Analyse Libérale

La théorie de l'équilibre

25 Octobre 2009 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

     J'ai voulu expliquer la théorie de l'équilibre, qui est aussi désignée comme théorie de l'offre, microéconomie, théorie néoclassique, théorie de l'équilibre général, de façon simple. Cette théorie est présentée comme la théorie, libérale, dominante aujourd'hui. C'est une théorie développée dans la dernière partie du 19ème siècle, qui a été éclipsée par le keynésianisme, et qui est revenue à l'honneur quand celui-ci a perdu son aura.


     Cependant, je me suis aperçu que l'exercice était très difficile. Le problème étant que cette théorie est une mathématisation de l'économie. Le langage, le raisonnement sont mathématiques. On pose des hypothèses, et on calcule les conséquences des hypothèses.


     Pourtant, cette théorie est une des principales théories en économie. Elle devrait être accessible au public.


     Que le lecteur me pardonne donc le jargonnage, et l'abstraction. Je l'engage à lire la totalité de l'article, survolant ce que je n'aurais pas bien vulgarisé, pour aboutir à mes commentaires sur cette théorie, et le lien avec la crise financière.


     Et que l'économiste me pardonne la simplification extrême d'un article qui se veut accessible.


Introduction à la théorie de l'équilibre

     Je ne vais pas retracer toute la théorie ici. Il faudrait un livre. Je vais essayer de présenter l'esprit de cette théorie.


     La théorie de l'équilibre se veut scientifique. Elle est donc mathématique, composée de courbes et d'équations. Pour s'initier à la théorie de l'équilibre, le plus simple est de se plonger tout de suite dans les courbes. En voici un exemple. Ces courbes représentent le marché du travail.




     Nous avons donc deux courbes: l'offre de travail de la part de la population active, et la demande de travail de la part des employeurs. L'offre de travail augmente quand le salaire augmente. La demande de travail, à l'inverse, diminue quand le salaire augmente. Les deux courbes se croisent en un point e. C'est le point d'équilibre.


     On a là l'exemple type du fonctionnement de la théorie de l'équilibre. On montre comment l'économie atteint un point d'équilibre. Le point où l'offre est égale à la demande. En l'occurrence, ici l'offre de travail est égale à la demande de travail. Il n'y a donc pas de chômage.


     La théorie de l'équilibre montre comment l'économie peut atteindre un équilibre. C'est à dire un niveau qui satisfasse le plus grand nombre. D'où son surnom. L'équilibre est atteint par tâtonnement. C'est à dire qu'on laisse faire le marché en fait. Chacun fait des propositions, et un équilibre finit par se former.


     On peut étudier ce qui se passe si on ne laisse pas faire le marché. Par exemple, en introduisant sur le marché du travail un salaire minimum, supérieur au salaire d'équilibre:




     La demande de travail des employeurs est moins élevée pour le salaire minimum que pour le salaire d'équilibre Se. L'emploi se situera au niveau TSMIC. Il y a aussi plus d'offre de travail de la part des gens à ce niveau de salaire.On remarque qu'il y a dans ce cas plus de chômeurs, puisque les employeurs embauchent moins. Il y a un équilibre, mais qui n'est pas optimal. La théorie de l'équilibre démontre comment atteindre des optima.


Une théorie mathématique

     Comme on le voit cette théorie est donc mathématique. On définit des hypothèses, à partir de ces hypothèses on dessine des courbes, et on crée les équations qui vont avec, qui déterminent les caractéristiques des courbes. C'est très abscons. Pas très accessible du grand public.


     C'est la volonté des économistes de vouloir faire de leur discipline une science, dite "dure". Non pas une science naturelle, non pas une science humaine, mais une science comme les mathématiques ou la physique.


     Précisons que les modèles mathématiques de la théorie de l'équilibre ne sont pas prédictifs. Ils n'indiquent pas le taux de croissance de l'économie. Ils ne reprennent pas les chiffres de l'économie d'un pays. Ce sont des modèles explicatifs. On n'utilise pas de chiffres, mais des symboles. Ce qui est important, c'est la forme des courbes, et le type d'équation qui va avec. Par exemple, on aura une équation du type y=ax+b, ou y=a/2x. Et c'est ce qui compte pour le raisonnement mathématique: connaître la forme de l'équation de départ.


L'individualisme méthodologique, et la microéconomie.

     Comment sont élaborées les courbes? C'est le principe de l'individualisme méthodologique. Ce qui est souvent interprété, à tort, comme le fait que la théorie de l'équilibre favoriserait l'égoïsme. En fait, c'est juste un principe d'analyse: du particulier au général.


