Analyse Libérale

Le Smic à 1 343 euros net: c'est possible

12 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #A contrepied


      Pour augmenter la croissance, une solution est d'augmenter la demande. Pour augmenter la demande, la meilleure solution est d'augmenter les bas salaires. En effet, une large part de cette augmentation serait dépensée, et non épargnée. Et celle qui est épargnée finirait par être dépensée, pour 'achat d'une voiture par exemple. Toutes les études montrent que les gens qui gagnent peu dépensent une part importante de leur revenu. Ce qui est logique: ils n'ont pas trop les moyens d'épargner. D'autre part, quand le revenu augmente, la consommation évolue, en s'enrichissant en services par exemple.


      Cependant, décréter une augmentation importante du SMIC causerait quelques problèmes à beaucoup d'entreprises, en particulier les PME. Si par exemple on passe d'un SMIC net de 1 055 euros à 1 343 euros, cela représente une augmentation de 27%, difficile à encaisser pour beaucoup d'entreprises.


      Mais d'où viennent ces chiffres si précis: 1 055 et 1343? Le premier est le montant du SMIC net au premier janvier 2010, le second le SMIC brut. Il y a 288 euros de différence, qui correspondent à des cotisations sociales. D'où mon idée, un peu folle: faire passer le montant du SMIC net à 1 343 euros, en créant une franchise de 288 euros de cotisations sociales. Ce qui serait indolore pour les entreprises.


      L'idée est en fait tout bêtement d'appliquer aux cotisations sociales un peu de la progressivité qui est la règle pour l'impôt sur le revenu. Mais, bien sûr, se pose le problème du financement d'une telle mesure.


      Tout d'abord, notons qu'une telle franchise s'appliquerait à tous les salariés. Qu'ils gagnent le SMIC ou beaucoup plus, ils verraient leurs revenus augmenter de 288 euros. Ce qui signifie des impôts supplémentaires. Ou encore, on pourrait créer une nouvelle tranche de cotisation sociale, pour les hauts revenus, qui compenserait en partie cette augmentation.


      D'autre part, l'augmentation du SMIC entraînera une hausse de la consommation, et donc de la TVA. On pourrait même augmenter d'un point le taux de TVA.


      Enfin, il y a toutes ces niches fiscales, qui n'apportent rien, et qui pourraient être supprimées et remplacées par la progressivité des cotisations sociales. Après tout, ne serait-ce pas démocratique de remplacer ces niches fiscales, qui profitent à quelques uns, et pas les plus défavorisés, par une mesure qui profiterait aux bas salaires, et à la croissance?


      Comme on le voit, il y a bien des solutions. Après tout, on a bien réussi à accorder des réductions de charges sociales aux employeurs, pourquoi pas aux salariés?


      Je précise par ailleurs que cette franchise devrait être proratisée pour les temps partiels. Il ne s'agit pas d'encourager les entreprises à embaucher à temps partiel, au contraire. Je milite pour un renforcement des droits des salariés. Par exemple, le SMIC s'appliquerait au temps partiel à horaire fixe uniquement. Si les horaires sont flexibles, le salaire minimum serait le SMIC majoré de 25%.


      Ce qui serait tout à fait normal. Un employé qui a des horaires flexibles peut moins facilement avoir un autre emploi, ou moins facilement s'occuper de ses enfants, par exemple. De plus, la flexibilité est un avantage pour l'entreprise.


       Nous sommes dans une époque de chômage de masse. Donc, l'employeur est en position de force. Ce qui pose problème, c'est que les emplois stables à temps complets sont favorables à la croissance. Il faut donc que l'Etat crée les conditions nécessaires à cette croissance, en créant des conditions défavorables au temps partiel contraint.


      Enfin, le temps de travail à temps plein pourrait aller jusqu'à 40 heures par semaine. Là encore, pour favoriser le revenu, et donc la croissance. On nous parle de relance par la consommation. Pourquoi faire les 35 heures alors? Je parle de 40 heures payées 40 heures, bien sûr, et non de 40 heures payées 35. Il est important d'avoir un revenu mensuel assuré, plutôt que de compter sur les heures supplémentaires. Cette stabilité favorise la croissance.


       On pourrait rétorquer que certains, qui préféreraient travailler 35 heures, seraient forcer de travailler 40 heures. Mais a-t-on demandé l'avis des salariés quand on a imposé les 35 heures, avec la modération salariale? Alors que tous les sondages de l'époque montraient que les salariés n'attendaient pas une réduction du temps de travail, mais une augmentation du pouvoir d'achat. Là, au moins , ils auraient le choix.


