérimentation monétaire, qui consiste à faire de la politique monétaire l'alpha et l’oméga de la politique économique. L'idée est que la création monétaire crée de la croissance. Cette politique s'appuie sur un curieux syncrétisme qui mélange keynésianisme et monétarisme ( cf Le keynéso-monétarisme ). Chaque bonne nouvelle sur le plan économique aux USA est ainsi attribué à la politique monétaire de la Fed, la banque centrale US.

 

Les faits qui ternissent cette théorie monétaire sont quelque peu ignorés. Déjà, 'attribuer toutes les bonnes nouvelles économiques aux USA à la Fed est, à tout le moins, exagéré, mais cela a précédemment été évoqué dans l'article La Fed contre la BCE. Le sujet de cet article, illustré par la chute de la valeur de certaines monnaies, est la manière d'appréhender l'inflation. Car l'inflation représente le danger de l'excès de création monétaire. C'est ce que démontre la théorie quantitative de la monnaie, mais surtout l'expérience, que ce soit l'hyperinflation brésilienne, ou la stagflation des années 1970. Par conséquent, une bonne politique monétaire doit permettre de créer de la croissance en évitant l'inflation.

 

Mais l'inflation, qu'est-ce c'est ? Là est le talon d'Achille de la politique monétaire. Elle s'accommode d'une définition très restrictive de l'inflation, qui ne permet pas de réfléchir à tous les effets d'une politique monétaire.

 

L'inflation qui est mesurée et diffusée chaque mois est l'évolution des prix à la consommation. Mais pourquoi seulement les prix à la consommation ? Et l'immobilier, par exemple ? Comme par hasard, la crise actuelle provient de l'éclatement d'une bulle immobilière aux USA. Ce qui illustre à la fois l'insuffisance de l'indicateur d'inflation, et de la politique monétaire, qui ignore l'effet Cantillon.

 

D'autre part, qu'est-ce qu'une augmentation des prix ? Un progrès technique peut provoquer une baisse des prix. Et, dns e cas, si les prix ne baissent pas, c'est peut-être qu'il y a une inflation due à la politique monétaire. Il est très compliqué de mesurer l'inflation. L'indicateur qui nous est servi chaque mois est une construction très élaborée, qui tient compte justement du progrès technique qui fait qu'un ordinateur au même prix que celui de l'an dernier représente en fait une baisse des prix, du fait de l'augmentation des performances du matériel. Mais cette mesure de l'inflation repose donc sur des hypothèse statistiques finalement subjectives. Il est très difficile, quasi impossible, de mesurer l'évolution des prix pour un produit ou un service donné, tant les produits et les services évoluent. Même un stylo BIC évolue, dans la composition de l'encre par exemple.

 

Enfin, l'appréhension de l'inflation reste nationale, alors que les effets de la politique monétaire dépassent les frontières. C'est ainsi qu'aujourd'hui certains pays, comme la Turquie, s'inquiètent de voir la valeur de leur monnaie diminuer. Evidemment, pour des français nourris à la pensée unique, on peut penser que la baisse de valeur d'une monnaie est une bonne chose, qui favorisera les exportations. Cependant, la réalité est un peu moins simpliste. La baisse de valeur d'une monnaie signifie que les investisseurs se détournent du pays en question. Et que ce pays aura du mal à payer ses importations, et pouurra même manquer d'investissements, et donc de croissance. Il pourrait avoir des difficulté à honorer ses engagements dans des monnaies étrangères, et donc ne plus pouvoir emprunter pour boucler son budget.

 

Ces turbulences monétaires sont provoquées par les interrogations sur la politique monétaire de la Fed. En effet, la politique de création monétaire, appelée quantitative easing, a provoqué un afflux de monnaie sur les marchés financiers. Cette monnaie s'est notamment déversée chez les pays émergents, qui proposaient des taux d'intérêt plus attractifs que les taux US. Le Brésil avait dénoncé cette politique, qui faisait augmenter la valeur de sa monnaie. Cet afflux de monnaie se concentre sur des investissements de court terme, et provoque une instabilité monétaire, car ils peuvent sortir du pays à tout moment. La politique monétaire de la Fed, mais aussi de la BCE, a donc provoqué une instabilité monétaire, non prise en compte par les théories keynésienne ou monétariste.

