Analyse Libérale

Diminution des effectifs dans la police et l'Education Nationale

4 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Education

 

      Il y a des similitudes entre les administrations de sécurité publique, la police et la gendarmerie, et l'Education Nationale. Dans les deux cas, ce sont deux services publics sensibles, pour lesquels le débat politique est centré sur la baisse des effectifs, et la maîtrise budgétaire. L'alternative proposée est une maîtrise budgétaire, avec une adaptation des effectifs, ou l'inverse, c'est-à-dire le maintien ou même l'augmentation des effectifs et des budgets.

 

      Ainsi, Martine Aubry, lors de la campagne des primaires socialistes, a proposé une augmentations des effectifs de police. François Bayrou, lui, avait proposé de sanctuariser le budget de l'Education Nationale.

 

      L'optimisation de la dépense publiques et des moyens est rarement évoquée. Pourtant, en la matière, des gisements d'économie existent.

 

      Un rapport de la Cour des Comptes, Organisation et gestion des forces de sécurité publique, publié en juillet 2011, décrit entre autre "l'organisation coûteuse du temps de travail des policiers", les heures passées dans les locaux plutôt que sur la voie publique, les contraintes pesant sur la gestion des ressources humaines.

 

      Une étude intitulée Où sont les policiers, réalisée par Alain Bauer, professeur de criminologie au CNAM, et Christophe Soullez, criminologue, sur la période 1998-2008, souligne: «Fruit de soixante années de stratifications successives, sans grand souci de cohérence, l’organisation de la Direction générale de la police nationale se traduit par une superposition de structures et, territorialement, elle se prête difficilement à une démarche unitaire.»

 

      Le problème des effectifs ne paraît pas non plus le problème principal de l'Education Nationale. Ainsi, le nombre d'enseignants par rapport au nombre d'élèves était proportionnellement plus élevé, largement, durant l'année scolaire 2009-2010 que durant l'année 1995-1996. comme le montre le graphique ci-dessous.

 

Effectifs enseignants élèves 2009

 

      Le nombre d'élèves par professeur étant par ailleurs raisonnable en France par rapport à d'autres pays, comme le montre le tableau suivant:

 

  nombre d'élèves par enseignant primaire et secondaire2

 

      Ces chiffres vont faire hurler certains parents qui vont brandir des exemples de classes surchargées. Il s'agit en effet du nombre d'élèves par enseignant, et non par classe. Mais, si des classes sont surchargées, est-ce un problème d'effectifs ou d'organisation? (Pour 2006, le nombre moyen d'élèves par classe est de 22,5 au primaire, et de 24,3 dans les collèges d'enseignement général, ce qui reste bon.)

 

      Enfin, l'augmentation du nombre d'élèves est elle aussi à relativiser. Les nombres en valeur absolue paraissent importants, mais sont bien plus faibles en pourcentage. Ainsi, dans une note d'information de septembre 2010, le ministère de l’Éducation Nationale prévoyait une augmentation de 24 081 élève en sixième par rapport à 2010, soit 3% d'augmentation. Ce qui fait moins d'un élève par classe, si on reprend l'effectif moyen de 24,3 élèves par classe.

 

      Les besoins en effectifs, dans la police comme dans l’Éducation Nationale, dépendent aussi des méthodes de travail, des procédures, de la paperasserie.

 

      Les insuffisances dénoncées en matière de sécurité et d'éducation en France ne proviennent donc pas forcément d'un sous-effectif ni d'un manque de moyens. Une réflexion sur l'organisation et les méthodes pourraient permettre d'être plus efficace, c'est-à-dire de dépenser moins, tout en offrant un meilleur service. C'est-à-dire de réduire les déficits, ou même récupérer du pouvoir d'achat par une baisse des prélèvements obligatoires, sans diminution du service que les français attendent de l’État.

 

Annexe

Pour plus de chiffres: Nombre d'élèves par classe, nombre d'élèves par enseignants...

Pour une analyse sur l'école en France: L'éducation, ébauche d'un constat et de pistes.

 

effectifs premiers et second degré 2009 à 2011

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Marie 22/12/2015 15:33

Depuis plusieurs semaines, le poste de police d’Oissel-sur-Seine est fermé au public. Cette situation est inacceptable et incompréhensible. Stéphane Barré, Maire de la ville, demande à Monsieur le Ministre de l’Intérieur de remédier à cette situation en remettant en nombre suffisant les effectifs du poste de police. Signons cette pétition http://www.mesopinions.com/petition/justice/maintien-poste-effectifs-police-nationale/17443 pour le maintien du poste et des effectifs de police nationale !