       On peut imaginer des 35 heures de droit pour les salariés âgés, et ceux qui ont des enfants. Mais j'estime juste de laisser les salariés choisir.


      Enfin, les heures complémentaires, pour les salariés à moins de 35 heures, seraient majorées de 25% dès la première minute. Pour les salariés à temps plein, on peut imaginer, même si je n'y suis pas favorable, des heures supplémentaires majorées seulement de 12,5%, dans la limite de 4 par mois par exemple. Et 25 % au-delà. Cela pour favoriser l'emploi à temps plein, et donc la demande, et donc la croissance.


       Bien sûr, les CDD et autre contrats intérimaires doivent voir leurs cotisations patronales augmenter, pour compenser la précarité, les allocations chômage versées plus souvent par l'État, et l'avantage fourni par ce régime aux entreprises. (Il existe déjà un mécanisme de ce type pour l'intérim si je me souviens bien). N'oublions pas que dans une économie libérale, il est juste de payer pour ce qu'on reçoit. Les entreprises profitent de la flexibilité, des CDD, de l'intérim, elles doivent donc payer.


      Les habitués de ce blog savent que je suis un libéral. Un libéral qui proteste contre tous ceux qui se disent libéraux, mais qui demandent toujours plus de l'Etat et de la législation, ce qui est anti-libéral.


      Le stabilité de l'emploi est un gage de croissance. De même qu'un niveau correct de rémunération. On fait ainsi d'une pierre deux coups: progrès économique, et progrès social.


       Ce que je propose ici n'est pas un remède miracle. Je ne propose qu'un moyen d'améliorer un peu la croissance, en même temps que la situation des bas salaires, et des travailleurs précaires. Ce n'est pas le grand soir. Une politique économique doit agir sur plusieurs facteurs. Le niveau des bas salaires, et la stabilité de l'emploi des salariés en font partie. Mais demander une hausse des salaires ne constitue pas une politique économique. Il y a la politique d'innovation, de renouvellement du tissu économique, de formation, etc. Je me garde d'être trop simpliste et populiste.


       Maintenant, ce que je propose est peut-être irréaliste. Peut-être guidé par ce que j'ai vécu quand je gagnais un peu plus que le SMIC, quand j'ai débarqué en région parisienne, cette région où les loyers sont si élevés! Ce n'est pas facile de vivre avec un SMIC. Je le sais. Ce n'est pas facile de vivre dans la précarité, dans le temps partiel subi. Je ne l'ai pas vécu, ça, et je n'en ai pas envie. Il y a tant de gens qui souhaitent travailler, pour vivre dignement. L'économiste se doit de répondre à ces aspirations humaines, plutôt que de se cloîtrer dans des équations. Et de s'étonner ensuite de la percée des populismes en tout genre.

      Ce que j'écris ici n'est qu'une idée. Mais je la crois réaliste, et répondant aux aspirations des gens, ainsi que conforme au libéralisme.

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Jean Soulan 17/04/2010 17:50


Tout cela n'est guère convaincant. Vous pariez, au départ, de n'augmenter que les bas salaires, ce qui, je vous l'ai écrit est inpensable. Maintenant, vous les augmentez tous ! Vous n'envisagez
même pas que cela augmenterait considérablement le chômage, et donc provoquerait la décroissance. Vous jonglez avec les charges comme si nous avions le plein emploi et des entreprises florissantes.
Ce n'est pas du tout réaliste et je ne pense pas nécessaire de prolonger ce dialogue.
Je vous souhaite quand même bonne chance.


Vladimir Vodarevski 17/04/2010 19:14



Dommage. Nous ne nous sommes pas du tout compris. Je me suis sans doute mal exprimé. Merci d'avoir engagé le dialogue.



Jean Soulan 17/04/2010 14:26


J'ai lu les deux textes que vous m'avez indiqués. J'apprécie le temps que vous avez du y consacrer, et je dois reconnaître que vos connaissances et idées économiques sont intéressantes. Toutefois,
je pense qu'il y manque un peu l'expérience du terrain.
Par exemple, en ce qui concerne votre idée d'augmenter ler SMIC, je comprends bien que vous puissiez envisager de transférer les charges sociales des smicards sur les catégories mieux rémunérées.
Mais j'y vois deux défauts majeurs : Le premier est que ce transfert entrainerait des réactions probablement violentes de la part des "victimes" de cette disposition. La seconde est que les
salariés qui gagnent un peu plus que le SMIC n'accepteraient pas de voir les Smicars mieux rémunérés qu'eux, et que les entreprises se trouveriant contraintes d'augmenter TOUS les salaires, ce qui
entrainerait évidemment une majoration proportionelle de leurs charges sociales, avec, en corollaire, des dépots de bilan, car nombreux sont les chefs d'enrtreprise qui se rémunèrent en dessous du
SMIC !
Je reviendrai plus tard sur vos idées concernant l'innovation et la recherche, car je crois qu'il faudrait, dans ce domaine également, se rapprocher des réalités et des possibilités .
Cordialement.


