Analyse Libérale

Zone euro: les véritables conclusions du sommet d'octobre 2011

31 Octobre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La zone euro est parvenue à un accord sur la crise de la dette. Les médias et politiques français ont insisté sur l'effacement d'une partie de la dette grecque, ainsi que sur le renforcement du FESF. Cependant, le résultat principal des discussions est la volonté de renforcer la discipline budgétaire de la zone euro.

 

      Dans la nuit du 26 octobre 2011, le sommet de la zone euro a statué sur la crise de la dette. Les médias français se sont focalisés sur les décisions concernant la dette grecques, et celles concernant le refinancement des dettes souveraines qui ne trouveraient pas preneurs sur le marché, ou à des taux prohibitifs.

 

      Ainsi, les pays de la zone euro ont obtenu que les banques effacent 50% de la dette grecque. Il était important de négocier avec les banques, pour éviter que la Grèce ne se mette en défaut. Il n'est pas certain que le résultat final n'aurait pas été le même, mais la négociation évite les mouvements de panique. Elle est donc préférable, et ont peut se féliciter de sa réussite.

 

     D'autre part, les pays de la zone euro ont décidé d'augmenter les moyens du Fonds Européens de Stabilité Financière (FESF). Deux mécanisme sont prévus.

 

      - Un mécanisme de garantie de la nouvelle dette émise par les pays membres. Les investisseurs se verraient offrir la possibilité d'acheter cette assurance risque comme une option sur le marché primaire de la dette.

 

      - La création de Special Purpose Vehicules, des fonds financiers spécifiques, par le FESF, pour augmenter les ressources de ce dernier, en permettant la participation d'institutions privées et publiques, et d'investisseurs. Ceci afin d'étendre les prêts, pour recapitaliser les banques et acheter des obligations souveraines sur les marchés primaires et secondaires.

 

      Le sommet en appelle à l'Eurogroupe pour finaliser en novembre.la mise en place de ces décisions. Ainsi qu'à une coopération renforcée avec le FMI.

 

      Cependant, ces mesures n'occupent qu'à peine quatre pages, en comptant large, sur les quinze de la déclaration du sommet de la zone euro (version anglaise, plus complète, traduction française) , que ce soit la version anglaise ou celle en français.

 

      Dès le paragraphe quatre, la déclaration insiste sur la détermination des États membres de la zone euro à poursuivre leur politique d'assainissement budgétaire et leurs réformes structurelles. Elle ajoute que «Les États membres qui connaissent des tensions sur les marchés de la dette souveraine devront fournir un effort particulier.»

 

      Dans cette déclaration, les États de la zone euro se félicitent des efforts de l'Espagne, et de l'Italie. Et ils invitent la Commission européenne à évaluer et à suivre la mise en œuvre des mesures prises par l'Italie. Ils se félicitent des progrès accomplis par l'Irlande, le Portugal. Ils indiquent que le suivi de la mise en œuvre du programme grec doit être renforcé. Le rôle de la Commission, en coopération avec le FMI et la BCE, désignés par le terme de troïka, sera renforcé. Ils insistent également sur la conditionnalité des programmes d'aide au pays en difficultés: l'aide implique un programme d'assainissement donc.

 

      La déclaration aborde la coordination et la surveillance économique et budgétaire, dans le sens d'une plus grande discipline, avec notamment «adoption, par chaque État membre de la zone euro, de règles relatives à l'équilibre structurel des finances publiques traduisant dans la législation nationale, de préférence au niveau constitutionnel ou à un niveau équivalent, les règles du pacte de stabilité et de croissance, et ce avant la fin de 2012»

 

      Un suivi plus étroit des États est également demandé. Par exemple, la déclaration précise: «pour les États membres de la zone euro faisant l'objet d'une procédure pour déficit excessif, la Commission et le Conseil auront la possibilité d'examiner les projets de budgets nationaux et de rendre un avis sur ces projets avant leur adoption par le parlement national concerné. En outre, la Commission assurera le suivi de l'exécution du budget et, si nécessaire, proposera des modifications en cours d'exercice».

 

      La déclaration s'achève par deux annexes. La première présente dix mesures pour améliorer la gouvernance de la zone euro. C'est un ensemble de mesures techniques, mais une phrase souligne l'objectif d'amélioration de la compétitivité de la zone euro parmi les objectifs de cette gouvernance. La deuxième annexe garantit un soutien au secteur bancaire.

 

      L'ensemble de la déclaration est donc centrée sur un renforcement de la discipline budgétaire, sous le contrôle de l'Europe, par l'intermédiaire de la commission, de la BCE, du FMI, selon diverses modalités.

 

      Il y a là un grand contraste avec les débats français. En France, L'Europe est vue comme un moyen de dépenser plus, à travers les eurobonds. La mutualisation des dettes est souhaitées pour augmenter la possibilité de chaque État à s'endetter. Mais, l'action de l'Europe est d'inciter, ou même d'obliger, à plus de discipline budgétaire.

 

      Il y a en France, et dans le monde, beaucoup d'appel à une augmentation de la dette, dans l'espoir d'un effet de relance, comme l'enseigne les théories du courant keynésien. Seulement, la crise des années 1970 a enseigné que l'endettement n'entraîne pas la relance. Aujourd'hui, nous vivons à l'échelle européenne le même phénomène qu'alors: des relances organisées par tous les pays, qui ne sont qu'éphémères, et qu'il faut rembourser. D'autre part, le pays sur lequel tous comptent, l'Allemagne, ne fait que demander aux autres les efforts qu'il s'est lui même infligés. De même pour un pays hors zone euro, comme la Suède, qui poursuit un mouvement de réduction de la dépense publique.

 

      La zone euro, menée par le pays en meilleure santé, l'Allemagne, effectue donc un retour au principe de réalité. A des années lumières des débats français. Ce qui n'est pas mis en exergue par les principaux médias en France. Ni les politiciens.

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fermaton.over-blog.com (Clovis Simard,phD) 27/04/2012 12:58


Blog(fermaton.over-blog.com),N0-16. -THÉORÈME DE KONDRATIEFF -LA CRISE FINIE ?

benichou 05/11/2011 19:09



Les banques Française ont le même réflexes que le patronat. En cas de difficultés, dues à leur propre impéritie,ils ont pour habitude de tendre la sébille!


La France est un pays d'assistés, mais les plus assistés ne sont pas ceux auquels on pense.



benichou 05/11/2011 15:13



Tous calculs faits La décote ne dépassera pas 20 milliards ( 50% des créances des bq européennes= 40 Mrds), et en core il s'agit d'un report de maturation avec des taux à négocier!


Comme d'habitude les " Européens" désinforment.



Vladimir Vodarevski 05/11/2011 17:01



La dette grecque est, relativement, peu importante pour les banques. L'Europe crée surtout un effet domino, un défaut grec entraînant une défiance à l'égard d'autres pays.


Les réticences des banques françaises à provisionner sont inquiétantes. Le fait qu'elles n'aient pas utiliser leurs bénéfices pour muscler leurs provisions jusqu'à présent est inquiétant.
Comptent-elles à ce point sur le secours de l'Etat en cas de crise?



I-Cube 02/11/2011 08:50



Ce n'est pas encore "politiquement-correct"...


Les dégâts de la pensée-unique ?