Analyse Libérale

Le manifeste des économistes atterrés

3 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Un texte intitulé «Manifeste d'économistes atterrés» a été mis en ligne le 01/09/2010. Il est sous titré: «Crise et dette en Europe: 10 fausses évidences, 22 mesures en débat pour sortir de l'impasse».

 

      Ce manifeste milite pour la relance par la dépense publique, et contre la lutte contre les déficits publics. Il dénonce surtout une économie néolibérale asservie aux marchés financiers. Il déclare défendre une économie qui préserve les spécificités européennes.

 

     Cependant, il s'agit plutôt d'un texte idéologique, qui prend des libertés avec les théories, ainsi qu'avec la réalité, et qui prône finalement des mesures qui aggravent les difficultés sociales.

 

     En effet, ce manifeste dénature la théorie libérale, il oblitère les causes de la crise économiques, ainsi que la situation actuelle de l'économie. Et, tout en déclarant défendre le modèle social européen, les propositions du manifeste mettent en danger le modèle social européen.

 

Le libéralisme dénaturé.

     Selon le manifeste des atterrés, le libéralisme défend l'efficience des marchés financiers, et a pour conséquence l'asservissement de l'économie à ces derniers.

 

     On se demande d'où vient cette conception du libéralisme, tant elle dénature ce dernier. Bien sûr, le manifeste précise qu'il parle du «logiciel néolibéral». Mais ce qui a été appelé néolibéralisme n'est rien d'autre que la remise au goût du jour du libéralisme après le constat d'échec du keynésianisme dans les années 1970.

 

     Le libéralisme n'a jamais été basé sur l'efficience des marchés financiers. Le libéralisme défend le mécanisme de l'économie de marché, la catallaxie dans la terminologie autrichienne, si précise. C'est-à-dire que chacun doit pouvoir proposer ses services, ou ses produits, à autrui. C'est le jeu de l'offre et de la demande qui détermine le succès, les ventes donc, de ces services ou produits. C'est cela l'économie de marché. C'est la loi des débouchés de Jean-Baptiste Say: les produits s'échangent contre des produits.

 

     Le moteur de l'économie de marché, ce sont les gens. Cette dynamique a été théorisée par Joseph Alois Schumpeter et sa théorie de l'entrepreneur.

 

     Le libéralisme défend le droit de mener sa vie comme on l'entend, sans gêner autrui. Le marché assure la coordination des buts poursuivis entre les uns et les autres. Une coordination informelle, autorégulée, dans le sens où aucune entité ne décide de ce que doit être la vie de chacun. Mais des règles sont à respecter néanmoins par chacun.

 

     Le marché est un concept. Le libéralisme ne défend pas l'efficience d'un marché en particulier, comme le marché financier. Le marché, c'est le jeu de l'offre et de la demande, cette possibilité d'offrir ses services ou ses produits, et d'accepter que le succès dépendent su goût des autres.

 

     Les buts poursuivis par les gens sont très divers, et pas forcément le profit. La théorie néoclassique a conceptualisé ces buts sous le terme d'utilité. Elle considère que chacun d'entre nous cherchons à maximiser ce qui nous est utile. Pour les calculs mathématiques, il est plus simple de prendre un objectif de profit. Mais ce n'est qu'un exemple des buts poursuivis. Surtout, le libéralisme ne décrète pas que les gens doivent rechercher le profit. C'est le principe du libéralisme de laisser les gens décider librement de leurs buts.

 

     Par ailleurs, le libéralisme accepte les cycles, et les crises. L'économie de marché est un processus d'apprentissage, les crises servant de leçons en quelque sorte. L'économie est soumise à des cycles, à des hauts et à des bas.

 

     Ce que défend le libéralisme, c'est ce mécanisme global, qui laisse à chacun la possibilité de poursuivre ses buts. Le libéralisme est contre tout asservissement de la personne humaine, par une autre personne comme par un marché financier.

 

     Le libéralisme est la seule doctrine qui place l'être humain au centre de l'économie. C'est la seule doctrine humaniste en économie, alors que les économistes atterrés raisonnent en fonction d'agrégats purement financiers. Ce sont les atterrés qui placent la finance au centre de l'économie. Pas les libéraux.

