Analyse Libérale

La Grèce a-t-elle intérêt à sortir de l'euro?

30 Mai 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

      L'auteur de l'excellent blog sur la Grèce Kafenio m'a suggéré cet article de Marianne. Dans celui-ci, Jacques Sapir suggère que l'intérêt de la Grèce est de quitter l'euro. Il écrit: «Si la sortie de l’Euro posera certainement des problèmes importants, le choc social sera cependant bien moins important que dans l’austérité continue que la Grèce devrait s’imposer pour plusieurs années si elle voulait à tout prix rester dans l’Euro.»

 

      Donc, selon Jacques Sapir, c'est l'euro qui force la Grèce à l'austérité. Il est toujours étonnant de lire de tels propos de la part d'un économiste. L'histoire économique se charge de le démentir. Ainsi, la dévaluation n'a pas empêché le terrible plan de rigueur qu'a connu la France dans les années 1980. La rigueur a été si terrible que le mot en est devenu tabou, en particulier chez ceux qui l'ont initiée, les socialistes.

 

      A l'initiative de l'Allemagne, l'Union Européenne a placé l'aide à la Grèce sous l'égide du FMI, du fait de son expérience. Les plans du FMI, même ceux qui incluent des dévaluations, impliquent toujours la rigueur.

 

      Une dévaluation équivaut en fait à une baisse des salaires. Les produits importés augmentent, dont le pétrole, si indispensable au transport, et le pouvoir d'achat baisse. Il n'est même pas garanti que les exportations repartent.

 

      Mais une dévaluation ne règle pas le problème du financement de la dette. D'où la rigueur.

 

      D'autant plus quand la dette est libellée dans une monnaie étrangère. Si la Grèce quitte l'euro, sa dette sera de facto libellée dans une monnaie étrangère. La nouvelle monnaie grecque sera dévaluée par rapport à l'euro, et donc la dette flambera, à la fois le principal et les intérêts. D'où encore plus de rigueur.

 

      Une restructuration de la dette dans l'euro permettra de soulager la Grèce. Une restructuration hors de l'euro n'aura pas beaucoup d'effet.

 

      Enfin, n'oublions pas les effets bénéfiques de l'euro. Les banques grecques sont soutenues par la Banque centrale Européenne, qui les refinance. Ce qui permet aux entreprises grecques de bénéficier de taux d'intérêt beaucoup plus bas que si le pays n'était pas dans la zone euro.

 

      La dévaluation ne fait pas de miracle. Elle n'évite pas la rigueur, et équivaut à une baisse de pouvoir d'achat. Tout ce qu'on reproche à l'euro en fait.

 

      En conclusion, l'euro n'est pas la cause des problèmes de la Grèce. On peut éventuellement lui reprocher d'avoir faciliter l'endettement du pays. Mais en fait, même si c'est difficile pour les grecs, il préserve des taux d'intérêt bas pour le financement des entreprises.

 

(Sur la Grèce, voir aussi: L'Europe est-elle trop sévère avec la Grèce? ,  La crise grecque et l'Europe La crise grecque et l'Europe, suite.  , Le plan européen pour la Grèce  , Grèce: un retournement monétaire?  )

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benichou 31/05/2011 14:25



Je ne suis pas d'accord avec cette interprétation.


Sapir se contente de montrer, de façon convaincante,  comment la situation Grecque devient intenable. Ce qu'on savait ou pressentait déjà.D'ou la nécessité de restructuration, dans le cadre
de l' Euro ou en dehors.


Là on peut discuter.


je vous recommande la 2ème partie, qui montre les méfaits de l'Euro, sur la france, cette fois ci.


 



I-Cube 30/05/2011 19:04



Marrant comme idée, en effet...


Noyer son chat est-elle une bonne idée, finalement ?


 


D'autant que tu ne vois pas le côté "politique" de la chose : Il est quand même plus facile de raconter aux Grecs, à l'avant-veille d'élections, que c'est la faute du FMI et de la BCE, plutôt que
d'assumer le désastre d'une sortie avec l'hyper-inflation qui en découlera !


Et c'est justement ce qui guide les élus...