Analyse Libérale

Le complot néolibéral

1 Mai 2014 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

Le terme néolibéralisme est né en août 1938, quand Walter Lippman a rassemblé à Paris 26 intellectuels européens pour une refondation du libéralisme. Depuis, le néolibéralisme est agité comme un chiffon rouge par tous les dirigistes qui stigmatisent ainsi ce qui n'est pas dirigiste. Le colloque de Lippman est parfois décrit comme un complot visant à appliquer un "ultra-libéralisme débridé" à travers le monde.

 

L'idée de complot est très marxiste. Cette idéologie n'hésitant pas à prôner la force, la "révolution", pour s'imposer. Ce que montre le colloque de Lippman c'est d'abord que le libéralisme était déjà faible en 1938. Ensuite, il n'y a pas vraiment eu d'application. Les échecs des politiques keynésiennes, dans les années 1970, et l'effondrement des économies socialistes de l'Est, ont fait que certains gouvernements se sont inspirés des thèses d'économistes libéraux. Ainsi en est-il de Margaret Thatcher et de Ronald Reagan. Mais le dirigisme n'a pas reculé, du moins en occident. Au contraire, les banques centrales détiennent aujourd'hui le pouvoir absolu sur les monnaies, et s'en servent pour mener des politiques économiques, qui ont conduit à la crise actuelle.

 

Mais, surtout, le colloque de Lippman enferme le libéralisme dans l'économie. Ce qui n'est pas son essence, son origine première. Par exemple, l'une des figures les plus connues de ce colloque, Friedrich August Hayek, est plus connu pour ses ouvrages La route de la servitude et son magnus opus Droit, législation et liberté que pour ses ouvrages d'économie, tels que Prix et production. Dans Droit, législation et liberté, Hayek tente de définir les principes d'une constitution qui garantirait la liberté à chacun. Il s'inscrit ainsi dans la lignée d'Alexis de Tocqueville, qui avec son ouvrage De la démocratie en Amérique s'interrogeait aussi sur la liberté, ou encore Benjamin Constant.

 

Les libéraux s'intéressent d'abord à la place de l'être humain dans la société, et à la promotion de son épanouissement. Comment organiser une société de façon telle que chacun soit libre, mène sa vie, et ait la possibilité de s'épanouir, qu'il utilise ou non cette possibilité.

 

Une telle réflexion est aujourd'hui absente. Elle serait pourtant utile. Aujourd'hui, l'Etat est devenu un état policier, au nom de la sûreté, ainsi que le terrain de jeu des lobbys, des associations et autres ONG qui veulent imposer leurs opinions. Une année on considère qu'un troisième opérateur mobile est nécessaire pour les utilisateurs, une autre on condamne un quatrième opérateur malgré les bénéfices pour les usagers. Et comment faire cohabiter les adeptes de la doctrine sociale du genre avec ceux qui s'y opposent ? Faut-il imposer une doctrine sociale ? C'est là le domaine de réflexion du libéralisme.

 

Le libéralisme a aussi le mérite de remettre l'être humain au centre de la réflexion. Quels sont ses droits, et le rejet de l'oppression, sous toutes ses formes.

 

Un nouveau colloque de Lippman serait donc souhaitable. Un véritable colloque libéral, qui s'empare de tous les sujets de sociétés. C'est ce que devraient faire les libéraux aujourd'hui, à travers internet. Le monde a besoin du libéralisme, il a besoin de retrouver l'esprit des Lumières.

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Philippe 07/05/2014 11:40


 


Je me demande si vous avez lu, si c'est le cas, vous n'avez rien compris. Basta pour moi.

I-Cube 07/05/2014 10:55


Oui, bon, et alors ?


 


Être libéral n'est-ce pas après tout que de laisser dire et faire quand même ?


Peut-être comme de véritables insoumis ?


 


Les chiens aboient mais la caravane passe, n'est-ce pas ?

