Analyse Libérale

L'Etat selon Hayek et Mises

22 Juin 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

Une Vidéo de l'Institut Coppet.

 

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Michel Martin 23/10/2012 16:53


Un peu de biblio sur Hayek par Gilles Dostaler. 25 pages de mise en perspective très instructives.

Michel Martin 25/06/2012 09:36


Non Vladimir, je ne postule pas que l'état soit infaillible. Si je suis d'accord pour dire que l'économie est complexe et qu'on ne peut remplacer la multitude de microajustements que permet le
marché, il n'en demeure pas moins que certains traits macroéconomiques peuvent être régulés, de façon à ce que le marché ne soit pas dominé par quelques acteurs afin de garder son efficience. Si
tu prends le temps de comprendre les bases de régulation des systèmes, tu pourras entrevoir que la croyance est du côté de l'autorégulation des marchés qu'on n'a jamais observé et tu pourras
aussi entrevoir les facteurs de régulation à notre disposition.


De mon point de vue, les meilleures analyses économiques actuelles, celles qui collent le mieux avec les réalités, sont celles produites par le mouvement MMT ou le néochartalisme. Est-ce un hasard si ces analyses s'appuient sur les concepts de base de
régulation des systèmes?

Michel Martin 25/06/2012 04:08


Deuxième point que tu soulignes: comme la monnaie et le patrimoine s'échangent constamment, on ne peut en effet faire l'impasse sur la propriété si on parle de monnaie. Traiter d'économie sans
aborder le droit de propriété est en effet une ineptie.

Michel Martin 25/06/2012 04:04


Tu m'as définitivement convaincu que ta vision libérale est dérégulatrice, parce que tu surestimes les vertus autorégulatrices du marché. C'est tout à fait comme si tu croyais qu'il suffit d'un
accélérateur sur une voiture et que les forces de frottement de l'air pourraient suffire à la ralentir. Il n'y a aucun danger à comprendre en profondeur ce qu'est un système régulé et pourquoi,
dès lors qu'on a affaire à des grandeurs accumulables, les systèmes non régulés sont explosifs ou instables. Les cycles économiques que nous obesrvons n'ont pas d'autre origine mystérieuse. Je
n'ai pas dit que le marché était dépourvu de mécanismes d'autorégulation, ce qui serait absurde, mais que ceux-ci sont très insuffisants pour faire face aux perturbations, c'est une question de
puissance, à la fois de l'injection d'argent et de dissipation (taxes) et vis à vis de mécanismes d'accumulation inévitables qui rendent le système instable.

Vladimir Vodarevski 25/06/2012 05:50



Comme je l'écrivais, les analogies avec la mécanique sont dangereuses en économie. Qu'est-ce que le marché? C'est un concept. Ce n'est pas une organisation. Il n'est ni faillible, ni infaillible.
Il est la multitude des actes, des voeux, des aspirations des gens. Il est système d'informations.


L'économie est une matière spécifique. Pas si facile à appréhender. Et pourtant, elle devrait être accessible, car elle est un enjeu de politique!


Je verrai si j'ai l'idée d'un petit article sur le marché. Non pour te convaincre, mais pour essayer de trouver un langage commun.


Je ne te répondrai donc que sur un point, et encore, par une question. Dans ton raisonnement, dans ta conception de la régulation, tu sembles postuler que l'Etat estinfaillible. Si ce n'est pas
le cas, comment peut-il être un régulateur?



Michel Martin 22/06/2012 15:23


Commentaire sur un point important, celui de l'exemple du développement du langage sur lequel s'appuie VM pour justifier les autorégulations. Il s'agit d'un cas qui ne comporte pas de possibilité
d'accumulation et donc pas de nécessité de régulation. Les théories des systèmes devant être régulés ne s'appliquent qu'à des cas comportant des possibilités d'accumulation mettant en cause la
stabilité du système, ce qui est typiquement le cas du système monétaire et de tout ce qui touche à la propriété dans les conditions de droit actuel. Dans les conditions actuelles, l'inflation
peut jouer le rôle de dissipateur naturel. Le seul hic, c'est qu'il s'agit un phénomène complexe à la croisée de trois chemins: excès de monnaie, rareté des matières et emploi (cf le célèbre
NAIRU). Donc l'inflation n'est pas une réponse sérieuse à l'impérative nécessité de réguler la monnaie qui est une quantité accumulable par excellence.

