Analyse Libérale

Grèce: un retournement monétaire?

23 Mars 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #La crise Gecque

      La presse se fait l'écho de conditions posées par l'Allemagne à une aide européenne à la Grèce. Berlin demande notamment une discipline budgétaire renforcée au sein de la zone euro. Elle demande aussi de laisser la Grèce emprunter sur les marchés tant qu'elle le peut, pour ne l'aider éventuellement qu'en tout dernier recours. Ce qui est une manière de souligner qu'une aide n'est pas automatique, et ne doit pas servir à diminuer le coût de financement de l'endettement. La Grèce doit assumer, en quelque sorte.


      Si l'Allemagne était suivie dans cette voie, même simplement en partie, ce qui est possible, au moins en partie, cela constituerait une sorte de retournement en matière monétaire. Ces dernier temps, la voix de l'Allemagne n'était pas très écoutée en ce domaine. Aujourd'hui, ce pays profite de la crise pour réaffirmer sa position.


      En effet, avant la crise, la Banque Centrale Européenne était critiquée pour sa politique trop stricte. Au plus fort de la crise, les vannes des déficits ont été ouvertes, au nom de la relance keynésienne. Aujourd'hui, la fête est finie.


      Le message de l'Allemagne est clair: les pays vertueux ne doivent pas payer pour les autres. C'est aussi un signal à l'attention des marchés: un pays peut faire défaut, faites attention quand vous prêtez de l'argent. L'Allemagne refait entendre sa voix.


      Elle demande un renforcement de la gouvernance de la zone euro, comme beaucoup. Mais, alors que cette gouvernance est souvent réclamée pour permettre une relance commune, des investissements coordonnés, l'Allemagne veut l'imposer pour la rigueur.


       L'euro a protégé, et protège encore la Grèce, qui peut encore emprunter grâce à lui. Sans l'euro, la Grèce aurait vu sa monnaie se dévaluer, et un plan de rigueur s'imposer de lui-même. Avec l'euro, c'est un peu plus long à s'imposer. Ce sont les dirigeants politiques qui doivent prendre la responsabilité. Ce qui retarde les décisions, et les rend encore plus douloureuses.


       C'est à cela que sert le pacte de stabilité. Mais, comment contraindre les pays à une bonne gestion? Leur infliger une amende quand ils sont déjà en difficulté?


       L'Allemagne a donc tout intérêt à ce que la situation de la Grèce marque les esprits, même si elle apparaît comme le grand méchant.

 

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Infreequentable 24/03/2010 15:16


Attitude très intelligente des allemands.
Mais ça reste quand même un "coup de canif" à la solidarité européenne, qui fera tôt ou tard douter du "pacte de stabilité".

Un jour ou l'autre, on en viendra soit à sortir de la zone euro les pays "à mauvaise gestion" du "club Med", dont la France...
Soit à ce que les "vertueux" payent, au moins un peu, pour les moçins vertueux.

Sans ça l'Euro ne voudra plus dire que "Deutsch-Mark + bénélux".
Pas grand chose au final.

Note aussi qu'avec la crise de Dubaï, les pays du golf ont repoussé la création de leur monnaie commune qui devait naître le 1er janvier dernier.
A ce demander si cette crise n'arrange pas, en définitive", le "roi dollar"...

Idem pour me Mercosur qui est resté planté au milieu de rien.