Analyse Libérale

Présidentielle 2010 au Brésil

3 Octobre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Divers

 

      Le président brésilien Luis Inacio Lula Da Silva s'apprête à laisser sa place, au faîte de sa popularité. En effet, il ne peut pas se représenter une troisième fois d'affilée. La présidence de Lula est unanimement saluée comme un succès.

 

      Lula vient du parti des travailleurs, parti de gauche donc. Mais la principale particularité de ses deux mandatures, est une politique budgétaire et monétaires des plus orthodoxes. La lutte contre l'inflation, et un excédent budgétaire primaire ont été les maître mot de sa politique.

 

      Lula a ainsi mis un point d'honneur à rembourser le FMI, dès son arrivée au pouvoir.

 

      La lutte contre l'inflation s'inscrit dans la continuité de son prédécesseur, Henrique Cardoso, montrant la maturité politique du Brésil.

 

      Quel contraste avec les USA. Ceux-ci ont mené une politique monétaire expansionniste, pour provoquer la croissance. Ce qui a provoqué une crise.

 

      Tandis que le Brésil menait, et mène toujours, une politique monétaire orthodoxe, avec même des taux d'intérêt peut-être un peu trop élevé, ce qui lui a offert une remarquable stabilité économique. Faisant oublier les années d'hyperinflation.

 

      La stabilité monétaire a permis la mise en place d'une politque sociale d'allocation. En effet, dans un contexte d'hyper-infaltion, donner des allocations a peu d'effet. L'inflation fait baisser le pouvoir d'achat de ses allocations très rapidement, et se ces allocations sont indexées sur l'augmentation des prix, elles nourrissent l'inflation.

 

      Le Brésil est un exemple de la pertinence des politiques orthodoxes. Et la crise financière un exemple des problèmes engendrées par les politiques expansionnistes de stimulation.

 

      La méthode libérale est basée sur un concept simple: le tâtonnement. On tâtonne, et la solution la plus adaptée s'impose. Le Brésil a montré l'efficacité économique, mais aussi sociale, d'une politique monétaire orthodoxe.

 

       La Brésil rappelle aussi que le social dépend de l'économie.

 

      Le Brésil a encore beaucoup de progrès à faire. Les infrastructures sont largement insuffisante, la paperasserie est réputée très lourdes. Ce n'est pas facile de faire bouger un pays si vaste, et si peuplé. Mais il semble être sur le bon chemin. Même s'il ne faut pas oublier que tout est fragile en économie.

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Michel MARTIN 15/10/2010 17:35


Après réflexion, je suis pour une sorte de démocratie athénienne dans l'entreprise (mis à part le côté sexiste des athéniens qui n'est plus de mise). Dans ce modèle, il faut que la majorité des
actions soient détenues par les employés qui les revendent quand ils quittent l'entreprise. La part détenue par des actionnaires externes doit rester en dessous de la minorité de blocage (je ne
sais pas bien combien c'est). Aucun employé ne peut détenir plus de 10% ou 15% des actions, ce qui signifie que l'entreprise doit organiser un outil de direction associant au moins 5 ou 6 personnes
pour pouvoir décider quelque chose. Les lois actuelles ne sont pas du tout prévues pour que des groupements d'actionnaires soient constitués.
C'est une réflexion en cours et même en démarrage. Le but poursuivi c'est que justement, les buts et les intérêts des employés et ceux des actionnaires se rejoignent. Ce qui fait naître la
situation où les employés subissent est bien qu'ils ne soient pas assez associés à la marche de l'entreprise. La participation et l'intéressement vont dans ce sens, mais elles n'empêchent pas
qu'une boîte soit brinqueballée de main d'actionnaire à main d'actionnaire qui sont trop centrés sur des profits financiers et tant qu'à faire le plus vite possible, quitte à ce que ce soit au
détriment du projet industriel ou entrepreneurial (j'ai vécu plusieurs cas de ce type). quand il ne s'agit pas de LBO scélérat(comment traduis-tu ça en français?). Il est probable qu'avec le
système de démocratie athénienne, le développement des entreprises soit un peu ralenti, la stabilité se paie, mais est-ce un mal étant donné la difficulté de la société à suivre le rythme de
changement actuel?

La Scoop, c'est la démocratie populaire (une personne une voix), il semble que la plupart des scoop marchent bien lors de la création et tant que les fondateurs dont c'est l'oeuvre sont présents,
mais qu'ensuite ce sont les moins-faisants qui dominent la situation ce qui finit par les couler économiquement. Incognitototo en connaît un rayon sur ce sujet.


Michel MARTIN 14/10/2010 10:23


Changer le monde passe peut-être par un approfondissement de la démocratie. Incognitototo a écrit quelques articles assez intéressants sur ce sujet. De mon côté je me demande comment on peut faire
entrer plus de démocratie dans l'entreprise sans anéantir les capacités de décision. Avec le règne de l'actionnaire majoritaire, pas mal de boîtes en sont encore au régime féodal et ce n'est pas
les lois Auroux qui y ont changé grand chose. Il me semble qu'il faut que les actions d'une entreprise soient détenues par ses employés, ou au moins qu'ils puissent avoir la majorité. Comment avec
cette contrainte, organiser un système de décisi,on efficace? C'est toute la question.


