Analyse Libérale

La taxe sur les très hauts revenus

30 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

      Le quotidien Les Echos rapporte dans son éditions du 30 mai 2010 les cogitations du gouvernements et de l'UMP pour taxer les très hauts revenus salariés. Une nouvelle piste serait de pénaliser les entreprises qui versent de hauts salaires, en rendant ces derniers non déductibles de l'impôt sur les sociétés.

 

      Cette démarche ne s'attaque pas du tout aux vrais problèmes des salariés, en même temps qu'elle vise à renforcer les inégalités.

 

      Le problème des salariés, ce ne sont pas les hauts salaires: ce sont les salaires pas assez élevés! Il y a un tassement de la répartition des salaires: les bas salaires rattrapent doucement ceux de la classe moyenne. Les salaires de cette dernière augmente moins vite que les hauts salaires et les bas salaires.

 

      La politique constante des gouvernements, quelles que soient leurs couleurs politiques, a d'ailleurs toujours été un affaiblissement des revenus salariés de chacun, par les mesures de réduction de temps de travail. Ainsi, le temps partiel a été favorisé, par des baisses de charges, et l'est toujours par le système des heures complémentaires. Les 35h ont également provoqué la modération salariale. Les cadres supérieurs sont globalement gagnant, car leur rémunération ne dépend pas du temps de travail. Mais pas le salarié moyen.

 

      S'attaquer au problème des salaires revient donc à remettre en cause la politique menée au nom de l'emploi au cours des dernières décennies.

 

      Taxer les hauts salaires augmentera par ailleurs les inégalités. Pourquoi? Parce que ce ne sont pas les salariés qui touchent les plus hauts revenus. Les plus hauts revenus sont ceux du patrimoine. C'est une première inégalité.

 

      D'autre part, plus les revenus sont élevés, plus grandes sont les possibilité d'échapper à l'impôt grâce aux niches fiscales. Il y a donc une inégalité entre les gens, en fonction de la possibilité pour chacun de bénéficier d'une niche fiscale.

 

      Il faudrait donc plutôt supprimer les niches fiscales. Or, on est plutôt dans un mouvement d'augmentation du nombre de ces niches. Celles-ci ont une fonction électorale. Pour montrer qu'on est écolo, on crée une niche fiscale. Pour montrer qu'on soutient le bâtiment, on crée une niche fiscale. Etc.

 

      Une véritable politique de revenu et d'égalité suppose de revenir sur beaucoup de principes qui guident les gouvernements en France. Cela suppose de revenir sur la politique dirigiste, qui régit l'économie en agissant sur le temps de travail et les niches fiscales notamment.

 

      La France en est à un tel point qu'une politique fiscale de "flat tax" serait plus juste que le système actuel. (Cf: Impôt progressif et justice sociale  , et  Flat tax et justice  )

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benichou 30/05/2011 14:47



merci pour cet article, à rebours de la pensée unique ambiante.


Je crois que ce constat pose aussi, sur le plan moral, le problème du libéralisme économique, au moins dans son aspect "laisser faire".


Les salaires ont baisssé en termes relatifs en Europe, et particulièrement en en France sous l'action de deux facteurs principaux:


- la concurrence des pays à bas salaires.


- l'exigence par les actionnaires de taux de rendement insupportables, de 15 à 20%.


Et tout celà s'est fait avec la complicité de l'ensemble des gouvernants.


Et quand aux états unis on a remplacé le revenu par le crédit, celà a donné le cataclysme des subprimes, qui est autant économique que moral.



I-Cube 30/05/2011 12:57



C'est d'autant plus compliqué que bien souvent, les hauts-revenus salariaux sont le fait des "commerciaux".


J'en ai eu des comme ça que plus je divisais leur zone de prospection, plus ils m'en mettaient !


Des types extraordinaires avaient des "carosses" plus rutilant que mon pédégé et des salaires plus élevés que lui : Mais qu'est-ce que c'était chouette pour la boutique...


Et quand ils partaient à la concurrence, parfois en troupe, bé tout le monde souffrait pendant un ou plusieurs trimestres !!!


 


Bref, on te se fait des politiques malthusiennes sur ce problème : C'est complètement à la masse...


Le fait d'énarques (ou tout comme) qui ne savent hélas pas comment on fournit du boulot aux "autres", dans une boîte !


Ils n'ont jamais su et n'en sauront jamais rien.