      C'est-à-dire que l'on observe le comportement de l'individu. A partir de ces observations, on détermine la forme des courbes.


     C'est ce qu'on appelle la microéconomie. Il y a une confusion sur ce terme. Un problème classique entre le sens courant, et le sens "scientifique", puisque que la microéconomie se veut ainsi. Dans le langage courant, la microéconomie c'est l'étude des entreprises, des consommateurs. Ce n'est pas une étude globale de l'économie.


     Dans le langage économique, la microéconomie, comme la macroéconomie, étudie l'économie dans son ensemble. La différence, c'est que la macroéconomie part directement des grandeurs globales, comme le niveau globale de la consommation. La microéconomie part du consommateur.


     C'est subtil, pas forcément évident à comprendre. Ce qu'il faut retenir, c'est la méthode. On part de l'individu, et de son comportement. On en déduit des courbes. Ainsi, il y a une multitude de marchés: marché des carottes, des services, des produits de bases, de luxe. Chaque marché a son fonctionnement.


     On en déduit que, globalement, un équilibre global se crée quand on laisse les marchés libres, quand on ne cherche pas à les manipuler.


La maximisation sous contrainte.

     La théorie de l'équilibre étudie la maximisation sous contrainte. Les individus cherchent à maximiser leur utilité, dans le cadre de leur budget. Il vont essayer d'avoir le maximum avec leur budget.


     Le producteur cherche lui à maximiser son profit. En fait, le producteur peut poursuivre différents buts. Le profit qu'il vise n'est pas forcément un bénéfice maximum. Mais, pour simplifier, on retient cette notion de bénéfice maximum, plus facile à mathématiser.


     En gros, la théorie de l'équilibre étudie comment faire en sorte que chaque individu obtienne le maximum de ce qu'il peut obtenir, avec son budget, mais aussi avec ses capacités en ce qui concerne le marché du travail. Elle étudie comment atteindre un optimum avec des moyens donnés.


     Gilbert Abraham-Frois décrit ainsi cette théorie comme une "axiomatique des choix": «(...) à supposer que le producteur cherche à maximiser son profit, quelles sont les règles de gestion que l'économiste peut lui donner?»


     Il y a cependant une ambigüité dans cette formulation. La théorie de l'équilibre laisse les individus libres de leurs choix. L'individu peut très bien ne pas souhaiter maximiser un profit monétaire. Ce peut être son temps libre.


     Même si les modèles mathématiques tendent à une simplification, et à présenter la plupart du temps une maximisation du profit, il ne faut pas oublier cet aspect. Les hypothèses de la théorie de l'équilibre proviennent du libéralisme. Le libéralisme laisse les gens libres de leurs choix, par définition. (La théorie de l'équilibre s'inscrivant dans le courant libéral, bien sûr.)


Une théorie subjective de la valeur

     La révolution apportée par le courant néoclassique, majoritairement représenté par la théorie de l'équilibre, c'est une nouvelle conception, ou appréhension plutôt, de la valeur.


     Il n'y a pas de valeur intrinsèque pour les néoclassiques. Un objet n'a pas une valeur en soi, n'a pas un prix en soi. La valeur, le prix, est subjectif. Chacun a un budget à investir dans l'achat d'un objet A. Chacun a un prix auquel il est prêt à acheter cet objet A. De même, chaque vendeur a un prix au dessous duquel il ne souhaite pas descendre. La confrontation des propositions des vendeurs et des acheteurs sur le marché aboutit au prix d'équilibre de l'objet A, une sorte de compromis.


     Ce qui nous paraît parfois évident était une révolution à l'époque. Auparavant, on recherchait une valeur intrinsèque à un objet. Quelque chose dans le produit qui justifiât qu'il soit cher ou non.


     On a d'abord considéré que la valeur provenait de la terre. Seuls les produits de la terre pouvaient avoir de la valeur, car c'était une création, pas une transformation.


     Puis, est venue la valeur travail. On considérait que c'était son "contenu en travail" qui faisait la valeur d'un objet. Ce qui était déjà une révolution par rapport à la précédente conception.


     Aujourd'hui, on ne recherche plus une valeur propre à l'objet. La valeur est le prix qu'on veut bien mettre. Un prix d'équilibre est déterminé par le marché, mais ce n'est pas la valeur intrinsèque de l'objet. Juste un prix.


