Analyse Libérale

Double dip or not double dip?

5 Septembre 2010 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

     Les analystes, les commentateurs, tout le monde s'interroge sur la forme de la reprise économique: en V ou en W? C'est-à-dire, est-ce que la phase de reprise que nous connaissons ne va pas être interrompue par un nouveau plongeon, avant une véritable reprise durable?

 

     Les nouvelles en provenances des Etats-Unis d'Amérique étant mitigée, la Federal Reserve, la banque centrale américaine, envisage des mesures de relance monétaire. Des mesures de quantitative easing, QE en version abrégée, comme on peut le lire dans la presse. On parle aussi de politique non conventionnelle.

 

     Habituellement, une banque centrale relance l'économie en baissant les taux d'intérêt. Des taux bas rendent le crédit peu cher. Quand les taux sont déjà bas, la banque centrale peut diffuser des liquidités par d'autres moyens. Par exemple, en rachetant des obligations sur les marchés financiers, en rachetant des crédits hypothécaires aux banques.

 

     Il s'agit de diffuser des liquidités dans l'économie. En rachetant ces actifs à des banques, la banque centrale fournit fournit des liquidités, qui peuvent être utilisée pour accorder de nouveau crédit. Il s'agit toujours de faciliter le crédit.

 

     C'est aussi une politique de création monétaire. En effet, pour racheter des actifs financiers, la banque centrale crée de la monnaie. (Voir aussi le blog Rationalité Limitée pour une explication du Quantitative easing)

 

     C'est aussi de cette façon que les banques centrales ont lutté contre le blocage financier qui a suivi la crise des subprimes.

 

     Toute cette effervescence montre deux choses.

 

     D'abord, une volonté de croire à une croissance uniforme et régulière. Scruter les statistiques mensuelles n'a pas grand sens. Il faut les mettre en perspectives avec les statistiques précédentes, pour dégager une tendance. Ce qu'on peut dire aujourd'hui, c'est que tous les signes convergent vers une reprise.

 

     Mais la reprise peut connaître des à-coups. C'est le propre de l'économie, qui est d'ailleurs constituée de cycle.

 

     D'autre part, la reprise ne peut être que lente. N'oublions pas que l'origine de la crise remonte au mandat de Bill Clinton, à la fin des années 1990. C'est durant cette période que l'administration américaine a encouragé le crédit immobilier, en assouplissant les contraintes des crédits hypothécaires.

 

     Cette politique a véritablement pris son essor après les attentats de 2001, quand la Reserve Federal a baissé les taux d'intérêt pour soutenir l'économie.

 

     Cette politique a structuré l'économie américaine. Le secteur immobilier en particulier s'est énormément développé. La crise a causé ensuite d'énormes perte d'emploi dans ce même secteur.

 

    On ne peut donc pas relancer la machine simplement. L'économie doit se reconstruire, dans une nouvelle direction. Après avoir été aussi longtemps dans une mauvaise direction, la reconstruction prend du temps.

 

     Ensuite, l'effervescence actuelle montre que l'on veut toujours contrôler l'économie par des moyens simples, au niveau macro-économique: par la relance budgétaire, ou en injectant des liquidités dans le circuit. Et, miraculeusement, l'économie va repartir.

 

     L'économie n'est pas un système mécanique, une pompe que l'on amorce. C'est un système humain. On peut favoriser son bon fonctionnement. Mais pas le contrôler comme on conduit une machine.

 

     Et, comme le montre la crise, des politiques de stimulation peuvent conduire à la catastrophe.

 

     Tout ce que l'on peut dire c'est que les indicateurs montrent qu'il y a une reprise de l'économie au niveau mondial. Reprise qui suit donc un brutal ralentissement, et qui n'est peut-être, pour le moment, qu'une correction d'un ralentissement trop prononcé.

 

     Ensuite, la croissance doit être remise sur de bons rails, et ne pas provenir de la création monétaire ou des déficits.

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L'ignoble infreequentable 06/09/2010 10:00


Et j'ai même cru comprendre que "Baraque Au-Bas-Mât" s'apprête à nous "relancer" l'économie par le budget.
800 milliards, ce n'est pas suffisant : il en remettra une large couche pour gagner les élections du "mid-term" de novembre prochain, m'a-t-on expliqué...

Enocre un qui a tout compris de son électorat naturel, comme en "Gauloisie impétueuse", et rien à l'économie... "durable" !