Analyse Libérale

Le G20 et les déséquilibres

27 Février 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

      La présidence française du G20 s'est fixée comme objectif la réduction des déséquilibres mondiaux, considérant que certaines monnaies sont sous-évaluées, que certains pays ont trop d'éxcédents.

 

      La réunion consacrée à ce sujet à accouché d'un vague accord sur des indicateurs de déséquilibre. Il est vrai que les révolutions d'Afrique du Nord et du Moyen Orient ont quelque peu éclipsé le G20.

 

      Ce genre de réunion ramène de vieux souvenirs, d'une époque où internet et ce qu'on appelle la mondialisation n'étaient pas si développés. Il s'agissait à l'époque, déjà, de lutter contre les déséquilibres, et, notamment, les excédents commerciaux japonais. Il fallait également stabiliser le cours du dollar.

 

      Quand les pays occidentaux ont quelques problèmes économiques, face à la concurrence des pays émergents, ils cherchent à rétablir les équilibres.

 

      Les efforts américains de l'époque contre les excédents japonais, et les efforts mondiaux pour stabiliser le dollar n'ont rien fait contre ces déséquilibres. Et, aujourd'hui, la réunion du G20 n'a rien fait non plus.

 

      Il est positif que les pays discutent, qu'ils établissent des règles communes. Mais ce genre de réunion a aussi, ou avant tout, pour objectif de faire oublier les responsabilités de chacun, en particulier de ceux qui demandent ce genre de rééquilibrage.

 

      La Chine est accusée de maintenir le taux de change de sa monnaie à un niveau trop bas. C'est oublier que ce pays était engagé dans un processus de normalisation de sa monnaie, avant la crise. La monnaie chinoise est en effet strictement contrôlée par l'Etat, son emploi à l'étranger, et sur les marchés, n'étant pas libre. La chine poursuit d'ailleurs son processus d'ouverture monétaire. Les sociétés étrangères commencent ainsi à emprunter en yuan. Peu à peu la monnaie est intégrée au système mondiale, la Chine ayant pour but d'être une super-puissance, également dans le domaine monétaire.

 

      C'est donc la crise, provoquée par la relance par le crédit américaine, qui ralentit le processus de normalisation, et donc de libre fluctuation, de la monnaie chinoise. Et c'est encore aujourd'hui la politique monétaire américaine qui dérègle les marchés mondiaux. Le déséquilibre est du côté américain.

 

      De même, les pays occidentaux se plaignent des excédents commerciaux de la Chine. Mais ils ne se plaignent pas de l'argent chinois qui achète leurs dettes. Et, n'y a-t-il pas justement un rééquilibrage dans la croissance des pays émergents, qui, peu à peu, rattrapent le niveau de vie des occidentaux?

 

      Enfin, les occidentaux ne devraient-ils pas s'interroger sur leur politique économique, sur leur manière d'intervenir dans l'économie justement, au lieu de chercher la solution en forçant les autres à ralentir leur croissance? Croissance dont nous profitons, d'ailleurs, directement, à travers l'Allemagne, le tourisme, et tous ces nouveaux consommateurs avides de produits de luxe.

 

      On peut estimer que certains pays ne respectent pas les règles du commerce mondial. Mais, il y a une instance pour cela: l'OMC. C'est un peu long, peu spectaculaire, mais reconnu par les pays membres. Evidemment, il ne faut pas non plus de son côté être en tort, et il ne faut pas craindre de gêner certains gros contrats. En effet, certains pays se plaignent de concurrence déloyale, mais hésitent à engager des procédures car certains gros contrats pourraient en pâtir. D'autre part, une telle procédure est européenne, et différents membres de l'Union Européenne ne sont pas dans des situations identiques: par exemple, l'Allemagne ne se plaint pas du commerce international.

 

      Les intentions de ce genre de réunion sont donc ambigües. Ne serait-ce qu'une manière dee donner l'illusion que les gouvernements agissent? Les intérêts des différents protagonistes divergent également, même parmi les occidentaux. Enfin, avant de donner des leçons au monde, peut être faudrait-il assumer nos propres responsabilités.

 

      Oui, nous avons le pouvoir de changer les choses. Mais en s'attaquant à nos problèmes internes.

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I-Cube 28/02/2011 10:54



Ca me fait marrer, effectivement.


Qu'en est-il devenu du "puissant fragon" japonais, en effet...


Il n'arrive toujours pas à sortir de leur ornière et reste plus que jamais dépendant du pétrole et du parapluie américain...



benichou 27/02/2011 16:26



Les rustines ne servent à rien, en économie plus qu'ailleurs. Il faut des changements drastiques.