     C'est une conception qui correspond à la réalité. En quelque sorte, il n'y a plus de valeur. C'est un peu paradoxal. La théorie de l'équilibre est parfois accusée de tout marchandiser, de tout réduire à une valeur monétaire. Alors qu'en fait, ce qu'elle dit, c'est que la valeur d'un objet c'est celle que chacun veut bien lui donner. Il n'y a pas de valeur "matérielle" intrinsèque.


Une théorie normative

     Selon les termes de Gilbert Abraham-Frois, la théorie de l'équilibre est «normative; elle n'est pas descriptive de la réalité. Elle donne, en effet, les fondements du calcul économique rationnel sans prétendre pour autant que les agents économiques réels, producteurs ou consommateurs, entreprises ou ménages, agissent comme il est indiqué.»


     Les concepteurs de cette théorie avaient conscience de travailler sur un modèle, pas la réalité. Ainsi, cette théorie est critiquée car elle présente un individu qui fait des choix rationnels. D'abord, c'est une rationalité par rapport à ses objectifs. On peut avoir des objectifs irrationnels. Ensuite, c'est juste une hypothèse de travail.


     Evidemment, cela ne rend pas cette théorie plus facile. Le choix de la mathématisation éloigne l'économie du grand public.


Commentaires

     J'avoue ne pas voir d'intérêt à cette mathématisation de l'économie. Le résultat dépend des hypothèses de départ. La démonstration peut se faire sans les mathématiques, de façon plus claire.


     Comme on l'a vu, c'est plus une "axiomatique des choix", c'est à dire un modèle qui montre comment allouer au mieux des ressources en fonction d'objectifs de maximisation.


     La théorie de l'équilibre est aussi statique. Elle n'étudie pas les ressorts de l'évolution économique. Elle décrit un équilibre à un moment donné. Cependant, on peut aussi tracer une courbe qui relie les différents points d'équilibre dans le temps, en faisant varier les hypothèses de prix par exemple. Toujours ce fonctionnement mathématique.


     Comme on l'a vu également, la théorie de l'équilibre n'est pas descriptive. Elle fonctionne dans un monde parfait. Cependant, on peut faire varier les hypothèses, et étudier les situations de déséquilibre.


     Cependant, cette théorie a bien étudié le fonctionnement des marchés, et en a tiré des règles fort intéressantes, et utiles. Ainsi, cette théorie a contribué à la lutte contre les monopoles. En effet, si un monopole contrôle le marché, il n'y a plus de marché. Même si la théorie des monopoles déborde celle de l'équilibre (cf  Monopoles et logiciel libre   )


     Une autre règle intéressante est la transparence. Pour qu'un marché fonctionne, il faut que les acteurs disposent d'une bonne information. Il faut que chacun sache tout ce qui se passe en fait.


     Ce qui nous ramène à la crise et aux titres subprime. Il y a eu un défaut d'information. Des titres risqués ont été présentés comme étant sans risque. Quand on s'en est rendu compte, il y a eu une crise de confiance. Ce que j'explique dans plusieurs articles, dont  Mécanisme de la crise financière et régulation des marchés  , et  Les agences de notation et la crise financière  .


     Il y a d'autres règles pour qu'un marché fonctionne correctement. En gros, il faut respecter une certaine loyauté, il ne faut pas employer la force. Et d'autres règles techniques nécessaires à la mathématisation.


La théorie de l'équilibre et la crise.

     On a accusé la théorie de l'équilibre d'être à l'origine de la crise. En effet, Alan Greenspan, le président de la Fed à l'époque, la banque centrale américaine, avait toujours refusé d'intervenir pour freiner la hausse des prix de l'immobilier, en s'appuyant sur la théorie de l'équilibre. Il déclarait que seul le marché devait déterminer, librement, le prix de l'immobilier.


     Cependant, l'attitude de Greenspan était contradictoire. En effet, d'un côté il se prévalait de la théorie de l'équilibre. Mais, d'un autre côté, il menait une politique de relance monétaire, en maintenant volontairement les taux d'intérêt à un niveau très bas, pour soutenir l'économie.


     Or, la théorie de l'équilibre suppose qu'on ne manipule pas la monnaie. La monnaie est neutre. Il ne faut pas l'utiliser pour relancer l'économie. Greenspan se référait donc à deux politiques contradictoires. S'il avait suivi la théorie de l'équilibre, il n'aurait pas pratiqué de relance monétaire.


