Analyse Libérale

François Hollande et l'impôt à 75% sur les riches

29 Février 2012 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Présidentielles 2012

 

     Le candidat socialiste à la présidence de la République Française, François Hollande, a proposé d'imposé les revenus de plus d'un million d'euros à 75%. L'objectif de cette mesure étant sans doute de montrer que la dépense publique peut être financée, et de se placer en défenseur de la solidarité. Le candidat socialiste ajoute qu'à une crise exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles.

 

     Cependant, ces objectifs de financement du modèle français, et de solidarité, ne seront pas remplis par cette proposition. Cette taxation à 75% apparaît surtout comme de la poudre aux yeux, car elle ne concernerait que très peu de redevables, et les ferait fuir. C'est une vision idéologique des prélèvements obligatoires, au détriment d'un pragmatisme qui permettrait d'augmenter le rendement de ces prélèvements, et donc le financement du modèle français. Enfin, si le candidat socialiste voulait défendre la solidarité, il devrait d'abord faire le ménage dans sa caste.

 

     François Hollande alimente l'idée qu'il y a de forts revenus concentrés chez un petit nombre de personnes, et qu'il suffirait de taxer ces dernières pour réduire les déficits. Or, comme cela est montré dans l'article de ce blog, La dépense publique nous concerne tous, la structure des revenus en France, et le niveau de la dépense publique, ont pour conséquence qu'il faut bien ponctionner largement toute la population. La dépense publique est largement une mutualisation de moyens, et moins une redistribution.

 

     D'autre part, qui paiera cette taxe à 75%? Il y a de multiples moyens d'échapper à l'impôt pour les riches, assurance vie, PEA, déficits fonciers, etc. Tout un ensemble de mesures qui sera encore augmenté par la fiscalité verte, que l'alliance des socialistes et des écologistes amènera. Et, sinon, les riches ont toujours la faculté de quitter le territoire, si leurs revenus sont des revenus financiers. Cela fait un rendement très faible. Les estimations, optimistes, des médias parlent de 200 à 300 millions d'euros seulement.

 

     Cette mesure est logique dans le cadre idéologique du PS. Ce qui montre que la gauche française n'est toujours pas sociale-démocrate d'ailleurs, puisqu'elle refuse le pragmatisme qui permettrait d'augmenter le rendement des prélèvements. La justification du candidat socialiste est qu'il n'est pas normal de gagner autant. C'est donc bien une taxation idéologique.

 

     Une taxation pragmatique consisterait à faire en sorte que les gens aisés restent en France, pour que leurs revenus financent le "modèle français". Ce serait par exemple la suppression de toutes les niches fiscales, et même la limitation du déficit foncier, en échange d'une baisse du taux marginal maximum d'impôt sur les revenus, à 30% peut-être. Le taux d'imposition serait plus bas, mais taxerait une base plus large de revenus, puisqu'aucun n'y échapperait. Le rendement de l'impôt serait augmenté, mais ce ne serait pas vécu comme excessif (du moins, pas par tout le monde). Retenir les gens aisés permettrait également une hausse des recettes de TVA par leurs dépenses. De plus, Ce sont les riches qui financent les start up, qui créent les emplois de demain.

 

     Ce pragmatisme est contraire à l'idéologie dominante en France. Pour deux raisons. D'abord, il faut punir ceux qui gagnent trop. Ensuite, l’ingénierie dirigiste des prélèvements obligatoires est censée mettre l'économie sur de bons rails pour soutenir la croissance. Malgré l'échec de cette ingénierie, ainsi que les inégalités qu'elle provoque au niveau des prélèvements, cette politique est toujours prisée en France.

 

     Enfin, si le candidat socialiste veut se montrer solidaire, qu'il commence par s'attaquer aux excès de sa caste, la classe politique française. Le paysage institutionnel français est un mille feuilles de communes, intercommunalités, départements, régions, et autres comités théodules. Une économie conséquente serait faite en diminuant le nombre d'élus, ainsi que par la rationalisation de la gestion des communes, par la suppression des conseils généraux. Il y a un gisement d'économie.

 

     Ce serait par ailleurs une réponse exceptionnelle, et durable, à une crise exceptionnelle, qui est une crise d'endettement public, et donc de dépense publique. Mais une réforme de ce mille feuilles administratif toucherait les places, et le pouvoir, de nos chers politiciens. La solidarité s'arrête à la porte de leurs intérêts!

