Analyse Libérale

Le prix Nobel d'économie est-il pertinent ?

14 Octobre 2013 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #éco actu

 

Le prix d'économie de la banque de Suède, en mémoire d'Alfred Nobel, couramment appelé le prix Nobel d'économie, a été décerné au titre de l'année 2013 à Eugène Ferma, Lars Peter Hansen, et Robert Shiller, pour leurs travaux sur les marchés financiers. Le site La Tribune rapporte que « Les trois économistes sont récompensés pour "leur analyse empirique des prix des actifs", a indiqué l'Académie royale suédoise des sciences, qui souligne:

 

"Les lauréats ont posé les bases de la compréhension actuelle des prix des actifs. Celle-ci repose en partie sur les fluctuations du risque et les attitudes envers le risque, et en partie sur les biais comportementaux et les frictions des marchés" »

 

La Tribune souligne également que ce sont deux opinions opposées sur l'économie qui sont récompensées en même temps. Ainsi, un coup d’œil sur Wikipedia montre qu'Eugène Fama est considéré comme le père de la théorie de l'efficience des marchés. Tandis que pour Robert Shiller, c'est sa critique de l'efficience des marchés qui est mise en avant !

 

La banque de Suède ne fait que refléter que l'état de la science économique aujourd'hui. D'une certaine façon, cet état pose la question de la pertinence de l'attribution chaque année d'un prix Nobel d'économie.

 

La théorie économie se veut aujourd'hui une discipline scientifique, comme la physique par exemple. Elle prétend examiner scientifiquement des faits, ce qui est le domaine de la microéconomie aujourd'hui, et s'en servir pour créer des modèles globaux, ce qui est désigné sous le terme de macroéconomie (voir sur cette distinction l'article Microéconomie et macroéconomie )

 

Cependant, en sciences physiques, en chimie, en biologie, les faits, les observations mènent à des conclusions incontestées.Il y a des débats, sur des domaines très pointus, ou encore peu connus, des polémiques peuvent exister dans des domaines très politiques, comme la climatologie. Mais, globalement, au moins sur les bases, tout le monde va dans le même sens, si une théorie est remise en cause, tout le monde la remet en cause. Le prix Nobel peut venir récompenser la découverte d'une nouvelle molécule, d'une nouvel particule, la confirmation empirique d'une hypothèse théorique, etc.

 

Rien de tout cela en économie. La macroéconomie est divisée en deux courants : un courant keynésien, qui va justifier l'interventionnisme des politiciens, et un courant néoclassique, qui va montrer l'inefficacité de ces interventions politiques. En fait, les conclusions dépendent des hypothèses de départ. Et on peut trouver ce que l'on veut par des études statistiques, comme le soutient Ludwig von Mises dans L'action humaine. C'est d'ailleurs une règle en statistique : on ne trouve que ce qu'on cherche. Ainsi, avec une méthodologie identique, en étudiant la même réalité, les économistes aboutissent à des conclusions radicalement différentes (pour plus de détails, voir l'article L'économie qu'est-ce que c'est ?)

 

Les praticiens de l'économie, ceux qui donnent des conseils, puisent un peu dans les deux grands courants. La crise actuelle sonne comme un échec pour eux, et l'un des plus illustres d'entre eux, Olivier Blanchard, économiste en chef du FMI, s'interroge sur l'état de la science économique, sans cependant en remettre en cause ses méthodes ( Voir l'article L'état de la science économique aujourd'hui).

 

Le jury de la banque de Suède est donc finalement assez neutre. Il récompense les différents courants, selon les années. Sans doute en tenant compte des influences du moment. Et peut récompenser en même temps des théories différentes. Ce qui amène à s'interroger sur la pertinence d'un tel prix pour l'économie, puisqu'il ne peut absolument pas récompenser une avancée incontestable, car rien n'est incontesté en économie.

 

 

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Michel Martin 24/10/2013 11:36


Une demi-heure pour entrevoir le nouveau monde qui vient et auquel on ne pourra pa échapper. Sans lendemain, aurait aussi pu s'appeler la fin d'un monde qui se profile.


