Analyse Libérale

Les plans de rigueur sont-ils injustes?

10 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     La présidente du FMI, Christine Lagarde, a appelé les pays qui le peuvent à mener une politique de relance. En France, le mot rigueur est quasiment une grossièreté. La rigueur est combattu car elle provoque une aggravation du ralentissement de l'économie, et parce qu'elle pèse sur les classes moyennes. D'autre part, ne faudrait-il pas faire payer ceux qui sont considérés comme les responsables de la crise, c'est-à-dire les agences de notations, et, surtout, les banques?

 

     Les politiques de rigueur sont contestées car elles aggraveraient la situation économique des pays concernés. Un plan de rigueur, pour diminuer les déficits, provoque, c'est indéniable, une contraction de l'économie. Ces préconisations contre la rigueur s'inscrivent dans le cadre des politiques de relance keynésienne. L'injection d'argent dans l'économie, financée par le déficit budgétaire, permet, selon les théories keynésiennes, de relancer la croissance, qui financera ensuite le déficit.

 

     Ces théories ont été appliquées dans les années 1970. Cependant, la relance n'a pas été au rendez-vous. Au contraire, les relances par le déficit ont entraîné... la rigueur! C'est ce qui a été appelé le stop and go: le déficit entraîne effectivement un sursaut de croissance, mais sans effet de relance. Le déficit doit être remboursé, mais, comme il n'y a pas de relance pérenne, il faut appliquer un plan de rigueur, qui stoppe l'économie.

 

     Les déficits ont donc entraîné non pas la relance, mais la rigueur. Aujourd'hui, les déficits ont explosé. Car, avant même la crise, la plupart des pays étaient en déficit. Et là est le problème: il n'y avait pas de marge pour encaisser le choc.

 

     Les déficits n'entraînant pas de relance, mais au contraire plus de rigueur, il est plus prudent de faire la rigueur immédiatement, plutôt que d'en subir une plus forte ultérieurement. les français ont d'ailleurs déjà connu cette situation dans les années 1980, la relance ayant entraîné le plus gros plan de rigueur jamais appliqué en temps de paix.

 

     Néanmoins, la situation paraît injuste, car les responsables désignés de la crise financières sont, notamment, les agences de notations et les banques. Les banques se sont fourvoyées dans les titres subprime, élaborés par les agences de notations, ce qui aurait provoqué la crise. Et ce sont les classes moyennes qui trinquent.

 

Cependant, cette version des faits est plutôt arrangée. Elle passe sous silence le fait que les uSA ont favorisé les prêts immobiliers à des foyers insolvables. Par exemple, Bill Clinton a assoupli les conditions auxquelles les organismes de rachat de prêts hypothécaires, Fannie Mae et Freddie Mac, pouvaient racheter les prêts.

 

     D'autre part, ce sont les autorités qui ont donné leur pouvoir aux agences de notations. En effet, pour pouvoir emprunter sur les marchés financiers, les autorités de régulations obligent à se faire noter. D'où le pouvoir des agences.

 

     Les banques ne se sont pas fourvoyées dans les titres subprime. Elles ont agi conformément à la réglementation de l'époque, en achetant des titres bien notés. Les autorités savaient parfaitement ce qui se passait, ainsi que la composition des titres subprime. N'oublions pas que la finance est le secteur le plus régulé au monde.

 

     Les autorités ont provoqué l'expansion du crédit, en maintenant les taux bas. Rappelons nous qu'à l'époque, la politique de la BCE était critiquée car considérée comme trop stricte. Tandis que l'effet richesse était vanté: les gens, aux USA, mais aussi au Royaume Uni, voyaient la valeur de leur logement augmenter, ils s'endettaient sur la base de cette "richesse", et consommaient, ce qui soutenaient l'économie. Ce mouvement était approuvé, et vanté. Personne ne s'intéressait à l'effet inverse.

 

    La crise que nous connaissons n'est donc pas une crise financière, mais une crise économique, provoquée par la politique économique. Les pays les plus touchés sont ceux qui ont suivi ce genre de politique: USA, Royaume Uni, Irlande, Islande, Espagne. D'autres pays ont profité de la croissance artificielle pour s'endetter, comme la Grèce. Aujourd'hui, nous subissons les résultats de cette politique.

 

     La rigueur est une sorte de purge, un assainissement pour repartir du bon pied. Il ne faut pas s'imaginer que les erreurs de politique économique ne se paient pas. Et c'est là le drame: ceux qui en sont responsables, les politiques, ne sont pas ceux qui paient.

 

     Le monde est en fait en crise depuis les années 1970. Les recettes appliquées pour en sortir sont issues des théories keynésiennes. Mais elles ont échoué. Pourtant, elles sont toujours appliquées. N'est-ce pas là le problème?

 

     D'autre part, une question est laissée sans réponse, sans débat: d'où viennent les liquidités qui inondent les marchés financiers? depuis des années, des décennies même, la masse monétaire augmente beaucoup plus que la croissance économique. Tout cet argent doit bien se retrouver quelque part. Ainsi, la politique de quantitative easing de la Fed est accusée d'avoir un rôle dans la flambée des matières premières et agricoles. La politique de crédit des USA avait provoqué une bulle immobilière, et comme par hasard les matières premières flambaient également.

 

     En économie, on oublie certains faits, on triture la réalité. Mais, quand on dirige un pays, la réalité s'impose. Ainsi, Christine Lagarde, qui dirige le FMI, encourage les pays à relancer leur économie. Mais le même FMI, quand il doit s'occuper d'un pays, applique la rigueur.

 

     Peut être serait-il temps de s'interroger sur les recettes keynésiennes qui sont appliquées à l'économie: et si elles étaient la cause des problèmes, et non la solution?

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I-Cube 12/09/2011 10:00



Plus que temps, en effet !


Puisqu'elles ont fait "faillite-totale" en y entraînant, familles, foyers, économies nationales et même internationales.


 


Mais on manque de modèle alterrnatif crédible... qui prenne en compte ce que le dogme dominant ne veut pas voir, refuse de voir, à savoir que finalement, "le marché", il s'auto-régule en
détruisant (peu ou prou : il reste encore 10 à 15.000 milliards d'actifs "fictifs" qui se promènent autour de la planète en toute liberté, malgré l'hyper-réglementation des "marches" ! Il y en
avait pour 60.000 milliards en 2007 !) les "fausses valeurs" !


 


On y verra plus clairement quand la "Clique Rotschildenne" aura réduit son influence à gérer tous ces actifs-fictifs...


Fin 2012, début 2013, pas avant !