 

     En ce moment ont lieu les primaires républicaines aux USA. L'occasion en France de critiquer l'extrémisme des républicains américains. Mais au moins ces derniers ont-ils le choix, entre un gestionnaire, un libertarien, et deux chrétiens conservateurs. En France, le débat présidentiel n'est qu'imprécations, promesses et populisme. Avec un parti socialiste toujours marxisant, qui refuse l'efficacité sociale au profit de l'idéologie. A quand un parti social démocrate en France? Quant à un parti libéral, n'en parlons même pas!

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mamalilou 25/03/2012 23:48


eh bien, comme je t'ai jeté ça sur la page, moi...


dsl pour la forme un peu abrupte


mais oui, il faut retenir que si la question est et demeure légitime la façon d'en parler ne me semblait pas la bonne...


 


je vois que tu évoques l'efficacité de la dépense publique en réponse de commentaire...


n'est-elle pas incontournable pour l'essentiel?


le problème n'est-il pas plutôt le caractère public de certaines dépenses pour être exact?


et leur financement...?


ainsi que les proportions affectées aux divers postes?


la répartition dans chaque poste de dépenses évidemment..


ne s'agit-il pas de dépenser juste et mieux, plutôt que de travailler plus à dépenser plus ou à dépenser moins selon les convictions partisanes?


 


pourquoi des dettes privées deviennent-elles des dettes publiques? si ce n'est pour maintenir un système qui du fait même de sa dette privé est en faillite...


c'est une ingérence de l'Etat dans le privé...!!! et celle-là ne choque pas le privé!!!


est-ce que ça a un sens en réalité?


 


pourquoi ne remet-on pas à plat la question du financement public des dépenses publiques? des lois de programmations, des consultations, de la décentralisation... parce que toutes ces dépenses
globalisées à décisions centralisées... c'est pas la meilleure façon de faire des économies... je veux dire qu'à l'échelle d'une famille, d'un village, par ex, on ne fait pas ça... alors
peut-être qu'on peut envisager intelligemment de retrouver un peu de bon sens là-dessus...


il y a tant de voies à explorer en terme de financement, de partenariats, de destination d'impôt, d'investissements...


 


mais il se trouve que le "jeu" des campagnes électorales veut qu'on puisse s'adresser à tous, y compris aux profanes (je veux dire bien moins avertis encore que ma modeste personne.. si si, ça
existe...!!!)... profanes question économie s'entend...


il faut que chacun des électeurs puisse s'y retrouver... voilà pourquoi, bien qu'on sache tous la nature des enjeux, dont la plupart échappent au péquin moyen... il faut présenter des choses
accessibles, et qui paraissent dérisoires, mais font partie d'un tout, qui lui, ne sera pas dérisoire...


et, difficultés économiques et aléas de déroulement obligent... on ne peut que proposer un début de programme, sachant qu'il faut rapidement naviguer à vue, au gré des événements de politique et
de développement économique internationaux... qui feraient échouer toutes les promesses du monde


on ne peut en réalité que donner des indications de conduite, formuler des voeux d'application de début de projet!!! parce qu'il n'y a pas de Mme Irma pour prédire quels seront les évenements
successifs.... simplement


s'engager à écouter le peuple, à le laisser participer en temps et en heure aux décisions de son pays, si nécessaire, accepter de procéder à des adaptations contextuelles... voilà ce dont on veut
être sûrs en fait... de ne pas "donner un blanc-seing" avec notre bulletin... plus jamais ça!


 


allez, bonne semaine à toi

mamalilou 09/03/2012 06:20


le populisme c'est aussi ça (dsl Vlad):


"Le candidat socialiste à la présidence de la République Française, François
Hollande, a proposé d'imposé les revenus de plus d'un million d'euros à 75%.


-oui, des revenus salariés au dessus de 1
million, ce premier million restant taxé comme avant


L'objectif de cette mesure étant sans
doute de montrer que la dépense publique peut être financée, et de se placer en défenseur de la solidarité l'exemplarité, la responsabilité qui va
avec la proportion de revenu dans la participation non à la solidarité mais au redressement des finances de l'état, il me semble que les formulations tva sociales et autres en appellent bien à la
solidarité, non?. Le candidat socialiste ajoute qu'à une crise exceptionnelle, il faut des mesures exceptionnelles. (celle ci entre
autres)


 


