Analyse Libérale

Renault monte en gamme à Francfort

18 Septembre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

    PSA Peugeot Cotroën fait les titres de l'actualité automobile en France, à la fois pour ses nombreuses nouveautés, et pour ses difficultés financières. Renault reste un peu dans l'ombre. Il est vrai qu'au salon de Francfort, ce dernier ne présente pas de modèles tels la nouvelle Peugeot 308, ou le concept Citroën Cactus. Pourtant, Renault présente un concept Initiale Paris symbolique également pour son avenir.

 

    Renault a beaucoup évolué depuis une vingtaine d'années. Il y a la partie visible : l'alliance avec Nissan, et le rachat de Dacia. L'alliance avec Nissan produit un double effet. Renault peut réduire ses coûts en augmentant sa puissance d'achat auprès de ses fournisseurs. Il partage les coûts de développement de nouvelles plateformes, de nouveaux moteurs. Tout en bénéficiant des composants de son allié. Nissan lui ouvre aussi les portes de l'Asie, où il est implanté. Et peut-être un jour des USA. Enfin, en plus des bénéfices industriels et commerciaux, le deuxième effet de l'alliance est que Nissan, dont Renault possède 40%, est un placement très rentable.

 

    Dacia est aussi un succès très visible. Grâce à cette marque, le groupe Renault a limité les pertes de part de marché en Europe. La Sandero est dans le top dix des ventes de voitures en France. Renault a inventé un secteur : l'automobile low cost. En plus, cette activité est très rentable.

 

    Mais la mutation de Renault, c'est aussi ce qui se voit moins. Renault a ainsi profondément fait évoluer sa base industrielle. Le groupe produit moins en France. Ainsi, l'usine de Boulogne Billancourt n'existe plus. Les personnels d'autres usines ont été réduit. A l'étranger, Renault a fermé son usine belge de Vilvoorde. Renault a adapté son outil industriel à la fois aux coûts et à la demande. Au coût, car produire en Turquie, ou en Slovénie, est moins onéreux, et permet de pratiquer les tarifs que souhaitent les consommateurs d'Europe occidentale. Mais Renault s'adapte aussi à la demande : il est un des principaux vendeurs d'automobiles en Turquie.

 

    Ce qui se voit moins, c'est aussi, par la force des choses, l'internationalisation du groupe Renault. Ce dernier produit en Russie, en Inde, au Maroc. Il produit au Brésil depuis longtemps. Cette internationalisation se développe aujourd'hui à travers la gamme entry. Les modèles que les français connaissent sous la marque Dacia portent la marque Renault en Russie, et dans d'autres pays. Le véhicule le plus vendu du groupe est le Duster, décliné à la fois sous la marque Dacia, en Europe, et Renault, dans la plupart des autres pays. Renault s'internationalise donc avec sa gamme Entry, essentiellement dans les pays émergents, et de manière rentable.

 

    Cependant, en Europe, Renault est confronté au même problème que tous les constructeurs automobiles. Le marché se segmente de plus en plus, entre les premiers prix, et les marques plus prestigieuses. Le groupe Renault a une marque low cost, qui se développe : Dacia. Mais, quid de la marque Renault ? Le constructeur veut la faire monter en gamme. C'est l'objectif de la future gamme Initiale, présentée à Francfort par le concept car Initiale Paris, qui préfigure le successeur du Renault Espace. L'Espace est considéré comme le haut de gamme de la marque Renault. Mais le public se lasse des silhouettes de monospace. Renault veut donc renouveler le genre, avec une silhouette plus dynamique.

 

Mais Initiale Paris symbolise également un positionnement plus premium. Et Initiale est destinée à devenir l'appellation des finitions haut de gamme des modèles de la marque Renault. Ce concept car symbolise la volonté de la marque Renault de retrouver une croissance sur son marché domestique, c'est-à-dire l'Europe. Et de favoriser autant les marges que le volume.

 

Le groupe Renault est en bonne santé financière. Il lui est reproché de ne pas avoir développé suffisamment sa marque phare, de ne pas avoir renouvelé suffisamment tôt ses modèles, du moins en Europe, puisque l'expansion internationale est indéniable. Le groupe a ses relais de croissance, avec sa gamme entry, vendue sous le label Dacia en Europe, et Renault ailleurs. Son défi est de monter en gamme en Europe, pour augmenter les marges sur la gamme Renault, et s'adapter à la segmentation du marché automobile. En ce sens, le concept Initiale Paris est très important pour la marque Renault, et symbolique de sa stratégie.

 

 

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I-Cube 19/09/2013 09:14


Souhaitons à cette stratégie industrielle toute la réussite nécessaire à la survie de l'outil de travail...