Le monde de demain sera t il meilleur? On peut l'espérer, mais rien de certain tant le virage pratique et culturel nous conduisant d'un monde insouciant et sans limite à un monde (un peu plus)
responsable et limité va être difficile à prendre. Mais il se dessine pourtant en profondeur et je crois qu'il va mettre moins de 10 ans à émerger, on sera alors étonné que toutes les évidences
de la vidéo "Sans lendemain" nous aient ainsi échappé si longtemps. Les tensions sur les matières premières et sur l'énergie pourraient bien aboutir avant sur un nouveau conflit d'envergure,
repoussant un peu plus loin ce que nous ne voulons pas voir. C'est à craindre, parce que cette question des matières premières est dans les coulisses de toutes les négociations internationales et
justement pas en premier plan comme l'urgence à le faire devrait s'imposer.

Lio 19/10/2013 22:39


1/ "Dans ce cadre, une thèse soutenant l'efficience des marchés va à l'encontre de cette responsabilité des marchés financiers dans la crise."


Vladimir, je me demande si vous ne confondez pas "efficience" et "efficacité". Le terme "efficience" peut vouloir en effet dire plusieurs choses selon le contexte mais dans le cadre de
"l'hypothèse d'efficience des marchés" (EMH) formulée par Gene Fama en 1970 cela veut dire ceci et rien que ceci : un marché est efficient si les prix reflètent toute l'information disponible. Je
ne m'attarde pas sur les débats et études empiriques que cette hypothèse a suscités depuis 40 ans. Vous trouverez deux bons articles synthétiques sur le site d'Acrithène et de John Cochrane :


http://acrithene.net/2012/12/03/efficience-des-marches-pourquoi-les-singes-sont-ils-aussi-bons-que-les-banquiers/


http://johnhcochrane.blogspot.fr/2013/10/gene-famas-nobel.html



En aucun cas postuler l'efficience des marchés au sens de Fama signifie que les marchés allouent correctement les ressources (même si cela peut être le cas pour d'autres raisons) ou que les
marchés ne se trompent jamais etc etc


2/ "En économie, les hypothèses servent à interpréter les faits."


Je ne suis pas sur de vous comprendre. Que voulez-vous dire? Car toute hypothèse est une interprétation (juste ou fausse) des faits. Pour qu'elle soit valide, il faut qu'elle soit simplement
vérifiée. Des exemples?
D'autre part, c'est la même chose dans les autres sciences. Pour formuler sa théorie de la relativité restreinte, Einstein est parti de l'hypothèse que la vitesse de la lumière était la même pour
n'importe quel observateur que celui-ci soit immobile ou en mouvement. Hypothèse révolutionnaire et non encore vérifiée à ce moment là. Certes il y avait bien eu l'expérience de Michelson-Morley
mais Einstein n'en avait pas eu vent avant de pondre sa théorie. Les mesures -précises- sont venues après.


Cordialement

Vladimir Vodarevski 22/10/2013 21:32



Je le concède, j'ai mélangé efficience et efficacité. Vous devriez écrire un article sur ce Nobel, et la portée réelles à la fois des recherches des lauréats et de leurs différences. Je le
publierai si vous me l'envoyez.


Concernant les hypothèses, j'ai l'impression que la macroéconomie est basée sur des hypothèses, par forcément vérifiable. Vous avez lu la dernière sortie de Stiglitz je suppose: l'austérité n'a
jamais mené un pays vers la prospérité. Mais qu'est-ce qu'il appelle l'austérité? Il se base entièrement sur l'hypothèse keynésienne de relance par la dépense. De même, Lucas Se base sur les
anticipations rationnelles. Comment démontrer ce genre d'hypothèse? En entrant dans le cerveau des gens.


C'est un fait que les différentes écoles de macroéconomies se basent sur des faits pour exprimer des opinions radicalement différentes, selon les hypothèses de départ.


Evidemment, les travaux des macroéconomistes classiques permettent de confirmer l'hypothèse que l'intervention de l'Etat donne des résultat aléatoire. C'est peut être ainsi qu'il faut
l'interpréter, mais sans aller vers une hypothèse invérifiable, et selon moi absurde, d'anticipation rationnelle.


