Analyse Libérale

La dépense publique nous concerne tous.

4 Décembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Social

 

     En France, parler de maîtrise de la dépense publique fait scandale. C'est considéré comme une atteinte aux acquis sociaux. Les solutions proposées pour soutenir cette dépenses publiques sont l'endettement et l'augmentation de l'imposition des riches. La dépense publique est ainsi considérée comme un outil de redistribution, qui assure les acquis sociaux, en prélevant une dîme sur les profits des riches.

 

     Cependant, en réalité, la redistribution n'est qu'un aspect de la dépense publique, et peut-être pas l'essentiel. En effet, les prélèvements ne concernent pas que les riches, mais tous les citoyens, car la dépense publique nous concerne tous.

 

     La dépense publique a une fonction redistributrice, comme le montre l'INSEE. Ainsi, l'étude 2011 de l'INSEE, Les revenus et le patrimoine des ménages, découpe la population françaises en déciles. Chaque décile regroupe 10% des ménages français. Le premier décile regroupe les ménages les plus pauvres, le dixième les plus riches. En terme de revenu disponible, le décile D1 est le montant sous lequel se situent les 10% les moins riches, et le décile D9 celui au dessus duquel se situent les 10 % les plus riches. Selon l'INSEE, en ce qui concerne le revenu disponible, « le rapport interdécile du revenu avant transferts est de 6,4 ; le jeu des transferts le ramène à 4,6. Le rapport interdécile étant le rapport entre D1 et D9. »

 

     L'INSEE publie le tableau suivant qui montre les effets de la redistribution. Le revenu disponible comprend, selon les définitions de l'INSEE qui sont ici recopiées, « les revenus déclarés à l’administration fiscale (revenus d’activité, retraites et pensions, indemnités de chômage et certains revenus du patrimoine), les revenus financiers non déclarés et imputés (produits d’assurance-vie, livrets exonérés, PEA, PEP, CEL, PEL), les prestations sociales perçues et la prime pour l’emploi, nets des impôts directs (impôt sur le revenu, taxe d’habitation, contribution sociale généralisée [CSG] et contribution à la réduction de la dette sociale [CRDS]). »

 

Redistribution insee 2011

 

     Le niveau de vie est défini comme « le revenu disponible du ménage rapporté au nombre d'unité de consommation (UC). On compte une UC pour le premier adulte du ménage, puis 0,5 UC pour les autres personnes de 14 ans ou plus, et 0,3 UC pour les enfants de moins de 14 ans. »

 

     Les déciles du tableau sont la répartition de la population en fonction du niveau de vie: D1, représente le montant de niveau de vie en dessous duquel se situe 10 % des ménages les moins riches, et D9 le montant où se situent 10 % des plus riches. C'est donc le niveau de vie après transfert. C'est un peu compliqué, mais c'est l'INSEE.


      Enfin, ajoutons que l'indice de gini de la France, selon Eurostat, pour 2010, est 29,9. Par contre, l'INSEE n'indique pas quel critère sert de comparaison européenne. Il semblerait que ce soit les chiffres du niveau de vie, car l'indice en terme de revenu disponible est supérieur. L'indice de Gini mesure ici le degré d'inégalité de la distribution des revenus. Il varie entre 0 et 1. La valeur 0 correspond à l'égalité parfaite, et 1 à l'inégalité extrême, selon les termes mêmes de lNSEE: une personne a tout le revenu. Par comparaison, l'indice pour l'Union Européenne, est 30,4.

 

     La France est donc un pays où les revenus sont correctement distribués, après redistribution. La redistribution permettant de réévaluer les revenus des moins riches, comme le montre ce tableau de l'Université d'Aix-Marseille:

 

Revenus 2008 avant et après redistribution aix

 

     La dépense publique a donc une fonction de redistribution vers les moins favorisés, mais est-ce sa principale raison d'être? La redistribution s'effectue-t-elle principalement du haut vers le bas? En fait, elle se fait également beaucoup à l'intérieur même de la classe moyenne. Ainsi, les salariés paient des cotisations sociales obligatoires, directement, ou indirectement via les cotisations employeurs, pour en échange être remboursés de leurs soins, ou bénéficier d'un revenu assuré par la collectivité une fois qu'ils ont arrêté de travailler.

