Analyse Libérale

Dette souveraine: renforcement de la coopération européenne

19 Mars 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

      La zone euro a renforcé son système de secours aux pays qui ont des difficultés de financement. La capacité du fonds sera augmenté, et il pourra acheter directement de la dette souveraine des pays de la zone, c'est-à-dire des obligations, en plus d'accorder des prêts et des garanties.

 

       Les pays prêteurs ont également allégé le taux d'intérêt des prêts accordés à la Grèce, mais pas le taux accordé à l'Irlande. Cela car les pays prêteurs sont satisfaits des efforts de la Grèce, mais critiquent l'Irlande qui refuse toute harmonisation fiscale.

 

      On peut critiquer le fait que l'on cherche à contraindre les pays endettés. Cependant, c'est la situation habituelle d'un organisme ou d'un État endetté: quand on a besoin des autres, ceux-ci peuvent dicter des conditions.

 

      On peut également souligner le fait que l'Europe coopère, s'organise. Il faut du temps, c'est normal. Les décisions ne plaisent pas à tous, c'est normal aussi. Ou logique.

 

      En tout cas, c'est une réponse à ceux qui critiquaient l'immobilisme de l'Europe. Bien sûr, on peut être d'accord ou non avec ce qui est décidé. Mais c'est un autre débat. On ne peut pas dire que l'Europe ne fait rien parce qu'elle ne fait pas ce que l'on voudrait.


      En l'occurrence, je critiquerai deux points parmi ce qui a été décidé. D'abord, je n'ai pas trouvé mention dans l'actualité de la possibilité de restructuration d'une dette souveraine. C'est-à-dire que les investisseurs assument le risque, par une défaillance partielle d'un pays.


      En ce moment, les investisseurs en obligations d'Etat ont le beurre et l'argent du beurre. Les taux d'intérêt sont élevés, mais tout le monde compte sur le soutien de la zone euro pour aider les pays en difficulté à payer la dette et les intérêts. Il faudrait rappeler aux investisseurs qu'il y a un risque réel, pour qu'ils soient plus prudent à l'avenir, et s'intéressent aux fondamentaux d'un pays avant d'en acheter des obligations, plutôt que de compter sur la zone euro pour garantir leur argent.


      Ensuite, la contrepartie du renforcement du fonds de soutien est un nouveau pacte pour l'euro, qui passe entre autre par la modération salariale.


      Si les hausses autoritaires de salaires sont créatrices d'inflation et mine l'économie d'un pays, il faut quand même laisser évoluer les salaires en fonction des conditions du marché du travail, au risque sinon de décourager l'offre de travail. On parle beaucoup de compétitivité aujourd'hui. Cependant, on ne concurrencera pas les salaires chinois, ne rêvons pas.


      L'exemple à suivre serait celui de l'Allemagne. Mais chaque pays est différent. L'Allemagne a connu une hausse globale des salaires, puis les a bloqués. Aujourd'hui, dans les industries exportatrices, ces salaires restent parmi les plus élevés d'Europe. Mieux, ils augmentent!


      Un pays comme la France, contrairement à l'Allemagne est soutenu par la demande interne. Pour une raison démographique: la population française augmente, la population allemande diminue. Les salaires soutiennent donc la croissance, en particulier l'offre de services.


      Que l'on critique les système d'indexation des salaires et de l'inflation, cela peut se comprendre économiquement, même si c'est explosif socialement.


      Mais poser comme un dogme la modération salariale, que la France a connu avec les 35h, n'est pas une bonne chose. C'est du dirigisme pur et dur.


      De toutes façons, aujourd'hui, du fait de la crise, les salaires stagnent.

 

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I-Cube 21/03/2011 17:06



Vraisemblablement, en effet...


A suivre quand même !



I-Cube 21/03/2011 10:20



L'europe devient "puissance émergente" en tant que telle.


Mais une grosse "puissance" avec un marché interne énooorme !


A suivre.


 


Reste à suivre les prochaines difficultés des dettes souveraines libellées en dollar (le Trésor américain, mais aussi les "MUNIS", la dette des états fédérés aux USA), qui vont transformer d'ici
à la fin de l'été l'euro en monnaie refuge, si le "club-med + l'irlende (+ demain l'Islande)" ne tire pas trop sur ces facilités...


 


Toi qui sait tout, on en est où avec les "QE III" ?



Vladimir Vodarevski 21/03/2011 16:10



Je ne suis pas les QE quotidiennement. C'est vrai que ça fait un peu peur: c'est vraiment la planche à billet. Je ne vois pas trop comment ça va finir. J'aimerais mieux connaître le coût social
de cette crise aux USA. On aurait pu se focaliser sur la construction d'infrastructures, comme l'avait fait Einsenhower. Au moins, on aurait employé les ouvriers du bâtiment!


Je pense qu'il y aura une fuite en avant jusqu'en 2012. Puis, un resserrement. George sénior avait bien dû augmenter les prélèvement, après Reagan.


Et nous connaissons déjà l'instabilité de toutes ces politiques monétaires.