Que des travaux utiles existent en microéconomie, je suis d'accord. Et en finance aussi. Je serais enclin à une transgression, en utilisant la méthode autrichienne, de Menger, et de la confirmer
par des études statistiques. Mais je suis peut être présomptueux.


En résumé, je ne suis pas opposé aux travaux empiriques, et aux statistiques. Mais je ne suis pas convaincu par les interprétations en termes de modèles globaux. Et même en terme de politique
économique. Car je considère que, dans ces domaines, les opinions, qui peuvent être considérées au sens logique comme des statistiques, sont prépondérntes.


Cependant, à la réflexion, si les hypothèses explicatives des macroéconomistes classiques ne sont pas convaincantes, leurs travaux sont enrichissants. Je ne jette pas le bébé avec l'eau du bain.


 



mamalilou 18/10/2013 14:36


non pourquoi, c'est très pertinent de récompenser le travail analytique, fondement de toute utopie construite ....


ici, c'est comme si tu livrais pour un "fait" ce qui est ton ressenti, et sur la base de ce ressenti, tu nous invites à penser que ce n'est pas pertinent, je me trompe ou ce n'est pas une vraie
question?


 


en ce billet qui interpelle, ton propos relève la notion de science, de science exacte, de valorisation (par un prix) de la réflexion, du caractère bienveillant de la recherche vers un mieux
vivre ensemble, un progrès partagé par tous


 


regardons en face la détermination de l'économie, dont un courant certes voudrait dériver sur la dénomination "science"... (alors: macro/micro économie, ok on reste sur la théorie, les stats, les
proba, un mélange de règles mathématiques en milieu théorique, où les variables et les inconnues ne sont rien moins que, pour l'essentiel, du vivant, de l'organique... tu le sais, pour moi, nous
gagnerions à procéder par bioéconomie, càd un peu de la même façon qu'on introduit l'observation scientifique dans l'étude de l'homme, biologie, médecine, etc... la science pour observer et
comprendre, accompagner et servir... par pour régenter la vie, l'asservir à la théorie)


 


au niveau des études il s'agit d'une filière "économique et sociale"... on dit "scie économique", mais elle ne peut se départir ni de politique, ni de social... on dit aussi "science politique"
et sociologie/éthologie, etc...


 


qu'est-ce que la science si ce n'est une modélisation de protocoles d'observations autour de nomenclatures et de vocables choisis, qui permette de transmettre l'observation, sous forme
d'information, et permettant des causalités utiles. 


selon qu'on entre dans ce qu'on appelle les "sciences exactes" ou pas, on pourra ou non discuter des causalités posées...


cela dit, pour ce qui concerne les sciences exactes très étroitement liées et interdépendantes de l'évolution des technologies qu'elle portent, les démonstrations ne sont valides que jusqu'à
démonstration contraire, et jusqu'à moyen technologiques de préciser ou d'invalider...


 


des limites de la science à l'observation, n'ayant de valeur universelle que dans la temporalité et indissociable du caractère normatif des aptitudes (moyens biologiques et
sensoriels/technologiques) d'observations.


 


utiliser la science pour observer les mécanismes économiques qui régissent le vivant, vouloir reprendre la main sur les théories qui ont supplanté les besoins par les désirs au service de la
croissance


et les désirs par les besoins au service de l'économisme


nomenclaturant, brevetant, asservissant le vivant, ô comble du maître dévoré par sa création


étudier ce chat qui se mord la queue, oui c'est pertinent, parce que de ces réflexions tous azimuths naîtra la compréhension de ce chemin d'errance qui voulait tout régir et tout scientiser...
justement.


Et peut-être, qui sait, rapidement une refondation moins délétère...

I-Cube 17/10/2013 08:37


En attendant, c'est un sacré pied-de-nez, voire même un "bras d'honneur" (ou même "un doigt") à tous les "scienteux" économique !


A mon avis, ils avaient seulement envie de se payer une bonne partie de rigolade !


Très réussie, finalement...

Michel Martin 16/10/2013 13:37


"La macroéconomie est divisée en deux courants : un courant keynésien, qui
va justifier l'interventionnisme des politiciens, et un courant néoclassique, qui va montrer l'inefficacité de ces interventions politiques." Un peu carricatural, voire manichéen,
non?