 

     De même, l'éducation des enfants est financée par la dépense publique, comme les routes, la Justice, la police, etc.

 

     Toutes ces dépenses, peuvent être considérées pour partie comme de la redistribution vers les moins favorisés, qui n'auraient pas pu payer une assurance santé ou l'école pour leurs enfants. Mais la plupart auraient pu se payer ces services. Il s'agit alors pour eux d'une mutualisation de services. Ces services sont mutualisés car on pense qu'on ne peut pas faire autrement, comme la construction de routes, ou par choix, comme les retraites par répartition.

 

    La dépense publique a donc pour objectif la mutualisation de certains services. C'est même sa principale raison d'être. A ce titre, son contrôle concerne tout le monde.

 

     Enfin, en 2010, la dépense publique représentait 56,6% du PIB selon l'INSEE. A ce niveau, elle ne peut que concerner tout le monde, tous ceux qui ont des revenus. Pour donner un ordre de grandeur, la France comptait 28 millions d'actifs, dont 25 millions ayant un emploi. A cela il faut ajouter ceux qui peuvent vivre de leurs rentes, non précisé, pour avoir le nombre de personnes sur qui pèsent la dépense publique. Autre chiffre, les retraites représentait 13,6 % du PIB en 2008. Les retraites sont financées par les actifs.

 

     A ce niveau, la dépense publique concerne tout le monde, du moins tous ceux qui ont un revenu. Et c'est ainsi que sont organisés les prélèvements en France: tout le monde est prélevé, même le salarié à temps partiel qui gagne la moitié du SMIC.

 

     Les prélèvements sont organisés de façon à être cachés. Ainsi, la population s'imagine ne pas payer de prélèvements car elle ne paie pas d'impôts, et seuls ceux qui voient ce qu'ils paient, les riches, les employeurs, protestent, ce qui donne l'impression que les prélèvements ne touchent que les favorisés, ce qui est considéré comme normal. L'essence même de la dépense publique, qui est une mutualisation, est oubliée, cachée.

 

     Mais la dépense publique concerne tout le monde, en démocratie. Et, en démocratie, c'est au peuple de la contrôler, et d'en être le garant de l'efficacité.

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Christophe Vieren 08/01/2013 19:35


@Gidmoz écrit "Aucun des deux contraint l'autre à accepter ce contrat. Il n'y a ainsi aucun vol, aucune prétendue "exploitation"".


Bien évidemment. Personne n'obligeait non plus durant la guerre a acheter de quoi ne pas mourir au noir, et bien cher. L'hypothèse sur laquelle est fondé votre raisonnement, est en cariacturant
un tantint, que l'on a toujours le choix de mourir de faim plutôt que d'accepter ce que propose celui qui, le ventre bien plein, le compte en banque bien rempli, peut prendre son temps pour
abuser d'une denrée abondante qu'est la force de travail des paysans devenus en surnombre et contraint d'aller gagner leur croute dans les usines !!!!


Vous faites fi de toute l'histoire du mouvement ouvrier qui a dû s'organiser pour tenter d'arracher une partie du profit gagné sur leur dos aux rentiers que sont les (gros) capitalistes. Les 200
familles, cela vous dit quelques chose ?
Fin de la discussion me concernant.

gidmoz 08/01/2013 19:08


@Christophe Vieren


1. Un vendeur de travail trouve un accord avec un vendeur de travail. Un salarié vend le produit de son travail à l'employeur. Le produit de son travail n'appartient donc plus au salarié
puisqu'il l'a vendu. Aucun des deux contraint l'autre à accepter ce contrat. Il n'y a ainsi aucun vol, aucune prétendue "exploitation". 