Vladimir Vodarevski 15/10/2010 00:35



Je ne suis pas pour la démocratie dans l'entreprise. L'intérêt du salarié et de l'actionnaire n'est pas forcément le même. Le salarié actionnaire peut même se faire instrumentaliser, pour
protéger la société contre une OPA, et en fait protéger les dirigeants.


Ou alors, que ce soit une vraie coopérative, avec des revenus fluctuant au gré de la conjoncture (comme Fagor en Espagne).



Michel MARTIN 11/10/2010 18:26


Vladimir,
NEZ ROUGE, un peu de littérature.
En fait je me demande comment on peut, en démocratie, empêcher que des parasites ou des profiteurs s'installent aux commandes ou raflent les efforts de tous. Il me semble que le mépris joue un
grand rôle dans cette mauvaise farce. Tous les jours sur la route, je vois ce genre d'énergumène qui agressent les autres en leur collant le train, appels de phares, doublement par la droite... et
qui se disent, mais qu'est-ce qu'ils foutent ces c... là, peuvent pas me laisser passer ces trainards? Il faut une dose de mépris général assez grande pour se comporter de cette manière, mépris qui
provoque un mépris réciproque, mépris des deux bords qui permet à ce genre de situation de perdurer. A une époque, j'avais trouvé un petit truc pour briser un instant ce mur du mépris. Quand je me
faisais agresser par un de ces chauffards au dessus des droits ordinaires alors que je faisais un dépassement dans les limites de la vitesse autorisée. J'avais un nez rouge à portée de main et je
le chaussais avant de me rabattre après avoir mis le clignotant pendant que l'autre s'impatientait. En général, le dépasseur très pressé par on ne sait quoi, jette un oeil au connard qui l'a
ralenti dans sa quête sacrée et le petit nez rouge produisait souvent un petit effet des plus plaisants pour moi. Un petit instant ou le temps suspends son vol et pendant lequel on peut percevoir,
en regardant sournoisement en coin pour ne rien en laisser paraître, on peut donc percevoir un tout petit instant de flottement pendant lequel le mur du mépris vacille. C'est toujours bon à
prendre. Mais avec les rentiers qui pompent l'économie avec des pompes à finances UFT (Ultra Fast Trading)faites elles-mêmes de monnaie, quel nez rouge pourrait bien apporter un tel petit instant
en apesanteur apte à faire vaciller un petit moment cet énorme mur de mépris qui permet à ces carnassiers d'affamer sans vergogne des centaines de milliers de personnes en jouant sur les cours des
denrées alimentaires?


Vladimir Vodarevski 11/10/2010 19:06



Je ne sais pas. D'un côté, je ne me fais pas d'illusion, de l'autre, je voudrais changer le monde.



Michel MARTIN 08/10/2010 20:52


J'y vois pas très clair en ce moment. Je me demande comment ça va tourner, je me demande à quoi bon pousser à la roue d'un char qui nous emmène au gouffre avec des cochers encocaïnés et les poches
pleines, mais jamais assez à leur goût. Pour plaire à tous, Lula a bien dû faire des concessions à ces grands parasites, non? C'est quand même le problème numéro un et on ne voit pas d'où pourrait
venir un quelconque changement.


Vladimir Vodarevski 08/10/2010 21:06



Mouais, je comprends ton pessimisme. On m'a fait remarquer, au contraire, mon optimisme. Pour le Brésil, je souligne la continuité: une politique de stabilité monétaire, qui a permis la politique
sociale. Pour le reste, le Brésil reste un pays très compliqué, avec ses gangs, sa corruption, sa violence, ses inégalités. Mais, on ne change pas les choses sans y croire. Je préfère un peu
d'idéalisme, de naïveté. Tu me trouveras un peu tendre... Mais je refuse la résignation. Je ne suis pas encore arriv à ce point.



Michel MARTIN 08/10/2010 13:53


"La bonne voie", mais la voie de quoi au juste?


Vladimir Vodarevski 08/10/2010 15:33



La voie de la diminution de la pauvreté. C'est déjà un début...



Michel MARTIN 07/10/2010 19:49


C'est tellement exceptionnel de voir une personnalité politique encore plebiscitée après 8 années à la plus haute fonction que ça valait bien un petit hommage de ta part!
Il me reste quelques réserves sur les agrocarburants et les OGM que le Brésil a fortement développés, mais c'est sans doute des remarques de "riche". Il semble que la corruption soit aussi demeurée
à un niveau très élevée, mais bon, chez nous c'est le conflit d'intérêt qui sape nos bases démocratiques (Cf le petit bouquin vite fait de Martin Hirsch).


Vladimir Vodarevski 07/10/2010 19:57



La réussite de Lula ne doit pas masquer que le Brésil a encore beaucoup de chemin à parcourir. Les infrastructures sont insuffisantes, la bureaucratie apparemment un peu trop présente. Il y a
encore de grosses inégalités. Mais le pays paraît sur la bonne voie.



04/10/2010 10:11


En effet ! Belle réussite, saluée, d'ailleurs.
Mais aussi un beau pied de nez à tous les "dogmatiques" du monde entier.

Tu as raison de dire que LA solution s'impose par tâtonnements (successifs).
Si on pouvait en faire autant chez nous, ça serait vraiment sympa...


BENICHOU 04/10/2010 09:40


bien vu.
Rien ne laissait présager le coup de théâtre du I°Tour!