Philippe 07/05/2014 10:29


 


Bonjour


les 2 commentaires précédents sont révélateurs de la mauvaise foi en général, j'ai personnellement subit la bêtise et l’arrogance de syndicalistes, notamment CGT.


Il y a plusieurs années de cela, me retrouvant aux prud’hommes après qu'un de mes anciens employé ait décidé de m'assigner, son défenseur qui était un cégétiste, m'a dit "vous n'êtes pas fait
pour diriger une entreprise, c'est la société actuelle qui a permit à des gens comme vous d’être patron" (sic).


Commentaire obscur tout autant que haineux. Et puis ce cégétiste avait raison, je n'ai pas dirigé une entreprise, mais 2 de front et pendant 30 ans. Quant à mon ancien salarié, il s'est trouvé
une place dans une administration.


Le libéralisme ne s'imposera jamais car, pensé comme tel, il est similaire en tout point aux autres idéologies, y compris marxistes ou communistes. C'est du reste toute la problématique libérale,
à la fois prétendre à un homme libre, sans forçage de la société, tout en invoquant de soit-disant guides, Hayek y compris.


En usant de sempiternelles références, comment prétendre à être autre chose que ce que l'on récuse ? Surtout que lesdites références sont souvent anglo-saxonne. Nous retrouvons la même
logique débile avec les penseurs sur l'économie, que les universitaires des années 70/80 ont ingurgités comme un petit guide rouge et se sont efforcés d'appliquer sans dévier de leur route, avec
le désastre que l'on sait.


Il est facile de constater que la plupart des libéraux actuels (ou prétendus tels) sont majoritairement passés par la moulinette de toutes les autres idéologies, notamment socialiste ou
communiste (voir les commentaires du site Contrepoints entre autre, un véritable aveu) et, déclarent avoir eu une révélation libérale.


Las, ces idéologues de salon ont gardé la même attitude que lorsqu'il adhéraient aux principes socialistes ou communistes, il parlent du libéralisme comme d'une doctrine, ils ont lus les
« penseurs » sur le sujet et appliquent désormais leurs préceptes, les citant à l'envie. Ils leur faut un guide...


Tout ceci se vérifie également dans les faits, les libéraux ne sont absolument pas actifs, ils se défendent même de l’être, ils se bornent à la critique, ce sont des témoins bien médiocres de
notre temps. Déçus par les autres doctrines auxquelles ils ont précédemment adhéré, cette posture leur convient parfaitement, désormais, ils observent l'action de loin, ils sont en orbite.


Le libéralisme est un mot vain, le libéralisme ne s'imposera pas car, dans son terme s'affronte toutes les contradictions possibles. Chacun sait que sans l'imposer, une idée ne sera jamais
dominante, mais, en passant à l'acte, les principes du libéralisme s’effondrent.


Je suis libéral, par nature, de façon innée, comme l'étaient mes parents. Toutes les lectures faites depuis, excepté des Nietzsche, Arendt, Heidegger et beaucoup d'autres penseurs indépendants,
m'ont exaspéré par le contenu arbitraire et idéologique de leurs auteurs.


Etre libéral ne veut en fait rien dire, sinon à se dire communiste ou léniniste ou que sais je d'autre. Se prétendre libre ou ambitionner de l'être est une toute autre histoire, il s'agit d'un
comportement, d'une éducation. Peu importe en fait la société dans laquelle on évolue et qui s'imposera toujours à nous (!!).


Un des commentaires précédents, révèle la posture : " "Et nous on fait quoi ?" à part t'écouter dires des konneries par simple respect de ta personne (et non pas de ton mandat)
tellement tu n'y connais rien" C'est le « nous » qui me gène, cette façon de se penser comme le cégétiste que l'on critique (au cas d'espèce), sans même sans rendre compte !


Moi, (je sais, le « moi » est mal vu) lorsqu'une personne m'indispose ou raconte des énormités, je le lui fait savoir, je ne crains pas la polémique, c'est même au delà d'une quelconque
polémique, c'est une lutte pour la préservation de ma liberté et de mon indépendance.


