Analyse Libérale

Vers une nouvelle bulle et une nouvelle crise?

23 Novembre 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Y a-t-il une nouvelle bulle financière en formation, susceptible de provoquer une nouvelle crise? La question apparaît de ci de là dans les commentaires des journaux et magazines. Deux marchés inquiètent essentiellement: celui des obligations d'Etat, et celui des matières premières. La récente envolée de la bourse inquiète un peu également.


     Pourtant, il n'y a aucune similitude, à ce que j'en sais, avec le mécanisme qui a déclenché la crise. La crise provient d'une croissance à crédit. Le crédit servait à financer des maison. Les gens pouvaient même emprunter plus que le prix de la maison, car on estimait que celle-ci ne pouvait que gagner de la valeur.


     Le crédit immobilier faisait augmenter le prix des maisons. Les gens pouvaient emprunter à nouveau, l'équivalent de l'augmentation du prix de leur maison (cf: Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés  , Crise financière: qui est responsable?  ). Ils se servaient de cet argent pour consommer. Ce qui faisait augmenter la consommation. Donc la croissance.


     Quand les gens n'ont plus eu de quoi rembourser, le soufflé est retombé. C'est une explication très rapide et raccourci, mais qui rappelle l'origine de la crise: une croissance basée sur la création monétaire (cf  Le plan du gouvernement contre la crise financière (et explications sur le fonctionnement du crédit bancaire et la création monétaire)  pour comprendre ce qu'est la création monétaire).


     La situation actuelle est plus classique. Il y a une hausse des marchés des obligations d'Etat car il y a une recherche de qualité, de placement sûr. Pour les matières premières, il est difficile de distinguer entre la spéculation et le fait que la demande est néanmoins très forte, par rapport à l'offre. Le marché des matières premières n'est pas fluide. Pour le pétrole, par exemple, les nouveaux gisements sont onéreux à exploiter, et provoquent une augmentation des prix. Augmentation qui intervient après une chute des cours.


     J'ignore si on peut vraiment parler de bulle. Et s'il y a bulle, quel est son importance. Je ne m'y connais pas assez. Ce qui est certain, c'est que c'est un phénomène qui se produit assez couramment, qui provoque des pertes, mais mais aujourd'hui cela ne provoque plus de crise économique. Sauf dans des pays qui dépendent trop des matières premières, pare exemple, et qui verraient leurs ressources chuter. En tout cas, rien à voir avec ce qui a provoqué la crise.


     Cependant, il y a aussi un problème de confiance. Il y a eu une crise en partie parce que les risques étaient mal évalués. D'autre part, les banques centrales sont accusées d'ouvrir trop grand les robinets à liquidités. Après la crise que nous venons de connaître, on peut, malheureusement légitimement, se demander s'il n'y a pas quelque chose qu'on ne voit pas, un risque caché. C'est pourquoi la transparence est absolument nécessaire. (cf Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer.  ) Mais on n'en prend pas le chemin.

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observateur économique 02/12/2009 08:19


Vos interrogations me semblent justifiées,je pense que la déconnection entre l'économie réelle et la Bourseest patente.
Donc attention à la bulle.

cordialement

Gérard BURRGRAF


mamalilou 01/12/2009 15:15


bonjour Vlad,
merci d'avoir réussi à lire jusqu'au bout ce commentaire désordonné tout de phrases tronquées et d'élisions composé...
ça donne du travail à dépiauter, pas simple à lire, je suppose...
mais tu es un chic type :o))

tu remarques que je dis plutôt "intérêts financiers" que "banques"... parce que pour faire plus direct, je m'en prends au capitalisme même..
utopie fondée sur la croissance durable...ce bel oxymore... cet impossible patent...

j'attends avec impatience ton article sur le libéralisme sous l'angle que tu proposes, en ce moment je picore aussi sur le sujet, sur quelques sites... et évidemment c'est avant tout l'approche du
sens, disons "philosophique" si tu veux aussi, qui va m'intéresser...

en te souhaitant une belle journée
à tout bientôt


mamalilou 28/11/2009 23:59


"à ce que j'en sais, avec le mécanisme qui a déclenché la crise. La crise provient d'une croissance à crédit. Le crédit servait à financer des maison. Les gens pouvaient même emprunter plus que le
prix de la maison, car on estimait que celle-ci ne pouvait que gagner de la valeur."

té il semblerait que ça ait continué longtemps... regardons ce qu'il se passe au moyen orient..., pour ce qui est d'espérer en l'immobilier... yen a qui ont eu la folie des grandeurs...