 


2. Vous reconnaissez l'impossibilité de trouver une définition claire et universelle de vos deux prétendues "classes sociales". Chacun peut arbitrairement classer un individu dans telle classe ou
dans telle autre classe sociale. Ce qui signifie que votre concept de classe sociale est incohérent. La définition de "classe sociale" du 18e siècle permettait de classer, et sans aucun
arbitraire, tel individu dans une classe et tel individu dans telle autre classe.


 


3. L'illusion fiscale est l'écart entre ce que le contribuable croit recevoir de l'État et ce qu'il paye. La plupart pense qu'ils reçoivent plus de l'État que ce qu'ils lui payent. Or, c'est
arithmétiquement inexact. La dépense publique a un cout de redistribution parfois mesurable, toujours évaluable. Ce cout montre la vigoureuse réalité de l'illusion fiscale. L'économiste Ricardo a
dénoncé l'illusion fiscale de l'État qui emprunte. Mais ce n'est qu'en 1898 que l'économiste italien Puviani a inventé le mot "illusion fiscale". L'économiste François Guillaumat a récemment
décrit l'ingéniosité des nombreux procédés d'illusion fiscale.


 


4. Vous revenez sur une de mes phrases sur l'impôt et la morale. En effet, elle est trop brève. J'accepte de recevoir de l'argent de l'État. Si je dis que c'est de l'argent volé, je suis un
receleur. Je ne peux donc pas condamner le voleur sans me condamner moi-même. Ce qui disqualifie mon jugement. La dépense publique sert aussi à invalider les jugements de ceux qui prétendent que
l'impôt serait du vol. 


 


L'État prend 100 d'impôt à un contribuable et lui en verse 50. Le dilemme moral d'accepter ou de refuser cet argent se pose à chacun, consciemment ou non. Le sens qu'on donne à cette acceptation
est lourde de conséquences pour sa vie privée. Ce dilemme aide à la justification morale de l'État. La dépense publique sert, en priorité, à donner des justifications morales à l'existence de
l'État et à son action. C'est une explication plausible aux nombreux monopoles étatiques, petits et grands, sur les villes, ou sur le pays. C'est une explication à l'intervention de l'État et aux
subventions de l'État.


 


5. Vous remarquez justement, et avec un certain étonnement, que je considère qu'aucune catégorie n'est bénéficiaire nette de l'action de l'État. Ce qui se voit est que l'État verse généreusement
à certaines catégories. Mais ce qui ne se voit pas est le plus important. Il dire ce qui se serait passé si l'État n'avait pas eu cette dépense publique là. Chaque action de l'État instaure un
monopole, rendant difficile toute comparaison, toute évaluation. C'est le travail d'un bon économiste de dire ce qui ne se voit pas, lorsque le peuple est illusionné par ce qui se voit.


 


Et il est utile de montrer que le montant des suppression des créations de valeur coute, a priori, plusieurs fois le montant de la dépense publique.

Christophe Vieren 07/01/2013 18:51


Erratum : le postulat concernait la première assertion. et il fallait lire ensuite dans ma réponse : en matirèe d'éducation les politiques (de droite
essentiellement) c'est beaucoup de moyens en moins et un petit peu de "progrés" en plus

Christophe Vieren 07/01/2013 18:49


J'au oublié de réondre aux questions : "Toute diminution de la dépense est vue comme une dégradation des services publics. Pourtant, le nombre de professeurs par
elève est plus important qu'il y a vingt ans, sans amélioration de l'enseignement. En matière de santé, dès qu'on y touche, c'est un chantage à l'emploi. Au profit de qui? Du public?"


