Analyse Libérale

Vélib', autolib' et écologie

20 Décembre 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied

     Un petit article sur un sujet à la mode: l'écologie. Je vais parler ici de thème à la mode en région parisienne: le Vélib' et autolib'. Le vélib' est vu comme un moyen sympathique de circuler, et écologique. Or, il n'est pas écologique.


     En effet, il faut d'abord fabriquer ces vélos, certainement à l'étranger car la plupart des vélos ne sont pas fabriqués en France. Quand ils sont fabriqués en France, ils sont plutôt assemblés, avec des pièces venant de partout. Cette fabrication et les transports entraînent de la pollution.


      Il y a aussi pollution car les vélos sont ramassés par des camions tous les jours. Les vélos abimés, pour être réparés, et ceux qu'il faut répartir dans des stations vides. Les stations situées au sommet d'une cote sont souvent vides à ce qu'il paraît. Paris est construite sur des collines. Même si ce n'est pas le Tourmalet, c'est suffisamment décourageant, d'autant que le vélib' n'est pas un vélo ni très maniable, ni très léger, d'après les utilisateurs.


      Mais le vélib' ne remplace-t-il pas des transports polluants? Il faut se souvenir que Paris est une ville où une forte proportion d'habitants n'ont pas de voiture. On n'en a pas besoin, avec l'offre de transports publics. En fait, ceux qui utilisent le vélib' sont des gens qui utilisaient les transports en commun. On peut dire que le vélo pollue moins que le bus. Mais l'offre de transports à Paris, c'est aussi pour une grande partie le métro, et le tramway. Ceci dit, les bus peuvent être équipé de moteur moins polluants, et on peut toujours installer des trolleybus.


     Mais, il faut aussi souligner que quand il pleut, il neige, il gèle, le vélib' est peu utilisé. Ce qui signifie qu'on ne peut pas diminuer l'offre de transport en commun, même polluant, en considérant que le vélib' peut les remplacer. En effet, il ne faut pas tenir compte du vélib' pour "dimensionner" l'offre de transport en commun, les usagers du vélib' pouvant à tout moment se reporter sur les transports en commun. Ou la voiture, si les transports en commun sont insuffisants.


     Par conséquent, le bilan écologique du vélib' est négatif. Je ne veux pas ici dire que le vélib' pollue honteusement. N'exagérons rien. Je veux simplement montrer que quelque chose qui paraît écologique ne l'est pas.


     Aujourd'hui, le grand projet, c'est autolib'. Le même système que le vélib', mais avec des autos. Déjà, quand on pense que généralement on considère qu'il y a trop de voitures qui circulent dans Paris, l'idée de créer un système de transport basé sur l'automobile est étonnante. En effet, ce système risque d'augmenter le nombre d'automobiles dans Paris. Puisque, encore une fois, des parisiens qui n'ont pas de voitures, et qui utilisent les transports en commun, seront tentés de prendre... la voiture. Autolib' risque donc d'aggraver les problèmes de circulation dans Paris, en augmentant le nombre d'automobilistes.


     Autolib' sera basé sur des véhicules électriques. remplaceront-ils des véhicules polluants? Les parisiens, comme je l'ai déjà écrit, sont une forte proportion à ne pas posséder d'automobile. Par conséquent, ceux qui en possèdent en ont vraiment besoin. Conduire les enfants à l'école, faire les courses, partir en week end dans la résidence secondaire (Paris est une ville comportant aussi pas mal de gens aisés). Et aussi des gens qui aiment les grosses voitures, pour le standing, parfois par nécessité (les enfants, les courses). Je ne suis pas certain qu'une petite voiture électrique leur conviendrait.


     Accessoirement, je me pose des questions sur le bilan écologique global des véhicules électrique. Déjà, si on est anti nucléaire, en France, le véhicule électrique est polluant, puisqu'alimenté par l'énergie nucléaire. D'autre part, il faut aller chercher le lithium des batteries dans des mines, en Bolivie par exemple. Et ces batteries sont-elles recyclables? J'aimerais bien avoir des réponses sur ce bilan écologique global. Pour le moment, le transport en commun me paraît plus écologique. Peut-être faudrait-il investir dans ce secteur plutôt que dans autolib'.


      Par conséquent, autolib' ne s'annonce pas comme très écologique. Il est peu probable que ceux qui ont déjà une voiture choisissent ce système. Par contre, il peut inciter ceux qui n'ont pas de voiture à l'utiliser. Dans ce cas, on aura un bilan écologique négatif, puisqu'on aura produit des voitures, et donc pollué, pour des gens qui n'en utilisaient pas.


