Analyse Libérale

L'école autrichienne de A à Z

17 Décembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski

 

     Un des principaux courants de la science économique est celui de l'Ecole autrichienne. C'est un courant important, qui a donné des économistes tels que Joseph Alois Schumpeter, ou Friedrich August Hayek. Mais qui est méconnu en France. Pourtant, il offre une approche humaniste de l'économie qui correspond à la culture française.

 

     Pour ceux qui veulent compléter leur culture en économie, pour les étudiants qui recherchent des références, un excellent livre est paru : L'école autrichienne de A à Z. C'est un ouvrage écrit par des universitaires, des universités d'Aix-Marseille 3, ou de Paris Dauphine. Un ouvrage que je conseille à tous ceux qui s'intéressent à l'économie, et en particulier au libéralisme.

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Michel Martin 20/12/2011 01:00


Des fois, je me demande ce que tu veux, toi, quel est ton souhait politique? Liberté, égalité, fraternité? L'état de droit ou l'empire? Les Provinces Unies ou Philippe II?Les Perses ou les Grecs
vers -500? La norme ou la décision?


Quelle place fais-tu au faible, tu le penses d'abord, ou tu le prends en compte après coup, comme un fardeau que la bonne morale nous impose de prendre en charge?

Vladimir Vodarevski 20/12/2011 18:38



 Curieux ce commentaire sur un article informant juste de la parution d'un bon livre d'économie. En politique, je suis pour le débat. Pour que
le citoyen puisse se faire une opinion, il faut qu'il soit informé. Il faut au moins confronter différentes théories, pour les mettre chacune à l'épreuve, plutôt que de ressasser uniquement que
la crise est causée par une soi-disant déréglementation. Il faut savoir qu'il n'y a pas une seule théorie économie, le keynésianisme, qui prétend qu'il faut soutenir la croissance par la demande.
Ce livre permet de s'informer, et contribue ainsi au débat.


Tu pourrais le lire. Et aussi Friedrich August Hayek, Droit, législation et liberté. Il est même disponible gratuitement, en version
dématérialisée, (T1, T2, T3) si tu as une liseuse électronique. Car j'ai l'impression que tu
connais mal ces théories autrichiennes, et parce qu'Hayek est celui dont je suis le plus proche, pour le moment, et ce qui ne signifie pas que je suis d'accord sur tout.


Une société libérale permet l'accomplissement de chacun. Même des faibles, qui ne le restent pas car ils ont des
opportunités. Les libéraux sont même les rares à s'intéresser à la meilleure façon d'assurer les services publics. Regarde un peu ce petit article par exemple. Mais tu ne seras pas d'accord, et ce n'est pas en un commentaire que nous
pourrons nous expliquer.


C'est difficile de débattre de tout cela, je m'en rends compte. Même avec quelqu'un d'ouvert et de curieux comme
toi. Chacun vient avec son bagage de connaissances, de certitudes. Et chacun suit une voie, alors qu'il faudrait en suivre plusieurs.


Pour me cerner, il faudra que tu t'intéresses d'un peu plus près à ce courant autrichien. Mais tu devras essayer
de comprendre une autre conception de l'économie, et de la société. Ce qui n'est pas facile.


Bon courage :-)



Flamant rose 18/12/2011 18:42


Je ne suis pas un érudit, je suis simplement quelqu'un qui lit beaucoup aussi bien dans les domaines qui sont les miens que dans les autres. J'ai l'occasion, quand il vient nous voir, de
parler économie avec mon fils cadet qui a obtenu une maîtrise d'économie à la Fac d'Aix-Marseille puis qui a fait un master à l'école de commerce de Marseille : Euromed. Il a conservé 
à la maison quelques bouquins de ses années d'études et je les parcoure de temps à autre. Et puis je n'avale pas bouche bée tout ce qui se dit dans la presse, je cherche à comprendre car,
comme vous le soulignez on nous asséne beaucoup d'énormités. Et enfin, je vous lis...

