Analyse Libérale

Rigueur au Royaume Uni: retour sur le blairisme

3 Octobre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      La Grande Bretagne s'apprête à subir un plan de rigueur que les commentateurs qualifient d'encore plus rude que la politique des années Thatcher. Est-ce donc le résultat de 13 ans de pouvoir travailliste: retour à l'époque de l'arrivée de Margaret Thatcher?

 

      La situation de l'économie est bien sûr très différente. Néanmoins, quand Tony Blair est arrivé au pouvoir, en 1997, tout le monde vantait le New Labour. Celui-ci était présenté comme la troisième voie, entre capitalisme et socialisme. Une appellation avait été trouvée: le social-libéralisme.

 

      A l'époque, il s'agissait de se montrer plus "social" que Margaret Thatcher, puis John Major, mais sans perdre les acquis en matière économique de l'époque des conservateurs. Sur ce point, Tony Blair, au contraire, se présentait presque en héritier.

 

      Durant la première partie de son mandat, Tony Blair a voulu montrer que les travaillistes étaient devenus de bon gestionnaires. Il s'est attaché donc à gérer de manière rigoureuse les finances de l'Etat. Les dépenses publiques, en pourcentage du PIB, jusqu'à la période 1999-2000. Le budget de l'Etat a même dégagé des excédents budgétaires.

 

  Deficit britannique

 

      Cependant, ce mouvement s'est inversé par la suite. La dépense publique, en pourcentage du PIB, pour dépasser, en 2004-2005, le niveau de l'époque de l'arrivée des travaillistes au pouvoir.

 

      Cette envolée des dépenses s'explique en partie par l'augmentation de l'emploi public. En effet, alors que tout le monde vantait le dynamisme de l'économie britannique, celle-ci était en fait nourrie à la dépense publique, et à l'emploi public. Tout en restant, paradoxalement, en France, pour le grand public, le symbole de l'ultra-libéralisme. Ainsi, au cours de la période 200-2004, plus de 55% de l'emploi créé l'a été dans la sphère publique.

 

      L'autre ressort de l'économie anglaise pendant la période travailliste a été le fameux effet richesse. Avec la hausse de l'immobilier, les propriétaires voyaient augmenter la valeur de leur patrimoine, pouvait s'endetter pour consommer. Effet qui s'est inversé avec la crise financière.

 

      Le plan de rigueur que subit le Royaume Uni est un retour à la réalité, en quelque sorte. Il n'y a pas de miracle en économie, et, le blairisme, si encensé, n'était pas une nouvelle politique économique. Il s'appuyait sur la dépense publique, et le crédit. En fait, les travaillistes ont utilisé les deux moyens les plus habituels en politique pour stimuler l'économie.

 

      (Pour plus d'infos: Les performances du marché du travail au Royaume Uni , et The public finances 1997-2000 )

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04/10/2010 10:17


Et créer des "déséquilibres structuraux" au passage, qui engendrent les difficultés "massives" en cas de retourbement de conjoncture...
Le cercle infernal que vivent les "Gaulois" depuis 30 ou 40 ans !