Analyse Libérale

Réflexions sur les statistiques sur la pauvreté.

12 Octobre 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

    Voici quelques réflexions, qui partent dans différentes directions, inspirées des chiffres de la pauvreté aux USA. L'article n'est pas très construit, je m'en excuse, je n'ai pas trop le temps de fignoler.


    Le taux de pauvreté aux USA en 2008 était de 13,2% contre 12,5% en 2007. Ce qui traduit l'impact de la crise. Le revenu médian par foyer a baissé lui de 3,6%. Le revenu médian est celui qui partage les foyers en 2 parties égales: 50% qui gagne moins, 50% qui gagne plus. Les chiffres viennent du Census Bureau américain, sorte d'INSEE américain.


    Le taux de pauvreté américain n'a rien à voir avec le taux de pauvreté européen. C'est un taux de pauvreté absolu, tandis que le taux européen est un taux de pauvreté relatif.


    Aux USA, on détermine le montant nécessaire pour vivre, ce qui donne le seuil de pauvreté. En Europe, le seuil de pauvreté est déterminé en fonction du revenu médian. Le seuil retenu pas l'Europe est 60% du revenu médian. Ceux qui gagnent moins de 60% du revenu médian sont sous le seuil de pauvreté.


    Quelle est la différence entre les deux méthodes? La méthode européenne est plus une mesure d'un taux d'inégalité. Y a-t-il un lien entre inégalité et pauvreté? Cela dépend.


    Dans certains pays, une partie de la population capte une part très importante des revenus, du fait par exemple de monopole à l'importation, ou de contrôle des richesses naturelles. Dans les régimes communistes, c'étaient les dirigeants qui avaient accès à des richesses sans commune mesure avec ce dont pouvait disposer la population. C'est encore le cas en Corée du Nord et à Cuba.


    Dans les pays développés, la population est essentiellement composée par la classe moyenne. Il y a beaucoup moins d'inégalités. Même si, aux USA, ces derniers temps, une part importante des revenus est captée par les 1% les plus riches.


    Dans un pays comme la France, le niveau de pauvreté relative traduit en fait mal les besoins de la population, et même mal l'évolution de la répartition des revenus. Ainsi, ces dernières années, le taux de pauvreté n'a pas augmenté. L'écart entre les plus riches et les moins aisés est stable, selon les calculs habituels. Cependant, on constate une augmentation plus importante des revenus du 1% les plus riches, également, ainsi qu'une progression plus limitée des revenus de la classe moyenne. En clair, on a un tassement des revenus: les revenus moyens se rapprochent des bas revenus, et les revenus les plus élevés s'envolent. (cf  Inégalités, évolution des revenus  et La valeur ajoutée: description, lien avec les revenus.   ).


    Par ailleurs, d'autres inégalités n'apparaissent pas dans les chiffres sur la pauvreté relative: inégalités dans l'éducation, difficultés à se loger, inégalités face à la santé. Dans un pays comme la France, où les dépenses de solidarité sont élevées, c'est un problèmesde gestion de la dépense publique. Celle-ci représente plus de 50% de la richesse produite chaque année. Ce n'est pas un manque de moyens donc. Mais un problème d'organisation, et d'allocation des ressources.


    Notons qu'un pays comme la Suède, dont la dépense publique était passée à 70% de la richesse créée, l'a diminuée pour revenir au niveau de la France, et cherche à la diminuer. encore La Suède n'est pas un pays ultra-libéral. C'est le pays de l'Etat providence. Ce qui signifie qu'ion pourra difficilement lutter contre les inégalités en augmentant encore la dépense publique, si même la Suède a considéré que c'était une mauvaise solution.


    Soulignons également, qu'aux USA, le taux de pauvreté est calculé sans tenir compte des programmes sociaux alimentaires et de logement public, ni des systèmes publics d'assurance santé (qui existent, les USA ne sont pas dépourvus d'un système de sécurité sociale, même s'il ne couvre pas toute la population).


    En France, le taux de pauvreté n'inclut pas les prestation de santé, les HLM. Mais il comprend toutes les prestations sociales pécuniaires. Là encore, il faut en tenir compte pour une bonne analyse d'un système économique et social. En France, c'est la redistribution qui permet de faire baisser le taux de pauvreté. Celle-ci est plus faible aux USA. Il faut veiller à ne pas casser le système cependant.


    Ainsi, le RSA constitue un danger pour le système social français. En effet, il incite les chômeurs à accepter n'importe quel emploi, la puissance publique s'engageant à verser un revenu de complément, pour compenser le mauvais salaire. Ce faisant, la puissance publique n'encourage pas à la création d'emplois bien payés, capables de financer un système social efficace.


    C'est un processus libéral normal que les chômeurs refusent un emploi s'il est mal payé. Cela doit inciter les employeurs à améliorer leur offre. De plus, il est logique que, quand le niveau de vie augmente, on accorde un minimum vital aux gens qui ne travaillent pas. Cela doit inciter l'économie à élever son niveau de rémunération.


    En France, par le RSA, on encourage les bas salaires. De même, l'encouragement aux services à la personnes encourage la création d'emplois de quelques heures par semaine. Donc mal payés. De même la réduction du temps de travail, qui a profité aux cadres, mais les salariés les moins bien payés auraient préféré une augmentation des salaires plutôt qu'une baisse du temps de travail, accompagnée de la modération salariale, et la perte d'heures supplémentaires. On privilégie la baisse des chiffres du chômage à la construction d'une économie forte, et socialement efficace. On a une partie de la population qui subventionne le travail d'une autre partie. Est-ce viable à moyen terme?


    Ce sont quelques réflexions qui partent dans tous les sens, inspirées par les chiffres de la pauvreté aux USA. La redistribution est meilleure en France, indéniablement. Mais les mentalités sont différentes des deux côtés de l'Atlantique.


     Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il faut faire attention aux statistiques. Le même intitulé ne signifie pas toujours la même chose. D'autre part, une statistique ne révèle pas tout. Il faut étudier une situation dans son ensemble pour se faire une idée.


     J'en profite pour à nouveau critiquer la commission Stiglitz, qui cherche de nouveaux indicateurs, pour remplacer le PIB, et pour mesurer le bien être. Nous avons tous les indicateurs dont nous avons besoin. Mais la difficulté est de bien les utiliser. Et , ensuite, de s'attaquer aux vrais problèmes. En France, c'est l'efficacité de la politique sociale. Nous pourrons difficilement augmenter les dépenses. Nous serons sans doute obligés d'augmenter les prélèvements, mais pour éponger nos dettes.


    Il nous faut donc réfléchir à des politiques sociales efficaces, dans l'éducation, la santé, et le logement notamment. Et nous devons construire une économie dynamique, pour garantir notre modèle social (sur ce sujet, voir mon article:  La relance, l'innovation, capital risque et capital développement  )


    (Cliquer ici pour les chiffres de la pauvreté aux USA. Le document est en anglais, mais mêmes ceux ne maîtrisant pas la langue pourront trouver intéressants les graphiques)


Le livre du blog est paru: La crise avec des mots simples

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mamalilou 20/10/2009 01:03


pas très construit peut-être, mais clair et c'est l'essentiel!
belle nuit à toi