Analyse Libérale

Le "capitalisme financier" et la crise

29 Janvier 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Ce blog est né d'un texte dans lequel j'expliquai à quelques amis la crise financière, car j'étais mécontent de ce que je lisais et entendais. Depuis, j'ai même écrit un livre sur cette crise: La crise avec des mots simples.


      J'ai décortiqué le mécanisme de la crise financière, et économique, dans ce livre. Cependant, je n'ai pas été assez bon vulgarisateur. Bien sûr, un lectorat qui lit habituellement des articles économiques, comprend sans peine. Mais ceux qui ne se sont jamais intéressés à l'économie, ou de très loin seulement, ont un peu de mal avec mon approche, qui est de décortiquer le mécanisme de la titrisation, ses origines et ses conséquences.


      L'économie est une matière particulière, car elle concerne chacun d'entre nous, qui veut comprendre le monde dans le quel il vit, qui doit se déterminer au moment de voter. Ce n'est pas comme la philosophie, dont on pense pouvoir se passer (mais qui est très enrichissante, c'est une lacune de mon éducation). Cependant, l'économie est plus complexe qu'il n'y paraît. Elle est aussi objet de multiples débats.


      Face à la crise que nous connaissons, il y a une soif d'analyse. On se perd dans le maelström de l'information. Il y a très peu d'analyse. Il faut une analyse simple et compréhensible du plus grand nombre. Pas seulement des économistes, ni de ceux qui s'intéressent régulièrement à l'économie sans en être spécialistes.


      Aujourd'hui, on pointe du doigt le "capitalisme financier". On accuse le système financier d'être à l'origine de la crise. On accuse l'avidité des traders, des banques.


      Cette explication est populaire car elle est simple, compréhensible. Elle s'accorde aussi avec les désirs de la plupart d'un monde plus contrôlé, avec le sentiment que l'on peut avoir quand on gagne le SMIC, ou moins quand on travaille à temps partiel, face aux bonus, primes, stock option, parachutes dorés et retraites chapeau du monde de la finance.


      Or, cette explication est fausse. Non qu'il ne faille pas changer la réglementation financière, à mon humble avis. Je me suis exprimé sur ce sujet dans l'article    Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer. . Cependant, la finance n'est pas à l'origine de la crise. Elle en est complice, mais pas à l'origine.


      Mais, pour l'expliquer, on a recours au jargon des économistes, on passe par les explications sur l'inflation. Cela ne fait pas le poids face à une explication simpliste, mais qui rencontre l'adhésion car elle correspond aux sentiments des victimes de la crise, et de tous ceux qui craignent d'en être victime, c'est-à-dire une majorité d'entre nous. De plus, ces explications, je m'en suis aperçu d'après les échos que j'ai eu de mon livre, ne sont pas forcément abordables par tous, comme je l'explique au début de cet article.


      Il faut donc adopter une autre démarche. Les économistes s'enferment trop dans un jargon, dans des théories, puis s'étonnent d'être incompris. Il faut, au contraire, aller vers les gens.


     D'où cette nouvelle explication de la crise, dans le but de montrer pourquoi ces discours contre le "capitalisme financier" ne sont pas pertinents, sans laver toutefois le monde de la finance de tout reproche.


      Pour comprendre la crise, et les responsabilités dans celle-ci, le mieux est de remonter aux origines historiques. A ces origines, il y a un reproche, qui est fait aux banques américaines: il leur est reproché de ne pas prêter aux pauvres. Et aux minorités. Ce qui est la même choses, puisque les minorités en question comptent une forte proportion de pauvres. Mais les USA classent leur population selon des critères raciaux et ethniques, là où nous faisons des classements sociaux.


     Cela paraît ahurissant chez nous, où l'on reproche le contraire aux banques et autres instituts de crédit, tel Sofinco, Cofidis, et autres Cetelem. On leur reproche d'encourager l'endettement des populations fragiles. Mais, aux USA, on considère que le crédit permet de consommer, chacun a droit à la consommation, donc il faut favoriser le crédit. La France favorise elle plutôt l'aide sociale.


      Par conséquent, les banques ont été fortement encouragées à prêter à ces populations fragiles. Joseph Perella, banquier new-yorkais, déclare dans une interview aux Echos du 29 octobre 2008, que les autorités regardaient le volume de prêts à ces populations fragiles pour autoriser les rapprochements entre banques. Pour se faire bien voir des autorités, il fallait donc prêter aux populations fragiles.