Vladimir Vodarevski 24/06/2012 09:52



Tu mélanges la fin et le moyen, la quatité et l'étalon de mesure. Un épargnant va acquérir des titres financiers, des biens fonciers, des matières précieuse, dont la valeur est mesurée en
monnaie. Il n'accumule pas de la monnaie.


L'exemple du langage est pris comme un exemple d'élaboration de règles au cours du temps. Donc, des règles de régulation.



Michel Martin 22/06/2012 15:00


Question pour un libéral qui ne réussit pas bien à me convaincre de ce qui le sépare des dérégulateurs:


Dans un système régulé (un système non régulé est instable ou explosif), on compte un étage de puissance, un étage de dissipation (qui peut être une inversion de polarisation, un système de
refroidissemnet pour un four...), une mesure, une comparaison (système d'information, par ex thermomètres ou en langage économique agences de notations, outils statistiques) et une consigne. Ne
pas oublier les perturbations si on souhaite s'occuper des systèmes réels et sortir de la théorie.


On peut parfois compter sur une dissipation naturelle, par exemple dans le cas d'un four, dès lors que les conditions extérieures de température ambiante ne varient pas. Toutefois, dès qu'on doit
réduire le temps de réponse du système pour le stabiliser vis à vis de variations inattendues, il devient impératif de prévoir un module de dissipation, sans quoi le système devient instable,
voir explosif.


Peux-tu m'expliquer comment le système monétaire peut être régulé dans une optique libérale? Plus précisément, quel est le module de dissipation prévu, et dans une moindre mesure, le module
d'injection?

Vladimir Vodarevski 24/06/2012 10:12



Il est dangereux d'utiliser des analogies physiques ou mécaniques en économie. Mais essayons.


Tu oublies toujours un élément. Tu refuses, par pur idéologie, cet élément : le marché est régulation.


Essayons un exemple physique, totalement absurde car je n'ai pas tes connaissances sur sujet. Imaginons que la fabrication d'un produit exige d'injecter un gaz sous haute pression dans une cuve.
Plus il y a de gaz et de pression, plus la quantité fabriquée est grande, et plus rapide est le processus de fabrication.


Mais il y a des limites. La cuve ne résisterait pas à une pression trop élevée. D'autre part, à partir d'une certaine quantité de gaz, et d'une certaine pression, une réaction en chaîne se
déclenche.


La cuve est conçue pour tenir compte des limites. Une pression trop importante fait ouvrir une soupape d'évacuation du gaz. Cette évacuation se fait lentement, progressivement, pas d'un seul
coup. Ainsi, la pression est maintenue au bon niveau. Un clapet réduit aussi l'arrivée de gaz quand la pression dépasse un certain niveau. Soupape et clapet fonctionne de manière purement
mécanique, sans intervention humaine.


La cuve est l'image du marché : un système conçu pour se réguler.


Intervient alors l'Etat. Ce dernier souhaite accélerer le processus de fabrication : plus de produit, prix moins élevés. Il bloque le clapet de régulation de l'arrivée du gaz, pour augmenter la
pression, et ainsi accélerer le processus de fabrication. L'idée est de se dire qu'on sera capable d'arrêter le processus s'il s'emballe.


Le processus s'accélère. La soupape n'est pas suffisante pour évacuer le trop plein de pression. Celle-ci augmente dangereusement, mais l'Etat veur pousser la production. Il dépasse les limites.
La réaction en chaîne de déclenche, la cuve se fissure, les produits toxiques se répandent autout de la cuve, endommageant toute l'installation.


C'est le jeu qui est joué avec la monnaie. On encourage la création monétaire pour pousser la croissance, en pensant pouvoir contrôler le phénomène. Mais nous en sommes incapables. La réaction en
chaîne se déclenche, grippant toute l'économie. La crise provient de l'idée que la régulation consiste à aller à l'encontre des processus de régulation du marché, en pensant pouvoir contrôler le
système instable.