Vladimir Vodarevski 18/12/2011 18:52



Université d'Aix-Marseille! Il y a des libéraux là-bas. Pour ma part, c'était l'opposé, géographiquement et idéologiquement!



Flamant rose 18/12/2011 10:03


Vous êtes apparemment un "fan" de l'école autrichienne. Vous citez souvent Schumpeter et Hayek mais, je n'ai jamais lu de votre part un mot sur Carl Menger qui est le fondateur de cette école
autrichienne et qui a légué la théorie subjective de la valeur.Cette valeur est plus fondée sur le comportement psychologique des agents (ce que vous traduisez par l'offre humaniste)
que sur une mécanique des marchés. Il a également légué à cette même école autrichienne une théorie de la monnaie et de celle-ci ressort  la recherche par les individus d'un moyen de
faciliter les échanges. On peut dire que l'oeuvre de Carl Menger est dominée par une théorie de la valeur fondée sur l'utilité marginale. Il est d'ailleurs un fondateur du
"marginalisme". Selon sa théorie un bien n'a de la valeur que s'il remplit des conditions avec entre autre celle de satisfaire à un besoin reconnu par l'homme avec une quantité qui se limite aux
besoins exprimés et c'est en ce sens qu'il a les valeurs humanistes dont vous parlez et qui sont à la base de l'école autrichienne. Carl Menger mérite au moins autant que Schumpeter et
Hayek, c'est tout au moins ma vision des hommes. 

Vladimir Vodarevski 18/12/2011 12:12



J'ai découvert l'école autrichienne, par moi-même, à travers Hayek, quand j'étais étudiant. Ce qui était iconoclaste à la Faculté de sciences économiques et sociales de Lille 1! J'ai été
impressionné par cette approche de l'économie, qui me semblait plus proche de la réalité. Mais mes connaissances étaient anarchiques, puisque je découvrais tout par moi-même, et succinctes. Je
connaissais Schumpeter et Mises. Je ne connaissais aucun des développements de cette école, que je découvre seulement depuis que j'ai repris l'économie, à travers ce blog. Et je n'ai découvert
Carl Menger que tardivement. Vous lui rendez justice par votre commentaire.


Carl Menger est un des trois fondateurs du marginalisme, avec Jevons (Cambridge) et Walras (Lausanne). Le marginalisme a donné l'utilitarisme, et la théorie néo-classique, avec ensuite Marchall.
A noter que Keynes est lui aussi passé par Cambridge, et qu'il a eu les néo-classique comme professeur. Sa théorie, pour moi, est une branche de l'utilitarisme.


L'école autrichienne a développé le subjectivisme. Tout part de l'être humain en fait. L'économie n'est qu'une partie de son champ d'étude, qui est ce que Mises a appelé l'action humaine. Ce
que j'appelle humanisme, par comparaison à l'utilitarisme de Keynes, ou même des néo-classiques.


L'école française a aussi une approche humaniste, ce qui la rend proche de l'école autrichienne, mais n'a pas systématisé ses concepts.


Cette approche me paraît plus pertinente que l'utilitarisme. J'en suis en quelque sorte, "fan", comme vous l'écrivez. L'école autrichienne est d'une telle richesse.


J'ai pu entendre parler d'Hayek suite aux discours de Ronald Reagan et Margaret Thatcher, qui s'y référaient, ce qui a permis à cet auteur d'apparaître dans la presse grand public, tout en
déformant horriblement sa pensée. C'est étonnant les énormités que l'on peut lire à son sujet.


Mais vous me semblez bien érudit sur le sujet. Je me souviens que vous connaissez également Schumpeter. Je serais curieux de savoir ce qui vous a orienté vers ces auteurs, dans un pays où ils ne
sont pas en vogue. L'action humaine, ouvrage phare de Von Mises, n'est même plus publiée en français!