 

(Cf sur le libéralisme: Le schéma de base de l'économie  , La théorie de l'équilibre  )  

 

L'origine de la crise

     On peut évidemment considérer que le «laisser-faire» du libéralisme a conduit à une dictature des marchés financiers, et la crise actuelle.

 

     Cependant, cette hypothèse ne résiste pas à l'analyse. En effet, la crise financière, et la crise économique, proviennent de la politique américaine de soutien à la demande par le crédit. Le gouvernement américain a assoupli les conditions de rachat de crédits hypothécaire par les agences Fannie Mae et Freddie Mac. De même, la Fed, la banque centrale américaine, a volontairement maintenu les taux d'intérêt bas, pour soutenir la demande.

 

     La crise ne provient donc pas du mécanisme de marché. Elle provient de l'interventionnisme. Elle provient de cette volonté de relancer la demande à tout prix et de développer ce qu'on appelait alors l'effet richesse.

 

     D'ailleurs, les marchés financiers dépendaient essentiellement de l'attitude des banques centrales. Le marché des subprime dépendait des taux bas de la Fed. De même que la folie des LBO, ces rachats d'entreprises par effet de levier.

 

      Ceux qui, à l'époque, préconisaient une augmentation des taux d'intérêt, étaient villipendés au non du véritable dogme qui régit l'économie aujourd'hui, ce dogme qui est aussi celui des atterrés: le dogme de la demande.

 

     C'est au nom de ce dogme que le crédit a été soutenu, et que les atterrés soutiennent les déficits publics. Il faut soutenir la demande à tout prix. C'est là un dogme keynésien, en rien libéral.

 

     Les marchés financiers étaient donc régulés, dans le sens où ils dépendaient entièrement de l'attitude des banques centrales et des gouvernements.

 

     Par contre, le jeu normal du mécanisme de marché préconisé par les libéraux était entravé par l'intervention des banques centrales et des pouvoirs publics. La volonté de ces derniers est en effet de toujours vouloir soutenir les marchés financiers, et de ne pas accepter que des crises assainissent ces marchés. Le résultat est une crise plus forte. Cette volonté de soutien aux marchés financiers n'a rien de libérale.

 

     Le monde dans lequel nous vivons n'est pas non plus ultra-libéral, comme veulent le faire croire les économistes atterrés. Y-a-t-il eu une révolution néolibérale? On peut en douter, quand on voit que la dépense publique n'a jamais été aussi importante en temps de paix qu'aujourd'hui? Peut-on vraiment parler de révolution néolibérale, quand la dépense publique dépasse les 50% du PIB, comme en France? Et que les prélèvements publics sur l'économie approchent de 50%? (Autour de 44% pour les prélèvements obligatoires, et de 50% en comptant les prélèvements qui ne sont pas classés comme obligatoires dans les statistiques, comme les dividendes versés par EDF, ou la Caisse des Dépôts et Consignations.)

 

     La législation du travail n'a jamais été aussi sophistiquée qu'aujourd'hui, et la loi majeure de ces derniers temps dans ce domaine est celle des 35 heures. On ne peut pas parler de libéralisme sauvage.

 

     Parler de révolution néolibérale pour décrire la situation aujourd'hui, en disant que le néolibéralisme a entraîné le recul de la protection des salariés, et par là la précarité, est totalement abusif. La précarité provient des difficultés économiques. Et ces difficultés peuvent difficilement être attribuées à un quelconque néolibéralisme, vu le degré d'intervention de la puissance publique dans l'économie, qui n'a jamais été aussi élevé.

 

Des préconisations qui mettent en danger le système social.

     Les économistes atterrés s'inscrivent dans la droite ligne de la politique qui a provoqué la crise: le dogme du soutien à la demande.

 

     Au nom de ce dogme, les économistes atterrés préconisent une politique de dépenses et de déficits publics. L'idée étant que les déficits vont provoquer de la croissance, une croissance supérieure au taux d'intrêt des emprunts. Le problème, c'est que ce mécanisme ne fonctionne pas. C'est la croissance qui permet l'zendetement, et non l'inverse.