     Cependant, ces objectifs de financement du modèle
français, et de solidarité, ne seront pas remplis par cette proposition (qui en doute? pourquoi lui prêter cette stupide intention dans cette seule
proposition?!!). Cette taxation à 75% apparaît surtout comme de la poudre aux yeux ( dans l'absolu? tu es sûr? tu peux comparer aux mesures prises
par le pdt en exercice, à leur inefficactié et leur injustice sociale steuplé), car elle ne concernerait que très peu de redevables, et les ferait fuir (total supputation, la plupart ne le peuvent techniquement pas, ni embarquer les moyens de productions, d'autres en reviennent d'ailleurs, et, parmi les autres, ceux qui
pouvaient le faire l'ont déjà fait, notre fiscalité leur était déjà défavorable avant, ça c'est une esbroufe, ça c'est un propos poudre aux yeux partisane, d'un conditionnement d'économisme borné
de base, reprendre en coeur les refrains et images d'épinal...). C'est une vision idéologique des prélèvements obligatoires (contre l'idéologie que
tu présentes, et les mesures idéologiques qui ont été prises jusque là dans le traitement vain de la crise, rien d'anormal), au détriment d'un pragmatisme (qui dit ce qui est réalité, quand on ne la voit pas sous les mêmes priorités, mm? un peu d'humilité que diable avant les leçons de pragmatisme) qui permettrait
d'augmenter le rendement de ces prélèvements, et donc le financement du modèle français (tout le financement? allons allons... tu penses bien qu'il y aura
d'autres choses, avant de nous emballer, réfléchissons à cette mesure, le signal pacifiant qu'il envoie à un peuple auquel de toutes façons on va demander des efforts... leçon de chose, les
parents commencent à donner l'exemple, et au niveau sociétal, les parents sont les pourvoyeurs d'emploi, ceux qui paient le plus d'impôts, n'est-ce pas?). Enfin, si le candidat
socialiste voulait défendre la solidarité, il devrait d'abord faire le ménage dans sa caste. (et? c'est le seul tu veux dire? tu veux la liste des députés de
tous bords confondus devant la justice? la liste est longue comme le bras, voire tous les bras des blogueurs associés... c'est vilain vilain... donc selon toi, il serait le vilain petit canard,
et impropre à proposer des idées,? à ce compte là, ya pas beaucoup des candidats qui restent en lice, il me semble que les plus propres n'ont pas la faveur de la confiance pour d'autres raisons,
... franchement quand on voit l'équipe en place, comment peut-on même évoquer cet aspect de la politique,... il est claire que personne n'est blanc bleu et il va falloir faire avec encore un
peu... ton absence de réalisme sur ce point m'étonne)


 


     François Hollande alimente l'idée qu'il y a de forts
revenus concentrés chez un petit nombre de personnes, et qu'il suffirait de taxer ces dernières pour réduire les déficits." non ça c'est toi qui l'alimente mon
Vlad!!! c'est ton propos, tu en as la paternité


tu penses bien qu'il n'est pas d'accord avec
toi... et que ce n'est pas non plus la trompeuse déformation d'intention et de prétention que je formulerais


bon. voyons voir:


toi, tu te prêtes ici à ces sophismes qui ont la conséquence de dégoûter le commun de la politique?


et puis décourage les bonnes intentions aussi... tant que tu y es!!


ya pas de fondamentalisme là-dedans, c'est une proposition parmi d'autres, et de toutes façons nous avons un parlement, un sénat ... et toutes formes de négociations avant que ça voit le jour
plus ou moins amendé comme toujours...


la juste mesure à poser sur cette transmission d'information, je te prie est qu'il se trouve que cette mesure ne concerne pas "les riches" mis dans un même sac mais les revenus issus du travail
(ceux issus du travail de l'argent étant destinés à d'autre type de taxation) au-dessus de 1 million annuel soit tout ce qui dépasse le gain de deux vies de smicards en une année.. le premier
million restant taxé comme avant càd à un taux moyen de 30% grosso merdo, pour un taux marginal de 41% au -dessus de 75 000 euros/l'an, ça signifie qu'on peut sur cette base non pas réduire le
déficit de a France, mais au même titre que d'autres mesures, y contribuer, et ce faisant commencer à plancher sur la forme de cette nouvelle imposition, par ex envisager de lui faire prendre la
forme d'un investissement sur les projets de l'état, en clair avoir son mot à dire sur l'orientation de sa part d'impôts versés


il ne s'agit ni d'impôt d'entreprise, ni de rentes ici...


mais bien de revenus salariés, ce qui concerne à peine plus de 3500 personnes...


autre chose?


bon, pour le reste, ya de quoi redire, mais, là je n'en ai plus le loisir...