Conclusion

     La théorie de l'équilibre est très absconse. C'est une volonté de mathématiser l'économie.Elle décrit de façon mathématique le fonctionnement des marchés, dans une économie parfaite, où les marchés peuvent fonctionner en respectant les hypothèses nécessaires à la mathématisation de l'économie. Elle illustre mathématiquement qu'il faut laisser faire les marchés pour atteindre l'optimum en fonction des ressources disponibles. Cependant, selon moi, les conclusions sont contenues dans les hypothèses. La démonstration mathématique n'est, justement, qu'une illustration.

 

     Ce qui rend cette théorie si difficile à expliquer, c'est, je pense, justement que les conclusions sont contenues dans les hypothèses. La théorie de l'équilibre n'explique pas pourquoi le libre marché permet d'atteindre un équilibre, qui est ausi un optimum. Elle pose ce fait comme une hypothèse, et tout le reste de ses calculs en découle.

 

     Or, les gens attendent qu'on leur explique pourquoi le libre marché seraient le système le plus efficient. La théorie de l'équilibre pose ce prémice comme hypothèse, ou même comme axiome, et montre ce qui en découle si on ne laisse pas faire le marché. En fait, elle ne prouve rien. Elle se veut scientifique, mais ne prouve pas scientifiquement ce qui est son fondement. Même si ce fondement est vrai, ne l'ayant pas prouvé, on ne voit pas l'intérêt du raisonnement mathématique.

    

     La théorie pose comme hypothèse que des marchés libres permettent d'obtenir un prix d'équilibre. Elle se base pour cela sur l'observation, et complète cette observation par ses hypothèses. Mais elle ne cherche pas à comprendre pourquoi le marché fonctionne de cette manière. Elle l'appréhende comme une loi comme en sciences physiques, un principe d'Archimède. Une loi qui existe, puisqu'on le constate, mais on ne connaît pas les causes premières, métaphysiques: pourquoi l'univers est-il ainsi?


     Peut-on raisonner de la sorte avec les comportements humains? C'est là toute la question. Il y a effectivement des organisations économiques plus efficaces que d'autres, mais est-ce une question de lois physiques, naturelles? Le lecteur aura compris que je suis dubitatif à ce sujet. Or, c'est la méthode sur laquelle repose la théorie de l'équilibre. Même si on peut considérer cette méthode comme un exercice intellectuel pour mieux comprendre ce que devrait être la réalité, et même si on cherche à introduire des hypothèses plus réaliste, comme les déséquilibres, je reste dubitatif quant à la méthode "scientifique".

 

    La théorie de l'équilibre, finalement, oblitère la partie cruciale du débat économique, qui se passe en amont de ses modèles mathématiques, et qui conditionne ces modèles. Elle appréhende comme des lois ce que les gens veulent pouvoir être démontré.  


     La théorie de l'équilibre a aussi un autre défaut, pour le grand public.  Que préconise la théorie de l'équilibre en matière de politique économique? En gros, de laisser faire. Un laisser faire encadré par des règles. Mais les gens attendent une politique plus volontariste, que n'apporte pas la théorie de l'équilibre.


     Ce qui fera perdre à la théorie de l'équilibre son hégémonie, ce sera cette absence de politique économique volontariste. Au moment de la crise de 1929, le public, et donc aussi les dirigeants politiques, attendent qu'on leur dise autre chose que de laisser faire le marché. Keynes offrira une nouvelle théorie qui remplira cette attente. Mais c'est une autre histoire.


 

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PIGA 17/10/2010 18:30


Et les soldes?


02/11/2009 09:58


Bonne démarche, Vladimir.
Je suis en accord avec ton dernier commentaire.
Il faut dire qu'il ne dérange pas trop non plus.


mamalilou 01/11/2009 16:47


ah c'est le propre de celui qui écrit de n'être que rarement satisfait de ce qu'il produit,
difficile exercice que de faire le travail de déconditionnement en soi déjà,
difficile s'il en est de le transmettre -ce fruit, ou de donner l'envie d'y goûter

oui en économie aussi comme partout il faut faire preuve de créativité, faire le ménage, il y a des modes opératoires à oublier à remiser, vraiment,
c'est comme si on s'entêtait avec le télégraphe à l'heure du portable quoi...
pire comme si on continuait à extraire du pétrole et à concevoir des machines qui fonctionne au pétrole, sans tenir compte de la fin des ressources..
ah bon c'est ce qu'on fait?
oh pardon, j'ai mis les pieds dans le plat...°_°
on a balbutié le capitalisme, qui comme beaucoup de choses aurait pu être une bonne idée si on avait su mettre des garde-fous assez rapidement, mais on aura manqué de clairvoyance, laissant la part
belle à nombre de mécanismes biocides...