et oui, si on avait demandé un avis plus général, respecté un peu le discernement de base face à ces projets pharaoniques... issus des concours de force de deux frères à la base...(si si,
véridique!)
on n'en serait pas là...
quand on parle de consultation pour les crédits...
il faudrait peut-être aussi qu'au-delà d'un certain montant de crédit, puisque les engagements peuvent littéralement mettre en péril les états, qu'on passe par des autorisations ... ben oui quoi,
voyons où mène la toute puissance décisionnelle des organismes financiers...
peut-on remettre le discernement des choix politiques, éthiques, écologiques, culturels, éducatifs... etc... entre les mains de l'intérêt financier...
pourtant c'est à cela que ça revient de laisser les pleins pouvoir décisionnels en matière de crédit aux seuls "banques"...

du coup, l'intérêt économique entre dans l'enseignement, dans la santé (voire le coup des vaccins... et c'est pas d'aujourd'hui, la définition de "pré-maladies" avec médicaments préventifs...genre
"syndrôme métabolique" ou redéfinition de la notion de pandémie par l'OMS tributaire des dons des labos... qui justement fabriquent ces vaccins à mettre en circulation en cas de
pandémie...etc...)

c'est comme si je laissais mon patron décider si je peux faire un enfant, alors qu'il a absolument besoin que je le seconde en tout et le suive à l'autre bout de la planète... ben non, pour ça ya
un code du travail... ya des lois, et patati... et patata

ah c'est sûr ça colle peut-être pas tout à fait avec l'idée qu'on se fait du libéralisme

mais je crois que toute liberté prend son sens dans la contrainte

nous ne pouvons vivre sans respirer, sans boire de l'eau, sans dormir, sans manger...
pourtant dans le cadre assez strict de ces contraintes, nous avons une belle marge de libertés
puis viennent les usages extrêmes, drogues, hyperactivités physique mentale ou émotionnelle... les excès alimentaires, etc...
qui nous posent à nouveaux des limites plus fines
puis viennent les limites plus subtiles encore mais qui définissent notre confort de vie
etc...
à y regarder de plus près, ce qui nous rend libre de choses agréables est notre capacité à nous imposer l'observation de ce qui ne nous est pas profitable individuellement y compris de façon
indirecte et durable (collectivement)
et de la capacité à respecter les mesures préventives et restrictives qui nous permettent des choix durables et agréables...

je sais je philosophe à tout va...
mais a-t-on le droit de continuer à ne pas observer, à oublier l'intelligence collective, à oublier l'instinct de survie par l'observation et la copie de ce qui marche durablement et la non
reproduction de schémas délétères...
quand on se brûle une fois, on ne recommence pas, enfin... normalement...

dsl pour l'atypisme économique de ma réponse, mais tu me connais :o)

belle soirée, même en vrac comme ce billet


Vladimir Vodarevski 29/11/2009 00:34


Hello, Mamalilou.

Le cas de Dubaï, et de ses projets immobiliers, est particulier. Dubaï est un Etat, et on accorde plus de confiance à un Etat en matière de crédit. On suppose qu'avec du temps, il arrivera à
rembourser. C'est surtout aussi un membre des Emirats Arabes Unis, qui comptent des producteurs de pétroles dans leurs rangs. Ce qui a certainement motivé la confiance des banques. Attendons la
suite, avant de se prononcer.

Je dirai pour ma part que le problème c'est que le crédit ne dépend pas uniquement des banques. Et c'est là le problème. En effet, le crédit dépend des règles prudentielles établies par le
régulateur. Et, aussi des banques centrales, qui contrôlent les taux d'intérêt. Or, une des missions de la banque centrale des USA, c'est de favoriser la croissance. Ce qu'elle a fait, en
maintenant les taux d'intérêt bas, et en ne freinant pas la hausse de l'immobilier uentraînée par les taux bas. La zone euro a été un peu protégée, car la mission de la banque centrale européenne
est uniquement la stabilité monétaire. Mais les pressions étaient telles que les taux ont été également trop bas. Le crédit ne devrait dépendre que de la confiance en les capacités de remboursement
de l'emprunteur. Ce serait plus sûr que toutes les manipulations actuelles.

On néglige aussi complètement la véritable nature de l'inflation. Ce n'est pas la hausse des prix. C'est la perte de valeur de la monnaie.

Tu sais, le libéralisme confine à la philosophie. Je ne te répondrai pas sur ce sujet aujourd'hui, car il faudrait là un article. J'en prépare un, d'ailleurs. J'essaie de déterminer les différences
de points de vue entre libéraux et anti-libéraux. Différences d'appréhension de la réalité. Ils ne parlent pas de la même chose.