     Un petit article pour dire que l'écologie, ce n'est pas si simple, et que ça peut facilement servir d'effet d'annonce. Que faire pour diminuer la pollution due aux transports? A Paris, une solution toute simple serait d'implanter des... supermarchés! En effet, les parisiens effectuent des déplacements en banlieue pour faire leurs courses. A Paris, il n'y a que les Monoprix et les Monop qui s'installent. Il y a aussi des Leader Price et des ED. Deux extrêmes en termes de prix. Bon, il y a aussi Hédiard, ou d'autres commerces de luxe. Accessoirement, ces supermarchés favoriseraient le petit commerce, puisque les parisiens ne feraient plus leurs courses dans les centres commerciaux de banlieue. D'une pierre deux coups.


     Une politique écologique, c'est aussi l'aménagement du territoire. C'est se soucier de la vie des gens, pour prendre des décisions pertinentes.

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sara 16/10/2014 19:16


Hello. Personnellement, bien que je sois aussi en faveur de l’écologie, je n’ai opté ni pour le « velib » ni pour « l’autolib ». J’ai préféré m’acheter une
voiture électrique. J’ai dû prendre un crédit auto chez https://www.sofinco.fr/credit-pret/credit-auto.htm pour être capable
d’acquérir une Renault Zoe, mais je ne regrette pas mon choix. Sur le long terme, ce mode de transport me permettra de faire des économies tout en protégeant la planète. De plus, avec mes
collègues, nous faisons, à tour de rôle, du covoiturage J

jean-luc 29/05/2010 13:29


le velib est maintenu par des electroaimants, qu'elle énergie consomment-ils?
Où attacher sa bicyclette à Paname?


mamalilou 11/01/2010 23:15


et bien sur ce coup là je ne te suis pas du tout
hormis le dernier paragraphe bien sûr

en effet, l'écologie c'est aussi et avant tout la capacité d'adaptation et la diversité d'offres pour plus d'adaptation individuelle et contextuelle
en effet, les solutions globales sont justement la cause de la plupart des pollution
cette vision nivelante et uniforme de la gestion du temps et de la géographie cause l'essentiel des déséquilibre

si tu veux faire un bilan complet et circonstancié il faut dire les choses complètement et faire les bonnes relations de causalité
en effet, Paris n'est pas plat et les circuits ne sont pas linéaires, les rues à nombre de voies largement variables sans compter les sens unique et les difficultés de stationnement
ce n'est pas parce que tout le monde ne redépose pas le vélib que personne ne le fait
premier sophisme
ce n'est pas parce que tout le monde ne sera pas intéressé par l'autolib que personne ne le sera
deuxième sophisme
il est évident que l'offre correspond strictement à la demande et qu'il n'y a pas d'excès à cela
nous avons tous des besoins temporaires
en attente de renouvellement de points de permis par exemple
pour des trajets seuls exceptionnellement
pendant un contrôle technique, une réfection, l'installation d'un airbag
de nombreux trajet intra muros pour faciliter le parking (et oui plus c'est ptit plus c'est facile à garer)

pour le vélo puisqu'il n'est pas léger il est moins facile à voler
et facilement repérable aussi en échange de moins maniable
et puis ainsi pas d'acrobaties dangereuses
non c'est bien étudié
et pareil là-aussi ce sont des usages pour la plupart du temps temporaires
il faut pouvoir offrir des possibilités diverses
sans être obligé de racheter d'autres bus pour gérer les rush de rentrée, de vacances d'été -où évidemment on prend plus volontiers le vélo qu'on n'entre dans un bus étuve-

je raccourcis volontairement hein, ici aussi à Amiens on a un système de "vélib"...

bon alors voilà, des solutions qui permettent d'attendre de changer le parc bus dans sa totalité (jeter avant amortissement d'utilisation et sans utiliser jusqu'à totale péremption c'est pas
écologique non plus...)
des solutions qui permettent d'éviter les rachats intempestifs de véhicules indispensables en cas de réparation ou de panne définitive... ce qui est bien aussi pour lutter contre l'endettement
et pareil pour les piétons qui trouvent plus avantageux cette autonomie à ce prix que le moindre taxi (polluant et coûteux) parisien...

donc une règle fondamentale dans l'évaluation du bilan écologique: ne rien négliger
oui la démarche est bonne de regarder le coût de production, les méthodes éthiques de production, le transport, l'entretien et tout
c'est très bien
mais il faut regarder ce que ça remplace réellement en totalité, et ce que ça évite comme progression de la pollution et des comportements polluants...

partout où l'on peut proposer des solutions adaptées il faut le faire
c'est ainsi que selon les besoins une maison écolo peut avoir à la fois le chauffage à copeaux de bois, ou à granules,
de l'eau chaude de vaisselle et lessives grâce à une plaque solaire,
une éolienne qui permet un arrosage automatique avec la récupération d'eau de pluies...
et récupérer de l'élec du réseau alimenté par de grosses éoliennes ou de l'énergie des vagues
pour tout le reste...

bref...
nuit bonne à toi
et... bonne année aussi (lol)


21/12/2009 09:22


Bien vu mais va plus loin encore, l'Ami futur prix Nobel !