      Pour augmenter les crédits aux populations fragiles, une autre mesure a été promulguée, sous l'administration Clinton, qui concerne les deux institutions que sont Fannie Mae et Freddie Mac. Ce sont deux institutions contrôlées par les pouvoirs publics, dont la mission est de racheter les prêts hypothécaires aux banques. Quand une banque accorde un prêt pour l'achat d'une maison, un prêt garanti par la valeur de la maison, elle peut revendre ce prêt à Fannie Mae ou Freddie Mac.


      Les banques, qui accordent un prêt hypothécaire, peuvent donc le revendre. C'est-à-dire qu'elles n'en assument plus le risque.


      Fannie Mae a été créée en 1938, durant la grande dépression. Il s'agissait de favoriser le crédit. hypothécaire. Le but est de permettre aux habitants des USA d'acheter une maison. Freddie Mac fut créé plus tard, avec le même but.


     Ces deux institutions sont utiles, et ont fonctionné sans problème pendant des années. Elles ont permis l'accession à la propriété de millions d'habitants des USA. Mais il faut croire que le système ne fonctionnait pas suffisamment bien pour l'administration américaine. Celle-ci a donc décidé, sous Clinton, d'assouplir les critères des prêts rachetés. En clair, Fannie Mae et Freddie Mac ont été autorisés, et encouragés, sinon forcés, puisqu'ils sont contrôlés par l'Etat, à racheter des prêts hypothécaires accordés à des populations fragiles, qui présentaient un grand risque de non remboursement. C'était un nouvel encouragement au crédit envers les populations fragiles.


      Ajoutons enfin la politique de de la banque centrale des USA, la Federal Reserve, appelée par le diminutif Fed. Celle-ci a décidé de relancer l'économie par des taux d'intérêt bas, notamment après le 11 septembre 2001. Des taux bas encouragent le crédit, et par conséquent la consommation.


      Toutes les conditions ont donc été réunies par les autorités américaines, le gouvernement et la Fed, pour une forte augmentation du crédit. Sachant que le président de la Fed est nommé par le président des USA, et que sa nomination doit être approuvée par le Congrès, la représentation parlementaire des USA. Le président de la Fed a donc intérêt à complaire à ceux qui le nomment. Et sachant qu'il sera jugé sur une de ses missions, qui est de favoriser la croissance, on comprend encore plus qu'il avait intérêt à suivre la politique du gouvernement en faveur du crédit.


      En effet, le crédit favorise la croissance. Le mécanisme est le suivant. D'abord, c'est le crédit hypothécaire qui a été favorisé. C'est-à-dire le crédit pour acheter son habitation. Ce qui a entraîné une forte demande dans l'immobilier. L'activité de construction a connu une forte croissance. La valeur des maisons a augmenté également. Un processus logique: plus de crédit favorise plus de demande et provoque une augmentation des prix. La croissance des USA a donc été portée par le bâtiment.


      Un autre système a favorisé la croissance aux USA. Nous avons vu que le crédit facile faisait augmenter la valeur des maisons. Or, aux USA, quand on a une maison, et que la valeur de celle-ci augmente, on peut demander un nouveau prêt, garanti par l'augmentation de la valeur de la maison. Concrètement, une famille achète une maison, grâce à un prêt hypothécaire, garanti par la valeur de la maison. Cette maison est achetée sans apport personnel. La valeur de la maison augmente. Cette famille peut obtenir un nouveau prêt, garanti par l'augmentation de la valeur de la maison, en plus du prêt obtenu pour l'acheter.


      C'est ce qu'on appelle l'effet richesse: la valeur du patrimoine augmente, ce qui augmente les possibilités de crédit, et donc de consommation. Car la consommation a augmenté grâce à ce processus. Avec la consommation, la croissance économique a augmenté, aux USA, et dans le monde. En effet, la consommation américaine a tiré la croissance mondiale. Les produits sont fabriqués en Chine, la Chine commande des équipements à l'Allemagne, la France exporte vers l'Allemagne, etc.


     S'en est suivi une surchauffe, et de l'inflation. Il a fallu de plus en plus de matières premières. Ce qui a provoqué une augmentation des prix de ces matières premières, et une augmentation des prix des produits fabriqués avec ces matières premières, et ainsi de suite. L'inflation mondiale provient directement de la politique américaine. Ajoutons que la croissance par le crédit a aussi été pratiquée par le Royaume Uni et l'Espagne, deux des pays les plus touchés par la crise.


