Analyse Libérale

Jacques Sapir et l'euro, fin

9 Juin 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

 

     Un internaute a aimablement indiqué le lien vers le document de travail de Jacques Sapir, dans lequel il spécule sur une sortie de l'euro de la France.

 

     Il en ressort que ce n'est pas l'euro le problème selon Sapir. C'est l'ultra-libéralisme.

Jacques Sapir préconise un financement de l'Etat par la banque Centrale, en l’occurrence la banque de France si le pays sort de l'euro.

 

     Reconnaissant que l'inflation sera forte en cas de sortie de l'euro, il préconise une augmentation des salaires, d'abord les plus bas, puis l'ensemble des salaires par le biais d'une grande conférence patronat - syndicats.

 

      En somme, Sapir propose l'hyper-inflation, que la France à évité de justesse dans les années 1980, et que le Brésil, qui l'a connue, ne veut plus connaître.

 

      Selon Sapir, la dévaluation permettra de réindustrialiser la France. Il faut selon lui maintenir la parité du franc basse, en dévaluant à chaque fois que la compétitivité diminue.

 

     Le problème, c'est que, dans un système de changes mobiles, la parité dépend de la confiance dans une monnaie. Si la confiance s'écroule, la monnaie s'écroule, pas besoin de la dévaluer. Sapir prétend contrôler cet écroulement par un contrôle des changes. Sauf que dans tous les pays, comme Cuba, qui sont dans cette situation, le résultat est un taux de change parallèle, et, même, la préférence pour une monnaie étrangère, comme le dollar.

 

     Sapir soutient que cette issue est évitable, par un contrôle des changes et des capitaux, en prenant pour exemple la Chine, qui contrôle sa monnaie.Sauf que la Chine ralentit l'appréciation de sa monnaie. Ce qui n'a rien à voir avec le fait de freiner la dépréciation d'une monnaie.

 

     En résumé, Jacques Sapir veut plonger la France dans la misère, en réitérant toutes les erreurs du passé.

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Flamant rose 11/06/2011 11:35



On dit souvent qu'un bon dessin vaut mieux qu'un éditorial. Parfois, il en est de même d'un billet court. Votre billet pousse à la reflexion et en ce qui me concerne je le trouve tout à fait
clair. Après on peut effectivement, et c'est l'objet des commentaires , vous demander de préciser votre pensée.


On connaît mal le cheminement intellectuel de J Sapir, on sait d'où il vient mais on ne sait pas où il veut aller. Cela vient du fait, à mon avis, qu'il fait partie de ces gens qui
ne construissent pas leur pensée à partir des faits mais qu'ils traitent les faits à partir de leur pensée. A partir de là, il n'y a plus de cheminement intellectuel et par la
suite il ne peut plus y avoir d'objectivité.


Voici ce que disait Sapir il y a quelques années sur la mondialisation et le protectionnisme et je le cite " ceux qui proposent davantage de protection sont également les mêmes à
vanter les atouts du modèle scandinave. Or, les pays nordiques qui ont su re-modeler leur modèle social, sont en même temps très ouvert sur l'extérieur et ils tirent pleinement profit de la
mondialisation. Les Français reportent sur ce Don Quichotisme protectionniste leur incapacité à réformer leur état providence"


Je partage l'avis du premier commentateur I-Cube.



Vladimir Vodarevski 11/06/2011 12:12



Je vous remercie Flamant Rose, ainsi que pour le lien que vous avez mis sur votre blog.


Les propos de Jacque Sapir sont plutôt étonnant pour un économiste. Je ne connais par ailleurs pas le personnage.


Cependant, il se fait l'écho d'un raisonnement qui peut toucher les gens, d'autnt que l'information en matière d'économie est compliquée à analyser. Se faire une opinion, quand on est néophyte,
est difficile, car on entend tout et son contraire.


C'est également à ce public que je souhaite m'adresser. En l'occurrence, j'ai raté mon objectif.


Ce qu'il est surtout nécessaire de développer, je pense, ce sont les principes et les effets d'une dévaluation. La vision du phénomène, telle qu'elle est véhiculée par les médias, est
excessivement simpliste. Je vais essayer de m'y atteler!



