Analyse Libérale

Les grèves du 7 septembre

6 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

     Le projet de réforme des retraites a entraîné l'appel à une journée d'action ce 7 septembre de la part des syndicats.

 

     Les critiques habituelles sont de mises. Des syndicats qui ne savent que protester, des fonctionnaires privilégiés qui vont faire grève, une réforme indispensable, etc, etc.

 

     Cependant, force est de constater qu'en France, pour exister dans ce type de négociation, il faut faire grève d'abord. Et on discute ensuite. C'est comme ça. Même si on peut considérer que c'est regrettable.

 

     L'attitude des syndicats est parfois ambigüe. Il y a une guerre de tranchée, sur fond de réforme de la représentativité.

 

     Les deux principaux syndicats, la CGT et la CFDT, qui soutiennent la réforme de la représentativité, qui a été conçue pour eux, sont dans une position d'attente. La CGT rejette le projet en bloc. La CFDT aimerait bien négocier, avançant timidement des points à améliorer, mais elle a un trop mauvais souvenir des conséquences de son soutien à la précédente réforme des retraites. En France, un syndicat doit contester, c'est la règle.

 

     Les petits syndicats, dont la survie est menacée par la réforme de la représentativité, se radicalisent, c'est logique, pour exister.

 

     Et l'opposition s'oppose, logique également.

 

     Il y a bien sûr des revendications. Les syndicats veulent conserver le même système de retraite, en augmentant les prélèvements obligatoires. Seulement, vu l'état des finances publiques, les prélèvements obligatoires vont augmenter, mais pour résorber le déficit.

 

    Dans tout ça, il manque un élan, une vision, du charisme. La réforme des retraites est guidée par l'urgence. Il n'y a pas eu de réflexion sur le long terme, de préparation, d'explication.

 

     La crise, et l'aide apporté aux banques, a rendu les gens furieux, et leur fait dire qu'on dépense pour protéger les banques, mais pas les retraites. Sans compter qu'aucun grand patron n'a l'intelligence de consentir quelque sacrifice, par solidarité, pour soutenir la réforme. Les patrons réclament, et se prétendent libéraux. Après, ils ne comprennent pas les humeurs du bas peuple.

 

     Une réforme intelligente serait de lier l'âge de départ en retraite à l'espérance de vie selon les métiers. Mais ce doit être un peu trop explosif puisqu'aucun gouvernement ne s'y est aventuré. Et aucun syndicat n'en défend le principe.

 

     Le petit jeu français va donc continuer. Des salariés vont sacrifier une journée de salaire dans la grève. Pour exister. Les syndicats, le gouvernement, le patronat, vont s'interroger sur la meilleure posture à tenir.

 

     Au final, même si les retraites dépendent également de la démographie et de l'espérance de vie, le problème revient toujours à l'insuffisance de croissance du pays. Imaginons que l'on crée de vrais emplois pour les jeunes, c'est-à-dire des emplois "cotisants", et non aidés: le financement des retraites est en partie résolu!

 

     Mais, dans ce domaine aussi, il y a des postures, syndicales, gouvernementales, et patronales. Chacun défendant ses intérêts, ou des idéologies.

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mamalilou 12/09/2010 22:22


"Dans tout ça, il manque un élan, une vision, du charisme."

-->> bien dit!

"La réforme des retraites est guidée par l'urgence. Il n'y a pas eu de réflexion sur le long terme, de préparation, d'explication.

La crise, et l'aide apporté aux banques, a rendu les gens furieux, et leur fait dire qu'on dépense pour protéger les banques, mais pas les retraites. Sans compter qu'aucun grand patron n'a
l'intelligence de consentir quelque sacrifice, par solidarité, pour soutenir la réforme. Les patrons réclament, et se prétendent libéraux. Après, ils ne comprennent pas les humeurs du bas
peuple."

-->> bon ben ça c'est dit, ça fait du bien de l'entendre un peu...


" Une réforme intelligente serait de lier l'âge de départ en retraite à l'espérance de vie selon les métiers. Mais ce doit être un peu trop explosif"

-->> aoutch, forcément, oui on se doute bien que c'est délicat d'avancer sur le terrain de l'espérance de vie par métiers, on va modifier la grille des salaires, des assurances, des épargnes
etc... c'est ouvrir la boîte de pandore...

"Au final, même si les retraites dépendent également de la démographie et de l'espérance de vie, le problème revient toujours à l'insuffisance de croissance du pays."

-->> grrr, ça tu me connais, ça manque d'élan, de vision, de charisme ^_°

"Imaginons que l'on crée de vrais emplois pour les jeunes, c'est-à-dire des emplois "cotisants", et non aidés: le financement des retraites est en partie résolu!"

-->> moui... mais qui les fait sortir ex-nihilo ces emplois... ah non mais parce que je suis intéressée, hein, j'ai trois jeunes de 16 18 et 20 ans, un universitaire et deux bacheliers...
!!


:o)
bises du soir


L'ignoble infreequentable 07/09/2010 11:47


Compliqué, les retraites (même si les assureurs privés savent mesurer n'importe quel risque et notamment le risque de vie), et le jeu syndical.
L'année dernière, j'en ai monté un, de syndicat.
Bé la premièr echose que ses adhérents ont fait, c'est trois grèves d'affilée.
Et pour rien en plus !
Dément...
Alors que ce devait être un outil de promotion de solutions pour l'activité concernée.
Bé je reste avec mes 12 propositions sur les bras, qui n'ont même pas été évoquées et encore moins débatues, que j'en ai donné ma dém' avec fracas !