      Bien sûr, est arrivé un moment où l'emprunteur n'a plus remboursé. Alors, le soufflé est retombé. L'immobilier, et donc le secteur de la construction, se sont effondrés. La valeur des maisons a baissé, donc plus d'emprunt possible pour consommer. La consommation a baissé. Les entreprises ont cessé de produire, car elles avaient trop de stock, à cause de la baisse de la consommation. Elles avaient prévu une consommation plus importante. Certaines entreprises ont disparu. Beaucoup ont licencié, car la consommation baissait.


      La croissance économique était donc basée uniquement sur le crédit. Quand les emprunteurs sont au bout du rouleau, tout s'effondre. On revient en arrière en quelque sorte.


      Quel est le rôle des traders dans l'histoire? Aucun. Quel est le rôle de la finance? Nous avons déjà vu qu'elle n'a pas provoqué cette croissance à crédit. Ce sont les autorités américaines, la Fed et le gouvernement, qui l'ont fait. La finance a d'abord été contrainte par ces autorités. Elle y a trouvé son compte, certes, avant de s'effondrer aussi.


     L'ingénierie financière moderne a-t-elle favorisé la crise financière? Le système financier s'est en effet retrouvé complètement bloqué. C'est la titrisation qui est accusée. C'est le fait de transformer les crédits en titres financiers, et de les revendre sur les marchés financiers. Cette pratique aurait-elle encouragé le crédit aux populations fragiles, puisque les banques pouvaient se débarrasser de ces crédits sur les marchés financiers?


       Comme nous l'avons vu, c'est d'abord Fannie Mae et Freddie Mac qui ont racheté ces crédits, sur instruction du Trésor des USA. Ensuite, même sans titrisation, les banques auraient trouvé à se financer pour faire crédit. Elles auraient lancé des émissions obligataires, par exemple.


      En effet, si les banques ont pu vendre des crédits aussi facilement sur le marché financier, c'est que tout le monde voulait croire que c'était sans risque. Que la hausse du marché immobilier durerait. Ainsi, la titrisation reposait sur des modèles mathématiques complexes, certes, mais surtout sur l'hypothèse que le marché immobilier ne s'effondrerait pas.


       Et ce sont les instances de régulation qui encourageaient cette idée. Par conséquent, si les régulateurs encouragent cette fuite en avant, comment peut-on l'empêcher? Quels que soient les règlements, si ceux qui les font, les appliquent et les contrôlent, si ceux qui contrôlent le crédit veulent son expansion, que faire pour l'en empêcher?


      S'il n'y avait pas eu la titrisation, les banques se seraient financées plus classiquement. Les ratios de solvabilité, que l'on regarde pour évaluer la solidité financière d'une banque, se seraient dégradés. Mais on aurait considéré que c'était sans importance. Car les banques finançait l'immobilier, et que celui-ci ne pouvait pas baisser. Ce principe était la base de ces fameux titres subprime, ces titres sophistiqués, symboles des titres aujourd'hui toxiques.


      Et quand les emprunteurs auraient cessé d'honorer leurs échéances, les banques auraient été en difficultés, et le système financiers aurait été bloqué. Pourquoi aurait-il été bloqué? Pour la même raison qu'il l'a été avec le système de la titrisation: un problème de confiance. Le marché financier a été bloqué car on ne savait pas à qui faire confiance. On ne savait pas si une banque avait trop de titres toxiques. Car ces titres, quand ils ont été achetés, étaient bien notés, c'est-à-dire qu'ils n'étaient pas considérés comme des titres risqués.


      S'il n'y avait pas eu la titrisation, on se serait méfié des banques également, car on se serait demandé quelle proportion de prêts risqués elles détenaient. Des prêts qui auraient été considérés comme sans risque, et qui seraient devenus toxiques.


      La titrisation a-t-elle favorisé la dissémination du risque financier? En effet, en vendant les crédits sur les marchés financiers, les banques américaines ont pu disséminer le risque. Cependant, même si les subprimes n'avaient pas existé, les banques dans le mondes auraient acheté des titres des banques américaines, des obligations. On voit bien en France, où les grandes banques n'ont pas été très impactées par rapport à l'ensemble de leurs revenus. Il y a quand même eu un blocage. Tout simplement car la confiance avait disparu.


