Analyse Libérale

Le populisme en campagne présidentielle

3 Février 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Présidentielles 2012

 

    Nous sommes au XXIème siècle, dans un pays développé, qui ne connaît qu'un analphabétisme résiduel. A priori, la France est composée d'une population capable de se prendre en charge, capable de comprendre les enjeux d'une élection, à qui il est possible de s'adresser sérieusement.

 

     Pourtant, certains thèmes de la campagne présidentielle 2012 sont résolument populistes, sans que personne ne le relève: l'appel à plus ou moins de protectionnisme, et, surtout, la désignation d'un ennemi invisible, apatride et tout puissant, exploiteur, cause de tous les maux du pays, et contre lequel il faut lutter: la finance.

 

     Que des extrémistes, du Front National au Front de gauche, s'emparent de ces thèmes, semble normal. C'est leur audience qui est à déplorer. Mais les candidats réputés modérés ne se privent pas d'utiliser la même dialectique douteuse.

 

     Ainsi, c'est Nicolas Sarkozy qui au salon des entrepreneurs accuse les banques de ne pas suffisamment prêter aux entreprises. Et c'est surtout François Hollande qui a explicitement désigné à la vindicte cet ennemi invisible, dans une rhétorique digne de l’extrême gauche.

 

     C'est une image fausse de la réalité qui est donnée, en même temps qu'une absence de modèle à proposer.

 

     Il n'y a pas d'ennemi invisible, de complot financier qui expliqueraient la crise. Il y a des politiques interventionnistes et de régulation. Ce sont les autorités, gouvernement et Fed, qui ont encouragé le crédit aux USA, en particulier en direction des plus démunis. C'est une politique de soutien monétaire à l'économie qui a été menée. Ce sont les régulateurs qui ont construit un système prudentiel sur les marchés financiers centrés sur les agences de notation.

 

     Ces politiques ont été menées pour assurer la croissance et éviter les crises. Que l'inverse se soit produit pose problème. La réflexion doit donc s'orienter soit, selon les idéologies, vers une redéfinition des politiques interventionnistes et de régulation, soit vers une libéralisation.

 

     La finance n'a rien à voir non plus dans le niveau de la dépense publique, du déficit public. Ni dans la baisse d'efficacité du système de protection social, dans celle du système éducatif. Ce sont des politiques de dépenses publiques et d'endettement public qui ont donné ces résultats.

 

     Là encore, la question est de savoir s'il faut poursuivre cette politique de dépense et d'endettement, et sous quelle forme, puisque celle appliquée jusqu'à présent a échoué. Ou s'interroger sur une diminution de la dépense publique, et une libéralisation de l'économie.

 

     La France aime prendre l'Allemagne pour modèle. Or, ce n'est pas en dénonçant un ennemi extérieur ou invisible que l'Allemagne a mené une politique qui la rend si forte aujourd'hui. C'est au contraire en s'interrogeant sur elle même, et en se réformant. De même pour la Suède.

 

     Les politiciens français n'ont aucun modèle à proposer, et aucune volonté de se remettre en cause. Ils vendent donc une protection contre un ennemi imaginaire. Tous les vrais débats seront soigneusement évités. Au risque de rendre les français encore plus désabusés, et de les jeter dans les bras des extrémismes.

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Clovis Simard 15/06/2012 13:45


Blog(fermaton.over-blog.com),No-3 :THÉORÈME MATER. La dette de la Planète ?

mamalilou 08/02/2012 03:28


sans que personne ne relève? personne? tu es sûr?


dialectique douteuse... pour le moins


et sur à peu près tout


sujets oubliés, occultés, tabouïsés...


quant à l'ennemi financier... haha..


comme tous les domaines d'exercice de la responsabilité humaine, il y a du bon et du moins bon, voire du délétère...


et quand on fait ce raccourci, à gauche ou ailleurs, on le fait à dessein


il ne s'agit pas de dénoncer une personne, un groupe d'intentions dans une attitude schizophrénique à tendance paranoïde... nan..


mais de bien cerner l'écueil de la priorisation de la finance/de l'idéologie économique mondiale en cours et donc des acteurs unis en ce sens, forcément...


et c'est ce choix de priorité dans la grande ligne qui cause tant d'errance


il s'agit rien moins que de reconstruire entièrement tout un système de valeurs...


c'est un réel projet de civilisation...


haha


oui


on est bien d'accord, c'est un voeu pieux et dans la bouche de nos plus ou moins géniaux orateurs, ce ne sera peut-être pas si facile d'imposer ce projet, audacieux pour le moins..


et pourtant, ça urge... qui a les épaules, l'éthique, la sagesse et la détermination pour s'y aventurer et entraîner d'autres gouvernements du monde et gérer les pouvoirs que confère l'argent en
ce monde et qui deviendra alors contre-pouvoir?


qui?

I-Cube 03/02/2012 09:08


Plus désabusés, je ne sais pas.


 


Encore "plus ignorant aujourd'hui qu'hier et bien moins que demain", là oui, c'est sûr !


Mais remarque, il n'y a jamais eu d'enseignement à tirer d'une campagne électorale : Elle se fait non pas sur des faits, des résultats, mais sur des "ressentis", sur des "croyances" !


 


C'est la différence avec l'ékole...


 


Je te donne juste un exemple : Tu prends ta calculette (même si les gens ne savent pas compter).


Tu dis je garde des effectifs de la fonction publique au niveau où elle en est.


J'abroge la règle du remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite,


J'embauche 60.000 personnes pour l'éducation nationale et 5.000 pour la justice et la police.


 


Tout le monde aura retenu que ça fait sérieux et qu'on redéploie les effectifs vers les missions et ministères "régaliens". Et c'est bien.


Personne n'aura vu qu'en fait, on aggrave la règle du "1 sur 2", et c'est magnifique !


 


Décidément, j'adore ce pays.


Mais c'est comme en "Corsica-Bella-Tchi-tchi", ça serait encore plus beau et meilleur si on virait ailleurs tous les autochtones !


 


Bon week-end...