 

     C'est le dogme de la demande qui a justifié l'endettement en France, qui justifie la dépense sans contrôle en Europe, et qui rend le continent si fragile face aux crises. En effet, plus un pays est interventionnistes, plus il est sensible aux crises. Car la crise provoque une baisse des recettes publiques, et une hausse des dépenses publiques sociales. Par conséquent, les pays qui ont des prélèvements élevés sur l'économie, et de fortes dépenses, sont plus fragiles face à une crise. C'est pourquoi ils doivent gérer avec plus de rigueur leur budget, afin d'être prêt quand survient une crise.

 

     La course à la dépense publique, et à l'endettement, rend dépendant un pays à ceux qui lui prêtent de l'argent. Hier les banques, aujourd'hui le marché obligataire. C'est la dépendance de l'emprunteur face au prêteur, cela n'a rien à voir avec la dictature de smarchés financiers. Si l'endettement se faisait auprès des banques, ce serait une dépendance face aux banques.

 

     Les atterrés proposent d'obliger la BCE à prêter aux pays en difficultés. Ce qui s'appelle la planche à billet. Aucune théorie économique ne soutient ce mécanisme. De tout temps, la planche à billet crée de l'inflation, et peut aboutir à l'effondrement de l'économie. C'est ce que montre l'histoire économique. Et l'inflation n'est pas bénéfique d'un point de vue social.

 

     Le Brésil est un bon exemple des effets d'une politique monétaire. L'hyperinflation encourageait la précarité, tandis que l'orthodoxie monétaire a permis de faire reculer la pauvreté. En effet, les allocations perdent vite de leur utilité dans un contexte d'hyperinflation. Tandis que dans un contexte de stabilité monétaire, elles peuvent aider les plus démunis.

 

     C'est ainsi que les atterrés, sous prétexte de défendre le modèle social européen, le mettent en danger. En effet, les dépenses publiques n'engendrent pas la croissance, et les déficits non plus, mais des dettes. Si les dépenses sont supérieures aux capacités de l'économie, il faut ensuite, en pleine crise, maîtriser la dépense publique. Et on sabre à tout va dans les dépenses sociales: sécu, éducation, etc.

 

     Une solution serait de rechercher l'efficacité dans la dépense publique, et notamment la dépense sociale, pour dépenser mieux, avec moins. Paradoxalement, ce sont les libéraux, accusés d'être contre la protection sociale, qui font des propositions à ce sujet. Ce sont par exemple le système des vouchers (des bons donnant accès à des services sociaux, pour payer l'école aussi, pour favoriser la concurrence), l'impôt négatif de Friedman, la retraite par capitalisation, la privatisation des services sociaux, etc.

 

    On peut critiquer ces propositions, ne pas être d'accord, mais la réflexion sur l'organisation des services sociaux existe chez les libéraux. Tandis que les atterrés mettent le système social en danger avec le dogme de la dépense, qui justifie toute dépense pour favoriser la croissance, et aboutit à l'endettement et à des coupes dans le système social.

 

Conclusion

     Le débat est nécessaire, mais il doit s'appuyer sur de bonnes bases. En l'occurrence, les atterrés dénaturent le libéralisme, en en faisant un thuriféraire des marchés financiers. Ils dénaturent les causes de la crise, en occultant les responsabilités publiques, et celle du dogme du soutien à la demande, dogme que les atterrés soutiennent.

 

     En soutenant ce dogme, les atterrés mettent en danger le système social européen qu'ils prétendent défendre, en encourageant la dépense, ce qui, historiquement, se termine toujours par des plans de rigueur, qui n'épargnent pas les plus faibles. Le dernier exemple étant la politique de rigueur des socialistes en France, qui a suivi leur plan de relance.

 

     L'économie a connu un cycle de croissance après la deuxième guerre mondiale. Cycle qui a permis l'augmentation de la dépense publique, et les progrès sociaux. Ce cycle a pris fin, entraînant des politiques de relance budgétaires dans les années 1970. Politiques de relance qui n'ont rien donné, sauf des plans de rigueur.