 

Au delà des effets visibles sur les taux de change, la création monétaire a d'autres effets qui ne sont pas non plus pris en compte par les théories, et qui sont de l'inflation. Ainsi, la politique des USA qui a consisté à favoriser les prêts hypothécaires a provoqué un boom immobilier  de 2001 à 2007. Cette politique de crédit facile a provoqué une hausse de la consommation également. L'inflation, mesurée par l'évolution des prix à la consommation, n'a pas augmenté. Cependant, l'effet de cet politique sur l'inflation chinoise n'a pas été envisagé. Si les prix US restaient sous contrôle, c'est parce que beaucoup de produits étaient importés de Chine. Le boom de la consommation, provoqué par la création monétaire, avait donc des effets en Chine. Dans quelle mesure l'inflation chinoise était-elle provoquée par la politique monétaire US ? Je ne connais aucun article sur ce sujet.

 

Les effets de la création monétaire sont largement sous-estimés, car cela dérangerait la thèse dominante du pilotage de l'économie par la création monétaire. Seule l'école autrichienne y attache une importance. Les turbulences monétaire actuelles viennent faire une piqûre de rappel malvenue.

 

Je ne sous-estime pas les dirigeants de la Fed ou de la BCE. Je suis certain que parmi tous les indicateurs qu'ils surveillent, se trouvent les effets de la création monétaire sur les devises, sur les actifs immobiliers. Je reproche à la théorie économique d'ignorer volontairement tous les effets d'une relance monétaire, car cela remettrait en cause ses thèses. C'est là un grand manque de rigueur scientifique.

Lire la suite

La Fédération de l'Amas

3 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Humeur

 

La Fédération de l'Amas est un livre de P.J. Hérault, un des rois du space opera. Cet ouvrage est publié par les éditions Rivières Blanche, dont le nom est un clin d'oeil à la collection Anticipation des éditions Fleuve Noir. P.J. Hérault était un des auteurs de cette collection d'ailleurs, et je garde précieusement la série des Gurvan, qu'il a écrite.

 

La Fédération de l'Amas débute au sortir d'une guerre d'onze ans entre deux fédérations galactiques, Altaïr et Procyon. Trois anciens soldats, deux hommes d'Altaïr, une femme de Procyon, sont réunis, et découvrent une nouvelle constellation, aux confins de l'univers, dont des planètes habitables. Leur périple prend deux ans et demi. Quand ils reviennent dans l'univers habité, une désagréable surprise les attend : les anciens combattants sont accusés d'avoir fait durer la guerre, et ainsi fait endurer des privations aux civils !

 

En effet, la paix, et l'alliance entre les deux anciens ennemis, qui ont décidé de faire du commerce plutôt que la guerre, a entraîné une ère de prospérité. Ce qui entraîna un ressentiment contre cette guerre. Les politiciens ont aussi dû expliquer pourquoi cette guerre avait eu lieu, et avait duré si longtemps, alors qu'il était évident que la paix et le commerce était mieux pour tous.

 

Alors, un bouc émissaire a été désigné : les anciens combattants. Ainsi, ceux qui ont le plus souffert de la guerre, se trouvent accusés de l'avoir fait durer, et sont désormais persécutés par les civils.

 

Cette histoire est terriblement d'actualité : les politiciens trouvent toujours un bouc émissaire pour expliquer les difficultés, les crises. Ce n'est jamais de leur faute. Ainsi, que ce soit pour la crise des années trente, ou la crise actuelle, l'accusée est la "finance apatride". Alors que la crise actuelle trouve sa source dans le secteur le plus réglementé de l'économie des USA, le crédit hypothécaire, alors que l'Espagne est en difficulté à cause des folies immobilières, encouragées par les régions, et les caisses d'épargne régionales, alors que la Grèce doit sa crise aux dépenses inconsidérées de ses gouvernements, qui ont même présenté des comptes inexactes, les politiciens, et les autorités monétaires, ceux qui ont le contrôle, ne sont pas sur le banc des accusés. Ce sont au contraire les héros qui vont sauver les pays.