et puis devant l'ampleur du développement de l'espèce humaine, il aurait fallu intervenir plus tôt...au lieu de travailler à faire évoluer les principes d'économie en accord avec le contexte et la
projection réaliste des données du vivant, on a travaillé à faire durer les principes économiques et les postulats en défiant l'évolution du vivant et donc des ressources, mais aussi en ne prenant
pas en compte les externalités négatives qui, si au début peuvent paraître insignifiantes aujourd'hui nous rongent comme la rouille...

c'est dire si j'apprécie ta démarche
proposer un autre langage,
ne plus rien prendre pour acquis
réfléchir sur des bases saines et objectives
être réaliste ne signifie pas du tout conserver des acquis, faire comme faisait papa, être frileux, ne pas oser définir d'autres règles sur une réalité différente

d'ailleurs j'ai du mal à comprendre même comment on peut se réclamer du capitalisme en étant à ce point utopique sur la nature des possibles
et dans le même temps crier à l'utopie face à toutes mouvances qui proposent des solutions, sociales, écologiques... qui elles essaient de tenir compte de l'existant et de l'évolution à court,
moyen et long terme
pas d'en tenir compte comme des handicaps à masquer, des défis surmontables, non,
mais d'en tenir comptes comme de vraies contraintes, comme on ne peut s'exonérer de respirer, boire, dormir et manger.

au fond, il y a un paradoxe surprenant à vouloir préserver de vieux rouages; ça colle pas avec la légendaire perspicacité économique du capitalisme... cet essoufflement pourrait paraître facile à
surmonter, moyennant quelques prises en compte et remaniements, mais hélas, il est vraiment trop tard, et des modifications ne seront plus suffisantes à ce stade

Nous ne pouvons plus utiliser ce modèle dans son entier, il faudra prendre les idées où elles sont, à droite, à gauche, au centre, au Nord, au Sud, à l'Est...
mais surtout respecter les contours et les contraintes... et donc battre en brèche les idées reçues, les mensonges du capitalismes, l'idéalisation de la monnaie, les fausses nécessités économiques,
les mythes comme celui de la croissance ou de la propriété etc...
tant qu'il est temps...

maintenant on peut voir les choses autrement et penser que l'on tient une solution profitable à ceux qui ont la chance de déjà tirer leur épingle du jeu, appliquer donc cette loi du plus fort,
économiquement s'entend, et peu importe les modifications écologiques et les incidences sur l'harmonie entre les peuples, le capitalisme est une religion indéboulonnable, qui l'aime le suive, et il
trouvera sont compte dans la guerre, dans la famine, dans la sécheresse et les tourments climatiques, il y aura toujours un petit nombre de privilégiés malgré tout... (dont nous sommes, même
pauvres, en Occident)
est-ce qu'on veut de cela? vraiment? là est la question...
m'est avis que ce nombre de privilégiés régressant chaque jour, la volonté de suivre le guru capitalisme va s'amenuiser avec le nombre de personne pouvant se permettre le luxe d'y croire...

donc voilà, si tu peux proposer un langage qui permette d'aborder les données en se défaisant des malfaisants conditionnements qui nous rendent manipulables...
pour moi c'est tout bénef, et je suis sûre que tu es sur un chemin capital :oP
:)

encore une réflexion, quelle est la cause des conflits?
...
vouloir appliquer sa méthode et ne laisser personne la modifier, même si elle empêche l'autre d'appliquer la sienne ou même la nôtre.
en clair on est en conflit quand on prend des décisions univoques et qu'on fait des choix sans chercher à ce que chacun y trouve son compte
celui qu'on néglige se chargeant lui aussi de faire entendre ses besoins, sa méthode, non par fronde, mais par nécessité vitale

autant discuter avant, non?!
bon voilà pour moi c'est fait, j'ai donné mon avis... à toi...:)