Encore un postulat qui demande à être démontré. Concernant l'éducation, les politiques (de droite essentiellement) ont beaucoup de moyens en moins et un petit peu de
"progrés" en plus. Le nombre de professeur est peut-être plus important qu'il y a vingt ans, mais beaucop de choses ont changé. En Suède, assez bien classé au PISA (si tant est que cet indicateur
seul soit satisfaisant), le nombre d'élèves par classe dans le primaire est 40% inférieur à celui de la France, les dépenses publiques par élève 50% supérieurs.



En matière de santé, je ne comprends pas le terme "chantage à l'emploi" ? De qui ?
Maintenant que les gouvernements soient pafois (pour ne pas dire souvent) un peu trop à l'écoute des pouvoirs économiques est tout à fait mon avis. On l'a vu récemment avec les lois bancaires
(Bâle III, le projet de loi français sur la "scission"des banques, ...). Car rapelons le l'Etat n'est que l'exécutif, ils exécutent ce que les POLITIQUES décident.  Peut-être que ce sont les
politiques aux pouvoirs - et donc la pratique démocratique actuelle - qu'il faut remettre en cause, pas les pouvoris puvlics en eux mêmes. UN grand stade en Suisse eut fait l'objet d'un
référendume très probablement.

Christophe Vieren 07/01/2013 18:40


Pour commencer et conclure, je pense que l'on élude le cadre debase, à savoir l'exercice de la DEMOCRATIE. Nous vivons en République mais loin de l'idéal démocratique que l'éducation
quasi-universelle, les techonologies (je pense en particulier à internet qui permet une disponibilité et instantanéité de l'information nécessaire à des prises de décisions collectives,
lesquelles peuvent être prise sans avoir mêe à se déplacer) et le temps libre (35h, électroménager, ....) permettent aujourd'hui.
 
Reprenons l'exemple de Vladimir : "il pourrait exister une service de police organisé directement par la population, par quartier par exemple". Tout à fait, il pourrait. Mais quid de ceux qui
refuseraient de contribuer à ce service ? Seraient-ils de fait exclus des bénéficiaires de ce service ? Quid de ceux qui préfereraient tels prestataires, et d'autres un second ? N'y aurait-il pas
perte de rapport coût/bénéfice ? Un exemple vécu : je vis dans un lotissement qui partage des expaces communs. Doit-on obliger tous les membres à cotiser pour les assurer ? Comment prendre les
décision de choisir telle ou telle prestation et ensuite tel ou tel prestataire ? Chacun choisirait sa prestation ? Son prestataire ? Ou devrions nous rester dans l'état précédent (si il existe)
jusqu'à une décision par consensus ? Bonjour les soirées de discussions sans fin.
 Et ces difficultés seraient d'autant plus accrues que le territoire concerné s'accrroirtait (municipalité, comunauté de commune, drégion, état, fédrération, ....) et/ou que la population
concernée grossirait (exemple : prise de décision du montant de la cotisatino dans une association), .... La démocratie participative peut corriger en partie les travers de la démocratie
représentative mais si les décisions sont prise à la majorité (quelle qu'elle soit : simple, qualifié, des deux-tiers, ....), elle "imposerait" ses choix aux opposant à la décision.

  Pour conclure : je préfère que l'on me prive de certaines libertés (en l'occurrence le choix du niveau de chacun des prélèvements obligatoires) pour être libre de faire autre chose. Un
simple exemple : je rends grâce aux pouvoirs publics qui ont établis des normes de sécurité pour les jouets pour enfants ou les outils, voire les aliments. Je perds la possibilté de voir certains
produits (bien ou service) sur le marché (des voitures avec des freins rudimentaires) mais je GAGNE en temps de choix (encore me faudrait-il les informations me permettant d'évaluer en
connaissance de cause le produit et de les assimiler).

