Analyse Libérale

Le socialisme et l'économie

1 Février 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

Les libéraux se plaignent que le libéralisme soit si méconnu et si galvaudé. Pourtant, je défends la thèse que le socialisme est encore plus méconnu. La différence, c'est que cela ne dérange pas les socialistes.

 

Ainsi en est-il du socialisme et de l'économie. Quelle est la doctrine économique du socialisme ? A vrai dire, il n'y en a pas. Certes, il y a le marxisme. Mais celui-ci ne fait que décrire un monde capitaliste qui doit inévitablement conduire à la dictature du prolétariat, sans détailler ce que sera l'économie de ce nouveau monde socialiste.

 

Sinon, les socialistes reprennent des variantes du keynésianisme, qui consistent à dire qu'il suffit d'injecter de l'argent dans l'économie pour que tout aille pour le mieux dans le meilleur des monde du point de vue économique. Une hausse des bas salaires va ainsi mécaniquement relancer l'économie en accroissant la demande. C'est une théorie keynésienne, qui ne provient pas des auteurs socialistes à l'origine.

 

A vrai dire, il y a un socialiste qui a développé une théorie économique célèbre, et reconnue. Ironiquement, il s'agit de Léon Walras, un des fondateurs du marginalisme, de la théorie néo-classique, de la mathématisation de l'économie. Léon Walras, socialiste, défendait donc l'économie de marché pour améliorer la société.

 

Cependant, le socialisme a-t-il besoin d'une théorie économique ? Une recherche internet sur le socialisme permet de découvrir une théorie qui veut transformer la société en transformant l'être humain. C'est le thème de l'homme nouveau, dont l'article suivant donne un exemple : Les projets éducatifs socialistes des années 1830-1848 : pour former l’homme nouveau (Ensuite, pour continuer la découverte, on peut faire des recherches sur les auteurs cités, c'est instructif).

 

En transformant l'être humain, en le formatant par l'éducation, on transforme la société, en quelque chose de mieux, car les comportements seront meilleurs.

 

Ce qui aboutit à un double paradoxe. Les socialistes dénoncent l'argent tout en adoptant, par défaut, la théorie keynésienne qui fait de l'argent le moteur de l'économie. Les gens votent socialistes pour connaître une amélioration matérielle de leur sort, alors que le socialisme apparaît plus comme un projet de transformation de la société par la transformation de l'être humain, notamment par l'éducation.

 

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Michel Martin 04/02/2014 09:37


Un peu de biblio spécialement sélectionnée pour toi qui aime lire, un article de fond sur la différence entre individu et personne, différence qui fait toute la différence du point de vue de la dette, dont David Graeber
a fait une étude anthropologique sur les 5000 années passées.

I-Cube 03/02/2014 09:35


C'est un peu ça mais c'est un peu court, M'ssieur le futur prix Nobel d'économie...


D'abord la marxisme ne s'arrête pas à la dictature du prolétariat, qui n'est qu'une étape vers le but ultime du socialisme, à savoir la troisième phase du communisme.


Etape d'ailleurs pas forcément nécessaire, c'est d'ailleurs toute la différence entre la deuxième et la troisième interntaionale (celle de Jaurès et du socialisme, et celle de Lénine et du
communisme).


Qui a d'ailleurs dégénérée en IV° internationale avec Trotski et le maoïsme : Passons.


 


Le principe est de renverser la "nature humaine" où jusque-là (et c'est léconomie de marché et le ibéralisme) le princiep est "à chacun selon ses moyens".


Dans la phase ultime de l'économie socialiste au sens premier c'est "à chacun selon ses besoins".


Et effectvement ça change tout, d'abord dans les têtes, où certains post-marxiste ont pu penser toucher de la main (du bout des doigts) ce qu'on a galvaudé en parlant de civilisation des
loisirs... Mais dans le fond, c'était ça : Produire juste ce qu'il faut pour que chacun ait toujours tout ce dont il ait besoin et le reste le passer "en loisir".


Bon, depuis, c'est devenu une industrie, le "loisir".


 


Et puis le capitalisme reste "destructeur" parce qu'il ne survit que dans une "pénurie" (relative) mais qu'il organise peu ou prou.


Parce que l'abondance, selon "les classiques", s'arbitre par un prix qui tend vers zéro, la négation même de l'effort d'investissement, d'épargne, de la valeur du travail, etc. de l'activité
économique.


Pour survvre, il faut donc à l'économie de nombreuses poches (partout en fait) de pénurie pour avoir "un prix".


 


D'ailleurs, on peut dire que même quand il y a abondance, un des rôles de la puissance publique est de créer des "normes" (400.000 en Gauloisie) qui génère de la pénurie, l'abondance hors normes
étant interdite.


Or, il s'agit bien là d'une activité "contraignante", anti-libérale finalement, d'essence "socialiste" pourrait-on dire.


 


Bref, un "peu court".


Au boulot !

Michel Martin 03/02/2014 09:27


Je ne sais pas si c'est possible de faire plus manichéen? J'avais l'impression que le débat imaginaire que tu convoquais se passait au milieu de 20ème siècle, je me suis trompé, c'est plutôt un
débat du milieu du 19ème siècle!


L'homme nouveau, ça date quand même un peu fortement. Une des préoccupations socialiste est celle de la redistribution des cartes à chaque génération, une autre concerne l'autonomie de penser
(c'est le let motiv de Condorcet) qui se combine à la précédente, puisqu'il s'agit aussi de s'extraire de ses déterminismes sociaux. Enfin les socialistes ne sont pas les seuls à défendre ce
point de vue partagé par au moins 80% de la population, c'est un thème progresiste ou moderniste. Pour ce qui est de l'efficacité de réalisation, c'est une autre histoire. Notre tendance à trop
attendre de l'homme providentiel qui serait dans un ministère est aussi partagée par un très grand nombre. Le jacobinisme n'est pas que de gauche chez nous.


La bascule entre les convictions de gauche et celle de droite correspond à la bascule entre l'idée que ce serait plutôt l'individu qui ferait la société et celle qui dit que c'est plutôt la
société qui ferait l'individu. Il me semble qu'on ne trouvera plus beaucoup de défenseur radical de l'une ou l'autre thèse, sauf à sombrer dans un manichéisme délirant.