 

     Mais les Etats sont restés sur une tendance à l'augmentation de la dépense publique, soutenus par le dogme de la demande, qui affirme que ce dépenses sont forcément favorables à la croissance. Jusqu'à arriver à un butoir.

 

     Le défi, aujourd'hui, si on veut maintenir un système social fort, c'est de dépenser mieux. Sortir de l'idée qu'on peut dépenser ce qu'on veut car ce serait bon pour la croissance. Il faut dépenser utilement, efficacement. Sinon, nous aurons de forts prélèvements, mais une faible protection.

 

     Il est important de ne plus se laisser guider par le dogme de la demande pour relancer l'économie. Nous vivons à nouveau une grosse crise, qui touche, comme toujours, les plus faibles notamment, à cause de ce dogme. Nous devons changer de politique.

 

     Cette autre politique pourrait s'inspirer du libéralisme. On peut, bien entendu, contester l'efficacité du libéralisme. Mais, il faut le faire avec de vrias arguments, sans dénaturer à la fois le libéralisme et la réalité économique.

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Moderator 02/02/2015 17:12

Toutes les occurrences "libéral", libéralisme", etc dans mon commentaire désignent le libéralisme économique. Ce qu'on appelle souvent, le néo-libéralisme. Cela ne désigne évidemment pas le libéralisme au sens sociétal.

Moderator 02/02/2015 17:07

Je salue l'effort que vous avez consacré à ce texte mais il est malheureusement beaucoup trop partial.
Il me semble en fait dominé par un dogme : "Le libéralisme, c'est bien, de toute façon".
DONC (par exemple) il ne peut pas être à l'origine de la crise de 2008, ni de 2011 d'ailleurs.
DONC aussi, tous ceux qui voient comme des conséquences délétères du libéralisme les turpitudes actuelles de la finance dérégulée, l’évasion fiscale, l’accumulation croissante des capitaux non utilisés, la baisse des droits individuels, l’appauvrissement des services publics, etc. se trompent dans leur utilisation du mot libéral.
DONC... etc. Il faut sauver le soldat libéralisme !

C'est tout à fait étonnant comme manière de procéder, un peu comme l’enquêteur qui a déjà son coupable te fait coller tout le reste à la démonstration de sa culpabilité, quand bien même il s’agirait de ré-interpréter la réalité contre toute vraisemblance historique et économique.
Il n’y aurait pas eu de tournant libéral dans les années 80 ?! Etudiez donc les taux d’imposition IR et IS dans les pays « développés » : ils s’écroulent (et ne sont pas compensés par les charges sociales).
Etudiez donc la règlementation bancaire, l’autorisation d’outils exotiques de spéculation, la création de produits auparavant totalement interdits... Regardez ce qu’on fait les ministres de Clinton un peu plus tard...
Etudiez les politiques douanières de ces mêmes pays : ils sont en chute libre, sans raison autre que l’application de théories risibles et démontées depuis longtemps (quelqu’un pense encore passé le lycée que l’avantage comparatif de Ricardo a la moindre valeur ?!).
Etudiez comme toutes ces lois, pour la plupart régressives (au sens de retour en arrière) mais étrangement appelées « réformes » ont bénéficié aux puissants.

Vous pourrez toujours répondre que ces exemples ne sont pas « libéraux », qu’ils en sont une perversion, etc. A la rigueur, cela importe très peu. Ces exemples et bien d’autres SONT caractéristiques du libéralisme comme il est vu par l’ensemble de la population et des politiques, riches ou pauvres.

Pour moi, une grande partie de votre texte relève de la croyance, quasi-religieuse dans son approche intellectuelle (ré-interprétation constante pour faire coller la réalité au dogme).

Il est aussi amusant de voir comment vous présentez les plans de rigueur comme des conséquences funestes de la folie dépensière supposée des Etats. Mais ces plans de rigueur, CE SONT des politiques libérales. Voilà bien où se situe entre autres le révolution libérale. Après, on pourra toujours dire : il y avait trop d’Etat etc, c’est une bonne chose que de réduire son rôle, etc... mais nier que cela ait eu lieu !

