Analyse Libérale

Hayek, 20ème anniversaire

24 Mars 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Théorie et explications de texte

 

Le 23 mars 1992 disparaissait à Fribourg Friedrich August Hayek. Cela fait donc vingt ans cette année. L'occasion d'un hommage à ce brillant esprit.

 

Hayek est une figure du vingtième siècle. Il est né le 8 mai 1899, à Vienne. Il a étudié et commencé sa carrière à Vienne, grand foyer intellectuel de l'Europe. Puis, dans les années trente, il est parti à Londres. Il a rencontré en Angleterre un autre brillant esprit, en pleine ascension, John Meynard Keynes. Hayek fut le plus vif pourfendeur des théories de Keynes. Ce qui n'empêchait pas les deux hommes de s'apprécier. Après la deuxième guerre mondiale, Hayek alla à Chicago, où il croisa notamment Milton Friedman, encore une autre figure intellectuelle du siècle. Il fut également fondateur de la Société du Mont Pélerin, qui rassemblait des économistes libéraux de différents pays.

 

Le prix d'économie de la Banque de Suède, dit "prix Nobel", qu'il reçut en 1974 permit à Hayek de se retrouver au goût du jour. La crise et les échecs des politiques keynésiennes avaient relancé l'intérêt pour d'autres courants de l'économie, et donc pour l'auteur qui n'avait jamais dévié de sa ligne contre Keynes. C'est ainsi que Ronald Reagan et Margaret Thatcher se réclamèrent, en partie, de Hayek. Au crépuscule de sa vie, Hayek fut sans doute plus célèbre qu'il ne l'avait jamais été.

 

Le principal combat d'Hayek fut la défense de la liberté. L'ouvrage qui, à sa grande surprise, lui a d'abord permis d'élargir sa renommée fut La route de la servitude, qui dénonçait les effets liberticides des théories socialistes. Cet ouvrage fut publié en 1944, à contre courant de tout ce qui sortait sur le sujet à l'époque, alors que beaucoup regardait avec intérêt les "expériences"socialistes". Son grand ouvrage furent les trois tomes de Droit, Législation et Liberté, qui sont une réflexion sur l'organisation d'une société qui garantirait la liberté de chacun.

 

Bien qu'il soit connu comme économiste, Hayek a proportionnellement peu écrit dans ce domaine stricto sensu. Son spectre de connaissance était très large. Il avait hésité entre l'économie et la psychologie. Comme tout théoricien de l'école autrichienne, sa réflexion en économie est imbriqué dans une réflexion plus large sur la société, à l'image de la praxéologie de celui dont il suivit l'enseignement, Ludwig von Mises.

 

Friedrich Auguste Hayek a donc été au cœur des thèmes qui ont dominé le vingtième siècle, dans sa critique de Keynes, et dans sa lutte contre tout totalitarisme. Dans un monde toujours en crise, la pertinence de son enseignement est plus que jamais d'actualité.

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I-Cube 23/03/2016 16:32

Merci pour se rappel !

Bien à toi !

I-Cube

Michel Martin 20/04/2012 10:55


Encore une petite critique très nuancée de la pensée libérale "naïve", ce commentaire de JBB, bon connaisseur de Friedman, Hayek etc...

Vladimir Vodarevski 20/04/2012 12:01



Ouvre tes horizons. Va lire les libéraux. Tu comprendras l'inanité du commentaire de ce JBB. Je le répète, tu ne comprendras rien au libéralisme si tu t'en tiens à ce qu'en disent les
anti-libéraux. Ouvre les yeux. Je comprends que ce soit difficile pour toi. Mais ta démarche vers plus de compréhension du monde ne sert à rien si t'en tiens à une école de pensée. Moi, j'ai
appris l'anti-libéralisme à l'école. J'ai même eu Gadrey comme prof, dans le cours qu'il intitulait "socio-économie". Tous les jours j'entends le discours anti-libéral. J'ai été sur des blogs
anti-libéraux. Je rste éveillé. Toi, tu te fais endormir. Réveille toi.



Michel Martin 19/04/2012 13:35


Allez, un petit document vidéo sur le libéralisme
réel et la loi du plus fort. Le Vladimir Rousseau va me dire que justement, ce n'est pas ça les règles du jeu libéral, ben si, c'est ça le jeu libéral "ma pauvre Lucette!"

Michel Martin 16/04/2012 17:58


"Ton concept d'Etat participatif est invasif. Il suppose une contrainte sur les gens. Du point de vue libéral, si les gens s'associent librement, pas
de problème. Mais ce n'est pas ce que tu proposes."


Ben non, il est pas du tout invasif, à moins que tu ne considères l'institution du mariage ou le statut d'entreprise comme invasives?

Michel Martin 11/04/2012 13:14


Un article tout spécialement pour toi: La révolution de la
proportion diagonale, par Philippe Herlin, pour faire pièce à l'équilibre de l'offre et la demande.