L'univers du libéralisme est très vaste, et passionnant. Justement parce qu'il confine à la philosophie. Je lis en ce moment un livre sur les libertariens. C'est extraordinaire comme la réflexion
est poussée dans ses retranchements. Et comme les vues peuvent être divergentes alors que le but est le même.

C'est ce que j'aime, dans le libéralisme: sa dimension humaniste, et humaine, tout simplement. Mais ce n'est pas vraiment de ce libéralisme là dont on parle habituellement. Bon, je ne vais pas
repartir sur la pauvreté du débat.

Merci de ta visite, Mamalilou.

A bientôt, sur mon blog ou sur le tien.



26/11/2009 10:47


Exact !

Pour la qualité de ton article, non, non ! C'est bien de faire la démarche qui se fait si rare.

On attend donc ton étude sur la masse monétaire en circulation.
J'avais moi-même tenté l'approche par les flux (en parallèle avec Inco).

Car ce n'est pas tant la masse elle-même, c'est sa vitesse de rotation qui est considérable.
On parlait d'un changement de main de toutes les richesses du monde produites en un an tous les 3 jours !

Evidemment, à cette allure-là, quand il y a un petit grippage aux entournures, bé on entre en "crise" (pas celle des subprimes qui a servi de détonateur, mais celle des liquidités de l'automne
2008).


25/11/2009 09:14


Certes !
Mais pour ces dernières mesures, il s'agit d'une goutte d'eau dans un océan.
On parle de dizaines de millions à comparer aux dizaines de milliards...

Si tu veux des précisions, assez floues quand même, sur la Masse Monétaire, tu vas sur : http://fr.wikipedia.org/wiki/Masse_mon%C3%A9taire

Tu noteras que la FED ne publie plus depuis 2005 sa mesure de la M4...
Pas fous les gueux, puisqu'il semble qu'ils ont renoncé à maîtriser leur problème.
Ca plus leur déficit commercial libellé en us$ qui s'accumoncelle depuis si longtemps, on ne voit pas très bien comment ils vont se redresser un jour, sauf à faire perdre de sa valeur à leur
monnaie : les marchés s'en chargent.

Par ailleurs, on nous avait annoncé la création d'une monnaie unique dans le Golfe persique pour le 1er janvier 2010 (et un peu plus tard pour le Mercosur). Ca n'avance pas cette affaire-là !
Et c'est pourtant une "bouffée d'oxygne" pour le dollar et un coup de griffe pour l'€...

Je te serai grée de rester optimiste.
Perso, je doute.
Quant à "DD", ça fait un moment que je ne l'ai pas vue : elle prépare sans doute les concours de juin prochain et j'ai cru comprendre qu'elle n'était pas une spécialiste des marchés des
changes.

Faut dire qu'à l'époque où je faisais du trading international par la bande pour un importateur de fringue du sentier, personne n'a été fooutu de m'expliquer les évolutions du dollar : il changeait
de valeur tous les jours et même plusieurs fois par jour de plusieurs dizaines de centimes de francs d'un instant à un autre quand tu suivais en direct pour en acheter des paquets.

Mon Boss, lui cherchait à proposer un prix ferme et définitif pour sa camelotte et avait renoncé depuis longtemps à faire des "bonnes affaires de change".
Perso, je lui ai fais gagné de quoi me payer plus que mes bonus, mais que de temps perdu à ne pas faire autre chose de plus urgent dans sa "boutique" (qui ne pesait qu'un quart de milliard de
francs : 3 fois rien en somme), puisqu'il se faisait voler par à peu près tous ses salariés, gratte après gratte et y compris les douaniers de mon pays...
J'en devenais chèvre à la longue.

Et au final, comme lui était feuj et moi goy, on a fini par se séparer à l'amiable et avec les honneurs : je n'y arrivais plus !


Vladimir Vodarevski 25/11/2009 17:29


Oui, la Fed ne se publie plus M3. Elle se base sur une définition très restrictive de la liquidité. Ce qui me paraît curieux à une époque où les placements sont finalement très liquides. Le
résultat, c'est qu'on a une très mauvaise appréhension de la situation.
Cet article n'est en fait pas terrible. Je l'ai écrit car j'en ai marre d'entendre des propos alarmistes, sans explications, sans réflexion. Une bulle n'entraîne pas forcément une crise. Ce qui se
passe aujourd'hui n'est pas forcément ce qui s'est passé hier. Il faut analyser. Mais on ne s'en donne même plus la peine.
Il faudrait que j'analyse les variations des différents niveaux de la masse monétaire sur une longue période, pour donner des éléments d'analyses corrects. Mais c'est un gros travail. Pourtant,
c'est ce travail qui devrait être fait pour comprendre la masse monétaire. Et qui devrait être communiqué, et non confiné à une petite enceinte universitaire.
Finalement, on entend n'importe quoi. Et, par hasard, une crise se produit, et quelqu'un peut dire: je l'avais dit. Même si son analyse était mauvaise.
Quant au dollar, on essaie de lier ses variations aux déficits commerciaux. Mais le dollar est aussi une valeur refuge. Mais les USA attirent aussi des capitaux. Les variations ne sont pas
mathématiques.