Autre exemple : les « atterrés » veulent que la BCE prête aux Etats, ce que vous dénoncez comme « faire marcher la planche à billets ». Outre que cette appellation est déjà péjorative par elle-même, ce qui montre en passant votre furieuse subjectivité, il faut savoir qu’elle constitue une réponse possible dans certaines situations économiques. Elle n’est ni bonne ni mauvaise en soi (mais j’entends bien que pour vous, à partir du moment où cela vient d’un Etat (ou assimilé), c’est forcément une mauvaise idée ! De plus, et c’est là que je penche plus volontiers pour la mauvaise foi que pour la mauvaise compréhension, l’idée pourtant très claire dans le manifeste et partout ailleurs est que la BCE prête aux Etats EN DIRECT, A LA PLACE DE prêter aux banques qui prêtent ensuite aux Etats à un taux beaucoup plus élevé, réalisant une plus-value énorme (plusieurs centaines de pourcents). Il y a donc création monétaire de toute façon mais dans un cas les banques réalisent au passage un bénéfice immoral et injustifié et la BCE ne remplit pas le rôle qu’elle devrait (contraire à ses statuts, mais c’est cela qui est critiquable et les atterrés plaident pour une réforme de ces statuts).

Je finis sur votre négation absolue de la réalité qui rappelle Orwell. Vous dites en somme : "Oui, nous voulons sauver le système social »... en le détruisant ! (capitalisation des retraites par exemple). C’est soit de mauvaise foi, soit aveuglé par la « lumière libérale ».
Ou encore : "Nous faisons au moins des propositions d'amélioration de ce système » ... en le détricotant ! (faire une proposition n'implique pas une valeur en soi, surtout si cette proposition revient à supprimer le système que l'on prétend vouloir sauvegarder !).

Je pourrais poursuivre indéfiniment sur presque chacune de vos affirmations.

Autant je suis prêt au débat avec un interlocuteur ayant des positions de droite étayées et non excessives, autant les vôtres ne sont pas sérieuses et ne se basent que sur des faits erronés ou des interprétations gravement biaisées.

mamalilou 07/02/2011 15:43



j'ai mis ta contradiction aux atterrés en lien sur l'article ici, publié le 22 décembre 2010, si tu n'y vois pas
d'inconvénient



Vladimir Vodarevski 07/02/2011 20:24



Merci.



mamalilou 07/02/2011 15:27



bonjour bonjour,


un billet qui me passionne, j'aime la plupart des ébauches de la fin, mais c'est marrant mais moi si, je vois du dogme, notamment dans la simpliciste opposition par la négative non argumentée.


moi j'y vois un militantisme pro-libéral... peut-être que pour trouver ce billet non dogmatique faut-il être soi-même dans le dogme pro-libéral...^_^


 


je voudrais faire court, mais tu sais le flou sémantique sur la chose... il ne faut pas confondre libéralisme économique et libéralisme  philosophico-polique


ici, les atterrés parlent du libéralisme qui considère notamment que la puissance publique n'a ni la légitimité, ni l'information nécessaire pour prétendre savoir mieux que les consommateurs ce
qu'ils peuvent ou doivent consommer ou pour prétendre savoir mieux que les producteurs ce qu'ils peuvent ou doivent produire. Il s'agit bien du libéralisme économique, et dans le contexte, les
"défaillances du marché" fondent toutes les critiques dûment justifiées... et pas que par les atterrés... tu veux des noms?


