Analyse Libérale

Fallait-il autant aider l'industrie automobile?

5 Janvier 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Les statistiques du CCFA, le Comité des Constructeurs Français d'automobiles indique que les ventes de véhicules particuliers ont baissé de 2,2% en 2010 par rapport à 2009, et de 3% à nombre de jours ouvrables comparables.

 

      Par contre, les ventes de véhicules utilitaires légers ont augmenté de 11,7% en 2010 par rapport à 2009, et de 10,8% à nombre de jours ouvrables comparables. Les volumes sont moindres, certes. Mais, la caractéristique ce ce marché des véhicules utilitaires légers est qu'il n'a pas bénéficié de prime à la casse. Il s'est effondré, avec la crise, logiquement, et se redresse donc en 2010.

 

      Fallait-il autant aider l'industrie automobile? Le graphique des immatriculations amène à se poser la question.

 

  Immatriculations 2010

 (Source INSEE)     

 

      On y constate que le marché des véhicules particuliers était sur une tendance haute en 2007-2008, puis qu'il a chuté fin 2008, pour ensuite atteindre un niveau démesurément élevé en 2009, à cause de la prime à la casse. La diminution de la prime à la casse a fait baisser le marché en 2010, avec cependant une forte hausse fin 2010, avant la cessation de la prime à la casse.

 

      On voit donc que cette prime a provoqué une hausse du marché automobile à un niveau supérieur à celui d'avant la crise. Alors même qu'il avait atteint un pic avant le déclenchement de la crise.

 

      Sans cette prime, le marché aurait connu une forte baisse, puis serait remonté, à un niveau sans doute inférieur à celui de 2007-2008, mais correct tout de même, le niveau de 2006 par exemple. Le marché automobile est cyclique.

 

      La crise financière a entraîné des problèmes de trésorerie pour les constructeurs automobiles, et il paraît plus normal de les avoir aidé sur ce plan. De même pour les aides au chômage partiel. Mais la prime à la casse paraît démesurée.

 

      Elle a provoqué une hausse inhabituelle du marché. Les constructeurs devaient de toutes façons être préparés à une baisse, pas si brutale certes, après les niveaux élevés de la période 2007-2008.

 

      D'autre part, cette prime n'a pas bénéficié à l'emploi en France, vu le nombre de véhicules fabriqués à l'étranger, comme les Twingo, Logan et autres Sandero.

 

      L'argument écologique ne tient pas trop non plus. Fabriquer une voiture, la transporter, recycler l'ancienne, cela pollue. Sans compter l'effet d'aubaine, qui fait qu'on remplace une épave qui servait de deuxième voiture par une neuve. Résultat, on roule plus avec la nouvelle.

 

      Enfin, les plus fragiles ne sont pas les constructeurs automobiles, mais les sous-traitants. Cependant, une action de restructuration et de création de sous-traitants forts aurait dû être menée avant la crise. Mais ces derniers ne sont pas assez gros pour se faire entendre.

 

      L'automobile est un lobby puissant, en plus d'être une industrie emblématique à laquelle tient le pays. Il y a un caractère affectif. Et la France a la chance d'avoir deux grands constructeurs, même si Renault produit largement plus à l'étranger. Toutefois, il semble qu'elle ait été un peu trop aidée.

 

      Il ne faudrait pas que cela continue, sous couvert d'écologie. Le risque étant que les constructeurs fassent subventionner leurs véhicules électriques et les infrastructures qui vont avec. En matière d'écologie, la priorité doit être les transports en commun, pour lesquels il n'y a déjà pas suffisamment d'argent. Et, là encore, le bénéfice écologique est-il réel, si on compte les travaux d'infrastructure, la fabrication des véhicules et des betteries, et le recyclages de ces véhicules et batteries?

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I-Cube 06/01/2011 12:00



C'est bon pour moi : Je compte récupérer une "épave à roulette" pour changer un peu de la mienne (18 ans d'âge aux jonquilles...), même si elle roule toujours aussi vite.


Simplement, comme elle consomme un peu moins, je suppose que l'ensemble vieilli à force d'usure et qu'un jour elle restera en rade sans prévenir...



I-Cube 06/01/2011 09:51



Oui enfin, il ne faut pas non plus exagérer les rôle des transports en commun. Vu le nombre de places inoccupées et les emprises permenentes sur le domaine public, y'a comme un souci de "partage"
et d'efficacité.


Par ailleurs, au-delà de 2 personnes faisant le même déplacement au même horaire, le rendement économique (et écologique) du "déplacement privé" bat celui du "déplacement en commun".


 


Ce n'est pas ce qui est intéressant dans ces graphes.


En revanche, ce qu'il l'est bien plus - et c'est un phénomène récurrent depuis la "balladurette" et la "jupette" - c'est qu'à chaque fois que l'on donne un "signal prix" sur un pan entier de
l'économie, même industrieuse et "coûtative" pour les ménages, la réaction est quasi-mécanique à la hausse des volumes...


Au-delà des effets d'aubaine (du mois de décembre 2010 notamment, tout comme décembre 2009), on ne peut qu'en conclure que ce qui "retient la dépense", ce n'est ni plus ni moins que le poids de
la "fiscalité induite" (en sachant que le pognon dépensé à ces occasions est déjà taxé en amont (IR) et "socialisé"). On parle donc que d'un bout "assez marginal", mais avec des effets de levier
manifestement considérables...


 


Peut-être qu'un jour un "économiste" en étudiera le phénomène jusqu'à en publier des modélisations en vue d'éclairer nos "sachants" quant à la bonne conduite des affaires d'un pays.


Pour le moment, compte tenu de la "pensée unique Keynésienne", on joue les autistes... Jusqu'à parler et reparler d'augmenter les taux de TVA jusqu'à la rendre "sociale" !!!


Et c'est bien dommage...



Vladimir Vodarevski 06/01/2011 11:27



Il y a surtout beaucoup d'effet d'aubaine avec ces primes pour soutenir l'automobile.Les gens ont avancé un achat, ou préféré du neuf à l'occasion (le marché de l'occasion s'est effondré de 13%
en 2009)