      La confiance est essentielle dans la finance. Or, ce qui s'est passé, c'est que des prêts considérés comme sans risque, car adossés à l'immobilier, sont soudain apparus comme risqués. Sans qu'on sache dans quelle mesure ils étaient risqués, d'ailleurs. Une totale incertitude. Ajoutons que tout le monde était susceptible de posséder de tels titres, sans qu'on sache dans quelle proportion. Le mécanisme aurait été le même avec des obligations classiques de banques. On se serait demandé qui risquait de faire des pertes à cause des obligations des banques américaines.


      Faut-il changer les règles de fonctionnement de la finance? Oui. Je l'ai dit dans l'article Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer.  . Cependant, ce n'est pas la réglementation qui est à l'origine de la crise. Ce sont les régulateurs. La Fed aurait dû interrompre la spirale du crédit facile. Ce qu'a fait Bernanke, d'ailleurs, le successeur de Greenspan à la tête de la Fed. Un peu tard, malheureusement. Et c'est le gouvernement américain et la Fed qui ont initié le mouvement. Le monde de la finance a suivi. Il est complice. Mais ce n'est pas le responsable.


      C'est pourquoi lier les bonus et la crise financière est aberrant. On peut être contre. Je le comprends, mais pas les lier à la crise. Mais, surtout, vouloir que les banques prêtent plus, sans réfléchir, alors même que la crise vient de là, c'est dangereux.


       Il y a eu une contraction du crédit. D'abord très brutale, à cause de la crise financière. Mais cette contraction est normale, puisqu'elle fait suite à une période d'excès de crédit. Comme tout mouvement de balancier, la contraction est peut-être trop forte. Et je comprends les griefs du chef d'entreprise qui a des problèmes de trésorerie. Mais il y a de réelles raisons d'être plus prudent en accordant des crédits.


      Après les conséquences désastreuses de la politique de crédits facile, les appels des dirigeants politiques à plus de crédit, sans conditions, sont inquiétants. Cela semble indiquer un retour aux erreurs qui ont amené la crise. Que l'on cherche à prêter aux entreprises et aux gens capables de rembourser, de manière prudente, soit. Et, à ce titre, la création du médiateur du crédit est une bonne idée. Mais il ne faut pas faire de la reprise du crédit un objectif en soi.


      En conclusion, les dirigeants politiques se trompent complètement de cible en fustigeant les banques. Non que je ne considère pas qu'il y ait des réglementations à changer en ce qui les concerne, comme je l'ai déjà écrit:Régulations financière: les projets, et ce qu'il faudrait changer.  . Cependant, les dirigeants politiques ne manifestent aucune intention de vraiment changer les règles dans le bon sens. On notera qu'ils ne parlent plus des agences de notations, qui ont pourtant joué un rôle dans la crise des subprime.


      Mais les politiques fustigent les banques car ils ne veulent pas reconnaître leurs responsabilité. Ils veulent aussi donner l'impression de maîtriser la situation, en disant qu'il suffit que les banques relancent le crédit pour retrouver la croissance. Or ce n'est pas si simple.


       C'est une recette habituelle de chercher un bouc émissaire. Les banques et les marchés financiers jouent d'autant mieux ce rôle qu'il y a des choses à améliorer en ce domaine, et qu'ils vivent sur une autre planète, ne se rendant pas compte de l'effet de leurs bénéfices et de leurs bonus sur une population qui a parfois perdu son emploi à cause de la crise.


      Mais ce n'est pas le "capitalisme financier" qui est à l'origine de la crise. Ce n'est pas la dérégulation sauvage. C'est, au contraire, le régulateur, en la personne du gouvernement des USA et de la Fed. Et cela dans le but de soutenir la croissance et l'emploi.

 

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02/02/2010 10:55


Michel : Les agences, c'est du pipo ! Elles vendent leur soupe comme les copains, puisque ce sont les "audités" qui les payent.
"Je te tiens, tu me tiens par la barbichette, le premier de nous deux qui toussera aura un scandale".

Elle ne devraient pas exister et pourtant tout le monde en a besoin.


Vladimir Vodarevski 02/02/2010 17:39


Tout à fait d'accord.


Michel MARTIN 01/02/2010 14:06


Je te signale un billet de Paul Jorion ce lundi 1 février qui abonde dans ton sens d'importance et d'influence des agences de notations.