belle journée de novembre à toi


Vladimir Vodarevski 01/11/2009 19:13


Belle journée de novembre! Mouais! C'est gentil, mais quel temps! On se croirait à la Toussaint! IoI
Cet article est le premier d'une trilogie, dans laquelle je finirai par expliquer ma conception de l'économie. Tu me diras ton avis après le grand final! Donc, je ne ferai que quelques remarques
sur ton commentaire.
D'abord, concernant l'économie et l'écologie. En fait, le modèle de l'équilibre intègre parfaitement l'écologie. C'est une contrainte supplémentaire, une externalité comme on dit. Bien sûr, ce
modèle a été conçu à une époque où l'on pensait que certaines ressources étaient inépuisables. Mais si on se met à considérer que ces mêmes resources sont limitées, on est dans un cas que le modèle
gère parfaitement.
Ce n'est pas l'économie qui décide de ce qui est bon ou non pour la planète, ou les gens. Par exemple, on va interdire un procédé de production s'il provoque des maladies. C'est la médecine qui
décidera si le procédé est néfaste ou non.
Maintenant, la mise en pratique est parfois ardu. C'est une question de politique, de lobby, de groupes de pression. Les théoriciens néoclassiques s'opposent à toutes ces influences. Mais il est
plus facile de le dire que de lutter contre ces pressions. Dans le monde de la théorie de l'équilibre, toute pression d'un groupe pour obtenir des avantages est proscrite. Mais ce qui se passe dans
la réalité est autre.
C'est là un problème du capitalisme. Beaucoup de choses pas très nettes qui se produisent dans la réalité sont en faite contraire à la théories. Mais elles sont défendues par des gens qui se
réclament du capitalisme. Par exemple, les ententes ne sont pas acceptées dans la théorie. Mais, dans la réalité, des chefs d'entreprises se réclament du libéralisme, et, en cachette, s'entendent
sur les pris avec leurs concurrents. Après ça, comment expliquer aux gens que ce n'est pas ça le capitalisme?
Ensuite, la théorie de l'équilibre est une volonté de mathématisation, de rationalisation de l'économie. Pour moi, le problème, c'est qu'on ne peut pas mathématiser l'économie. On peut mesurer la
production, l'emploi, et tout ce qu'on veut. Mais on ne peut pas expliquer son fonctionnement par les math. En mathématique, on pose des hypothèse, et on travaille avec ces hypothèses. Le modèle
est particulièrement statique, en plus. Il intègre très mal l'évolution.
Enfin, concernant les problèmes de langages, va-t-en faire admettre à un théoricien qu'il a tort! C'est valable pour tout les camps. Il y a encore des marxistes, qui reconnaissent l'échec du
communisme, mais qui restent dans un anti-libéralisme primaire. Et d'autres économistes qui font plutôt des math que de l'économie, et en sont fiers. Leurs travaux ont une utilité dans des domaines
très précis, mais n'expliquent pas globalement le fonctionnement de l'économie (je pense à la théorie des jeus, si ça te dis vaguement quelque chose).
Voilà quelques éléments pour le dialogue! Mais qu'il est difficile de parler un langage commun. Que les termes sont piégés. J'essaie d'appréhender des théorie avec lesquelles je suis en désaccord,
et je m'aperçois qu'en fait on ne parle pas de la même chose. Je crois que l'économie cherche trop à avoir son langage particulier. Les économistes oublient de se rendre accessibles. C'est pourtant
nécessaire. Ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux mêmes si on ne les comprends pas.
Je sui parti dans tous les sens, là, mais je sais que ça ne te dérangeras pas!
Bonne soirée, bonne semaine, malgré le temps!
Bises



mamalilou 29/10/2009 16:38


voilà qui éclaire / qui est clair et nourrissant :)
ben oui, de la volonté, pour ça il faut déjà avoir à coeur le sens...
ah, le sens...
merci Vlad!


Vladimir Vodarevski 29/10/2009 19:17


Je ne suis pas très satisfait de mon explication, en fait. Mais comment expliquer une théorie, dont l'essentiel n'est finalement pas dans les modèles? Et qui ne répond pas aux aspirations des gens
en termes de politique économique, parce qu'elle parle un autre langage. D'ailleurs, beaucoup de critiques contre cette théorie proviennent du langage.Il ne faurt pas prendre les modèles au pied de
la lettre. On sait que ce ne sont que des modèles. Je pense qu'une mise en perspective que je prépare apportera un éclairage supplémentaire. 
A+ Mamalilou


Infreequentable 26/10/2009 11:41


Tout cela est très juste.

Mais se heurte à l'acculture de nos compatriotes en matière économique...

Ca me rappelle un "vieux post" (http://infreequentable.over-blog.com/article-7361200.html ) et les suivants (voire encore les liens en commentaires des uns ou des autres.

Le "nanisme intellectuel" part des "zélites" pour redescendre en pluie fine jusqu'aux lycées et remonter jusqu'à la tête de l'appareil d'Etat !

Un "truc" de formatage pas mal fait, au total !