Analyse Libérale

Morale laïque

3 Septembre 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

     Deux articles qui se télescopent dans le Figaro ce jour. L'un traite des projets de "morale laïque" de Vincent Peillon, le ministre de l'éducation nationale français. L'autre des cours "d'éducation morale et nationale" que le gouvernement chinois veut imposer aux élèves du territoire de Hong Kong. Coïncidence malheureuse, ou rappel de ce que peut être la "morale"?

 

     L'éducation est un domaine sensible. Éduquer les enfants au "vivre ensemble", pourquoi pas. Les règles de politesse, se lever quand un professeur entre en classe, pour apprendre à se lever pour saluer quelqu'un plus tard, s'habiller correctement, ne pas être débraillé, ne pas parler trop fort dans son mobile en public, baisser le son de son baladeur dans les transports, aider les personnes âgées, les mamans avec une poussette dans les escaliers du métro, dans les transports en commun. Sensibiliser aux règles de santé publique, à l'utilité de se laver, aux problèmes  de l'alcoolisme, de la drogue, du cannabis. Sensibiliser au surpoids.

 

     On remarquera que même dans les domaines ci-dessus, il peut y avoir des dissensions. Les règles vestimentaires ne font pas l'unanimité. La critique du cannabis non plus. Se lever quand entre un professeur, un proviseur, n'est pas acceptable pour tous. Il n'y a pas de consensus. Mais Vincent Peillon veut aller plus loin. Le Figaro le cite : «La morale laïque, c'est comprendre ce qui est juste, distinguer le bien du mal, c'est aussi des devoirs autant que des droits, des vertus et surtout des valeurs».

 

     Où finit l'éducation, où commence l'embrigadement? Où commence le domaine de l'école, où est celui des parents? L'écologie est-elle une valeur? Faut-il enseigner la discrimination positive comme une valeur?

 

     Ce qui pose problème, c'est le mot "morale". Il est très fort. Le "vivre ensemble" suppose des règles de politesse, de respect d'autrui, de sa propriété, de la propriété commune. Déterminer ce qui est juste va au-delà. Est-il juste de se défendre avec une arme à feu quand on est soi-même menacé d'une arme? Est-il juste de gagner beaucoup d'argent en revendant une entreprise qu'on a créée? Ce ne sont pas des sujets consensuels. Qui peut décider ce qui est juste? Cela doit-il être enseigné comme une morale, ou être un débat?

 

     Le danger est d'empêcher tout débat, de déterminer par la loi, et donc de l'imposer à la société, ce que doit être l'opinion de chacun. De décréter ce que nous devons penser du régime politique idéal. Alors que la République doit autoriser la liberté d'expression, le débat, et que l'école doit former au débat, à l'autonomie de pensée. Sans compter le rôle des parents : l'enfant appartient-il à l'Etat ou est-il sous la responsabilité de ceux qui l'ont conçu?

 

     Le concept de "morale laïque" est ainsi ambigu, et ouvre la possibilité à des dérives. Il doit être précisé. Il est cependant étonnant qu'il ne suscite pas plus de débats, à gauche comme à droite. Notre société semble incapable de débattre, de réfléchir sur les sujets de sociétés, se contentant de la communication, du marketing, et des effets de mode ou d'annonce. Les médias dominants se contentant d'être une caisse de résonance, plutôt que de susciter le débat.

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thom 05/09/2012 08:11


On ressort du carton une idée plutot communiste de base : éduquer les peuples en masse...


Le délitement de la Société est en grande partie du au fait que la valeur travail n'a plus de sens. RTT, vacances, férié, grève, dimanche, etc ... sont des mots qui parlent aux jeunes. L'Etat au
secours de la famille défaillante, l'école qui se substitue une heure par semaine à la médiocrité sociétale, c'est pathétique je trouve. Car il est du devoir des parents d'éduquer ses enfants
pour le vivre ensemble, et il est du devoir de chacun de relayer l'idée constamment.


je me permets de répondre à L-cube ... "vizirs d'operettes certes" du coté de l'UMP et sans doute. Mais je préfère ce sketch là à celui que nous sert l'autre bord, en désignant d'office le
successeur que les militants devront adopter : meme staline n'avait pas fait mieux !

I-Cube 03/09/2012 19:11


Il y en a en pagaille Corsica-bella-tchi-tchi...


Mais pour l'heure, ils se neutralisent réciproquement.


"L'aventure", aujourd'hui, ça reste "Marinella-tchi-tchi", hélas, ou "Met-luche" !


Tu fais le tri : A droite, ils sont phlétore à vouloir devenir "Calife à la place du Calife", mais ce ne sont que des "grands vizirs d'opérette" qui se prennent pour Dieu parce qu'ils ont touché
du doigt le 7ème ciel du pouvoir et vécu dans l'ombre de "Bling-bling".


Résultat on a "bas-du-kul" (c'est ainsi qu'il se présente dans une biographie autorisée) en capitaine de pédalo...


 


Mais c'est vrai qu'à gôche, il y a des pragmatiques loin d'être des dogmatiques. Mais plus on monte dans la hiérarchie, moins ils ont de poids.


Faut espérer dans les quadra nouvelle génération (QNG). Par exemple, je suis ravi qu'à Paris Anne Hidalgo se décide à y aller : Les nanas de "de-la-nuée" (el-konnerie par exemple, Capucine et
d'autres), elles en ont  dans le froc, loin des discours pontifiant. Un vrai régal !


Dommage qu'on ait pas les mêmes à droâte...

I-Cube 03/09/2012 18:29


Peut-être est-il déjà trop tard pour apprendre à débattre autrement qu'à coup de slogan publicitaire...

Vladimir Vodarevski 03/09/2012 18:54



Salut I Cube. C'était bien la Corse? Content de ton retour. Et, je constate que nous partageons le même pessimisme. Mais, sait-on jamais. Tu sais, ce que pense le "peuple", n'est pas forcément ce
que croient nos "zélites". Même chez des gens de gauche, mais qui ont gardé leur libre arbitre, je constate qu'il y a des opinions pragmatiques, et non idéologiques. Je vais te dire : la France
est mûre pour un aventurier! Tu n'aurais pas un cousin corse, style Napoléon, pour nous relancer le pays? A défaut d'un de Gaulle (né à Lille, dans ma région).