Analyse Libérale

La pauvreté aux USA et en France

13 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

      Le Figaro.fr donne le taux de pauvreté aux USA en 2010. Celui-ci s'élève à 15,1% de la population de plus de quinze ans. En France, en 2009, le taux de pauvreté, selon les critères européens, s'élève à 14,1%, selon l'INSEE.

 

      L'article du Figaro.fr précise que le bureau du recensement US indique que le seuil de pauvreté correspond en 2010 à un revenu de 22 314 dollars, soit 16 400 euros. L’Observatoire des Inégalités écrit que le seuil de pauvreté en France correspond à un revenu mensuel de 954 euros, pour le taux à 60%, qui est une norme européenne. Si on arrondit, largement, à 1 000 euros par mois, on obtient 12 000 euros par an.

 

      Le taux de pauvreté US est différent du taux européenn. Il n'est pas égal à 60% du revenu médian. Le revenu médian US, selon Le Figaro.fr, s'élève à 49 455 dollars, ce qui ferait un seuil de pauvreté, selon les normes européennes, de 29 673 dollars.

 

      Le taux de pauvreté des USA serait donc beaucoup plus élevé, selon les normes européennes. Cependant, un américain gagnant 16 400 euros par an est-il plus pauvre qu'un européen gagnant 12 000 euros par an? Cela peut dépendre des Etats US, mais, globalement, le coût de la vie n'est pas plus élevé aux USA. Le taux d'équipement des ménages en différents appareils ménagers est bon, les surfaces habitables confortables.

 

      En fait, les mesures sont différentes. Aux USA, on essaie de définir un seuil en dessous duquel une personne peut manquer de ce qui est considéré comme une norme pour vivre. En France et en Europe, on mesure plutôt l'inégalité. Ce n'est pas vraiment la pauvreté qui importe, ou le fait de manquer de quoi que ce soit, mais la différence de revenu entre les populations. La norme c'est 60% du revenu médian comme taux de pauvreté.

 

Ajoutons que la définition d'un seuil monétaire, par quelque moyen que ce soit, ne paraît pas significative. Par exemple, en France, il y a une énorme différence entre un locataire, qui gagnerait le SMIC, soit un peu au dessus du seuil de pauvreté, et un propriétaire, qui serait par exemple au minimum vieillesse. Le revenu disponible du propriétaire, dans ce cas, est supérieur. Il faudrait plutôt mesurer les conditions réelles de vie, tant les situations peuvent être différentes, à revenu égal, en province et à Paris par exemple.

 

Pourtant, c'est la pauvreté monétaire qui est mise en avant en France et en Europe. Ce qui indique une volonté, non pas d'améliorer les conditions de vie, mais d'égaliser les revenus. Le problème, c'est que les revenus peuvent très bien être égalisé dans la pauvreté. Ainsi, en France, on constate un tassement des revenus, les plus bas augmentant plus vite que les revenus moyens, tandis que les plus hauts revenus augmentent au même rythme que les plus bas ( Cf Inégalités, évolution des revenus ). Une réflexion sur la mesure de la pauvreté s'impose donc.

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Michel Martin 30/09/2011 16:11



Le principal message politique que je tente de mettre ici en musique, c'est celui d'Alexandre Jollien dans son "Éloge de la faiblesse" et celui de Charles Gardou dans son "Fragments sur le handicap et la vulnérabilité". Mettre la faiblesse et non l'excellence au centre de gravité
des préoccupations politiques, c'est vouloir aménager une place à chacun et tenter de se libérer de la peur de soi, de la peur de l'imperfection qui habite chacun de nous dans cette société de
l'individu. C'est tenter de déplacer le centre de gravité politique d'économique à humain, richesse première. Aménager une écologie sociale faisant une place à chacun, c'est le sens politique
profond de l'Etat Providence Participatif. Tout l'opposé de la pitié ou des bons sentiments que beaucoup ont cru déceler dans la société du soin mutuel. J'invite les penseurs et acteurs de
la politique à opter pour cette démarche, à comprendre les mécanismes de formation d'exclus que leur philosophie politique ne manque pas de produire et à y remédier à la source, en plaçant le
faible au coeur de leur réflexion et non pas à le prendre en considération après coup.



benichou 21/09/2011 06:22



Les stats, c'est bien gentil, mais la réalité, en France, c'est que une partie importante de la classe moyenne n'arrive plus à boucler ses fins de mois, à cause de 15 ans de salaires stables, et
d'une hausse des prix considérable! Merci l'Euro!



I-Cube 14/09/2011 08:40



Effectivement Vladimir !


En "Gaulosie du chiffre" on mesure des écarts par effet "dogmatique".


Avec notre indice, la "pauvreté" ne sera jamais éradiquée, quel que soit la part des prélèvelemtns obligatoires et les effets de la redistribution généralisée, puis qu'un écart existera toutjours
en les + et les - (suaf à être tous pareils : proncipe d'égalité).


 


Dès lors les travaux de l'In-sait sont pervers et ne servent strictement à rien qu'à glorifier une politique des "coupage des têtes qui dépassent" sous-jacente (du "dogme" qui se nourrit
ainsi de lui-même).


 


Je préfère nettement lire les "indicateurs avancés" que sont les "restos du coeur", la banque alimentaire, l'armée du salut, les petits frères et petites soeurs des pauvres, parce que si dans
l'absolu, ça peut ne rien vouloi rdire aussi, les évolutions de ces indices correspondent assez bien aux tendances que je retrouve dans les centres sociaux que je préside ou administre !


Je vais te dire, les premiers chiffres de la rentrée, s'ils se maintiennent, indiquent dans ces centres une croissance de la désespérance de l'ordre de 15 % par rapport à la saison 2010.


On a pourtant augmenté nos "tarifs" de base (45 euros/an) de 12,5 % pour ne pas être submergés...


Un CV de nos activités "recherche d'emploi" est de 10 euros/an (globalement 1 € pour un CV ou une lettre de candidature, plus accès à internet et "conseil" de chasseurs de tête bénévoles) et ça
se bouscule !


Même "à la capitale", même dans des zones qui ne sont pas classées prioritaires et ne bénéficient pas du soutien gouvernemental de la "politique de la ville".


 


C'est te dire qu'il y a vraiment un "gros" problème que ne reflète qu'indirectement et partiellement les konneries de calcul de "l'In-sait" !