 


l'aberration est là: du point de vue philosophique, le libéralisme repose sur un précepte moral qui s'oppose à l'assujettissement, d'où découlent une philosophie et une organisation de la vie en
société permettant à chaque individu de jouir d'un maximum de liberté, notamment en matière économique...


oui, mais le libéralisme économique ne reconnaît pas ce discernement de l'individu dans l'exercice de son maximum de liberté... c'est ballot quand même...


compte tenu du nombre et de la diversité d'individus, de la difficulté de répartir richesses et confort, comment continuer à se fonder sur le mérite, la libre concurrence (au lieu de la
solidarité) et prétendre respecter les minorités, l'individu tout en ne lui laissant ni son discernement ni les moyens d'expression de sa liberté


et enfin, comment prétendre à cela sans l'étendre à l'écoumène Terre... où s'arrête la quantité d'individus dignes d'être considérés dans ce respect...? qu'on ne me parle pas de libéralisme à
frontières... c'est une vaste fumisterie, je suis atterrée.^_^


je suis assez d'accord avec toi sur le consommer utile, sur les changements à apporter mais quand tu parles de vrais arguments, je ne vois ni politiquement, ni économiquement ni même et surtout
philosophiquement d'argument qui défende le libéralisme ici... pourtant j'ai bien relu, tu n'as fait que décrié l'outrage fait de s'insurger contre le libéralisme actuel.


je trouve très franchement que ton assertion qui vise à simplement contredire la formulation (qui est tienne, c'est ta formulation résumée, et que tu attribues aux atterrés) constitue là un
exercice rhétorique sophiste: reformuler et argumenter sur la reformulation (que ce soit par substitution de mot ou par élision), d'autant que tu te contentes de dire la phrase en négatif:"le
libéralisme n'a jamais été basé sur l'efficience des marchés"... !!!


 


à moins de rajouter "jusque là", "en théorie", "sans pervertissement de chacun"...etc...


le sophisme n'aide pas la réflexion ni la recherche de vraies causalités ou de vraies options à investir...


 


ce n'est pas l'analyse des atterrés qui dénature, mais ceux qui continuent d'appeler libéralisme ce qui n'en est plus depuis longtemps, qui le dénaturent. Et encore, duquel parle-t-on? c'est un
vieux mot.


 


de même quand tu dis que le libéralisme défend le droit des gens etc... encore une fois tu fais un tour par la case philosophique qui n'a rien à voir avec la réalité de ces mêmes gens! parle donc
à tous ceux qui ont cru en la libre entreprise, tous ces nouveaux artisans dont on s'est bien moqué, toutes ces femmes qui se sont installées en auto entreprise, hein... raconte-leur la
concurrence, la non immiscion de l'état etc... bon je me calme... hein, on ne va pas tout résumer sur cet exemple... pourtant ça suffirait déjà à poser bien des contre arguments...


 


non une fois encore les clichés tels que la dette publique sont à bannir de nos conceptions éculées du libéralisme. Pourquoi défendre des concepts et des noèmes qui n'ont rien à voir ni avec la
réalité de ce qui est fait et vécu, ni avec les intentions de ceux qui les agitent...


 


oublie le mot libéralisme, il est dénaturé, c'est trop tard, peu importe par qui quand comment, il est dénaturé, c'est plié. Trouve autre chose, invente s'il le faut un autre mot qui permette une
réflexion qui ne s'éparpille pas dans ces flous et ces références, obligeant à se situer par rapport à telle histoire, telle personne.


pour bien fonder la réflexion, il faut pouvoir être libre de préciser les choses sans que ce soit rattachables à quelques vieux porteur de conviction, à quelque vieille et vaine tentative, à
quelque malentendu de sens. c'est perdre son temps.


 


enfin, tu opposes fermement un "ce n'est pas la crise", là encore sophiste... "ce n'est pas QUE la crise" faut-il dire, "pas QUE le laisser-faire"...


là encore tu assènes un "la crise provient de l'interventionnisme" et donc je suppose du libéralisme dénaturé ici par cet interventionnisme... mais pourquoi opposes-tu le laisser-faire et
l'interventionnisme, alors que tu vois à quel point ils sont liés dans ce mouvement de yoyo qui maintient le capitalisme tout entier...?!!!!