 

Lire la suite

Schumpeter et le courant autrichien.

25 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

En économie, la théorie autrichienne désigne un courant née dans la lignée de l'économiste autrichien Carl Menger. Seulement, tous les économistes de nationalité autrichienne n'appartiennent pas à ce courant, et en particulier l'un des plus célèbres d'entre eux : Joseph Alois Schumpeter.

 

Ainsi, Schumpeter est un admirateur de la théorie mathématique de l'équilibre général de Léon Walras, alors que Carl Menger a contesté cette approche. Les théories de Schumpeter s'inscrivent dans le corpus dominant de l'équilibre général.

 

Son originalité est d'avoir introduit dans ce corpus un élément du courant autrichien : l'entrepreneur. Pour le courant autrichien, nous sommes tous des entrepreneurs, dans le sens où nous entreprenons pour atteindre nos objectifs ( nous agissons, pour reprendre la terminologie de Ludwig von Mises ). Schumpeter introduit l'entrepreneur comme vecteur d'innovation, et pour donner une dynamique à la théorie de l'équilibre général.

 

En effet, la théorie de l'équilibre général montre qu'il existe un point d'équilibre, qui représente un optimum en économie : à ce point d'équilibre, chacun maximise son utilité. Mais elle n'explique pas l'évolution de l'économie, les progrès, les changements. Schumpeter introduit donc la notion d'entrepreneur, qui est l'élément dynamique.

 

Schumpeter part de l'idée d'une économie stationnaire, qui répète le même processus, sans changement : le cultivateur achète engrais et semences, vend sa récolte, rachète des engrais et semences, vend sa récolte, et ainsi de suite chaque année. De même l'industriel achète ses fournitures, fabrique sa production, la vend, paie ses salariés, qui achètent ce qu'ils consomment, et ainsi de suite. Il n'y a pas de changement, pas d'augmentation de la production, pas de progrès.

 

L'entrepreneur apporte l'innovation, avec un nouveau produit, un nouveau procédé de fabrication, ou un nouveau débouché pour une production déjà existante. Ce qui provoque une évolution du système économique, avec des industrie qui apparaissent, et qui font disparaître d'autres industries. La fameuse destruction créatrice.

 

Cette théorie est qualifiée de théorie de l'entrepreneur. Mais c'est plutôt une théorie de l'innovation. L'entrepreneur n'est là que comme vecteur d'innovation, parce que c'est le seul moyen d'introduire le changement dans le système théorique. Par la suite, des travaux ont réfléchi aux moyens de susciter l'innovation au sein des grandes organisations.

 

Joseph Alois Schumpeter est donc un économiste du courant dominant, celui de l'équilibre général, concept que Keynes et la macroéconomie ont également repris.

Lire la suite

La mondialisation et le développement

20 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

La mondialisation vue par un économiste indien. Pour éviter certains clichés.

 

La mondialisation selon Bhagwati sur le site d'Audace Institut Afrique.

Lire la suite

Le troisième numéro de Laissons Faire est paru

18 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

timthumb.php

 

Pour découvrir l'histoire de la traduction de la Richesse des Nations de Smith en français, pour mieux connaître Jean-Baptiste Say, pour découvrir les causes de la crise de 1907 par Yves Guyot, pour apprendre à connaître l'Ecole Française d'Economie, que L'Institut Coppet s'attache à remettre à sa juste place. (Cliquer sur l'image pour découvrir la revue Laissons Faire d'août 2013)

Lire la suite

Une interview de Larry Ellison, fondateur d'Oracle.

15 Août 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Revue du web

 

Lire la suite