Analyse Libérale

Taxe financière et plus d'impôts: les réponses aux déficits.

18 Août 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La réponse aux déficits et à l'emballement de la dette des Etats européens qui semble unanimement prônée est une taxation supplémentaire des riches, et l'instauration d'une taxe sur les transactions financières.

 

      Concernant l'imposition des riches, l'idée serait soit de créer une ou deux tranches d'imposition supplémentaires, ou une taxe spéciale. Ces mesures n'abordent pas le cœur du problème, qui est la complexité de la taxation des revenus.

 

      D'abord, le raisonnement ne se fait qu'en termes d'impôts, alors que les prélèvements sociaux sont très importants en France. Ainsi, des chiffres de 2005 montraient que les prélèvements sociaux représentaient à l'époque 20% du PIB, contre 2,8% pour l'impôt sur le revenu. Le principal impôt est en France la TVA, avec 7,4% du PIB en 2005. Les chiffres ont pu varier depuis, mais les proportions sont relativement les mêmes sur le long terme.

 

      Ajoutons les niches fiscales en tout genre, les systèmes d'optimisation fiscale, qui profitent essentiellement aux revenus financiers. La situation est telle que l'instauration d'une flat tax en France, qui remplacerait l'impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux, serait plus juste que le système actuel. Pour plus de détail, lire l'article Flat Tax et justice sur ce blog.

 

      Concernant maintenant une taxe sur les transactions financières, le premier problème serait la mise en application. Il n'y a pas plus mobile qu'une transaction financière. Or, il sera impossible de faire appliquer cette taxe à toute la planète. Les transactions des gros investisseurs professionnels y échapperont, tandis que le français moyen qui placera son argent en écopera. Et va-t-on taxer les opérations de change, qui sont des opérations financières? Ce sont les voyages à l'étranger qui seraient taxés.

 

      Cette taxe est présentée comme morale, face aux débordements de la finance et aux flux de liquidités qu'elle brasse. Cependant, s'est-on interrogé sur l'origine de ces flux? Depuis des années les banques centrales injectent des monceaux de liquidités dans le système, au nom du soutien à l'économie. Il faudrait commencer à s'interroger sur cette politique, sur son effet sur l'économie. S'interroger sur les effets inflationnistes sur les marchés financiers. Mais ce serait remettre en cause un des fondements de la théorie dominante, à savoir qu'une politique monétaire accommodante est bénéfique pour l'économie. Cela montrerait que ce sont les autorités, ceux qui favorisent l'injection de liquidités, qui sont responsables des désordres monétaires.

 

      Ces propositions en vogue aujourd'hui évitent donc les problème de fond. Elles restent superficielles, populistes même. Elles s'apparentent à une opération de communication.

 

      Rien n'est dit par ailleurs sur une optimisation de la dépense publique, pour la rendre plus efficace, pour éviter les dépenses inutiles, et baisser la dépense publique pour laisser cet argent aux gens.

 

 

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Michel Martin 21/08/2011 11:35



Plutôt que taxer toutes les transactions, pourquoi ne pas faire le tri: encourager les investissements et toutes les transactions stabilisatrices et interdire les transactions qui augmentent les
risques sytémiques? Certains spécialistes affirment que ce
critère de tri vis à vis du risque systémique est facile à mettre en oeuvre.



Vladimir Vodarevski 22/08/2011 22:17



Qu'est-ce qu'une transaction stabilisatrice? Les dérivés, par leur fonction d'assurance, ont aussi un rôle stabilisateur.


Le problème apparaît de plus en plus le flot de liquidité, qui se retrouve forcément qulque part. Aujourd'hui, c'est l'or qui connaît une bulle. Une réflexion sur les perturbations des marchés
financiers par la créationmonétaire excessive de sbanques centrales devrait être menée.