Analyse Libérale

Le crédit en février 2010

29 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Les statistiques sur l'évolution du crédit au secteur privé en février 2010 ont été publiées le 25 mars par la Banque de France. Ces statistiques indiquent qu'un palier semble avoir été atteint.


      Globalement, le crédit au secteur privé non financier, les entreprises et les ménages donc,a connu en février 2010 une évolution positive d'un peu moins de 2% en taux annuel brut. Une évolution assez stable depuis août 2009.


       Mais surtout, l'évolution trimestrielle atteint plus de 4%. Ce qui signifie que nous sommes dans une phase de légère reprise: le crédit augmente un peu plus vite.


      Dans le détail, le crédit aux ménage augmente d'un peu plus de 4% en taux annuel, et le crédit aux entreprises (sociétés non financières dans le jargon de la Banque de France) diminue d'environ 2%. Pour les entreprises, cela correspond à une baisse de 15% environ des crédit de trésorerie en taux annuel, et une augmentation d'un peu plus de 2% des crédit à l'investissement, toujours en taux annuel.


      Sur trois mois annualisés, le crédit à l'investissement augmente de 3,8%, et le crédit de trésorerie diminue de 3,1%. Le crédit de trésorerie montre une stabilisation, puisque que l'évolution sur trois mois annualisés était de -5,3% en décembre 2009, de -8,1% en janvier 2010. L'évolution à trois mois se situant constamment au-dessus de l'évolution sur un an, ce qui confirme un redressement.


      Le crédit de trésorerie finance les dépenses courantes de l'entreprise: le stock, les salaires par exemple. Essentiellement le stock. C'est l'argent qu'il faut avancer avant de vendre, pour payer les fournisseurs ou les salariés, les loyers, etc.


      La diminution du crédit de trésorerie peut avoir deux causes. Ce sont d'abord les entreprises qui en ont moins besoin. En effet, quand l'activité recule, les entreprises réduisent les stocks,cessent les contrats intérimaires, et ont finalement moins de besoins de trésorerie.


      Cependant, dans une situation de récession, les banques sont également plus prudentes. Elles peuvent refuser de financer la trésorerie d'entreprises fragiles, qui présentent un grand risque de ne pas pouvoir rembourser ce crédit par leur activité. Il y aura toujours un conflit entre entreprises et banquiers sur l'interprétation de ces chiffres.


      Soulignons que le crédit destiné à l'investissement n'a lui jamais baissé. C'est sa croissance qui a diminué.


      Le rapport d'activité du médiateur du crédit confirme cette impression de stabilisation. Le rapport d'activité pour février montre une nette baisse des dossiers sur un an. Le graphique n'est pas facile à lire, mais il semble que le nombre de dossier accepté soit passé d'un peu moins de 1600 en février 2009 à environ 1000 en février 2010. Une forte baisse donc.


      Il n'est pas certain non plus, aujourd'hui, que tous ces dossiers soient dus à la crise. Il y a notamment une augmentation des dossiers concernant des entreprises des secteurs de l'agriculture et de l'agroalimentaire, qui suivent des cycles spécifiques.


      Par ailleurs, les TPE, très petites entreprises, représentent 88% des dossiers en médiation. Ce sont donc les entreprises les plus fragiles qui sollicitent le médiateur. Reste à savoir si les PME ne le sollicite pas parce qu'elles n'en ont pas besoin ou parce que le médiateur n'est pas adapté à leurs besoins. Mais cette démarche de médiation n'en reste pas moins intéressante.

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Infreequentable 29/03/2010 19:03


Oui enfin, quand les banques ne prêtent plus aux entreprises fragiles pour financer leurs encours "bas-de-bilan", c'est soit qu'elles sont mortes, soit que leur croissance est ralentie.
Or, quand une entreprise ne grossit pas, c'est qu'elle régresse.
On devrait donc avoir une flambée des dépôts de bilan (ce qu'on constatera peut-être avec les beaux jours (et les AG d'approbation des comptes).
Ou alors la crise aura assaini tous les "canards boiteux" en les achevant l'année dernière : plutôt une bonne nouvelle.

Inversement, en situation "saine", ça veut dire que la récession est devant nous : moins de crédit de "routine" = moins de BFR, donc moins de business.
On ne tient pas longtemps à ce rytme-là.

D'autant que le crédit d'investissement me paraît extraordinairement bas (en progression).
Pas bon pour le moral des entreprises intermédiaires, ni pour les autres, ça...

Enfin, on verra bien qu'elle est la tendance d'ici le retour d'été !