D'abord, Paris compte le plus grand nombre de véhicules immatriculés que n'importe quel département ailleurs.
On a même été dans l'obligation de réformer la numérotation des plaques de police pour faire face, l'année dernière.
C'est uniquement parce que un très grand nombre d'entreprises, qui possèdent des camions et de voitures particulières ont leur siège social à Paris.
L'épopée des vignettes discount avait un temps un peu ralenti le phénomène, avec la Marne, la Seine-Maritime (et la Corsica Belle Tchi-tchi : mais là, c'était un problème de pneu crevé localement
pour les plaques de pinzuti).

Il y a de toute façon, à Paris, deux fois plus de véhicules particuliers que de mètre linéaire de stationnement sur le voie publique.
Elles sont donc ailleurs...
Ou roulent tout le temps...
Et puis De-La-Nuée, dès qu'il est arrivé à la mairie centrale a interdit les parkings sous les immeubles en construction (il a fallu revoir les permis de construire en instance) et n'autorise plus
les nouveaux parkings ouverts au public.

Il faut aussi compter avec un phénomène d'attractivité commerciale de Paris : certaines avenue sont de véritables centre commerciaux intra-muros !
Les champs Elysées, l'avenue de Rennes, Montmartre, le boulevard Haussman, la rue du Commerce, le Village suisse, etc, etc.
On y vient en voiture depuis la grande banlieue et encore plus depuis la province.

Politique de la mairie ?
Eh bien on prend du linéaire en plus pour parker les Vélib', on ferme l'accès des portes sud avec le tramway (demina l'est et le nord, les grands boulevards comme Montparnasse avec ses bus en
milieu de chaussée, Jean-Jaurès, etc.) : ça décourage les gens de venir en leur rendant la vie impossible.
Et en reportant le poblème sur la banlieue proche qui touche à l'engorgement (Montreuil est devenu impossible, Vincennes tout autant, Boulogne, Montrouge, Malakoff, les têtes de station des métros,
Vitry, Ivry, Saint-denis, pour celle que je fréquente régulièrement...).

C'est tout et les écolos sont content : j'en est vu une, d'élu écolo, qui m'a dit, toute fière d'elle, que ça circule mieux.
Moins d'embouteillage intra-muros, mais nettement plus fréquent hors la ville, la salope !
Pendant ce temps, le commerce parisien ne parvient plus à progresser : le foncier y est cher et quand le CA ne progresse pas alors que les loyers progressent, on passe de 15 % du CA en foncier, à
20 % voire 30 % dans certaines zones.
Si la marge ne suit pas, on ferme !
Et c'est le consommateur qui paye et ne trouve plus que du luxe ou des GSM au lieu et place desbouchers et boulangers traditionnels...
La belle affaire !

Reste le cas de Monop et de leader Price.
Ou ED.
Ce ne sont pas des discounters. Ils margent cher (environ 20 à 25 %), sur des produits extrême bas de gamme pour les deux dernières enseignes citées et sont propriétaires de leurs murs : ce qui
change tout parce qu'hitoriquement moins cher que d'être locataire...
Jusqu'au jour où ils feront comme la Samaritaine et valoriseront leur patrimoine.

Monop', le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, le BHV, margent plus ou moins selon les rayons, et les gammes qui sont nettement plus chères.

Conclusion, le vrai discount, à 18 % comme Intermarché qui avait installé un magasin dans le 20ème ou Cora dans les parking du quartier de l'horloge, ont disparu.
Il ne reste que le carrefour de la porte de Passy qui résiste. Mais étriqué dans ses murs, il n'a jamais progressé et vit à minima.

Alors oui, les parigots ont intérêt à prendre leur voiture et faire le plein à Parly II, aux Ulis, à Aulnay pour trouver des prix !
Qui flambent en CA...
Et qui rajoute au trafic routier...

C'est peut-être le sort d'autolib'.
On verra bien, puisque là aussi, il faudra de la place sur la chaussée piquée aux véhicules à essence.

Ce qui est curieux dans cette affaire-là, c'est que personne depuis Cergy ou Evry, voire Bienvenue et les métros aérien, n'a pensé à utiliser les volumes pour les déplacements.
Mettant en vols suspendus au-dessus de la chaussée les vhéicules individuels.
Ca, ça serait vraiment la solution (qui est d'ailleurs expérimentée en Californie où les distances sont plus importantes dans une même ville...) !

En tout cas, le grand-emprunt de "Bling-bling", ni le projet du "grand-Paris" ne l'envisage même pas !
On préfère faire chier tout le monde en rabotant les primes indécentes des traminaux.
Politique "tête dans le guidon", au final !

Bien à toi, Vladimir !