Chaque fois qu'un prétendu libéral se pliera au moindre consensus, il sera immédiatement assimilé à ce qu'il récuse. Arendt avait une merveilleuse réflexion « choisir le moindre mal, c'est
choisir le mal quand même » : toute la définition du « consensus » contenue en une seule phrase.

Vladimir Vodarevski 07/05/2014 21:16



Bonjour, merci pour ce commentaire très intéressant. je vous répondrai sur deux points. D'abord, il est hors de question de considérer les penseurs libéraux comme des guides. Ils nourrissent la
réflexion individuelle. Ensuite, pour vous, le libéralisme est un comportement. Un état d'esprit, qui peut se manifester dans tout type de société: on se comporte en homme libre. Effectivement,
nous ne parlons pas de la même chose. Mais les notions sont liées. De mon point de vue, en relation avec les auteurs cités le libéralisme est une philoophie destinée à guider l'organisation de la
société. Mais, dans cette société, certains peuvent, volontzirement, accepter de voir leur liberté plus ou moins rognée. Cependant, le libéralisme promeut un comportement libre.



I-Cube 02/05/2014 18:56


C'est d'ailleurs très curieux, que ton propos...


 


La semaine dernière, je me suis heurté à un syndicaliste CGT qui voulait apprendre à mon client comment il fallait faire tourner sa propre boutique mieux qu'il ne le faisait jusque-là.


Un caricature "fin de race" marxisante, genre "éflanqué-mal-nourri", valises sous les yeux, queue de cheval dans le dos, fumant des colpes roulées dans du papier maïs, mais surtout les dents
déchaussées comme conséquence des camés à la cocaïne...


Sain d'esprit à part ça...


Et ça trainait en longueur, j'avais faim et soif et l'autre de persister à nous persuader que sans lui, la boutique de mon client ne serait qu'une chiotte à liquider sous quinzaine sans ses
bons-conseils !


 


Y'a quand même un truc qui a retenu mon attention, c'est que le "stalinien-cégétiste", sans pouvoir argumenter pour autant, ne cesser de ressacer qu'il mettait l'homme au milieu de tout et
notamment de son engagment syndicaliste.


"Et nous on fait quoi ?" à part t'écouter dires des konneries par simple respect de ta personne (et non pas de ton mandat) tellement tu n'y connais rien.


 


La lecture de ton post me laisse à penser que tout le monde parle de la même chose, mais curieusement n'aboutit pas aux même chemins et exigences.


C'est peut-être sur ce point qu'il faudrait faire progresser les "sciences humaines", y compris économiques...


 


Qu'en penses-tu ?

Vladimir Vodarevski 03/05/2014 15:43



Non, ça n'a rien à voir. Le marxisme veut créer un homme nouveau, formaté et qui pense correctement. C'est l'avènement de la société sans classe, parfaite ar hacun partagera les même intérêt.
Encore que le cégétiste moyen ne doit pas connaître cette rhétorique. Placer l'homme au centre des préoccupation signifie simplement le max d'avantages pour les syndiqués, étant entendu que tout
patron est un exploitaur, et que c'est protéger l'être humein que de dénigrer le patron. En oubliant que le patron est un être humain aussi, au passage.


Le ibéralisme pense l'homme en tant qu'être pensant, responsable, qui construit sa vie et se construit. Il n'y a pas de but décidé par une entité supérieure, comme l'Etat. Il s'agit de permettre
à chacun de s'accomplir. En respectant les autres. D'où le rôle de l'Etat comme garant des règles,mais pas comme décidant de la vie de chacun.


Il ne faut pas faire progresser les sciences humaines. Il faut carrément les exhumer! Elles n'existent plus, la sociologie, qui veut décréter ce que  doit être la société, au lieu d'étudier
l'être humaine, l'a remplacée.