Analyse Libérale

Des banques poursuivies pour la crise du subprime

6 Septembre 2011 , Rédigé par Vladimir Vodarevski Publié dans #Crise et Relance

 

      Aux USA, l'agence fédérale de financement du logement a déposé plainte à New York contre dix-sept banques pour leur responsabilité dans la crise du subprime, dont la Société Générale. Elle considère que ces banques ont caché certaines caractéristiques de titres qu'elles ont vendu aux établissement de refinancement immobilier Fannie Mae et Freddie Mac.

 

      Il est normal, et sain, que les acteurs économiques assument leurs responsabilités. C'est un gage de bon fonctionnement de l'économie. Cependant, cette plainte apparaît un peu comme une farce.

 

      Ce sont justement ces établissements Fannie Mae et Freddie Mac qui sont à l'origine de la crise. Leur rôle est de racheter les prêts hypothécaires des banques, pour favoriser le financement de l'immobilier. Sous la présidence de Bill Clinton, les conditions auxquelles ces prêts pouvaient être rachetés ont été assouplies, c'est-à-dire que ces établissements ont pu racheter des prêts plus risqués, encourageant donc ce type de prêt.

 

      Plus globalement, il y avait une volonté des autorités pour encourager le crédit. Les taux d'intérêt étaient maintenu bas par la Fed dans ce but, malgré la flambée de l'immobilier que cette politique provoquait. Les autorités encourageaient également les prêts aux gens susceptibles d'être insolvables, dans un souci d'égalité. Le banquier Joseph Perella l'explique dans une interview publiée par le quotidien Les Echos du 29 octobre 2008: « Les banques étaient sous la pression énorme des autorités de régulation, qui leur demandaient d’accorder des crédits aux populations les plus pauvres. Les régulateurs regardaient par exemple la part de crédit distribué aux ménages pauvres par les banques avant de leur donner l’autorisation de racheter d’autres établissements. »

 

      Enfin, pourquoi avoir laissé noter de la même manière des produits financiers simples et d'autres extrêmement complexes, dont le rendement reposait sur des modèles statistiques, mais qui ont été sans problème notés AAA, sans que les autorités ne bronchent? Et cela dans un des secteurs les plus régulé et surveillé au monde.

 

      Même si faire assumer aux banques leur responsabilité n'est pas une mauvaise chose, c'est aussi une manière de désigner un bouc émissaire. Et d'éviter de poser les vraies questions. Comme l'utilité de vouloir relancer sans cesse artificiellement l'économie. Ou comme la responsabilité de la création monétaire dans les dérèglements financiers de ces dernières années.

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