 


"sous prétexte de défendre le modèle européen"!!!!!!! dans l'optique surtout de ne pas défendre le libéralisme... n'inverse pas les causalité, toi aussi tu prends des exemples, des références,
des analogies... on ne les tient pas pour causalité de ton intervention!!!! faut pas faire ça dans l'argumentaire, confondre convaincre/séduire et être vrai


ce faisant, tu entres dans le jeu de "faire de la politique" au lieu de penser, débattre, être vrai... convaincre ou être vrai, un choix qu'il faut faire si l'on ne veut pas atterrer...


les atterrés ne sont pas dans le dogme, ils sont dans la priorité à la vie, tant qu'à soutenir le déficit autant qu'il soit au profit de la vie et non de la finance, et c'est là que tu peux, au
nom de tous ces dogmes qui portent ton argumentaire d'opposition, poser ton "c'est plus compliqué que ça"...!!!!!


plus compliqué que de dire que les atterrés sont dans le dogme ...?!!


 


rapidement sur "la planche à billets"... quoi... un problème à décider quelle quantité d'argent et pour quel objectif collectivement? un problème? c'est plus problématique que de laisser le
pouvoir aux banques de décider quel privé à plus légitimité à obtenir du cred?!!!! lol quel est donc ce tabou?


 


Je tiens que, une banque doit en premier lieu être nationalisée, ensuite, elle doit rester dans son rôle de collecter l'épargne et de consentir des prêts. Passé ces deux fonctions, elles sortent
de leur cadre et çà ne devrait pas être autorisé. c'est sévère oui, ça laisse pas beaucoup de marge, et pourtant, il faut se donner la peine d'y réfléchir... c'est la seule solution pour que la
démocratie s'exerce que par le peuple dans sa totalité et pas par une élite. Pas que le terme d'élite me pose problème en soi, mais la notion de transmissibilité d'un mérite ou du bénéfice d'une
opportunité quelconque me semble délétère... surtout quand ladite élite décide au nom du libéralisme qui mérite de penser sa liberté par lui-même...


 oui, c'est philosophique... mais pas que...


 


bref bref bref, je reprendrai peut-être plus tard la fin du billet lu, mais je mets ici les vraies questions posées par les atterrés qui n'ont pas vocation à proposer les solutions clés en main
et encore moins à critiquer -si légitime que ce soit, les choses sans arguments...les atterrés proposent la réflexion, et pas seulement la critique. La critique est une évidence, même toi, tu
n'envisages pas l'opposition aux atterrés au point de défendre le système actuel.


voici les questions:


- régulation financière: protéger ou désarmer les marchés?



Vladimir Vodarevski 07/02/2011 20:24



Hello,


pas le courage de répondre, ce serait trop long! Et peut-être inutile. Tu as tes arguments, j'ai les miens. Pour connaître les tiens, j'invites les visiteurs à aller sur ton blog (il suffit de
cliquer sur ton pseudo). Et de ne pas s'arrêter à l'aspect distrayant de certains articles, ton blog étant plus varié que le mien.


Ceci dit, j'ai l'impression que ton commentaire a été coupé. Il doit y avoir une taille limite aux commentaires.


A plus.



I-cube 04/01/2011 12:00



@ Benichou : Bien vu !


Ca rejoint tout-à-fait mon point de vue, même de quand je ne savais pas que ce plan-là existait...


 


@ Vladimir : Très beau texte. Clair, simple et même pas "militant" ou dogmatique !


Excellent.


 


Quant aux "atterrés", ils sont ce qu'ils sont : Atterrant !


Dramatiques, nos "z'élites"...



Vladimir Vodarevski 04/01/2011 14:05



Merci.


 



benichou 04/01/2011 09:21



Vous parlez d'un libéralisme originel façon Tocqueville!


Il n'a plus cours depuis longtemps. Les détenteurs du pouvoir financier sont plutôt assimilables, à la fois à des "outlaws" façon western, et à des crypto fascistes qui ont compris que leur plus
grand profit passait par l'asservissement d'un maximum de gens.


Ils méritent donc d'être pendus...2 fois!



Vladimir Vodarevski 04/01/2011 09:33



Je parle du libéralisme, le vrai. Et je dénonce ceux qui s'en revendiquent abusivement. Comme Greenspan, qui a mené une relance par le crédit, tout en se réclamant du libre marché! Ces gens là
font plus de tort au libéralisme que ses opposants déclarés.