 Je ne pense pas que "tout le monde pense qu'il y a un plus riche que soit qui pourrait payer". Sur quelle études bases-tu de tel postulat ? Sans avoir fait de sondage, je pense que la
progressivité de l'impôt sur les revenus (17% des P.O.) est accepté majoritairement dans de nombreux pays (peu ont adopté la flat tax et même dans ce cas je ne suis pas sûr qu'une majorité y
était favorable) 

  Je ne pense pas non plus que "personne ne se soucie de l'utilité de la dépense publique". Quelle drôle d'idée. Sur quelle études bases-tu de tel postulat ?

 Pour le Grand Stade de Lille - comme pour beaucoup d'autres grandes décisions - un référendum eut pu être organisé.
 Conclusion : ce n'est pas les pouvoirs publics - et leur dépenses - qu'il faut mettre en cause, c'est la manière dont les choix sont opérés. L'Homme est un être sociale, les décisions
doivent doivent être collectives. A moins de choisir le mode de fonctionnement des meutes (ou des fourmis ?) et la loi de la jungle. Que celui qui n'est pas content, trouve un lopin de terre
suffisamment grand pour y cultiver sa nourriture et recueillir son eau. Les lois ne sont là que pour protégéer les plus faibles. Si elles ne sont pas (plus) utiles*, alors elles ne gênent
personne, ni les faibles, ni les forts.

Les pouvoirs publics doivent-il encadrer les activités bancaires ? Les libéraux dirons non et dirons qu'il n'y a aps de TBTF. Appliquons cela à la crise de 2008, et je ne sais dans quel chaos le
monde serait aujourd'hui. Pour repartir sur de meilleures bases ? Peut-être. C'est un peu ce qu'à induit la crise de 29 et la 2cde guerre mondiale grâce au . . . New Deal, au Glass Steagall
Act.

Je rêve également d'un idéal dans lesquels les lois ne seraient plus nécessaires (et donc plus de gouvernements). Mais l'Homme à d'abord à devenir beaucoup, beaucoup, plus vertueux. Ce n'est
semble-t-il âs pour demain. tant que des être humains mourrerons de faim et de froid tandis que d'autres feront la course au plus grand yacht (1 millions d'Euros le mètre), je crains que les
pouvoirs publics seront nécessaires.

Question : toutes les "lois" sont-elles prises par consensus dans votre famille ?

_______________________________
*Nombre de lois sont tombées en désuétudes car il ne viendrait plus à l'idée de quiconque de les transgresser, n'y trouvant plus aucun. intérêt. 

Vladimir Vodarevski 07/01/2013 17:05


Intéressant débat. Juste une petite précision pour clarifier les choses : secteur privé n'est pas synonyme de secteur commercial. Les gens peuvent se rassembler, en
créant une mutuelle par exemple, pour bénéficer de certains services, pour assurer la prévoyance. Dans une société qui serait anarcho-capitaliste, il pourrait exister une service de police
organisé directement par la population, par quartier par exemple. De multiples formes sont possibles.


La base de la pensée anarcho-capitaliste est la liberté, avec ses deux corollaires : ne pas faire de mal à autrui, et la responsabilité.


La responsabilité n'est-elle pas le gros problème en matière de dépense publique? Tout le monde pense qu'il y a un plus riche que soit qui pourrait payer (alors que
la dépense publique représente plus de la moitié du PIB), ou pense qu'il suffit de créer de la monnaie. Et personne ne se soucie de l'utilité de la dépense publique. Est-il vraiment nécessaire
qu'une communauté urbaine, telle que celle de Lille, participe au financement d'un grand stade, avec les infrastructure qui vont avec?


Toute diminution de la dépense est vue comme une dégradation des services publics. Pourtant, le nombre de professeurs par elève est plus important qu'il y a vingt
ans, sans amélioration de l'enseignement. En matière de santé, dès qu'on y touche, c'est un chantage à l'emploi. Au profit de qui? Du public?


Le libéralisme et l'anarcho-cpaitalisme ont le mérite de pointer ces problème.