24/11/2009 18:03


Attends, attands !!!

Il y a une bulle parce que si le crédit aux particuliers s'est effondré (entrainant aussi une raréfaction du crédit pour les entreprises, qui elles hésitent à insvetir parce que leur marché s'est
retournée la faute à la crise et que les banquiers restent prudent cherchant des "plus que plus" solvables), en revanche, les Etats et les banques centrales on "inventé" de la monnaies à tour de
bras !
Bien obligé pour éviter que l'ensemble s'effondre.

Résultat des courses, le marché immobilier n'ayant pas tout détruit, les liquidités disponibles étant divagantes, elles cherchent des refuges sur des marchés qui forcément augmentent (augmentation
qui engendre la confiance et attire encore et encore les paquets de pognons monstrueux) : d'où la formation de la "bulle".

Et puis là, on ne peut pas jouer sur les taux : si ils sont trop bas, les effets de levier vont se reporter sur la bulle jusqu'à son éclatement ;
S'ils sont trop haut, on entre dans une véritable récession...

Bref, il faut du "doigté" pour sortir de cette m... (étron) !
Pas sûr qu'on y parvienne avant longtemps pour dégonfler tout ça sans provoquer de panique.

A suivre !


Vladimir Vodarevski 24/11/2009 20:37


Je voulais répondre à des commentaires alarmistes que l'on entend sur l'augmentation des obligations d'Etat, et des matières premières. L'augmentation de certains marchés repose beaucoup sur la
fuite vers la qualité. Globalement, les marchés financiers n'ont pas atteint les niveaux d'avant la crise. Par conséquent, je ne pense pas qu'on puisse dire que l'injection de liquidités a provoqué
cette bulle.
Cependant, y a-t-il trop de liquidités sur les marchés monétaires. Grande question. On a déjà du mal à mesurer la liquidité. Je pense que nos outils conceptuels pour analyser la monnaie sont
insuffisants. Y a-t-il eu augmentation de liquidités par les injections des banques centrales? Ou alors, y a-t-il eu diminution, si on prnd en compte l'argent parti en fumée des prêts non
remboursés?
La crise provoque une ruée vers la liquidité qui fausse la mesure. Les gens se défont d'actifs moins liquides, et utilisent leurs revenus pour acheter des actifs liquides. On ne sait donc pas
vraiment déterminer s'il y a eu hausse des liquidités, encore moins dans quelle proportion. Car on ne s'intéresse finalement que peu à ces phénomènes (si tu tapes "masse monétaire" sur google, dans
les premiers résultats tu tombes... sur ce blog, qui n'en parle finalement pas tant que ça. C'est dire que ce n'est pas un sujet qui passionne les foules. Pourtant, c'est important. Qu'en pense DD,
au fait?)
Je pense, à titre personnel, que les banques centrales pourraient d'ores et déjà commencer à retirer, doucement, des liquidités. Mais douououcement, pour ne pas affoler des marchés et des
commentateurs hystériques.
Les banques en ont-elles trop faits? Je dirais oui, pour la Fed. Elle a réellement cherché à soutenir l'économie, par des prêts étudiants, et en achetant de la dette fédérale. Du côté de la BCE, on
peut s'inquiéter des actifs acceptés en échange des liquidités. Mais les banques ont les moyens de rembourser, je pense.
Néanmoins, le taux d'épargne aux USA se redresse, ce qui montre une moindre accoutumance à la dépense.
La situation reste tendue, car on est en pleine restructuration économique. Il faut favoriser un retour à la normal le plus rapidement possible sur les marchés monétaires, c'est-à-dire que les
banques centrales retrouvent des bilans normaux. C'est possible. 
Il y a des incertitudes. Je préfère essayer d'être optimiste, par réaction! Le système monétaire, tellement décrié, a quand même bien résisté jusque là.
Quant à l'endettement des Etats... Bé, là, je suis moins optimiste. Il risque d'y avoir un gros plan de rigueur. Subrepticement, peut être. D'ailleurs, ces déremboursements de médicaments, de plus
en plus nombreux, n'est-ce pas un début? Et les impôts qu'on nous dit écologiques? Et les taxes sur les cigarettes? Enfin, on verra bien.