Vladimir Vodarevski 17/04/2010 15:34



En fait, tous les salariés seraient augmentés. C'est le même principe que l'impôt sur le revenu (et non celui des exonérations de charges sociales patronnales). C'est comme une franchise de
charges sociales. L'Etat récupèrerait une partie du manque à gagner par l'impôt, car même les revenus les plus aisés augmenteraient. On peut aussi relever le plafond de la sécurité sociale, ce
qui diminuerait l'augmentation pour les très haut salaires. Et, comme je l'indique, le reste serait financé sur les charges sociales.


Votre avis sur l'innovation et la recherche m'intéresse beaucoup.


Cordialement



Jean Soulan 16/04/2010 18:12


Hallucinant !
Votre idée de supprimer les charges sociales est fantastique. Mais il semble que vous ne tenez pas compte de leur utilité ! Comment allez vous faire pour payer des retraites à des gens qui n'auront
pas cotisé ? Comment allez vous rembourser à ces gens leurs frais médicaux ? Auront il encore droit aux indemnités en cas de chômage ?
Vous vous dites libéral, mais les gens de gauche ont des connaissances en économie moins mauvaises que ce que vous écrivez.
Votre laius sur les 35/40 hrs montre bien que vous ignorez les réalités.
Le problème, aujourd'hui, n'est plus de savoir s'il faut du temps partiel ou pas, mais c'est de trouver du travail pour les millions de chômeurs, tâche quasi impossible du fait de notre manque de
compétitivité. Les prix de revient des entreprises qui subsistent ne nous permettent plus d'empècher les concurrents asiatiques de proposer des prix de vente 3 ou 4 fois inférieurs à nos prix de
revient. Les dépots de bilan montrent bien que la situation est gravissime et que les destructions d'emploi ne seront pas stoppées avant longtemps. Il n'est pas réaliste de vouloir actuellemnt
augmenter les salaires pour provoquer un collaspe gigantesque.


Vladimir Vodarevski 16/04/2010 19:24



Bonjour,


merci pour ce commentaire.


Il ne s'agit pas de supprimer les charges sociales, mais d'instaurer une progressivité, comme pour l'impôt sur le revenu. La franchise que je propose, comme je l'indique, serait financée par des
suppressions de niches fiscales.


Des exonérations de charges sociales existent déjà, d'ailleurs, pour les employeurs.


Bien sûr, une réflexion globale sur les prélèvement serait préférable. Il serait plus efficace d'avoir par exemple un seul impôt sur les revenus pour financer la dépense publique. Mais c'est très
utopique comme réforme. J'essaie de rester dans le domaine du possible.


Les économistes de gauche sont d'accord avec l'idée que l'augmentation des bas salaires soutiendrait la croissance. C'est le paradoxe de ces économistes, qui ont soutenu par ailleurs la réduction
du temps de travail avec modération salariale.


Cette idée d'augmenter les bas salaires pour relancer la croissance vient du fait qu'une augmentation de ces salaires entraîne une augmentation de la demande. D'autre part, il peut être parfois
difficile de vivre avec un SMIC, particulièrement en région parisienne.


Je ne sais pas si vous avez parcouru mon blog. Afin d'enrichir cete discussion, et de préciser ma pensée, je vous invite à lire ces deux articles suivants:


-Un premier qui illustre ma consception de la relance de l'économie: La relance, l'innovation, capital risque et capital développement;


-Le second sur ce que j'appelle le Schéma de base de l'économie.


N'hésitez pas à laisser des commentaires.



Infreequentable 19/03/2010 09:18


Ah l'immobilier...
Faut se rappeler que, quel que soit le régime politique, ce qui est rare est cher.

L'abbé Pierre nous gueulait qu'il manquait des logements.
Ils manquent toujours. Donc c'est cher.