Christophe vieren 07/01/2013 15:55


gidmoz a écrit "Le seul fait d'accepter de recevoir de l'argent de l'État interdirait la condamnation morale de l'État". Non, c'est faux : seuls ceux qui recoivent plus qu'ils ne
donnent pourraient être interdit de condamner moralement l'Etat. Or très peu* (= ceux qui bénéficient des minima sociaux, environ ) recoivent plus qu'ils ne contribuent. D'ailleurs, si l'on te
suit, personne puisque tu écris : "l'état rend moins à tous que ce qu'il collecte".


* 5% de la population française étaient allocataires de minima sociaux dont 2% pour le RSA (resp. 3,5 millions dont 1,3
millions) en 2009. 44% de ces allocataires le sont au titre du handicap (AAH) ou de la vieillesse (AVS, ASPA, AER-R). La plupart ne le sont pas ou ne l'on pas été à vie. Ils contribuent donc le reste de leur vie.


 

Christophe Vieren 07/01/2013 15:47


Les deux classes sociales sont pour moi d'abord et avant tout : ceux qui exploitent grâce à leur capital, la force de travail des exploités.


Evidemment, avec l'actionnariat et les rentiers (location d'immeuble) les pistes sont un peu brouillées. Cependant, l'on peut arbitraitemenr situer la scission aux alentours de ceux qui gagnent
beaucoup plus des revenus de leur capital que des revenus de leur travail.


On peut éventuellement assimiler à des "capitalistes" (j'y range les rentiers) ceux qui tirent de trop gros revenus payés sur fonds publics par raport aux services rendus (des hauts
fonctionnaires ? Des élus ? Des membres du gouvernement ?).


On ne peut en revanche pas y ranger ceux qui disposent d'un revenu disponible supérieur à leur revenu marchand (après redistribution d'une partie des prélèvements obligatoires sous forme de
prestations sociales, soit entre 45 et 75% selon les pays).

gidmoz 07/01/2013 13:46


@Christophe Vieren


Les libéraux du 18e siècles avait défini deux classes sociales. Ceux qui payent des impôts. Et ceux qui en vivent. Cette définition a l'avantage de dire dans quelle classe sociale peut être
classé tel individu. Soit l'argent recu provient d'un libre contrat, tels le commerce, la vente de travail. Soit l'argent perçu provient de la contrainte violente exercé par l'État.


 


Aujourdhui, dans nos prétendues "démocratie-libérales", l'État prend à tous et redistribue moins à tous. Selon la terminologie libérale de classe sociale, chacun serait, à la fois, dans les deux
classes sociales. On est à la fois dans une classe sociale de producteurs-vendeurs, mais aussi serait dans l'autre classe sociale puisque receleur d'argent volé par l'État. L'État brouille ainsi
les cartes afin de désamorcer astucieusement ce conflit des deux classes sociales. Le seul fait d'accepter de recevoir de l'argent de l'État interdirait la condamnation morale de l'État. Le bon
économiste n'est pas dupe de ce procédé de manipulation et d'illusion de la dépense publique.


 


Je ne vois pas de moyen de supprimer un État "à terme". En effet, vous semblez vouloir renforcer le pouvoir de l'État. Ce qui me semble être, amha, une interdiction de concurrencer l'État dans un
activité de production. De plus, je ne vois pas de quelle "transformation" vous parlez. On ne peut pas modifier la nature de l'Homme.

Christophe Vieren 07/01/2013 09:31


Une société harmonieuse n'est pas possible sans État dans une société où persiste des classes (aujorud'hui en France il s'agit quasimenet de caste de fait).


Je suis plutôt tendance communiste (puisqu'il faut s'affubler d'étiquette), et donc pour la suppression, A TERME, de l'état. Mais cela nécessite un processus de fransformation qui passe par
l'intervention dans de nombreux domaines -des pouvois publics, l'état en étant un échelon comme un autre même si aujourd'hui il reste le principal malgré l'Europe et la décentralisation.