Voilà un argument solide de plus pour valider le besoin institutionnel et aider à rééquilibrer cette proportion diagonale (contenu dans certains dictons de bon sens, si cher à I3,  du style
"l'argent va à l'argent, ou "on ne prête qu'aux riches" etc!)

Michel Martin 31/03/2012 21:56


L'allusion à Rousseau est pourtant très bien confirmée par ta réponse qui présuppose un homme différent de ce qu'il est, mais que la libéralisation pourrait...libérer. Tu confirmes que tu ne
saisis rien à ce qu'est une institution, tout à fait dans la veine libérale qui est à l'ouest, dans la pure utopie en ce qui concerne le rôle des institutions. Ce qui fait qu'il y a en permanence
une confusion sur l'état.

Vladimir Vodarevski 31/03/2012 23:01



Fais un article sur les institution alors. Et sur Rousseau et le libéralisme. Car c'est plutôt en opposition.



Michel Martin 27/03/2012 04:01


C'est certain que si tu te réclames de Hayek et Friedman, on ne peut pas être d'accord!


Ton nom ne serait pas Vladimir Rousseau: "l'homme naît naturellement bon, c'est l'état qui le corrompt." (j'ai un peu modifié pour mieux coller à la doctrine libérale qui ne comprend rien au rôle
des institutions, en particulier à la gestion de la mimesis, la gestion indispensable du désir mimétique d'appropriation (cherche du côté de René Girard si tu veux approfondir ce point).


Ce n'est pas que je veuille défendre cet état qui veut faire le jeu au lieu de se concentrer dans son rôle d'élaboration de normes. Je lis cette confusion vis à vis de ma position dans presque
chacune de tes réponses qui présupposent que je défends cet état providence invasif, alors que je propose un état providence participatif très différent.

Vladimir Vodarevski 30/03/2012 23:57



 


Très curieux cette allusion à Rousseau. Totalement anti-libérale. Je croyais que tu connaissais mieux le libéralisme.


Le libéralisme est opposé à Rousseau. Il n'y a pas un état de nature paradisiaque. L'homme poursuit son intérêt.


Quand je parle de nécessité d'entraide, c'est que dans un monde libéral, chacun doit coopérer, pour la protection sociale par exemple. Sinon, il n'y a
pas de protection. C'est une nécessité. Le choix inverse comporte un risque. Il n'y a pas de naïveté dans ce raisonnement.


Un système libéral n'est pas sans règles, au contraire. Et même ceux qui veulent la disparition de l'Etat ne suppose pas une disparition de la
justice. Il y aurait toujours un système pour faire respecter les règles.


Hayek est de ceux qui reconnaissent un rôle à l'Etat, au contraire. Mais avec des "protections" qui maintiennent l'Etat dans son rôle, et l'empêche de
contrôler la vie de tout un chacun.


Ton concept d'Etat participatif est invasif. Il suppose une contrainte sur les gens. Du point de vue libéral, si les gens s'associent librement, pas
de problème. Mais ce n'est pas ce que tu proposes.


Le libéralisme nécessitera un apprentissage. Même pour moi. Nous sommes éduqués pour vivre dans le socialisme. Mais il offre tellement de perspective
pour chacun! Face à cette société sclérosée, repliée sur elle même, qu'on nous promets! Mais le libéralisme signifie responsabilité, prise en charge de soi-même. Nous sommes loin de
Rousseau.


C'est la première étape: prendre conscience que nous devons nous prendre en charge. Qu'il n'y a pas de l'argent qui va tomber du ciel pour la sécu,
les retraites. Qu'il faut donc les gérer. Et que l'activité dans la société n'est pas générée par l'Etat, qui est au contraire financé par l'activité.


Désolé de ne pas approfondir le débat.Il faudrait que je relise tes articles. Tu as peut-être remarqué que mon blog était moins alimenté. Et que quand
je l'alimente, c'est parfois paresseusement par des liens.


Je lis beaucoup, tout ce que j'aurais dû découvrir à l'Université, et je poursuis un projet, ce qui me laisse moins de temps pour le blog. Alors,
concernant ce dernier, je réserve mon temps pour les quelques articles que je poste encore. Et je néglige les commentaires.


Bien à toi.



Ibenichou 26/03/2012 14:11


Je ne peux pas être d'accord avec tous ceux qui assimilent puissance de l'état et totalitarisme.


Hayek fait partie de ceux qui ont permis l'émergence du totalitarisme du début du XXI ème siècle : celui des " marchés", qui mettent le monde en coupe réglée.

I-Cube 26/03/2012 08:19


Requiem in pace !

candide 25/03/2012 10:11


"""....C'est ainsi que Ronald Reagan et Margaret Thatcher se réclamèrent, en partie, de Keynes. """ Vous avez
certainement voulu dire  : ""... en partie, de Hayek."" ?

Vladimir Vodarevski 25/03/2012 10:31



Merci