Il existe un courant expérimental qui est le néochartalisme. Ce courant a étudié
à peu près toutes les propositions économiques et les a soumises à l'épreuve des faits. Le crédo des néochartalistes, c'est que si une affirmation ne se vérifie pas dans les faits, alors elle est
remise en cause. Ceci ne fait pas du néochartalisme une doctrine de politique économique, c'est à dire du projet politique, d'organisation collective qu'on soutient. Mais cela en fait un outil
qui permet de baliser le possible et d'éviter de nombreux cul-de-sacs seulements soutenus par de l'idéologie utopique. Au cas où cette approche très pratique de l'économie t'intéresserait, il se
trouve qu'il vient de sortir le
premier livre d'un néochartaliste en français.

Lio 15/10/2013 17:33


Le comité Nobel donne les raisons de son choix dans ce document :


http://www.nobelprize.org/nobel_prizes/economic-sciences/laureates/2013/advanced-economicsciences2013.pdf

Lio 15/10/2013 12:32


Pour un aperçu des contributions d'Eugene Fama à la Finance :


http://johnhcochrane.blogspot.fr/2013/10/gene-famas-nobel.html

Lio 15/10/2013 12:27


Vladimir


Je ne suis pas d’accord avec plusieurs points dans votre article. Il serait trop long d’en expliquer
les raisons. Voici les points qui me chagrinent et parfois quelques éléments de réponse :


1/ Vous mélangez Science économique,  Economie politique et Finance de Marché. Rien à voir


2/ Fama et Schiller ne sont pas si opposés que cela en réalité et on ne peut résumer leurs
contributions à leur prétendue opposition.


3/ Le prix Nobel d’Economie n’est pas que ou toujours politique et les prix de physique et
de chimie ne sont pas aussi apolitiques que cela.


4/ « Cependant, en sciences physiques, en chimie, en biologie, les faits, les observations
mènent à des conclusions incontestées ».


Pas exact. La théorie du big bang ou de la relativité générale par exemple ont leurs
limites et sont toujours contestées. La recherche cela sert à çà : contester les prétendues vérités établies. D’autre part, un modèle ne fait que décrire la réalité ; il n’est pas la
réalité ce que beaucoup de gens ont du mal à comprendre.


5/ « En fait, les conclusions dépendent des hypothèses de départ ».


Comme dans tout modèle ! Ce n’est pas propre aux sciences économiques.


6/ « Et on peut trouver ce que l'on veut par
des études statistiques ».


Non. Si le statisticien est mal intentionné et
s’il garde ses données pour lui alors effectivement il peut berner le grand public. Mais les statistiques sont objectives. Un bon statisticien connaît les limites de son outil et ne se laissera
pas berner par un confrère indélicat. Comme dans tous les domaines, Il ne faut pas confondre l’outil et son utilisateur. Que diriez-vous de quelqu’un qui chercherait à scier un arbre avec un
marteau ? Diriez-vous que le marteau ne sert à rien ? Concluriez-vous qu’il est impossible de scier un arbre ?


En conclusion : il y a des domaines dans les
sciences dites économiques au sens large où des progrès réels ont été réalisés et la recherche continue. Dans beaucoup de domaines des sciences économiques, les divergences sont souvent
surestimées en raison notamment du fait que les chercheurs sont en compétition et qu’il y a une certaine ignorance du grand public (tout le monde n’est pas économètre!). Quoi qu’il en soit, il y
aura toujours un certain degré d’ignorance mais il n’y a pas de raison de penser que celui-ci ne diminuera pas avec la recherche. Donc cessons d’être négatif et de rejeter toute recherche de
progrès ou tout progrès sous prétexte qu’il n’est pas suffisant. C’est ce que je reproche un peu à certains autrichiens.