Infreequentable 19/03/2010 09:17


La TVA un impôt juste ou injuste ?
C'est difficile de répondre dans notre "foutoir", parce qu'il y a plusieurs taux : il est donc progressif.
Nous n'avons pas de taux "0", mais ça existe ailleurs en Europe.
Nous n'avons pas de "taux parking", mais ça existe ailleurs.
Nous avons un taux "normal", un taux "réduit" et un taux "super-réduit".
Nous avons des "correctifs" (abattement de taux) sur certains territoire.
Nous avons des "franchises" (les redevables "super-simplifiés").
Nous avons un grand système d'exonération, ou plutôt de "hors du champ d'application"...
Au final, ce n'est pas simple de juger cet impôt qui représente 45 % des recettes de l'Etat.

Et puis, sur mon blog, on va arriver courant mai à la "fiscalité révolutionnaire", période féconde et troublée où les taxes indirectes, d'abord supprimées, sont revenues très vite comme d'une
nécessité impérieuse.
La TVA est facile à récolter. Les i^mpôts directs, beaucoup moins et le choix du Directoire, poussé par la nécessité et les "idéaux" révolutionnaires de l'époque a été d'éviter d'entrer dans le
domicile des gens comme du temps de l'ancien régime pour lever l'impôt.
La grande idée, ça eut été donc le cadastre et les "4 vieilles".
Mais il aura fallu 40 ans de travail pour que ça marche, avec au passage l'invention du mètre et du gramme (sans lesquels rien n'aurait été possible).
Tu sais : "Savoir compter, rapporter et donc lire et écrire", c'est le coeur de la civilisation, mais coeur imposé par la fiscalité qui remplace la barbarie...
C'est tout le "fil rouge" de cette série de post : après sont venus la poésie, les romans, les chansons. Le passage des civilisations orales et "usuelles" aux civilisations "écrites" (et nos codes
civil et autre)...

Quant à voter pour moi, je ne suis pas sûr que ce soit utile : au premier tour, on vote "pour", au second on votre "contre". C'est tout "l'équilibre" des crutins à deux tours.
Mais merci quand même... lol


Michel MARTIN 18/03/2010 22:42


Le pouvoir de décision est aux actionnaires. Où sont les actionnaires?
Les dettes se creusent partout.
A qui profitent les dettes?
Un pays avec un taux de chômage élevé lui vaut l'attribution d'une bonne note par les agences de notation internationales. Pourquoi?
Pourquoi les prix de l'immobilier se sont-ils envolés au cours des 20 dernières années?

Sais-tu pour qui voter dimanche? Moi, je ne sais pas.


Vladimir Vodarevski 18/03/2010 23:05


Pour qui voter? Mets ton nom sur le bulletin, si tu n'est pas comme moi au vote électronique. Ou I², pourquoi pas? Comme tu le constates, j'ai le même problème que toi.

Pour les prix de l'immobilier, il y a une explication. A la fois un déficit en certains types de logement, les studio et les F4 je crois, dans certaines régions, dont notamment la région
parisienne. Les incitations fiscales aussi (Besson, Robien, Borlo, Scellier...)
A qui profitent les dettes? Aux banquiers, et à ceux qui ne les remboursent pas. Si ceux qui prenaient les décisions d'endettement payaient les dettes, au moins une partie symbolique, ils
réfléchiraient.
Bon, les agences de notation, je ne comprends pas qu'elles existent encore. Elles auraient dû être clouées au pilori, et on ne les critique même plus!
Où sont les actionnaires? Le fonds Calpers essaie d'obliger les sociétés à soumettre au vote en AG le choix d'un membre du conseil d'administration. Il y a un petit début de révolte aux USA. A
suivre et à encourager.
Un peu pessimiste tout ça. En plus, pour dimanche, la météo n'est même pas bonne!
Bonne soirée quand même!


Infreequentable 17/03/2010 10:28


Une bonne idée...

Mais je ne suis pas d'accord avec toi sur "l'opportunité", enfin l'analyse que tu en fais, sur les "niches".

Par ailleurs, à mon sens, pratiquer des taux progressifs sur les charges sociales pourrait se révéler une "fausse bonne idée"... puisque c'est un peu ce qu'on voit avec le barème progressif de
l'impôt (quand il y en a) : On risque d'appauvrir les "bases" (effet de "la courbe de Laffer"), jusqu'à ce que ça nous pète à travers la tronche...

Je reprendrai ton idée dès que j'aurai un peu de temps, pour expliquer tout ça sur mon blog.
Car si c'était aussi simple que ça, on l'aurait déjà fait...

Bien à toi et merci pour cette "tentative" vraiment innovante.