Tytire 11/06/2011 03:31



J'ai indiqué le lien parce que je trouvais votre première critique un peu courte, là je la trouve carrément lapidaire. JS a le mérite de présenter, de façon détaillé et réaliste, un plan de
sortie de l'euro qui s'inscrit dans une stratégie alternative visant à reprendre le contrôle du destin économique du pays. Un projet ambitieux bien éloigné du suivisme dominant. Ce type
d'alternative acquiert de plus en plus de crédibilité si l'on veut bien faire attention aux dysfonctionnements criants de la zone euro. JS ne propose pas l'inflation à outrance puisqu'il dit
lui-meme qu'elle devra être limitée pour conserver les gains de compétitivité de la dévaluation. L'économie française est sensible aux effets du taux de change en témoigne la période 97-2002.
L'euro fort et la politique du franc fort n'ont cessé de déprimé notre économie, sans parler de la calamiteuse déflation laval de la vieille époque. Jacques Rueff, un economiste libéral s'il en
est, avait dévalué le franc de 17% en 1958 pour des effets largement positifs. 



Vladimir Vodarevski 11/06/2011 09:32



Vous avez raison, j'ai fait très court. Les articles de Marianne m'avait été suggéré par mail, et j'ai répondu sur mon blog.


Les propositions de Jacques Sapir sont un mélange de mercantilisme et de collectivisme, en y ajoutant une politique de création monétaire abondante. Pour un économiste, même non libéral, compte
tenu de l'expérience des dernières années, c'est peu crédible.


Mais je suis peut-être trop dans mes théories. C'est pour cela que je vais aussi sur des sites qui sont d'un autre point de vue. Cependant, les journées ne sont pas extensibles. C'était très
intéressant d'avoir votre lien, même si je n'ai pas eu le tzemps de faire une analyse plus pointue.


Les propositions de Jacques Sapir m'ont donné l'idée d'un article sur les dévaluations. Mais, là encore, il faudra le travailler.


J'ai commencé une réponse à propos de Jacques Rueff, mais, là encore, pour être clair, il faut développer. Mais j'essaierai.


C'est le problème en économie: il y a tant d'interprétations. J'ai pris trop à la légère les articles sur Jacques Sapir, vous avez raison. Je veillerai à faire un travail plus sérieux sur ce
genre de sujet la prochaine fois.


Merci de me reprendre si ce n'est pas le cas, comme vous l'avez fait.


Sur la monnaie, et notamment l'inflation, un de mes premiers articles était: Inflation-déflation, explications et risques. L'avez vous lu? Il éclaire un peu mon
désaccord avec Jacques Sapir.


Cordialement



L'indépendant 10/06/2011 17:30



Je trouve ce commentaire critique assez mal placé. En effet, il n'y a qu'à se souvenir de toutes les belles promesses faites au sujet de l'euro et qui ont été loin de se réaliser, bien au
contraire... En matière d'inflation, prétendre que le retour au franc en serait la cause est à mon avis une erreur. De plus, n'oublions pas que depuis la mise en place de l'euro en 2002, les prix
ont explosé aussi bien en France qu'en Allemagne et Italie. En outre, l'indépendance de la BCE est une stupidité politique incommensurable. Alors l'euro la richesse ? Non, il n'y a qu'à voir la
Grèce !



Vladimir Vodarevski 11/06/2011 09:49



Mes articles sur Jacques Sapir sont trop court. Il faudrait mieux expliquer. J'ai écrit pour un public libéral, alors que d'habitude j'essaie de plus vilgariser.


J'écrirai sans doute un article sur les dévaluations, mais ce sera en fonction du temps disponible.


En attendant, avez-vous lu mon article sur la monnaie: Inflation-déflation, explications et risques ? Il éclaire un peu ma position sur Jacques
Sapir.


Cordialement



I-Cube 10/06/2011 09:12



Encore un type subventionné par nos impôts qui scie la branche sur laquelle il est assis ?


C'est quand même extraordinaire, ça !