Vladimir Vodarevski 18/10/2013 23:54



 


Je mélange science économique, économie politique, et finance de marché. Malheureusement, ce n'est pas moi qui fait ce mélange. Vous n'êtes pas sans
ignorer que les marchés financiers sont considérés comme responsables de la crise. J'ai cherché à élargir mon horizon en lisant des articles universitaires. Le site de la Toulouse School of
Economics en propose. Mais j'ai renoncé. Le thème principal concernant la crise était comment contrôler les marchés financiers. Dans ce cadre, une thèse soutenant l'efficience des marchés va à
l'encontre de cette responsabilité des marchés financiers dans la crise. C'est le principe des fondements microéconomiques de la macroéconomie.


 


Je n'ai pas dit que les autres prix Nobel ne pouvaient pas être politiques. Je suis d'accord avec vous sur ce point.


 


De même, j'ai bien précisé qu'il y a des points de débats dans les sciences dites dures. Plus on s'avance dans l'inconnu,moins il y a de données, plus
il y a de débats.


 


Dans tous les modèles, les conclusions dépendent des hypothèses de départ. Bien sûr. Mais, dans les sciences dures, ou en biologie, l'expérience sert
à confirmer ou à infirmer les hypothèses. En économie, les hypothèses servent à interpréter les faits. En macroéconomie plus précisément. D'un côté l'hypothèse d'anticipations rationnelles. De
l'autre, les hypothèses keynésiennes d'anticipation de la demande.


 


« Donc, cessons d'être négatif et de rejeter toute recherche de progrès ou tout progrès sous prétexte qu'il n'est pas suffisant. C'est ce que je
reproche un peu à certains autrichiens. » Je prends cela comme un reproche à l'encontre de mon pessimisme actuel. Reproche justifié, je dois le concéder. J'ai commencé à tenir un blog parce
que je profite de la technologie pour avoir mon petit média à moi, et parce que j'étais, et je le suis toujours, atterré par le traitement médiatique de la crise. Or, des économistes dits sérieux
attribuent cette crise aux marchés financiers, et refusent de considérer les effets de la politique monétaire de la Fed et du gouvernement fédéral des USA. Pour comprendre, je suis revenu aux
fondements des théories actuelles. J'ai constaté que la théorie économique avait évolué de manière cohérente jusqu'à Menger, Jevons et Walras. Puis, il y a eu un courant mathématique, qui s'est
subdivisé en une branche macroéconomique néokeynésienne et une autre classique, et le courant autrichien.


 


Je constate que les hypothèses sur lesquelles repose le courant keynésien, ainsi que la nouvelle macroéconomie classique, ne sont pas démontrées. Le
principe est d'utiliser les données de la microéconomie pour élaborer des modèles macroéconomiques. Mais je trouve que la macroéconomie manque de liant, et de fondement.


 


J'apprécie le courant autrichien, pour sa cohérence, sa pertinence, et parce qu'il s'enracine dans les théories passées. Rothbard lui même cite
Ricardo. Cependant, je trouve ce courant un peu sclérosé aujourd'hui, je ne partage pas son aversion pour les données empiriques, les statistiques bien utilisées, bien construites, pour la
monnaie crédit. Et je constate qu'aujourd'hui, ce courant est plutôt devenu une philosophie politique qui défend la liberté. Ce que je respecte, mais ce n'est plus de l'économie.


 


D'où mon pessimisme, ou mon désarroi. Tout est politique en économie. Rien n'est rationnel.


 


Cependant, parmi tous les travaux en économie, il y en a certainement de bons. Je pense qu'il faut partir de la méthode autrichienne, qui est la
méthode traditionnelle, en utilisant aussi les travaux empiriques. Faire un va et vient entre la théorie et l'observation.


 


Il faut que je trouve des travaux intéressants en microéconomie. Je pense qu'il y a là des choses intéressantes, à faire connaître. Si vous avez des
pistes, des liens, n'hésitez pas à me les faire connaître. Ou encore, lancez vous dans un blog !


 


Je vais essayer de dépasser le pessimisme. Mais je reste déçu par l'état de la science économique aujourd'hui. Selon moi, une refondation est
nécessaire. La principale qualité des autrichiens est leur érudition. Ils partent des origines. Les autres ne semblent pas réfléchir aux prémisses de la science économique. Mais le courant
autrichien a aussi ses défauts. L'économie est un vaste capharnaüm.