Vladimir Vodarevski 18/03/2010 22:58


Oui, je vois tes objections. Mais c'est une idée faisable actuellement. Je ne pense pas que le grand soir soit possible pour les prélèvements obligatoires. Alors, il faut bien bricoler. Sinon, je
suis pour la simplification: un prélèvement obligatoire sur tous les revenus, à la fois fiscal et social. Progressif quand même. Mais trois taux au maximum, de préférence deux. Et on garde la TVA,
bien sûr, en l'étendant au maximum, tellement elle est efficace. (tiens, une question: la TVA est-elle un impôt juste? C'est un sujet qui m'a été soumis).


mamalilou 13/03/2010 13:03


et oui, il est plus que tant de plafonner les cotisations sociales par paliers sévères afin de restaurer une vraie solidarité
la masse de travailleur fait les entreprises
les écarts avec les gros salaires de cadres supérieurs et pdg seraient moindre si la part de cotisation était plus forte sur les gros revenus
il deviendrait tout de suite moins judicieux de verser de trop grosses sommes, comme il deviendrait moins intéressant d'en recevoir d'ailleurs (impôts etc)
je crois plus volontiers à une responsabilisation de l'entreprise (eh c'est un métier hein de gérer les hommes et la vie collective au travail mais aussi l'environnement social de ses employés,
pour une meilleure productivité...)

pourquoi ne pas considérer que le gros cadre puisse disposer non pas d'un salaire très tranché d'avec la masse, mais d'avantages spécifiques, et directement utile à son emploi
ah oui, c'est vrai, c'est souvent déjà le cas... en plus °+°
la réalité c'est bien celle-là, diminuer les écarts... et diminuer les gabegies des uns (polluantes fort souvent) pendant que les autres vivent Germinal... la galère des travailleurs
pauvres...?
il est maintenant démontré que c'est contreproductif en terme de croissance (pour parler le langage de l'économie biocide)...

donc oui, tes conjectures sont satisfaisantes, il est tant de choses à revoir, que ça ne risque pas d'être décalé ou simpliste
au quotidien les pb sont très simples
mais l'accumulation de ces trucs simples fait une équation à plusieurs variables aléatoires!!!
on est bien conscient de la complexité (et non complication) de la chose
mais après tout, il y a des cerveaux bien payés pour résoudre ces équations... pourquoi donc que ça marche pas? pourquoi donc qu'ils n'attaquent pas la falaise comme ça avec des idées toutes
simples que tout le monde comprend et qui semblent aller de soi...?

soupir...
ah les deals délétères, ah les "dossiers"....

belle journée à toi
ps: commentaire simpliste, de travailleur pauvre...
et dont le cerveau doit avoir faim...!!!


Jacques Heurtault 13/03/2010 10:15


En lisant le titre, j'ai d'abord sursauté ... "Il est fou", "Il délire", "C'est n'importe quoi", etc. En lisant le texte, je tempère mon appréciation péremptoire mais je reste en désaccord global
... Vos solutions ne sont pas libérales car vous mettez en place une usine à gaz supplémentaire (encore une! ça fuse de partout! vous n'êtes pas le seul ...).
Je reviendrai sur vos propositions ...


Vladimir Vodarevski 13/03/2010 11:11


Un peu provocant certes. C'est une complication supplémentaire, je le reconnais. Mais on supprimerait des niches fiscales et des crédit d'impôt en contrepartie, pour compenser.
Selon moi, dans un monde idéal, ce qui relève de la solidarité devrait être entièrement financé par l'impôt sur le revenu. La France, elle, multiplie les systèmes. C'est comme ça. A défaut de
pouvoir tout remettre à plat, il faut s'adapter.
Je pense qu'il est nécessaire d'augmenter les bas salaires. Cela profiterait à toute l'économie. Les entreprises auraient une demande supplémentaire. Et les gens vivraient mieux.
Ces dernières années, ce sont les revenus des 1% les plus riches qui ont le plus augmenté. Ils ont bénéficié de gestes fiscaux, avec les baisses d'impôts sur les plus-values, sur l'héritage.
Or, toutes les études montrent que l'économie va mieux quand la classe moyenne grossit. Actuellement, elle s'appauvrit.
Ma proposition n'est pas parfaite. Mais elle peut permettre d'atteindre deux objectifs: social et économique.
Il y a trop de précarité aujourd'hui. Et vivre avec un SMIC n'est pas évident. De plus, les gens ont le sentiment qu'on leur demande des efforts, mais pas aux riches. Ma proposition favoriserait la
paix sociale.
Enfin, la pression sur les entreprises pour des augmentations de salaire se relâcherait temporairement.
J'ajouterai que cela compenserait la modération salariale des 35heures, que je n'ai toujours pas digérée. Pendant que les revenus financiers augmentaient, le gouvernement demandait aux salariés de
modérer leur salaire. Très équitable!