"Un pouvoir véritablement exorbitant

À y bien réfléchir, est-ce que le pouvoir des agences de notation n’est pas étonnant ? Après tout, ce sont des compagnies privées, et l’on n’attache en général de l’attention qu’aux trois
principales d’entre elles : Standard & Poor’s, une filiale du groupe américain McGraw-Hill, Moody’s, dont le milliardaire Warren Buffett est l’un des principaux actionnaires et Fitch, une
filiale du groupe français Fimalac. Aux États-Unis on qualifie le pouvoir dont disposent ces agences de « quasi-gouvernemental », et ceci en particulier parce que ce sont leurs notations qui
déterminent si un produit financier est considéré « investment-grade », c’est-à-dire digne d’être acheté par les firmes ou institutions sous haute surveillance : essentiellement les compagnies
d’assurance et les fonds de pension...


Vladimir Vodarevski 02/02/2010 17:39


Merci pour l'article.
Le pouvoir des agences de notation est d'autant plus étonnant qu'elles n'ont jamais rempli leur mission. Elles sont incapables de prévoir à l'avance les éventuels défaut de remboursement.
Elles correspondent à une standardisation de la finance: les gérants achètent en fonction des notes, sans réfléchir. Il y a un moyen simple de changer le système, c'est d'interdire que les agences
soient payées par les émetteurs de titres financiers. Mais cela révolutionnerait trop le système.


01/02/2010 10:55


Oui dément !
Mais parce que tout le monde sait qu'elles ne servent plus à rien...

Bel article, mais à but unique : la démonstration de la recherche d'un bouc émissaire.
Comme toujours, en fait, ou "une fois de plus".

Je ne pense pas que le problème fondamental soit-là : s'il y a eu crise, l'origine doit en être trouvée dans le "New-deal" des années 30.
Très keynésien, à mon sens.

Note deux choses : l'inflation des années 80 a également joué un rôle de soupape, retardant l'implosion du système.
Or, l'inflation a disparu exactement à la même époque que celle où les ménages américains qui étaient empruneteurs jusque-là (et remboursaient en monnaie dévaluée) sont devenus prêteurs (enfin pour
les plus riches et pour les entreprises).
Ce n'est pas indolore dans le gonflement de différentes bulles (immobilière des années 80, asie chez les tigres de papier, les NTIC, etc.)

La seconde je l'ai lue dans Nice-Corse matin d'août 2007, un petit billet de Philippe Bouvard : "Quand on prête aux pauvres, il ne faut pas leur faire confiance. De toute façon ils ne peuvent pas
rembourser et seront encore plus pauvres à jamais"
La "machine à paupérisation" ?

Perso, depuis que je ne dos plus rien à personne, je ne me sens pas si riche que ça, mais qu'est-ce que c'est confortable...
Et l'inquiétude vient de la dette publique : on s'endette avec de l'argent que je n'ai pas, que je ne compte pas avoir et que de toute façon je n'aurai jamais...
Qui va rembourser "Ma" dette commune ?


Vladimir Vodarevski 02/02/2010 17:29


Oui, l'article est à sens unique, même si je prends la précaution d'orienter les lecteurs vers mon article sur la réforme de la régulation financière, pour montrer que je ne dit pas que celle-ci
est sans défaut.

Je suis agacé par ce que j'entends dans les médias, agacés qu'il n'y ait aucune voix discordante. On ne tire aucune leçon, et personne ne réagit. C'est de là qu'est né ce blog, d'ailleurs. Ce que
j'écris ne sert sans doute à rien, mais au moins je l'ai écrit.

Peux-tu expliciter ce que tu veux dire en faisant remonter la crise au New Deal? Te connaissant, c'est surement très intéressant.


Michel MARTIN 30/01/2010 19:39


Est-ce que quand les échanges de titres et des diverses valeurs boursières représentent des dizaines de fois les échanges de biens il n'y aurait quand même pas un petit problème? Combien ces
échanges virtuels réussissent-ils à pomper sur l'économie sans pour autant y effectuer un quelconque travail?
Les deux articles de Toto : http://solutions-politiques.over-blog.com/article-19430509-6.html et http://solutions-politiques.over-blog.com/article-22846141-6.htmldétaillent cette question beaucoup
mieux que moi.


Vladimir Vodarevski 30/01/2010 20:38


Y a t-il un problème de réglementation financière? Oui. Par contre je ne sais pas si c'est un problème ces montants échangés. Il va falloir que je me penche sur la question.
Mais là n'est pas l'origine de la crise. Ce qui me fait peur, c'est qu'on cherche un bouc émissaire, et qu'on donne l'impression de vouloir recommencer les mêmes erreurs. On ne parle même plus des
agences de notations! C'est déments!