je suis un peu déçue par le parti pris sophiste de ton billet


ça ne fait pas avancer la politique ni le goût de l'économie, j'aurais préféré, tu me connais, que tu abordes les aspects techniques (ya suffisamment à faire sur ce plan, réalisme vs utopie
projetée, courageusement, comme les générations qui nous ont précédées...) plutôt que ce déroulé de sophismes qui vise à prendre l'ascendant sur l'argumentaire à moindre frais d'explication, sans
donner sa chance au produit dans un bilan bénéfices-risques objectivé...


je rappelle que cet amalgame de diversion qui dérive sur ce qu'il reste à faire à côté de cette seule mesure extirpée parmi les autres, est un procédé fallacieux


il y a 60 mesures phares (et plein de trucs soul pied) et quelques dizaines de jours à tenir avec tout ça... pourquoi cette promotion de supermarché sur cette mesure? c'est de la méthode
performative, en communication, mais ce n'est pas très honnête, et à terme c'est contre productif dans le débat... dès lors noyé...


et je dis ça moi, sachant que tu sais que ce n'est pas mon courant politique.. héhé...

immobilier nice 05/03/2012 12:16


c'est inutile comme proposition.

Jean-Baptiste 02/03/2012 16:22


Cette crise n'est me semble t'il pas une crise de l'endettement public mais bien une crise de l'endettement privé qui s'est transformé un crise de l'endettement public par le renflouement de la
dette des banques (privées). De plus la dette publique provient de niches fiscales et de baisse d'impôt qui auraient du créer des emplois mais qui ne l'ont pas fait.


D'autre part, taxer les riches je vous conseille ce post http://alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2012/02/15/faire-payer-les-riches-oui-mais-il-faut-preciser-ce-slogan-juste/ pour aller au
délà de la proposition de Hollande qui cherche surtout à ce que Mélenchon ne prenne pas trop de voix.


bien à vous

Vladimir Vodarevski 18/03/2012 13:57



La dette publique ne provient pas durenflouement des dettes privées. Ce renflouement a souvent déjà été remboursé, ou est minime par rapport à l'ensemble de la dette publique. En France, par
exemple, les banques ont remboursé toutes les aides. Aux USA, le principal renflouement est celui de fannie Mae t de Frddy Mac, qui sont des agences contrôlées par la puissance publique.


Les pays étaient déjà en déficit et endettés avant la crise. Les niveaux de dépenses publiques étaient déjà élevés. Ils étaient donc vulnérables à la moindre crise. Il y a toujours des crises, ou
des ralentissements en économie. Dans ce cas, les dépenses publiques augmentent, et les recettes baissent. Et encore, les pays occidentaux s'en sortent bien. Les taux d'intérêt sont extrémement
bas.


Le débat sur les niches fiscales est autre chose. Jeme suis déjà prononcé contre ces niches. Malheureusment, elles ont de beaux jours devant elles, notamment avec la fiscalité verte. Cependant,
le souci aujourd'hui, indépendamment de la structure des prélèvements, et le niveau global de ces prélèvements. Nous sommes dans une spirale du toujours plus de dépense publique, alors même que
celle-ci représente plus de 50% du PIB. Alors même que la sécu rembourse de moins en moins, qu'il y a des problèmes de mal logement, que beaucoup se plaignent de la baisse du niveau de
l'Education Nationale, alors qu'il y a augmentation des agressions, etc. Et alors même que le chômage reste à un niveau élevé malgré toutes les aides.


La question se pose donc: faut-il vraiment continuer dans cette voie, avec toujours plus de dépenses, plus de prélèvementsd? Ou faut-il changer de politique, en s'interrogeant sur l'efficacité de
la dépense publique?



I-Cube 01/03/2012 09:26


Le bilan d'une telle mesure est négatif sur le papier.


Il rentrera très vite dans le rang du bon sens, dès le budget 2013 (s'il n'est pas trop mal entouré) en 2014 s'il l'est mal.


C'est du populisme-primaire (même pas du marxisme-viscéral) : Tu veux redresser les comptes d'encaisse ?


Mais suspend (ne supprime pas, suspend) tous les effets des niches et il ne restera plus qu'à trouver 50 milliards sur les dépenses pour équilibrer le budget de la nation.


Là encore, c'est assez facile à faire : Tu suspends pendant un an toutes les "créations de capital" publiques (55 milliards en 2010) et le tour est joué en deux mesures simples et facile à
décider...


 


Comme quoi, ils sont bien là, "élus", poour claquer du pognon qui n'est pas à eux !